Les bouteilles de Maigremont

02 avril 2014

Quelques Faugères

Un peu d'soleil en Normandie, qui n'en manque pourtant pas en ce moment, à l'occasion de cette 111 ème rencontre des Maigremont ! Quoi, déjà ? C'est parti pour une bonne dizaine de bouteilles, d'abord à l'aveugle, puis avec le repas... Une soirée consacrée exclusivement aux rouges.

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Sauveplaine 2012, cuvée "Anne-Sophie" : nez net et franc sur la tapenade, la cerise noire. Bouche facile, manquant cependant d'un peu de coffre, avec un petit déficit d'alcool. Ca reste correcte tout de même pour lancer cette soirée.

Domaine Balliccioni, rouge Tradition 2011 : paix à son âme. Greugneugneu, %ù$¤€@!&, sâtané bouchon !!

Domaine Balliccioni, Kallisté 2011 : cerise burlat, un peu plus d'alcool, quelques épices qui évoquent la syrah. Bouche puissante, avec des tannins présents mais de belle qualité. L'entrée de bouche est marquée par des amers notables. Un bon vin, qu'il est urgent d'attendre, disons 3 ou 4 ans. A noter que j'ai pu goûter de nouveau ce vin le lendemain : l'air lui ayant fait le plus grand bien, on a gagné en soyeux et en gourmandise.

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Domaine Balliccioni, Kallisté 2012 : joli nez de fruits rouges frais, avec des notes de violette et d'épices. Bouche plus ronde et plus souple, mais avec une acidité plus importante qui porte le vin plus loin que le précédent. Lien de parenté évident, avec une jolie matière pleine et charnue. Très joli vin, à la buvabilité élevée, déjà agréable et accessible.

Mas des Capitelles, Vieilles Vignes 2011 : réduction, quand tu nous tiens, avec une sensation de pinot en sous maturité (notes de cassis ++), de pivoine, de vernis et de bois. Bouche offrant un boisé important avec des tannins un peu durs. Longueur correcte, mais déficit de puissance indéniable. Moyen

Domaine des Prés Lasse, Amour 2011 : de la volatile au nez, évoquant en plus une macération carbonique, réhaussé par un fruit bien frais. L'entrée de bouche sèche un peu, même si elle est construite sur la fraîcheur. Longueur moyenne. Correct

Château Rouquette, l'Esprit Terroir 2011, Languedoc-La Clape : le semi pirate du jour, puisque cette appellation est située dans l'Aude. Des notes d'élevage au nez (type chocolat), d'herbes aromatiques. Bouche complexe, fraîche, avec pas mal de matière mais équilibrée. Saveurs d'orange, de pamplemousse sur une trame longue et sans creux. Un beau vin, complet, qui affiche du caractère.

Château Haut Fabrègues, Cuvée Prestige 2009 : essence de bois au nez, bouche aussi charpentée qu'une poutre de chêne d'une ferme normande tricentenaire. Bref, aucun plaisir, hormis pour celui qui aime le bois. Comment un vin qui est en bouteille depuis 4 ans peut se refaire la couenne et offrir enfin du fruit et du plaisir ? 

Domaine Léon Barral, Valinière 2005 : notes acétiques aux nez, avec une légère présence boisée. Bouche à l'attaque douce, au caractère onctueux, svèlte, avec une acidité très fine. Un vin construit tout en longueur, offrant plaisir et gourmandise. Loin d'être en fin de course.

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Clos Fantine, Tradition 2006 : oui, je mets 2006, mais faisons confiance au bouchon qui lui indique 2007. Un peu de volatile au nez, quelques notes de réduction type animales. L'aération fera disparaitre toute cette cavalerie au profit d'un nez plus net avec un fond de verre minéral. La bouche offre encore un peu de gaz, un fruit encore bien présent avec quelques notes d'évolution. La finale se relache un peu, concluant qu'il faut commencer à songer à boire ce vin.

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23 mars 2014

Domaine Rietsch à la maison, ou l'Alsace qui fait bon débarque dans ton salon

Troisième rencontre du genre avec les amis de Maigremont. Le principe est simple : un vigneron vient présenter son domaine et une partie de son oeuvre en terre normande. Une sorte d'étude complète, dans ton salon, sans les vignes mais avec le vigneron himself ! Cette année, après Géraud Fromont des Marnes Blanches (Jura), Benoit Fouassier (Sancerre), c'est Jean-Pierre Rietsch et son domaine éponyme qui enfile ses pantoufles pour le jeu des questions/réponses d'une quinzaine d'assoiffés d'attentifs. Rien que pour cela, merci à notre hôte David qui a prêté ses chaises à 4 pieds, ses tables, ses couverts, son salon... et à Jean-Pierre, guest star viticole d'un soir.

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Commençons par un peu d'histoire, afin de confirmer la réputation dont jouit actuellement le domaine Rietsch, aussi bien sur les réseaux sociaux, les cavistes chébrans orientés natures et les amateurs désirant ne pas avoir mal au crane les lendemains d'abus de p'tits blancs.
Jean-Pierre Rietsch et sa soeur sont la 7ème génération à exploiter le domaine familial qui couvre environ 12 hectares, situé dans le superbe village vigneron de Mittelbergheim dans les Bas-Rhin (67). 45 petites parcelles au total, 45 expressions potentielles différentes de terroirs, même s'il n'existe pas autant de cuvées. 60000 bouteilles par an, désormais "Natures". Le virage a été pris avec le millésime 2005, quand fatigué par les vins soufrés qu'il buvait, Jean-Pierre décide du passage à une vinification douce voir sans intervention. C'est une approche différente, qui donne des vins différents. On ne cherche pas à gommer le cépage, au contraire il doit s'exprimer avec un maximum de fond et de fondamentaux.
Les jus sont laissés sur lies, au contact de l'oxygène, jusqu'à la mise en bouteille. Le vin peut prendre un profile légèrement oxydatif, qui au bout de 2 ou 3 ans s'efface. Le maître mot de JP Rietsch, c'est mi-né-ra-li-té ! Un gros mot aux yeux de certains, il aime quand ça goûte le sel et que le terroir parle, finalement un peu comme aime son mentor Patrick Meyer.
Pour vérifier toutes ces paroles, une belle petite série est préparée, accompagnée du repas, disons le tout de suite, orienté Alsace...

Commentaires des vins qui se sont le mieux goûtés ce soir là.

Crémant d'Alsace Extra Brut Nature 2011 : jus issus de la vendange 2011 d'auxerrois, de chardonnay et pinot gris, complété par

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les jus 2012 pour la prise de mousse. Résolument fruité, construit tout en longueur. Certes un peu moins tendu que le fameux 2010 disponible l'année dernière, mais le vin s'étoffe et prend du volume. 8 € c'est donné, mais attention, ça part vite.

Entre Chien et Loup 2012 : un 100 % auxerrois simple et gourmand, un peu passe partout et difficilement crachable. Le vin de copains, capable de faire le grand écart culinaire : apéritif, pain de poisson, viande blanche en sauce...

