Les bouteilles de Maigremont

26 août 2014

Séjour en terres ligériennes #5 : Château de Coulaine, Chinon

Toutes les bonnes choses ont une fin, c'est souvent triste à dire mais c'est comme ça. Des souvenirs de notre week end en terres ligériennes, il nous en restera plein. Ils sont nombreux à nous faire penser que la Loire comme celle que nous venons de (re) découvrir, est une terre de vin, d'accueil, d'amitié, de passion et même de frisson. Nous reviendrons !

Ce n'est pas cette visite qui allait déroger à la règle, même si, reçus par Etienne de Bonnaventure, celui-ci nous a semblé un peu tristounet à moins que cela ne ressemble à de la timidité... Quoiqu'il en soit, nous n'avons pas été déçus par la qualité des vins.

Propriété de la familiale depuis le 13è siècle, le château de Coulaine est une espèce d'imposante bâtisse, classée monument historique, qui règne au milieu de la commune de Beaumont en Veron. Le vin, c'est aussi une histoire de famille : on retrouve des traces dès le 18 ème. Le château de Coulaine était en polyculture à la génération précédente, mais Etienne de Bonnaventure et sa femme Pascale exploitent désormais le domaine uniquement en viticulture depuis 1990. Très vite, en 1995, les 20 hectares de l'exploitation ont été convertis à une conduite respectueuse de l'environnement. 

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Direction la salle de dégustation. Nous sommes loin des installations des domaines cossus, mais on ressent quelque chose de particulier, comme si l'histoire et le passé qui règnent dans ces lieux avaient quelque chose à nous raconter, à nous chuchoter. 

Les Pieds Rotis, Touraine blanc 2011 (élevage en fût de 400 litres de 2 à 8 vins). Il s'agit d'une parcelle située au dessus de la Vienne, jonchée de nombreuses pierres et qui a la particularité d'emmagasiner et de garder la chaleur. Le nez est riche, sur le fil de l'oxydation. Bouche ample, charnue, presque atypique pour un Touraine blanc. 

Chinon blanc 2011 (un demi hectare de vignes de chenin âgées de 18 ans. Sols argilo-siliceux et calcaire, exposés sud. Elevage en barriques de 3 à 10 vins). Structure un peu molle (malo faites, comme pour tous les blancs d'ailleurs), longueur moyenne.

Château de Coulaine, Chinon rouge 2012 (assemblage de diverses parcelles âgées de 12 à 15 ans. Elevage en cuves béton en majorité et en cuves bois). Vin assez simple d'expression, équilibré, sur une pointe d'amertume. Tout en fraîcheur, salivant. Joli vin de soif, parfaitement digeste.

Bonnaventure, Chinon 2011 (parcelle de 20 ans sur millarge, lui même posé sur du tuffeau). Nez doté d'une belle profondeur, sur une aromatique froide. Finale compacte et encore serrée par des tannins jeunes. Potentiel indéniable.

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Clos de Turpenay, Chinon 2011 (coteau argilo-calcaire et siliceux exposé sud, vignes de cabernet de 50 ans). 10 % de fûts neufs, 11 mois d'élevage. C'est le nez qui propose la richesse et la maturité la plus poussée des cuvées dégustées jusqu'ici. Et pourtant en bouche, l'équilibre est superbe, aucune lourdeur, ni aspérité. La structure tannique est très fine. Finale crayeuse et salivante, qui appelle à se resservir. Superbe vin !

Les Picasses, Chinon 2011 (vignes plantées il y a 18 et 80 ans, situées à égale distance de la Vienne et de la Loire, sur un sol argilo-calcaire et de tuffeau). Belle trame épicée due à un élevage encore perceptible (élevage allant de fûts neufs à 2 vins). Bouche suave, présentant une petite rondeur et une assise minérale. Bonne longueur. Encore un joli vin.

Franc de Pieds, Chinon 2009 (10 ares francs de pieds plantés en 2000). Le nez est radicalement différent, comme on peut en rencontrer avec les vins dits franc de pieds : sureau, groseille et cette presque légèreté sous entendue. La bouche est totalement fondue, les tannins sont pratiquement imperceptibles, mais la structure tient par l'acidité importante, signant une fin de bouche salivante et une légère perception de maturité. Bon vin, dont la particularité est toujours intéressante à appréhender, car ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de boire un franc de pieds. 

La Diablesse, Chinon 2010 (parcelle de 75 ans pour majorité orientée nord, sur sol argilo-calcaire. Elevage mixte de fûts de 400 litres de 3 à 4 vins, 20 % de fûts neufs). Ce vin est en mémoire d'une diablesse qui jadis tua son beau-frère, pour une sombre histoire de succession. Graciée par Louis XV qui l'assigna à une autre résidence, elle fut condamnée à ne plus s'habiller comme une femme mais à monter à cheval comme un homme. 
Si le nez se montre riche et d'une maturité poussée, la bouche elle est un modèle de construction et d'équilibre. Tout en touché et en subtilité, concentré, frais, le fond de verre est diabolique. Très belle bouteille !

Les Pieds Rôtis, Méthode Traditionnelle, Touraine Extra Sec 2008 (le petit dernier au domaine et le dernier tout court pour cette incursion en terres ligériennes). Joli nez riche et chaud, sur la pomme au four, présentant un léger signe d'évolution. La bouche présente une pointe de sucrosité, mais qui sait être onctueuse et précise. Bonne longueur. Très intéressant, incrachable !


Merci à Etienne de Bonnaventure pour son accueil, ses explications et le temps qu'il nous a consacré. Les vins sont splendides, éclatants de précisions. Du beau boulot, offrant un fruit préservé, appuyé par des élevages parfaitement discrets et posés.

 

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Château de Coulaine
Pascale et Etienne de Bonnaventure
37420 Beaumont en Véron
+33 247 984 451
chateaudecoulaine@orange.fr

Merci à Seb, Steph, Cyril, Serge, Lulu et David pour tous ces moments importants ! 

 

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12 août 2014

Séjour en terres ligériennes #4 : domaine Grosbois, Chinon

Forts de nos 3 premières expériences réussies autour du cab' franc et du ch'nin lors de notre WE annuel dans les vignes avec les p'tits gars/filles de Maigremont (pour rappel : Bernard Baudry, Antoine Foucault, Sylvain Dittière), nous nous rendons au domaine Grosbois à Panzoult. Drôle de nom pour cette commune à l'allure rurale, paisible, entourée de champs de céréales, de bovins. Mais c'est pour la vigne que nous avons fait le déplacement !

DSC_4660Parcelles de cabernet franc non remembrées adjacentes au domaine

C'est le papa, Jacques qui nous accueille. France Bleu a fond les ballons dans le garage, il bricole une ruche qu'il va installer en limite de propriété, en bordure de forêt. La propriété est magnifique : sorte de grande et jolie ferme, entourée par la forêt, les vignes et agrémentée du potager familial. Une fois la ruche terminée, Jacques ira d'ailleurs retourner la terre, pour y préparer l'arrivée des futurs plants. Il est une sorte de papa toujours en ébullition ; à la retraite, mais constamment en action. 

