Les bouteilles de Maigremont

Les dégustations de vins du Cercle de Maigremont

21 novembre 2009

Des Riesling, des hommes et des Grands Crus d'Alsace

Quel thème, quelle belle région et intéressant de par son cépage, se déclinant du sec aux vins sucrés comme les vendanges Tardives ou les Sélections de Grains Nobles (SGN).
Cette soirée n'était pas sans nous rappeler nos escapades d'il y a un an : ici, ici, ici, et voir même ici si vous en avez le courage ;-).

Le Riesling est le cépage le plus répandu en Alsace. On le traite souvent d'éponge à terroir, en raison de sa faculté à capter les éléments du sol et à restituer dans les vins des différences notables en ce qui concerne  les équilibres, les acidités et bien entendu la minéralité.

Au nombre de 51, les terroirs classés Grand Cru représentent seulement 4 % de la surface totale du vignoble alsasien. La diversité et la nature du sous sol alsacien est telle qu'elle apporte une authenticité particulière aux vins. La conduite des Grands Crus est réglementé avec comme exemple les rendements, qui  sont inférieurs à l'appellation Alsace simple. Il existe également des dégustations d'agréments afin de contrôler la typicité du vin : mais a-ton besoin d'être dans un standard pour prouver qu'un vin est typique ET bon ? C'est un autre débat...

Pour rappel, les 4 cépages dits "nobles" qui peuvent prétendre à l'appellation Grand cru sont : le Pinot Gris, le Muscat, le Gewurztraminer et le Riesling. Il existe cependant quelques exceptions  :
- le Sylvaner qui peut obtenir la mention Grand Cru uniquement sur le Zotzenberg,
- l'Alternberg de Bergheim et le Kaefferfopf (dernier nominé à la place de Grand Cru) dont la complentation est autorisée

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Le Grand Cru Kirchberg de Barr, à Barr (67)

En guise de mise en jambe, un Riesling allemand (hors thème) pendant qu'un petit questionnaire est rempli DSC_0714histoire de gagner une bouteille offerte par Yves. Un allemand complet, qui joue la carte de la facilité grâce à un sucre résiduel évident et une fraîcheur en bouche qui s'exprime avec du gaz carbonique. C'est un Kabinett Mittelrhein 2007 de Mattias Müller.

Mittnacht-Klack, Grand Cru Rosacker 2002 : déjà des notes d'évolution au nez avec des notes terpéniques classiques. Y a du fruit, c'est rond, peut-être un peu trop. Du coup, le vin tombe dans la molesse. Bof. Les 26 hectares du Rosacker sont situés sur la commune de Hunawihr (68).

Arthur Metz, Grand Cru Altenberg de Wolxheim 2007 : les marques de terroir sont déjà plus évidentes, malgré une jeunesse identifiée rapidement. Le vin est complet sur des agrumes et l'anis. En bouche, la minéralité se fait d'emblée ressentir avec des notes saline. La finale se fait elle sur l'acidité alors qu'en général, c'est plutôt l'inverse qui se produit ! Un vin agréable, bien fait et qui nous a semblé valoir ses 9 € sans discuter (prix annoncé une fois l'étiquette découverte). Comme son nom l'indique, l'Altenberg de Wolxheim est situé à Wolwheim, sur des pentes douces marno-calcaire.

Domaine de la Sinne, Grand Cru Wineck-Schlossberg 2003 : malheureusement, vous ne saurez seulement de ce terroir qu'il est situé à cheval sur Katzenthal et Ammerschwihr sur des coteaux de granite et de micas très pentus sur environ 27 hectares (68). La bouteille étant défectueuse ! grrrrrrrrr

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Albert Seltz, Grand Cru Zotzenberg 2004 : le domaine est connu pour sa contribution à avoir obtenu de la part de l'INAO, la mention Grand Cru avec le cépage Sylvaner sur le Zotzenberg. Etalé sur 36 hectares à Mittelbergheim dans le Bas-Rhin sur des terroirs de marnes et calcaire, le Riesling est ici discret au nez, mais on devine des notes de pâte d'amande. En bouche, le vin s'exprime cependant avec une richesse et une puissance certaine. La finale est de belle intensité aussi sur des notes minérale. Un vin élaboré pour la table. Assez bien

Jean-Marie Haag, Grand Cru Zinnkoepflé 2005 "cuvée Marion" : Jean-Marie Haag était l'une de nos belles découvertes du Salon des Vignerons Indépendants de Paris de novembre 2006. Style fin et expressif sur les fruits blancs et des notes légèrement pétrolées. La bouche reste un peu perlante, avec quelques grammes de sucres résiduels des plus équilibrés qui viennent étoffer le vin. Longueur intéressante et belle finale tendue par une heureuse acidité. Bien +.
Jean-Marie Haag exploite à Soultzmatt et à Westhalten une petite partie des 71 hectares du Zinnkoepflé, terroir calcaro-gréseux mis aussi en valeur par le fantasque Seppi Landmann et par Agathe Bursin, jeune vigneronne dont on entend beaucoup parler ces derniers temps.

Albert Boxler, Grand Cru Sommerberg 2007 : le lieu dit du Sommerberg qui héberge des substrats granitiques à deux micas en état de désagrégation avancés, donne des sols riche en éléments minéraux. Le Grand Cru est situé à la fois sur Katzenthal et Niedermorschwihr (68) sur des pentes à la déclivité impressionnante !
Le vin élaboré par Jean Boxler est une merveille au nez. Tout y est : finesse d'abord, précision, il s'ouvre ensuite largement sur une palette de fruits blancs comme la mirabelle, la pêche. Le nez respire aussi des senteurs citronnées, de pierre humide et laisse passer des relans de sel. En bouche, c'est du même niveau : c'est une profusion de sensation, toutes contrôlées et rien ne dépasse. L'acidité d'abord : elle est impeccable et entraîne le vin avec dynamisme, on ne risque pas de s'endormir avec un tel vin. L'équilibre général aussi : il est des plus grands et affirme son caractère sur un registre d'agrumes. Aucun doute sur son avenir, heureux sont ceux qui pourront le goûter de nouveau dans quelques années. Excellent

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Dopff au Moulin, Grand Cru Schoenenbourg 2007 : le style est plus facile et plus consensuel, mais il n'en reste pas moins un joli vin, marqué par des notes minérales de fumée et de melon. Malgré un niveau de sucre important, le vin est tenu par une sacré acidité. Pas mal.
Schoenenbourg, terroir de 53 hectares de roches riche en éléments fertilisants sur Riquewihr et Zellenberg.

Wolfberger, Grand Cru Steingrubler 2005 : proche de Colmar, Steingrubler et notamment la partie haute de 23 hectares est propice au cépage Riesling qui se plait sur des sols complexes.
Le nez est discret, avec quelques notes pétrolées. Le vin est surprenant car marqué par une forte salinité en bouche. "Too much" ? Non mais il n'en reste pas moins ancré à une identité propre et à un style solide. Bien

Zind-Humbrecht, Herrenweg de Turckeim 2005 "L144" : le semi pirate du jour. Herrenweg n'est pas classé grand cru, mais c'est un lieu dit de Turckeim sur des terroirs de graves du quaternaire. Au nez, c'est assez peu expressif : légèrement pétrolé, quelques effluves de fruits blancs. En revanche, la bouche est parfaitement mature, précise, riche et ce malgré le compteur du sucre résiduel qui grimpe (15 grammes). C'est un beau vin, qui mériterait qu'on s'y attarde dans quelques années.

Une très belle dégustation, d'un bon niveau général, où nous avons pris beaucoup de plaisir. A la question qu'est-ce qu'on mange ? Les premières gelées étant apparues, une choucroute tiens (merci môman) ! 12 personnes, 10 kg de choux, 5 kg de charcuterie, les fonds de bouteille et c'était le bonheur.

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Et puis Chuuuu...t... Fantine Vin de Table du Clos Fantine, asssemblage de Mourvèdre de 2005, 06, 07 : épouvantable le soir même (écurie, étable...), métamorphosé 12 heures après, sur des parfums de garrigue et d'olives noires. La structure tannique ayant elle aussi changée, c'est un vin qui a de la puissance, mais il n'en reste pas moins posé tout en proposant fraicheur et un touché de bouche soyeux. Un vin qui ne manque pas d'air pourvu que vous lui en donniez. Agréable à boire.

Merci à Francine et Gil pour leur invitation dans leur home, sweet home !

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10 septembre 2009

Eclectique de l'été 2009 (part two)

Notre dernière rencontre de l'été était placée sous le signe de la qualité des flacons et des retrouvailles après un repos estival mérité.

Nous sommes chez David et Stéphanie, qui au passage nous accueillent avec des bulles pour fêter le petit dernier qui se porte comme un charme ! Bravo à tous les 2, vous pouvez être fiers de votre petit Eliott (avec Arthur of course, le grand frère). 