Muscat 2013 : mis en bouteille il y a quelques jours, non filtré, sans soufre. Voici un muscat (variété otonnelle) délicat, qui n'en met pas plein la vue et le nez. 36 heures de pressurage donne une couleur presque rosée et cet aspect tactile en bouche. J'aime beaucoup et l'association à table parait facile, car le vin est bien cadré.

Pinot Gris Nature 2012 : toujours pas de soufre à la mise, faudra vous y habituer. Un pinot gris taillé pour la table. Un chouille de rondeur, fin de bouche dynamique et superbe, grosse allonge. 

Sylvaner Vieilles Vignes 2012 : matière élancée, pleine, vive et charnue. Un sylv' de compet'. Faut dire qu'une partie des vignes repose sur le grand cru Zotzenberg.

Riesling Nature 2012 : attention, c'est pas du vin pour rincer le dentifrice ! Le vrai vin pour faire "plop" avec les potes, d'ailleurs il est livré en bouteille d'1 litre. C'est très tendu pour le moment, mais ça devrait rentrer dans l'ordre d'ici peu. Pour un apéro sans concession, poisson et même pour accompagner quelques coquillages bivalves.

Riesling Stein 2012 : on monte clairement d'un cran avec ce vin. Salinité tout d'abord, notes de cire et de miel, profondeur, intensité, sérieux. Mais le qualificatif principal c'est tout d'abord, mi-né-ra-li-té !

Riesling Brandluft 2012 : profile un peu plus cidre au nez, malgré des notes de poivre blanc et de pain d'épice. Bouche concentrée, presque puissante, minérale. La longueur est très bonne et avec les sushis, ça fonctionne plutôt pas mal.

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Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2010 : vous le savez sûrement, mais le sylvaner n'est pas considéré comme "cépage noble". Du coup, il ne peut prétendre à l'appellation Grand Cru. Sauuuf sur le grand cru Zotzenberg (pour l'histoire du pourquoi du comment, c'est ICI ). Le nez est riche, dans un registre quasiment exotique. Le vin impose une belle présence en bouche et transmet des notes de sel, que la tourte de la Vallée de Munster (en accompagnement) n'offrait pas. Quelle matière, quel vin !

Riesling Grand Cru Wiebelsberg 2010 (en magnum) : nez délicat et parfumé sur le nougat et les fruits blancs. Bouche un peu en retenue, quoique citronnée, dotée d'une acidité juste. Grande profondeur et légitimité. Grand vin en gestation !

Riesling Stein 2008 : sous le gaz encore présent du à une refermentation en bouteille, se cache un vin compact, d'une grande exactitude et tonicité sur des saveurs de pierres et d'agrumes. Sans doute le plus grand vin que Jean-Pierre Rietsch ai fait d'après lui.

Klevener de Heiligenstein 2008 nature : nez superbe et complexe de poivre blanc, papier, presque tabac, épices. Bouche d'une grande droiture et pureté, à la fois puissante et sur la finesse. Grande longueur, incrachable, divin !

Gewurztraminer Vendanges Tardives 2011 : des notes de mandarine confite et de nougat blanc au nez. Du sucre évidement, mais supporté par une belle fraîcheur. Fin de verre complexe sur le tabac blond et le céleri. Très bon, surtout pour terminer cette soirée.

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Que dire des vins ? Sans pommade ni maquillage, ils ne tombent pas dans le caricatural vin Nature, celui adulé du bobo aimant trainer dans les bars à vins branchés adeptes du cidre et de la pomme. A part deux bouteilles qui se goûtaient sur ce registre, les vins sont à chaque fois précis et chose importante, sans trace d'oxydation. 
Merci à Jean-Pierre Rietsch d'être venu nous rendre visite. Nous expliquer son domaine, sa philosophie et ses vins en terre normande fût un très bon moment et très instructif.

 

Domaine Rietsch
32, rue Principale
67140 Mittelbergheim

Tel : +33 3 88 08 00 64
@ :
contact@alsacerietsch.eu 
http://www.alsace-rietsch.eu/


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29 décembre 2013

Préparation aux fêtes de fin d'année

La table est prête, parfaitement dressée pour notre repas dégustation de fin d'année en équipe réduite. Attention, ce qui va suivre n'est pas à montrer à toutes les âmes sensibles et aux enfants : nombre de viandes et de légumes (moins par contre) ont été sacrifiés pour l'occasion sur l'autel de la secte de la "bonne bouffe". Au diable l'avarice, en cette période difficile. Nous repartirons de chez le grand Seb et Stéphanie avec l'estomac bien rempli et le foie bien chargé :)

Let's go, parce qu'il y en a un qui est en train de mordre mon bras parce qu'il à faim : c'est l'ami Pierre. Tout est à l'aveugle.

Lard de Colonnanta et Champagne Bollinger La Grande Année 2002 : la bulle est fine mais riche d'intensité, avec des  notes anisées et florales avec une pointe d'oxydation. La bouche est construite sur une amertume noble et la finale est riche. Je crois qu'on a droit à cette bouteille tous les ans en fin d'année et je ne m'en lasse pas une seconde ! L'accord avec le lard est top.


Autre bulle pour terminer les tranches de Colonatta. Champagne Jacques Selosse Grand Cru Blanc de Blancs "Substance". La couleur est plus dorée, la bulle plus intense en bouche aussi. Il y a un peu plus de tout dans ce vin, à l'extrême : plus pomme, plus rondouillarde, plus élevée surtout (caramel +). L'acitié finale retend le vin, fort heureusement. Pas prêt du tout mais à attendre en toute confiance !

Jambon de pays et persillé. Beaune rouge 2011 Sarnin-Berrux et Nuits Georges rouge 2008 "les Terrasses de Vallerots" de Bertrand Machard de Gramont. Le Beaune présente de fines notes de poivres et d'épices, avec un fruit assez en retrait et un végétal assez marqué. Pas mon truc. Le Nuits est par contre plus avenant : cassis, rondeur, fruit claquant, dans un style certe un peu facile et une légère acidité volatile palpable qui donne une bonne buvabilité au vin.

St Jacques jus de clémentine crémé et Roussette de Savoie, Marestel 2008 du domaine Dupasquier et Riesling Muenchberg 2007, domaine Ostertag. L'avantage avec ce repas de fin d'année, c'est que l'on choisit un peu ce qu'on veut manger. Les échanges902630_10201713850301919_1809296705_o de mails vont bon train. J'aime bien la recette réduction de jus de clémentines avec le Marestel 2008. Mais il fallait que la sauce passePetite aussi sur le Riesling que Pierre avait apporté. Dans ce cas, la réduction a été délayée dans un peu de crème. Bah oui ici, c'est la Normandie les gars :) Le Marestel est très... clémentine, nougat et poivre blanc au nez. En bouche, c'est carressant, le vin se livre totalement. J'avoue avoir un mal fou à projeter ce vin dans le futur, tant il m'apparait à chaque fois bon. Aucune raison de garder les 2008 du coup :) L'Ostertag est plus sérieux du coup : compact, tout en tension sur un effet de sol affirmé. L'ensemble se délie sur des notes de fruits blancs et de tabac blond avec franchise et sérieux. Très bon, dans un tout autre style.

