Les bouteilles de Maigremont

26 février 2015

LPV Haute-Normandie se met sur son #31 pour ouvrir du Champagne

31 ème exercice du genre avec la troupe de LPV Haute-Normandie. Quelques comptes rendus ont été publiés sur notre forum préféré, que le niveau de plaisir est pressenti comme moyen voir faible... Pour faire rapide de mon côté : je ne serai pas aussi catégorique, même si je n'ai pas passé une journée inoubliable.

Sauf cas contraire, les vins sont servis par paire et à l'aveugle (à l'exception de bibi qui connait la sélection du jour). Dans la mesure du possible, je précise les assemblages (Ch c'est chardonnay, PN pour pinot noir, PM pour pinot meunier) et dosages exprimés en grammes par litre

Coteaux de Coiffy blanc 2012 "Atout Cœur", Florence Pelletier, Auxerrois. Parce qu'il n'y a pas que des bulles dans la région champenoise, il avait décidé entre nous d'y ajouter quelques vins dits "tranquilles". Les Coteaux de Coiffy est un tout petit vignoble de 26 hectares, situé dans le sud-est de la Haute-Marne. Ici, c'est la version "blanc" qui passe au banc. Quelques notes de caramel, un fruit blanc bien en avant. De l'acidité et une petite amertume finale, bien enrobée comme il faut. Une expression simple du fruit, mais intéressante. A 6 € "j'acchèèète ! "

Michel Dourland Brut (60 PM/40 Ch. 8 g/l): axé sur des notes de pommes. On sent le dosage qui donne de la rondeur et une certaine consensualité. Joli fruit cependant. 
De Saint Gall, Brut 1er Cru 2004 (100 Ch. 10 g/l) : nez toasté, de pétard. Bien qu'assez simple, la bouche est dotée d'une belle constitution, exprimant dans un côté assez classique tension et finale harmonieuse. 

Ris de veau et
Champagne Delamotte Brut (55 Ch/35 PN/10 PM. 9 g/l) : la bulle est un peu comme certaines belles-mères, envahissante. Très fruité, à la limite du dosage que je peux accepter. En bouche, on retrouve un côté presque fumé, mais se retrouve étriqué par un déficit de volume et de matière. Pas trop ma camelote ce Delamotte. 
Francis Boulard et fille, les Murgiers, Extra Brut (70 PM/30 PN. 3 à 5 g/l). Le nez est assez curieux sur la croute de fromage (St Nectaire fermier) et le rhubarbe. Malgré une certaine rusticité, la bouche offre du caractère et de l'étoffe. Le mariage avec les ris de veau fonctionne bien. Je reste cependant un peu sur ma faim, car j'ai déjà bien mieux gouté les Murgiers. 

Billecart-Salmon, Brut Réserve (PN/CH/PM. 8 g/l). Le plus beau nez pour l'instant : subtil et élégant. Attaque de bouche onctueuse, rafinée, élégante encore. Un Champagne qui pourrait plaire à la majorité sans aucun doute, même si je lui trouve un petit manque d'éclat. 
Jacquesson 736, Extra Brut (53 CH/29 PN/18 PM. 1,5 g/l). Nez citrique et salin, on sent déjà que la bouche sera du même acabit. Tranchante, elle joue sur un dosage minimaliste pour ceux qui n'aiment pas que ça dépasse. Le raisin n'est pas oublié, bien au contraire et s'exprime avec pureté et franchise. Complètement ma cam' et tant que Puff Daddy ne s'intéresse pas à la marque, ça m'va !

Pierre Moncuit, Blanc de Blancs Grand Cru 2004 (100 Ch. 7 g/l). Gros gros fruit, tout en avant. Le côté crayeux fait surface par la suite, entraînant une certaine rondeur. Visiblement délaissé par mes petits camarades, sachez que je ne partage par leur avis. J'ai bien aimé.

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Sur les noix de veau. Sur le papier, la paire s'annonce plutôt pas mal. 
Philipponnat, Grand Blanc Brut 2006 (100 Ch. 4.25 g/l) : nez presque réduit, aux accents de Chablis sur des notes iodées et de coquilles d'huitres. Belle matière élancée, juvénile, supportée par une sacrée réserve de puissance. Fonctionne bien sur le plat. Mon Champ' préféré du jour ! Très beau
Jacquesson, Dégorgement Tardif 733 (52 Ch/24 PN/24 PM. 2.5 g/l) : étonnantes senteurs de céleri au nez, ce dernier n'est pas au mieux et semble en retrait. L'ossature est basée sur la tension et comme pour le nez, l'ensemble parait fermé. Plaisir mitigé. Etonnant ce DT 733, que j'ai eu l'occasion de pouvoir déguster à 3 reprises en 6 jours (2 bouteilles et un magnum). Et bien pas une seule bouteille ne s'est comportée de la même manière. La meilleure étant sans conteste le magnum, qui pour la petite histoire, n'avait subit aucun passage en carafe au préalable. 

Nous passons sur quelques rouges, à commencer par cette bouteille servie seule
Coteaux de Coiffy rouge 2011 "Atout Cœur", Florence Pelletier, Pinot Noir (100 PN) : nez de cendres froides, de cerise griotte +. Bouche simple et facile, non dénuée de gourmandise. Pour 6 €, rien à dire !

Delavenne Père & fils, Bouzy rouge, Coteaux Champenois Grand Cru 1999 (100 PN) : robe évoluée, orangée. Nez très fin, quelques notes de roses fannées, de loukoum. Le vin n'a quasiment plus de tannins. Largement sur le déclin. 
Jean Vesselle, Bouzy rouge, Coteaux Champenois Grand Cru 1995 (100 PN) : robe évoluée également. Nez oxydé, fatigué. Bouche sur des saveurs de terre. A encore quelques petites choses à dire, mais à boire rapidement.

Et pour terminer 
Champagne Gosset-Brabant, Noir d'Aÿ, Brut Grand Cru (100 PN. 4 g/l) : j'ai noté une belle vinosité et une remarquable allonge pour ce Champagne bien équilibré, au compromis idéal en ce qui concerne le dosage et la matière. 
Drappier, Pinot Noir Brut Nature Sans ajout de soufre, Zéro dosage (100 PN et rien d'autre) : fruit éclatant, presque tannique en bouche, mais une immédiateté et une gourmandise à toute épreuve. Je ne connaissais pas cette cuvée, mais j'ai beaucoup aimé.

Voilà pour cette journée moyenne, mais qui n'a pas de quoi être rangée au rayon des pires dégustations. Le cheptel était assez représentatif de ce qui se fait dans la région : Blanc de Blancs, assemblages, Blanc de Noirs, dosés, pas dosés. Il y en avait pour tous les goûts. De là à dire que tout était dosé à mort, il y a un pas que je ne franchirai pas. Nous sommes à 4,5 grammes de dosage en moyenne sur l'ensemble des 11 Champagne, donc pas de quoi mettre un diabétique au tas !

 

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19 février 2015

10 ans, pu... !

