Les bouteilles de Maigremont

03 décembre 2014

Franck lance du missile

Quelques 5 années après nous avoir invités à pendre leur crémaillère dans leur tout nouvel appartement, Franck et Marie remettent le couvert pour l'anniversaire de monsieur. Bon entre deux, il y a eu quelques petites sessions "off" de notre cercle haut-normand, très souvent d'un bon niveau, mais il faut reconnaître que cette crémaillère, reste pour beaucoup comme l'un des meilleurs moment passé en ce qui concerne la qualité dans le verre. J'ai le souvenir encore ému d'un Ausone 1990, qui avait marqué l'assemblée du jour. 

Les vins sont dégustés à l'aveugle, accompagnés du repas et proviennent pour majorité de la cave de Franck. 

Zou, c'est parti pour un repas dégustation, qui fera à coup sûr, référence pour quelques années ! Lecteur : si tu es contre les grosses étiquettes, les belles maisons, ces vins ne te feront pas rêver et du coup, je te conseille de passer à autre chose, sans perdre ton temps à lire ce compte rendu :) 

Franck a annoncé qu'il était énervé et allait sortir du très lourd. Je crois que personne n'était finalement prêt à ce qui allait suivre !

Petites cochonneries apéritives, jamón ibérico de bellota et...
Le nez est magnifiquement grillé, noisette, très parfumé, et place rapidement le débat en Bourgogne. Attaque de bouche très douce, crémeuse, sur le poivre blanc. Superbement fruitée, elle déroule une finale ronde et longue, sans aucune sensation de maturité excessive. Excellent et très belle expression du chardonnay, idéal pour lancer cette mémorable journée avec ce Rully 1er cru "le Meix Cadot" 2012 du domaine Vincent Dureil-Janthial

bellota

Notre deuxième vin présente un nez plus effacé, mais plus élevé. Bouche présentant un aspect lactique et des amers présents. L'ensemble est assez long, mais manque à mon goût de "gnaque". C'est un Nuits St Georges blanc 1er cru "la Perrière" 2007 du domaine Henri Gouges, où l'on apprend par Franck qu'il s'agit d'un pinot blanc, dégénérescence du pinot noir. 

Entrée en fanfare du jambon persillé de la maison Collot à Vernon

Si le deuxième vin nous a laissé un peu sur notre faim, le troisième va mettre tout le monde d'accord, et rapidement. Pain grillé, graines de sésame, une touche de mercaptan même. La bouche est un modèle de tension. Attaque incisive, citronnée, heureusement dotée d'une touche de gras. La finale est nette, cristalline. Vous m'en mettrez une palette de ce Meursault "Meix Chavaux" 2010 du domaine Roulot. Ce n'est qu'un village, mais quel village ! Magnifique  

Arrive ce blanc à la couleur plus soutenue, avec quelques petites choses qui sont en suspension. Le nez est très complexe, sur d'évidents fruits jaunes bien murs, mais aussi de champignons fraîchement coupés et une petite pointe d'oxydation qui ne gache en rien le plaisir. Bon volume dès l'attaque, on a la sensation d'un vin au pédigree assez haut perché. La finale s'ouvre et s'étoffe, mais manque à mon goût d'un peu d'intensité. Ce Meursault "les Narvaux" 2001 du domaine d'Auvenay reste néanmoins une fort jolie bouteille.

Sur un mille-feuilles de crabe, velouté de potimaron...
Nous revenons sur un vin un peu plus jeune dans son expression. Fruits jaunes encore au nez, moins complexe, mais on sent déjà une acidité relative. Si le nez reste assez simple sur le plan aromatique, la bouche montre elle un tout autre calibre : la puissance parle, l'acidité est enrobée par un beau gras, ponctuée de touches de poivre blanc et de nougat. L'équilibre est franc, la finale tonique et puissante telle la mêlée du match France/Argentine de la veille, mais celle-ci ne s'écroule pas, bien au contraire. Grosse performance de ce Corton-Charlemagne Grand Cru 2007 de Pierre-Yves Colin-Morey.

Mille feuilles velouté

Et ça se corse avec ce qui suit. Stéphanie annonce à juste titre que le dernier blanc de la série a un nez qui ressemble incroyablement à celui d'un Champagne. Personne ne la contredira, tellement c'est une évidence. Il est complété par une pointe de truffe, de noisette et d'oxydation légère. Bouche caressante et douce, qui gagne en puissance et profondeur à mesure de l'aération. Très bon vin, et le pedigree de ce Montrachet Grand Cru 2006 du domaine Bouchard Père & Fils montre qu'on peut-être la plus grande appellation de Bourgogne, si ce n'est la plus grande, sans écraser tout sur son passage. 

On change de couleur, avec un vin que j'avais apporté. Nez très fruits noirs (cerise, cassis), avec un trait végétal bien mur comme fil conducteur. Bouche au tannins fermes mais remarquables dès l'attaque, enrobés par un joli gras. Fin de bouche très fruitée et nette. Ce vin un poil austère n'est pas très à l'aise seul, mais il s'en sort bien dès que l'on passe à table. C'est un Irouleguy rouge Haitza 2006 du domaine Arrextea

Le nez de notre suivant est viandé et entre deux âges, avec un aspect de duvet qui me fait penser à un pinot noir de Sancerre. La bouche est croquante, évoquant la vendange entière, alors que ce Nuits St Georges 2009 du domaine Robert Chevillon n'est pas vinifié comme tel d'après Franck.

Messieurs dames, le boeuf bourguignon ! En plusieurs services...

Arrive un nouveau vin dans le verre. Si le nez semble au départ un peu étriqué, il se libère par la suite sur des notes de cerises fraîches et une aromatique froide. Attaque franche et compacte, d'abord sur des saveurs de poivre, d'une grande élégance. La fin de bouche est pleine de charme, dynamique. Si le vin parait jeune, n'aurait-il pas quelques années finalement ? Millésime 2002 justement, pour cet Echezeaux d'Anne Gros. Personnellement, j'ai été emballé. Franck nous indique le nombre de bouteilles pour ce 2002 : 150 seulement et encore, la vinification en vendange entière a pu en augmenter très légèrement le nombre. 

Celui-ci, je ne risque pas de l'oublier... La robe présente quelques signes d'évolution, de légers reflets orangés sont visibles. Le nez est d'une complexité folle, entre la corbeillede fruits rouges, de tabac blond, une pointe d'orange douce, de roses, de clou de girofle... Il s'exprime en profondeur, n'a rien a cacher, mais m'intrigue et m'attire en même temps. Je tente de profiter au maximum de ces effluves qui subliment cet OVNI. Et si je passais à côté de quelque chose que je n'aurai pas identifié ? La bouche est d'une délicatesse exceptionnelle : faite de roses fanées, le grain de tannins est juste magique, le côté terrien marque sa signature finale. Il porte le vin dans une dimension rarement atteinte pour ma part. INCRACHABLE ! J'ai bu mes premiers centilitres de la journée, il était impensable d'alimenter le crachoir. Je replonge mon nez, chaque instant passé m'imobilise encore un peu plus. Les mines autour de la table sont réjouies, je ne suis pas le seul à avoir été touché par ce vin. La dernière gorgée termine de graver pour longtemps, ce moment de pur plaisir ! Ce vin n'est rien de moins qu'un Musigny Grand Cru 1998 de Jacques-Frédéric Mugnier. Exceptionnel !  

duo de choc

C'est encore tout penaud que le verre se rempli. Là encore, on entre dans une grande dimension. Encore une fois, la complexité est de nouveau présente : tabac, une touche d'humus, de rose chaude et un trait végétal qui rend le tout plus intense. Si la bouche est un peu plus à la peine, elle reste néanmoins d'une belle fraîcheur et l'on sent que les années viennent de traverser ce vin. Un joli Pomerol 1974 Pétrus, année de notre néo quadragénaire, qui nous fait grâce de cette superbe étiquette. Un grand merci Francky !