Avinage du gosier avec les rouges, sans rien avec. Vosne-Romanée 2006 "Aux Réas", Thibault Liger Belair. Assez compact, comprimé dans son expression aromatique voir même un peu ferme sur son assise tannique. Plaisir limité.
Vosne-Romanée 2006 "les Barreaux" domaine Anne Gros. Déjà plus aimable. Plus de chair, même si là aussi, le vin ne parait pas tout à fait à l'aise et ne semble pas se livrer totalement. Longueur un peu juste. Bien

Premier service de viande : onglet de Yves-Marie Le Bourdonnec, pommes paillasson, cèpes de Normandie avec un Saumur Champigny 2003 "les Poyeux" du Clos Rougeard et son p'tit frère de 2004. On change clairement de coin. Le 2003 présente des notes de céréales et de thé, avec quelques petits fruits rouges sans aucun excès de maturité. Joli vin à point, qui se déuste avec plaisir, même si les tannins sèchent très légèrement sur la finale. Le 2004, même si on sent aisément un lien de parenté évident, est moins avenant : le poivron fait son entrée et du coup son petit effet qui met sur la piste d'une paire ligérienne. Plus riche et même une sensation plus alcooleuse. Moins à l'aise sur la viande.

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Deuxième service de viande : onglet de Yves-Marie Le Bourdonnec, pommes paillasson, cèpes de Normandie et 3 vins. Domaine Armand Rousseau, Ruchottes Chambertin Grand Cru, Clos des Ruchottes 2007 : un poil de réuction au départ et tout rentrera dans l'ordre et rapidement. On identifie rapidement le cépage pinot noir, qui déroule sa panoplie la plus intéressante : évanescence,  avec une pointe d'orange confite. La bouche est soyeuse, tout en délicatesse, carressante, un peu sanguine, sans pour autant oublier ce qu'il faut de sérieux. La finale est assez longue et de bonne intensité. Incrachable en l'état, la bouteille n'a pas fait un pli. Cette bouteille était la roue de secours d'un Clos de Tart 2001, irrémédiablement bouchonné, qui aurait du faire la paire avec un autre Clos de Tart, 2002. Registre radicalement différent. Le Clos des Ruchottes, c'est un peu James Bond, propre sur lui, élégant, en un clin d'oeil il emballe sec. Le Clos de Tart 2002, c'est un peu Mike Tyson. Il tente rapidement le KO : puissant, solaire, large avec un élevage encore marqué. Il peut finir aux points car sa longueur est inouïe ! Un monstre au potentiel immense.

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Troisième service de viande : onglet de Yves-Marie Le Bourdonnec, pommes paillasson, cèpes de Normandie (bah oui, il en reste encore). Corps et âme de Château Gasqui, Côtes de Provence 2003, cuvée "Eric Verdier" et domaine de la Grange des Pères, Vin de Pays de l'Hérault 2008. Le Côtes de Provence possède un nez étroit, d'encre d'école et délicat. En bouche, les sensations sont quasi identiques : fine et fraîche, faite de cendres froides et d'un fruit noir sans excès de maturité, la finale est délicate, sans aucune aspérité tannique. Très bon et surtout, une parfaite découverte. Le nez de la Grange des Pères est crémeux, fait d'herbes aromatiques tel le thym et le romarin. La bouche est sur le pruneau, mais plus insistante, notamment à cause d'une sucrosité qui dégrade son habituelle facilité à boire. Moins ma "cam' ''

Premier plateau de fromages (pâtes molles) : Carré de l'Est, Carré Corse, Chaource (qui avait une bonne longueur d'avance sur les autres en s'échappant de l'assiette :) ), Fougerus... et Champagne Philipponnat Brut 2000, Clos des Goisses. Seul, le Champagne se comporte dignement : fougères, anis et fruits blancs au nez, bouche à l'allure noble et un peu grassouillette. Mais avec les fromages, il s'est malheureusement fait déborder.

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2 blancs servants d'interlude et de rince gosier (j'rigole Franck). Lucien Crochet, Sancerre 2007, "le Chêne Marchand" : nez fait d'anis avec des notes végétales. Bouche généreuse presque massive, tout en largeur, à l'acidité fort heureusement bienvennue. Moyennement mon truc. Domaine Vacheron, Sancerre 2007, "les Romains" : bouche plus complexe et avenante avec des notes fumées et anisées, mais soufrée. Bouche basée sur une remarquable tension presque citronnée, à l'amertume finale remarquablement bien intégrée dosée. Très bon.

Deuxième plateau de fromages (pâtes dures) : Comté 24 mois, Laguiole, Gouda aux truffes, Vacherin fribourgeois... et Arbois Vin Jaune 1995, André et Mireille Tissot. Raisin de Corinthe, pain d'épice et curry au nez, mais "faut r'connaïtre, c'est du brutal ! ". Bouche puissante, dotée d'une grosse acidité. Manque d'air évident sur ce vin, à revoir donc.

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Et le petit dernier, pour aller avec les nougat glacé : Bodegas Toro Albalá, PX Gran Reserva 1979. On entre comme toujours avec ce vin dans le superlatif ! La couleur en impose (acajou) et les larmes sont consistantes et épaisses. L'ensembe évolue tour à tour sur la cerise à l'eau de vie, la figue verte puis le pruneau. Aucune trace de café ou de torrefaction ce soir là, mais un travail d'équilibriste, comme toujours avec ce vin. Hors normes !

Un grand merci à nos hôtes, le grand Seb, Stéphanie et à tous pour avoir fait de cette soirée un beau et grand moment d'amitié.

 

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11 novembre 2013

Quelques "Rhône nord"

Quelques bouteilles rhodaniennes pour fêter l'entrée officielle dans l'automne : des blancs, mais surtout des rouges. Ca se passe à l'aveugle, les vins sont servis les uns après les autres. Let's go et merci à Saint Joseph d'avoir sponsorisé la soirée :)

Crozes-Hermitage blanc 2011 "les Pitchounettes", domaine Lucie Fourel : un peu de grillé au nez qui s'apparente à de la réduction. Joli jus en bouche, compacte et fruité, avec un trait végétal du plus bel effet. Simple dans son expression, mais assez efficace.

Hermitage blanc 2005 "Chante Alouette", Michel Chapoutier : nez complexe sur la graine de sésame, avec des notes de miel et de mazapan, flirtant avec une très légère oxydation (déjà ressentie sur cette même bouteille il y a deux ans). Bouche riche et généreuse, concentrée mais équilibré, longue et crémeuse, finale sur une pointe végétale. A garder encore et taillé pour la table ! Très bon.

Changement de couleur

Saint Joseph "Lautaret" 2005, Eric et Joël Durand : beaucoup de fruits rouges, sur une solide assise minérale et de senteur d'encre. Bouche sérieuse, équilibrée avec de la mâche et de la longueur. A point actuellement et parfait pour lancer cette série de rouges.