Des bulles donc pour commencer. Un joli nez de noisette et de pomme, c'est rond à point, avec de l'énergie en bouche qui laisse la bouche propre et fraîche. C'est la cuvée Brut Réserve de Guy Niziolek. Un agréable Champagne de producteur pour 11,5 € seulement.

10Second vin. La couleur est pâle, claire. Nez simple et acidulé fait de fruits blancs (pêche de vigne, poire) et marqué par la citronnelle. Bouche "huileuse" de poire, à l'acidité très basse. Fond de verre sur des arômes de chenin (poire, fruits exotiques...). Nous proposons un vin du sud-est, à base du cépage Rolle. C'est ce même cépage qui est appelé Vermentino en Italie et en Corse, où nous nous trouvons maintenant : Vin de Corse Sartène 2008 Domaine Pero Longo "Sérénité"

Joli nez entre deux âges, sur le cèdre, l'encaustique (dire, miel), l'amande. Une bouche un peu plus simple, un peu en décalage avec le nez, en font un vin agréable, mais pas transcendant. Finale minérale. C'est Robert Meistermann qui fait ce Riesling Grand Cru Steinert 1999.

Arômes typiques de Gewurtz, élégant et floral. Bouche bien construite avec un peu de mordant à l'attaque, sucre bien dosé, équilibré sans lourdeur. C'est bon, c'est bien fait. C'est en effet un Gewurztraminer 2004 de Frédéric Geschickt, domaine de la Sinne.

Les rouges

Premier vin. Nez sur la réduction avec des notes de levure, bière. Passé ce petit moment déroutant, le nez s'ouvre avec richesse sur la cerise et la prune. On sent bien la puissance et même une pointe d'alcool. La bouche est puissante, mure, riche de fruits noirs tels la cerise et le cassis. Malgré tout, une attaque légèrement perlante donne de la fraîcheur et de la buvabilité sur des tanins mordants. C'est très bien fait et même gourmand. Finale sur des saveurs d'encre. Pour amateur de vin solaire. C'est un Côtes du Roussillon 2007 "les Sorcières" du Clos des Fées.

Le vin suivant est dans un autre registre. La couleur est un peu évoluée et présente des reflets tuilés.5 Finesse, c'est la caractéristique première de ce nez, joliment ponctué de cuir et de fraise, puis de cassis, d'épices douces. L'acidité est encore bien présente, alors que l'on donne quelques années à ce vin. Les fruits rouges dominent en bouche, la matière est douce, mure, les tanins souples. Il ressort un côté terreux en final qui en dit certainement long sur ses origines. Disons sur la Côte de Beaune. C'est un Pernand-Vergelesses 1996 1er cru "les Fichots" de Roger Jaffelin & fils. Un joli vin, qui commence à atteindre son plateau de maturité. 1996, millésime marqué par de grandes acidités en Bourgogne.

Ce vin là, tout le monde est tombé dans le panneau. En effet, personne n'en avait l'origine : fond végétal, pivoine, floral, pampre verte. Bouche épicée, tabac brun, matière fondue, petite longueur, ça se boit facilement, mais il ne faudra pas tarder à terminer votre fond de cave s'il vous reste de ce spécimen. Nous sommes à Canon Fronsac, château Vray Canon Boyer 1996.

Clairement dans un autre registre, le vin suivant propose des relans de mercaptan. Le nez n'est pas terrible, fortement marqué par le grillé. En bouche, un peu de cerise, le fuit est mur et puissant, la matière est juvénile. Registre exotique pas du meilleur effet pour ce Toro 2008 Liberalia "Cero" (Espagne), qui manque de cohésion entre le nez et la bouche.

Un peu de féminité et de la douceur

Tiens, un vin rouge ! Senteurs peu complexe mais ô combien précise de crème de mûre, cerise. Agréable, presque léger en bouche, sur la cerise avec des sucres qui trainent. On dirait presque un Maydie. On le verrait bien accompagner avec bonheur un fromage de brebis, un Ossau-Iraty par exemple. Encore un ibère : un Jumilla, Casa de la Ermita "Dulce Monsatrell" 2005. Pour rappel, le Monastrell est la version espagnole du Mourvèdre, cépage roi des vins de Bandol.

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La palme de l'originalité revient à cette bouteille. Jolie couleur rosée. On part allègrement au nez sur du Loin1 de l'Oeil (poire, coing) et ça envoie très fort dans le style sirop de fraise. On sent le sucre. En bouche, énorme liqueur de fraise encore, un peu pataude. Ce vin mal aimé des diabétiques est un Vin Paillé 2005, VDP de la Corrèze du domaine du Bas Queyssac. Fait avec passion par Jean Louis Roche, ce dessert à lui tout seul est élaboré à base de minuscules rendements de Cabernet Franc et Sauvignon. 

Et pour achever cette belle soirée. Pas de doute, en vue c'est du Ch'nin (Chenin) : pâte de coing, un peu de pomme, pointes d'ananas, c'est jeune. En bouche, bel équilibre, les sucres ne sont pas pesants (passerillage certainement), c'est assez gourmand et possède une finale saline des plus agréable. Bien ce Coteaux de l'Aubance 2007 "Le Pavillon", domaine Richou.

Plutôt une réussite cette soirée. Des vins très différents les uns des autres et bien difficile de dire lequel s'en sort le mieux, mais on retiendra : le GW de Frédéric Geschickt pour le côté découverte. Les Sorcières du Clos des Fées : un vrai bonbon. Le Pernand de Roger Jaffelin pour sa sagesse. Enfin la Bodega "Casa de la Ermita", bien trop méconnue à notre avis !

Et après ça ?

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Confit de porc, citrons et tomates confits aux zitounes

Merci Steph, merci Dave : nous reviendrons !

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11 août 2009

Coup de Coeur blanc à Syracuse

Il y a des amis que je connais depuis maintenant 2 ans, plus pour d’autres du groupe invités ce jour. Le genre de ceux que j’ai plaisir à retourner l’invitation aujourd’hui et pour lesquels je n’hésite pas une seconde pour ouvrir les flacons que j’affectionne, car notre passion commune est le vin. Le cercle LPV Haute-Normandie (première version) s'est reformé l'espace d'une journée avec la visite surprise de Eric.

Pour moi, le vin représente le partage, l’amitié. Cette relation que j’ai avec ces amis, elle dure grâce à la simplicité, à l’honnêteté et jamais lors de nos rencontres bachiques il n’y a un mot plus haut que l’autre. C’est parfois tendu, mais on a tous un ressenti à défendre, mais le respect des opinions est toujours de rigueur ! J’ai l’impression que ces moments passés tous ensemble sont des moments francs, de partage, de plaisir de la chaire. Notre petit comité n’est pas hermétique, bien au contraire sachez-le : quiconque frappera pour y entrer, porteur de simplicité et de partage pourra sans problèmes découvrir la bonne humeur qui nous anime…

L’autre jour, je les recevais à la maison. Les thèmes (puisqu’il y en avait 2) étaient : « Coups de Cœur blancs » (-de 15 € la bouteille), les 100 % Syrah (ainsi que quelques douceurs pour finir)

Les vins sont dégustés à l’aveugle, la plupart par paire, accompagnés du repas.

On commence avec un vin à bulles pour patienter et faire venir les derniers retardataires : bulles fines, intensité aromatique simple et de moyenne ampleur sur les fruits blancs. Bouche vive, agréable, manquant d’un peu de complexité. Tout le monde aura compris qu’il ne s’agit pas d’un Champagne, mais peu importe. Je pense qu’il fût apprécié pour ce qu’il est. C’est un Vin Mousseux de Qualité, Méthode Traditionnelle Brut, domaine de l'Ambroisie cuvée Enigme. Ce vin produit à Lucey (54) dans la région des Côtes de Toul, à déjà été apprécié ici. Il représente toujours un bon rapport qualité/prix (7 €).

bulles

Voici maintenant un Champagne, enfin c’est ce que tout le monde semble dire. Certains le trouvent trop grande acide. Personnellement, j’aime beaucoup ce style : vif certes, mais avec de la rondeur, légèrement brioché. J’aime aussi son petit côté noisette. C’est un « Spécial Cuvée » de la maison Bollinger. Avec les petits feuilletés au sésame, cumin et emmental, c’est excellent !

Mes Coups de cœur blancs (- de 15 €)

Premier duo. Premier vin. Remarquable minéralité, longue résonnance des saveurs de blancs1frangipane et d’amande. J’aime ce vin parce qu’il ne fait pas de bruit et pourtant tellement efficace. Il fait parti des vins qui marquent par sa simplicité et sa précision ultime ! C’est un Chignin 2007 du domaine Gilles Berlioz. Je crois qu’il fût apprécié. Celui qui est servi en face est doté d’une matière très mure, sur les fruits jaunes tels la pêche et aussi l’abricot. Bouche qui possède pas mal d’amertume, assez longue et chaleureuse. C’est un Sylvaner Vieilles Vignes « Sono Contento »  2007 de Albert Seltz. Un peu déroutés, certain sont partis sur un Riesling (pas idiot) mais lui ont reproché un peu trop d’alcool. Il faut savoir qu’Albert récolte très mur et que ses vins sont puissants.