Le vin qui suite est tout de suite plus jeune. Nez distingué, fruits noirs bien murs, un zeste d'orange, graphite et sanguin. Bouche assise sur des tannins de tout premier ordre, mais encore jeunes. L'ensemble est classe mais semble à l'aube de sa vie. Très bon vin, parfaitement exécuté, pour amateur de Bordeaux de gros calibre très certainement. En effet, c'est un Pauillac 2000 du château Mouton Rothschild. Et hop, encore un missile de Franck. A noter la bouteille sérigraphiée, représentant le bélier d'Augsbourg, symbole du château.

La bouteille suivante a été apportée par notre Dudu national. Le nez est subil, aérien, voire évanescent. Je m'interroge sur la présence potentielle d'un peu de volatile. Je laisse les spécialistes du domaine m'éclairer sur la question. Corps longiligne, svelte, presque léger et pour ma part, je me suis posé beaucoup de question sur ce que je pourrai qualifier de manque de chair. Pourtant à écouter les conversations des mes petits camarades de goulot, ce Vosne-Romanée 2001 "les Brûlées" du domaine René Engel a été très apprécié. Suis-je passé à côté ?

Dernier rouge. Le nez évoque le café, la terre ++, des notes de bois, les fleurs (Vincent parle de lys et c'est tout à fait ça). Bouche bien mure, mais à l'équilibre bourguignon. J'évoque le Rhône, Franck acquiesce d'un oui. C'est très bon, d'autant que l'acidité relève le tout et le vin se prolonge longuement sans mollir. De la très belle ouvrage que ce Châteauneuf du Pape 1999 du château Rayas.

Entrée du plateau de fromages : 

fromages
Tomme de chèvre corse, Claquebitou, Stilton, Cantal 36 mois

Le blanc qui est proposé en premier service pour aller avec le plateau est d'un tout autre genre que ceux que nous avons eu au début du repas en matière d'aromatique de blanc. Nez très mur, évoquant la mirabelle, la verveine, un soupçon de fruit exotique. L'attaque de bouche se fait ronde, d'une belle générosité, un peu d'alcool mais sans excès. C'est parfaitement sec et l'accord avec les fromages est très bon. Je pars sur un sauvignon, validé par Franck qui nous présente ce Bergerac sec 2010 "Anthologia" du château Tour des Gendres. J'ai beaucoup aimé l'expression de ce sauvignon un brin fougueux et exotique.

Sancerre la Grande Côte 1997 de François Cotat : RIP, bouchon et m¤$°}£&€ ! 

Le dessert maintenant : un bavarois passion et un miroir abricot, oeuvres de Stéph et Sébastien. Un truc de dingue !
La robe de notre dernier vin apporté encore une fois pas Dudu est ambrée et ne parait pas toute jeune. Le nez est un délice : complexe, sirop d'érable, il évoque aisément la tarte tatin, des notes d'abricot et de caramel. Bouche tout en longueur, proposant des saveurs de curry et de safran. Quelle acidité, quel vin ! Peu adepte des vins plombés pas le sucre, celui-ci est une étoffe rare que j'aimerai retrouver plus souvent. C'est un Jurançon 1990 "cuvée Marie Kattalyn" du domaine de Souch. Merci Dudu pour cette remarquable bouteille. 

Bouteilles

Bon, on ne va pas y aller par quatre chemins : il y avait du très très lourd, de très grosses étiquettes, mais j'ai pris un pied incroyable à prendre part à cette journée, prétexte pour marquer ton entrée dans l'âge de raison. Un immense merci à tous, à ta petite femme et à toi Franck pour ta générosité. Je me souviens encore de ta dégust' crémaillère : je me souviendrai longtemps de cette journée de fin novembre.

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02 décembre 2014

Calendrier de l'Avin 2014

Si l'édition 2013 du calendrier de l'Avin m'était passée sous l'nez pour cause de frénésie populaire et un engouement sans commune mesure de toute la strate glouglou des réseaux sociaux qui avait répondu présent à l'appel d'Eva, j'attendais avec impatience l'annonce du millésime 2014. 

Tous les jours on ouvre une petite fenêtre du calendrier d'Eva. Aujourd'hui, c'est la mienne qui s'ouvre, et je voulais vous parler d'une bouteille que je connaissais un peu pour l'avoir bue chez Lolo Baraou, mais que je viens de redécouvrir à l'occasion d'une soirée thématique "vins oxydatifs" avec mon club de dégustation : une IGP Côtes Catalanes 2007 "les Clares" du domaine la Casenove

Il faut d'abord vous parler du domaine situé entre terres et mer méditerranée, qui a été repris en 1987 par Etienne Montès et sa femme Frédérique Barriol-Montès. Passer du métier de grand reporter photo à celui de vigneron était une évidence, pour celui qui avait à coeur de relever le niveau d'un joyau familial presque endormi. En faire un grand domaine qualitatif, reflétant son attachement à la région perpignanaise et le respect des traditions locales, étaient également dans les priorités des Montes. 

Parlons maintenant de "les Clares" 2007 (vignes plantées en 1947 sur des argiles claires)  : le nez assez fin est superbe. C'est un mélange de fruits jaunes, de notes de résine, de cire d'abeille et une pointe de vernis. La bouche est un modèle de constitution : d'abord une attaque légère sur la rondeur, le vin se renforce ensuite en prenant du volume par un gras caressant. La longueur est intéressante et signe un vin de caractère et presque atypique pour l'appellation. 

Avin


Sur des huîtres pour terminer la bouteille, le vin s'en sort correctement, sans pour autant faire des étincelles. Une légère sensation tannique sur la finale, alors que le côté iodé des huîtres fait ressortir celui du vin. Mais sur une tomme de brebis de Corrèze affinée par Léon Déant (Rouen), c'était sublime voir une tuerie ! 

Bref, vous vous demandez certainement ce que faisait cette bouteille dans une dégustation de vins oxydatifs : ce 50 % grenache blanc et 50 % roussane de vignes de presque 70 ans, qui est élevé pendant 24 mois en barriques de chênes lituaniens, a reçu volontairement très très peu d'ouillage. Ce qui renforce son caractère. 

Merci aux Montès pour cette jolie bouteille et à Eva pour la mise en lumière de celle-ci !

Une pensée spéciale à tous les habitants et vignerons du sud qui en bavent en ce moment !

 

Etienne Montès
La Casenove
66300 Trouillas
Tel : +33 4 68 21 66 33 
chateau.la.casenove@wanadoo.fr

Léon Déant 
Fromager-Affineur, fromagerie Du Vieux Marché 
18, rue Rollon 
76000 Rouen 
Tel : +33 2 35 71 11 22

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17 novembre 2014

Quelques bouteilles du millésime 2005

C'est toujours un exercice intéressant que de s'attaquer à un seul et unique millésime dans une dégustation. Un peu comme une sorte de check-up complet, afin de connaître son niveau, où il se situe en matière d'évolution, et faire des plans de vols en ce qui concerne la garde. 2005 est LE grand millésime des dernières années pour beaucoup. Aussi, nous souhaitions juger par nous même, après avoir lu pas mal de choses favorables dans la presse, sur le net, sur place... 8 ans après sa mise en bouteille grosso modo, qu'en est-il réellement ?

Il s'agissait de se faire une petite idée de ce millésime, sans pour autant faire le tour de la question d'une seule et même région. Une seule consigne pour les p'tits gars et filles de Maigremont : apporter de sa cave une bouteille de ce millésime, sans préférence de région. Let's go pour une "éclectique" à l'aveugle alors.