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Saint Joseph 2009 "le Temps des Cerises", Stéphane Othéguy : nez ouvert et très floral, encore une fois des senteurs d'encre d'école et visiblement, peu de soufre à la mise en bouteille. En revanche en bouche, peu ou pas de plaisir du tout, la faute à une grosse sécheresse d'ensemble. A revoir

Saint Joseph 2011 "Deschants", Michel Chapoutier : nez sur le kirsh, très alcooleu. Bouche acide et dure. Aucun plaisir !

Saint Joseph 2009, domaine des Remizières : le nez est tout juste expressif, avec une pointe de fumé et de minéral. La bouche impose une acidité importante. Correcte, mais manque d'un petit supplément pour en faire un bon vin.

Saint Joseph 2010, E Guigal : celui-ci est consensuel, il pourrait plaire à un grand nombre. Fruits rouges, patine, acidité en finale. Correcte, sans plus.

Effet de séquence ou non, mais les trois derniers vins offrent peu de personnalité et le plaisir s'en ressent !

Saint Joseph 2009, Alain Graillot : fruit très net et d'une belle profondeur, de cerise et de vieux bois. Bouche soyeuse et gourmande, à la parfaite acidité. Un vin qui se montre à la fois sérieux et très buvable. Très bon.

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Cornas 2005 "cuvée des Côteaux", Robert Michel : magnifique nez complexe, patina à l'ancienne, de cerises à l'eau de vie. En bouche, le vin s'exprime de façon "rocailleuse" si je puis dire, avec une forme d'énergie qui donne de la longueur à l'ensemble. Fin et délicat, semblable à un pinot bourguignon, il bénéficie d'une réserve de puissance non négligeable pour en faire un très bon voir un excellent vin.

Cornas 2006 "les Vieilles Vignes", Alain Voge : beau nez, à juste maturité. Très jolie bouche, au touché rond et soyeux, sur des saveurs de fruits rouges mais aussi de myrtille. Un vin à la limite "techno", frais et digeste et surtout, compagnon idéal au moment de passer à table.

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07 novembre 2013

Italiaaaaaa !

Déjà le 26 ème épisode vinique (officiel) avec les collègues de goulot de LPV Haute-Normandie ! Jamais nous n'avions abordé plus de 2 bouteilles italiennes consécutives. C'est désormais chose faite, avec cette dégustation d'un très bon niveau tant par la qualité que par le plaisir.

Nous nous retrouvons au restaurant le Jean Bouin. On y mange bien, les taverniers sont très sympathiques et s'y sent bien !

Les vins sont servis le plus souvent par paire et on ne change pas une nos petites habitudes, à l'aveugle. Avanti !

Medici Ermete, i Quercioli, Rosso Reggiano, Lambrusco dolce (100 % lambrusco) : Joli nez de fruits rouges, assez expressif avec un trait végétal qui se distingue. Bouche relativement sucrée, qui s'équilibre par une heureuse acidité. Pour amateur de genre. Pourrait aisément faire plaisir aux femmes,à commencer par la mienne ;)

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3 blancs pour cette journée

Petites "cochonneries" à manger et
Cappella Sant'Andrea 2011, Vernaccia di San Gimignano, Rialto, (100 % Vernaccia) : nez profond et fin aux parfums délicats de truffe blanche et de fines notes vanillées. La bouche possède un joli gras qui enrobe une fine amertume. Pour 11 € vous aurez même le droit à une vraie longueur ! Très intéressant et surtout, rapport Q/P très favorable (11 €, merci Didier)
Feudi di San Gregorio 2010, Greco di Tufo (100 % greco) : nez citronné, paraissant plus vif que son acolyte de service, sur des notes de fenouille et d'anis. Bouche acidulée, vous savez un peu comme les bonbons anglais. Un vin plus simple d'expression et de caractère. Moyen

Crème brûlée au saumon et
Elisabetta Foradori 2010, Nosiola Vigneti delle Dolomiti, Fontanasanta Nosiola (100 % Nosiola) : nez offrant des relents de lard, semblable à un pinot gris, sur une pointe de vernis et d'acétate. La bouche est construite sur une salinité impressionnante et une minéralité omniprésente. La bouche manque de longueur, c'est dommage. Plaisir mitigé

Les rouges
Michele Moschioni, Colli Orientali del Friuli 2007, Reâl (50 Tazzelenghe, 25 Merlot, 25 Cabernet Sauvignon) : on pourrait partir aisément au nez sur un beau Médoc. Il me fait également penser à du bouru de merlot en pleine fermentation ! Servi un peu chaud, le vin offre une puissante amertume ainsi qu'une bonne dose d'alcool. A revoir
Planeta 2008, Sicilia, Plumbago (100 % Nero d'Avola) : beaucoup de fruits, une juste maturité, des épices au nez que l'on retrouvera aussi en bouche. Cette dernière se montre savoureuse, parfaitement équilibrée, se terminant par très belle acidité. Très joli vin.
A noter que le Planeta devait être opposé à un vin de Sicile. Mais un forfait de dernière minute n'a pas permis de réaliser ce match... A ces italiens, de vraies pleureuses :)

Le duo suivant est servi sur un excellent carré de porcelet.
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Pierazzuoli 2010, Chianti Montalbano (100 % Sangiovese) : joli nez, élégant, fait de fruits noirs avec une pointe de fumé, rappelant la syrah. Bouche étroite, sur une bonne longueur épicée. Bien
Fattoria di Basciano 2010, Chianti Rufina (93 Sangiovese, 5 Canaiolo, 2 Colorino) : moins attiré par le nez et la bouche, tenue par l'acidité et par une sacré amertume. Pas mon truc.

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Azienda Casale 2010, Rosso di Montepulciano (85 Sangiovese, 10 Canaiolo Nero, 5 Mammolo) : pivoine, fruits rouges en confiture au nez. Touché de bouche rond et alcooleu, mais finale pleine d'acidité et vive. Moyen

Azienda Agricola Corte Lenguin 2010, Valpolicella, Ripasso (Corvina Veronese, Corvinone, Rondinella, Molinara) : magnifique nez, expressif, d'herbes aromatiques, d'orange sanguine. Bouche mure, mais svelte, au corps longiligne et à la finale minérale. Très bon vin.
Zenato 2010, Valpolicella Superiore (85 Corvina, 10 Rondinella, 5 Sangiovese) : encore plus marqué au nez par les herbes aromatiques (thym, feuilles de sauge) avec en supplément des notes de fraises. Bouche pleine d'énergie, à la matière épurée, parfaitement équilibrée et longue. Superbe et pour ma part, celui de la journée !

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G.D. Vajra 2011, Dolcetto d'Alba (100 % Dolcetto) : remarquable nez de fruits noirs à noyaux, d'une maturité importante. Bouche puissante et sphérique. Le trio fruit/amertume/acidité est parfaitement respecté et donne un vin dynamique malgré une pointe d'alcool en final. Beau vin encore !