Nous rejoignons Nicolas dans les vignes, dans une parcelle face à la propriété. Celle-ci non remembrée depuis le 15 ème siècle, repose sur un sol argilo-sableux, lui même sur la roche mère de calcaire courrament appelé dans le coin "millarge". Ce dernier est consécutif à une cassure géologique et à un affaissement de la falaise, encore présente il y a quelques millions d'années.

Le domaine, désormais aux mains de Nicolas, après y être revenu en 2005, travaille les sols et n'utilise plus de désherbants ni de produits de synthèse depuis 2007. Le passage en bio effectué, les vendanges seront faites à la main l'année qui suivra.

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Quelques mètres entre ces deux terroirs et pourtant...

Titulaire d'un BTA, il décide de reprendre l'exploitation familiale après avoir passé pas mal d'années dans le Minervois, à Saumur Champigny, le Chili, la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis. C'est d'ailleurs le "nouveau monde" qui l'a orienté vers une viticulture plus respectueuse de la vignes et des sols. Adepte de l'adage qui dit que "l'agriculture n'a de sens que lorqu'on pratique la "polyculture", Nicolas nous expose son exploitation : 28 hectares de tournesols et de blés ; 9 hectares de vignes. Au final, ce sont huile de tournesol, farine de blé qui sont produites et même un peu plus, en poussant la réflexion autour du miel via les ruches. C'est un beau plan de vol, qui fait la part belle à une philosophie et une éthique consciencieuse. Bravo !

Dès 2008, année de son premier millésime mené tout seul comme un grand, Nicolas Grosbois décide de vinifier et d'élever les 13 parcelles séparément. Les cuvées sont élaborées ensuite, au terme de dégustations d'assemblage. C'est d'ailleurs ce que nous propose de faire Nicolas, grâce à un petit jeu d'éprouvettes et de prélèvements dans quelques contenants, afin de pouvoir situer le niveau du millésime 2013, encore en cours d'élevage. Un millésime dit "classique", avec une macération assez longue (comme c'était le cas en 2011 et 2012), c'est à dire pendant 40 jours. Nicolas, après s'être essayé à des macérations courtes (25 jours jusqu'en 2010), tentera de reproduire le même profile de vin à partir de cette année : macérations courtes, 2 remontages par jour ; "ce sont des vins qui me parlent. J'aime les vins murs, qui ont du punch ! "

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Allez, assez discuté. Direction la grande salle à manger familiale, qui sert de lieu de dégustation.

Gabare, Chinon 2011 : vignes d'une quarantaine d'années plantées sur sol argilo-sableux. Joli vin expressif, même si encore sur la retenue. Pas mal de fond, sur une trame légèrement boisée, l'attaque est compacte avec des tannins encore saillants. Vin à l'avenir tout tracé cependant.  

Vieilles Vignes, Chinon 2009 : cette cuvée n'éxiste plus et est désormais intégrée dans "Gabare". Expressive, riche et presque opulente, les similitudes avec une syrah rhodanienne sont frappantes. Aypique pour un Chinon, mais pas tant que ça finalement avec ce millésime hors normes. 

Vieilles Vignes, Chinon 2008 : terroir argilo-sableux, d'une parcelle située à proximité immédiate de la propriété. Trame végétale, ronde et tannique. Une certaine ressemblance avec le VV 2009 par sa richesse et son expression.

Vieilles Vignes, Chinon 2007 : très belle trame épicée. Bouche pulpeuse et croquante, offrant un fruit remarquable. Bonne longueur. Un joli vin, qui se laisserait boire avec plaisir à table. 

Boeuf Alais, Chinon 2006 : une cuvée qui n'existe plus également. Les vignes reposent sur un terroir de graves de la Vienne. Le vin commence à évoluer et la structure à se relâcher un peu avec des notes finement boisées. Belle présence du fruit encore.

 

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Musique, art contemporain : Nicolas est au petit soin pour l'élevage de ses protégées !

La bande haut-normande tient à remercier Nicolas Grosbois et son papa pour l'excellent moment passé en leur compagnie. Une matinée pour se faire l'opinion d'un domaine bien tenu, avec une volonté de faire de son mieux et un engagement de faire beaucoup plus encore. Preuve est que Nicolas cherche à afiner les extractions, rechercher les contenants les mieux adaptés aux jus pour des élevages non tapageurs, réorganiser les cuvées en hésitant pas à en supprimer certaines pour en recréer d'autres. Le domaine n'a pas grand chose à vendre, gage que les vins plaisent aux consommateurs. D'ailleurs, nous étions venus pour goûter le Clos du Noyer (cuvée phare) mais déception il n'y en avait pas/plus à la dégustation. 

 

Domaine Grosbois
Le Pressoir
37220 Panzoult
+33 247 586 687/+33 687 744 903
grosboisnicolas@yahoo.fr
http://www.domainegrosbois.fr 

 

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22 juillet 2014

St Emilion VS Pomerol : la battle du merlot

Loin de nous l'idée de vouloir comparer à tout prix ces deux prestigieuses appellations, nous souhaitions tenter de trouver et d'identifier des différences ou des similitudes. Ce fut finalement assez compliqué de trouver un avantage pour telle ou telle appellation, plusieurs raisons à cela. La première, nous n'avons ouvert que 11 bouteilles. La deuxième, il y eu pas mal de disparité au niveau du pedigree. La troisième, 8 millésimes différents. Quand on connaît l'importance de la météo dans la coin, inutile de comparer ce qui ne l'est pas. 
Mais peu importe, cela ne nous a pas empêché de passer une bonne soirée. Ca c'est habituel par contre ;)

Les vins sont d'abord servis par paires, à l'aveugle, puis avec le repas. 

Château Patarabet, St Emilion 2002 : nez assez discret et pour le moins simple dans son expression, avec des notes de cabernet. La bouche se montre simple, longiligne, sans grande folie, avec les limites du millésime. Pour commencer, on va dire que c'est correcte, sans plus. 
Château du Moulin Noir, Montagne St Emilion 2008 : ensemble plus rond, avec quelques aspérités tanniques. Néanmoins, le toucher de bouche est bien plus intéressant et en fait un vin correcte pour le pedigree. 

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Château Gombaude Guillot, Pomerol 2007 : ça y est, on entre dans le vif du sujet ! Très joli nez, avec un fruit avenant sur la cerise griotte. L'élevage est quasi imperceptible, mais apporte un supplément de complexité. La bouche est à l'unisson : soyeux dès l'attaque, presque caressante, l'acidité se montre juste tout en accompagnant le vin. Le fruit se montre encore une fois. La longueur est bonne, ce qui n'est pas pour gâcher le plaisir global. Très bien et surtout, on a envie d'en savoir plus sur cette propriété. Belle réussite sur ce millésime.
Château Beauregard, Pomerol 2007 : la matière n'a pas le charisme nécessaire et suffisant pour supporter un tel élevage. Le jus se goûte caramel et n'est finalement pas très avenant. Ennuyant.