 

Muscadet 2005, André-Michel Brégeon, Gorges : le nez est crémeux, presque acidulé, pierre chaude, fruits blancs. Bouche sans creux, généreuse, ample, bien campée sur sa minéralité, étirée par une fine acidité. Finale qui se délie. Délicieuse bouteille pour commencer, qui a les fondamentaux nécessaires pour durer bien des années encore !  

Meursault blanc 2005, domaine Vaudoisey-Creusefond : nez riche et fumé, grillé même, avec quelques notes de vernis. La bouche déroule un remarquable volume, sur un caractère bien trempé et onctueux. Bonne longueur pour cette bouteille, généreuse dans la finale marqué par de fins amers et sur les fruits blancs. Un flacon impeccable, une surprise même !

Lussac St Emilion 2005, château de Lussac : beaucoup de bois, des tannins secs, une matière très légère. Peu de plaisir et vu le fond proposé, la garde s'annonce compliquée.

Marsannay 2005, domaine Bart "les Longeroies"  : nez entre deux âges, une pointe de café, puis de cerise à l'eau de vie. Si c'est pas un nez qui "pinote" ça ! Très jolie attaque de bouche, croquante et souple, acidulée et équilibrée, relativement longue. Un joli vin gourmand, qui entame son plateau de maturité. 

Pommard 1er cru, domaine Billard-Gonnet : nez plus marqué par l'élevage, offrant quelques notes de fruits rouges. Bouche structurée et charnue, le vin semble dans une phase intermédiaire. On semble être sur le même cépage que le vin précédent, même si l'approche entre les deux bouteilles est différente. Intéressant, mais à attendre sagement.

DSC_5794Entre le plat et le dessert, un joli plateau de fromages mixtes, orienté Normandie quand même 

Médoc 2005, château D'Escot : si le nez dirige facilement vers le sud-ouest, il parait bien plus vieux que son âge. Quelques lointaines notes de fruits, mais aussi de cabernet viennent compléter l'olfactif. La bouche est étriquée, comme repliée sur elle-même et n'offre qu'un profile terne. A revoir.

Haut-Médoc 2005, château Cornélie : on peut dire que celui-là nous a donné pas mal de fil à retordre. Après l'ouverture au "pied de biche" (lisez ouverture puis dégustation dans la foulée), le vin était presque muet. Ce n'est qu'en fin de dégustation, comme si l'air avait fait son p'tit effet, que l'ensemble s'est enfin révélé. Le vin déroule des notes de fruits murs sur une trame aimable de cabernet. En douceur et finesse, la bouche déploie une juste acidité dès l'attaque, supportée par des notes de mine de crayon, de fin boisé et de cerise évoluée. Un joli vin qui commence à présenter quelques signes d'évolution. 

St Estèphe 2005, château Haut-Marbuzet : étonnant de constater que le nez est encore empêtré dans son élevage et qui du coup, n'exprime pas grand chose d'autre. Bouche à l'attaque douce, voir consensuelle, mais qui tombe assez rapidement. Inquiétant, ou bouteille présentant une évolution prématurée ?

Madiran 2005, château Peyros : peu de notes, à croire que j'ai du m'endormir à cet instant. On identifie rapidement la région d'origine (le sud-ouest). L'ensemble sèche, pas grand plaisir malheureusement. 

Madiran 2005, domaine Pichard : affaire rapidement classée, la bouteille étant bouchonnée !

Coteaux du Languedoc Terrasses du Larzac 2005, domaine le Pas de l'Escalette "le Grand Pas" : joli nez présentant encore quelques traces d'élevage, au fruité mur mais sans excès. Bouche à l'attaque ronde et parfaitement digeste, ses accents bourguignons donnent une sensation de plénitude. Finale encore fringante, marquée par des saveurs de terres humides. Joli vin

Saumur rouge 2005, domaine Guiberteau "les Arboises" : très beau nez complexe, fruit net, cendres froides, menthol. Bouche au même niveau, souple et acidulée, soyeuse, sans aucune aspérité tannique. Absolument délicieux actuellement. 

Saint Joseph 2005, Yves Cuilleron "les Serines" : nez très mur et généreux, proposant des notes poivrées, de roses fanées et de baies noires, d'une remarquable profondeur. La bouche est superbe offrant tension, fraîcheur et pureté. Magnifique vin !

Vouvray 2005, domaine Huet "le Haut-Lieu" : nez digne d'un parfumeur offrant tour à tour des notes de verveine, de foin, de citron et une pointe de truffe blanche. Bouche à l'équilibre d'école et à l'acidité parfaite, sur des saveurs de citron confit et de mandarine. Finale qui s'étire en douceur sur le poivre blanc. Splendide bouteille, pratiquement incrachable (d'ailleurs, je ne me souviens pas l'avoir crachée :) )

 

09 novembre 2014

LPV Haute-Normandie se met à l'heure de la mondialisation (#30)

Déjà la 30 ème rencontre officielle avec les collègues de goulot normands. Que le temps est passé depuis nos premiers échanges via le ouèbe !

Pour cette 30 ème édition, nous nous retrouvons à Evreux, dans une salle prêtée par un traiteur pour l'occasion, autour de la cuisine élaborée par Christelle et son mari Ludo, qui n'ont pas encore lâché les fourneaux. Merci à eux

Les vins du monde, ou comment s'ouvrir à de nouveaux horizons, tel était la devise du jour. C'est parti pour 14 vins, dont 5 blancs, 7 rouges, 2 liquoreux, 3 continents et 10 pays différents. Les vins sont servis à l'aveugle, comme d'hab'

1 - Bodega Etchart, Valles Calchaquíes 2013, Privado (Argentine, cépage Torrontés)
Servi seul pour lancer cette journée, son nez présente des notes muscatées prononcées, de grillé. Petite rondeur à l'attaque, le vin gagne en vivacité et s'étire en doucement mais sûrement avec des notes de sel. Parfait pour entamer une bonne journée avec les copains !

Blancs

2 - Cave Philippe et Véronyc Mettaz, Fully Grand Cru 2013, Clos les Mûres (Suisse, cépage petite arvine)
Le nez est acidulé, bonbon anglais/Arlequin, il s'ouvre ensuite sur des notes de fruits blancs. Très belle attaque alliant un triptyque parfaitement dosé entre fruit/volume/salinité. Finale un poil chaude et sur l'amertume, qui nécessite de passer à table pour gommer ces petits excès. Bien +
3 - Bodegas del Campo, Rueda 2012, Pagos de Quintana (Espagne, cépage verdejo)
Nez proposant des notes de miel et de fumé, rappelant presque un Jurançon. Bouche assez stricte au départ, qui se délie sur des saveurs métalliques. Pas d'une grande longueur, ce vin est assez simple, mais non dénué d'intérêts pour ma part.

 

DSC_5806

Croquettes de jambon maison, salade de pignons de pin et tomates séchées


4 - Clement Busch, Mosel 2008, Riesling Trocken Marienburg (Allemagne, cépage riesling)
Très beau nez, frais et incisif, avec une pointe de fumé et de terpène. Dès l'attaque de bouche, un léger perlant, une petite rondeur et un fruité s'installent. L'ensemble est frais, tendu et équilibré, le tout terminant sur une sensation de sel. Joli vin, dynamique.
5 - Cloudy Bay, Marlborough 2013 (Nouvelle-Zélande, cépage sauvignon)
Nez assez variétal et typique d'un sauvignon jeune, présentant des caractéristiques un peu trop excessives pour ma part. Bouche citrique, élancée, marquée par une pointe d'amertume en finale. Vin facile, à reconsidérer en toute confiance un peu plus tard, car la matière est bien présente. Bien

Première paire de rouges... A l'occasion du 25 ème anniversaire du la chute du mur de Berlin, Vougeot ne trouve rien de mieux que de trouver une chanson de la même année, et se prend pour Bernard Minet en entamant la chanson des "Chevaliers du zodiac" !