Déjà 10 ans que notre club de dégustation existe. 10 ans qui sont passés à la vitesse de l'éclair quand on y pense. Que de chemin parcouru depuis les premières rencontres hésitantes, mais sincères, grâce à la volonté de chacun de découvrir ce monde du vin que nous connaissions peu voir pas du tout. Nous avons la prétention de le connaître désormais un tout petit peu plus, de façon plus détendue surtout, mais notre passion et le plaisir de nous retrouver chaque dernier vendredi du mois est intacte. Nos rencontres mensuelles se veulent ludiques, sans prises de tête : aucune course à l'étiquette. 126 dégustations plus tard (et près de 3000 bouteilles ouvertes), il fallait marquer le coup et c'est l'excellent restaurant l'Hostellerie d'Acquigny qui a accueilli la troupe, avec nos moitiés respectives... L'idée était d'apporter nos vins (tous en magnum) pour accompagner la remarquable cuisine préparée par Eric Georget et son équipe. 

Morceaux choisis de ce repas...

DSC_6073Une sacré tablée !

DSC_6076Champagne Jacquesson 733 Dégorgement Tardif pour créer le passage

DSC_6077Bricoles apéritives

DSC_6082Snacké de lotte juste fumé, combava, patate douce, mangue et coco et Arbois 
la Mailloche 2009 de Bénédicte et Stéphane Tissot. Accord dantesque !

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DSC_6087Noisettes de biche rôties aux baies de cassis, légumes oubliés et Valinière 2007 de Léon Barral, Cornas la Geynale 1998 de Robert Michel. Très beau Faugères 2007 au fruit éclatant, mais un peu trop puissant pour la biche. Superbe Cornas, parfait pour la bête.

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DSC_6108Quadrilogie de fromages de chèvre, Sancerre 2006 les Monts Damnés de Gérard Boulay,
seule déception de cette soirée, empêtré dans des amers trop appuyés

DSC_6115Eclair caramel et noix (une petite tuerie) et Sauternes 1988 château Filhot (2 bouteilles)

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Groupe2

On va la faire remise des prix, mais merci à tous ceux qui ont pu approcher de près ou de loin ce modeste club, pour tous ces bons moments, aux vignerons sans qui tout cela ne serait pas possible (quelques dizaines rencontrés), toutes ces côtes de boeuf sacrifiées et nos compagnes compatissantes. Vivement dans 10 ans ! 

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04 janvier 2015

Vins oxydatifs : du jaune et de la couleur à tous les étages

Permettez moi tout d'abord de vous souhaiter une excellente année 2015, avec le tire-bouchons en action le plus souvent possible, de belle rencontres, en abusant des bonnes choses.

GP2015

C'est l'histoire d'une soirée autour de vins oxydatifs, qui n'était pas exclusivement dédiée aux vins du Jura. Bah oui, parce qu'il n'y a pas que les vins du Jura qui peuvent prétendre à un élevage oxydatif. L'Espagne, le Roussillon font partie de ces grandes terres de tradition où l'élevage version oxydatif sont légion.

La suite, en image et en texte...

Domaine la Casenove, Côtes Catalanes, "les Clares" 2007. On en parle un peu plus ICI, mais il faut savoir que ce vin issu pour moitié de grenache blanc et de roussane est élevé pendant 24 mois en fûts de chêne lituaniens avec peu d'ouillage. le nez assez fin est superbe. C'est un mélange de fruits jaunes, de notes de résine, de cire d'abeille et une pointe de vernis. La bouche est un modèle de constitution : d'abord une attaque légère sur la rondeur, le vin se renforce ensuite en prenant du volume par un gras caressant. La longueur est intéressante et signe un vin de caractère et presque atypique pour l'appellation. 

Robert et Bernard Plageolles, Gaillac blanc sec, Vin de Voile 1999. Un 100 % mauzac d'une complexité incroyable présentant une légère évolution : noix, fruits secs, de Calvados, proposant une bonne profondeur. La bouche offre du caractère, l'allonge se fait dans la finesse sur des saveurs très digestes de noix. C'est très équilibré, sans exubérance. Après 48 heures d'ouverture, cette bouteille est devenue absolument fantastique, s'accordant à merveille avec des fromages à pâtes dures.

Tio Pepe, Jerez, Palomino Fino (Espagne). Je détenais cette bouteille à la cave depuis un bon moment. Aucune indication de millésime et c'est tout à fait normal avec ce type de "tout venant", facilement trouvable dans les rayons de la GD espagnole. Très simple d'expression aromatique, mais tout de même, quelques notes citronnées et de peau de noix. Bouche presque légère, simple pour tout dire. Moyen, mais on sait que cette cuvée n'est pas faite pour être gardée très longtemps. 

Jean Macle, Côtes du Jura 2009. Beaucoup de fruit au nez, jaunes particulièrement (mirabelle + ), très propre, cristallin et net, proposant une oxydation modérée. Bouche à l'attaque presque onctueuse, lactée, très fruitée encore. Equilibre d'école, aspect classe. Finale épicée et claquante, gourmande de par sa rondeur. Très bon.

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Jean Macle, Château Chalon 1998. Nez d'une grande finesse, sur des notes de bord de mer (iode, embruns) et de kumquat. La bouche est un modèle de grand vin, avec une acidité enrobée. Complèxe, figue, du gras, grande longueur. Sans faire de bruit, je suis toujours épaté par ce vin qui ne fait pas de bruit à cause de sa grande finesse et qui pourtant balaye tout sur son passage ! A moins d'un accident de bouteille, l'émotion est toujours au rendez-vous. 

Domaine des Marnes Blanches, Côtes du Jura, Vin Jaune 2005. Bon, la bouteille ne trompe pas, on sait qu'on a affaire à un "Clavecin" :) (lu il y a quelques années dans le Monde). Vous aurez rectifié de vous même, clavelin, hein... Le nez est déjà plus puissant, mais pas désagréable : raisin de corinthe, marc de vin, une pointe d'alcool à brûler. En bouche, le vin est doté d'une belle réserve de puissance, mais une parfaite acidité vient cadrer le tout et faire saliver celui qui tient le verre. Bien beau vin, à attendre en toute confiance. 

Domaine Danjou-Bannesy, "Vi-Ranci", Vin de Table Méthode Rancio sec 1984. Robe presque acajou. Nez typique d'un rancio, avec des notes pharmaceutiques et d'herbes médicinales. La bouche est très sèche, carrée presque, sur des saveurs d'huile de noix et d'olive. Pour amateur du genre, mais pour tout dire c'est assez étrange, n'ayant peut-être pas le recul suffisant pour appréhender lce style de rancios élevés longuement.

Williams & Humbert, Amontillado 12 years old (Espagne). Le nez séduisant est d'une belle complexité (vernis, figue, cuir, cerise, noix de cajou...), mais tout cela a un prix, on sent un peu l'alcool. Bouche puissante mais onctueuse, généreuse, rappelant facilement des saveurs d'un Whisky. Perturbant pour certain par son côté un peu "brut" et chaud, j'ai beaucoup aimé pour ma part. A boire au coin du feu.

Marc Parcé, Rivesaltes 1976, Elevé 37 ans. Le nez est un mélange subtil de sucre de canne, d'arômes viandés et de caramel. La bouche est assez incroyable dans l'aromatique. Tout y est sauf peut-être la panoplie de fruits à noyaux : bouillon de légumes, champignons frais, céleri, même ce riz torréfié présent dans certains thés. Bonne longueur, bel équilibre sucre/richesse/acidité. Bien.

