Avalanche de 1971 : joyeux anniversaire Vincent !
Il l'avait dit, il l'a fait ! Vincent nous avait prévenu en 2011 : "je ne pourrai pas fêter mes 40 ans cette année, mais gardez donc un dimanche pour que l'on fête ce cape, où il n'y aura que des 71".
Quelques années à glaner des flacons de son années de naissance, pour nous offrir un repas dégustation articulé autour de flacons qui ont vu naître de sacrés personnages comme Pep Guardiola (en pleine bourre avec le FC Barcelone), Gad Elmaleh (homme de scène au grand talent), Pete Sampras (le métronome), Vougeot (historien et Prix Goncours de la plus belle plume de LPV et qui a redonné ses lettres de noblesse à l'appellation Clos de Vougeot), la belle Adriana Karembeu, le chanteur "M". Tout ça mérite une ovation et même plus.
Nous sommes réunis au restaurant le Grand Turc de Déville-les-Rouen, pour une journée qui s'annonce comme mémorable. Et le simple fait d'avoir réuni tout ce petit monde pour fêter dignement tes 40 ans, rien que pour ça mon bon Vincent : BRAVO !
Toutes les bouteilles issues du millésime 1971 (exception de 2) sont bues à l'aveugle, accompagnées du repas.
On ouvre le bal avec un Champagne Brut Réserve de Michel Dourland. La bulle est fine, accompagnée d'un fruit blanc assez caractéristique, de caramel et d'une vinosité remarquable. Ca ne démérite pas du tout, même si ça ne correspond pas tout à fait l'équilibre que je souhaite plus tendu en général pour ce genre de breuvage. Néanmoins, cela reste un Champagne d'un bon rapport Q/P.
Riesling 1971 Dalsheimer Bürgel, Rheinhesen, Weingut Schales à Daslheim. Coin, fruits exotiques, litchi, mangue... Incroyable comme ce nez paraît jeune ! La bouche est superbe : quelques sucres résiduels, une belle et fine acidité, peu d'alcool. M'étonnerais pas qu'on soit outre Rhin, l'autre pays du Riesling. J'aime beaucoup.
Les 3 vins qui suivent sont servis en même temps sur une aumonière de lotte sauce Riesling et légumes. Riesling Gd Cru Zotzenberg 1985 (seule exception avec le Champagne pour cette journée), Emile Seltz : une acidité terrible à déchausser les dents. Peu de choses à dire, si ce n'est qu'il a fait l'unanimité dans le très moyen. Gewurztraminer Schlossberg René Sick et fils à Kaysersberg (on repart désormais sur le millésime 1971, jusqu'à la fin) : le vin est bien ouvert sur des tonalités tantôt florales, de fumé, de notes terpéniques, tantôt fruité avec de belles effluves de bergamote. La bouche se délie en douceur, accompagné par une acidité modérée. Un vin plaisant, qui a encore des choses à dire. Tokay Pinot Gris d'Alsace, coopérative vinicole d'Eguisheim (désormais Wolfberger) : la robe est encore étincelante, d'un beau doré. Nez délicat lardé, fumé et de fruit à chaire blanche. Sur une matière patinée, la bouche offre encore quelques soubresaut minéral.
Un trio plutôt intéressant, avec les deux derniers vins qui offrent encore du plaisir.
On passe aux les rouges, servis sur un filet de boeuf sauce grand Veneur, gratin dauphinois.
Le premier duo peut sembler déséquilibré : St Emilion château Pavie contre Pessac-Léognan château la Louvière. Pavie offre pour ma part un nez assez éphémère, que l'on doit secouer pour obtenir de timides notes de fruits rouges et de pruneaux. La bouche me semble un peu décharnée. Je suis l'un des seuls à l'avoir moins bien noté que le la Louvière qui lui me semble encore bien droit, plus structuré, avec son nez de fourure et son côté fumé, une bouche aux jolis tannins et une longueur correcte. Plutôt une bonne surprise, au vu de la différence de pédigrée.
C'est au tour d'un duo de Pessac-Léognan. Haut-Bailly VS Pape Clément. Le nez du Haut-Bailly est un peu austère, mais la bouche est savoureuse et se transcende avec la viande. La Pape Clément se pare d'un joli nez, très fin : café, cèdre. La bouche semble d'une jeunesse insolente : fruitée, au corps longiligne et svelte. Un beau duo, dont sa sainteté sort vainqueur.
Un trio de Margaux est maintenant servi. S'avancent sur le ring Brane-Cantenac, Lascombes et du Tertre. Brane-Cantenac me semble un peu dissocié : c'est surprenant, mais l'élevage se fait encore sentir, un peu d'alcool et des notes poivronnées. On ne va pas mettre ça sur le compte d'un vin pas encore en place ;-). Lascombes par contre est une bombe ! Très beau nez, élégant, franc, compacte. Très belle attaque en bouche, de la fraîcheur, du volume et de la finesse, c'est long, c'est à point, j'aime beaucoup ! Du Tertre paraît fatigué, dépouillé.
Net avantage sur ce match pour Lascombes.
Ce sont 2 St Julien qui s'avancent : Ducru Beaucaillou et Talbot. V'là l'match ! Ducru est superbe : plein de vie, très frais, il se livre sans préavis, d'une évidence et classe folle. Le nez de Talbot est d'abord assez effacé. L'air lui apporte un peu de profondeur. La bouche est plutôt large, mais paraît un peu plus fatiguée. Deux jolis vins. Ducru à encore un peu de temps devant lui, Talbot entame sa descente.
Dernier duo bordelais. Montrose VS Pichon Comtesse. Sur le papier, ça aussi ça a de la gueule ! Montrose est très fruit, avec une pointe de café et de rose fanée. La bouche est juteuse, savoureuse. Comtesse offre un nez très élégant qui s'effacera au profit de notes plus goudronnées, de sparadrap et de cendres, d'iode et d'algues. La bouche est très longue. Je me suis résigné à mettre un point de plus pour Pichon-Comtesse au dernier moment, mais ce duo a tenu toutes ses promesses !
Bravo Vincent pour cette salve bordelaise.
On change de registre et de région, ça se sent. Dans ma tête, je pars très largement en Bourgogne. Pffff, quel nul je fais, on est en plein pays des galets roulés, c'est à dire à Châteauneuf du Pape. Château Cabrières et Fortia sont servis en parallèle, pour eux même. Cabrières a vraiment tout d'un excellent vin. Son nez enchante par sa finesse et ses notes de céleri et sa bouche n'a d'égale que sa remarquable longueur acidulée, d'une subtil touché. Fortia est plus terrien de par son nez avec des notes de cendre et de fumé. La bouche est un peu plus dur, plus terrienne aussi. Avantage sur ce coup à Cabrières.
Séquence discours (Didier s'en charge)... et cadeaux
Ah, cette fois, je suis certain qu'on est en Bourgogne ! Pour commencer le trio, un Volnay 1er cru Santenots de Joseph Drouhin : on arrive maintenant à de jolies couleur évoluée, dont les robes font vraiment envie rien qu'à les contempler. Néanmoins, à défaut de finesse, le Drouhin est un peu fatigué et manque du coup d'allant. Le 2ème vin est un Corton grand cru Clos du Roi de Moillard. C'est un beau vin comme je les aime, avec une très belle texture qui évolue autour de la fraise et de la ronce. Un vin qui ne montre pas une ride, plutôt classique d'un Pinot Noir qui a bien grandi, lentement. Pour terminer ce tour en terre bourguignonne, il eut été dommage de ne pas rendre hommage à Vincent lui même, avec ce Clos de Vougeot du domaine Ropiteau-Mignon. Ca pinote encore et curieusement, l'élevage est encore là. Le vin ne fait pas du tout son âge, il paraît dense.
Le passage de ces 3 bourguignons ont été facilités par des accords de fromages locaux comme le Langres et l'Epoisses, de toutes beauté !
Interlude fromagère bis, avec quelques fromages à pâte pressée cuite comme le Comté : y aurait bien du jaune dans l'aire. Nez riche, très net, de tarte au citron meringuée. La bouche possède une longue acidité et une oxydation ménagée, sur la meringue et la pierre à fusil. Un style à part, dans les vins du Jura (enfin c'est ce que j'en ai déduit), tant le vin offre une énergie assez incroyable. Ce Côtes du Jura de Jean Bourdy est encore un beau vin qui ne fait pas du tout, mais alors pas du tout ses 40 ans !
Vincent sert une trilogie de douceurs, à base de raisins fermentés. Habituellement pas trop fan de susucres, j'ai pris un grand plaisir avec ces 3 vins, au point d'en garder un très bon souvenir. On commence avec un vin longiligne, fin et délicat, sur des parfums de quetsche et de mirabelles. L'archétype du vin pas écœurant, dont le temps qui a fait son œuvre a permis d'intégrer le taux de sucre. Bien +. Le suivant offre de belles notes de noix de coco, de barbe à papa. La bouche se dote d'une remarquable structure, plus épaisse que le précédent avec une acidité qui emporte très loin le vin. Un très très beau Sauternes à maturité ! Le dernier est encore différent dans son expression aromatique, mais pas si éloigné du deuxième : tarte tatin, pomme au four, le vin est puissant, doté d'une bouche tout en largeur. Remarquable finale sur le caramel, puissante, d'une insolente jeunesse ! Le premier est une Coteaux du Layon du domaine Brouin, le second est un Sauternes Rayne Vignau et le dernier n'est autre que Rieussec.
Dernier vin. Une curiosité pour certain, que j'avais rapporté à Vincent d'un séjour en terre andalouse. Ce Montilla-Moriles de Toro Albalá se pare d'une robe impénétrable pour reprendre une séquence bien connue de l'ami Vincent. Le nez est sur de puissantes notes de cerises, de café et de chocolat. On retrouve en bouche ce même registre et comme toujours avec les grandes réserves de cette bodega, une épaisseur sans commune mesure, dotée d'une dose de sucre hallucinante, mais heureusement tenue par l'acidité et la température de service intelligemment adaptée, c'est à dire pas trop chaude. Pour amateur du genre, à faire tomber illico un diabétique qui aurait perdu son insuline !