Clos René, Pomerol 2006 : le nez est tout en dentelle, plutôt classe. Bouche à l'attaque puissante et riche, mais l'ensemble reste néanmoins équilibré. Jolis tannins gras où l'élégance persiste jusque dans la finale vigoureuse. Un vin qui ne manque pas de peps, ni d'attraits. Bien +
Le Cadet de Larmande, St Emilion Gd Cru 2005 : un peu plus grassouillet, rondouillard, de l'alcool. Tannins un peu sec cependant. Atypique, mais pas inintéressant. 

Château Boutisse, St Emilion Gd Cru 2003 : pas mal de fruit, pas mal de notes d'élevage, mais les registres sont dissociés. Mais ce qui marque, c'est le feu à la cabanne : alcool, richesse, manque d'équilibre. Pas surpris à la lecture du millésime. 
Château Beau-Séjour Bécot, St Emilion Gd Cru 2001 : d'avantage de finesse, bonne attaque en bouche, équilibrée et à la fois dense et charnue, tannins de bonne facture. Finale persistante, saline et salivante. Très bon vin. 

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L'Espit de Clocher, Pomerol 2000 : fine acidité, vin un peu effacé, certainement la limite d'un 2ème vin dans un millésime pas si grand que ça du côté de la rive droite. Finale lâche, terreuse et métallique. Bof
Château de Ferrand, St Emilion Gd Cru 1996 : le nez dévoile des signes d'évolution manifestes (bois humide) mais aussi de fruits rouges frais, d'épices et de tabac. L'acidité est fine, la bouche légèrement compotée et termine sa course par une finale de moyenne intensité. Intéressant, sans être immense. 

Château le Puy, Bordeaux Côtes de Franc 2004 : sous sa robe étonnamment trouble, le nez est très fruit, marqué par une légère acidité volatile, dont le registre "nature" ne trompe pas sur un certain type de vinification. La bouche est souple et douce et la longueur sur le fruit est plutôt bonne. Joli vin, atypique lui aussi, d'un caractère gourmand et salivant. 

 

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13 juillet 2014

Les pieds sous la table de Fred

Attendez vous au pire, à du lourd avec ce qui suit : ce repas dégustation proposé par Frédéric, fut à n'en pas douter, un très grand moment, aussi bien dans le verre que dans l'assiette. 

C'est le p'tit dernier à avoir rejoint la troupe de dégustation du cercle LPV Haute-Normandie. Plutôt discret, ouvert d'esprit, se remettant en cause sans arrêt, Fred est le bon copain que beaucoup d'entre nous rêverait d'avoir : gentil, soucieux du détail, il aime faire plaisir aux autres et surtout, ne se mettant jamais en avant ! 

Il avait choisi de nous faire plaisir, "souhaitant nous rendre la pareille" comme il le voulait. Grand merci à toi Fred, pour cette superbe journée, ponctuée d'éclectisme et de franche rigolade !

Let's go, parce qu'il y a un gros programme et le tire-bouchon commence à le démanger. Les vins sont servis à l'aveugle, seuls ou par paire, accompagnés du repas. 

 

Marsannay 2010 "les Champs Perdrix", domaine Marc Roy. Mise en route et comme dirait un copain, un premier vin parfait pour "créer le passage". Floral, élégant, quelques notes beurrées. Bouche très saline, assez longue et ciselée par une acidité tonique. Joli vin, sérieux et friand. Je ne connais pas le prix, mais si c'est une petite quinzaine d'euros, je peux me "laisser faire". Fred nous apprendra au moment de dévoiler ce que nous avions dans le verre que les malos ne sont pas faites sur ce vin. Pas franchement étonné vu l'énergie du jus. 

Assiette de charcuterie : lomo et jamón iberico de bellota, boeuf séché de wagyu et

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Chablis 2009 1er cru "Montmains" Thomas Pico. Le nez est absolument superbe : distingué et complexe, proposant des notes florales et une minéralité assez impressionnante (plus particulièrement de coquillages). En bouche, le vin répond parfaitement au nez et ne déçoit pas, avec un volume remarquable. Très beau vin, immédiat et sans concession. Un régal !
Chablis 2009 1er cru "la Forest" domaine Vincent Dauvissat. A côté du Pico, le Dauvissat fait pale figure. L'ensemble est verrouillé, sur quelques notes lactées et une bouche qui n'offre que des saveurs de caramel. Repris en fin de repas, le vin n'avait pas du tout évolué. A cacher au fond de la cave pour l'instant. 

Chablis 2010 Grand Cru Blanchot domaine Jean-François Raveneau (servi seul) : nez assez discret au départ, qui s'ouvre sur un ensemble de fleurs blanches et une touche anisée. En bouche, le vin est superbe : une pointe exotique, une tension et un volume de fou, sur une trame saline. Le longueur est en conséquence, même si le vin semble sur la réserve. Fond de verre sur des notes de rhubarbe. 
Superbe vin, qui a l'avenir devant lui !

Saint jacques réduction d'agrumes (citron, orange, pamplemousse) et

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Riesling 2006 Cuvée Frédéric Emile, domaine Trimbach : le nez ne trompe pas, évoquant pour commencer quelques notes terpènes qui mettent sur la route d'un riesling. Complexe, le nez est complété par des notes de citron, de caramel, de curry et de saphran. La bouche est droite comme un I et offre une rémanence des épices évoquées au nez. 
Vin à l'allure cistercienne, qui peut déstabiliser ou au contraire, emballer. Personnellement, j'aime beaucoup. 

Pour patienter... 
Saumur blanc 2011 "Arcane", château de Fosse Sèche : nez un peu "nature", olive verte. En bouche, l'écidité est détartrante, sur des amers prononcés. Pas emballé.  

Dos de cabillaud, lentilles et lard fumé et

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Côtes du Jura 2002 "les Vignes de mon Père", domaine Ganevat (savagnin ouillé élevé 130 mois). Nez légèrement "nature" encore, fumé, me faisant penser à une Mailloche récente de Stéphane Tissot. Bouche carressante, langoureuse, sur des touches citronnées et d'élevage (caramel). Bon vin, qui manque pour ma part d'un peu de volume, mais pas de caractère. 

Au passage, mention spéciale à Fred pour la cuisson parfaite du cabillaud ! Cuisson au micro-ondes, technique peu orthdoxe qu'il tient d'un cuisiner, mais diablement efficace. 

Nous changeons de couleur, pour attaquer la côte des rouges :) 

Quadrilogie de viande de boeuf de Matthias Paynel (jeune boucher à le Gros Theil, 27)

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Charolaise maturée 65 jours et
Mercurey 2012 1er cru "Clos des Champs Martin", Bruno Lonrenzon. Fruit assez primaire dans son expression (lisez jeune), bouche acidulée avec une pointe de verdeur, mais joli corps, fumé avec des tannins de bonne qualité qui ne demandent qu'à se polir. Vin équilibré et franc du collier, qui devrait apporter du plaisir dans quelques années. Merci Fred pour la découverte. 
Gevrey-Chambertin 2011 Vieilles Vignes domaine Marc Roy. Nez plus crémeux sur la rose et la groseille. En bouche, le vin est totalement délié avec une belle énergie. L'acidité est bien dosée, supportée par une longue finale poivrée et de cerises griottes. Beaucoup de plaisir !

5 vins sont servis seuls pour accompagner les viandes...