Domaine Cazes, Rivesaltes Vintage 1990. Simple d'expression et toute sa panoplie classique de fruits noirs (cerises bigarreau, mûres, pruneaux). Simple, oui mais ce qui étonne, c'est cette jeunesse en bouche et cette impression d'un vin qui ne fait pas du tout ses 25 ans. 

Une soirée plutôt agréable quant à sa diversité. Les vins ont été repris sur le repas, comme d'hab' : muffin jurassien (Comté, Monbtbéliard, noix, page 25), train de côtes de veau sauce Vin Jaune, fromages sélectionnés pour aller avec tout ça et puis au lit. 

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La dégustation suivante était consacrée à l'habituel repas de Noël, où les calepins de notes étaient rangés pour l'occasion, afin de mieux profiter du repas, du groupe et des conjoint(e)s. Et pour tout vous dire, la prochaine sera l'occasion d'un événement particulier, une occasion spéciale : en effet, notre petit groupe de dégustation (cercle de Maigremont) fêtera à la fin du mois de janvier ses 10 ans ! Put..., déjà ! 

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03 décembre 2014

Franck lance du missile

Quelques 5 années après nous avoir invités à pendre leur crémaillère dans leur tout nouvel appartement, Franck et Marie remettent le couvert pour l'anniversaire de monsieur. Bon entre deux, il y a eu quelques petites sessions "off" de notre cercle haut-normand, très souvent d'un bon niveau, mais il faut reconnaître que cette crémaillère, reste pour beaucoup comme l'un des meilleurs moment passé en ce qui concerne la qualité dans le verre. J'ai le souvenir encore ému d'un Ausone 1990, qui avait marqué l'assemblée du jour. 

Les vins sont dégustés à l'aveugle, accompagnés du repas et proviennent pour majorité de la cave de Franck. 

Zou, c'est parti pour un repas dégustation, qui fera à coup sûr, référence pour quelques années ! Lecteur : si tu es contre les grosses étiquettes, les belles maisons, ces vins ne te feront pas rêver et du coup, je te conseille de passer à autre chose, sans perdre ton temps à lire ce compte rendu :) 

Franck a annoncé qu'il était énervé et allait sortir du très lourd. Je crois que personne n'était finalement prêt à ce qui allait suivre !

Petites cochonneries apéritives, jamón ibérico de bellota et...
Le nez est magnifiquement grillé, noisette, très parfumé, et place rapidement le débat en Bourgogne. Attaque de bouche très douce, crémeuse, sur le poivre blanc. Superbement fruitée, elle déroule une finale ronde et longue, sans aucune sensation de maturité excessive. Excellent et très belle expression du chardonnay, idéal pour lancer cette mémorable journée avec ce Rully 1er cru "le Meix Cadot" 2012 du domaine Vincent Dureil-Janthial

bellota

Notre deuxième vin présente un nez plus effacé, mais plus élevé. Bouche présentant un aspect lactique et des amers présents. L'ensemble est assez long, mais manque à mon goût de "gnaque". C'est un Nuits St Georges blanc 1er cru "la Perrière" 2007 du domaine Henri Gouges, où l'on apprend par Franck qu'il s'agit d'un pinot blanc, dégénérescence du pinot noir. 

Entrée en fanfare du jambon persillé de la maison Collot à Vernon

Si le deuxième vin nous a laissé un peu sur notre faim, le troisième va mettre tout le monde d'accord, et rapidement. Pain grillé, graines de sésame, une touche de mercaptan même. La bouche est un modèle de tension. Attaque incisive, citronnée, heureusement dotée d'une touche de gras. La finale est nette, cristalline. Vous m'en mettrez une palette de ce Meursault "Meix Chavaux" 2010 du domaine Roulot. Ce n'est qu'un village, mais quel village ! Magnifique  

Arrive ce blanc à la couleur plus soutenue, avec quelques petites choses qui sont en suspension. Le nez est très complexe, sur d'évidents fruits jaunes bien murs, mais aussi de champignons fraîchement coupés et une petite pointe d'oxydation qui ne gache en rien le plaisir. Bon volume dès l'attaque, on a la sensation d'un vin au pédigree assez haut perché. La finale s'ouvre et s'étoffe, mais manque à mon goût d'un peu d'intensité. Ce Meursault "les Narvaux" 2001 du domaine d'Auvenay reste néanmoins une fort jolie bouteille.

Sur un mille-feuilles de crabe, velouté de potimaron...
Nous revenons sur un vin un peu plus jeune dans son expression. Fruits jaunes encore au nez, moins complexe, mais on sent déjà une acidité relative. Si le nez reste assez simple sur le plan aromatique, la bouche montre elle un tout autre calibre : la puissance parle, l'acidité est enrobée par un beau gras, ponctuée de touches de poivre blanc et de nougat. L'équilibre est franc, la finale tonique et puissante telle la mêlée du match France/Argentine de la veille, mais celle-ci ne s'écroule pas, bien au contraire. Grosse performance de ce Corton-Charlemagne Grand Cru 2007 de Pierre-Yves Colin-Morey.

Mille feuilles velouté

Et ça se corse avec ce qui suit. Stéphanie annonce à juste titre que le dernier blanc de la série a un nez qui ressemble incroyablement à celui d'un Champagne. Personne ne la contredira, tellement c'est une évidence. Il est complété par une pointe de truffe, de noisette et d'oxydation légère. Bouche caressante et douce, qui gagne en puissance et profondeur à mesure de l'aération. Très bon vin, et le pedigree de ce Montrachet Grand Cru 2006 du domaine Bouchard Père & Fils montre qu'on peut-être la plus grande appellation de Bourgogne, si ce n'est la plus grande, sans écraser tout sur son passage. 

On change de couleur, avec un vin que j'avais apporté. Nez très fruits noirs (cerise, cassis), avec un trait végétal bien mur comme fil conducteur. Bouche au tannins fermes mais remarquables dès l'attaque, enrobés par un joli gras. Fin de bouche très fruitée et nette. Ce vin un poil austère n'est pas très à l'aise seul, mais il s'en sort bien dès que l'on passe à table. C'est un Irouleguy rouge Haitza 2006 du domaine Arrextea

Le nez de notre suivant est viandé et entre deux âges, avec un aspect de duvet qui me fait penser à un pinot noir de Sancerre. La bouche est croquante, évoquant la vendange entière, alors que ce Nuits St Georges 2009 du domaine Robert Chevillon n'est pas vinifié comme tel d'après Franck.

Messieurs dames, le boeuf bourguignon ! En plusieurs services...

Arrive un nouveau vin dans le verre. Si le nez semble au départ un peu étriqué, il se libère par la suite sur des notes de cerises fraîches et une aromatique froide. Attaque franche et compacte, d'abord sur des saveurs de poivre, d'une grande élégance. La fin de bouche est pleine de charme, dynamique. Si le vin parait jeune, n'aurait-il pas quelques années finalement ? Millésime 2002 justement, pour cet Echezeaux d'Anne Gros. Personnellement, j'ai été emballé. Franck nous indique le nombre de bouteilles pour ce 2002 : 150 seulement et encore, la vinification en vendange entière a pu en augmenter très légèrement le nombre. 