Heureux les invités au repas d'anniversaire du seigneur Vougeot ! J'ai été séduit et je dirais même fier de participer à une telle journée, moi qui n'ai pas trop l'habitude de ce genre de dégustation, avec autant de vins d'un âge avancé, mais respectable. J'ai été surpris par des vins qui pour beaucoup me sont apparus bien plus jeunes que les 40 balais sur le papier. Un grand merci aux participants pour cette belle journée, détendue, studieuse, chaleureuse et un IMMENSE merci à mon ami Vincent et à sa dame Anne !
Paie ton coup... de cœur
18 ème rencontre officielle du cercle LPV Haute-Normandie. Un thème à faire pâlir un caviste : "coup de cœur".
Le principe est simple : chaque participant apporte son coup de cœur du moment ou de toujours, le défend et l'explique devant l'assemblée une fois dégusté. Les vins sont servis à l'aveugle, accompagné du repas.
C'est parti pour 17 vins : 2 bulles, 6 blancs, 7 rouges et 2 sucrés
Le nez est assez simple et pour tout dire, commence à s'exprimer une fois qu'il se réchauffe. La bouche se montre dense et ferme sur une acidité qui s'impose. Assez bien ce Champagne Gosset Brabant 1er Cru (100 % Pinot Noir)
Bon, avec ce qui est dans le verre, on monte clairement d'un cran : beaucoup plus complexe sur des notes de pommes et de bergamote. L'attaque de bouche est suave et ronde et puis tout à coup, l'effet ressort se produit : elle se tend, un peu comme un filet pour vous attraper et ne plus vous lâcher. Finale tonique et salivante. Très bien ce Champagne 2002 "la Vigne d'Or" de Tarlant (100 % Pinot Meunier). Mais 3 fois le prix du premier ;-)
On passe aux vins clairs et plus précisément au premier blanc. Robe trouble et qui avec le nez annonce clairement qu'il n'y a que du jus de raisin et rien d'autres ! Après, j'ai entendu "ça pue le cidre", "ça sent la pomme". Oui, mais avant tout, ce que j'aime dans ce vin, c'est l'expression qu'il dégage : pas de maquillage que du raisin. L'acidité est soutenue, comme il faut. Pour amateurs de jus de fruits au petit déjeuner. Ce Pinot Blanc 2009 "sans soufre" de Jean Ginglinger était mon coup de cœur, découverte du dernier salon Vinseine de Rouen.
On change radicalement de registre et on retourne dans le plus classique, rien qu'à la couleur (très claire et limpide) et le nez : pas exubérant, très fin, ananas, poivre blanc. Différent en bouche, on s'attend à trouver un vin recroquevillé, mais pas du tout : riche et large, servi un peu chaud peut-être, l'alcool s'affiche malheureusement. Mais j'aimerai goûter de nouveau ce Cassis blanc 2008 de la Ferme Blanche. Assez bien du coup. Quand l'ami Jeff m'a proposé ce vin comme coup de cœur, il m'a averti que c'était un vin fin, plus de gastronomie que de dégustation. Je veux bien le croire, d'autant qu'avec la poêlées de St Jacques à la normande, l'accord fût très bon (25 Ugni blanc, 25 Marsanne, 20 Clairette, 20 Bourboulenc, 10 Sauvignon)
Superbe nez, classieux, que les années ont patiné. D'une belle profondeur sur des notes de truffe blanche et de miel avec une pointe d'oxydation. La bouche est du même niveau : mature, ample, même si la longueur n'est pas énorme, c'est la classe ! J'ai adoré ce Pessac-Léognan blanc 1993 à maturité du domaine de Chevalier (70 Sauvignon, 30 Sémillon). Très bien. Merci Jeff (2ème) !
Ce qui est bien avec ces dégustations éclectiques, c'est qu'on voyage avec chaque bouteille ! Le vins suivant offre un nez très rond, sur des notes de caramel appuyées. Les fruits blancs et notamment la pomme se font un peu discrets. La bouche est très ronde. Au final, un vin original, un brin vanillé, taillé pour une cuisine à base de safran par exemple. Bien ce Côtes du Jura 2007, cuvée Chardonnay ouillé, dernière née du domaine Jean Macle. Apport de Sébastien.
Voici le dernier blanc de la série. Rassurez-vous, un autre pointera son col au moment des fromages... Très beau nez, comme je les aime : citronné, droit, pur, iodé et coquilles d'huitres. Et que dire de cette bouche ? Elle envahie tout avec un boisé très fin et une densité incroyable. La finale traçante citronnée encore est longue et saline. J'adore, j'adore, j'adooooooooooooore ce Chablis 2005 de Vincent Dauvissat. Très bien mais surtout merci mon Fred ! (100 Chardonnay)
Changement de ton et de couleur. Ca sent le Pinot Noir évolué voir fatigué : pivoine, quelques notes de poivre. La bouche propose encore un peu de fruit, mais c'est la terrible acidité qui emporte tout. Ce Gevrey-Chambertin 1989 de Gilles Burguet était le coup de cœur de Marc il y a 20 ans. Un Gevrey fatigué, mais c'est ce producteur qui a fait aimer le vin à notre Marc et plus précisément la Bourgogne (100 Pinot Noir)
On ne quitte pas la Bourgogne avec ce qui suit : c'est beaucoup plus jeune, d'une belle finesse. Il y a un végétal qui accompagne le nez qui apporte une profondeur notable. Très belle bouche, à la matière ferme, mais élégante dont l'aspect végétal donne une fraîcheur qui allonge le vin. J'ai beaucoup aimé ce magnum de Haute-Côte de Beaune 2005 "Orchis Masculata" du domaine Naudin-Ferrand. Il faudra que je me penche sérieusement sur les vins de ce domaine. Merci à Didier pour ce coup de coeur ! (100 Pinot Noir)
C'est au tour de Fred de servir son 2 ème vin. Discret au nez, avec des notes de fruits rouges telles la cerise griotte et de ponctuations minérales, le vin se délie sur un équilibre plus sudiste que les autres, tout en gardant fraîcheur et buvabilité. Un peu en retrait ce Minervois 2006 "l'Ame des Maillols" du domaine les Maillols (80 Granache, 20 Syrah)
Le consciencieux et intarissable dénicheur de talents viticoles Benoit attrape sa bouteille et commence à faire le plein des verres. Le nez est superbe, très fin avec des touches d'herbes aromatiques, de menthol et de fruits noirs. La bouche n'est pas en reste, elle est tendue, fraîche et dotée de tannins remarquables tant sur le nombre que sur la finesse. Un vin à découvrir absolument que ce Coteaux du Varois 2007 "Champs de la Truffière" du domaine du Deffends. L'accord avec le canard à l'abricot fonctionne super ! (50 Syrah, 50 Cabernet-Sauvignon)
Le vin suivant a un nez bien ouvert : herbes aromatiques encore, quelques touches d'oranges sanguines et de poivre faisant penser à une Syrah du Rhône. La bouche est veloutée, d'un équilibre bourguignon et déroule sa panoplie florale et de bois oriental. Longue finale poivrée. Bon, je ne vais pas être très objectif avec ce Coteaux du Languedoc 2007 du domaine Montcalmès, car c'est mon deuxième coup de cœur du jour. Toujours aussi bon, je suis content d'en avoir encore quelques bouteilles à la maison (60 Syrah, 20 Grenache, 20 Mourvèdre)
Avant dernier rouge, c'est Franck qui se lève ! Caramba, il nous sort une espèce de missile tout en concentration, à la matière compact mais élégante, autour de la cerise noire et le zest d'orange. Finale plus relâchée mais un peu froide (Frank avait oublié de sortir la bouteille de la glacière !). Quand il nous indique que ce vin, issu de 2003 est un millésime froid, tout le monde le regarde avec des yeux ébahis. Bah oui, en Israël, cette Syrah Yarden Galilee 2003, n'a pas été élaborée par un temps plus chaud que la normale (100 Syrah).
Dernier rouge. Le nez fumé est celui d'un vin qui a quelques années certainement. D'une belle profondeur, c'est mur sur une trame minérale. Par contre, je suis assez décu par la bouche dont l'absence de fruit mais surtout la sècheresse excessive qui m'interpelle, surtout sur la finale. J'avoue être assez déçu par ce vin que l'on est en droit d'attendre à un tout autre niveau qu'est ce Coteaux du Languedoc Clos des Cistes 1998 de Peyre Rose. A revoir ? C'était l'apport de notre normand et demi Pierre (85 Syrah, 15 Grenache)
Pour accompagner l'assiette de fromages, un blanc fait son apparition. Il a une couleur soutenue et dorée, qui met sur la piste d'un vin de quelques années. Il offre quelques notes de truffes, de citron et de caillou. Sachant que c'est l'apport de Franck, Fred demande si "ça ne serait pas un Sauvignon du 20 ème siècle". La bouche est encore bien tendu et l'allonge est douce et termine sur de beaux amers. J'aime beaucoup l'énergie que dégage ce vin. Bien, ce Sancerre 1997 "la Bourgeoise" de Henri Bourgeois (100 Sauvignon)
2 douceurs pour terminer. Le nez est assez profond, sur l'encaustique, le tabac blond avec des notes de sparadrap. La bouche est plutôt fine, avec une concentration modérée des arômes, signe certainement d'une année moyenne. Par contre, l'équilibre sucre/acidité est très bon. Bien pour ce Sauternes "Paradeigma" du domaine Rousset Peyraguey. On est pas vraiment surpris d'apprendre que c'est la version 2000, millésime compliqué dans cette région. C'était le coup de coeur de Jean-Jacques (85 Sémillon, 10 Sauvignon, 5 Muscadelle).