6 - Viña Tarapacá, Valle Central 2013, Carmenère (Chili, 85 carmenère, 15 cabernet sauvignon)
Nez presque cabernet, sur des notes appuyées de café et de cerise. Bouche un peu écoeurante, grâce à une attaque rondouillarde voir sucraillone, elle gagne en harmonie et en qualité après une bonne aération. Le vins ne se transforme pas au point de devenir incontournable, mais c'est déjà plus digeste. Moyen
7 - Casa Montes Bodegas & Viñedos, San Juan 2008, Ampakama (Argentine, 50 Syrah, 50 Tannat)
Le nez est fumé, tourbé, sur des notes de tabac et de cigare. Bouche diluée, finale sur l'amertume. Pas ma cam' et incroyable de découvrir que la combinaison de ces 2 cépages donne un vin léger

Rouges

8 - Casa Agrícola Cabanas Do Castanheiro, Douro 2010, Gambozinos Reserva (Portugal, Touriga Nacional, Tinta Roriz, Touriga Franca)
Nez chamallow, de faible intensité, voir effacé. Bouche tout en dentelle, les tannins sont presque absents au point de manquer de relief. On aimerait d'avantage de puissance et de précision.
9 - Clos des Corbassières, Valais 2007, Coeur du Clos (Suisse, pinot noir)
Nez complètement déroutant, réduit certainement, manquant de précision sûrement. Bouche sucraillonne, une pointe d'orange douce, mais des tannins très fins. Bonne longueur, mais cohérence incertaine là encore. A revoir !

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Filet mignon de porc sauce bleu et noix, fonds d'artichaut et taglietelles fraîches et

 

10 - Sylla Sebaste, Barolo 2008 (Italie, Nebbiolo)
Nez faible, bouche acide au possible, très probablement un problème de bouteille !
11 - Poliziano, Vino Nobile di Montepulciano 2010, Asinone (Italie, Sangiovese)
My god, quel nez : thym, tapenade, olives noires, d'une grande précision, digne des grands parfumeurs. La bouche ne déçoit pas non plus : tannins très fins, très beau jus, de l'énergie, équilibre d'école. J'aime beaucoup ! Avec le filet mignon de porc, l'association était plutôt réussie. Très bon et probablement plus encore demain.

12 - Casa Gancia, Sicilia 2004, Addu Mari (Italie, cabernet sauvignon, syrah)
Si au départ, le nez présentait d'inquiétants signes de poussières, tout est rentré dans l'ordre par la suite. Le nez est riche, offrant encore un fruit en avant malgré une évolution notable due à quelques années de bouteille. Puis ce sont la mûre et une touche de champignon frais qui apparaissent. Bouche concentrée, sur de beaux tannins, encore fermes. Finale sur l'amertume. Un joli vin, qui en possède encore sous la pédale.

Carott cake, chutney figues, dattes et pruneaux, marinade don Papa et

13 - Sangue d'Oro, Passito di Pantelleria 2006 (Italie, moscato di Pantelleria)
Très beau nez d'orange amère, kumquat assez complèxe. Bouche sur la figue, d'une liqueur impressionnante, tempérée d'une remarquable et juste acidité. De fins amers viennent cadrer l'ensemble avec justesse. Un vin qui sait ne tombe dans la lourdeur, bien au contraire. Hors-normes et plutôt bluffé pour cette première rencontre.
14 - Massandra, Crimée 2006, Nectar de Massandra (Ukraine)
Le nez est très lacté, présentant des notes de caramel au beurre salé puis de pommes flambées au "calva". La bouche est moins sirupeuse que le Passito di Pantelleria, plus digeste, sur des saveurs de noix, de miel et d'abricot confit. On flirte avec le bizarre, mais l'expérience est concluante

Une journée assez mitigée en ce qui concerne le plaisir dans le verre. Vivement la prochaine rencontre, où nous devrions nous mettre sur notre #31, autour de quelques coupettes, paillettes et de bulles de Champagne ! 

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03 novembre 2014

Vins de...

Une seule consigne pour cette dégustation, ou plutôt une interdiction : aucune AOC, que des vins de France, Pays de... voir des déclassés !

Tout est dégusté à l'aveugle, tous les genres sont acceptés et le moins qu'on puisse dire, c'est que le niveau était pas mal du tout !

IGP Duché d'Uzès, Orénia 2012
Assez aromatique, frais, sur des notes d'abricot prononcées. Du gras, presque "frisant" en bouche, bon équilibre d'ensemble et facile à boire. Parfait dans son rôle pour lancer cette soirée. Bien

Constantia 2013, Buitenverwachting Buiten blanc (Afrique du Sud. 85 % sauvignon, 15 % chenin).
Le nez assez minéral rappelle aisément le sauvignon. Bouche traçante et vive, d'un beau volume. Un joli vin, qui ne tombe pas dans le sauvignon caricatural. 

Vin de France 2013, Clément Baraut "Herbes Folles" (100 % chenin)
Nez sur un registre "nature", sparadrap, moutarde même avec une sensation de rondeur, mais pas déagréable du tout. Très jolie silhouette, vive et fruitée qui appelle indébiablement à se resservir. J'aime beaucoup !  

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Bruno Schueller, PG "Naturellement Refusé L2004" (élevage 42 mois sur lies)
Un pinot gris qui n'a pas passé l'agrément à la dégustation d'appellation. Là aussi, le nez "nature" en dit long. Aromatique très légerement noix, presque curry. L'ensemble est savoureux, profond voir puissant et épouse tous les contours de la bouche. Atypique dans son style, mais peut sembler périlleux aux yeux de certains.

Vin de France 2011, Pierre Borel (100 % cabernet franc)
Nez assez discret, fermé. Bouche à l'acidité détartrante, volume faible, pas du tout mon truc.

Vin de France 2013, M Lapierre, "Raisins gaulois"
Nez très fruité avec quelques notes poivrées et metalliques. Bouche gourmande, légère et d'un beau fruité encore. Finale salivante. Pas d'une grande complexité, mais facile et agréable à boire. 

Vin de Table français (L09), Clos de Mounissens (David Poutays), "une Vie après l'Autre" (merlot, cabernet sauvignon, cabernet franc)
Très très réduit (je vous passe les qualificatifs qui ont été annoncés pour le nez :) ), même après 2 bonnes heures de carafe, qui n'ont rien changé ! Pas notre cam à tous. 

Vin de Pays d'Allobrogie 2009, domaine Prieuré Saint Christophe, Mondeuse Tradition
Assez monolithique au nez (cassis +), la bouche est relativement austère voire fermée malgré là aussi 3 bonnes heures de carafe. A revoir, car le touché de bouche est très joli.

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Vin de France 2012, domaine de Cabrol, "Blue Note" (grenache/syrah)
Très belle bouteille, tout en subtilité et en finesse, déroulant une panoplie de fruits rouges et d'épices. Longueur moyenne, mais vraiment de la belle ouvrage. 

IGP Pays de l'Hérault 2012, Moulin de Gassac, "Elise" (syrah/merlot)
Déséquilibré, alcoleux, fruit terne, peu d'intérêts en ce qui me concerne.