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Galicia 80 jours de maturation et
Morey-Saint-Denis 2008 domaine Dujac. Nez intense et ouvert sur des notes de fruits rouges acidulés et d'épices. Bouche à l'attaque incisive, s'appuyant sur une acidité sur le fil, offrant presque des saveurs de sous-bois. Le tout est d'une bonne longueur et le fruit fait son retour en final. Très bon vin, dans une phase déjà accessible. 

Chapelle-Chambertin Grand Cru 2011 domaine des Tilleuls. Nez jeune mais diablement séducteur, d'une grande profondeur, qui déploie tour à tour sa panoplie de fruits rouges et d'élevage. Bouche digeste mais assez discrète et de demi-corps, qui déroule sans faire de bruit un équilibre remarquable. Bonne longueur et retour du fruit en fin de bouche. Infanticide peut-être, mais encore accessible pour le moment. 

Nuits-Saint-Georges 2003 1er Cru "Clos des Porets" domaine Henri Gouges. On change de registre avec un nez plus mur, assez généreux pour tout dire avec des notes de chlorophylle marquées. Bouche riche et compacte et une finale qui sèche allègrement. 
Vin qui ne trahit pas le millésime dont il est issu et qui m'a fait partir à l'aveugle vers le Rhône sud plutôt qu'en Bourgogne. 

Charolaise maturée au Whisky et
Margaux 1986 Château Prieuré-Lichine. Le nez est poussiéreux au départ, mais ce défaut s'estompe rapidement pour laisser place à la panoplie habituelle du Bordeaux âgé et classe : fumé, orange, jus de viande et notes de poivron. Malheureusement, la bouche présente un défaut, avec amertume et un déséquilibre notoire. Dommage, car le nez était prometteur. 

Cornas 2010 Guillaume Gilles. Nez très "syrah", friand et gourmand sur la pivoine, une touche poivrée et d'épices. Bouche riche et ronde, offrant force et puissance contenue. Une belle syrah, déjà très ouverte et qui devrait s'afiner avec le temps. 

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Onglet de boeuf maturé 3 semaines et 
Saint Joseph 2009 Jean-Louis Chave. Profusion et explosion de petits fruits rouges et noirs au nez (groseille, myrtille, cassis...) et de cendre froide. Serais pas surpris d'être en présence d'une syrah granitique. Bouche gourmande et aérienne, à l'acidité salivante, supportée par un fruit compacte. Très bon vin, déjà accessible mais pratiquement incrachable ! 
Hermitage 2009 Jean-Louis Chave. Le nez offre une sensation de velours, un l'élevage luxueux et une étonnante acidité volatile. La bouche offre une réserve de puissance assez impressionnante, une pointe de rondeur, mais alors quel jus !! La finale est magnifique d'intensité et d'énergie. Grand vin, à l'aube de sa vie. A recroiser dans quelques années.
Merci Fred pour ce très beau duo.

Plateaux de fromages
1er service, déclinaison de fromages de chèvres.
Vin de France L2008, "Or' Norme" Un Petit Coin de Paradis, Etienne Courtois (sauvignon macéré). Vernis, acétate, pas du tout ma cam', désolé.
Sancerre 2008 "le MD de Bourgeois", Henri Bourgeois. Nez typique du sauvignon, explosif, peut-être un peu "too much". Mache calcaire en bouche, florale, offrant de jolies rondeurs. Pour amateur du genre, je suis moyennement convaincu. 

2ème service de fromages, les pâtes dures (Morbier, Comté 40 mois, Beaufort et tomme du pays-d'Enhaut)
Côtes du Jura 2008 domaine Macle. Sur une oxydation modérée, le vin déroule une certaine facilité, de fruits secs à coques et de curry. L'acidité élevée confère dynamisme et fait saliver la bouche. Bien connu des amis autour de la table, le vin est confortable et diablement efficace avec les fromages. 
Le plateau de fromages vient de prendre une sacré claque !

Gâteau aux fruits de saison et
Hocheimer Hofmeister 1986 Riesling Kabinett, Franz Hück. Aromatique exotique mais totalement sec. Pas trop mon truc.
Méthode Gaillacoise 2008 "Symphonie" domaine René Rieux. Ca fleur bon la pomme verte, équilibre demi sec, bouche généreuse et gourmande. Une jolie bulle pour rincer l'homme et terminer cette superbe journée.

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Merci à toi Fred pour ta générosité et ton hospitalité. Bravo pour tes talents de cuisiner et les accords qui allaient avec. En plus, à part 2 ou 3 vins sur 21, ça se goûtait parfaitement. Ce repas restera très certainement comme l'un des meilleurs souvenirs pour la bande haut-normande. Félicitations, tu peux dormir maintenant :) 

 

 

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22 juin 2014

Séjour en terres ligériennes #3 : la Porte St Jean, Sylvain Dittiere, Saumur-Champigny

Encore un peu frappés par la superbe dégustation et ces moments presque trop courts que nous venons de passer avec Antoine Foucault au domaine du Collier, nous prenons la voiture pour aller à la rencontre de tonton Raoul Sylvain Dittiere, à Montreuil-Bellay. Jolie bourgade de 4000 habitants située à une petite quinzaine de kilomètres au sud de Saumur, ce village fortifié à l'ame vigneronne  accueil désormais à quelques pas de la porte St Jean, Sylvain Dittiere.

Beau-frère d'Antoine Foucault par son amie mais aussi gendre de Charly (ça ne doit pas être triste lors des dimanches en famille), Sylvain semble avoir la tête bien pleine et surtout bien faite. Osons le dire, Sylvain Dittière est LE coup de coeur de ce séjour en terre ligérienne ! 28 ans, un BTS viti-oeno en poche depuis quelques années déjà, il travaille chez ceux qui n'ont pas grand chose à prouver, jugez plutôt : château Yvonne, Thierry Germain, les frères Foucault, Gérard Gauby, Marc Tempé...

 

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En 2010 il s'intalle en appellation Saumur. 6 hectares en fermage qui permettent de vinifier blancs, rouges et quelques expériences qui forment la jeunesse. Sylvain travaille les sols de ses parcelles, permettant de retranscrire une fois en bouteille "la meilleure expression possible des terroirs".

Côté vinification, la cave en tuffeau est traversée de haut en bas par un tuyau en inox depuis le chai situé au dessus jusqu'au stockage des barriques. Cette installation très simple permet de ne pas trop bousculer les vins et de travailler uniquement par gravité lors de l'entonnage. Le vin est ensuite élevé sans soufre jusqu'à la mise en bouteille, dans des barriques de 1 à plusieurs vins provenant du château Latour Haut-Brion pour les rouges et de Bourgogne pour les blancs. Les vins de goutte et de presse sont élevés séparément jusqu'à l'assemblage.

 


 

Passons à la dégustation, qui commence par les vins encore en cours d'élevage, dans la cave souterraine.
2013 est un millésime avec de faibles volumes. Par exemple, seulement 9 hectolitres de sauvignon issus de vignes de 60 ans, mais ça goute plutôt pas mal. Nous goûtons les rouges 2013 qui n'ont pas encore faits les malos. En revanche, les 2012 qui terminent leur élevage et qui devraient être mis en bouteille d'ici un mois sont superbes : les nez sont précis, les textures soyeuses, riches ... Sylvain souhaite faire des vins buvables maintenant et meilleures dans 10 ans.