Beaucoup plus jeune, sur les fruits confits comme l'ananas, l'abricot avec une silhouette que l'on imagine élancée et svelte. C'est confirmé par une bouche construite sur une fine acidité, une concentration remarquable et une précision des arômes. Bien + et à revoir dans quelques années encore. C'est un Monbazillac 2005 du domaine de la Borie Blanche (60 Sémillon, 30 Sauvignon, 10 Muscadelle). C'était le coup de coeur de la vigneronne herself, qui lors d'un passage de Marc au domaine, lui a laissé ce flacon pour l'une de nos dégustation à venir. Merci !
Et puis merci à tout le monde pour cette journée, un peu dissipée il faut le dire ! Des vins, voici ce que je retiendrai : le Cassis blanc de la Ferme Blanche, le Chevalier blanc 1993, bien évidement mais je le connaissais, le Chablis 2005 de Dauvissat et le Coteaux du Varois du domaine du Deffends.
A bientôt, pour de nouvelles aventures !
Alsace 360 ° Tour
Inutile de vous dire qu'une fois ce thème voté et sélectionné, mon cœur n'a fait que battre la chamade ! Une rencontre LPV Haute-Normandie, dans ce qui sera surement notre cantine pour les futures réunions : le Grand Turc à Deville lès Rouen. Une cuisine traditionnelle, propre, goûtue, sans chichis où l'accueil n'a d'égal que la fraîcheur des plats proposés : TOP !
Venons-en au thème. Vous me direz, qu'est-ce qu'un normand peut avoir comme relation avec l'Alsace ? Et bien, quelques liens qui remontent à mon enfance. D'abord, une mère née à Nancy, nous amenait dès mon plus jeune âge à passer des vacances chez ma grand-mère. Et quel est le rapport avec la contrée de la choucroute ? Simple. Nous partions de Nancy vers les Vosges, tout à côté. Nous mangions le traditionnel repas marcaire (palette fumée, lard, pommes de terre) dans les fermes auberges du côté du col de la Schlucht. Puis, pour faire la digestion, nous glissions en voiture vers Munster et les prémices de la route des vins (glisser est bien le terme ! ). Je me souviens de ces pentes douces, des forêts de résineux et des Vosgiens qui vous doublent dans les descentes sans aucunes visibilités. Ah ces Vosgiens, de rares pilotes ! Bien trop jeune pour goûter, mes parents et ma grand-mère s'arrêtaient chez des vignerons pour faire quelques emplettes.
J'ai aussi comme plus ancien souvenir de vacances d'été celles passées avec mes parents dans le Haut-Rhin en été. Je devais avoir 7 ans. La gastronomie (les premières tartes flambées tout gamin, ça vous marque un homme ;-), les fêtes locales, cette rectitude dans les rues, les géraniums aux fenêtres et balcons, les cigognes, le Haut-Koenigsbourg, l'accent des gens... Des souvenirs bien ancrés au fond de ma mémoire de gosse, qui reviennent à l'esprit avec plaisir et délectation dès l'évocation du seul nom d'un village alsacien. Cette région se montre bien présente maintenant grâce à quelques amis qui y demeurent, plus au nord de ce que je connaissais : dans le Bas-Rhin. C'est différent, mais je crois que j'aime encore plus ! J'ai pu y rencontrer des gens comme André Ostertag, Vincent Stoeffler, Albert Seltz, Patrick Meyer... Des gens bien...
Bref, tout ça pour dire que j'aime l'Alsace pour ses formes, ses diversités de paysages poussé à l'extrême, ses gens, sa gastronomie et maintenant pour ses vins. Mais seulement quand ils sont francs, directes et avec un sucre quasi absent ou affirmé (pas entre 2, c'est beurk). Depuis, je tente d'apprendre et d'avoir quelques notions sur ces terroirs mosaïques. Ce qui n'est pas des plus simple ! D'autres week-end à tenter de comprendre les fameux cépages historiques avec l'aide de Jean Boxler, Christophe Ehrhard (Josmeyer), Bruno Schueller et Philippe Bon. Encore des gens bien ! L'apprentissage n'en est qu'au début, mais je vais me soigner.
J'arrête de vous raconter ma vie, place aux vins...
Les vins sont servis à l'aveugle et le plus souvent par paires. Le débat s'installe avant de passant au binôme suivant. Je suis le seul à connaître les matchs qui sont proposés et je dois dire que certains s'annoncent des plus passionnants !
Ouverture des hostilités, sur un Crémant d'Alsace (dosé à 8 g/l, dégorgé après 4 ans sur lattes, sols Marno-calcaire). Des bulles très fines, une richesse et amplitude importante. Très fruits blancs, légèrement briochée, la bouche s'équilibre sur quelques sucres résiduels que j'aimerai un peu moins présents. Finale sur l'amende. Néanmoins, un vin plus que correcte, même plutôt bon que ce Brut 2005 du domaine Stoeffler.
Comme en Bourgogne, ce sont les rouges qui débutent cette dégustation.
Pinot Noir 2003 "Obere Hund" domaine Bechtold (argilo-calcaire) : fruit, rose et bonbon Kréma au nez, intensité moyenne. La bouche est souple et propose une texture agréable sur une petite amertume finale qui retend le vin. Bien loin d'être en bout de cours et surtout, rien à voir avec un quelconque 2003 fatigué.
Pinot Noir 2005 "Elevé en pièce" domaine Meyer-Fonné (coteaux marno-calcaire) : la robe est trouble. Poussiéreux au départ, le nez revient dans le droit chemin grâce à l'aération avec des notes musquées et de paraffine. Même si on sent que le vin n'est pas encore en place, la silhouette est agréable, longue et la complexité aromatique pointe le bout de son nez.
Deux styles radicalement différents. L'un plus simple (le Bechtold) mais vif, l'autre plus complexe mais pas encore prêt. Pour le plaisir immédiat, c'est match nul, mais sur le long terme le Meyer-Fonné tiendra ses promesses !
Pinot Blanc 2008, Emile Seltz (environ 4 g de SR/l, ): le nez est avenant, développé sur une aromatique de fruits blancs. La bouche est ronde, mais soufre d'un léger manque de peps.
Pinot Blanc 2008, domaine Stoeffler (7 g/l) : tout est un peu plus que le Seltz : couleur plus soutenue, nez plus épicé, plus travaillé (lisez plus complexe), plus épais en bouche. Mais plus sucré. Plus représentatif du cépage Pinot Blanc, je préfèrerai encore une fois une équilibre plus sec, surtout sur ce genre de cépage qui peut tomber rapidement dans la lourdeur.
Ce vin est servi seul, car un peu particulier. Très expressif au nez avec ses notes de fenouil, de muscat. La bouche est plus simple, mais présente un certain gras avec une amertume notable et une finale salivante. C'est un vin intéressant qui me plait de part son expression différente de ce que j'ai l'habitude de boire dans ce coin, même si cela manque à mon goût d'un brin de complexité. C'est un Gypse "Terroir Unique" 2007 du domaine Sylvie Spielmann (complantation des 3 Pinots. 7 g/l. 2007 étant la 2ème année de production sur un sol de... Gypse)
Reprise des duos
Voici une manche que j'attendais.
Sylvaner 2008 domaine Albert Boxler (3 g/l, terroir granitique) : métal froid, longue ossature, corps athlétique. Il a perdu un peu de son perlant depuis notre dernière rencontre, ce qui le rend plus posé et terriblement caillouteux. Magnifique tension finale.
Sylvaner 2009 domaine Ostertag (4 g/l, argilo-graveleux) : plus discret au nez mais beaucoup plus riche en bouche. L'allure est un peu plus lourde que le Boxler, mais effet de jeunesse. Encore un 2009 qui confirme que dans cette région, ce n'est pas encore prêt pour le moment. André Ostertag me disait que ses 2009 étaient compliqués et qu'il a du bosser pour les avoir.
Quand le Sylvaner est travaillé de la sorte, je me lève et j'ai envie de crier qu'on a pas le droit de dire que ce cépage est ingrat !
Muscat Fronholz 2007 domaine Ostertag (1,7 g/l, quartz argilo-marneux) : saveurs muscatées, rose, pierre humide et qui s'étire longuement. C'est un vin totalement sec qui peut dérouter par son absence de sucre. J'aime beaucoup sa fraîcheur, l'assemblée un peu moins.
Muscat Réserve 2009 domaine Léon Beyer (7 g/l, argilo-calcaire) : un peu plus facile et plus flatteur par un indice de sucre plus élevé que le Fronholz. A ce stade, le sucre le dessert, mais il est évident qu'en toute simplicité, seul en apéritif par exemple, j'en ferai une délicieuse victime !
Et voici le match qui sur le papier devait tenir toutes ses promesses. Mais le papier, il n'y a rien de plus improbable. André contre Jean, Ostertag VS Boxler.
Riesling Grand Cru Muenchberg 2007 domaine Ostertag (9 g/l, caillouteux-sableux) : on devine sans peine que le vin est enfermé, mais qu'il suffirait d'une mèche pour que tout explose. Ce détonateur, c'est assurément le temps. D'abord sur le fruit en bouche il déploie une minéralité sous-jacente et une fine acidité qui le rend attirant. Elle est d'une grande richesse, mais d'une sagesse qui confirme que le vin n'est pas dans sa meilleure phase. Cependant, tous les ingrédients sont présents : il lui faut juste quelques années pour en faire une très grande bouteille.
Riesling Grand Cru Sommerberg 2007 domaine Boxler (4 g/l, granitique) : je ne vais pas être très objectif, mais c'est le vin que j'ai apporté et c'est un vrai coup de cœur à chaque ouverture. Il se montre avenant, ouvert, sur un registre légèrement terpénique et ces notes caractéristiques de métal froid (sols granitiques). La bouche est superbe de naturel : fruits jaunes, très longue acidité qui tend le vin vers une finale vibrante et saline. Somptueux !