Vin de Pays d'Oc 2005, domaine Lacoste Germane, "les Faïsses" (cabernet sauvignon/syrah)
Robe et nez présentants des signes d'évolution avec des notes de réglisse et de cendres froides. Bouche soyeuse encore fruitée (cerise à l'eau de vie), mais un peu fatiguée. A boire

Vin Mousseux aromatique, by Romain Paire, "bulles"
Le bon glouglou que voilà ! Digeste (8° d'alcool seulement), une profusion de p'tits fruits rouges, ça se siffle à grandes gorgées.  

  

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26 août 2014

Séjour en terres ligériennes #5 : Château de Coulaine, Chinon

Toutes les bonnes choses ont une fin, c'est souvent triste à dire mais c'est comme ça. Des souvenirs de notre week end en terres ligériennes, il nous en restera plein. Ils sont nombreux à nous faire penser que la Loire comme celle que nous venons de (re) découvrir, est une terre de vin, d'accueil, d'amitié, de passion et même de frisson. Nous reviendrons !

Ce n'est pas cette visite qui allait déroger à la règle, même si, reçus par Etienne de Bonnaventure, celui-ci nous a semblé un peu tristounet à moins que cela ne ressemble à de la timidité... Quoiqu'il en soit, nous n'avons pas été déçus par la qualité des vins.

Propriété de la familiale depuis le 13è siècle, le château de Coulaine est une espèce d'imposante bâtisse, classée monument historique, qui règne au milieu de la commune de Beaumont en Veron. Le vin, c'est aussi une histoire de famille : on retrouve des traces dès le 18 ème. Le château de Coulaine était en polyculture à la génération précédente, mais Etienne de Bonnaventure et sa femme Pascale exploitent désormais le domaine uniquement en viticulture depuis 1990. Très vite, en 1995, les 20 hectares de l'exploitation ont été convertis à une conduite respectueuse de l'environnement. 

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Direction la salle de dégustation. Nous sommes loin des installations des domaines cossus, mais on ressent quelque chose de particulier, comme si l'histoire et le passé qui règnent dans ces lieux avaient quelque chose à nous raconter, à nous chuchoter. 

Les Pieds Rotis, Touraine blanc 2011 (élevage en fût de 400 litres de 2 à 8 vins). Il s'agit d'une parcelle située au dessus de la Vienne, jonchée de nombreuses pierres et qui a la particularité d'emmagasiner et de garder la chaleur. Le nez est riche, sur le fil de l'oxydation. Bouche ample, charnue, presque atypique pour un Touraine blanc. 

Chinon blanc 2011 (un demi hectare de vignes de chenin âgées de 18 ans. Sols argilo-siliceux et calcaire, exposés sud. Elevage en barriques de 3 à 10 vins). Structure un peu molle (malo faites, comme pour tous les blancs d'ailleurs), longueur moyenne.

Château de Coulaine, Chinon rouge 2012 (assemblage de diverses parcelles âgées de 12 à 15 ans. Elevage en cuves béton en majorité et en cuves bois). Vin assez simple d'expression, équilibré, sur une pointe d'amertume. Tout en fraîcheur, salivant. Joli vin de soif, parfaitement digeste.

Bonnaventure, Chinon 2011 (parcelle de 20 ans sur millarge, lui même posé sur du tuffeau). Nez doté d'une belle profondeur, sur une aromatique froide. Finale compacte et encore serrée par des tannins jeunes. Potentiel indéniable.

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Clos de Turpenay, Chinon 2011 (coteau argilo-calcaire et siliceux exposé sud, vignes de cabernet de 50 ans). 10 % de fûts neufs, 11 mois d'élevage. C'est le nez qui propose la richesse et la maturité la plus poussée des cuvées dégustées jusqu'ici. Et pourtant en bouche, l'équilibre est superbe, aucune lourdeur, ni aspérité. La structure tannique est très fine. Finale crayeuse et salivante, qui appelle à se resservir. Superbe vin !

Les Picasses, Chinon 2011 (vignes plantées il y a 18 et 80 ans, situées à égale distance de la Vienne et de la Loire, sur un sol argilo-calcaire et de tuffeau). Belle trame épicée due à un élevage encore perceptible (élevage allant de fûts neufs à 2 vins). Bouche suave, présentant une petite rondeur et une assise minérale. Bonne longueur. Encore un joli vin.

Franc de Pieds, Chinon 2009 (10 ares francs de pieds plantés en 2000). Le nez est radicalement différent, comme on peut en rencontrer avec les vins dits franc de pieds : sureau, groseille et cette presque légèreté sous entendue. La bouche est totalement fondue, les tannins sont pratiquement imperceptibles, mais la structure tient par l'acidité importante, signant une fin de bouche salivante et une légère perception de maturité. Bon vin, dont la particularité est toujours intéressante à appréhender, car ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de boire un franc de pieds. 

La Diablesse, Chinon 2010 (parcelle de 75 ans pour majorité orientée nord, sur sol argilo-calcaire. Elevage mixte de fûts de 400 litres de 3 à 4 vins, 20 % de fûts neufs). Ce vin est en mémoire d'une diablesse qui jadis tua son beau-frère, pour une sombre histoire de succession. Graciée par Louis XV qui l'assigna à une autre résidence, elle fut condamnée à ne plus s'habiller comme une femme mais à monter à cheval comme un homme. 
Si le nez se montre riche et d'une maturité poussée, la bouche elle est un modèle de construction et d'équilibre. Tout en touché et en subtilité, concentré, frais, le fond de verre est diabolique. Très belle bouteille !

Les Pieds Rôtis, Méthode Traditionnelle, Touraine Extra Sec 2008 (le petit dernier au domaine et le dernier tout court pour cette incursion en terres ligériennes). Joli nez riche et chaud, sur la pomme au four, présentant un léger signe d'évolution. La bouche présente une pointe de sucrosité, mais qui sait être onctueuse et précise. Bonne longueur. Très intéressant, incrachable !


Merci à Etienne de Bonnaventure pour son accueil, ses explications et le temps qu'il nous a consacré. Les vins sont splendides, éclatants de précisions. Du beau boulot, offrant un fruit préservé, appuyé par des élevages parfaitement discrets et posés.

 

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Château de Coulaine
Pascale et Etienne de Bonnaventure
37420 Beaumont en Véron
+33 247 984 451
chateaudecoulaine@orange.fr

Merci à Seb, Steph, Cyril, Serge, Lulu et David pour tous ces moments importants ! 

 

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12 août 2014

Séjour en terres ligériennes #4 : domaine Grosbois, Chinon

Forts de nos 3 premières expériences réussies autour du cab' franc et du ch'nin lors de notre WE annuel dans les vignes avec les p'tits gars/filles de Maigremont (pour rappel : Bernard Baudry, Antoine Foucault, Sylvain Dittière), nous nous rendons au domaine Grosbois à Panzoult. Drôle de nom pour cette commune à l'allure rurale, paisible, entourée de champs de céréales, de bovins. Mais c'est pour la vigne que nous avons fait le déplacement !

DSC_4660Parcelles de cabernet franc non remembrées adjacentes au domaine

C'est le papa, Jacques qui nous accueille. France Bleu a fond les ballons dans le garage, il bricole une ruche qu'il va installer en limite de propriété, en bordure de forêt. La propriété est magnifique : sorte de grande et jolie ferme, entourée par la forêt, les vignes et agrémentée du potager familial. Une fois la ruche terminée, Jacques ira d'ailleurs retourner la terre, pour y préparer l'arrivée des futurs plants. Il est une sorte de papa toujours en ébullition ; à la retraite, mais constamment en action. 

Nous rejoignons Nicolas dans les vignes, dans une parcelle face à la propriété. Celle-ci non remembrée depuis le 15 ème siècle, repose sur un sol argilo-sableux, lui même sur la roche mère de calcaire courrament appelé dans le coin "millarge". Ce dernier est consécutif à une cassure géologique et à un affaissement de la falaise, encore présente il y a quelques millions d'années.