Nous remontons nous asseoir sur la terrasse familial, par un beau soleil de fin d'après-midi. Tonton Raoul, Sylvain, apporte quelques flacons embouteillés. 

Saumur Champigny, les Beaugrands 2011. Vignes de cabernet franc situées sur le haut d'une parcelle de 40 ans. Mis en bouteille il y a à peine un mois, le fruit est croquant, plutôt long et salivant. Miam !
Saumur-Champigny 2010 : un peu de réduction, mais un corps longiligne, et ce côté un peu sphérique. En pleine forme, et la marque du millésime : équilibre d'école.
Saumur blanc, la Perlé 2002 : avec une sensation de gras, le vin se déploie autour d'une jolie aromatique expressive. Belle tenue en bouche, le vin est à la fois tendu et salin. Superbe !

 

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Un grand merci à Sylvain Dittiere pour ce bon moment passé avec lui. Les vins son à son image : ouverts et francs. Après seulement 4 millésimes, Sylvain est en passe de conquérir le monde du vin. Preuve en est, 60 % des vins sont vendus à l'export et se retrouvent déjà sur bon nombre de tables étoilées.
Nous terminons cette fin de journée avec les vins des copains appréciés par Sylvain et autour d'un breuvage expérimental : un cab franc passé en bonbonne de verre, logée au milieu de la terrasse familiale, qui subit le chaud et froid depuis déjà quelques hivers. C'est amusant et c'est bien bon.


Sylvain Dittiere
La Porte St Jean
100, rue Porte St Jean
49260 Montreuil-Bellay
Tel : 0033 241 404 122
sylvain.dittiere@hotmail.fr

 

 

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01 juin 2014

Séjour en terres ligériennes #2 : domaine du Collier, Saumur

Pas facile de se faire un prénom, qu'on est le fils et le neveu des frères Foucault et qu'on l'on monte son propre domaine dans la même région ou rayonne le Clos Rougeard. Pas facile de se relever quand à peine le deuxième millésime à la vente, on est "victime" de problème de bouchons impliquant une forte proportion de bouteilles (50 % de bouteilles bouchonnées sur 9000). L'histoire aurait pu en rester là, seulement voilà, rebelotte avec le millésime 2009 avec de nouveaux problèmes de bouchons (1/3 de bouteilles à problème, dont le procès court toujours). Il fallait avoir une certaine idée de la l'entêtement, remettre un sacré coup de collier pour sortir la tête de l'eau et à son tour, lancer son rêve et montrer enfin toutes les qualités d'un grand domaine.

1999, Caroline Boireau et son compagnon Antoine Foucault créent le domaine. 2000, le couple s'installe au domicile de papa et beau papa, Charly Foucault à Chacé, place du Collier. C'est tout naturellement que le domaine trouve son nom. D'abord sur 4 hectares en location, puis 3 hectares dont la moitié de vignes centenaires qu'ils acquièrent en 2004, le domaine est conduit en bio et les jus sont élevés en barriques. Les sols sont tout naturellement travaillés.

Commençons par un tour de cave, avec les blancs actuellement en cours d'élevage. Le couple recherche une vendange hétérogène, afin de créer un équilibre entre raisins à peine mûrs et plus mûrs. La cave est tout simplement incroyable : creusée dans le "tuf'" comme on dit ici (tuffeau), elle offre différents espaces qui ont été creusées depuis le 10 ème siècle jusqu'au 18è. L'agrandissement se faisait à l'époque, suivant la place dont avaient besoin les propriétaires.

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Saumur blanc 2012, vignes de 70 ans : riche, frais avec du gras, absolument parfait pour commencer.
Saumur blanc 2012, vignes de 50 ans : construit sur la salinité, tout en longueur, corps svelte et ce gras encore présent.
Saumur blanc la Charpentrie 2012, vignes de 100 ans : plus fin, mais longueur hors normes, finale tonique et ample
Saumur blanc la Charpentrie 2012, vignes de 100 ans, élevage en foudre Stockinger de 12 hl : plus plat, moins de relief, aux notes de mandarine finement boisées et fondues.
Saumur blanc la Charpentrie 2011 : millésime précoce, les vendanges ont commencées en date avant celles de 2003. Le vin sera assemblé dans 15 jours. Pas mal de gaz encore, corps plus svelte que 2012.

Terminé ce travail de spéléologue, nous remontons à la surface pour laisser Antoine jouer du tire bouchon.

Les blancs
Saumur blanc 2011 (6 mois de bouteille) : un fruit impeccable (tilleul, verveine) mais un corps qui ne demande qu'à se poser un peu, car pas tout à fait en place.
Saumur blanc 2010 : un peu plus de tout dans cette bouteille et ce millésime. Matière ample et charnue, à l'acidité sur le fil du rasoir. Vin superbe !!
Saumur blanc la Charpentrie 2009 (4 g de résiduel) : très belle expression aromatique (nougat, verveine), matière généreuse qui affiche quelques rondeurs, heureusement contrebalancée par une belle tension. Parfaitement digeste, frais et équilibré. Très bien.

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Les rouges
Saumur rouge la Ripaille 2011 : les vignes qui sont situées sur la commune de Brézé ont été replantées sur un terroir qui convient habituellement plus au chenin qu'au cabernet franc. Vignes de 35 ans sur sol argilo-silico-calcaire. Vin fin, sans aucune aspérité, finale mentholée et rétro épicée. A attendre en toute confiance.
Saumur rouge la Ripaille 2009 : une pointe de rondeur, racé, long, gourmand, salivant et appelle définitivement à passer à table. IN-CRA-CHA-BLE !
Saumur rouge la Ripaille 2007 : notes de sureau, bouche un peu plus serrée dû aux tannins tenus par une matière plus légère.

S'en suit quelques autres bouteilles de vignerons copains d'Antoine. Il semble que ce soit une constante dans le saumurois : quand on montre qu'on s'intéresse aux vins du domaine, le tenancier n'hésite pas à faire plaisir plaisir à l'assistance en ouvrant quelques flacons supplémentaires.

Grand merci à Antoine Foucault pour son accueil et son temps, largement compté actuellement, où la vigne court et pousse très fort. Merci d'avoir permis à quelques amateurs privilégiés de pouvoir déguster au domaine, moments normalement réservés aux pros, que nous ne sommes pas...

Que dire des vins ? Les blancs sont absolument superbes, délicieux, plein de fraîcheur et dotés d'une belle structure avec bien souvent du gras et une longueur confortable. A noter un bon niveau des rouges.

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Notre prochaine étape nous conduira à quelques kilomètres d'ici, chez "tonton Raoul", un p'tit jeune qui monte et qui risque de faire des étincelles !

 

Domaine du Collier
Caroline Boireau et Antoine Foucault
62, place du Collier
49400 Chacé
+33 2 41 52 69 22
domaineducollier@wanadoo.fr
Site internet

 

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20 mai 2014

Séjour en terres ligériennes #1 : domaine Bernard Baudry, Chinon

Première étape de notre tournée annuelle dans les vignes avec les amis de Maigremont. Cette année, c'est au pays du cab franc et du ch'nin que nos hostilités se déroulent. C'est à peine réveillés que nous nous arrivons de bon matin au domaine Bernard Baudry.

