Forts de nos 3 premières expériences réussies autour du cab' franc et du ch'nin lors de notre WE annuel dans les vignes avec les p'tits gars/filles de Maigremont (pour rappel : Bernard Baudry, Antoine Foucault, Sylvain Dittière), nous nous rendons au domaine Grosbois à Panzoult. Drôle de nom pour cette commune à l'allure rurale, paisible, entourée de champs de céréales, de bovins. Mais c'est pour la vigne que nous avons fait le déplacement !

DSC_4660Parcelles de cabernet franc non remembrées adjacentes au domaine

C'est le papa, Jacques qui nous accueille. France Bleu a fond les ballons dans le garage, il bricole une ruche qu'il va installer en limite de propriété, en bordure de forêt. La propriété est magnifique : sorte de grande et jolie ferme, entourée par la forêt, les vignes et agrémentée du potager familial. Une fois la ruche terminée, Jacques ira d'ailleurs retourner la terre, pour y préparer l'arrivée des futurs plants. Il est une sorte de papa toujours en ébullition ; à la retraite, mais constamment en action. 

Nous rejoignons Nicolas dans les vignes, dans une parcelle face à la propriété. Celle-ci non remembrée depuis le 15 ème siècle, repose sur un sol argilo-sableux, lui même sur la roche mère de calcaire courrament appelé dans le coin "millarge". Ce dernier est consécutif à une cassure géologique et à un affaissement de la falaise, encore présente il y a quelques millions d'années.

Le domaine, désormais aux mains de Nicolas, après y être revenu en 2005, travaille les sols et n'utilise plus de désherbants ni de produits de synthèse depuis 2007. Le passage en bio effectué, les vendanges seront faites à la main l'année qui suivra.

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Quelques mètres entre ces deux terroirs et pourtant...

Titulaire d'un BTA, il décide de reprendre l'exploitation familiale après avoir passé pas mal d'années dans le Minervois, à Saumur Champigny, le Chili, la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis. C'est d'ailleurs le "nouveau monde" qui l'a orienté vers une viticulture plus respectueuse de la vignes et des sols. Adepte de l'adage qui dit que "l'agriculture n'a de sens que lorqu'on pratique la "polyculture", Nicolas nous expose son exploitation : 28 hectares de tournesols et de blés ; 9 hectares de vignes. Au final, ce sont huile de tournesol, farine de blé qui sont produites et même un peu plus, en poussant la réflexion autour du miel via les ruches. C'est un beau plan de vol, qui fait la part belle à une philosophie et une éthique consciencieuse. Bravo !

Dès 2008, année de son premier millésime mené tout seul comme un grand, Nicolas Grosbois décide de vinifier et d'élever les 13 parcelles séparément. Les cuvées sont élaborées ensuite, au terme de dégustations d'assemblage. C'est d'ailleurs ce que nous propose de faire Nicolas, grâce à un petit jeu d'éprouvettes et de prélèvements dans quelques contenants, afin de pouvoir situer le niveau du millésime 2013, encore en cours d'élevage. Un millésime dit "classique", avec une macération assez longue (comme c'était le cas en 2011 et 2012), c'est à dire pendant 40 jours. Nicolas, après s'être essayé à des macérations courtes (25 jours jusqu'en 2010), tentera de reproduire le même profile de vin à partir de cette année : macérations courtes, 2 remontages par jour ; "ce sont des vins qui me parlent. J'aime les vins murs, qui ont du punch ! "

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Allez, assez discuté. Direction la grande salle à manger familiale, qui sert de lieu de dégustation.

Gabare, Chinon 2011 : vignes d'une quarantaine d'années plantées sur sol argilo-sableux. Joli vin expressif, même si encore sur la retenue. Pas mal de fond, sur une trame légèrement boisée, l'attaque est compacte avec des tannins encore saillants. Vin à l'avenir tout tracé cependant.  

Vieilles Vignes, Chinon 2009 : cette cuvée n'éxiste plus et est désormais intégrée dans "Gabare". Expressive, riche et presque opulente, les similitudes avec une syrah rhodanienne sont frappantes. Aypique pour un Chinon, mais pas tant que ça finalement avec ce millésime hors normes. 

Vieilles Vignes, Chinon 2008 : terroir argilo-sableux, d'une parcelle située à proximité immédiate de la propriété. Trame végétale, ronde et tannique. Une certaine ressemblance avec le VV 2009 par sa richesse et son expression.

Vieilles Vignes, Chinon 2007 : très belle trame épicée. Bouche pulpeuse et croquante, offrant un fruit remarquable. Bonne longueur. Un joli vin, qui se laisserait boire avec plaisir à table. 

Boeuf Alais, Chinon 2006 : une cuvée qui n'existe plus également. Les vignes reposent sur un terroir de graves de la Vienne. Le vin commence à évoluer et la structure à se relâcher un peu avec des notes finement boisées. Belle présence du fruit encore.

 

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Musique, art contemporain : Nicolas est au petit soin pour l'élevage de ses protégées !

La bande haut-normande tient à remercier Nicolas Grosbois et son papa pour l'excellent moment passé en leur compagnie. Une matinée pour se faire l'opinion d'un domaine bien tenu, avec une volonté de faire de son mieux et un engagement de faire beaucoup plus encore. Preuve est que Nicolas cherche à afiner les extractions, rechercher les contenants les mieux adaptés aux jus pour des élevages non tapageurs, réorganiser les cuvées en hésitant pas à en supprimer certaines pour en recréer d'autres. Le domaine n'a pas grand chose à vendre, gage que les vins plaisent aux consommateurs. D'ailleurs, nous étions venus pour goûter le Clos du Noyer (cuvée phare) mais déception il n'y en avait pas/plus à la dégustation. 

 

Domaine Grosbois
Le Pressoir
37220 Panzoult
+33 247 586 687/+33 687 744 903
grosboisnicolas@yahoo.fr
http://www.domainegrosbois.fr