Les bouteilles de Maigremont

03 juin 2015

Un bourguignon à la maison : domaine Huber-Verdereau

Nouvel épisode de la série "un vigneron à la maison". Vous savez, la saga qui consiste à inviter un vigneron chez soi, tout en se mettant les pieds sous la table, pendant que le faiseur de vin nous fait gouter sa production et nous explique comment il travaille... 

Pour rappel, regardez quelle chance nous avons eu : 

Episode 1 : domaine des Marnes Blanches, Jura, Géraud Fromond 
Episode 2 : domaine Fouassier, Sancerre, Benoit Fouassier
Episode 3 : domaine Rietsch, Alsace, Jean-Pierre Rietsch
Episode 4 : domaine Huber-Verdereau, Bourgogne, Thiébault Huber

Thiébault Huber nous arrive directement de New-York. Il semble frais comme un gardon, après une tournée au pays de l'oncle Sam, destinée à promouvoir ses vins via son importateur local. Pas simple de se reconnecter à la réalité, quand à la descente de l'avion et après quelques péripéties liées à une météo capricieuse à NY et ensuite un long voyage dans les pattes, on vient se frotter à quelques amateurs de pinot noir. Rien que pour cela, nous remercions Thiébault Huber pour sa gentillesse et son temps passé avec nous. 

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Repères
Thiébault est le vigneron et propriétaire du domaine Huber Verdereau, situé sur l'emblématique village de Volnay en Côte de Beaune. Né en Alsace il y a 44 ans et après une première vie professionnelle comme sommelier, il s'installe en Bourgogne grâce aux vignes familiales issues de son grand-père qu'il reprend en 1994 après un long fermage. Il fait ses premières armes chez Jean-Michel Deiss en Alsace, puis chez son cousin Jean-Marc Bouley à Volnay. 
A 24 ans, il se lance : il achète tout le matériel nécessaire à la tenue d'un domaine et prend dès le début la décision de le conduire en bio. Il récupère au fure et à mesure les vignes familiales, dispersées sur 6 villages à et autour de Pommard, pour atteindre actuellement 9,5 hectares.

Pour combler le manque à gagner dû aux dernières années catastrophiques en matière de rendements, Thiebault a développé une petite activité de négoce, actuellement en conversion (capsules argentées). Vous n'êtes pas sans savoir que les rendements depuis, le millésime 2010, sont très faibles : coulure, millerandage mais surtout cette foutue grêle que rien n'a pu arrêter 3 années de suite, parfois aux mêmes endroits !
Après une grosse implication et des essais de 34 générateurs anti-grêle (émission de particules d'iodure d'argent et de cuivre), dispersés dans tout le vignoble bourguignon, 2015 marquera la mise en place d'un nouveau dispositif dans son propre vignoble (quelques ouvrées d'une parcelle de Volnay 1er cru "les Fremiets"), destiné lui aussi à lutter contre la grêle : l'installation de filet. Ce dispositif expérimental, reste très encadré dans un premier temps, en particulier par les instances du vin, qui considèrent qu'il peut modifier le terroir et nuire à l'esthétique du vignoble. Pas simple, quand on sait que le vignoble bourguignon prétend actuellement obtenir son classement au patrimoine de l'Unesco. Le jeu en vaut-il la chandelle ? Très certainement. En tout cas, il en va de la survie économique de nombreux domaines et vignerons... et finalement, pour l'amateur en quête de vins de Bourgogne

Bon, assez parlé : le tirebouchon est de sortie, les verres également. Ca tombe bien, on a soif !

Bourgogne blanc 2012 (actuellement en conversion, cuve 100 %, chardonnay provenant de vignes du domaine, complété par de l'achat de raisin pour cause de grêle) : assez riche et bien tendu dans l'ensemble. Finale fraîche.