Léger avantage "plaisir" ce jour au Boxler, mais le Muenchberg aura sa chance un peu plus tard. Promesses tenues dans les verres, la foule jubile et les avis furent partagés !
Riesling les Pierrets 2001 domaine Josmeyer (9 g/l, marno-calcaro-gréseux)/Riesling Grand Cru Rangen de Thann 2001 domaine Zind-Humbrecht (12 g/l, Volcanique) : là aussi gros match sur le papier, qui peut paraître en principe déséquilibré. En principe...
Le Josmeyer affiche des arômes d'évolution. La matière est superbe et la finale citronnée est remarquable. J'aime beaucoup. Face à lui, ce Rangen de Thann a une marque de terroir évidente : cette patte rocailleuse, mais elle ne m'émeut pas plus que ça. Finale salivante. C'est bon, mais la déception est là et ça me paraît en dessous du mythe qu'on peut en tendre. Le point pour "les Pierrets".
Autre match : "le grand écart facial". "L'illuminé contre le biodynamique de luxe".
PG Réserve Bruno Schueller (19 g/l, argiles profondes et calcaires) : précisons que Bruno Schueller a eu quelques petits désagréments avec ce vin et qu'il fut déclassé en Vin de Table (L05). PG pour Pinot Gris qui affole les dégustateurs avec 15 % d'alcool au compteurs. D'accord, c'est puissant, mais l'aspect lardé est préservé avec des notes de raisin de Corinthe et de foin. Belle et longue finale sur le sucre d'orge et de beaux amers.
Pinot Gris Grand Cru Hengst 2001 domaine Josmeyer (31 g/l, marnes calcaires) : muet au nez, entre deux âges en bouche, peu d'expressions aromatiques hormis un sucre qui domine. Pas plus emballé que cela. Pour la défense de ces deux producteurs, je ne suis pas très fan du Pinot Gris en général.

Bruno Schueller et Jean Meyer (domaine Josmeyer)
1er Cru Schoffweg 2004 "le Sentier des Brebis" domaine Marcel Deiss (21 g/l, calcaire) : ce vin est le résultat de la complantation des 3 Pinots (blanc, noir et gris) et de Riesling. Très beau nez, assez fin mais élégant et complexe, plutôt longiligne. Bouche bien mure, sur une structure encore une fois élancée et vivante. J'aime beaucoup la dynamique de ce vin. Très Bien
Alsace Grand Cru Altenberg de Bergheim 2005 domaine Marcel Deiss (83 g/l, argilo-calcaire) : complantation de Riesling, Gewurzt, Pinot Gris, Muscat, Sylvaner et Pinot Beurot. Au nez, ça annonce le sucre. C'est clairement concentré, trop pour mon petit gosier. Je trouve ce vin un peu lourd, ça n'est pas pour moi, désolé !
Avantage au Schoffweg pour sa tonicité et son caractère vivant.
Riesling Grand Cru Rangen de Thann 1998, domaine Zind-Humbrecht (34 g/l, volcanique) : encore une fois, c'est un cru qui ne me parle pas plus que ça. Les parfums sont agréable et subtils au nez (verveine, orange amère, tilleul). Mais pour ma part, la bouche manque de magie, de folie. Je m'ennuie avec ce vin. Rien à voir avec le Riesling Vendanges Tardives 2001 de Trimbach (50 g/l, marno-calcaro-gréseux) : malgré 50 grammes de SR, il ne s'embête pas avec des formules de politesses. C'est droit, presque tranchant. Cette rectitude me plait et les amers qui raisonnent dans la longue finale sont absolument superbes ! Excellent
Gewurztraminer Grand Cru Sonnenglanz 2005, domaine Bott-Geyl (58 g/l, marnes calcaires) : nez évoquant le camphre, le sucre roux. La bouche est agréable, l'équilibre en bouche est bon. La longueur n'est pas énorme, mais c'est correcte. Bien
Gewurztraminer Grand Cru Sporen 2008, domaine Meyer-Fonné (42 g/l, argilo-marneux) : loin du litchi et rose caricaturale mais néanmoins typique du cépage, celui-ci offre plutôt des notes de fruits exotiques et plus précisément d'ananas. La liqueur est aérienne, avec une fraîcheur due à l'acidité bienvenue en cette fin de dégustation. Belle complexité d'ensemble pour une belle ouvrage. Très bien
Pinot Gris Sélection de Grains Nobles 1998, Hugel et fils (99 g/l, argilo-marneux) : chez Hugel, point de mention sur l'étiquette concernant le Grand Cru. Mais celui-ci provient du Sporen. Je n'ai rien noté ! Je crois qu'à ce stade de la dégustation, ça parlait dans tous les sens et ça sentait l'écurie ! Moi le premier ;-)
Très belle dégustation, d'un bon niveau d'ensemble. Les grands domaines s'en sortent bien (Boxler, Ostertag, Trimbach) hormis Zind-Humbrecht et ces 2 Rangen de Thann qui me font dire que je préfère investir dans autre chose.
Merci à tous pour cette fête, dans la bonne humeur : ça m'a permis le temps de quelques heures, de passer des vacances dans un endroit que j'aime !
Enlèves-moi cette chaussette !
Eva, qui n'est pas à court d'idées, a lancé lance un petit jeu en cette période festive qui précède Noël. C'est un calendrier de l'Avent revisité en Avin, que dis-je, détourné pour l'amateur à la recherche de nouveautés viniques.
Les petites images pieuses ont été remplacées par les chocolats quotidiens qui s'extirpent rarement de l'emballage sans tomber par terre. Ces mêmes chocolats ont maintenant tendance à se transformer en mini jouets ou figurines. D'accord, c'est pour les enfants. Mais pourquoi ne pourrions-nous pas jouer, nous les grands ?
En ce 15 décembre, c'est Bibi Fricotin qui retire la chaussette de dégustation. J'avais envie de vous parler d'une bouteille qui me frappe en plein cœur à chaque fois que je l'ouvre. Elle vient d'une région que j'affectionne particulièrement : l'Alsace. Un producteur aussi travailleur et minutieux que discret : Jean Boxler. La bouteille ? Un Riesling Grand Cru Sommerberg 2007. On ne s'attardera pas sur le "disgn" de l'étiquette qui est quasiment identique depuis que le domaine met son vin en bouteille (1946). Jean-Marc, le père de Jean, utilisait déjà ce graphisme aux allures vieillottes, qui l'avait repris de son père Albert. Comme on dit, peu importe le contenant, l'important est à l'intérieur. Ce qui compte pour Jean Boxler, c'est d'être un relais du domaine, pas de mettre son nom sur l'étiquette.

Chaussette propre, bouteille de rêve : un bon moment en perspective !
Ce Sommerberg est issu de sols granitiques des pentes ahurissantes de Niedermorchwihr et de Katzental dans le Haut-Rhin. Ces sols donnent à ce Riesling un tranchant digne des plus belles lames de rasoir. Ce vin peu barbant affirme un caractère au plus près du sol avec de légères notes de terpènes et de métal froid. La matière est vive, vibrante, caractérisée par le millésime 2007 qui en rajoute une couche pour l'amateur en quête de vin pas mollasson. Ce qui ne veut pas dire que l'acidité va vous faire regretter d'avoir oublié votre Mopral du matin : au contraire, la chair est enrobée, dense. La finale qui chamboule tout est sublime, intense et déroule sa longueur sur une pointe de fruit jaunes et de sel. A se damer, merci Jean Boxler !
Bandol
Laisse les Bandols à Denise
Pas la peine de charger tes valises
Tu travers'ras mieux la crise
On est si bien...
Une soirée produite par Maigremont Inc chez Yves, sur la terrasse, autour et dans la piscine.
Si vous êtes sages, vous verrez peut-être une photo compromettante : faut pas l'dire, mais on est en train de monter un calendrier pour la ménagère de moins de 50 ans. On le vendra plus cher que les Dieux du Stade, ça financera les dégustations 2011 ! Bien entendu, la révolution est passée par là en coupant les têtes afin que ces photos ne se retrouvent malencontreusement pas sur Fessebouc. Mais on garde sous coffre les précieux originaux.
A Bandol, le principal cépage en est le Mourvèdre, haaaaaaaaaa ! Ca vous évoque quoi ? De grands
souvenirs de langue bleutée, des dents à la limite de la parodontite, un tord boyaux pire que notre Calva fermier quand c'est jeune et qu'on ne recrache pas ? Un peu de tout à vrai dire. Le Mourvèdre est complété en rouge par la Grenache et le Cinsault. En blanc, ce sont pas moins de 3 cépages principaux (Clairette, Ugni Blanc et Bourboulenc) qui sont accompagnés dans une moindre mesure par 4 autres (Sauvignon, Marsanne, Rolle et Sémillon).
Mention pas très spéciale au Syndicat des Vins de Bandol qui n'a pas été foutu de nous envoyer la moindre documentation et qui renvoie la babale à la Maison des Vins de Bandol. Mais bon, ça ne nous a pas empêché de passer une bonne soirée.
Un seul blanc officiel au compteur : jolie couleur soutenue. Senteurs d'ananas et de vieux bois (patine d'antiquaire). Bouche huileuse, riche, un peu mole. Pas mauvais, mais rien d'extraordinaire ce Bandol blanc 2005 du château St Anne. Un hic de taille : un rapport Qualité/Plaisir défavorable (30 € !)