Celui-ci, je ne risque pas de l'oublier... La robe présente quelques signes d'évolution, de légers reflets orangés sont visibles. Le nez est d'une complexité folle, entre la corbeillede fruits rouges, de tabac blond, une pointe d'orange douce, de roses, de clou de girofle... Il s'exprime en profondeur, n'a rien a cacher, mais m'intrigue et m'attire en même temps. Je tente de profiter au maximum de ces effluves qui subliment cet OVNI. Et si je passais à côté de quelque chose que je n'aurai pas identifié ? La bouche est d'une délicatesse exceptionnelle : faite de roses fanées, le grain de tannins est juste magique, le côté terrien marque sa signature finale. Il porte le vin dans une dimension rarement atteinte pour ma part. INCRACHABLE ! J'ai bu mes premiers centilitres de la journée, il était impensable d'alimenter le crachoir. Je replonge mon nez, chaque instant passé m'imobilise encore un peu plus. Les mines autour de la table sont réjouies, je ne suis pas le seul à avoir été touché par ce vin. La dernière gorgée termine de graver pour longtemps, ce moment de pur plaisir ! Ce vin n'est rien de moins qu'un Musigny Grand Cru 1998 de Jacques-Frédéric Mugnier. Exceptionnel !  

duo de choc

C'est encore tout penaud que le verre se rempli. Là encore, on entre dans une grande dimension. Encore une fois, la complexité est de nouveau présente : tabac, une touche d'humus, de rose chaude et un trait végétal qui rend le tout plus intense. Si la bouche est un peu plus à la peine, elle reste néanmoins d'une belle fraîcheur et l'on sent que les années viennent de traverser ce vin. Un joli Pomerol 1974 Pétrus, année de notre néo quadragénaire, qui nous fait grâce de cette superbe étiquette. Un grand merci Francky !

Le vin qui suite est tout de suite plus jeune. Nez distingué, fruits noirs bien murs, un zeste d'orange, graphite et sanguin. Bouche assise sur des tannins de tout premier ordre, mais encore jeunes. L'ensemble est classe mais semble à l'aube de sa vie. Très bon vin, parfaitement exécuté, pour amateur de Bordeaux de gros calibre très certainement. En effet, c'est un Pauillac 2000 du château Mouton Rothschild. Et hop, encore un missile de Franck. A noter la bouteille sérigraphiée, représentant le bélier d'Augsbourg, symbole du château.

La bouteille suivante a été apportée par notre Dudu national. Le nez est subil, aérien, voire évanescent. Je m'interroge sur la présence potentielle d'un peu de volatile. Je laisse les spécialistes du domaine m'éclairer sur la question. Corps longiligne, svelte, presque léger et pour ma part, je me suis posé beaucoup de question sur ce que je pourrai qualifier de manque de chair. Pourtant à écouter les conversations des mes petits camarades de goulot, ce Vosne-Romanée 2001 "les Brûlées" du domaine René Engel a été très apprécié. Suis-je passé à côté ?

Dernier rouge. Le nez évoque le café, la terre ++, des notes de bois, les fleurs (Vincent parle de lys et c'est tout à fait ça). Bouche bien mure, mais à l'équilibre bourguignon. J'évoque le Rhône, Franck acquiesce d'un oui. C'est très bon, d'autant que l'acidité relève le tout et le vin se prolonge longuement sans mollir. De la très belle ouvrage que ce Châteauneuf du Pape 1999 du château Rayas.

Entrée du plateau de fromages : 

fromages
Tomme de chèvre corse, Claquebitou, Stilton, Cantal 36 mois

Le blanc qui est proposé en premier service pour aller avec le plateau est d'un tout autre genre que ceux que nous avons eu au début du repas en matière d'aromatique de blanc. Nez très mur, évoquant la mirabelle, la verveine, un soupçon de fruit exotique. L'attaque de bouche se fait ronde, d'une belle générosité, un peu d'alcool mais sans excès. C'est parfaitement sec et l'accord avec les fromages est très bon. Je pars sur un sauvignon, validé par Franck qui nous présente ce Bergerac sec 2010 "Anthologia" du château Tour des Gendres. J'ai beaucoup aimé l'expression de ce sauvignon un brin fougueux et exotique.

Sancerre la Grande Côte 1997 de François Cotat : RIP, bouchon et m¤$°}£&€ ! 

Le dessert maintenant : un bavarois passion et un miroir abricot, oeuvres de Stéph et Sébastien. Un truc de dingue !
La robe de notre dernier vin apporté encore une fois pas Dudu est ambrée et ne parait pas toute jeune. Le nez est un délice : complexe, sirop d'érable, il évoque aisément la tarte tatin, des notes d'abricot et de caramel. Bouche tout en longueur, proposant des saveurs de curry et de safran. Quelle acidité, quel vin ! Peu adepte des vins plombés pas le sucre, celui-ci est une étoffe rare que j'aimerai retrouver plus souvent. C'est un Jurançon 1990 "cuvée Marie Kattalyn" du domaine de Souch. Merci Dudu pour cette remarquable bouteille. 

Bouteilles

Bon, on ne va pas y aller par quatre chemins : il y avait du très très lourd, de très grosses étiquettes, mais j'ai pris un pied incroyable à prendre part à cette journée, prétexte pour marquer ton entrée dans l'âge de raison. Un immense merci à tous, à ta petite femme et à toi Franck pour ta générosité. Je me souviens encore de ta dégust' crémaillère : je me souviendrai longtemps de cette journée de fin novembre.

 

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02 décembre 2014

Calendrier de l'Avin 2014

Si l'édition 2013 du calendrier de l'Avin m'était passée sous l'nez pour cause de frénésie populaire et un engouement sans commune mesure de toute la strate glouglou des réseaux sociaux qui avait répondu présent à l'appel d'Eva, j'attendais avec impatience l'annonce du millésime 2014. 

Tous les jours on ouvre une petite fenêtre du calendrier d'Eva. Aujourd'hui, c'est la mienne qui s'ouvre, et je voulais vous parler d'une bouteille que je connaissais un peu pour l'avoir bue chez Lolo Baraou, mais que je viens de redécouvrir à l'occasion d'une soirée thématique "vins oxydatifs" avec mon club de dégustation : une IGP Côtes Catalanes 2007 "les Clares" du domaine la Casenove

Il faut d'abord vous parler du domaine situé entre terres et mer méditerranée, qui a été repris en 1987 par Etienne Montès et sa femme Frédérique Barriol-Montès. Passer du métier de grand reporter photo à celui de vigneron était une évidence, pour celui qui avait à coeur de relever le niveau d'un joyau familial presque endormi. En faire un grand domaine qualitatif, reflétant son attachement à la région perpignanaise et le respect des traditions locales, étaient également dans les priorités des Montes. 

Parlons maintenant de "les Clares" 2007 (vignes plantées en 1947 sur des argiles claires)  : le nez assez fin est superbe. C'est un mélange de fruits jaunes, de notes de résine, de cire d'abeille et une pointe de vernis. La bouche est un modèle de constitution : d'abord une attaque légère sur la rondeur, le vin se renforce ensuite en prenant du volume par un gras caressant. La longueur est intéressante et signe un vin de caractère et presque atypique pour l'appellation. 

Avin


Sur des huîtres pour terminer la bouteille, le vin s'en sort correctement, sans pour autant faire des étincelles. Une légère sensation tannique sur la finale, alors que le côté iodé des huîtres fait ressortir celui du vin. Mais sur une tomme de brebis de Corrèze affinée par Léon Déant (Rouen), c'était sublime voir une tuerie ! 