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Situé à Cravant les Coteaux, nous sommes conscients que nous entrons dans une institution qui n'a rien à prouver à personne. Maintenant on aime, on n'aime pas, mais force est de constater que les vins sont d'une régularité exemplaire !

Mathieu Baudry nous accueille alors qu'il étiquette quelques bouteilles. Un rapide tour des installations et la discussion commence. Il est le fils de Bernard, qui a créé le domaine il y a presque 40 ans en 1975. La famille est une vieille famille de vignerons. Dès le début, Bernard grattait les sols, utilisait les produits chimiques de façon très raisonnée. On le prenait pour un fou. Le maître mot de l'époque était rendement, peu importe la manière, mais lui s'obstinait à produire quelques chose de qualité.
Le domaine est désormais en agriculture biologique, sur une superficie de 30 hectares : 10 en propriété, 20 en fermage (28 en cabernet franc, 2 en chenin). 
Majeur, Mathieu a le déclic et sait qu'il sera vigneron. Il revient sur le domaine familial en 1999, après une école de commerce vins et spiritueux et apprend sur place le métier. Officiellement à la retraite, Bernard n'en demeure pas moins actif. Pour preuve, pendant que Mathieu nous présente le domaine et déroule la dégustation, son père est sur le tracteur, travaillant le sol d'une des nombreuses vignes du domaine qui présentent la particularité d'être morcelées. Morcellement d'ailleurs responsable d'une grande diversité de sols : graviers, calcaires sableux et argilo-calcaire.
En 2014, l'entente entre père et fils est parfaite et les décisions sont toujours collégiales.

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Nous passons au caveau pour la dégustation des vins
Rosé 2013 : du cabernet franc pressé directement et vinifié comme un blanc. Un rosé sec, à la sensation presque tendre, qui termine salin.
Les Granges 2013 : sous tiré pour l'occasion, il y aura une première mise dans un mois au terme de 6 mois d'élevage puis une sedonde en septembre. Elevage en cuve, le béton a fait sa grande réapparition il y a 10 ans. 2 raisons à cela : l'inertie des températures durant les fermentations et un meilleur contrôle à 30°c maximum et des vins sans réduction pour satisfaire les consommateurs qui sont désormais préssés d'ouvrir les vins. L'inox donne un caractère réducteur aux cabernet franc, ce qui ne satisfait pas non plus Mathieu Baudry.
Il s'agit d'une parcelle située sur des terrasses de graviers sableux à Cravant les Coteaux. Vin direct, souple et fruité avec une finale qui se resserre un peu. Une presque idée du gamay. D'ailleurs Bernard Baudry dit que c'est le meilleur gamay qu'il ait fait :)

Vignerons de Cravant
les anciens vignerons de Cravant (affiche visible au caveau)

Le Domaine 2012 : même type d'élevage que pour les Granges, sur 15 mois. Assemblage de parcelles calcaires situées à 80 % sur Chinon, complétées par une parcelle de graviers sableux de Cravant. Nez profond, même si sur la retenue. Le vin prend le devant de la bouche, signe d'une belle mâche calcaire. Tannins fermes, qui constituent la structure. Finale charnue. Bon vin.

Les Grezeaux 2011 : vignes de 70 ans plantées sur une parcelle unique située à Cravant sur des terrasses de graviers argilo-siliceux. Elevage en fût durant 1 an. Vin relativement ferme, qui se goûte plus sur sa structure que son fruit. Assise tannique plus marquée. Wait !

Clos Guillot 2011 : vignes situées à Chinon sur des coteaux argilo-calcaires. Elevage durant 2 ans en fût. Superbe nez, griotte épices. Bouche gourmande, équilibrée aux tannins fins et précis. Très joli en l'état !

Croix Boissée 2011 : parcelle sur des pentes argilo-calcaires, située à Cravant. 2 ans de fût également. Encore une fois, c'est l'équilibre du vin qui domine, même s'il semble le moins prêt de tous ceux dégustés jusque lors. Le vin s'étire tout en longueur, avec un retour du fruit et d'une fine amertume en final. 

Parcelle de la Croix Boissée à CravantParcelle de la Croix Boissée à Cravant

Croix Boissée blanc 2012 : le chenin pousse ici sur un sol extrêmement calcaire. En y regardant de plus près, la roche mère est visible à certains endroits. Nez sur des notes citronnées, de verveine. Jolie attaque de bouche, pleine, incisive et riche, proposantRoche mère de calcaire

des saveurs de tilleul et de verveine encore. Dernier millésime à la vente, puisqu'il n'y aura pas de Croix Boissée blanc 2013 : cette cuvée n'ayant pas le niveau attendu, terminera en cuvée domaine, c'est à dire Chinon blanc...

Voici un petit jeu proposé à l'aveugle par Mathieu afin de terminer cette visite : nez très tabac, orange, presque champignon. Bouche sphérique aux tannins parfaitement intégrés et raffinés. Longue finale sur un fruit omniprésent. Je propose le millésime 2000, pas loin c'est un Croix Boissée 1999 qui ponctue cette belle matinée.

Grand merci à Mathieu Baudry pour son accueil, sa gentillesse et son temps. Le domaine produit des vins à l'équilibre d'école, sérieux, plutôt apte à la garde sur les cuvées élevées sous bois et qui marquent bien le terroir. Accessibles sur le fruit, de garde moyenne à plus longue : il y a en a pour tous les goûts.

Nous partons à quelques centaines de mètres du domaine Baudry, pour faire un pique-nique dans la très belle vigne de la Croix Boissée, afin de prendre des forces pour la prochaine étape : celle-ci se déroulera chez un vigneron de Saumur, lui même fils et neveu d'illustres vignerons de l'appellation Saumur-Champigny ! Un indice : y'en a un qui n'aime pas les rangers !

 

Domaine Bernard Baudry
9, Coteau de Sonnay
37500 Cravant les Coteaux
+33 2 47 93 17 79
bernardbaudry@chinon.com
www.chinon.com/vignoble/bernard-baudry

 

 

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28 avril 2014

LPV Haute-Normandie #28 : les absents ont toujours tort !

Affluence maigrelette pour LPV HN : une dégustation éclectique qui remplace au pied levé la fameuse "dégustation en duo" (concours de dégustation à deux), pour cause de vacances et de désistements au dernier moment. Mais vous connaissez le proverbe : c'est pas la quantité... bref. Et c'est  pas cette séance qui allait nous faire regrette d'être venus chez le grand Seb et sa Steph. Encore un grand merci à nos engloutisseurs de l'espace.

Zou, c'est parti pour cette éclectique. Les vins sont dégustés à l'aveugle, bien souvent par paires et accompagnés du repas.