Le deuxième n'a rien à voir avec la choucroute. Mais en cherchant bien, finalement oui. Il s'agit d'une bouteille à frais partagés, c'est à dire que de temps en temps, on se fait une
belle bouteille, parce que comme dirait l'autre "Life is too short to drink bad wines". Un Riesling 1996 Rangen de Thann (Clos St Urbain) du domaine Zind-Humbrecht. Déjà la couleur en jette : or avec de magnifiques reflets dorés. Clairement confit et abricot au départ, il s'ouvre ensuite vers des nuances plus subtiles : fumé, champignon, minéral. En bouche, l'acidité est très présente, intense même. Elle donne un grand cout de fouet à l'ensemble et dynamise le vin avec ce côté fumé qui prend le dessus. Le vin n'est pas d'une grande consistance, son ossature semble même légère, presque fluide. Son aspect évolué et la dissociation par rapport à son nez nous a même surpris. Problème de bouteille ? Sentiments mitigés. A revoir.
Les rouges
De l'équilibre, un fruité bien en avant, une matière presque fondue. Une toute petite pointe alcooleuse en
final. Pas extraordinaire, mais bien fait. Il s'agit des Hauts de Seignol 2005 du domaine Val d'Arenc.
Du fruit, de l'alcool et pas très complexe au nez, le vin suivant annonce une longueur convenable. C'est correcte (12€). Domaine de la Garenne 2005
Voici certainement la robe la plus foncée de la soirée. Encore dans son bois, mais un joli bois, le vin déroule une belle trame acidulée. Pas d'un gros corps, le fruit est abondant et s'assagit vers une longue finale réglissée. Bien + ce 2007 du domaine Sorin (12 € encore).
Elevage en force (caramel), sous maturité du raisin, tannins secs au possible. Beurk pour ce Bandol 2005 La Laidière.
Belle complexité dans l'ensemble pour ce vin aux senteurs de fraise, de girofle et d'arômes viandés. Bouche assez juteuse, poivrée et épicée. Cependant on décèle une légère sécheresse finale, mais rien de bien méchant pour Lafran-Veyrolles 2004.
La robe la plus évoluée de la soirée et le nez qui confirme que le vin a quelques années : légèrement animal, cuir puis quelques effluves de cassis. L'attaque est duveteuse et soyeuse, les tannins sont fins sur des notes de réglisse, de menthol. Longueur plus que correcte. Un joli vin, sérieux, bien structuré, pas monstrueux, mais bon tout simplement. On ne l'attendait pas à ce niveau ce Pibarnon 2000.
On peut vous avouer maintenant qu'on s'attendait à une soirée bien plus dure que celle-ci : nos mâchoires s'étaient préparées au pire, et c'est plutôt un style presque preque souple que nous avons rencontré. Des vins de bonne consistance à chaque fois, ni trop léger bien entendu, mais ni trop.
Et un autre vin dégusté pendant le repas : Anjou-Villages Brissac 2005 Rocca Nigra du domaine de Bablut qui se comporte en très beau vin. Marqué par la cerise avec une réelle fraîcheur au nez. Le touché de bouche est croquant et les tannins mettent en scène une puissance bien maîtrisée. C'est solaire, juste comme il faut. Le reste de la gamme est à découvrir rapidement !
Le repas ? Une salade algérienne (poivrons, tomates, concombres, oignons) qui passe à merveille avec cette chaleur. Les fantastiques viandes de la boucherie de Claville, issues d'un artisan boucher-éleveur, fromages et brochettes de fruits. Et hop, au lit, mais après un p'tit bain !

Un peu de Bandol et la fête est tout de suite plus folle !
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VdV épisode 25, c'est r'parti !
Nouvelle saison mais surtout retour de cet événement mensuel à boire entre internautes, qui était un peu tombé aux oubliettes depuis presque un an. Sous l'impulsion d'Iris (la courageuse), ce rituel mensuel deuxième mouture a pour président ce mois-ci un cousin d'outre atlantique, Mathieu Turbide du blog "Méchant raisin". Il a pour objectif de compiler les notes de dégustations des blogueurs après avoir décidé d'un thème. Ce moi-ci, c'est "demi-sec". Ni doux, ni sec, rien de plus, rien de moins.
J'ai choisi un vin fait par un vigneron que j'adore : Bruno Schueller (visite complète avec les Maigremont ICI). Cet alsacien d'Husseren les Châteaux (Haut-Rhin, au sud de Colmar) produit des vins pour le moins sincères, originaux et pour la plupart sec. Pas adepte pour un sous des traitements dans les vignes, les vins s'en ressentent en plus grâce à une intervention assez distante lors des vinifications et à la cave. Son Gewurztraminer est l'archétype du vin qui ne plaira pas aux puristes du "Gewurzt".
Un accident de parcours et un petit oublie de vendanger la parcelle ont donné à ce millésime 2006 quelque chose d'absolument atypique.
D'abord, la couleur est superbe : quasi vieil or, avec de beaux reflets dorés. Aromatique à souhait, muscaté, des arômes de poires, d'amande, de litchis, de poivre blanc, on sent la bête prête à vous sauter au visage ! En bouche, c'est puissant (17,8° potentiel), très riche et
l'alcool passe inaperçu grâce à la formidable combinaison d'une immense acidité et le sucre qui n'est là que pour apporter de la gourmandise. On se croirait assis au beau milieu d'une pâtisserie artisanale.et la finale qui emporte tour sur son passage apporte une sensation de calme et de sérénité. Un vin magistral, claquant, bleuffant, qui accompagnant des samoussas aux Munster et cumin ce soir là, a rassemblé tous les suffrages. 8 € messieurs dames, c'est donné !
N'oubliez pas d'aller lire dans quelques jours la compilation de Mathieu, directement sur son blog ou sur le blog des Vendredis du Vins.
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Préparation beaunesque
Cette dégustation avait pour objectif de chauffer les gosiers et de faire quelques gammes vinesques. Nous sommes chez Franck qui sait recevoir comme il faut. Attention, on va finir par prendre pension chez toi ! Les amis Pierre (et sa dame), Adnane et Christophe on également fait le déplacement.
Place aux expériences dans les verres, mais aussi aux coups de cœur ou valeur sures... Bien évidement, les vins sont servis à l'aveugle, c'est plus drôle.
Sancerre 2006 "le Chêne Marchand", Christian Salmon : le vin est incroyablement mur, sur une sensation minérale appuyée. Curieux de constater cette perception de sucre résiduel, d'autant que je pense qu'il s'agit d'un Sancerre. Pour moi, le vin tombe un peu dans la mollesse et n'est pas représentatif du Sancerre que j'aime.
Sancerre blanc 2001 Silex "Sancerre d'Antan", Henri Bourgeois : saleté de TCA, grrrrrrrrrrrrr...
Sancerre blanc 2008 "Clos de Beaujeu" de Gérard Boulay (bouteille passée en carafe 24 heures). Grosse présence au nez, jus de caillou, très agrumes, arômes murs. Bouche super riche, du gras, de la profondeur, supportée par de beaux amères. Finale saline et caillouteuse. Incroyable de trouver autant de vin dans un vin ! Magnifique, au summum de Sancerre, ça déborde de partout. Autant les 2007 du même producteurs sont sur un profile minéral et semblent se refermer actuellement, autant celui-ci, je me demande comme il va s'assagir.
Puligny-Montrachet 2006, domaine Louis Carillon : un domaine qui m'a toujours épaté avec ces Puligny au sommet. Il devrait pourtant y avoir du changement quant à son avenir en 2010, les 2 frères ayant décidé de séparer le domaine ! Ce Puligny arbore une jolie prise de bois et propose une minéralité relative. Laissons lui quelques années pour le retrouver avec plaisir.
Puligny-Montrachet 2006 1er Cru "les Folatières" Bachelet-Monnot : plus harmonieux et plus avenant que le Carillon, le vin est aussi long que large sur une dominante d'agrume et un bois encore un brin perceptible. Bien +.
Auxey-Duresses blanc 2005, Pierre Boisson : le nez est incroyablement grillé et fumée et fait penser à un vin de Coche-Dury. Beaucoup de jus en bouche, un peu pris par le bois, mais la matière est terriblement vibrante et gourmande. Ca envoie du lourd et longtemps ! Le grillé, c'est bien la marque de fabrique de Raphaël Coche, vinificateur du domaine Boisson qui n'est autre que le fils de Jean-François Coche-Dury. Très bien mais surtout à suivre !
Chassagne-Montrachet 2007 1er Cru "les Chenevottes", Pierre-Yves Collin-Morey : très beau vin expressif sur des notes de nougat et de poivre blanc. Du volume en bouche, de l'équilibre entre la richesse de ces mêmes arômes et l'acidité qui déroule longuement le vin. C'est très bien fait et ça me plait beaucoup.
Riesling 2007 Grand Cru Brand, Albert Boxler : très beau nez, précis et fin sur des notes d'agrumes, de terpènes et cette minéralité comme toujours si sensuelle et caractéristique du domaine (c'est moi qui avait apporté cette bouteille). Encore un peu de gaz en bouche qui s'évacuera par la suite et qui rend les quelques sucres résiduels attachants. A noter qu'il s'agit de bons sucres résiduels, pas inutiles. Très belle bouteille qu'il me tarde de retrouver dans quelques années.
Pinot Noir 2007 "les Pierres Chaudes", Patrick Meyer (Alsace) : encore un joli vin,
gourmand comme il faut, libre comme l'air justement parce que sans souffre. Le fruit est presque excessif comme la fraise et les épices en finale font la part belle à ce breuvage souple et léger qui se laisse très trop facilement boire. Il me fait penser un peu à un Morgon. Ma dernière bouteille, souvenir d'un passage chez Patrick.
Meursault rouge 2005 "la Baronne", René Maurel : vanillé, écœurant, éventuellement pour une sauce bourguignon.