Bref, vous vous demandez certainement ce que faisait cette bouteille dans une dégustation de vins oxydatifs : ce 50 % grenache blanc et 50 % roussane de vignes de presque 70 ans, qui est élevé pendant 24 mois en barriques de chênes lituaniens, a reçu volontairement très très peu d'ouillage. Ce qui renforce son caractère. 

Merci aux Montès pour cette jolie bouteille et à Eva pour la mise en lumière de celle-ci !

Une pensée spéciale à tous les habitants et vignerons du sud qui en bavent en ce moment !

 

Etienne Montès
La Casenove
66300 Trouillas
Tel : +33 4 68 21 66 33 
chateau.la.casenove@wanadoo.fr

Léon Déant 
Fromager-Affineur, fromagerie Du Vieux Marché 
18, rue Rollon 
76000 Rouen 
Tel : +33 2 35 71 11 22

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17 novembre 2014

Quelques bouteilles du millésime 2005

C'est toujours un exercice intéressant que de s'attaquer à un seul et unique millésime dans une dégustation. Un peu comme une sorte de check-up complet, afin de connaître son niveau, où il se situe en matière d'évolution, et faire des plans de vols en ce qui concerne la garde. 2005 est LE grand millésime des dernières années pour beaucoup. Aussi, nous souhaitions juger par nous même, après avoir lu pas mal de choses favorables dans la presse, sur le net, sur place... 8 ans après sa mise en bouteille grosso modo, qu'en est-il réellement ?

Il s'agissait de se faire une petite idée de ce millésime, sans pour autant faire le tour de la question d'une seule et même région. Une seule consigne pour les p'tits gars et filles de Maigremont : apporter de sa cave une bouteille de ce millésime, sans préférence de région. Let's go pour une "éclectique" à l'aveugle alors.

 

Muscadet 2005, André-Michel Brégeon, Gorges : le nez est crémeux, presque acidulé, pierre chaude, fruits blancs. Bouche sans creux, généreuse, ample, bien campée sur sa minéralité, étirée par une fine acidité. Finale qui se délie. Délicieuse bouteille pour commencer, qui a les fondamentaux nécessaires pour durer bien des années encore !  

Meursault blanc 2005, domaine Vaudoisey-Creusefond : nez riche et fumé, grillé même, avec quelques notes de vernis. La bouche déroule un remarquable volume, sur un caractère bien trempé et onctueux. Bonne longueur pour cette bouteille, généreuse dans la finale marqué par de fins amers et sur les fruits blancs. Un flacon impeccable, une surprise même !

Lussac St Emilion 2005, château de Lussac : beaucoup de bois, des tannins secs, une matière très légère. Peu de plaisir et vu le fond proposé, la garde s'annonce compliquée.

Marsannay 2005, domaine Bart "les Longeroies"  : nez entre deux âges, une pointe de café, puis de cerise à l'eau de vie. Si c'est pas un nez qui "pinote" ça ! Très jolie attaque de bouche, croquante et souple, acidulée et équilibrée, relativement longue. Un joli vin gourmand, qui entame son plateau de maturité. 

Pommard 1er cru, domaine Billard-Gonnet : nez plus marqué par l'élevage, offrant quelques notes de fruits rouges. Bouche structurée et charnue, le vin semble dans une phase intermédiaire. On semble être sur le même cépage que le vin précédent, même si l'approche entre les deux bouteilles est différente. Intéressant, mais à attendre sagement.

DSC_5794Entre le plat et le dessert, un joli plateau de fromages mixtes, orienté Normandie quand même 

Médoc 2005, château D'Escot : si le nez dirige facilement vers le sud-ouest, il parait bien plus vieux que son âge. Quelques lointaines notes de fruits, mais aussi de cabernet viennent compléter l'olfactif. La bouche est étriquée, comme repliée sur elle-même et n'offre qu'un profile terne. A revoir.

Haut-Médoc 2005, château Cornélie : on peut dire que celui-là nous a donné pas mal de fil à retordre. Après l'ouverture au "pied de biche" (lisez ouverture puis dégustation dans la foulée), le vin était presque muet. Ce n'est qu'en fin de dégustation, comme si l'air avait fait son p'tit effet, que l'ensemble s'est enfin révélé. Le vin déroule des notes de fruits murs sur une trame aimable de cabernet. En douceur et finesse, la bouche déploie une juste acidité dès l'attaque, supportée par des notes de mine de crayon, de fin boisé et de cerise évoluée. Un joli vin qui commence à présenter quelques signes d'évolution. 

St Estèphe 2005, château Haut-Marbuzet : étonnant de constater que le nez est encore empêtré dans son élevage et qui du coup, n'exprime pas grand chose d'autre. Bouche à l'attaque douce, voir consensuelle, mais qui tombe assez rapidement. Inquiétant, ou bouteille présentant une évolution prématurée ?

Madiran 2005, château Peyros : peu de notes, à croire que j'ai du m'endormir à cet instant. On identifie rapidement la région d'origine (le sud-ouest). L'ensemble sèche, pas grand plaisir malheureusement. 

Madiran 2005, domaine Pichard : affaire rapidement classée, la bouteille étant bouchonnée !

Coteaux du Languedoc Terrasses du Larzac 2005, domaine le Pas de l'Escalette "le Grand Pas" : joli nez présentant encore quelques traces d'élevage, au fruité mur mais sans excès. Bouche à l'attaque ronde et parfaitement digeste, ses accents bourguignons donnent une sensation de plénitude. Finale encore fringante, marquée par des saveurs de terres humides. Joli vin

Saumur rouge 2005, domaine Guiberteau "les Arboises" : très beau nez complexe, fruit net, cendres froides, menthol. Bouche au même niveau, souple et acidulée, soyeuse, sans aucune aspérité tannique. Absolument délicieux actuellement. 

Saint Joseph 2005, Yves Cuilleron "les Serines" : nez très mur et généreux, proposant des notes poivrées, de roses fanées et de baies noires, d'une remarquable profondeur. La bouche est superbe offrant tension, fraîcheur et pureté. Magnifique vin !

Vouvray 2005, domaine Huet "le Haut-Lieu" : nez digne d'un parfumeur offrant tour à tour des notes de verveine, de foin, de citron et une pointe de truffe blanche. Bouche à l'équilibre d'école et à l'acidité parfaite, sur des saveurs de citron confit et de mandarine. Finale qui s'étire en douceur sur le poivre blanc. Splendide bouteille, pratiquement incrachable (d'ailleurs, je ne me souviens pas l'avoir crachée :) )

 

09 novembre 2014

LPV Haute-Normandie se met à l'heure de la mondialisation (#30)

Déjà la 30 ème rencontre officielle avec les collègues de goulot normands. Que le temps est passé depuis nos premiers échanges via le ouèbe !

Pour cette 30 ème édition, nous nous retrouvons à Evreux, dans une salle prêtée par un traiteur pour l'occasion, autour de la cuisine élaborée par Christelle et son mari Ludo, qui n'ont pas encore lâché les fourneaux. Merci à eux

Les vins du monde, ou comment s'ouvrir à de nouveaux horizons, tel était la devise du jour. C'est parti pour 14 vins, dont 5 blancs, 7 rouges, 2 liquoreux, 3 continents et 10 pays différents. Les vins sont servis à l'aveugle, comme d'hab'

1 - Bodega Etchart, Valles Calchaquíes 2013, Privado (Argentine, cépage Torrontés)
Servi seul pour lancer cette journée, son nez présente des notes muscatées prononcées, de grillé. Petite rondeur à l'attaque, le vin gagne en vivacité et s'étire en doucement mais sûrement avec des notes de sel. Parfait pour entamer une bonne journée avec les copains !