Autre paire. Ces deux vins ont été rapportés de 2 domaines que j’ai visités cette année. Qui n’aime pas ce superbe nez exubérant de fruits exotiques et d’une sensualité impressionnante pour le premier. Bouche dotéeblancs2 d’une grande acidité qui en dit long sur ses origines ou tout du moins sur les cépages qui le compose, pure, droite. Les saveurs sont décuplées et ultra précises.  J’A-DORE toujours autant cet Irouleguy blanc 2006 du domaine Arretxea. Face à lui, il fallait servir un vin qui tenait la route. Fruit blanc et mur, le nez est minéral d’une noblesse sans égal. Bouche ronde et vive à la fois, harmonieuse, où les saveurs sont longues sur les mêmes arômes que le nez. Un vin plein, dont la bouteille s’est retrouvée vidée (trop) rapidement, les invités ayant choisi de se resservir rapidement pour confirmer leur ressenti (tout comme l’Irouleguy). C’est un Sancerre 2007 "Monts Damnés" de Gérard Boulay, magistral !
Ce match a tenu toutes ces promesses et difficile de dire qui l’a emporté. Personnellement, une très légère préférence pour Arretxea, mais d’une courte tête. Le tout était accompagné de gambas au gingembre et citron vert. Je dois dire que l’accord était pas mal du tout.

Dernière opposition. Là aussi 2 domaines dont j’ai eu la chance de découvrir les vins sur place.
Le premier semble avoir digéré son élevage, mais en garde tout de même quelques traces, pas dérangeantes (bois de hêtre fendu). Les quelques arômes de muscat qui en faisait tant son originalité ont elles aussi presque disparues pour laisser place aux notes beurrées et de cacahuètes. C’est dans un style puissant tout en gardant de la blancs3fraîcheur. Il semble avoir atteint son plateau de maturité et pour quelques années encore. Le dernier blanc est dans un tout autre style, quoique présentant lui aussi des notes de roses et muscatées. C’est élégant et ouvert à la fois, très floral. La palette de dégustateurs présent autour de la table ont identifié l’Alsace comme région d’origine, mais ont déballé tous les cépages avant d’annoncer le Muscat Fronholz. S’en est bien un, millésime 2007 du domaine Ostertag. Ce Muscat totalement sec me plaît pour son originalité, sans tomber dans une lourdeur que parfois les Muscats peuvent proposer. Le premier était un Côte de Beaune Blanc 2006 « le Clos de Topes Bizot » du domaine Chantal Lescure (c’était ma dernière, snif…)

Les vins qui semblent  avoir réuni le plus de suffrage sont dans l’ordre, l’Irouleguy blanc « Hégoxuri » de Arretxea et le Sancerre les Monts Damnés 2007 de Gérard Boulay

Notre deuxième thème du jour avait pour but de comparer entre eux des vins rouges issus de la syrah, sans autres cépages en complément. Bien évidemment pour faire le tour de la question, plusieurs origines étaient proposées, car il ne s’agissait pas de tomber dans la facilité des vins du Rhône.

Michel Chapoutier «Mount Benson » 1999, Shiraz australienne VS Domaine de Ribonnet 2004 VDP du Comté Tolosan « Syrah ». Un australien qui affirme d’emblée une couleur évoluée tirant sur des reflets orangés. Matière souple, tanins fondus, c’est agréable mais sans grande complexité. Je n’attendais pas beaucoup de ce flacon, sinon qu’il commence la série des rouges. Et bien il a été supérieur à mes attentes. Quelques dégustateurs lui ont trouvé un style un peu facile, voir international. Est-ce l’effet terroir ou Chapoutier ? Face à lui, la Syrah du Domaine de Ribonnet. Un carafage de 6 heures n’aura pas eu raison de notes de réduction plutôt collantes, ce qui lui a fait perdre en buvabilité. A revoir…

Domaine Lacoste-Germane VDP des Coteaux du Salagou « Sauta Roc » 2006 contre "De Battre Mon Cœur s’est Arrêté" 2008 Côtes du Roussillon Village du Clos des Fées. Un match qui aurait pu  sembler déséquilibré… Le « Sauta Roc » se présente sous un bon jour, croquant à souhait. Un beau jus de cerise noire, avec des notes de garigue. J’aimerai simplement que ce vin que j’aime beaucoup gagne en précision. Il serait parfait. Mais je sais que ses géniteurs travaillent dans ce sens. Pour l’opposer, un « monstre », une star : « De Battre » comme on l’appelle. Et bien notre cœur a battu, mais faiblement. La GROSSE déception du jour : arômes de cartons mouillés, de vernis, bof à tous les étages. On ose tous penser à un problème de bouteille, car le 2007 fût fantastique !!

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Voici un des duos consistants de cette journée. Je précise aux convives qu’il s’agit de 2 vins provenant de la même région et du même millésime. Les vins sont accompagnés de côtes de bœuf. Si le premier affiche clairement son avantage en terme de buvabilité, le deuxième semble sur la retenue, un peu comme si il avait été ouvert trop tôt. Le premier vin est onctueux, sur les petits fruits noirs, bel équilibre et riche d’une belle acidité qui emmène le tout dans un genre un peu rocailleux. C’est excellent et très bien fait. L’autre se montre un peu plus en retenue. Cependant, la qualité de tanins semble supérieure et la matière est ciselée, précise. Enorme potentiel. Le millésime ? 2005. La région ? Rhône. Le premier est un Cornas d’Alain Voge et le second est un St Joseph du domaine Jean-Louis Chave.

« Un peu de féminité pour achever ces duels ! » C’est ce que j’ai dit à l’assemblée. On débute avec une syrah fraîche comme une caresse, longue et friande avec une pointe de fumée en finale. Un superbe vin qui a conquis tous ceux qui ont pu poser leurs lèvres dans cet onctueux breuvage. Pour moi, le vin parfait, harmonieux et classieux à la fois. Je me pose cependant une question : faut-il l’attendre tellement c’est bon actuellement ? Face à ce Grain Syrah 2007 de Marie Thérèse Chappaz (Valais), que pouvait-on mettre en face, sinon quelque chose qui tienne la route. La couleur est plus évoluée, avec quelques reflets orangés. Dans un tout autre style, plus opulent, plus chaleureux, les arômes se situent de la fraise des bois et la cerise à l’eau de vie à tout une palette d’épices douces (cannelle, poivre, bois de santal, cigare et chocolat). On ressent un élevage long et soigné. Si le vin est massif, l’équilibre est préservé grâce à une acidité qui donne du tonus en final. Un très très beau vin également. C’était Clos de Syrah Léone 2002, du domaine Peyre Rose de Marlène Soria (85 % syrah). Une joute qui a tenu toutes ses promesses, merci mesdames.

Allez, un dernier rouge pour la route, pour accompagner quelques fromages affinés. Bien plus évolué que les autres, il m’aura surpris par sa suavité et sa finesse. La longueur reste correcte et au finale, une belle surprise avec ce vin de la Cave de Tain l’Hermitage et cet Hermitage rouge 1990. Et puis un blanc pour la transition : un Côtes du Jura 1996 « Savagnin » du domaine Berthet-Bondet, qui a un côté lourd qui ne me plait pas trop.

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Que dire sur cette série 100 % syrah ? Qu’elles peuvent être bues jeunes (dans ce cas privilégier un service frais), mais que le temps ne leur fait pas peur. Les terroirs granitiques confèrent fraîcheur au vin (Cornas "les Chailles", "Grain Syrah" de MT Chappaz, "De Battre Mon Cœur..." du Clos des Fées...

Nous entamons alors les douceurs. Une entrée en la matière ratée et cet Azay le Rideau 2003 Liquoreux de PXGuillaume Descroix (Caves du Château de Fouchault) : il a vécu, il n’a plus grand chose à dire. Reste  à savoir s’il s’agissait d’un problème de bouteille en goutant l’unique qui me reste encore ! Suit un Pedro Ximenez 2005 (PX) de la Bodega Toro Albalá. Cadeau de mon guide d’un jour lors de la visite l’année dernière au domaine : lourd, la langue est limite anesthésiée, c’est chaud et ça neMadame ressemble en rien aux PX qui ont séjourné longuement en fût avant la mise en bouteille où la complexité est alors bien présente. Heureusement que pour clôturer la série des douceurs, Eric qui était de passage en Normandie, avait apporté une cuvée Madame 1997 (excusez du peu) du Château Tirecul la Gravière (Monbazillac) : grosse liqueur botrytisée, supportée par une heureuse acidité, sur l’abricot confit avec des variantes d’orange confite et d’ananas… excellente. Pour amateur de grosse sucrerie et pour terminer une belle journée d’amitié…

Merci à vous, amis et vous femmes de mes amis de votre visite sur notre terrasse…

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22 juin 2009

Domaine Ostertag : ode aux terroirs

Un week-end chez les amis Brigitte et Luc en Alsace à Barr (Bas-Rhin, 67) et l'occasion était trop belle pour rendre visite à André Ostertag à Epfig !