Chassagne-Montrachet 2006 "Vieilles Vignes la Goujonne", Hubert Lamy : des allures de Chambolle-Musigny, marqué par la raffle, les tanins sont un peu durs. Pas emballé
Vosne-Romanée 2002 "les Suchots", domaine Chantal Lescure : attention, ce spécimen est une bombe atomique. Avec ses notes de venaison, de pivoine et de réglisse, le vin expose rapidement avec classe ses origines nuitonne et terrienne. En bouche, tout est là pour vous faire passer un moment inoubliable : les tanins sont ronds et mordants, la structure est taillée pour la table. La rétro sur de beaux amères ne se fait qu'après de longue secondes de bonheur et de plaisir ! Je n'ai pas été capable de recracher cet OVNI ! Mes 2005 vont attendre quelques temps. GRAND vin.
Les deux suivants sont servis ensemble.
Sancerre rouge 2005, Christian Salmon. On resserre la trame en bouche, c'est profilé cerise, mais le végétal est marqué. Bof. Le domaine Salmon n'est pas à la noce ce soir, c'est peu habituel !
Sancerre rouge 2000, Gérard Boulay : matière mure et élégante, un fruit inouïe et éclatant. Le vin est d'une jeunesse insolente et pourtant, il a 10 ans et presque 10 ans de cuve car il vient tout juste d'être mis en bouteille. Je suis sur le C.. par tant matière et par un tel toucher de bouche. Le plus beau Sancerre rouge que j'ai bu, sans aucun doutes.
Côte-Rôtie 1998 "les Grandes Places", domaine du Monteillet. Encore un vin superbe qui nous est proposé par Stéphane Montez (c'est le géniteur). Nez superbe, dynamique, d'encre d'école, de menthol avec un côté sanguinaire appétissant. Bouche riche, puissante et complète avec des tanins suaves et abondants. Tout le monde reste quoi, même Christophe qui l'avait apporté.
Saumur-Champigny 2004 "les Poyeux", Clos Rougeard : entre 2 âges, joli fruité, rond avec un trait de vert en final. Bon, mais pas à la hauteur de ce que j'imaginais car c'était mon premier Rougeard (sisi).
Minervois la Livinière 2000 "le Féline", domaine Borie de Maurel : crème de mure et violette, de la profondeur et une allure presque sans souffre. En bouche, de la rondeur et des tanins crémeux pour ce vin de quelques années, c'est doux, fruité avec des notes d'olives vertes. J'aime beaucoup. Merci Doc ;-)
Pauillac 2001, Château Mouton Rothschild : les notes de cafés montent immédiatement au nez, mais aussi de pain grillé et de fumé. Un léger creux en milieu de bouche, mais grosse longueur qui en dit long sur son pédigrée. Pas au mieux de sa forme, car ouvert au dernier moment. Mais merci Franck pour ce missile !
Mosel Saar Ruwer, Eerdener Prälat Riesling Auslese *** 1994 er, Jos Christoffel jr (Riesling allemand pour les non initiés) : une petite douceur pour finir, qui a la bonne idée de remettre les compteurs à zéro grâce à la charge alcoolique plutôt faible (7,5 %). Marqué terpène, mais de la fraîcheur sur l'ananas et le miel d'acacia. Matière fine et précise, elle s'étire longuement grâce à une acidité remarquable. Très beau.
Ainsi s'achève cette magnifique soirée. Les vins nous ont comblés, ils ont été parfaits avec très peu de déchets.
Merci à Marie et Franck pour leur accueil, parfait et généreux comme d'habitude !
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Des Riesling, des hommes et des Grands Crus d'Alsace
Quel thème, quelle belle région et intéressant de par son cépage, se déclinant du sec aux vins sucrés comme les vendanges Tardives ou les Sélections de Grains Nobles (SGN).
Cette soirée n'était pas sans nous rappeler nos escapades d'il y a un an : ici, ici, ici, là et voir même ici si vous en avez le courage ;-).
Le Riesling est le cépage le plus répandu en Alsace. On le traite souvent d'éponge à terroir, en raison de sa faculté à capter les éléments du sol et à restituer dans les vins des différences notables en ce qui concerne les équilibres, les acidités et bien entendu la minéralité.
Au nombre de 51, les terroirs classés Grand Cru représentent seulement 4 % de la surface totale du vignoble alsasien. La diversité et la nature du sous sol alsacien est telle qu'elle apporte une authenticité particulière aux vins. La conduite des Grands Crus est réglementé avec comme exemple les rendements, qui sont inférieurs à l'appellation Alsace simple. Il existe également des dégustations d'agréments afin de contrôler la typicité du vin : mais a-ton besoin d'être dans un standard pour prouver qu'un vin est typique ET bon ? C'est un autre débat...
Pour rappel, les 4 cépages dits "nobles" qui peuvent prétendre à l'appellation Grand cru sont : le Pinot Gris, le Muscat, le Gewurztraminer et le Riesling. Il existe cependant quelques exceptions :
- le Sylvaner qui peut obtenir la mention Grand Cru uniquement sur le Zotzenberg,
- l'Alternberg de Bergheim et le Kaefferfopf (dernier nominé à la place de Grand Cru) dont la complentation est autorisée

Le Grand Cru Kirchberg de Barr, à Barr (67)
En guise de mise en jambe, un Riesling allemand (hors thème) pendant qu'un petit questionnaire est rempli
histoire de gagner une bouteille offerte par Yves. Un allemand complet, qui joue la carte de la facilité grâce à un sucre résiduel évident et une fraîcheur en bouche qui s'exprime avec du gaz carbonique. C'est un Kabinett Mittelrhein 2007 de Mattias Müller.
Mittnacht-Klack, Grand Cru Rosacker 2002 : déjà des notes d'évolution au nez avec des notes terpéniques classiques. Y a du fruit, c'est rond, peut-être un peu trop. Du coup, le vin tombe dans la molesse. Bof. Les 26 hectares du Rosacker sont situés sur la commune de Hunawihr (68).
Arthur Metz, Grand Cru Altenberg de Wolxheim 2007 : les marques de terroir sont déjà plus évidentes, malgré une jeunesse identifiée rapidement. Le vin est complet sur des agrumes et l'anis. En bouche, la minéralité se fait d'emblée ressentir avec des notes saline. La finale se fait elle sur l'acidité alors qu'en général, c'est plutôt l'inverse qui se produit ! Un vin agréable, bien fait et qui nous a semblé valoir ses 9 € sans discuter (prix annoncé une fois l'étiquette découverte). Comme son nom l'indique, l'Altenberg de Wolxheim est situé à Wolwheim, sur des pentes douces marno-calcaire.
Domaine de la Sinne, Grand Cru Wineck-Schlossberg 2003 : malheureusement, vous ne saurez seulement de ce terroir qu'il est situé à cheval sur Katzenthal et Ammerschwihr sur des coteaux de granite et de micas très pentus sur environ 27 hectares (68). La bouteille étant défectueuse ! grrrrrrrrr
Albert Seltz, Grand Cru Zotzenberg 2004 : le domaine est connu pour sa contribution à avoir obtenu de la part de l'INAO, la mention Grand Cru avec le cépage Sylvaner sur le Zotzenberg. Etalé sur 36 hectares à Mittelbergheim dans le Bas-Rhin sur des terroirs de marnes et calcaire, le Riesling est ici discret au nez, mais on devine des notes de pâte d'amande. En bouche, le vin s'exprime cependant avec une richesse et une puissance certaine. La finale est de belle intensité aussi sur des notes minérale. Un vin élaboré pour la table. Assez bien
Jean-Marie Haag, Grand Cru Zinnkoepflé 2005 "cuvée Marion" : Jean-Marie Haag était l'une de nos belles découvertes du Salon des Vignerons Indépendants de Paris de novembre 2006. Style fin et expressif sur les fruits blancs et des notes légèrement pétrolées. La bouche reste un peu perlante, avec quelques grammes de sucres résiduels des plus équilibrés qui viennent étoffer le vin. Longueur intéressante et belle finale tendue par une heureuse acidité. Bien +.
Jean-Marie Haag exploite à Soultzmatt et à Westhalten une petite partie des 71 hectares du Zinnkoepflé, terroir calcaro-gréseux mis aussi en valeur par le fantasque Seppi Landmann et par Agathe Bursin, jeune vigneronne dont on entend beaucoup parler ces derniers temps.
Albert Boxler, Grand Cru Sommerberg 2007 : le lieu dit du Sommerberg qui héberge des substrats granitiques à deux micas en état de désagrégation avancés, donne des sols riche en éléments minéraux. Le Grand Cru est situé à la fois sur Katzenthal et Niedermorschwihr (68) sur des pentes à la déclivité impressionnante !
Le vin élaboré par Jean Boxler est une merveille au nez. Tout y est : finesse d'abord, précision, il s'ouvre ensuite largement sur une palette de fruits blancs comme la mirabelle, la pêche. Le nez respire aussi des senteurs citronnées, de pierre humide et laisse passer des relans de sel. En bouche, c'est du même niveau : c'est une profusion de sensation, toutes contrôlées et rien ne dépasse. L'acidité d'abord : elle est impeccable et entraîne le vin avec dynamisme, on ne risque pas de s'endormir avec un tel vin. L'équilibre général aussi : il est des plus grands et affirme son caractère sur un registre d'agrumes. Aucun doute sur son avenir, heureux sont ceux qui pourront le goûter de nouveau dans quelques années. Excellent
Dopff au Moulin, Grand Cru Schoenenbourg 2007 : le style est plus facile et plus consensuel, mais il n'en reste pas moins un joli vin, marqué par des notes minérales de fumée et de melon. Malgré un niveau de sucre important, le vin est tenu par une sacré acidité. Pas mal.
Schoenenbourg, terroir de 53 hectares de roches riche en éléments fertilisants sur Riquewihr et Zellenberg.
Wolfberger, Grand Cru Steingrubler 2005 : proche de Colmar, Steingrubler et notamment la partie haute de 23 hectares est propice au cépage Riesling qui se plait sur des sols complexes.