Le domaine, désormais aux mains de Nicolas, après y être revenu en 2005, travaille les sols et n'utilise plus de désherbants ni de produits de synthèse depuis 2007. Le passage en bio effectué, les vendanges seront faites à la main l'année qui suivra.

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Quelques mètres entre ces deux terroirs et pourtant...

Titulaire d'un BTA, il décide de reprendre l'exploitation familiale après avoir passé pas mal d'années dans le Minervois, à Saumur Champigny, le Chili, la Nouvelle Zélande et les Etats-Unis. C'est d'ailleurs le "nouveau monde" qui l'a orienté vers une viticulture plus respectueuse de la vignes et des sols. Adepte de l'adage qui dit que "l'agriculture n'a de sens que lorqu'on pratique la "polyculture", Nicolas nous expose son exploitation : 28 hectares de tournesols et de blés ; 9 hectares de vignes. Au final, ce sont huile de tournesol, farine de blé qui sont produites et même un peu plus, en poussant la réflexion autour du miel via les ruches. C'est un beau plan de vol, qui fait la part belle à une philosophie et une éthique consciencieuse. Bravo !

Dès 2008, année de son premier millésime mené tout seul comme un grand, Nicolas Grosbois décide de vinifier et d'élever les 13 parcelles séparément. Les cuvées sont élaborées ensuite, au terme de dégustations d'assemblage. C'est d'ailleurs ce que nous propose de faire Nicolas, grâce à un petit jeu d'éprouvettes et de prélèvements dans quelques contenants, afin de pouvoir situer le niveau du millésime 2013, encore en cours d'élevage. Un millésime dit "classique", avec une macération assez longue (comme c'était le cas en 2011 et 2012), c'est à dire pendant 40 jours. Nicolas, après s'être essayé à des macérations courtes (25 jours jusqu'en 2010), tentera de reproduire le même profile de vin à partir de cette année : macérations courtes, 2 remontages par jour ; "ce sont des vins qui me parlent. J'aime les vins murs, qui ont du punch ! "

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Allez, assez discuté. Direction la grande salle à manger familiale, qui sert de lieu de dégustation.

Gabare, Chinon 2011 : vignes d'une quarantaine d'années plantées sur sol argilo-sableux. Joli vin expressif, même si encore sur la retenue. Pas mal de fond, sur une trame légèrement boisée, l'attaque est compacte avec des tannins encore saillants. Vin à l'avenir tout tracé cependant.  

Vieilles Vignes, Chinon 2009 : cette cuvée n'éxiste plus et est désormais intégrée dans "Gabare". Expressive, riche et presque opulente, les similitudes avec une syrah rhodanienne sont frappantes. Aypique pour un Chinon, mais pas tant que ça finalement avec ce millésime hors normes. 

Vieilles Vignes, Chinon 2008 : terroir argilo-sableux, d'une parcelle située à proximité immédiate de la propriété. Trame végétale, ronde et tannique. Une certaine ressemblance avec le VV 2009 par sa richesse et son expression.

Vieilles Vignes, Chinon 2007 : très belle trame épicée. Bouche pulpeuse et croquante, offrant un fruit remarquable. Bonne longueur. Un joli vin, qui se laisserait boire avec plaisir à table. 

Boeuf Alais, Chinon 2006 : une cuvée qui n'existe plus également. Les vignes reposent sur un terroir de graves de la Vienne. Le vin commence à évoluer et la structure à se relâcher un peu avec des notes finement boisées. Belle présence du fruit encore.

 

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Musique, art contemporain : Nicolas est au petit soin pour l'élevage de ses protégées !

La bande haut-normande tient à remercier Nicolas Grosbois et son papa pour l'excellent moment passé en leur compagnie. Une matinée pour se faire l'opinion d'un domaine bien tenu, avec une volonté de faire de son mieux et un engagement de faire beaucoup plus encore. Preuve est que Nicolas cherche à afiner les extractions, rechercher les contenants les mieux adaptés aux jus pour des élevages non tapageurs, réorganiser les cuvées en hésitant pas à en supprimer certaines pour en recréer d'autres. Le domaine n'a pas grand chose à vendre, gage que les vins plaisent aux consommateurs. D'ailleurs, nous étions venus pour goûter le Clos du Noyer (cuvée phare) mais déception il n'y en avait pas/plus à la dégustation. 

 

Domaine Grosbois
Le Pressoir
37220 Panzoult
+33 247 586 687/+33 687 744 903
grosboisnicolas@yahoo.fr
http://www.domainegrosbois.fr 

 

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22 juillet 2014

St Emilion VS Pomerol : la battle du merlot

Loin de nous l'idée de vouloir comparer à tout prix ces deux prestigieuses appellations, nous souhaitions tenter de trouver et d'identifier des différences ou des similitudes. Ce fut finalement assez compliqué de trouver un avantage pour telle ou telle appellation, plusieurs raisons à cela. La première, nous n'avons ouvert que 11 bouteilles. La deuxième, il y eu pas mal de disparité au niveau du pedigree. La troisième, 8 millésimes différents. Quand on connaît l'importance de la météo dans la coin, inutile de comparer ce qui ne l'est pas. 
Mais peu importe, cela ne nous a pas empêché de passer une bonne soirée. Ca c'est habituel par contre ;)

Les vins sont d'abord servis par paires, à l'aveugle, puis avec le repas. 

Château Patarabet, St Emilion 2002 : nez assez discret et pour le moins simple dans son expression, avec des notes de cabernet. La bouche se montre simple, longiligne, sans grande folie, avec les limites du millésime. Pour commencer, on va dire que c'est correcte, sans plus. 
Château du Moulin Noir, Montagne St Emilion 2008 : ensemble plus rond, avec quelques aspérités tanniques. Néanmoins, le toucher de bouche est bien plus intéressant et en fait un vin correcte pour le pedigree. 

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Château Gombaude Guillot, Pomerol 2007 : ça y est, on entre dans le vif du sujet ! Très joli nez, avec un fruit avenant sur la cerise griotte. L'élevage est quasi imperceptible, mais apporte un supplément de complexité. La bouche est à l'unisson : soyeux dès l'attaque, presque caressante, l'acidité se montre juste tout en accompagnant le vin. Le fruit se montre encore une fois. La longueur est bonne, ce qui n'est pas pour gâcher le plaisir global. Très bien et surtout, on a envie d'en savoir plus sur cette propriété. Belle réussite sur ce millésime.
Château Beauregard, Pomerol 2007 : la matière n'a pas le charisme nécessaire et suffisant pour supporter un tel élevage. Le jus se goûte caramel et n'est finalement pas très avenant. Ennuyant.

Clos René, Pomerol 2006 : le nez est tout en dentelle, plutôt classe. Bouche à l'attaque puissante et riche, mais l'ensemble reste néanmoins équilibré. Jolis tannins gras où l'élégance persiste jusque dans la finale vigoureuse. Un vin qui ne manque pas de peps, ni d'attraits. Bien +
Le Cadet de Larmande, St Emilion Gd Cru 2005 : un peu plus grassouillet, rondouillard, de l'alcool. Tannins un peu sec cependant. Atypique, mais pas inintéressant. 

Château Boutisse, St Emilion Gd Cru 2003 : pas mal de fruit, pas mal de notes d'élevage, mais les registres sont dissociés. Mais ce qui marque, c'est le feu à la cabanne : alcool, richesse, manque d'équilibre. Pas surpris à la lecture du millésime. 
Château Beau-Séjour Bécot, St Emilion Gd Cru 2001 : d'avantage de finesse, bonne attaque en bouche, équilibrée et à la fois dense et charnue, tannins de bonne facture. Finale persistante, saline et salivante. Très bon vin. 