Blancs

2 - Cave Philippe et Véronyc Mettaz, Fully Grand Cru 2013, Clos les Mûres (Suisse, cépage petite arvine)
Le nez est acidulé, bonbon anglais/Arlequin, il s'ouvre ensuite sur des notes de fruits blancs. Très belle attaque alliant un triptyque parfaitement dosé entre fruit/volume/salinité. Finale un poil chaude et sur l'amertume, qui nécessite de passer à table pour gommer ces petits excès. Bien +
3 - Bodegas del Campo, Rueda 2012, Pagos de Quintana (Espagne, cépage verdejo)
Nez proposant des notes de miel et de fumé, rappelant presque un Jurançon. Bouche assez stricte au départ, qui se délie sur des saveurs métalliques. Pas d'une grande longueur, ce vin est assez simple, mais non dénué d'intérêts pour ma part.

 

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Croquettes de jambon maison, salade de pignons de pin et tomates séchées


4 - Clement Busch, Mosel 2008, Riesling Trocken Marienburg (Allemagne, cépage riesling)
Très beau nez, frais et incisif, avec une pointe de fumé et de terpène. Dès l'attaque de bouche, un léger perlant, une petite rondeur et un fruité s'installent. L'ensemble est frais, tendu et équilibré, le tout terminant sur une sensation de sel. Joli vin, dynamique.
5 - Cloudy Bay, Marlborough 2013 (Nouvelle-Zélande, cépage sauvignon)
Nez assez variétal et typique d'un sauvignon jeune, présentant des caractéristiques un peu trop excessives pour ma part. Bouche citrique, élancée, marquée par une pointe d'amertume en finale. Vin facile, à reconsidérer en toute confiance un peu plus tard, car la matière est bien présente. Bien

Première paire de rouges... A l'occasion du 25 ème anniversaire du la chute du mur de Berlin, Vougeot ne trouve rien de mieux que de trouver une chanson de la même année, et se prend pour Bernard Minet en entamant la chanson des "Chevaliers du zodiac" !

6 - Viña Tarapacá, Valle Central 2013, Carmenère (Chili, 85 carmenère, 15 cabernet sauvignon)
Nez presque cabernet, sur des notes appuyées de café et de cerise. Bouche un peu écoeurante, grâce à une attaque rondouillarde voir sucraillone, elle gagne en harmonie et en qualité après une bonne aération. Le vins ne se transforme pas au point de devenir incontournable, mais c'est déjà plus digeste. Moyen
7 - Casa Montes Bodegas & Viñedos, San Juan 2008, Ampakama (Argentine, 50 Syrah, 50 Tannat)
Le nez est fumé, tourbé, sur des notes de tabac et de cigare. Bouche diluée, finale sur l'amertume. Pas ma cam' et incroyable de découvrir que la combinaison de ces 2 cépages donne un vin léger

Rouges

8 - Casa Agrícola Cabanas Do Castanheiro, Douro 2010, Gambozinos Reserva (Portugal, Touriga Nacional, Tinta Roriz, Touriga Franca)
Nez chamallow, de faible intensité, voir effacé. Bouche tout en dentelle, les tannins sont presque absents au point de manquer de relief. On aimerait d'avantage de puissance et de précision.
9 - Clos des Corbassières, Valais 2007, Coeur du Clos (Suisse, pinot noir)
Nez complètement déroutant, réduit certainement, manquant de précision sûrement. Bouche sucraillonne, une pointe d'orange douce, mais des tannins très fins. Bonne longueur, mais cohérence incertaine là encore. A revoir !

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Filet mignon de porc sauce bleu et noix, fonds d'artichaut et taglietelles fraîches et

 

10 - Sylla Sebaste, Barolo 2008 (Italie, Nebbiolo)
Nez faible, bouche acide au possible, très probablement un problème de bouteille !
11 - Poliziano, Vino Nobile di Montepulciano 2010, Asinone (Italie, Sangiovese)
My god, quel nez : thym, tapenade, olives noires, d'une grande précision, digne des grands parfumeurs. La bouche ne déçoit pas non plus : tannins très fins, très beau jus, de l'énergie, équilibre d'école. J'aime beaucoup ! Avec le filet mignon de porc, l'association était plutôt réussie. Très bon et probablement plus encore demain.

12 - Casa Gancia, Sicilia 2004, Addu Mari (Italie, cabernet sauvignon, syrah)
Si au départ, le nez présentait d'inquiétants signes de poussières, tout est rentré dans l'ordre par la suite. Le nez est riche, offrant encore un fruit en avant malgré une évolution notable due à quelques années de bouteille. Puis ce sont la mûre et une touche de champignon frais qui apparaissent. Bouche concentrée, sur de beaux tannins, encore fermes. Finale sur l'amertume. Un joli vin, qui en possède encore sous la pédale.

Carott cake, chutney figues, dattes et pruneaux, marinade don Papa et

13 - Sangue d'Oro, Passito di Pantelleria 2006 (Italie, moscato di Pantelleria)
Très beau nez d'orange amère, kumquat assez complèxe. Bouche sur la figue, d'une liqueur impressionnante, tempérée d'une remarquable et juste acidité. De fins amers viennent cadrer l'ensemble avec justesse. Un vin qui sait ne tombe dans la lourdeur, bien au contraire. Hors-normes et plutôt bluffé pour cette première rencontre.
14 - Massandra, Crimée 2006, Nectar de Massandra (Ukraine)
Le nez est très lacté, présentant des notes de caramel au beurre salé puis de pommes flambées au "calva". La bouche est moins sirupeuse que le Passito di Pantelleria, plus digeste, sur des saveurs de noix, de miel et d'abricot confit. On flirte avec le bizarre, mais l'expérience est concluante

Une journée assez mitigée en ce qui concerne le plaisir dans le verre. Vivement la prochaine rencontre, où nous devrions nous mettre sur notre #31, autour de quelques coupettes, paillettes et de bulles de Champagne ! 

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03 novembre 2014

Vins de...

Une seule consigne pour cette dégustation, ou plutôt une interdiction : aucune AOC, que des vins de France, Pays de... voir des déclassés !

Tout est dégusté à l'aveugle, tous les genres sont acceptés et le moins qu'on puisse dire, c'est que le niveau était pas mal du tout !

IGP Duché d'Uzès, Orénia 2012
Assez aromatique, frais, sur des notes d'abricot prononcées. Du gras, presque "frisant" en bouche, bon équilibre d'ensemble et facile à boire. Parfait dans son rôle pour lancer cette soirée. Bien

Constantia 2013, Buitenverwachting Buiten blanc (Afrique du Sud. 85 % sauvignon, 15 % chenin).
Le nez assez minéral rappelle aisément le sauvignon. Bouche traçante et vive, d'un beau volume. Un joli vin, qui ne tombe pas dans le sauvignon caricatural. 