C'est terminé pour la série italienne. Pour aller avec l'assiette de sélection de fromages, 2 blancs ont été apportés par Franck.
Un Nuits St Georges blanc 2008, 1 er cru Clos de la Maréchale, domaine JF Mugnier : vin compacte, tout en tension, offrant une belle palette de fruits blancs, assis sur un élevage quasi inexistant. Très jolie bouteille, à point sur les fromages ! Je ne vois pas l'intéret de l'attendre, vu le plaisir actuel. Ce qui n'était pas tout à fait le cas du Chassagne-Montrachet 2008 les Ancegnières de Pierre-Yves Colin Morey : archi blindé de soufre et impossible de deviner le potentiel. A revoir
Pour terminer sur une note sucrée, Fred nous sort un liquoreux dont il a le secret : la couleur est vieil or. Le nez évolue sur le caramel au beurre salé et la tarte Tatin. Une petite pointe de liège en bouche dès l'entame, laisse place à des saveurs d'orange amère et de Cointreau. Longueur correcte, pour un vin de 1949. C'est un Loupiac du Château le Portail Rouge (Vin de Tête)

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Merci à tous pour cette très belle journée !

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02 octobre 2013

La rareté n'a pas de prix !

Je ne vais pas vous parler du prix des vins, en relation avec la rareté. Non, pas de énième débat là-dessus. Vous en voulez de la nouveauté ? En v'là ! La thématique de notre dernière rencontre était "cépages rares ou oubliés". Si vous voulez préparer une dégustation complète qui réponde à ce thème sans avoir à cravacher partout en France ou à chercher sur le net, il n'y a une solution étonnante : allo, Vins Etonnants ? Quelques échanges avec Eric Bernardin, que l'on connaît bien ici en Normandie, puisque c'est avec lui et l'ami Pierre que nous avions créé il y a quelques années le comité régional Haute-Normandie du forum LPV. Il a pas mal bourlingué voyagé depuis, mais je crois qu'il s'éclate désormais avec l'autre Eric (Repert) chez Vins Etonnants.
Sa mission du jour : nous préparer une liste d'OVNI (Objets Vinicoles Non Identifiés) à base de cépages rares et/ou oubliés !

Let's go. A l'aveugle, 2 verres de bulles sont servis pour lancer la soirée. Le premier est sur un registre très fruits (poire), sur une fine acidité, une pointe de rondeur et une longueur moyenne. Le second est radicalement différent : arômes de café qui dominent, le nez est d'emblée plus riche. En bouche, il y a plus de volume et de longueur. Il s'agit de deux domaines très proches physiquement : Vouvray Pétillant 2005 de Huet et le Vouvray Réserve 2007 du Clos Naudin de Philippe Foreau. Le premier sur la finesse, le second avance d'avantage de puissance. Bref, deux styles radicalement différents.

Passsons à notre thématique. Les vins sont servis étiquettes découvertes.

Champagne Laherte frères, cuvée "les 7" (dégorgement janvier 2013, dosage 3,5 g). Les 7 pour sept cépages qui entrent dans la composition de cette bulle : 10 % fromenteau (pinot gris), 8 % arbanne, 14 % pinot noir, 18 % chardonnay, 17 % pinot blanc, 18 % pinot meunier et 15 % petit meslier. A l'ouverture, la bulle est un peu envahissante. Je pense qu'un petit passage en carafe ou une ouverture une bonne dizaine de minutes avant pourrait la canaliser. Très joli fruit au nez, étayées par quelques notes fumées. L'attaque de bouche est une bombe : l'acidité élevée s'installe rapidement, en véritable sabre laser. C'est tendu, mais pas citrique. Très belle longueur, relevée par une pointe de sel. Ca commence bien avec ce Champagne de très haut niveau ! Superbe. Bon, 48 €.

Rav par six, Vin de France (lot 10), Cave Mondon-Demeure (Loire). Un blanc à base du cépage hybride Rava 6. Le vin est dans l'ensemble léger, aérien sur des notes muscatées (sans l'exubérance) et salines. Original et déroutant.

VDP des Côtes de Brian 2011, "Emmenez-moi au bout du Terret", le Clos du Gravillas (cépage Terret gris, 2500 bouteilles). Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça cause pas beaucoup dans le poste. C'est encore plus fin que le Rav 6. A moins que la bouche ne propose des saveurs citronnées soutenue par une légère amertume.

VE1

Vin de Table, "A Ferdinand", Privat frères (vin du Gard, sans soufre à base de plein plein de raisins différents : clairette rose et blanche, grenache noir et blanc, cinsault, bourboulenc, piquepoul, aubuns...). Robe relativement claire. Vin sur les épices douces et les petits fruits rouges. Bouche légère, ne manquant pas de gourmandise, tannins très fins. Le parfait vin d'été qui ne vous fera pas mal à la tête. C'est bon.

Vin de France 2011, "les Mals Aimés", Pierre Cros (Aude. Aramon, alicante, piquepoul noir, carignan). Jolie couleur violine. Beau nez expressif, de fruits noirs et de poivre. Bouche juteuse, pleine de fruits, parfaitement structurée et équilibrée où la charge tannique viendra au moment du repas épouser avec bonheur la basse côte cuite au BBQ. Très beau vin, à la fois gourmand et sérieux.

Côtes de Brian 2012, Noir de Piquepoul : un noir de Piquepoul by Jeff Carrel himself. Le nez explose le jus de fruits rouges : c'est du jus de framboise même. Beau vin, gourmand, à l'aspect incisif et longiligne. Pour 6,5 €, on n'est pas volé et on a même le droit d'oublier son tirebouchon grâce à la capsule à vis !

Bordeaux 2010, château de Bouillerot, "Cep d'Antan" : un nom de cuvée évocateur, à l'assemblage qui ne comporte aucun des cabernets ni merlot, mais de carménère, petit verdot et malbec à parts égales. Le vin est encore jeune, annonçant en bouche une amertume prononcée et un trait végétal par vraiment bienvenue. Laissons lui quelques années qu'il se mette en place, car en l'état, même si ça reste bien fait, le plaisir n'est pas au rendez-vous. A suivre...

Vin de Table, Cave Mondon-Demeure (Loire), Baco (cépage Baco noir) : salin et citrique au nez. Bouche portée par une acidité très élevée qui surpasse un végétal modéré. Pas compliqué, mais amusant.

VE2

Gaillac doux 2012, domaine Plageoles (mauzac roux) : un bien joli vin encore, frais et digeste, jouant plutôt sur le moëlleux que sur le liquoreux, sur des notes de coing, d'abricot sec et de sucre candi. Finale un peu lâche, mais une remarquable aromatique. Bien

Vi Ranci, Laureano Serres (granche blanc et gris). Un catalan oxydatif élevé en solera (122 bouteilles pour ce fût). Une espèce de bombe vinicole évoquant le vieux Rhum, la rancio, l'Amontillado sur une oxydation ménagée. En bouche, ce sont fruits secs (noisette) et tilleul. Le vin s'étire longuement tout en complexité ! Magnifique vin, qui n'utilise pas de cépages rares ou oubliés, mais dans un style à part, très intéressant. Et à 23 € ça les vaut largement !