Le nez est discret, avec quelques notes pétrolées. Le vin est surprenant car marqué par une forte salinité en bouche. "Too much" ? Non mais il n'en reste pas moins ancré à une identité propre et à un style solide. Bien
Zind-Humbrecht, Herrenweg de Turckeim 2005 "L144" : le semi pirate du jour. Herrenweg n'est pas classé grand cru, mais c'est un lieu dit de Turckeim sur des terroirs de graves du quaternaire. Au nez, c'est assez peu expressif : légèrement pétrolé, quelques effluves de fruits blancs. En revanche, la bouche est parfaitement mature, précise, riche et ce malgré le compteur du sucre résiduel qui grimpe (15 grammes). C'est un beau vin, qui mériterait qu'on s'y attarde dans quelques années.
Une très belle dégustation, d'un bon niveau général, où nous avons pris beaucoup de plaisir. A la question qu'est-ce qu'on mange ? Les premières gelées étant apparues, une choucroute tiens (merci môman) ! 12 personnes, 10 kg de choux, 5 kg de charcuterie, les fonds de bouteille et c'était le bonheur.
Et puis Chuuuu...t... Fantine Vin de Table du Clos Fantine, asssemblage de Mourvèdre de 2005, 06, 07 : épouvantable le soir même (écurie, étable...), métamorphosé 12 heures après, sur des parfums de garrigue et d'olives noires. La structure tannique ayant elle aussi changée, c'est un vin qui a de la puissance, mais il n'en reste pas moins posé tout en proposant fraicheur et un touché de bouche soyeux. Un vin qui ne manque pas d'air pourvu que vous lui en donniez. Agréable à boire.
Merci à Francine et Gil pour leur invitation dans leur home, sweet home !
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Eclectique de l'été 2009 (part two)
Notre dernière rencontre de l'été était placée sous le signe de la qualité des flacons et des retrouvailles après un repos estival mérité.
Nous sommes chez David et Stéphanie, qui au passage nous accueillent avec des bulles pour fêter le petit dernier qui se porte comme un charme ! Bravo à tous les 2, vous pouvez être fiers de votre petit Eliott (avec Arthur of course, le grand frère).
Des bulles donc pour commencer. Un joli nez de noisette et de pomme, c'est rond à point, avec de l'énergie en bouche qui laisse la bouche propre et fraîche. C'est la cuvée Brut Réserve de Guy Niziolek. Un agréable Champagne de producteur pour 11,5 € seulement.
Second vin. La couleur est pâle, claire. Nez simple et acidulé fait de fruits blancs (pêche de vigne, poire) et marqué par la citronnelle. Bouche "huileuse" de poire, à l'acidité très basse. Fond de verre sur des arômes de chenin (poire, fruits exotiques...). Nous proposons un vin du sud-est, à base du cépage Rolle. C'est ce même cépage qui est appelé Vermentino en Italie et en Corse, où nous nous trouvons maintenant : Vin de Corse Sartène 2008 Domaine Pero Longo "Sérénité"
Joli nez entre deux âges, sur le cèdre, l'encaustique (dire, miel), l'amande. Une bouche un peu plus simple, un peu en décalage avec le nez, en font un vin agréable, mais pas transcendant. Finale minérale. C'est Robert Meistermann qui fait ce Riesling Grand Cru Steinert 1999.
Arômes typiques de Gewurtz, élégant et floral. Bouche bien construite avec un peu de mordant à l'attaque, sucre bien dosé, équilibré sans lourdeur. C'est bon, c'est bien fait. C'est en effet un Gewurztraminer 2004 de Frédéric Geschickt, domaine de la Sinne.
Les rouges
Premier vin. Nez sur la réduction avec des notes de levure, bière. Passé ce petit moment déroutant, le nez s'ouvre avec richesse sur la cerise et la prune. On sent bien la puissance et même une pointe d'alcool. La bouche est puissante, mure, riche de fruits noirs tels la cerise et le cassis. Malgré tout, une attaque légèrement perlante donne de la fraîcheur et de la buvabilité sur des tanins mordants. C'est très bien fait et même gourmand. Finale sur des saveurs d'encre. Pour amateur de vin solaire. C'est un Côtes du Roussillon 2007 "les Sorcières" du Clos des Fées.
Le vin suivant est dans un autre registre. La couleur est un peu évoluée et présente des reflets tuilés.
Pernand-Vergelesses 1996 1er cru "les Fichots" de Roger Jaffelin & fils. Un joli vin, qui commence à atteindre son plateau de maturité. 1996, millésime marqué par de grandes acidités en Bourgogne. Finesse, c'est la caractéristique première de ce nez, joliment ponctué de cuir et de fraise, puis de cassis, d'épices douces. L'acidité est encore bien présente, alors que l'on donne quelques années à ce vin. Les fruits rouges dominent en bouche, la matière est douce, mure, les tanins souples. Il ressort un côté terreux en final qui en dit certainement long sur ses origines. Disons sur la Côte de Beaune. C'est un
Ce vin là, tout le monde est tombé dans le panneau. En effet, personne n'en avait l'origine : fond végétal, pivoine, floral, pampre verte. Bouche épicée, tabac brun, matière fondue, petite longueur, ça se boit facilement, mais il ne faudra pas tarder à terminer votre fond de cave s'il vous reste de ce spécimen. Nous sommes à Canon Fronsac, château Vray Canon Boyer 1996.
Clairement dans un autre registre, le vin suivant propose des relans de mercaptan. Le nez n'est pas terrible, fortement marqué par le grillé. En bouche, un peu de cerise, le fuit est mur et puissant, la matière est juvénile. Registre exotique pas du meilleur effet pour ce Toro 2008 Liberalia "Cero" (Espagne), qui manque de cohésion entre le nez et la bouche.
Un peu de féminité et de la douceur
Tiens, un vin rouge ! Senteurs peu complexe mais ô combien précise de crème de mûre, cerise. Agréable, presque léger en bouche, sur la cerise avec des sucres qui trainent. On dirait presque un Maydie. On le verrait bien accompagner avec bonheur un fromage de brebis, un Ossau-Iraty par exemple. Encore un ibère : un Jumilla, Casa de la Ermita "Dulce Monsatrell" 2005. Pour rappel, le Monastrell est la version espagnole du Mourvèdre, cépage roi des vins de Bandol.
La palme de l'originalité revient à cette bouteille. Jolie couleur rosée. On part allègrement au nez sur du Loin
de l'Oeil (poire, coing) et ça envoie très fort dans le style sirop de fraise. On sent le sucre. En bouche, énorme liqueur de fraise encore, un peu pataude. Ce vin mal aimé des diabétiques est un Vin Paillé 2005, VDP de la Corrèze du domaine du Bas Queyssac. Fait avec passion par Jean Louis Roche, ce dessert à lui tout seul est élaboré à base de minuscules rendements de Cabernet Franc et Sauvignon.
Et pour achever cette belle soirée. Pas de doute, en vue c'est du Ch'nin (Chenin) : pâte de coing, un peu de pomme, pointes d'ananas, c'est jeune. En bouche, bel équilibre, les sucres ne sont pas pesants (passerillage certainement), c'est assez gourmand et possède une finale saline des plus agréable. Bien ce Coteaux de l'Aubance 2007 "Le Pavillon", domaine Richou.
Plutôt une réussite cette soirée. Des vins très différents les uns des autres et bien difficile de dire lequel s'en sort le mieux, mais on retiendra : le GW de Frédéric Geschickt pour le côté découverte. Les Sorcières du Clos des Fées : un vrai bonbon. Le Pernand de Roger Jaffelin pour sa sagesse. Enfin la Bodega "Casa de la Ermita", bien trop méconnue à notre avis !
Et après ça ?

Confit de porc, citrons et tomates confits aux zitounes
Merci Steph, merci Dave : nous reviendrons !
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Coup de Coeur blanc à Syracuse
Il y a des amis que je connais depuis maintenant 2 ans, plus pour d’autres du groupe invités ce jour. Le genre de ceux que j’ai plaisir à retourner l’invitation aujourd’hui et pour lesquels je n’hésite pas une seconde pour ouvrir les flacons que j’affectionne, car notre passion commune est le vin. Le cercle LPV Haute-Normandie (première version) s'est reformé l'espace d'une journée avec la visite surprise de Eric.
Pour moi, le vin représente le partage, l’amitié. Cette relation que j’ai avec ces amis, elle dure grâce à la simplicité, à l’honnêteté et jamais lors de nos rencontres bachiques il n’y a un mot plus haut que l’autre. C’est parfois tendu, mais on a tous un ressenti à défendre, mais le respect des opinions est toujours de rigueur ! J’ai l’impression que ces moments passés tous ensemble sont des moments francs, de partage, de plaisir de la chaire. Notre petit comité n’est pas hermétique, bien au contraire sachez-le : quiconque frappera pour y entrer, porteur de simplicité et de partage pourra sans problèmes découvrir la bonne humeur qui nous anime…
L’autre jour, je les recevais à la maison. Les thèmes (puisqu’il y en avait 2) étaient : « Coups de Cœur blancs » (-de 15 € la bouteille), les 100 % Syrah (ainsi que quelques douceurs pour finir)
Les vins sont dégustés à l’aveugle, la plupart par paire, accompagnés du repas.
On commence avec un vin à bulles pour patienter et faire venir les derniers retardataires : bulles fines, intensité aromatique simple et de moyenne ampleur sur les fruits blancs. Bouche vive, agréable, manquant d’un peu de complexité. Tout le monde aura compris qu’il ne s’agit pas d’un Champagne, mais peu importe. Je pense qu’il fût apprécié pour ce qu’il est. C’est un Vin Mousseux de Qualité, Méthode Traditionnelle Brut, domaine de l'Ambroisie cuvée Enigme. Ce vin produit à Lucey (54) dans la région des Côtes de Toul, à déjà été apprécié ici. Il représente toujours un bon rapport qualité/prix (7 €).