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Tout jeune quadra s'il en est, le domaine Ostertag situé à Epfig a été créé en 1966 par le papa d'Annie Ostertag-Schaeller et André Ostertag. Aujourd'hui, les vignes s'étendent sur 5 communes du Bas-Rhin : Epfig, Nothalten, Itterswiller, Ribeauvillé et Albé. Le domaine possède la bagatelle de 120 parcelles sur 15 hectares : autant de mozaïques qui représentent le terroir alsacien dans toute sa splendeur. En peu de temps, le domaine Ostertag est devenu une référence incontournable en matière de qualité.

Parmi ces parcelles, il y a :
- Fronholz, terroir de quartz argilo marneux au sommet de la colline d'Epfig orienté sud-ouest, principalement planté de Gewurztraminer et Riesling qui donne des vins tendus. Un terroir à la limite des Vosges.

- Heissenberg (montagne chaude) à Nothalten, planté exclusivement de Riesling exposé en pente plein sud sur des sols de Grès roses des Vosges et de Gneiss (roche métamorphique). Le vin est ici plus rond

- Clos Mathis, propriété du chef de culture du domaine Hubert Mathis, attenant au Grand Cru Kirchberg de Ribeauvillé. Sols granitiques

- Zellberg : uniquement planté de Pinot Gris émanant d'un sol argilo-calcaire et de Grès rose des Vosges sur la commune de Nothalten.

- Muenchberg : fameux Grand Cru où le Riesling prend toute sa dimension sur Grès rose et sédiments volcaniques. Le sol pauvre et drainant entraîne un réchauffement efficace et rapide du sol. Le Pinot Gris y demeure également dans une moindre proportion.

Les 100000 bouteilles produites annuellement sont répertoriées en 3 types de vins.
Les vins de Fruit, où les caractéristiques premières du cépage s'expriment au premier plan. L'élevage est court (6 à 9 mois) et le vin est à boire jeune.

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Les vins de Pierre : c'est le terroir qui s'exprime. Il est clairement identifié sur l'étiquette. Le terroir "prend le dessus" après quelques années de garde. L'élevage est plus long (11 à 18 mois) mais le vin peut-être consommé durant son cycle de vie : "jeunesse, maturité et sagesse" 
Les vins de Temps : vins de maturités tardives (Vendanges Tardives et Sélection de Grains Nobles) dont rien ni le temps ne peut arrêter !

DSC_0646La conduite de la vigne est faite en bio-dynamie par Hubert Mathis, chef de culture du domaine. Le domaine bien que récent, a choisi la voie du bio en 1982, la bio-dynamie sur 3 hectares en 1997 et l'ensemble des 15 hectares l'année suivante. D'après André, "il n'y a pas vraiment d'explications rationnelles sur les phénomènes du cosmos, mais au delà de ces phénomènes, le résultat est là. Alors pourquoi arrêter ?".

Pour s'en rendre compte, nous passons à la dégustation des vins accompagné d'André, qui vient de terminer l'épamprage de quelques pieds d'Auxerrois. 

Au programme, une majorité de 2007 : ce millésime a vu tout un ensemble de bouleversement. D'abord au niveau des saisons. Le printemps fût chaud et sec, ce qui a permis à la vigne de pousser violemment. Puis l'été a été remplacé par l'automne avec des températures qui chutèrent et des pluies légères quasi quotidiennes jusqu'à un mois avant les vendanges. Enfin, l'été indien survint pour donner des baies matures et de belles acidités. 2007 est un millésime combinant qualité et quantité, plutôt rare de nos jours.

Pinot Blanc 2007 : 45 % Pinot Blanc, 45 % Auxerois, 5 % Pinot Gris, 5 % Pinot Noir. Particularité du domaine, tous les "Pinots" sont élevés en barrique. Ce Pinot Blanc a même fermenté en barrique de chêne des Vosges.
Le vin paraît droit et citronné au nez, avec des touches de pâtes d'amande. La bouche possède gras et longueur. Le vin a été bâtonné. J'aime beaucoup.

Pinot Gris 2006 : un millésime tropical, chaud et humide. 1/3 des raisins ont fini par terre lors de la vendange. Les vignes proviennent de 3 villages au sols distincts : argillo-calcaire, schistes et graves. Le nez est finement boisé. Malgré ce millésime difficile, le vin garde en bouche de la fraîcheur et un bel équilibre sur les fruits blancs. Pas mal

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Les étiquettes sont l'oeuvre de la femme d'André, Christine Colin

Pinot Gris 2007 "Zelleberg" : superbe nez, complexe et racé fait de fruits jaunes secs, complété d'arômes légèrement faisandés, le tout encore sur une fine trâme boisée. La bouche est ample, puissante et riche avec un peu de sucre résiduel (12 g). On suce du caillou en final. Magnifique !

"A360"P 2007, Pinot Gris Grand Cru Muenchberg : non, ce n'est pas le dernier modèle d'avion d'Airbus !DSC_0658 Quelques désillusions par le passé (déclassement pour manque de typicité) ont conduit le domaine à continuer d'appeler cette cuvée ainsi, qui correspond au numéro cadastral de cette parcelle de vignes de Pinot Gris. Sols de grès, calcaire et volcanique. On entre clairement dans une autre dimension : concentration, précision insolente des arômes. Ici, tout est fait pour vous exciter les papilles gustatives avec quelques grammes de sucre (8). Longueur magistrale, finale tonique et consistante. Un vin qui n'en est qu'à l'aube de sa vie. Très bien + !

Pinot Noir 2007 Fronholz : 40 % de barriques neuves, mais beaucoup de fruits, sur le zan et la réglisse. Gourmand

Riesling 2007 Vignoble d'E : E pour Epfig, dont les raisins de Riesling proviennent majoritairement de la commune d'Epfig. Bien entendu, l'objectif de cette cuvée est qu'elle soit accessible rapidement, sur le fruit. C'est le cas, il y en a à revendre. Malgré 6 grammes de sucre résiduel, le vin ne tombe pas dans la facilité du breuvage passe partout. La bouche reste vive, acidulée et friande. Bien

Riesling 2007 Fronholz : le sol de quartz qui ne permet pas l'accumulation de chaleur est constament balayé par les vents. Du coup, on retrouve un vin sur la finesse, mais un peu sur la réserve, parfaitement droit et sec. Finale minérale. Bien

DSC_0649

Riesling 2007 Heissenberg : le vin est complet, porté en avant par une grosse matière et supporté par une grande acidité. Résolument solaire, matière mure et expressive, il possède l'équilibre des grands. Très bon

Riesling 2007 Grand Cru Muenchberg : comme toujours, le grand cru se montre un peu moins à son avantage au niveau du nez que Heissenberg. La bouche se distingue par une longueur phénomènale et sa droiture. Superbe finale minérale et saline. Un millésime plein, dont le potentiel insoupçonné semble sans limite.

Muscat 2007 Fronholz : vignes de 40 ans, une rigolade de 2000 bouteilles par an ! Un Muscat original et totalement sec, drrrrrroit, avec une pointe citronnée. La grande classe. Vin magnifique. Coup de Coeur !

Gewurztraminer 2007 Vignoble d'E : on saute avec plaisir dans l'univers sucré, il paraît que c'est une des forces du domaine Ostertag. Malgré 50 grammes de sucre, on évite (de loin) le piège de la lourdeur, grâce à une trame aérienne. On croque du fruit, on mange de la rose et du lichi. C'est bon.

Gewurztraminer 2006 Vendanges Tardives, Fronholz : pointe de sparadrap et d'abricot sec. Les arômesDSC_0669 se concentrent dans le verre avec plaisir.

Riesling 2007 Vendanges Tardives Grand Cru Muenchberg : on gagne encore en concentration. On a vraiment l'impression de croquer dans une corbeille de fruits jaunes. Manifestement le travail d'un équilibriste de haute voltige. Magnifique

Gewurztraminer 2007 Vignoble d'E, Sélection de Grains Nobles : vin massif, tout en largeur, le botrytis a fait son travail grâce à un millésime propice. L'aspect s'en ressent, sur des arômes confits.

Gewurztraminer 2007 Fronholz, Sélection de Grains Nobles : un vin exceptionnel sur l'orange confite et cette extraordinaire sensation que le terroir parle : on mange un caramel au beurre salé et la finale est sur le même registre (salinité). Le vin n'a pas mangé les 300 grammes de SR qui restent et il titre au finale seulement 9 % d'alcool. Pour refaire le monde en fin de soirée !