Blinis, crème à l'aneth et truite fumée, feuilletés au fromage.
Muscadet 2012, Domaine Brégeon. Nez citronné, finement iodé et de fruits blancs. Bouche nerveuse, mordante avec ses notes de champignons blancs caractéristiques du cru, habituellement présentes après quelques années. Déjà très abordable sur la jeunesse. 2ème millésime du repreneur du domaine Frédéric Lailler : sur la lancée de son prédécesseur M Brégeon. Le 2011 m'avait fait une bonne impression, là c'est du beau boulot et encore mieux !
Muscadet 2005, Domaine Brégeon : un peu moins immédiat et citrique au nez, mais plus beurré. Bouche ronde et un peu plus riche, sur des saveurs calcaires. Un vin plus construit que le précédent, mais avec un lien de parenté évident.

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Millefeuilles de crabe
Meursault 1er Cru Perrières 2002, Pierre Matrot : nez crémeux, avec des touches beurrées et anisées, sur un registre bien élevé. En bouche, le vin est assez droit et est supporté par une belle acidité, ponctuée par une fine amertume. Longue et savoureuse finale.
Meursault 1er Cru Goutte-d'Or 2007, domaine Buisson-Charles : élevage parfaitement intégré, au nez intense mais d'une précision diabolique. L'entrée de bouche se fait en douceur, avec une pointe de champignon. Le vin est compact, mais occupe une belle présence. Le trio acidité/alcool/matière est parfaitement réparti et l'ensemble procure un grand plaisir, jusque dans la longue finale. Très beau vin !

Vin n°5, bu pour lui-même
Châteauneuf du Pape 1998, Clos St Jean : robe évoluée, tuilée et trouble. Nez très évolué, cerise, havane, cuir. Mêmes sensations en bouche évoquant en plus la terre et l'humus. Je reste perplexe à l'annonce du millésime et pense plutôt à une oxydatoin prématurée.

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Côte de boeuf à la braise, gratin dauphinois
Bourgueil "les Perrières" 2005, Catherine et Pierre Breton : nez qui poivrone un maximum. Ensemble carré, sans aucune complexité, acide et rigide. Plaisir très limité et de l'avis de Seb, le vin n'a pas évolué d'un pouce depuis le début qu'il l'a acheté, c'est à dire à sa sortie.
Emporda "S'Alqueria" 2006, Vinya Ivo : nez à l'aromatique légèrement évoluée, proposant des notes de cerise, de pin et de tabac. Bouche soyeuse, avec une petite rondeur dès l'attaque, signant une maturité sudiste. Finale de bonne intensité, assez longue sur la cerise et l'élevage. Bien

Côte de boeuf/gratin le retour
Saint Joseph "Reflet" 2005, Domaine François Villard : magnifique nez d'épices, poivré, de thym et d'une grande fraîcheur. Bouche immédiate, digeste sur l'olive noire et la tapenade, à l'équilibre frais et tonique. Super miam !
Châteauneuf du Pape "cuvée Impériale" 2005, domaine Raymond Usseglio et fils : nez crémeux type mure et myrtille, mais puissant et alcooleux. Bouche sauvage, épaisse, déséquilibrée, terminant chaud. Il est urgent d'attendre ce vin !

La paire de blancs bourguignons refait son apparition pour le plateau de fromages de brebis et chèvres.

Tarte aux gariguettes
Vin de Table de Français "Espérance d'Automne", Clos du Mounissens : nez un peu comprimé sur des notes de verveine et de citron. Bouche fraîche et digeste. Joli vin, au juste équilibre sucre/acidité (80 g S/R). Et quand on sait que les 50 cl ne coûtent que 8 €, bah on n'est pas volé.

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02 avril 2014

Quelques Faugères

Un peu d'soleil en Normandie, qui n'en manque pourtant pas en ce moment, à l'occasion de cette 111 ème rencontre des Maigremont ! Quoi, déjà ? C'est parti pour une bonne dizaine de bouteilles, d'abord à l'aveugle, puis avec le repas... Une soirée consacrée exclusivement aux rouges.

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Sauveplaine 2012, cuvée "Anne-Sophie" : nez net et franc sur la tapenade, la cerise noire. Bouche facile, manquant cependant d'un peu de coffre, avec un petit déficit d'alcool. Ca reste correcte tout de même pour lancer cette soirée.

Domaine Balliccioni, rouge Tradition 2011 : paix à son âme. Greugneugneu, %ù$¤€@!&, sâtané bouchon !!

Domaine Balliccioni, Kallisté 2011 : cerise burlat, un peu plus d'alcool, quelques épices qui évoquent la syrah. Bouche puissante, avec des tannins présents mais de belle qualité. L'entrée de bouche est marquée par des amers notables. Un bon vin, qu'il est urgent d'attendre, disons 3 ou 4 ans. A noter que j'ai pu goûter de nouveau ce vin le lendemain : l'air lui ayant fait le plus grand bien, on a gagné en soyeux et en gourmandise.

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Domaine Balliccioni, Kallisté 2012 : joli nez de fruits rouges frais, avec des notes de violette et d'épices. Bouche plus ronde et plus souple, mais avec une acidité plus importante qui porte le vin plus loin que le précédent. Lien de parenté évident, avec une jolie matière pleine et charnue. Très joli vin, à la buvabilité élevée, déjà agréable et accessible.

Mas des Capitelles, Vieilles Vignes 2011 : réduction, quand tu nous tiens, avec une sensation de pinot en sous maturité (notes de cassis ++), de pivoine, de vernis et de bois. Bouche offrant un boisé important avec des tannins un peu durs. Longueur correcte, mais déficit de puissance indéniable. Moyen

Domaine des Prés Lasse, Amour 2011 : de la volatile au nez, évoquant en plus une macération carbonique, réhaussé par un fruit bien frais. L'entrée de bouche sèche un peu, même si elle est construite sur la fraîcheur. Longueur moyenne. Correct

Château Rouquette, l'Esprit Terroir 2011, Languedoc-La Clape : le semi pirate du jour, puisque cette appellation est située dans l'Aude. Des notes d'élevage au nez (type chocolat), d'herbes aromatiques. Bouche complexe, fraîche, avec pas mal de matière mais équilibrée. Saveurs d'orange, de pamplemousse sur une trame longue et sans creux. Un beau vin, complet, qui affiche du caractère.

Château Haut Fabrègues, Cuvée Prestige 2009 : essence de bois au nez, bouche aussi charpentée qu'une poutre de chêne d'une ferme normande tricentenaire. Bref, aucun plaisir, hormis pour celui qui aime le bois. Comment un vin qui est en bouteille depuis 4 ans peut se refaire la couenne et offrir enfin du fruit et du plaisir ? 

Domaine Léon Barral, Valinière 2005 : notes acétiques aux nez, avec une légère présence boisée. Bouche à l'attaque douce, au caractère onctueux, svèlte, avec une acidité très fine. Un vin construit tout en longueur, offrant plaisir et gourmandise. Loin d'être en fin de course.

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Clos Fantine, Tradition 2006 : oui, je mets 2006, mais faisons confiance au bouchon qui lui indique 2007. Un peu de volatile au nez, quelques notes de réduction type animales. L'aération fera disparaitre toute cette cavalerie au profit d'un nez plus net avec un fond de verre minéral. La bouche offre encore un peu de gaz, un fruit encore bien présent avec quelques notes d'évolution. La finale se relache un peu, concluant qu'il faut commencer à songer à boire ce vin.