Mercurey blanc "Vieilles Vignes" 2013 (le vin élevé pour moitié en cuve et l'autre en fut, provient de 2 parcelles récemment achetées, situées au nord de l'appellation. Elevage jusqu'en juillet de l'année suivante) : plus riche encore, plus intense assurément, là encore fraicheur et finesse dominent. Finale énergique cependant. Joli vin, parfait compromis entre l'entrée de gamme et ce qui représente le haut du panier en blanc

Puisque l'on commence à parler élevage, Thiébault s'attache les services du tonnelier Billon : il considère que les futs marquent modérément et que le grain de tannin correspond au jus de ses vins, c'est à dire fin et délicat.

Meursault "en Dressolles" 2012 (vignes de 47 ans, situées en bas de coteau) : très floral et salin, avec d'étonnantes senteurs de banane. Bouche d'une grande pureté, équilibrée, longue et éclatante. Appelle irrémédiablement à passer à table, en invitant au préalable une famille complète de crustacés. Vibrant, superbe !

Quelques rouges et...

Bourgogne Pinot Noir 2013 (macération longue soit 23/24 jours, remontages, élevage en vieux futs et cuve béton) : vin simple d'expression mais gorgé de fruit ! Très fine acidité qui étire le vin sur un ensemble gourmand. 

Monthélie "la Combe Danay" 2013 (parcelle rachetée à Emmanuel Saison, qui faisait aussi un vin remarquable) : une chair plus ferme, un corps dense et une structure remarquable. Belle finale déliée qui apporte beaucoup de plaisir. A attendre en toute confiance, mais c'est déjà bon. 

Volnay "Robardelles" 2013 (vignes plantées en 1943) : essences de prunes et de fruits rouges. C'est sur une belle puissance contenue et un milieu de bouche intense que ce vin déroule sa classe encore un peu tannique. Finale soutenue par de fins amers. 

Pommard 1er cru "les Bertins" 2013 (vignes plantées par le grand-père en 1955) : étonnamment citronné au nez, petits fruits rouges. Bouche étroite, construite sur la longueur. A attendre bien évidement. Beau travail, quand on sait que cette parcelle a été grêlée 3 millésimes de suite

Pommard "Clos du Colombier" 2012 (77 ares 28, monopole du domaine. Parcelle coincée entre 2 vallées, calcaire puis alluvionnaire quand elle se fait plus proche de la rivière). Nez épicé et poivré, fruit éclatant et subtil. Attaque en bouche longiligne et compacte. Finale très ouverte sur un léger trait végétal. Très beau vin !

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Pommard 2001 (vin de grêle, regroupant 5 parcelles de Pommard. Premier millésime en bio certifié) : ça pinote au nez, aucun doute ! Le vin montre quelques signes d'évolution, mais est parfaitement assis sur une grosse structure encore bien tannique. Un peu plus marqué par la rafle que les précédents. 

Dernier vin ouvert et bouteille mystère : couleur orangée. Joli pinot qui offre un nez évolué sur la rose et des notes de terre. Bouche un peu lâche, mais qui a encore plein de choses à raconter, à commencer par le sentiment d'avoir dégusté le premier vin de Thiébault. C'est un Volnay 1993, résultat de l'assemblage de 3 parcelles de Volnay, élaboré après les journées de travail chez JM Bouley. 

Un grand merci à Thiébault Huber pour son passage en Normandie et pour la découverte de ses vins qui sont d'une remarquable élégance, finesse et raffinement.
Nous lui souhaitons plein de succès pour ce millésime 2015, pas trop (voir pas du tout) de grêle et une belle inauguration pour son nouveau joujou à Meursault : un nouveau chai.


Domaine Huber-Verdereau

Rue de la Cave - 21190 Volnay
+33 380 225 150 /+33 680 019 077
contact@huber-verdereau.com 
http://www.huber-verdereau.com/


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21 avril 2015

Origines Champagne 2015

C'est avec grand plaisir que nous avons répondu avec quelques amis, à l'invitation de Fabien Grumier. Nous sommes partis de bon matin depuis notre bonne vieille Normandie vers la Champagne. Cette région m'est un peu étrangère, ou du moins je ne la connais que trop peu. L'occasion était trop rare pour ne pas passer la journée à buller !