 

Une bien belle soirée, à part, qui nous a permis d'appréhender quelques cépages rares ou oubliés. Un bon niveau d'ensemble, du plaisir, des potes, un bon repas : what else ?

baby

 

 

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11 août 2013

Quelques Pauillac...

Petite série de Pauillac, dégustés à l'occasion d'une rencontre avec les Maigremont. Chaque vin est bu seul, à l'aveugle et pour rappel, provient de nos caves respectives.

Club des Sommeliers 2006 (élaboré par Pichon-Longueville). Nez discret, fruits noirs, un peu d'élevage. Le jus semble comprimé et serré. Fin de bouche construite sur l'amertume. Moyen.

La Rose Pauillac 2004. Nez très fruité, avec un boisé en filigrane. Bouche mince et légère, manquant grandement de concentration. Bof

Château Colombier-Monpelou 2006. Nez fin et élégant, alliant un joli fruit à la juste maturité, épaulé par une élevage qui commence à s'intégrer. Bouche équilibrée, soyeuse, où le fruit fait son retour sur une finale de bonne facture. Bonne surprise. Bien ++

CM

La Rose Pauillac 2000. Nez crémeux, qui livre aussi un élevage plus ambitieux, pas tout à fait intégré. En bouche, la matière est suffisamment étoffée pour supporter encore ce boisé confortable. Pas tout à fait prêt mais presque, notons ici le retour réussi de la cave Cop' pauillacaise avec un millésime qui s'y prête bien. Bien

Château Pontet-Canet 2002. Le nez gagne en profondeur par rapport à ce que nous avons pu déguster jusqu'à maintenant. C'est ici l'aromatique du cabernet qui s'impose, avec un élevage soigné. Belle densité en attaque de bouche, longueur moyenne qui se relâche sur la finale. Pas d'émotions particulières, avec un vin certainement dans une phase austère. Bien fait, mais à revoir. Bien +

Château Pichon-Longueville 1999. La réduction disparait au profit d'un beau fruit rouge, expressif. On plonge ici vers un autre âge, avec des notes de boite à cigares, de thuya et d'encens. Bouche souple et déliée, monsieur le Baron affiche une longueur correcte. Bien+

Château Duhart-Millon 1999. Moins juteux que le Pichon au nez, un peu plus végétal, mais plus jeune et bien soigné. La bouche est saillante, puissante avec des tannins bien enrobés. Joli vin, qu'on peut attendre en toute confiance. Bien+

Château Haut-Bages Libéral 1990. Très joli nez, d'une belle complexité sur le graphite, la fraise et l'encens. Bouche dense et caressante, dotée d'une juste acidité, moyennement évoluée. Encore un joli vin, à boire ou à garder sans problème. Bien++

Une soirée agréable, où finalement Pauillac n'est pas si insurmontable que ça (entendez qu'il n'est pas besoin d'attendre un demi siècle de garde pour ouvrir la bouteille). Il est vrai qu'avec la liste de ce soir, nous n'avons pas tapé dans le haut du panier !

Retour sur table de l'ensemble des bouteilles du soir, avec devinez quoi ? Un cuissot de chevreuil !

cuissot

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09 août 2013

Visite du domaine Aubert et Pamela de Villaine, Bouzeron (71)

A défaut de visiter le grand domaine de la Romanée Conti, nous nous contentons avec grand plaisir de passer par le domaine Aubert et Pamela de Villaine, situé à Bouzeron, village emblématique de la Côte-Chalonnaise. Première visite pour ce week-end annuel dans les vignes en Côte Chalonnaise avec les Maigremont

entrée

Pierre de Benoist, régisseur du domaine et accessoirement neveu d'un certain Aubert de Villaine, nous reçoit avec quelques importateurs américains, venus pour l'occasion d'un voyage en terre burgonde. Pierre de Benoist tient les rênes et possède la destinée du domaine. C'est lui qui insuffle une viticulture respectueuse de l'environnement, à laquelle s'ajoutent les préceptes de la biodynamie. On sait que son oncle est attaché au respect de la terre et il ne fait que continuer l'action entreprise en 1982 avec la mise en place d'une démarche biologique (certification en 1989) et une certification en biodynamie en 2004. "Le plus important, c'est le bio : on va piocher dans plein de cultures différentes".

Nous commençons la visite par les installations intérieures. Ici, la cave.

cave

Puis le jardin du curé, lieu originel des premiers essais en biodynamie. 

jardin du curé

L'appellation Bouzeron possède la particularité, outre de n'être représentée qu'en blanc, d'être vinifiée à partir d'un cépage dit secondaire, l'Aligoté. Secondaire n'est pas réducteur, bien au contraire, mais bien moins représenté que l'illustre cépage dominant, le chardonnay. Pierre de Benoist estime d'ailleurs que le chardonnay est dégénéré et arrive à la fin d'un cycle et développe le terroir immédiatement, au contraire de l'aligoté qui lui en débute un cycle. Ce n'est pas pour rien qu'il crée en 2004 un conservatoire de l'aligoté. Sur le domaine de Villaine, c'est l'aligoté doré qui domine la vigne.
Le domaine produit également des vins rouges, à base de pinot noir.

Au terme de diverses acquisitions, le domaine s'étend désormais sur 22 hectares dont 10 d'aligoté, produit entre 80 et 100000 bouteilles par an (60 à 70 % exportées), réparties en 7 cuvées différentes
4 blancs : le Bouzeron, le Bourgogne Côte Chalonnaise "les Clous", un Rully "les St Jacques" et depuis le millésime 2011 un autre Rully, le 1er cru "Grésigny". 3 rouges : un Bourgogne Côte Chalonnaise "la Digoine", un Mercurey "les Montots" et un Santenay 1er cru "Passetemps", lui aussi premier millésime en 2011.

PdBPierre de Benoist

Passons à la dégustation. Pierre de Benoist nous demande, l'espace de quelques instants, d'oublier nos sens : "quand on déguste un vin, il faut être stupide et idiot. Je vous demande de ne pas faire fonctionner votre cerveau. Le plus important, il faut utiliser votre corps. J'ai une chance par rapport à vous, c'est que je peux utiliser mes 5 sens physiques pour gouter ce vin. Je l'ai touché, je l'ai entendu fermenter. Vous, vous reliez vos dégustations à votre mémoire olfactive. Ca sent la pêche, la cerise et personne ne dit que ça sent le raisin ! En utilisant vos sens, finalement vous direz que le vin ce n'est plus du fruit. Le vin, c'est n'est plus du fruit, c'est fini. Le fruit fait parti de l'élément végétal et le fruit dans le vin est mort. Le vin c'est le fruits est mort, vive le vin ! Le vin, c'est la mémoire du fruit. On est sur une intuition, il faut le faire descendre vers le bas, l'estomac et l'estomac c'est le centre de vie d'un être humain, ce n'est pas le cerveau ! ". Je vous laisse méditer ces quelques phrases de Pierre de Benoist. Moi ça m'inspire une chose : j'ai soif !