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L'Espit de Clocher, Pomerol 2000 : fine acidité, vin un peu effacé, certainement la limite d'un 2ème vin dans un millésime pas si grand que ça du côté de la rive droite. Finale lâche, terreuse et métallique. Bof
Château de Ferrand, St Emilion Gd Cru 1996 : le nez dévoile des signes d'évolution manifestes (bois humide) mais aussi de fruits rouges frais, d'épices et de tabac. L'acidité est fine, la bouche légèrement compotée et termine sa course par une finale de moyenne intensité. Intéressant, sans être immense. 

Château le Puy, Bordeaux Côtes de Franc 2004 : sous sa robe étonnamment trouble, le nez est très fruit, marqué par une légère acidité volatile, dont le registre "nature" ne trompe pas sur un certain type de vinification. La bouche est souple et douce et la longueur sur le fruit est plutôt bonne. Joli vin, atypique lui aussi, d'un caractère gourmand et salivant. 

 

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13 juillet 2014

Les pieds sous la table de Fred

Attendez vous au pire, à du lourd avec ce qui suit : ce repas dégustation proposé par Frédéric, fut à n'en pas douter, un très grand moment, aussi bien dans le verre que dans l'assiette. 

C'est le p'tit dernier à avoir rejoint la troupe de dégustation du cercle LPV Haute-Normandie. Plutôt discret, ouvert d'esprit, se remettant en cause sans arrêt, Fred est le bon copain que beaucoup d'entre nous rêverait d'avoir : gentil, soucieux du détail, il aime faire plaisir aux autres et surtout, ne se mettant jamais en avant ! 

Il avait choisi de nous faire plaisir, "souhaitant nous rendre la pareille" comme il le voulait. Grand merci à toi Fred, pour cette superbe journée, ponctuée d'éclectisme et de franche rigolade !

Let's go, parce qu'il y a un gros programme et le tire-bouchon commence à le démanger. Les vins sont servis à l'aveugle, seuls ou par paire, accompagnés du repas. 

 

Marsannay 2010 "les Champs Perdrix", domaine Marc Roy. Mise en route et comme dirait un copain, un premier vin parfait pour "créer le passage". Floral, élégant, quelques notes beurrées. Bouche très saline, assez longue et ciselée par une acidité tonique. Joli vin, sérieux et friand. Je ne connais pas le prix, mais si c'est une petite quinzaine d'euros, je peux me "laisser faire". Fred nous apprendra au moment de dévoiler ce que nous avions dans le verre que les malos ne sont pas faites sur ce vin. Pas franchement étonné vu l'énergie du jus. 

Assiette de charcuterie : lomo et jamón iberico de bellota, boeuf séché de wagyu et

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Chablis 2009 1er cru "Montmains" Thomas Pico. Le nez est absolument superbe : distingué et complexe, proposant des notes florales et une minéralité assez impressionnante (plus particulièrement de coquillages). En bouche, le vin répond parfaitement au nez et ne déçoit pas, avec un volume remarquable. Très beau vin, immédiat et sans concession. Un régal !
Chablis 2009 1er cru "la Forest" domaine Vincent Dauvissat. A côté du Pico, le Dauvissat fait pale figure. L'ensemble est verrouillé, sur quelques notes lactées et une bouche qui n'offre que des saveurs de caramel. Repris en fin de repas, le vin n'avait pas du tout évolué. A cacher au fond de la cave pour l'instant. 

Chablis 2010 Grand Cru Blanchot domaine Jean-François Raveneau (servi seul) : nez assez discret au départ, qui s'ouvre sur un ensemble de fleurs blanches et une touche anisée. En bouche, le vin est superbe : une pointe exotique, une tension et un volume de fou, sur une trame saline. Le longueur est en conséquence, même si le vin semble sur la réserve. Fond de verre sur des notes de rhubarbe. 
Superbe vin, qui a l'avenir devant lui !

Saint jacques réduction d'agrumes (citron, orange, pamplemousse) et

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Riesling 2006 Cuvée Frédéric Emile, domaine Trimbach : le nez ne trompe pas, évoquant pour commencer quelques notes terpènes qui mettent sur la route d'un riesling. Complexe, le nez est complété par des notes de citron, de caramel, de curry et de saphran. La bouche est droite comme un I et offre une rémanence des épices évoquées au nez. 
Vin à l'allure cistercienne, qui peut déstabiliser ou au contraire, emballer. Personnellement, j'aime beaucoup. 

Pour patienter... 
Saumur blanc 2011 "Arcane", château de Fosse Sèche : nez un peu "nature", olive verte. En bouche, l'écidité est détartrante, sur des amers prononcés. Pas emballé.  

Dos de cabillaud, lentilles et lard fumé et

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Côtes du Jura 2002 "les Vignes de mon Père", domaine Ganevat (savagnin ouillé élevé 130 mois). Nez légèrement "nature" encore, fumé, me faisant penser à une Mailloche récente de Stéphane Tissot. Bouche carressante, langoureuse, sur des touches citronnées et d'élevage (caramel). Bon vin, qui manque pour ma part d'un peu de volume, mais pas de caractère. 

Au passage, mention spéciale à Fred pour la cuisson parfaite du cabillaud ! Cuisson au micro-ondes, technique peu orthdoxe qu'il tient d'un cuisiner, mais diablement efficace. 

Nous changeons de couleur, pour attaquer la côte des rouges :) 

Quadrilogie de viande de boeuf de Matthias Paynel (jeune boucher à le Gros Theil, 27)

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Charolaise maturée 65 jours et
Mercurey 2012 1er cru "Clos des Champs Martin", Bruno Lonrenzon. Fruit assez primaire dans son expression (lisez jeune), bouche acidulée avec une pointe de verdeur, mais joli corps, fumé avec des tannins de bonne qualité qui ne demandent qu'à se polir. Vin équilibré et franc du collier, qui devrait apporter du plaisir dans quelques années. Merci Fred pour la découverte. 
Gevrey-Chambertin 2011 Vieilles Vignes domaine Marc Roy. Nez plus crémeux sur la rose et la groseille. En bouche, le vin est totalement délié avec une belle énergie. L'acidité est bien dosée, supportée par une longue finale poivrée et de cerises griottes. Beaucoup de plaisir !

5 vins sont servis seuls pour accompagner les viandes...

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Galicia 80 jours de maturation et
Morey-Saint-Denis 2008 domaine Dujac. Nez intense et ouvert sur des notes de fruits rouges acidulés et d'épices. Bouche à l'attaque incisive, s'appuyant sur une acidité sur le fil, offrant presque des saveurs de sous-bois. Le tout est d'une bonne longueur et le fruit fait son retour en final. Très bon vin, dans une phase déjà accessible. 

Chapelle-Chambertin Grand Cru 2011 domaine des Tilleuls. Nez jeune mais diablement séducteur, d'une grande profondeur, qui déploie tour à tour sa panoplie de fruits rouges et d'élevage. Bouche digeste mais assez discrète et de demi-corps, qui déroule sans faire de bruit un équilibre remarquable. Bonne longueur et retour du fruit en fin de bouche. Infanticide peut-être, mais encore accessible pour le moment. 

Nuits-Saint-Georges 2003 1er Cru "Clos des Porets" domaine Henri Gouges. On change de registre avec un nez plus mur, assez généreux pour tout dire avec des notes de chlorophylle marquées. Bouche riche et compacte et une finale qui sèche allègrement. 
Vin qui ne trahit pas le millésime dont il est issu et qui m'a fait partir à l'aveugle vers le Rhône sud plutôt qu'en Bourgogne. 

