Celle de Stéphane Tissot était la bouteille du mois de décembre sur LPV. Je me suis proposé de faire le scribe, les contributeurs avaient 1 mois pour boire chacun de leur côté une Mailloche (peu importe le millésime) et me retourner leur compte rendu de dégustation...

La Mailloche, quésaco ?

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La Mailloche est une parcelle de 1,16 hectare en AOC Arbois plantée de Chardonnay sur la commune d’Arbois. Pour le domaine André et Mireille Tissot (d’autres producteurs se partagent ce lieu-dit), celle-ci a été reprise en 2000 par Stéphane Tissot qui l’a convertie en biodynamie en 2004.
La Mailloche qui est exposée Est soleil levant, domine Arbois par l’Ouest et la fameuse parcelle de la Tour de Curon par le Nord. Elle est constituée de sols argileux du Lias incroyablement durs. Vous comprendrez aisément que la mailloche en patois local, c’est le maillet, qui était utilisé pour les travaux des champs !

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Selon Stéphane, cette argile développe un grillé/fumé caractéristique ainsi qu’un caractère réducteur. C’est également dans ce sens que le vin est élevé en fût dont 30 % de bois neuf. La mise intervient au terme de 12 mois d’élevage. Les doses de soufre sont inférieures à 20 mg au total, seuil atteint lors des derniers millésimes.

La dégustation des LPViens

5 millésimes, 14 contributions
2000 : 1
2005 : 1
2006 : 6
2007 : 4
2008 : 2

Les participants (13)
Daniel Pop, Satristim, whogshrog43, Icna, Jean-Bernard, Cédric42, Denaire, Alfonso, Gogos51, Vetshow, Kamuro, Marc C, Gildas

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La Mailloche 2000
Daniel Pop
Le nez puissant, fin, émouvant me touche vraiment, avec sa touche d' amande amère, subtilement miellée, mêlée aux arômes de fruit frais ( pomme, poire ), de fleurs séchées, apportant de la fraicheur à l' empreinte minérale légèrement beurrée, un peu pain grillé. En bouche, la matière est grasse, dense, fine, bordée à la fois par de beaux amers qui se déposent au fond de la gorge et par une trame acide, minérale et fruitée, presque aérienne. C'était ma dernière Mailloche 2000, quelle belle bouteille ! A l'époque, le guide RVF parlait du « jeune Stéphane Tissot qui vinifie désormais certaines cuvées du domaine ». Quel chemin parcouru depuis, chapeau Stéphane !


La Mailloche 2005
Satristim

Un vin qu'il faut impérativement aérer pendant au moins une heure, voire carafer... Il prend un peu de temps à se mettre en place, mais gagne clairement en précision après aération. Au nez, des notes de miel, de grillé, d'ananas, d'oxydation, de noix, ces dernières d'estompant sans pour autant disparaître après aération. En bouche, c'est à la fois gras et léger, avec une attaque vive sur les agrumes (citron), la fleur blanche. Il y a une belle matière, tendue par une acidité très vive (presque trop à mon goût). Peu à peu se déploient des notes minérales, citronnées, avec un milieu de bouche profond, expressif et une finale qui persiste. On décèle également des notes pétrolées.
C'est un beau vin de gastronomie, précis, avec une tendance à la vivacité exacerbée. Un peu trop exacerbé, peut-être...


La Mailloche 2006
whogshrog43
Carafé une heure. Bu sur des sushi.
Le vin s'ouvre sur des aromes de cidre, de pommes au four et d'épices (4 épices) qui donne un sentiment "d'oxydatif" maitrisé. La bouche de montre d'emblée parfaitement équilibrée avec un alcool quasi absent, une grosse "énergie", une belle matière et une finale appétente sur des belles notes salines.
L'aération va faire apparaitre l'élevage, des notes intenses de grillé et de noisette qui disparaitront rapidement au profit des fruits blancs (poire au sirop notamment) puis de arômes intenses de piment qui se retrouvent en bouche donnant une finale assez explosive, le vin "emportant" la bouche de manière très agréable en finale.
Un vin clairement original et clairement un flacon de gastronomie de qualité. 14/20

Icna
Ouverte 1/2 heure avant le repas puis 12 heures plus tard.
A l'ouverture le nez est un peu grillé avec des notes végétales, des herbes fraiches, des fruits mûrs et quelques notes de noix, c'est puissant.
La bouche est grasse sur des fruits blancs bien mûrs, on a un léger aspect grillé. Le milieu de bouche est gras sur les fruits très mûrs avec un petit aspect particulier que je n'arrive pas à définir, c'est un peu sur les herbes fraiches, de curry et un peu sur la noix sans être oxydatif. La longueur est juste correcte.
L'accord avec une pastilla transcende le vin lui donnant de l'ampleur et de la gourmandise.
12 heures plus tard le vin a bien changé.
Le nez est très grillé, on dirait un meursault, on a aussi un petit aspect de plantes, genre génépi, tilleul et une pointe de curry.
En bouche l'attaque est franche, on retrouve le grillé très présent, il y a une belle matière, c'est gras et puissant, on a un peu de fruits blancs bien mûrs mais ça garde une belle tension qui soutient le vin de bout en bout et apporte de la fraicheur. C'est très long sur le grillé avec un petit aspect mentholé. Je trouve que ça a un esprit très meursault et j'aime bien.