Vin de France 2013, Clément Baraut "Herbes Folles" (100 % chenin)
Nez sur un registre "nature", sparadrap, moutarde même avec une sensation de rondeur, mais pas déagréable du tout. Très jolie silhouette, vive et fruitée qui appelle indébiablement à se resservir. J'aime beaucoup !  

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Bruno Schueller, PG "Naturellement Refusé L2004" (élevage 42 mois sur lies)
Un pinot gris qui n'a pas passé l'agrément à la dégustation d'appellation. Là aussi, le nez "nature" en dit long. Aromatique très légerement noix, presque curry. L'ensemble est savoureux, profond voir puissant et épouse tous les contours de la bouche. Atypique dans son style, mais peut sembler périlleux aux yeux de certains.

Vin de France 2011, Pierre Borel (100 % cabernet franc)
Nez assez discret, fermé. Bouche à l'acidité détartrante, volume faible, pas du tout mon truc.

Vin de France 2013, M Lapierre, "Raisins gaulois"
Nez très fruité avec quelques notes poivrées et metalliques. Bouche gourmande, légère et d'un beau fruité encore. Finale salivante. Pas d'une grande complexité, mais facile et agréable à boire. 

Vin de Table français (L09), Clos de Mounissens (David Poutays), "une Vie après l'Autre" (merlot, cabernet sauvignon, cabernet franc)
Très très réduit (je vous passe les qualificatifs qui ont été annoncés pour le nez :) ), même après 2 bonnes heures de carafe, qui n'ont rien changé ! Pas notre cam à tous. 

Vin de Pays d'Allobrogie 2009, domaine Prieuré Saint Christophe, Mondeuse Tradition
Assez monolithique au nez (cassis +), la bouche est relativement austère voire fermée malgré là aussi 3 bonnes heures de carafe. A revoir, car le touché de bouche est très joli.

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Vin de France 2012, domaine de Cabrol, "Blue Note" (grenache/syrah)
Très belle bouteille, tout en subtilité et en finesse, déroulant une panoplie de fruits rouges et d'épices. Longueur moyenne, mais vraiment de la belle ouvrage. 

IGP Pays de l'Hérault 2012, Moulin de Gassac, "Elise" (syrah/merlot)
Déséquilibré, alcoleux, fruit terne, peu d'intérêts en ce qui me concerne.

Vin de Pays d'Oc 2005, domaine Lacoste Germane, "les Faïsses" (cabernet sauvignon/syrah)
Robe et nez présentants des signes d'évolution avec des notes de réglisse et de cendres froides. Bouche soyeuse encore fruitée (cerise à l'eau de vie), mais un peu fatiguée. A boire

Vin Mousseux aromatique, by Romain Paire, "bulles"
Le bon glouglou que voilà ! Digeste (8° d'alcool seulement), une profusion de p'tits fruits rouges, ça se siffle à grandes gorgées.  

  

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26 août 2014

Séjour en terres ligériennes #5 : Château de Coulaine, Chinon

Toutes les bonnes choses ont une fin, c'est souvent triste à dire mais c'est comme ça. Des souvenirs de notre week end en terres ligériennes, il nous en restera plein. Ils sont nombreux à nous faire penser que la Loire comme celle que nous venons de (re) découvrir, est une terre de vin, d'accueil, d'amitié, de passion et même de frisson. Nous reviendrons !

Ce n'est pas cette visite qui allait déroger à la règle, même si, reçus par Etienne de Bonnaventure, celui-ci nous a semblé un peu tristounet à moins que cela ne ressemble à de la timidité... Quoiqu'il en soit, nous n'avons pas été déçus par la qualité des vins.

Propriété de la familiale depuis le 13è siècle, le château de Coulaine est une espèce d'imposante bâtisse, classée monument historique, qui règne au milieu de la commune de Beaumont en Veron. Le vin, c'est aussi une histoire de famille : on retrouve des traces dès le 18 ème. Le château de Coulaine était en polyculture à la génération précédente, mais Etienne de Bonnaventure et sa femme Pascale exploitent désormais le domaine uniquement en viticulture depuis 1990. Très vite, en 1995, les 20 hectares de l'exploitation ont été convertis à une conduite respectueuse de l'environnement. 

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Direction la salle de dégustation. Nous sommes loin des installations des domaines cossus, mais on ressent quelque chose de particulier, comme si l'histoire et le passé qui règnent dans ces lieux avaient quelque chose à nous raconter, à nous chuchoter. 

Les Pieds Rotis, Touraine blanc 2011 (élevage en fût de 400 litres de 2 à 8 vins). Il s'agit d'une parcelle située au dessus de la Vienne, jonchée de nombreuses pierres et qui a la particularité d'emmagasiner et de garder la chaleur. Le nez est riche, sur le fil de l'oxydation. Bouche ample, charnue, presque atypique pour un Touraine blanc. 

Chinon blanc 2011 (un demi hectare de vignes de chenin âgées de 18 ans. Sols argilo-siliceux et calcaire, exposés sud. Elevage en barriques de 3 à 10 vins). Structure un peu molle (malo faites, comme pour tous les blancs d'ailleurs), longueur moyenne.

Château de Coulaine, Chinon rouge 2012 (assemblage de diverses parcelles âgées de 12 à 15 ans. Elevage en cuves béton en majorité et en cuves bois). Vin assez simple d'expression, équilibré, sur une pointe d'amertume. Tout en fraîcheur, salivant. Joli vin de soif, parfaitement digeste.

Bonnaventure, Chinon 2011 (parcelle de 20 ans sur millarge, lui même posé sur du tuffeau). Nez doté d'une belle profondeur, sur une aromatique froide. Finale compacte et encore serrée par des tannins jeunes. Potentiel indéniable.

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Clos de Turpenay, Chinon 2011 (coteau argilo-calcaire et siliceux exposé sud, vignes de cabernet de 50 ans). 10 % de fûts neufs, 11 mois d'élevage. C'est le nez qui propose la richesse et la maturité la plus poussée des cuvées dégustées jusqu'ici. Et pourtant en bouche, l'équilibre est superbe, aucune lourdeur, ni aspérité. La structure tannique est très fine. Finale crayeuse et salivante, qui appelle à se resservir. Superbe vin !

Les Picasses, Chinon 2011 (vignes plantées il y a 18 et 80 ans, situées à égale distance de la Vienne et de la Loire, sur un sol argilo-calcaire et de tuffeau). Belle trame épicée due à un élevage encore perceptible (élevage allant de fûts neufs à 2 vins). Bouche suave, présentant une petite rondeur et une assise minérale. Bonne longueur. Encore un joli vin.

Franc de Pieds, Chinon 2009 (10 ares francs de pieds plantés en 2000). Le nez est radicalement différent, comme on peut en rencontrer avec les vins dits franc de pieds : sureau, groseille et cette presque légèreté sous entendue. La bouche est totalement fondue, les tannins sont pratiquement imperceptibles, mais la structure tient par l'acidité importante, signant une fin de bouche salivante et une légère perception de maturité. Bon vin, dont la particularité est toujours intéressante à appréhender, car ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de boire un franc de pieds. 