DSC_0673

Quelle réussite, quelle dégustation, quels vins ! Des breuvages de fous marqués par le terroir avec de magnifiques équilibres. Ceux qui accusent quelques grammes de sucres ne  tombent jamais dans le piège de la lourdeur.
Les prix se situent dans une fourchette d'environ 13 € pour les vins de fruits et 28 € pour les Grands Crus. Les VT et SGN sont autour de 30 €. Peut-être un peu chers, mais ça les vaut largement. Dans l'âme, la gamme me fait penser à ceux de Jossmeyer. Tout comme eux, ils seront de magnifiques compagnons de gastronomie !

Domaine Ostertag
logo

87, rue Finkwiller
67380 Epfig
Tel : +33 3 88 85 51 34
@ : domaine.ostertag@wanadoo.fr

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03 mars 2009

Passage chez Bruno Schueller, Husseren-les-Châteaux, Alsace

081110__15_Le domaine est logé à Husseren-les-Châteaux, situé à quelques pas au sud de Colmar, sur un petit mont qui se trouve être le plus élevé des villages de la route des vins d'Alsace.

Bruno Schueller est à la tête du domaine Gérard Schueller Père & Fils depuis qu'il est en âge de conduire une voiture, soit depuis qu'il a 18 ans. 10 hectares de vignes composent le domaine dont quelques uns de grands crus : l'Eichberg et le Pfersigberg, tous deux recensés sur la commune de Eiguisheim, tout à côté de Husseren.

Bruno ne vinifie pas pour faire des bêtes de courses prêtes à participer aux Concours des Vins de Colmar : en effet, rares ne sont pas les millésimes où il ne connaît pas son lot de désillusions, la faute à des petits problèmes d'agréments dû à un manque de typicité... enfin ça dépend pour qui !! Globalement, ses vins possèdent un équilibre hors-normes et une très grande richesse.
Le vin ne reçoit que très peu voire pas de souffre du tout durant l'élevage et un très léger sulfitage à la mise.

Nous pouvons commencer la dégustation. Vous pensiez être assis confortablement dans une petite chaise,DSC_0672 le verre posé sur une belle table en chêne ?? Non, non : c'est au coeur des installations, tout près de la chaine d'embouteillage et des foudres que ça se passe, au plus près des caisses palettes de bouteilles et du chariot élévateur (ces deux derniers éléments étant pour le moins très important, vous le constaterez plus tard). Ceux qui travaillent dans les laboratoires pharmaceutiques et qui manipulent le programme "5S" pourraient bien y perdre leur Latin ! C'est dans un bazar savament organisé par Bruno que nous rejoingnons Olif qui a fait le voyage depuis sa Franche-Comté, amateur de vins naturels qu'il est tout comme nous !

Pinot Noir 2007 : le tout est vinifié sans un gramme de soufre. La bouche est encore un peu ferme, mais quel beau breuvage ! Jolies épices sur un fruit bien évident. Bien

Pinot Noire 2007 "LN012" : celui-ci est un 100 % "0" soufre. Avenir radieux pour ce vin à la grande classe et qui possède un corps croquant malgré des tanins encore un peu ferme, mais de belle qualité. Magnifique structure.

Les rouges possèdent une belle densité et sève. Rarement des pinots noirs d'Alsace ne nous avaient autant emballés.  Et encore, nous n'avons pas eu la chance de tremper nos lèvres dans la cuvée "le Chant des Oiseaux" ! Il faut dire que la production est inférieure à une pièce par an.

Les blancs

Sylvaner 2007 : matière serrée et dense, vin complet, assez arômatiqueDSC_0667

Pinot Blanc 2007 : dire qu'il s'agit d'un vin d'entrée de gamme, ça tient la route ! Droit et tendu, totalement sec, on l'imagine dignement accompagner un repas. Très Bien

Pinot Blanc 2007 "III KL" (avec Auxerrois) : un peu plus confit, plus encaustique aussi avec une pointe de botrytis. Bien

Riesling 2007 "cuvée Particulière" : peu typé Riesling avec des senteurs de banane, le jeunot offre un bouche droite et opulente. Bon

Riesling 2007 "Bildstoecklé" : les sols calcaires de cette parcelle donnent de l'ampleur aux vins. Un classique du cépage avec ses notes salines, d'agrumes et de fruits blancs.

Riesling 2007 Grand Cru Pfersigberg : le fruit est évident sur une minéralité continue. Totalement sec, il possède finalement une certaine rondeur qui lui permet d'être avenant. 36 hl/ha. Bien

Premier soubresaut de Bruno qui enfourche son chariot élévateur pour déplacer quelques caisses palettes. C'est presque au fond de la cave que ça se passe ! Il nous rapporte un Riesling 1999 "Bildstoecklé" : le nez est légèrement terpenique, la bouche est puissante, droite sur des saveurs encaustiques. Toujours pas un gramme de sucre résiduel.

Retour en cave, saut sur les caisses, attrapage à la volée d'un Riesling 1996 VT Grand Cru Eichberg : le temps a fait son oeuvre en patinant le nez qui est étonnamment sur la cacahuette. Jolie déclinaison sur des arômes miélés, mais toujours sans sucre.

DSC_0676Riesling 2004 Grand Cru Pfersigberg : 3 ans d'élevage sans soufre. Un vin plein, complet et qui mérite à lui tout seul de faire le Grand Chelem tant les arômes sont démultipliés avec encore une fois d'étonnantes saveurs de bananes. Superbe

Muscat 2007 : ensemble floral, finale un brin séchante.

"LPG 04" Vin de Table : Pinot Gris déclassé par "manque de mâturité" ! De qui se moque-t-on quand on sait que ce vin est tout sauf immature ! Jolies saveurs de fruits blancs et secs. Magistral équilibre.

Pinot Gris 2007 "Réserve" : puissant et ferme, terminant par une amertume noble.

"LPG 05" Vin de Table : encore déclassé, un Pinot Gris qui offre une grande complexité sur l'encaustique, le raisin de corynthe, le cèpe frais. Le nez paraissant sucré, mais finalement, la bouche est puissante et totalement sans sucre. L'équilibre est toujours aussi beau. Excellent.

Gewurztraminer 2007 "Cuvée Particulière" : pas très marqué Gewurzt, l'ensemble est avenant, presque charmeur. La bouche tendue est marquée à ce stade par la salinité et des arômes de rose.

Gewurztraminer 2006 : un accident de parcours ou plutôt un petit oubli de vendanger la parcelle. Du coup, ce sont 17,8° chevaux potentiels. Très mur évidemment, c'est surprenant de retrouver à ce stade un vin sucré tenu par une acidité assez élevée.

DSC_0674Gewurztraminer 2003 Grand Cru Eichberg : du gaz, salin et amer. Pas notre préféré. Pas grave, Bruno retourne en cave jouer à l'équilibriste et attrape une autre bouteille au passage. Bruno n'est pas du genre à enfiler des perles avec les touristes. Son arme, le tire bouchon. La nouvelle cuvée s'appelle "Naturellement Refusé"  "L2004" : vin au nom évocateur, le millésime l'est également, cet autre recalé a été élevé 42 mois sur lie. Caractère incroyablement oxydatif, il présente finalement peu d'ampleur mais c'est la complexité qui fait son charme : noix et feuilles sèches, corynthe. Bien en l'état, Magnifique pour le côté atypique qu'il représente.

Gewurztraminer 2005 "Bildstoecklé" : encore un peu de gaz, ses 150 grammes de SR passent comme une lettre à la Poste : arômes de litchis et de poires au sirop. Bon.

Les vins de Bruno Schueller ont une personnalité hors du commun. A des années lumières de ce qui ce fait sur les salons pour plaire aux communs des mortels qui aiment les vins ronds avec des sucres qui trainent, les vins possèdent une honnêteté sans faille, à l'image de son géniteur. Bruno est un homme attachant d'une rare générosité et qui en plus manie l'humour pour le plus grand plaisir d'entendre les instances de l'INAO se faire rembarrer dans leur "22" !

DSC_0668

Merci Bruno pour ton accueil.

Gérard Schueller Père & Fils
1, rue Trois Châteaux
68420 Husseren-Les-Châteaux
+33 3 89 49 31 54

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02 février 2009

Visite du domaine Albert Boxler (Niedermorschwihr, 68)

Nous poursuivons notre périple alsacien. Notre "base vie" étant à Wintzenheim (que nous aurons l'occasion de retrouver pour un autre domaine) nous partons à quelques kilomètres plus au nord pour atterrir à Niedermorschwihr.