Jean-Bernard
Vin carafé deux heures, servi autour de 12°.
Robe or soutenue. Un premier nez qui saute au pif, plein de superbe sur la noix. Deuxième nez, noix,  pomme, pralin (noisette).
En bouche le volume est imposant, l'acidité fondue. Impression de suavité et de gourmandise.
Longue persistance, finale légèrement saline.

Parfait sur une blanquette aux chanterelles avec une pointe de verjus ; correcte sur le Comté. Un  merveilleux compagnon de table, en dégustation pure il lui manquerait un peu de  finesse.

Un vin que j'aimerais vraiment acheter pour la gastronomie "canaille".  J'aimerais voir aussi ce qu'il donnerait avec 4 ou 5 ans de plus (plus de finesse?)

Je n'ai pas l'habitude de noter les vins mais je le situerais à l'entrée des très bons vins,  15/20.
Le lendemain le vin est apparu un peu fatigué, avec moins de corps et des arômes dilués.

Cédric42
Vin ouvert deux heures avant sans carafage
... à sa décharge cette bouteille n'était pas accompagnée d'un plat... elle a été gouté avant et après le champagne servi à l'apéritif du réveillon..
Bref.. au risque de me faire lapider sur la place publique Lpvienne, je n'ai
pas été emballé par cette bouteille...
Je ne dis pas que je n'ai pas aimé, ce vin est correct, mais je n'en encaverai pas...
Pourquoi ? Car j'ai ressenti dans ce vin un nez de vieux chardonnay et une bouche de savagnin moyen... c'est à dire que :
- si j'ai envie d'un bon chardonnay, je ne choisirai pas cette bouteille, il y en a d'autres de bien meilleur...
- si j'ai envie d'un savagnin, je ne choisirai pas non plus cette bouteille,
mais j'irai piocher dans mes quelques vins jaunes…
(je précise que je suis un modeste amateur de vin jaune ou de Château chalon et que de les siroter en fin de repas en guise de digestif ne me pose aucun problème). 

En fait, je ne vois pas l'intérêt de ce vin hybride bien que la bouteille soit correcte. Quoique au final, le rapport plaisir/prix ne me satisfait pas...

3Robe or claire avec quelques reflets verts. Nez : première effluve sur le miel et l'amande amer me laissant rêver à un début de nez de Puligny-Montrachet, rêve éphémère ! Puisque la lourdeur de ce nez ne laisse pas paraitre la finesse et la complexité de ce grand Chardonnay.
Second nez sur des aromes beaucoup plus minéraux avec une sensation d'élevage bois importante, style un mâconnais élevé en fut.
Troisième nez et nez définitif se stabilisant sur la pomme talée, le miel et l'amande amère, me donnant une sensation de vieux chardonnay oxydé.
Bouche : typée dans l'ensemble savagnin: longueur correct sur prédominance pomme et noix et persistance sur l'amertume de l'écorce d'agrume (pamplemousse ou orange)
Bouche sans doute équilibrée mais en dessous sur chaque critère de celle d'un vin jaune.

Comme si la grenouille chardonnay voulait se faire aussi grosse que le bœuf Savagnin...

Dire que ce n'est pas dans mes gouts serait faux... mais selon mes gouts à moi, rien qu'à moi. je ne vois pas l'intérêt de cette bouteille... A chaque cépage sa spécificité... Après ceci n'engage que moi, et je n'ai bien entendu pas la prétention de connaître suffisamment les vins du jura, et pas la prétention non plus d'être un grand connaisseur et orateur du vin...je me situe d'ailleurs dans la moitié la moins expérimentée des Lpviens...

Denaire
Robe or intense. Après une aération minimale, le nez, un peu perturbé au départ, se stabilise. Il est dominé par des notes grillées intenses, des notes de tourbe, et plus en retrait des senteurs de fruits secs et d'agrumes. En bouche, l'attaque est relativement stricte, puis le vin prend une ampleur considérable en milieu de bouche, que la finale viendra confirmer. L'acidité paraît relativement basse, on n'est pas sur un registre tranchant, mais sur un vin plus lascif, possédant beaucoup de puissance et de volume.
les arômes paraissent assez évolués, évoquant presque de vieux jaunes par certains aspects, fruits secs (noisette, pignon de pin) et épices, façon Christmas pudding, très en avant, et un côté salin assez marqué. Le fruit reste cependant encore là, avec des notes d'agrumes (pamplemousse).
La finale est superbe, très longue, limite queue de paon, sur les fruits secs, et marquée par une belle amertume (pour l'anecdote, ce qui persiste en bouche après plusieurs dizaines de secondes évoque de manière assez frappante l'olive noire).
J'aime beaucoup. Un vin qui semble plus ou moins à maturité, plus expressif en bouche qu'au nez. Il fait preuve de beaucoup de puissance, avec une bouche assez ronde, très longue. On est clairement dans le Jura : même mon amie, moyennement experte, a trouvé la région sans hésitation. Très bien.