Bouzeron 2011 (appellation reconnue en 1997). Vignes d'aligoté doré plantées sur les meilleures parcelles de l'appellation, sur un sol argilo marneux. L'aligoté se plait quand le calcaire se dégrade, notamment en partie haute. Il s'agit de la même faille géologique qui part de Marsannay, qui traverse les 3 côtes (de Nuits, de Beaune et Chalonnaise) et s'arrête à Buxy (cassure).
Le réglage du pressoir pour l'aligoté au moment des vendanges est différent de celui du chardonnay, la baie ayant une peau plus épaisse. Il dure jusqu'à 3 heures, soit presque plus du double que le chardonnay. La fermentation alcoolique dure de 1 à 2 semaines et ne dépasse jamais 21 à 22 °C, sinon, c'est la mort assurée des levures.
Le millésime a été compliqué en Côte Chalonnaise : "les aléas climatiques font parti de l'expression du terroir". Il a fait froid, mais c'est un millésime de maturation lente et progressive. Le vin est crémeux, avec une pointe d'oseille au nez. La bouche est structurée tout et longueur, en douceur, avec une acidité qui donne du caractère au vin, sans pour autant le rendre tranchant. Gouté de nouveau à tête reposée à la maison, je trouve que ce vin atteint sa plénitude après 2 jours d'ouverture.

Bouzeron 2009. 2011, maturation par maturation. 2009, maturation par concentration (évaporation d'eau dans le fruit). Le nez est flatteur avec une pointe de caramel. Solaire et ronde dès l'attaque, la bouche n'est pas très typique de l'aligoté et la notion de terroir est gommée par l'effet millésime.

Bouzeron 2007. Le nez est éclatant sur des nuances d’embrun. La bouche est compacte, iodée et complexe. Superbe vin, aujourd'hui en pleine possession de ses moyens !

Bourgogne Côte Chalonnaise "les Clous" 2006. Chardonnay sur sol argilo calcaire. 2006 a été presque semblable à 2009, avec un peu moins d'intensité lumineuse. L'élevage est encore présent au nez et pas facile finalement de passer après la séquence aligoté. La bouche se montre riche, avec du panache mais fatigue vite le dégustateur.

Changement de couleur. Le pinot noir, qui peut intégrer de 30 % minimum jusqu'à 100 % de rafle dans les grandes années, est pressuré en 35 à 45 minutes et montera à 32°C lors de la fermentation.

Mercurey "les Montots" 2000. Vignes de pinot noir sur sol argilo calcaire et ferreux, exposées sud en provenance de Nuits Saint Georges. Quel nez, quelle jeunesse !! Ca pinote sérieusement (rose, pivoine et un fruit éclatant). La bouche n'est que velours et le toucher incroyable : il occupe l'ensemble du palais sans tambour ni trompette. Encore juteuse, fraîche et équilibrée, on sent après quelques années l'intérêt des 30 % de rafle incorporée lors de la vinification. Mon coup de cœur du jour !

Mercurey

Mercurey "les Montots" 1993. Il s'agit ici du troisième millésime produit après avoir récupéré la vigne. Le vin est plus masculin, plus rustique aussi. L'amertume se montre encore pas mal présente. Encore debout !

De jolis vins bien dessinés, harmonieux, sans fioritures et malgré nos sens mis en berne pour l'occasion, un fruit bien en avant.
Un grand merci à notre hôte pour le temps qu'il a pris à nous expliquer sa démarche et approche bio/biodynamique.

 

Domaine de Villaine
2, rue de la Fontaine
71150 Bouzeron
Tél : +33 3 85 91 20 50
contact@de-villaine.com
www.de-villaine.com



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09 avril 2013

Eclectique de printemps pour LPV Haute-Normandie

Tiens donc, une éclectique ! 24 ème rencontre des viking et thème de transition, choisi pour patienter notre prochaine thématique autour des Bordeaux et ses petites appellations. Celle-ci était prévue mais repoussée à cause de quelques désistements.

C'est parti, autour de la table préparée par Me Ludovic du restaurant le Jean Bouin à Evreux. N'oublions pas madame, qui maîtrise parfaitement son sujet côté cuisine.

En attendant les retardataires et parce que c'est toujours sympa de fêter les anniversaires des participants, Benoit est le premier à jouer du tirebouchon avec un Limoux "Toques et Clochers" 2008 du Sieur D'Arques : c'est toujours intéressant de voir comment se comporte un chardonnay hors des contrées bourguignonnes. Du volume, de la fraîcheur, des arômes acidulés mais une pointe chaleureuse en final, qui ne peut renier son origine méridionale. Notre tavernier qui lui n'a rien à fêter, mais veut nous faire plaisir en jouant lui aussi pendant cette éclectique, passe à l'ouvrage : des arômes floraux, un équilibre parfaitement sec et assez long. J'ai senti un moment quelques notes d'abricots qui m'ont conduit à penser qu'il pouvait s'agir d'un vin à base de viognier. Très honnêtement, je n'ai aucune idée de ce que ça peut-être et pourtant, j'ai gouté ce vin il y a à peine 15 jours lors du salon d'Evreux. Le vin sait montrer un côté "canaille" qui me plaît d'autant plus qu'il est simple, mais sérieux. C'est un Alsace du Domaine Rietsch, "Entre Chien et Loup" (assemblage d'Auxerrois et de Pinot Blanc)

A partir de là, nous commençons la dégustation. Les vins sont servis généralement par paire, à l'aveugle (sauf pour moi) et accompagnés du repas.

Riesling "Rittersberg" 2008, Bernhard & Rebel et Savennières "l'Enclos" 2006, Eric Morgat
Le Riesling joue le registre du sol : minéral, une pointe de terpène, mais aussi de champignon frais. Bouche relativement tendue et avenante, tempérée par un joli volume et une finale de bon niveau. 2008 me fait du charme, c'est le type de vin qui me parle, qui me plait beaucoup. J'aime également l’authenticité du Savennières de Morgat. Des notes de vernis, de colle à l'amande, mais de fruits blancs avant tout. Belle bouche, tout en délicatesse, longue et finement incisive. Je mets ces 2 vins au même niveau, tant au niveau de la qualité que du plaisir.

Pernand Vergelesses 1er cru "le Clos du Village" 2006, Domaine Rapet Père & fils. Servi seul pour l'occasion. Au nez, l'aromatique est tendre, presque pomme au four, on flirte avec d'étonnantes effluves d'une boisson locale normande, lisez de cidre ! En revanche en bouche, ça semble conforme : très belle entrée en matière, qui impose un rythme dynamique. Tension, volume, élevage parfaitement intégré, longueur, tout y est. J'adore, merci Marc !