Le village est situé à tout juste 10 kms de Colmar. Il abrite le Grand Cru Sommerberg dont la surface auDSC_05771 sous-sol granitique (28 ha) est partagée avec la commune de Katzenthal, elle même plus au nord.
"Sommerberg", c'est le terroir de prédilection du Riesling. Une sorte de cadeau du ciel pour Jean Boxler. Mais un cadeau qui se mérite, parfois au péril d'une vie. En effet, la déclivité atteint des pourcentages tels, qu'elle rend le travail de la vigne très compliqué. Le meilleur exemple, ou plutôt le plus triste serait de rendre hommage à Jean-Bernard Weinzorn, qui perdit la vie l'été dernier alors qu'il travaillait sur les pentes du Sommerberg. Un accident d'engin agricole lui fût fatal. Lui qui avait pourtant tout donné à cette terre...
Les 4 ha de Sommerberg détenus par le domaine sont exploités en coteaux et en terrasses. Le désherbage y est manuel. C'est "un boulot de chien" nous dit Jean !

Il exploite également 2 ha de Grand Cru Brand (58 ha au total) sur la commune de Turckeim avec un sous sol granitique et un sol sableux. Ce terroir donne des vins fins et fruités.

Le domaine Boxler existe depuis 1672. Il est tenu à ce jour par Jean, petit-fils d'Albert. Jean a grandit avec le vin. Tout petit déjà, son terrain de jeu, c'était la cave. Son père lui laissait de quoi faire des "expériences" tout en vinifiant. Il faisait alors ses premières armes.

DSC_0572Jean nous reçoit le jour du repos. Ce jour est traditionnellement réservé à sa famille en cette période un peu plus creuse, c'est donc endimanché qu'il nous fait découvrir sa gamme. Merci pour ce temps passé avec nous au lieu de ta famille.

Sylvaner 2007 : aromatique à souhait, la bouche est d'une belle et fine acidité. Bon

Pinot Blanc 2006 Auxerrois : encore bien aromatique, assez classique, manque peut-être d'un peu de tension.

Pinot Blanc Grand Cru Brand 2006 : le fruit est en avant dans un style plus opulant que son prédécesseur. Jolie finale iodée et longueur correcte. Bien

Riesling 2007 : le vin est droit marqué par les agrumes et des saveurs citronnées. Légère finale végétale qui confère de la délicatesse et de l'élégance. Bon

Riesling 2007 Gd Cru Sommerberg JV (Jeunes Vignes) : située en bas de la parcelle du grand cru, les jeunes vignes donnent un style assez enrobé voir beurré. Bouche parfaitement équilibrée avec un grain poivré et épicé. La redondance se fait avec bonheur pour de longues secondes. Très bien.

Riesling 2007 Sommerberg : là, les vignes ont plus de 30 ans. Le terroir s'exprime au travers de cette bouteille par un style minéral, droit et marqué d'agrumes. A encaver absolument. Superbe

Riesling 2007 Sommerberg "E" : E pour Eckberg, un lieu dit intégré dans le Sommerberg. Un vin superbement aérien, dans un style riche de fruits blancs (8 g de SR). Très bon

De part l'expérience des ainés mais aussi par la sienne, Jean Boxler a constaté qu'il y a une différence dans certaines parcelles d'un même terroir qui se ressentent dans l'âme et la structure du vin. C'est pourquoi il les vinifie et les embouteille séparément.

Riesling 2007 Grand Cru Brand "K" : K pour "Kirschberg". Le vin se montre plus puissant plus mur aussi que les autres. L'impression d'un vin claquant avec une superbe pureté. Encore un très beau vin

Riesling 2007 Brand : un peu plus stricte mais un peu plus longiligne aussi, le vin se goûte avec une sensation un peu sucrée (15 g de SR). Fort heureusement l'acidité est bien là pour tenir le tout.

Riesling 2007 Sommerberg "D" : il s'agit là de vieilles vignes de la parcelle "Dudenstein". Un vin complexe alliant des arômes murs et confits, de fruits secs et de Gewurzt. Un peu de sucre en bouche mais de hauteDSC_05751 tenue.

Pinot Gris 2007 : des arômes viandés et assez légers.

Pinot Gris 2007 Sommerberg : plus racé, plus profond et surtout une bouche trèèèèès féminine ! (40 gr de SR).

Pinot Gris 2007 Brand : il est encore un peu fermé le bougre, mais annonce un fort potentiel sur des touches anisées. Bien

Gewurztraminer 2007 : du fruit, du fruit, du fruit ! Déjà en place et si plaisant. A boire, à boire, à boire maintenant pour le plaisir.

Riesling 2007 Sommerberg Vendanges Tardives "cuvée Zacharie" : une cuvée en hommage au futur vinificateur du domaine (le fils de Jean) ? Le vin présente d'étonnantes notes de Riesling évolué (terpeniques) enrobées par un sucre somme toute présent, mais tenue par une belle fraîcheur mentholée et une finale légèrement végétale.

DSC_05741La dégustation de la gamme vinifiée par Jean Boxler nous permet de "conclure" plusieurs choses : les vins sont très élégants, fins, sveltes, cohérents. Ils ont fiere allure et peuvent sans conteste plaire à beaucoup, mais sans tomber dans un style facile (lisez, avec un certain taux de sucre, qui peut plaire certes, mais dont beaucoup de producteurs n'hésitent pas à franchir le pas pour tomber dans la facilité d'attirer un large public). Les Riesling sont superbes, marqués d'une identité propre grâce à une savante vinification ayant pour principe la séparation des parcelles à l'intérieur des grands crus. 2007 se présente comme un beau millésime, avec de la profondeur et de la sève. Enfin, Jean est d'une grande gentillesse, qui en toute modestie ne refuse pas à dire que le métier de vigneron est avant tout celui d'un paysan.

Domaine Albert Boxler
78, rue 3 Epis
68230 NIEDERMORSCHWIHR
+33 3 89 27 11 32
@ albert.boxler@9online.fr

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19 janvier 2009

Visite du domaine Julien Meyer (Nothalten, Alsace)

Notre deuxième visite nous transporte depuis le kiosque du Kastelberg à Nothalten village du Bas-Rhin d'à peine un demi millier d'âmes.

DSC_0120

Le domaine Julien Meyer est tenu par Patrick Meyer (son fils) depuis qu'il est à peine majeur. Il cultive les 7 cépages traditionnels locaux sur 8,5 hectares dont le Grand Cru Muenchberg.

DSC_0555Quelques repères :
Les sols du domaine ne subissent plus l'application des produits de synthèse depuis 1990.
Depuis 1993 le sulfitage a été réduit au minimum. En principe, l'élevages des vins se fait sans ajout de So2. Certains vins même ne sont pas sulfités du tout.
1999 marque la reconversion de la totalité du domaine en biodynamie.

Vous pourrez donc aisément comprendre qu'une certaine liberté planera sur l'ensemble des vins que nous allions déguster.

D'après Patrick, cette forme de liberté ne tolère pas la moindre déviation voire parasitage. C'est pourquoi depuis 3 millésimes, certaines cuvées sont embouteillées avec un bouchon en verre. Une petite explication en image ICI vaut mieux que les plus grands discours (merci Philippe).

La ligne de conduite de Patrick est simple : laisser le terroir s'exprimer à son paroxisme, avec le moins d'intervention possible de l'homme, sauf peut-être pour les tâches non automatiques comme la mise en bouteille, sous tirage... Patrick se qualifie d'ailleurs comme un paysan vigneron. C'est pas faux.

On parle un peu de biodymanie : les échanges sont vifs, très vifs, trop vifs pour certains scientifiques qui sont dans le groupe ! Le terrain d'entente concernant la manière d'aborder la biodynamie et la pensée des scientifiques n'étant pas trouvé, il est décidé tout naturellement de mettre de côté nos égaux respectifs et de voir finalement comment se comportent les vins ;-)

"Mer et Coquillage" 2007. Un assemblage de Sylvaner et de Riesling. Un vin nature, simple, fait pour lesDSC_0557 copains dans un ensemble légèrement beurré et iodé. Bien

"Solis" 2007 : Sylvaner, Pinot blanc et Muscat composent cette cuvée faite aussi pour les amis ! C'est aromatique grâce à la bonne proportion de Muscat. Bien

Deux vins sympas, à boire sous la tonnelle, sans préavis d'ouverture et pour faire "plop" (*) quand bon vous semble (6 € seulement pour ces 2 vins)

Pinot Blanc 2007 "les Pierres Chaudes" : sol siliceux exposé plein nord. Beaucoup d'élégance dans ce vin, belle matière. Immédiatement accessible. Bon +

Riesling 2006 : ça y est, on entre dans le vif du sujet. Un vin du genre nature, qui offre une belle acidité et dont la rétro olfaction raisonne remarquablement. Très bien.