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"Origines Champagne", faisait donc salon ces 18 et 19 avril dernier, au château de Pierry, cossue et superbe demeure toute proche d'Epernay. Ce salon est destiné à faire goûter un résumé de la production de chaque vigneron. Chaque membre d'Origines Champagne présente 3 vins clairs 2014 et 3 cuvées de Champagne. Ce label n'est pas fait pour monter les rivalités, au contraire : les 10 vignerons se rencontrent régulièrement, pour échanger, déguster, faire part de leur propre expérience, dans le seul et unique but de faire progresser la qualité de leurs vins. 

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Le temps étant compté, nous préférons prendre le temps de pouvoir discuter avec les vignerons et goûter leur production, plutôt que de courrir et enfiler les vins les uns après les autres. Malheureusement, nous ne pourrons pas rencontrer tous les participants. 

Résumé d'une cuvée "coup de coeur" de chaque faiseur de vins...

Champagne Bourgeois Diaz 
Domaine de 7 hectares situé dans la vallée de la Marne dans l'Aisne, planté essentiellement de pinot meunier, noir et chardonnay. Jérôme Bourgeois au diapason, ce jeune nous accueille avec dynamisme et sourire. Il mène la vigne en biodynamie depuis 2009. 
"M" (2011, dosé à 1 g/l). Ce "M" (100 % pinot meunier) est doté d'une belle fraicheur grâce à ses notes de chlorophyles et la rondeur s'articule autour de notes de cacahuettes. Belle tension finale et plaisir immédiat. 

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Champagne Benoit Dehu
Benoit travaille sur le domaine familiale de 13 hectares, mais c'est pour son propre compte qu'il est présent sur le salon. 1,7 hectare de pinot meunier d'un seul tenant, en agriculture biologique situé à Fossoy dans l'Aisne
La Rue des Noyers (2011, 1 g/l, non filtré) : bulles fines et légères, le vin est très ouvert, sans concession et propose un caractère bien trempé. J'aime beaucoup ! 

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Champagne Nathalie Falmet 
Après des études de chimie et un diplôme d'oenologue obtenu en 1993, Nathalie Falmet reprend le domaine familial situé dans la Côte des Bars à Rouvres les Vignes. 
Son Brut Nature (2011, pinot noir 100 %) possède une belle richesse dès le nez et une franchise à toute épreuve ! Sa finale crayeuse et tonique est un véritable plaisir qui excite les papilles. Très beau vin 

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Champagne Maurice Grumier
Fabien, quasi quarantenaire, est à la destinée du domaine Grumier, bien ancré depuis 1743 sur la rive droite de la Marne à Venteuil dans la Marne (8,5 ha). 
Blanc de Blancs (chardonnay dosé à 6 g/l) : c'est la troisième fois que je goûte cette cuvée, je suis toujours emballé par la richesse et l'aptitude à faire saliver. C'est un peu le Champagne idéal pour lancer une belle journée avec des amis, placé à l'apéritif par exemple ou une viande blanche. Du gras, de la tension, l'équilibre est parfait !

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Fabien et son épouse Hélène

Champagne Tristan H
"H" pour Hyest, Tristan rejoint le domaine familial il y a un peu plus de 15 ans, puis en 2003 se lance seul comme un grand avec 2,5 hectares. 
Iseult Rosé (2/3 de chardonnay, 1/3 de pinot noir, 2008) : vous savez quoi, ça sent le vin mais surtout le raisin ! Ensemble gourmand dès l'attaque, le chardonnay impose sur la finale sa droiture et sa précision. 