La Diablesse, Chinon 2010 (parcelle de 75 ans pour majorité orientée nord, sur sol argilo-calcaire. Elevage mixte de fûts de 400 litres de 3 à 4 vins, 20 % de fûts neufs). Ce vin est en mémoire d'une diablesse qui jadis tua son beau-frère, pour une sombre histoire de succession. Graciée par Louis XV qui l'assigna à une autre résidence, elle fut condamnée à ne plus s'habiller comme une femme mais à monter à cheval comme un homme. 
Si le nez se montre riche et d'une maturité poussée, la bouche elle est un modèle de construction et d'équilibre. Tout en touché et en subtilité, concentré, frais, le fond de verre est diabolique. Très belle bouteille !

Les Pieds Rôtis, Méthode Traditionnelle, Touraine Extra Sec 2008 (le petit dernier au domaine et le dernier tout court pour cette incursion en terres ligériennes). Joli nez riche et chaud, sur la pomme au four, présentant un léger signe d'évolution. La bouche présente une pointe de sucrosité, mais qui sait être onctueuse et précise. Bonne longueur. Très intéressant, incrachable !


Merci à Etienne de Bonnaventure pour son accueil, ses explications et le temps qu'il nous a consacré. Les vins sont splendides, éclatants de précisions. Du beau boulot, offrant un fruit préservé, appuyé par des élevages parfaitement discrets et posés.

 

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Château de Coulaine
Pascale et Etienne de Bonnaventure
37420 Beaumont en Véron
+33 247 984 451
chateaudecoulaine@orange.fr

Merci à Seb, Steph, Cyril, Serge, Lulu et David pour tous ces moments importants ! 

 

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12 août 2014

Séjour en terres ligériennes #4 : domaine Grosbois, Chinon

Forts de nos 3 premières expériences réussies autour du cab' franc et du ch'nin lors de notre WE annuel dans les vignes avec les p'tits gars/filles de Maigremont (pour rappel : Bernard Baudry, Antoine Foucault, Sylvain Dittière), nous nous rendons au domaine Grosbois à Panzoult. Drôle de nom pour cette commune à l'allure rurale, paisible, entourée de champs de céréales, de bovins. Mais c'est pour la vigne que nous avons fait le déplacement !

DSC_4660Parcelles de cabernet franc non remembrées adjacentes au domaine

C'est le papa, Jacques qui nous accueille. France Bleu a fond les ballons dans le garage, il bricole une ruche qu'il va installer en limite de propriété, en bordure de forêt. La propriété est magnifique : sorte de grande et jolie ferme, entourée par la forêt, les vignes et agrémentée du potager familial. Une fois la ruche terminée, Jacques ira d'ailleurs retourner la terre, pour y préparer l'arrivée des futurs plants. Il est une sorte de papa toujours en ébullition ; à la retraite, mais constamment en action. 

Nous rejoignons Nicolas dans les vignes, dans une parcelle face à la propriété. Celle-ci non remembrée depuis le 15 ème siècle, repose sur un sol argilo-sableux, lui même sur la roche mère de calcaire courrament appelé dans le coin "millarge". Ce dernier est consécutif à une cassure géologique et à un affaissement de la falaise, encore présente il y a quelques millions d'années.

Le domaine, désormais aux mains de Nicolas, après y être revenu en 2005, travaille les sols et n'utilise plus de désherbants ni de produits de synthèse depuis 2007. Le passage en bio effectué, les vendanges seront faites à la main l'année qui suivra.

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Quelques mètres entre ces deux terroirs et pourtant...

Titulaire d'un BTA, il décide de reprendre l'exploitation familiale après avoir passé pas mal d'années dans le Minervois, à Saumur Champigny, le Chili, la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis. C'est d'ailleurs le "nouveau monde" qui l'a orienté vers une viticulture plus respectueuse de la vignes et des sols. Adepte de l'adage qui dit que "l'agriculture n'a de sens que lorqu'on pratique la "polyculture", Nicolas nous expose son exploitation : 28 hectares de tournesols et de blés ; 9 hectares de vignes. Au final, ce sont huile de tournesol, farine de blé qui sont produites et même un peu plus, en poussant la réflexion autour du miel via les ruches. C'est un beau plan de vol, qui fait la part belle à une philosophie et une éthique consciencieuse. Bravo !

Dès 2008, année de son premier millésime mené tout seul comme un grand, Nicolas Grosbois décide de vinifier et d'élever les 13 parcelles séparément. Les cuvées sont élaborées ensuite, au terme de dégustations d'assemblage. C'est d'ailleurs ce que nous propose de faire Nicolas, grâce à un petit jeu d'éprouvettes et de prélèvements dans quelques contenants, afin de pouvoir situer le niveau du millésime 2013, encore en cours d'élevage. Un millésime dit "classique", avec une macération assez longue (comme c'était le cas en 2011 et 2012), c'est à dire pendant 40 jours. Nicolas, après s'être essayé à des macérations courtes (25 jours jusqu'en 2010), tentera de reproduire le même profile de vin à partir de cette année : macérations courtes, 2 remontages par jour ; "ce sont des vins qui me parlent. J'aime les vins murs, qui ont du punch ! "

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Allez, assez discuté. Direction la grande salle à manger familiale, qui sert de lieu de dégustation.

Gabare, Chinon 2011 : vignes d'une quarantaine d'années plantées sur sol argilo-sableux. Joli vin expressif, même si encore sur la retenue. Pas mal de fond, sur une trame légèrement boisée, l'attaque est compacte avec des tannins encore saillants. Vin à l'avenir tout tracé cependant.  

Vieilles Vignes, Chinon 2009 : cette cuvée n'éxiste plus et est désormais intégrée dans "Gabare". Expressive, riche et presque opulente, les similitudes avec une syrah rhodanienne sont frappantes. Aypique pour un Chinon, mais pas tant que ça finalement avec ce millésime hors normes. 

Vieilles Vignes, Chinon 2008 : terroir argilo-sableux, d'une parcelle située à proximité immédiate de la propriété. Trame végétale, ronde et tannique. Une certaine ressemblance avec le VV 2009 par sa richesse et son expression.

Vieilles Vignes, Chinon 2007 : très belle trame épicée. Bouche pulpeuse et croquante, offrant un fruit remarquable. Bonne longueur. Un joli vin, qui se laisserait boire avec plaisir à table. 

Boeuf Alais, Chinon 2006 : une cuvée qui n'existe plus également. Les vignes reposent sur un terroir de graves de la Vienne. Le vin commence à évoluer et la structure à se relâcher un peu avec des notes finement boisées. Belle présence du fruit encore.

 

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Musique, art contemporain : Nicolas est au petit soin pour l'élevage de ses protégées !

La bande haut-normande tient à remercier Nicolas Grosbois et son papa pour l'excellent moment passé en leur compagnie. Une matinée pour se faire l'opinion d'un domaine bien tenu, avec une volonté de faire de son mieux et un engagement de faire beaucoup plus encore. Preuve est que Nicolas cherche à afiner les extractions, rechercher les contenants les mieux adaptés aux jus pour des élevages non tapageurs, réorganiser les cuvées en hésitant pas à en supprimer certaines pour en recréer d'autres. Le domaine n'a pas grand chose à vendre, gage que les vins plaisent aux consommateurs. D'ailleurs, nous étions venus pour goûter le Clos du Noyer (cuvée phare) mais déception il n'y en avait pas/plus à la dégustation. 

 

Domaine Grosbois
Le Pressoir
37220 Panzoult
+33 247 586 687/+33 687 744 903
grosboisnicolas@yahoo.fr
http://www.domainegrosbois.fr 

 

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