Voici maintenant un Champagne, enfin c’est ce que tout le monde semble dire. Certains le trouvent trop grande acide. Personnellement, j’aime beaucoup ce style : vif certes, mais avec de la rondeur, légèrement brioché. J’aime aussi son petit côté noisette. C’est un « Spécial Cuvée » de la maison Bollinger. Avec les petits feuilletés au sésame, cumin et emmental, c’est excellent !
Mes Coups de cœur blancs (- de 15 €)
Premier duo. Premier vin. Remarquable minéralité, longue résonnance des saveurs de
frangipane et d’amande. J’aime ce vin parce qu’il ne fait pas de bruit et pourtant tellement efficace. Il fait parti des vins qui marquent par sa simplicité et sa précision ultime ! C’est un Chignin 2007 du domaine Gilles Berlioz. Je crois qu’il fût apprécié. Celui qui est servi en face est doté d’une matière très mure, sur les fruits jaunes tels la pêche et aussi l’abricot. Bouche qui possède pas mal d’amertume, assez longue et chaleureuse. C’est un Sylvaner Vieilles Vignes « Sono Contento » 2007 de Albert Seltz. Un peu déroutés, certain sont partis sur un Riesling (pas idiot) mais lui ont reproché un peu trop d’alcool. Il faut savoir qu’Albert récolte très mur et que ses vins sont puissants.
Autre paire. Ces deux vins ont été rapportés de 2 domaines que j’ai visités cette année. Qui n’aime pas ce superbe nez exubérant de fruits exotiques et d’une sensualité impressionnante pour le premier. Bouche dotée
d’une grande acidité qui en dit long sur ses origines ou tout du moins sur les cépages qui le compose, pure, droite. Les saveurs sont décuplées et ultra précises. J’A-DORE toujours autant cet Irouleguy blanc 2006 du domaine Arretxea. Face à lui, il fallait servir un vin qui tenait la route. Fruit blanc et mur, le nez est minéral d’une noblesse sans égal. Bouche ronde et vive à la fois, harmonieuse, où les saveurs sont longues sur les mêmes arômes que le nez. Un vin plein, dont la bouteille s’est retrouvée vidée (trop) rapidement, les invités ayant choisi de se resservir rapidement pour confirmer leur ressenti (tout comme l’Irouleguy). C’est un Sancerre 2007 "Monts Damnés" de Gérard Boulay, magistral !
Ce match a tenu toutes ces promesses et difficile de dire qui l’a emporté. Personnellement, une très légère préférence pour Arretxea, mais d’une courte tête. Le tout était accompagné de gambas au gingembre et citron vert. Je dois dire que l’accord était pas mal du tout.
Dernière opposition. Là aussi 2 domaines dont j’ai eu la chance de découvrir les vins sur place.
Le premier semble avoir digéré son élevage, mais en garde tout de même quelques traces, pas dérangeantes (bois de hêtre fendu). Les quelques arômes de muscat qui en faisait tant son originalité ont elles aussi presque disparues pour laisser place aux notes beurrées et de cacahuètes. C’est dans un style puissant tout en gardant de la
fraîcheur. Il semble avoir atteint son plateau de maturité et pour quelques années encore. Le dernier blanc est dans un tout autre style, quoique présentant lui aussi des notes de roses et muscatées. C’est élégant et ouvert à la fois, très floral. La palette de dégustateurs présent autour de la table ont identifié l’Alsace comme région d’origine, mais ont déballé tous les cépages avant d’annoncer le Muscat Fronholz. S’en est bien un, millésime 2007 du domaine Ostertag. Ce Muscat totalement sec me plaît pour son originalité, sans tomber dans une lourdeur que parfois les Muscats peuvent proposer. Le premier était un Côte de Beaune Blanc 2006 « le Clos de Topes Bizot » du domaine Chantal Lescure (c’était ma dernière, snif…)
Les vins qui semblent avoir réuni le plus de suffrage sont dans l’ordre, l’Irouleguy blanc « Hégoxuri » de Arretxea et le Sancerre les Monts Damnés 2007 de Gérard Boulay
Notre deuxième thème du jour avait pour but de comparer entre eux des vins rouges issus de la syrah, sans autres cépages en complément. Bien évidemment pour faire le tour de la question, plusieurs origines étaient proposées, car il ne s’agissait pas de tomber dans la facilité des vins du Rhône.
Michel Chapoutier «Mount Benson » 1999, Shiraz australienne VS Domaine de Ribonnet 2004 VDP du Comté Tolosan « Syrah ». Un australien qui affirme d’emblée une couleur évoluée tirant sur des reflets orangés. Matière souple, tanins fondus, c’est agréable mais sans grande complexité. Je n’attendais pas beaucoup de ce flacon, sinon qu’il commence la série des rouges. Et bien il a été supérieur à mes attentes. Quelques dégustateurs lui ont trouvé un style un peu facile, voir international. Est-ce l’effet terroir ou Chapoutier ? Face à lui, la Syrah du Domaine de Ribonnet. Un carafage de 6 heures n’aura pas eu raison de notes de réduction plutôt collantes, ce qui lui a fait perdre en buvabilité. A revoir…
Domaine Lacoste-Germane VDP des Coteaux du Salagou « Sauta Roc » 2006 contre "De Battre Mon Cœur s’est Arrêté" 2008 Côtes du Roussillon Village du Clos des Fées. Un match qui aurait pu sembler déséquilibré… Le « Sauta Roc » se présente sous un bon jour, croquant à souhait. Un beau jus de cerise noire, avec des notes de garigue. J’aimerai simplement que ce vin que j’aime beaucoup gagne en précision. Il serait parfait. Mais je sais que ses géniteurs travaillent dans ce sens. Pour l’opposer, un « monstre », une star : « De Battre » comme on l’appelle. Et bien notre cœur a battu, mais faiblement. La GROSSE déception du jour : arômes de cartons mouillés, de vernis, bof à tous les étages. On ose tous penser à un problème de bouteille, car le 2007 fût fantastique !!
Voici un des duos consistants de cette journée. Je précise aux convives qu’il s’agit de 2 vins provenant de la même région et du même millésime. Les vins sont accompagnés de côtes de bœuf. Si le premier affiche clairement son avantage en terme de buvabilité, le deuxième semble sur la retenue, un peu comme si il avait été ouvert trop tôt. Le premier vin est onctueux, sur les petits fruits noirs, bel équilibre et riche d’une belle acidité qui emmène le tout dans un genre un peu rocailleux. C’est excellent et très bien fait. L’autre se montre un peu plus en retenue. Cependant, la qualité de tanins semble supérieure et la matière est ciselée, précise. Enorme potentiel. Le millésime ? 2005. La région ? Rhône. Le premier est un Cornas d’Alain Voge et le second est un St Joseph du domaine Jean-Louis Chave.
« Un peu de féminité pour achever ces duels ! » C’est ce que j’ai dit à l’assemblée. On débute avec une syrah fraîche comme une caresse, longue et friande avec une pointe de fumée en finale. Un superbe vin qui a conquis tous ceux qui ont pu poser leurs lèvres dans cet onctueux breuvage. Pour moi, le vin parfait, harmonieux et classieux à la fois. Je me pose cependant une question : faut-il l’attendre tellement c’est bon actuellement ? Face à ce Grain Syrah 2007 de Marie Thérèse Chappaz (Valais), que pouvait-on mettre en face, sinon quelque chose qui tienne la route. La couleur est plus évoluée, avec quelques reflets orangés. Dans un tout autre style, plus opulent, plus chaleureux, les arômes se situent de la fraise des bois et la cerise à l’eau de vie à tout une palette d’épices douces (cannelle, poivre, bois de santal, cigare et chocolat). On ressent un élevage long et soigné. Si le vin est massif, l’équilibre est préservé grâce à une acidité qui donne du tonus en final. Un très très beau vin également. C’était Clos de Syrah Léone 2002, du domaine Peyre Rose de Marlène Soria (85 % syrah). Une joute qui a tenu toutes ses promesses, merci mesdames.
Allez, un dernier rouge pour la route, pour accompagner quelques fromages affinés. Bien plus évolué que les autres, il m’aura surpris par sa suavité et sa finesse. La longueur reste correcte et au finale, une belle surprise avec ce vin de la Cave de Tain l’Hermitage et cet Hermitage rouge 1990. Et puis un blanc pour la transition : un Côtes du Jura 1996 « Savagnin » du domaine Berthet-Bondet, qui a un côté lourd qui ne me plait pas trop.
Que dire sur cette série 100 % syrah ? Qu’elles peuvent être bues jeunes (dans ce cas privilégier un service frais), mais que le temps ne leur fait pas peur. Les terroirs granitiques confèrent fraîcheur au vin (Cornas "les Chailles", "Grain Syrah" de MT Chappaz, "De Battre Mon Cœur..." du Clos des Fées...
Nous entamons alors les douceurs. Une entrée en la matière ratée et cet Azay le Rideau 2003 Liquoreux de
Guillaume Descroix (Caves du Château de Fouchault) : il a vécu, il n’a plus grand chose à dire. Reste à savoir s’il s’agissait d’un problème de bouteille en goutant l’unique qui me reste encore ! Suit un Pedro Ximenez 2005 (PX) de la Bodega Toro Albalá. Cadeau de mon guide d’un jour lors de la visite l’année dernière au domaine : lourd, la langue est limite anesthésiée, c’est chaud et ça ne
ressemble en rien aux PX qui ont séjourné longuement en fût avant la mise en bouteille où la complexité est alors bien présente. Heureusement que pour clôturer la série des douceurs, Eric qui était de passage en Normandie, avait apporté une cuvée Madame 1997 (excusez du peu) du Château Tirecul la Gravière (Monbazillac) : grosse liqueur botrytisée, supportée par une heureuse acidité, sur l’abricot confit avec des variantes d’orange confite et d’ananas… excellente. Pour amateur de grosse sucrerie et pour terminer une belle journée d’amitié…
Merci à vous, amis et vous femmes de mes amis de votre visite sur notre terrasse…
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