Riesling 2007 "Zellberg" : terroir de marne et de limon, le Zellberg offre une ossature sphérique et ronde. Les arômes de fruits sont encores jeunes, primaires. Jolie finale iodée. Bon

Riesling 2007 "Grittermatte" : sol siliceux qui abrite la partie basse du grand cru Muenchberg. Le vin est droit dans ses bottes, pas tout à fait en place le jour de la dégustation, mais l'essentiel est bien là : c'est nature, pas d'artifices.
A noter que ce vin a été bu il y a quelques jours en accompagnement d'une choucroute : mes amis, quelle claque ! Un vin d'une pureté exceptionnelle, qui fait penser au style des vins de Jean Macle dans le Jura. Coup de Coeur

Riesling 2005 Grand Cru Muenchberg : la droiture poussée au plus haut point ! Superbe vin dans un style tranchant et doté d'arômes fins (citron, verveine). Superbe profondeur. A attendre absolument. Magnifique

Le Pinot Gris 2006 et Pinot Gris 2006 "Fanny Elisabeth" nous ont peu séduit. Peut-être que la biodynamie est plus délicate avec ce cépage ?

Pinot Noir 2007 "les Pierres Chaudes" : superbe fruit posé sur des épices (ça c'est la barrique), les arômes partent encore un peu dans tous les sens (ça c'est la jeunesse) ! Les tanins viennent vous titiller la langue pour une gourmandise redoutable. Superbe, autre Coup de Coeur 

DSC_0560Pinot Noir 2004 "Heissenstein" : un "vieille vigne" qui imprime sa sève immédiatement. Le vin est plus dense et plus intense aussi que "les Pierres Chaudes". Le fruit est étincelant. Il gagne en volume à mesure du temps qui passe. Dans le genre bien élevé en 1/2 muids, le vin n'a rien à envier ses cousins bourguignons. Magnifique !

Gewurztraminer 2006 "Heissenberg" : un sous-sol granitique qui donne une jolie droiture dans un style "caramel au beurre salé". Très bon

Gewurztraminer 2006 "les Pucelles" : un peu fermé mais très bien aussi sur une finale saline.

Fin de parcours avec un Pinot Gris 2002 en Vendanges Tardives : un assemblage de Pinot Gris mais de différentes origines. Des saveurs de furnmint (Tokaji), fruits secs voir même de chenin. Pas mal

Patrick n'est pas un homme extraverti, ni un homme qui se met en avant. On pourrait aisément comprendre que ses vins sont en retrait, mais il n'en est rien ! Les arômes primaires ne son pas importants, il ne sont que le filigranne d'une ossature minérale, réhaussée par un coup de pate de son géniteur. 
Les vins jouissent parfois d'une réputation "nature" avec une pointe d'oxydation ? Il ne nous a pas semblé le ressentir, mais les millésimes dégustés étaient jeunes et ne nous ont pas permis de le vérifier.

Patrick peut paraître un homme bourru (cf notre discussion au début la rencontre sur la biodynamie), mais c'est certainement une forme de défense pour faire comprendre rapidement que la vigne n'a pas besoin d'autre chose... que ce qu'elle a autour d'elle.

Nous reviendrons...

Merci Patrick pour ton accueil.

(*) : le "plop" est le bruit que fait le bouchon à l'ouverture et qui est apprécié de tous. En règle général, plus il y a de "plop", plus les amateurs de vins sont contents.

Domaine Julien Meyer
21, route du Vin
67680 Nothalten
+33 3 88 92 60 15
@ patrickmeyer67@free.fr

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08 janvier 2009

Visite du domaine Albert Seltz (Mittelbergheim, Alsace)

DSC_0043Première étape d'une série de cinq sur des domaines alsaciens que les Maigremont ont eu la chance de visiter en novembre dernier.

Nous arrivons de bonne heure chez Albert Seltz, à Mittelbergheim magnifique et pittoresque village du Bas-Rhin. L'homme est décontracté, lunettes de soleil en attente sur la tête, les mains dans les poches. Premier contact, premiers échanges sur l'actualité viti-vinicole : l'homme n'a pas la langue dans sa poche. Ca promet des discussions animées et en toute franchise.

C'est Philippe, notre organisateur local qui a organisé la visite avec Albert Seltz.

Le domaine s'étend sur 11 hectares de vignes et est planté de 7 cépages : les classiques alsaciens, mis àDSC_0536 part le Muscat remplacé par l'Auxerrois. La part des Grands Crus représente 4 ha (Pinot Gris, Gewurzt, Riesling et Sylvaner). La production annuelle est d'environ 100 000 bouteilles.
Albert est la 14 ème génération d'un domaine né en 1576 ! Il nous laisse entendre que vigneron est un métier difficile : "c'est un savant mélange d'idéalisme et de pragmatisme".
Il travaille actuellement un peu pour les générations futures : le domaine est en bio non certifié et la biodynamie est pour lui une évidence qu'il commence à appréhender et à suivre de près. "Pour ton fils ? Peut-être, répond-il, mais pour le moment c'est encore un peu tôt pour savoir ce qu'il fera plus tard". Comme un bon père de famille qui pourrait léguer son domaine à la relève, Albert épargne beaucoup : actuellement, 80 000 bouteilles sont en cave, témoins du passé du domaine et de la période actuelle. 

Albert Seltz est un adepte sans mesure du Sylvaner : chaque année, il met de côté en cave 600 bouteilles de chaque cuvées de Sylvaner, pour prouver à beaucoup que ce cépage peut vieillir. Il constitue en quelque sorte une "sylvanothèque".

D'ailleurs, nous apprenons rapidement qu'un cheval de bataille d'Albert fût son "combat contre l'INAO" comme il aime à dire. Ardent défenseur du Sylvaner, il milite longuement pour redorer le blason d'un cépage que certains pourraient qualifier 081108__8_d'indigne (un peu comme le Gamay fût banni de Bourgogne). En effet, seuls les cépages dits "nobles" peuvent prétendre à l'appellation Grand Cru (Riesling, Gewurztraminer, Pinot Gris et Muscat).
Petit retout en arrière. 1998,  la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la consommation et de la  Répréssion des Fraudes) constate dans une belle enseigne de Strasbourg une trentaine de bouteilles disposées à la vente comportant la mention "Sylvaner Zotzenberg Vieilles Vignes". "Etiquetage trompeur !" d'après l'INAO qui porte l'affaire devant les tribunaux. Normalement, la mention Grand Cru estPICT5501 suivie du lieu dit. Or, le Sylvaner n'est pas considéré comme Grand Cru. Albert se délecte et proteste documents à l'appui, que depuis 1922, le Sylvaner est accompagné de la mention Zotzenberg. S'en suivent de longs mois de procédure et au final Albert Seltz est dispensé de peine : amoureux de l'Italie et de la Renaissance, il baptise une oeuvre murale de son domaine du "Sono Contento" (Je suis content), symbole du pieds de nez qu'il vient de faire à cette grande institution mais qui hisse maintenant le Sylvaner au niveau qu'il souhaitait pour beaucoup...

Nous passons par les cuves de vinifications. Pour rappel, nous sommes juste après les vendanges : ça "glougloutte" dans tous les sens, "ça bosse" comme on dit ici. Nous passons par "le chai". Quelques cuves béton, inox ou fût servent à l'élevage du vin. Il n'y a pas de règles concernant le temps passé en fût : "j'éleve le plus longtemps possible sur lie, soit jusqu'à fin juin de l'année suivante". Mais l'élève de Léonard Humbrecht qu'il était nous indique que les vins doivent être natures : "un peu comme pour les femmes, pas trop de maquillage"...

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Nous descendons dans la cave de vieillissement : elle est magnifique. Près de 80 000 bouteilles reposent au calme dans la superbe cave, ornée d'oeuvres d'art qui s'associent à merveille avec les protégées d'Albert.

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Nous parlons du millésime 2008 et demandons à Albert comment il se présente "il n'y a pas de mauvais millésime, il n'y a que des mauvais vignerons !" : ça au moins, c'est fait ! A suivre au caveau de dégustation.

DSC_0513Auxerrois Kritt 2002 : on attaque déjà fort avec un vin ouvert aux notes de miel et de mirabelle avec des amers bien intégrés. Très bon
Auxerrois Kritt 2005 "Sélection" : un peu plus en retrait, mais une bouche construite sur une jolie minéralité et un sucre un peu plus présent.
Riesling Gd Cru Zotzenberg 2000 : nez discret certes, mais ô combien enivrant de fruits secs. Bouche puissante, droite comme un I. Le Zotzenberg abrite un terroir rouge (fer et grès)
Riesling Brandluft "Sélection" 1998 : issu de passerillage à sec, le nez est sur des arômes de Riesling évolué (notes terpeniques). On trouve en bouche des saveurs très iodées.
Riesling Brandluft 2005 : arômes primaires au nez, bouche saline et matière dense. Pas mal
Riesling Gd Cru Zotzenberg 2007 : c'est vif et citronné. La bouche est plus arrondie (rose) et longue. Albert n'aime pas encore, mais nous oui.