Chouette accord avec un poulet au citron - salade de topinambours à l'huile de noisette, et pas mal non plus sur le morbier / salade d'endives.

Marc C
Nez sur des notes grillées, des épices. La bouche est très puissante avec les mêmes notes grillées complétées par du fruit blanc. Egalement un léger côté piquant. Bonne longueur
Très bon et parfait pour des plats de la mer relevés


La Mailloche 2007
Alfonso
Ayant vu la 2007 à la carte du restaurant, ni une ni deux je la commande
Le nez est fumé avec des petits accents de noix, de pomme biens mûrs (qui a dit d'oxydation) et quelques touches d'épice.
La bouche est opulente mais reste surtout équilibrée avec une acidité dominée par les agrumes..
Belle longueur en finale!
Le vin accompagne avec brio un foie gras juste poêlé!

Gogos51
Bel accord sur un carpaccio de St Jacques
On est très proche du 2008 : le nez est sur des notes grillées et un peu florales.
En bouche, la texture est grasse, mais le vin est très nerveux et long. Ce sont encore les notes grillées quii prédominent, avec de la minéralité (craie, notes salines). Parfait pour la table pour son équilibre gras, acidité et sa belle rectitude. Bel accord sur un carpacio de St Jacques
16/20

Vetshow
Bouteille carafée 2 heures. Seul à l’apéritif puis sur des tagliatelles au saumon et gambas. Bue avec Gildas.
Le nez est plus fumé que grillé avec des notes de menthol. La bouche est puissante et présente une belle finale sur l’acidité. J’aime sa structure. C’est un poil monolithique et clairement à attendre

Gildas
Bouteille carafée 2 heures. Seul à l’apéritif puis sur des tagliatelles au saumon et gambas. Bue avec Vetshow.
La couleur est assez soutenue. Goûté au moment du passage en carafe, le fumé s’impose et domine. Avec l’air, le fumé laisse un peu sa place à quelques notes de pommes vertes et de noisettes. On s’attend à de la rondeur et la maturité du fruit est évidente. Les parfums sont caressants et semblent presque sur la retenue. En bouche par contre, ça affirme une certaine typicité et puissance : fleurs blanches, fumé omniprésent avec un volume qui s’impose. La longueur est intéressante. Un peu plus d’air encore et le vin devient plus docile et gagne en subtilité. Attention à ne pas carafer trop longtemps, car il perd son côté fumé et grillé.
Au finale, un vin qui me plait, tant sur son aromatique que sa typicité qui m’interpellent et m’enchantent. Je pense que quelques années de garde donneront une bouteille d'avantage intéressante.


La Mailloche 2008
Kamuro
Sur un rôti de veau. A l'ouverture : la robe est limpide, jaune légèrement dorée avec des reflets rose.
Le nez est très expressif, tout d'abord sur l'élevage avec des notes briochées, de noisettes grillées, puis florales et ensuite de belles épices douces. Le coté fumé est assez impressionnant.
La bouche est très bien équilibrée entre le gras du vin et une belle fraicheur .Un vin assez long avec en finale des notes fumées, salines , de coquillage et une quasi sensation de légers tannins.
Encore un peu marqué par le bois avec un coté brioché bien présent, c'est toutefois une très belle bouteille.
Après 24h d'aération : aucun changement.

Gogos51
Dégusté auprès de Stéphane Tissot, chez un caviste.
Le nez est agréable, note réductrices sur le sésame grillé, un peu d'anis, de la complexité. La bouche est volumineuse, ample. Attaque grasse, sur le grillé. C'est minéral (craie), et beurré. Ca se prolonge sur une belle acidité.
16/20

Au final, les commentaires parlent d’eux même. A de rares exceptions, cette bouteille plait par sa typicité et les notes issues du terroir de fumé/grillé sont clairement mises en avant. La table ne lui fait pas peur, bien au contraire, c’est un compagnon qui fait mouche sur des plats de viandes blanches ou de crustacés.

Son prix : environ 15 €

Domaine André et Mireille Tissot
39600 Montigny les Arsures
Tel : +33 3 84 66 08 27
@ : stephane.tissot.arbois@wanadoo.fr 

Merci à Stéphane Tissot pour les photos et les données techniques


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