Sur un magnifique mille feuilles d'écrevisses, un Meursault "les Grands-Charrons" 2006 de Vincent Dancer et un Chablis 1er cru

1

"Montée de Tonnerre" 2006 du Domaine Raveneau. Un poil de soufre présent sur le Dancer, mais le nez est une vraie baffe sur les fruits blancs, un modèle. En le humant, on espère une chose : que la bouche soit du même niveau. C'est le cas : c'est fin et riche à la fois, tendu, l'acidité est enrobée par une matière compacte et longiligne. Magnifique vin, merci Jeff ! Le Raveneau est d'un tout autre registre : c'est moi où nous sommes à proximité des sanitaires ? Une réduction manifeste qui ne s'est malheureusement pas dissipée, alors que son propriétaire nous indique qu'à l'ouverture ça se présentait bien. La matière en bouche est pourtant belle (citronnée), la finale saline généreuse, mais je reste déçu de ne pas avoir abordé ce vin dans les meilleurs conditions. Merci Fred pour cette belle étiquette.

Changement de couleur : les rouges

Saumur-Champigny "Crescendo" 2009 de Dominique Joseph et Lalande de Pomerol 2009 du Château Haut-Sarget. Le Saumur flirte avec des senteurs natures, pas plus dérangeante que ça. Le nez est bien mur, sans aucunes sensations de végétal, bien au contraire, on a affaire à une corbeille de fruits rouges. On ajoute à cela un chouille de volatile et le tout s'engage bien. Bouche croquante, mordante, quiqu'un peu jeune, qui mériterait 2 ou 3 ans d'attente. Un joli vin, qui n'a rien à voir avec le Lalande qui suit : heuuuuuu, y a du vin normalement dans la bouteille ?

Autre duo. Un Cabardès "Vent d'Est" 2010 du Domaine de Cabrol et un Rioja "Crianza" 2009 de la bodega Luis Cañas. Le Cabardès est un vin pour parfumeur : quel nez !! Explosif, il s'articule autour de la pivoine, la rose et les fruits rouges acidulés, complété par une touche poivrée. L'attaque en bouche est encore un peu saillante mais ne manque pas de caractère, bien mûr celui-là. Joli vin, plaisant à boire. Passons au Rioja, qualifié de "Meilleur vin du Monde" dans sa catégorie de prix. Donné par mon beau-frère espagnol, la veille de la dégustation, il était temps de voir ce qu'un public d'amateurs, mais non averti de cette bouteille pouvait en penser. Pour ma part, je trouve le vin agréable, sans grand caractère. Il manque de profondeur et soufre après le Cabardès, qui lui est bien supérieur tant au niveau du prix que du plaisir (13.5 € contre 8.5 € pour l'Ibère). Alors non, on ne pourra dire que c'est pas le meilleur vin du monde dans sa catégorie, parce qu'il existe autant de vins dans cette fourchette de prix qui font plaisir que de palais différents, mais à ce prix, je ne pense pas qu'on soit volé. Accordons lui comme circonstances atténuantes : il venait de faire 1500 km en avion la veille :)

Parmentier de confit de canard et Alpine Valley "Ergo Sum" 2008, Domaine Beechworth (Australie) et Châteauneuf du Pape 2004, Domaine Pierre Usseglio. On entre dans l'dur avec cette paire... et pourtant. L'australien possède un nez charmeur, crémeux, sans tomber dans l'excès, avec un profil presque bourguignon. La bouche offre un beau volume et du répondant et monte en puissance après une attaque subtile. Beau vin qui en possède encore sous la pédale évidement. Un hic : le prix (70 €). Le Châteauneuf est d'un tempérament plus calme. D'évidence plus âgé, j'aime ces notes de vieux bois et de cerise à l'eau de vie qu'il propose. On s'imagine dans le chai avec de vieilles foudres (c'est une supposition, mais ce sont les images qui me venaient à l'esprit en dégustant ce vin. Heiin, c'est le cas ? :) ). La bouche va bien avec le parmentier de canard, même si j'aurai préféré d'avantage de puissance sur le coup, le vin manquant d'un peu de coffre. On va pas faire le difficile, j'ai bien aimé ce vin, mais il me semble avoir entendu quelques détracteurs se prononcer sur son cas.

Un Côtes du Roussillon Villages "Hypogée" 2002 du domaine de la Serre Vin est servi seul pour assurer la transition. Entre deux âges, un peu fatigué, une amertume prononcée, pas conquis par ce vin, d'autant qu'il doit couter environ une trentaine d'euros. 

Assiette de fromages savoyards. Les blancs de début de dégustation font leur retour.

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Puis avec le cheese cake, un Gaillac blanc doux "Renaissance" 2007 du domaine Rotier. Cuvée bien connue des haut-normands, car elle fait régulièrement son apparition. Pierre et Sébastien doivent en ouvrir une bonne douzaine par an :). Le nez est toujours aussi enjôleur avec des arômes concentrés d'abricot, de coing et une pointe de safran. Bouche riche et concentrée agrémentée d'une remarquable acidité. Très beau vin, dessert à lui tout seul !

Et le p'tit dernier, pour achever cette belle journée : Sauternes 2009, Dartess/LD Vin. Un nom de code un peu bizarre pour ce vin : pas de producteur, mais un négociant qui achète des parties de lots à des propriétés un peu huppées. Il y aurait une bonne partie d'Yquem... Pas trop de souvenirs et les notes sur mon cahier sont vides (c'est mauvais signe ? ). Le breuvage m'est apparu concentré, mais cadenassé et verrouillé. A revoir.

Merci à tous pour cette belle journée et à très bientôt pour de nouvelles aventures. Amis bretons, préparez-vous, c'est tout ce que je peux vous dire !

02 février 2013

VinSeine, salon des vins bio (Rouen 23 & 24 mars 2013)

Il n'y a pas de raison que ce salon s'arrête en si bon chemin : encore une fois, une sélection de vignerons qui font juste et qui font bon.

Cette 3ème édition du salon normand des vins Bio se déroulera à Rouen (aéroport de Boos) les 23 et 24 mars 2013 (10 h/20h00 et 10 h/18h30).
Organisé par le Rotary Club Rouen Bruyères, VinSeine 2013 donnera la possibilité à 35 vignerons en agriculture biologique de présenter plus de 200 cuvées différentes. Le prix de l'entrée est 3 € (avec le prêt d'un verre) et les bénéfices seront attribués à la recherche médicale de la faculté de Médecine de Rouen.affiche 2013
Alsace/Jura
: domaine Bernhard et Reibel, Jean Ginglinger, domaine des Marnes Blanches. Loire : domaine du Gué d'Orger, Florent Cosme, château Plaisance, domaine des Jumeaux, Terre de Roa, domaine des Rebourgères, domaine de la Noblaie, Clos des Quarterons, Cyrille Sevin. Bourgogne/Beaujolais : d'Ys, domaine Chasselay, domaine de Thalie, château des Bachelards, domaine Ballorin et filles, Henri Gros, Roland Pignard. Bordeaux/Sud-Ouest : château Brandeau, domaine Rousset-Peyraguey, château Raymond Tapon, château Couffins, château de Mayragues, domaine Coquelicot, château d'Aix, château Fages. Champagne : Lucie Cheurlin. Rhône/Corse : domaine Clusel Roch, le domaine de Lucie, château Simian, Stéphanie Olmeta. Languedoc-Roussillon : domaine Mamaruta, Villa Symposia, domaine Thuronis, domaine Leyris Mazière.

 

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