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23 mars 2014

Domaine Rietsch à la maison, ou l'Alsace qui fait bon débarque dans ton salon

Troisième rencontre du genre avec les amis de Maigremont. Le principe est simple : un vigneron vient présenter son domaine et une partie de son oeuvre en terre normande. Une sorte d'étude complète, dans ton salon, sans les vignes mais avec le vigneron himself ! Cette année, après Géraud Fromont des Marnes Blanches (Jura), Benoit Fouassier (Sancerre), c'est Jean-Pierre Rietsch et son domaine éponyme qui enfile ses pantoufles pour le jeu des questions/réponses d'une quinzaine d'assoiffés d'attentifs. Rien que pour cela, merci à notre hôte David qui a prêté ses chaises à 4 pieds, ses tables, ses couverts, son salon... et à Jean-Pierre, guest star viticole d'un soir.

Commençons par un peu d'histoire, afin de confirmer la réputation dont jouit actuellement le domaine Rietsch, aussi bien sur les réseaux sociaux, les cavistes chébrans orientés natures et les amateurs désirant ne pas avoir mal au crane les lendemains d'abus de p'tits blancs.
Jean-Pierre Rietsch et sa soeur sont la 7ème génération à exploiter le domaine familial qui couvre environ 12 hectares, situé dans le superbe village vigneron de Mittelbergheim dans les Bas-Rhin (67). 45 petites parcelles au total, 45 expressions potentielles différentes de terroirs, même s'il n'existe pas autant de cuvées. 60000 bouteilles par an, désormais "Natures". Le virage a été pris avec le millésime 2005, quand fatigué par les vins soufrés qu'il buvait, Jean-Pierre décide du passage à une vinification douce voir sans intervention. C'est une approche différente, qui donne des vins différents. On ne cherche pas à gommer le cépage, au contraire il doit s'exprimer avec un maximum de fond et de fondamentaux.
Les jus sont laissés sur lies, au contact de l'oxygène, jusqu'à la mise en bouteille. Le vin peut prendre un profile légèrement oxydatif, qui au bout de 2 ou 3 ans s'efface. Le maître mot de JP Rietsch, c'est mi-né-ra-li-té ! Un gros mot aux yeux de certains, il aime quand ça goûte le sel et que le terroir parle, finalement un peu comme aime son mentor Patrick Meyer.
Pour vérifier toutes ces paroles, une belle petite série est préparée, accompagnée du repas, disons le tout de suite, orienté Alsace...

Commentaires des vins qui se sont le mieux goûtés ce soir là.

Crémant d'Alsace Extra Brut Nature 2011 : jus issus de la vendange 2011 d'auxerrois, de chardonnay et pinot gris, complété par

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les jus 2012 pour la prise de mousse. Résolument fruité, construit tout en longueur. Certes un peu moins tendu que le fameux 2010 disponible l'année dernière, mais le vin s'étoffe et prend du volume. 8 € c'est donné, mais attention, ça part vite.

Entre Chien et Loup 2012 : un 100 % auxerrois simple et gourmand, un peu passe partout et difficilement crachable. Le vin de copains, capable de faire le grand écart culinaire : apéritif, pain de poisson, viande blanche en sauce...

Muscat 2013 : mis en bouteille il y a quelques jours, non filtré, sans soufre. Voici un muscat (variété otonnelle) délicat, qui n'en met pas plein la vue et le nez. 36 heures de pressurage donne une couleur presque rosée et cet aspect tactile en bouche. J'aime beaucoup et l'association à table parait facile, car le vin est bien cadré.

Pinot Gris Nature 2012 : toujours pas de soufre à la mise, faudra vous y habituer. Un pinot gris taillé pour la table. Un chouille de rondeur, fin de bouche dynamique et superbe, grosse allonge. 

Sylvaner Vieilles Vignes 2012 : matière élancée, pleine, vive et charnue. Un sylv' de compet'. Faut dire qu'une partie des vignes repose sur le grand cru Zotzenberg.

Riesling Nature 2012 : attention, c'est pas du vin pour rincer le dentifrice ! Le vrai vin pour faire "plop" avec les potes, d'ailleurs il est livré en bouteille d'1 litre. C'est très tendu pour le moment, mais ça devrait rentrer dans l'ordre d'ici peu. Pour un apéro sans concession, poisson et même pour accompagner quelques coquillages bivalves.

Riesling Stein 2012 : on monte clairement d'un cran avec ce vin. Salinité tout d'abord, notes de cire et de miel, profondeur, intensité, sérieux. Mais le qualificatif principal c'est tout d'abord, mi-né-ra-li-té !

Riesling Brandluft 2012 : profile un peu plus cidre au nez, malgré des notes de poivre blanc et de pain d'épice. Bouche concentrée, presque puissante, minérale. La longueur est très bonne et avec les sushis, ça fonctionne plutôt pas mal.

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Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2010 : vous le savez sûrement, mais le sylvaner n'est pas considéré comme "cépage noble". Du coup, il ne peut prétendre à l'appellation Grand Cru. Sauuuf sur le grand cru Zotzenberg (pour l'histoire du pourquoi du comment, c'est ICI ). Le nez est riche, dans un registre quasiment exotique. Le vin impose une belle présence en bouche et transmet des notes de sel, que la tourte de la Vallée de Munster (en accompagnement) n'offrait pas. Quelle matière, quel vin !

Riesling Grand Cru Wiebelsberg 2010 (en magnum) : nez délicat et parfumé sur le nougat et les fruits blancs. Bouche un peu en retenue, quoique citronnée, dotée d'une acidité juste. Grande profondeur et légitimité. Grand vin en gestation !

Riesling Stein 2008 : sous le gaz encore présent du à une refermentation en bouteille, se cache un vin compact, d'une grande exactitude et tonicité sur des saveurs de pierres et d'agrumes. Sans doute le plus grand vin que Jean-Pierre Rietsch ai fait d'après lui.

Klevener de Heiligenstein 2008 nature : nez superbe et complexe de poivre blanc, papier, presque tabac, épices. Bouche d'une grande droiture et pureté, à la fois puissante et sur la finesse. Grande longueur, incrachable, divin !

Gewurztraminer Vendanges Tardives 2011 : des notes de mandarine confite et de nougat blanc au nez. Du sucre évidement, mais supporté par une belle fraîcheur. Fin de verre complexe sur le tabac blond et le céleri. Très bon, surtout pour terminer cette soirée.

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Que dire des vins ? Sans pommade ni maquillage, ils ne tombent pas dans le caricatural vin Nature. A part deux bouteilles qui se goûtaient sur des notes de pommes, les vins sont à chaque fois précis et chose importante, sans trace d'oxydation. 
Merci à Jean-Pierre Rietsch d'être venu nous rendre visite. Nous expliquer son domaine, sa philosophie et ses vins en terre normande fût un excellent moment, très instructif.

 

Domaine Rietsch
32, rue Principale
67140 Mittelbergheim

Tel : +33 3 88 08 00 64
@ :
contact@alsacerietsch.eu 
http://www.alsace-rietsch.eu/


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