Un premier arrêt au stand pour se faire une première impression : les vins sont francs (on s'en doutait) dans un style étonnamment puissant.

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On repart avec le Riesling Gd Cru Zotzenberg 2006 : le nez est superbe, complexe dans un registre très mandarine. Que dire de la bouche qui est énorme sur des notes plus confites. Très beau.
Voici le genre de vin qui fait la pige aux détracteurs du Sylvaner. C'est un 1989, "Vieilles Vignes" tout de même ! C'est évolué certes, mais le raisin est encore tellement évident. Les arômes sont patinés et enivrants.
Sylvaner Gd Cru Zotzenberg 2005 : le premier millésime à pouvoir prétendre de la mention Grand Cru. Vin minéral mêlé d'arômes de mirabelle dans un style puissant aux touches boisées. Beau potentiel.
Sylvaner Vieilles Vignes 1998 "la Colline aux Poiriers" : celui là, il porte justement son nom : fruits blancs et particulièrement poire. On retrouve en bouche ces mêmes arômes, avec un léger sucre résiduel. L'équilibre est flagrant, superbe. Finale encore figoureuse.
Celui-ci sort directement du fût : le fruit est croquant et se prolonge longuement sur une juste tonalité. Encore un Sylvaner, "Sono Contento" 2007. Très prometteur, dans un style riche et puissant, juteux.
Sylvaner 2001 "la Colline aux Poiriers" : le millésime était propice au botrytis : le résultat est un régal. C'est une gourmandise, un dessert à lui tout seul dans un style confit mais léger. Extra
Gewurztraminer 2005 "Mon Ruisseau de Zanzibar" : bien évidemment épicé mais aussi marqué de gingembre, le vin est charpenté.
Pinot Gris 1999 "les Eglantiers" : un vin discret mais agréable, dans un registre confit et de miel de fleurs. Il ne fait pas ses 10 ans ce minot.
Sylvaner 2003 : amateur d'oxydatif, ce vin est pour vous ! On est évidement à des années lumières du Sylvaner conventionnel, mais la canicule et un élevage long en ont fait un vin hors normes. Avec un léger sucre résiduel présent, la finale est ample. Superbement atypique.

Merci infiniment à albert Seltz de nous avoir ouvert son domaine. Les vins sont pures, droits, puissants,  on pourrait penser alcoleux mais toujours sincères et avec une vraie personalité. Ce Robin des Bois là est attirant et ses vins sont comme lui : attachants et francs.

Nous partons ensuite pour le kiosque du "Kastelberg" et ses vignes pour y déjeuner : nous surplombons Andlau ! La vue y est exceptionnelle. Quelle journée !

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Domaine Albert Seltz
21, rue Principale
67140 Mittelbergheim
+33 3 88 08 91 77/+ 33 6 09 24 61 61
@ info@albert-seltz.fr
Site Internet

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Posté par Maigremont à 22:15 - Compte rendu de dégustation - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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04 août 2006

Duel de Riesling

Voici 2 vins dégustés le plus simplement, à l'apéritif et entre amis. Il s'agit de 2 Riesling. L'un générique, celui de Mittnacht Frères, millésime 2004, issu de l'agriculture biologique. L'autre arbore son terroir : Le grand cru Furstentum des Vignerons réunis de Kintzeim-Keysersberg millésime 2000.

Riesling de Hunawihr 2004, de Mittnacht Frères Hunawihr
La robe est dorée et assez claire.
Le nez est fruité avec pêche, ananas et fruits blancs.
L'attaque est fraîche, ronde, équilibrée et expressive sur les fruits blancs avec une belle persistance.
Bref, pour 7 €, c'est assurément une belle affaire !

Riesling Grand Cru Furstentum 2000, les Vignerons Réunis de Kientzheim-Kaysersberg
FurstentumRobe d'un bel or lumineux, plus dense que sa consoeur
Premier nez étonnamment pétrôlé. Le tout est discret. Après quelques minutes d'aération, viennent des notes de bergamotes, de fleur d'oranger, de citron confit et de pamplemousse. Il faut vraiment oxygéner ce vin pour le faire parler, mais ensuite le nez est superbe.
L'attaque se fait de façon souple, mais reste relativement mince et n'est pas à la hauteur de ce nez : dommage

Pour ma part, ce duel tourne à l'avantage du Hunawihr 2004, de Mittnacht Frères. Par ce temps de grande chaleur, on lui donnera une petite préférence pour sa belle fraîcheur et sa petite acidité pas dérangeante pour un sous.

Posté par Maigremont à 15:30 - Compte rendu de dégustation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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30 mai 2005

Pinot gris d'Alsace

Dégustation du 27 mai 2005 chez Emmanuel et Catherine

Etaient présents : Brigitte VH, Catherine G, Luc VH, David L,  Emmanuel G, Philippe M, Stéphane C, Frédéric , Gil B, Claude A,  Gildas P.

Tous les vins ont été dégustés à l’aveugle dans l’ordre ci-après et l’identité à été dévoilée avant de passer au vin suivant. Le  Gd cru Bruderthal a été volontairement dégusté en dernier, car estimé plus liquoreux que les autres, il aurait pu mettre en deçà les autres vins. Ils n’ont pas été carafés mais ont été bus à température de 10° environ.


Hors concours (donnation Stéphane)

Fendant de Fully, Valais, Suisse, Gérard Roduit et Jean-Marie Arlettaz.

Tiens, une capsule à vis ! La robe est claire et parlante, sur des arômes artificiels de Bourbon. La bouche est mince mais de petites notes de réglisse s’ouvrent. Un léger pétillant semblable au gris de Toul. Un manque d’acidité certain. Une découverte pour le cercle qui s’expatrie en dehors de la France.

Dégustation à l'aveugle


Frey-Sohler, Rittersberg 2003, Scherwiller (67) (7,5 €)

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Teinte claire, légèrement paille. Senteurs de pain d’épices, de beignets d’acacia et de miel. Bouche de litchi (légère) et petite acidité. Vin encore dans sa jeunesse. LVH reconnaît un vin dit « médaillé », vinifié traditionnellement et conforme aux Tokay pinot gris. Bonne entrée pour ce vin qui servira un peu d’étalon.


Cave de Hoen, Baron de Hoen 2003, Beblenheim (67) (8,5 €)

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La couleur est paille claire. De belles larmes sur le verre. Nez de musc, miel et bonbons au miel. Agréable à la bouche, puis s’arrête très vite. Une déception. Se révèlera un peu avec le repas

Domaine Paul Blanck, Grand Cru Fürstentum 2001, Kintzheim (68) (17 €).

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Belle robe à reflets verts et complexes. Nez de fruits confits, de feuilles mortes et de sous bois. Petit goût en bouche de caramel, de réglisse et d’abricots secs. Belle finale. Bel équilibre qui laisse présager un Gd Cru


Les Vignerons réunis, Grand Cru Schlossberg 1999, Kintzheim-Kaysersberg (68) (8.95 €)

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Belle teinte or soutenue, avec des larmes grasses ++ . Nez de coing, tilleul et de miel. En bouche, fruits confits et mirabelle. Une autre belle bouteille.

Marcel et José Ebelmann, Grand  Cru Zinnkoepflé 2003, Soultzmatt (68) (9 €)

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Jolie robe jaune paille. Nez floral et d’acacia. Bouche de caramel, litchi, abricots secs et coing. Une harmonie de saveurs simples.

Gérard Neumeyer, Grand Cru Bruderthal 2000, Molsheim (67) (15€)

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Jolie couleur jaune paille soutenue. Des larmes vertes sont présentes. Le nez est sur les fruits confits et exotiques (mangue). On peut noter de une légère pointe de cassonade. La bouche est fraîche, sur les fruits. L’acidité est équilibrée sur une bonne longueur.


Dégustation équilibrée qui a montré une palette de différentes vinifications pour ce cépage. Pour éviter toute confusion avec le Tokaji de Hongrie, la dénomination « Tokay d’Alsace » n’est pas autorisé. Le nom de l’appellation sera prochainement réduit au simple « pinot gris ».


Les vins ont été bus de nouveau sur le repas : des asperges en entrée puis un Baeckeoffe. Soit dit en passant que ce plat a soigné tous les plans de progrès de certains dégustateurs (4 kg de viande et 3,5 kg de pommes de terre) : les plats ont été vidés : bravo Catherine


Si un classement il devait y avoir, ce pourrait être celui-ci :
1 : Gérard Neumeyer, Grand Cru Bruderthal 2000 & Marcel et José Ebelmann, Grand  Cru Zinnkoepflé 2003,
2 : Les Vignerons réunis, Grand Cru Schlossberg 1999,
3 : Domaine Paul Blanck, Grand Cru Fürstentum 2001

Posté par Maigremont à 22:09 - Compte rendu de dégustation - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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