Charolaise maturée au Whisky et
Margaux 1986 Château Prieuré-Lichine. Le nez est poussiéreux au départ, mais ce défaut s'estompe rapidement pour laisser place à la panoplie habituelle du Bordeaux âgé et classe : fumé, orange, jus de viande et notes de poivron. Malheureusement, la bouche présente un défaut, avec amertume et un déséquilibre notoire. Dommage, car le nez était prometteur. 

Cornas 2010 Guillaume Gilles. Nez très "syrah", friand et gourmand sur la pivoine, une touche poivrée et d'épices. Bouche riche et ronde, offrant force et puissance contenue. Une belle syrah, déjà très ouverte et qui devrait s'afiner avec le temps. 

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Onglet de boeuf maturé 3 semaines et 
Saint Joseph 2009 Jean-Louis Chave. Profusion et explosion de petits fruits rouges et noirs au nez (groseille, myrtille, cassis...) et de cendre froide. Serais pas surpris d'être en présence d'une syrah granitique. Bouche gourmande et aérienne, à l'acidité salivante, supportée par un fruit compacte. Très bon vin, déjà accessible mais pratiquement incrachable ! 
Hermitage 2009 Jean-Louis Chave. Le nez offre une sensation de velours, un l'élevage luxueux et une étonnante acidité volatile. La bouche offre une réserve de puissance assez impressionnante, une pointe de rondeur, mais alors quel jus !! La finale est magnifique d'intensité et d'énergie. Grand vin, à l'aube de sa vie. A recroiser dans quelques années.
Merci Fred pour ce très beau duo.

Plateaux de fromages
1er service, déclinaison de fromages de chèvres.
Vin de France L2008, "Or' Norme" Un Petit Coin de Paradis, Etienne Courtois (sauvignon macéré). Vernis, acétate, pas du tout ma cam', désolé.
Sancerre 2008 "le MD de Bourgeois", Henri Bourgeois. Nez typique du sauvignon, explosif, peut-être un peu "too much". Mache calcaire en bouche, florale, offrant de jolies rondeurs. Pour amateur du genre, je suis moyennement convaincu. 

2ème service de fromages, les pâtes dures (Morbier, Comté 40 mois, Beaufort et tomme du pays-d'Enhaut)
Côtes du Jura 2008 domaine Macle. Sur une oxydation modérée, le vin déroule une certaine facilité, de fruits secs à coques et de curry. L'acidité élevée confère dynamisme et fait saliver la bouche. Bien connu des amis autour de la table, le vin est confortable et diablement efficace avec les fromages. 
Le plateau de fromages vient de prendre une sacré claque !

Gâteau aux fruits de saison et
Hocheimer Hofmeister 1986 Riesling Kabinett, Franz Hück. Aromatique exotique mais totalement sec. Pas trop mon truc.
Méthode Gaillacoise 2008 "Symphonie" domaine René Rieux. Ca fleur bon la pomme verte, équilibre demi sec, bouche généreuse et gourmande. Une jolie bulle pour rincer l'homme et terminer cette superbe journée.

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Merci à toi Fred pour ta générosité et ton hospitalité. Bravo pour tes talents de cuisiner et les accords qui allaient avec. En plus, à part 2 ou 3 vins sur 21, ça se goûtait parfaitement. Ce repas restera très certainement comme l'un des meilleurs souvenirs pour la bande haut-normande. Félicitations, tu peux dormir maintenant :) 

 

 

22 juin 2014

Séjour en terres ligériennes #3 : la Porte St Jean, Sylvain Dittiere, Saumur-Champigny

Encore un peu frappés par la superbe dégustation et ces moments presque trop courts que nous venons de passer avec Antoine Foucault au domaine du Collier, nous prenons la voiture pour aller à la rencontre de tonton Raoul Sylvain Dittiere, à Montreuil-Bellay. Jolie bourgade de 4000 habitants située à une petite quinzaine de kilomètres au sud de Saumur, ce village fortifié à l'ame vigneronne  accueil désormais à quelques pas de la porte St Jean, Sylvain Dittiere.

Beau-frère d'Antoine Foucault par son amie mais aussi gendre de Charly (ça ne doit pas être triste lors des dimanches en famille), Sylvain semble avoir la tête bien pleine et surtout bien faite. Osons le dire, Sylvain Dittière est LE coup de coeur de ce séjour en terre ligérienne ! 28 ans, un BTS viti-oeno en poche depuis quelques années déjà, il travaille chez ceux qui n'ont pas grand chose à prouver, jugez plutôt : château Yvonne, Thierry Germain, les frères Foucault, Gérard Gauby, Marc Tempé...

 

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En 2010 il s'intalle en appellation Saumur. 6 hectares en fermage qui permettent de vinifier blancs, rouges et quelques expériences qui forment la jeunesse. Sylvain travaille les sols de ses parcelles, permettant de retranscrire une fois en bouteille "la meilleure expression possible des terroirs".

Côté vinification, la cave en tuffeau est traversée de haut en bas par un tuyau en inox depuis le chai situé au dessus jusqu'au stockage des barriques. Cette installation très simple permet de ne pas trop bousculer les vins et de travailler uniquement par gravité lors de l'entonnage. Le vin est ensuite élevé sans soufre jusqu'à la mise en bouteille, dans des barriques de 1 à plusieurs vins provenant du château Latour Haut-Brion pour les rouges et de Bourgogne pour les blancs. Les vins de goutte et de presse sont élevés séparément jusqu'à l'assemblage.

 


 

Passons à la dégustation, qui commence par les vins encore en cours d'élevage, dans la cave souterraine.
2013 est un millésime avec de faibles volumes. Par exemple, seulement 9 hectolitres de sauvignon issus de vignes de 60 ans, mais ça goute plutôt pas mal. Nous goûtons les rouges 2013 qui n'ont pas encore faits les malos. En revanche, les 2012 qui terminent leur élevage et qui devraient être mis en bouteille d'ici un mois sont superbes : les nez sont précis, les textures soyeuses, riches ... Sylvain souhaite faire des vins buvables maintenant et meilleures dans 10 ans.

Nous remontons nous asseoir sur la terrasse familial, par un beau soleil de fin d'après-midi. Tonton Raoul, Sylvain, apporte quelques flacons embouteillés. 

Saumur Champigny, les Beaugrands 2011. Vignes de cabernet franc situées sur le haut d'une parcelle de 40 ans. Mis en bouteille il y a à peine un mois, le fruit est croquant, plutôt long et salivant. Miam !
Saumur-Champigny 2010 : un peu de réduction, mais un corps longiligne, et ce côté un peu sphérique. En pleine forme, et la marque du millésime : équilibre d'école.
Saumur blanc, la Perlé 2002 : avec une sensation de gras, le vin se déploie autour d'une jolie aromatique expressive. Belle tenue en bouche, le vin est à la fois tendu et salin. Superbe !

 

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Un grand merci à Sylvain Dittiere pour ce bon moment passé avec lui. Les vins son à son image : ouverts et francs. Après seulement 4 millésimes, Sylvain est en passe de conquérir le monde du vin. Preuve en est, 60 % des vins sont vendus à l'export et se retrouvent déjà sur bon nombre de tables étoilées.
Nous terminons cette fin de journée avec les vins des copains appréciés par Sylvain et autour d'un breuvage expérimental : un cab franc passé en bonbonne de verre, logée au milieu de la terrasse familiale, qui subit le chaud et froid depuis déjà quelques hivers. C'est amusant et c'est bien bon.


Sylvain Dittiere
La Porte St Jean
100, rue Porte St Jean
49260 Montreuil-Bellay
Tel : 0033 241 404 122
sylvain.dittiere@hotmail.fr

 

 

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