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Champagne Vauversin
Laurent, à peine 25 printemps présente les vins de la propriété familiale. Depuis qu'il est arrivé au domaine, plein de choses ont été entreprises, à commencer certaintement par la plus importante : la conversion des 3 hectares de vignes situés sur Oger (51).
Réserve Orpair Grand Cru (Blanc de Blancs dosé à 6 g/l) : remarquable ossature fraiche et tendue, enrobée d'une matière crémeuse et ample. Longue finale. Beau travail !

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Et voilà, c'est terminé pour ce salon Origines Champagne. Un cadre très ouvert, un plaisir pour les yeux, de bonnes conditions pour déguster et des vignerons sympathiques et disponibles pour discuter et échanger ! Désolé de n'avoir pu faire le tour de tous les vignerons, mais il fallait faire vite pour respecter le timing serré. Merci à Fabien pour l'invitation 

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A suivre...

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19 avril 2015

LPV Haute-Normandie embarque pour la Bourgogne sud

32 ème saga pour le comité haut-normand de LPV. Direction, le sud de la Bourgogne avec au programme : Côte Chalonnaise et Maconnais (blancs et rouges). 

Première étape, celle de la table : la Corne d'Abondance, restaurant familial situé dans le paisible village de Bourgtheroulde-Infreville, aux confins de la Seine Maritime et de l'Eure. 

Les vins sont servis par paire, à l'exception du premier, qui nous sert de mise en jambe...

Domaine de la Pierre des Dames, Mâcon-Prissé Primeur 2014 : amusant de boire un vin qui a à peine 7 mois, qui plus est un blanc. Le nez est intéressant : des notes beurrées, acidulées et lactiques. Bouche assez simple, relativement bien construite, quoiqu'un peu chaude sur la finale. Assez bien et même encore plus quand on sait que ça ne coute que 6 € chez le caviste !

Domaine Sainte Barbe, Viré-Clessé Vieilles Vignes 2013 : le nez est une merveille, délicat, floral, exotique même. Jamais un vin de ce secteur ne m'était apparu avec ce type d'aromatique. La bouche est fruitée, presque minérale, offrant la tension suffisante et la longueur nécessaire pour en faire un vin agréable. Petit décalage entre le nez et la bouche toutefois. Bien +
Domaine André Bonhomme, Viré-Clessé Vieilles Vignes 2009 : le nez est plus évolué et s'est radicalement transformé avec les quelques minutes passées avec lui. Lui aussi est splendide : orienté sur la minéralité, avec des notes fumées, de pierres humides et un poil de bois, mais rien de trop. La bouche est assez complexe et composée d'une belle richesse, sur des touches de champignons et d'anis. Pour tout dire, ce vin m'a fait penser à Muscadet de chez Brégeon de quelques années. Bien +
Une bien jolie paire pour débuter.

Céline et Laurent Tripoz, Mâcon-Vinzelles "les Morandes" 2012 : le nez est troublant, ainsi que la robe d'ailleur, sur la pomme et pour tout dire, il manque de netteté. On retrouve en bouche cette même aromatique, pas forcément avenante, mais heureusement le côté tactile est intéressant. Problème de bouteille ?
Domaine Cheveau, Pouilly-Fuissé "les Trois Terroirs" 2013 : on revient vers un nez plus standard, mais serré. La bouche propose un léger perlant, l'acidité est haute. Bonne longueur. A revoir, car l'ensemble est un peu trop mordant à mon goût. Assez bien, même si j'ai bon espoir sur cette cuvée.

Domaine Stéphane Aladame, Montagny 1er cru, sélection de Vieilles Vignes 2011 : en voilà encore un joli nez. Sur la pierre à fusil, avec une minéralité omniprésente et une point de senteur boisée. La bouche est tonique et pulpeuse à la fois, fraîche. Vin délicieux, qu'il faut prendre comme il vient. Bien +
Domaine Aubert et Pamela de Villaine, Bouzeron 2010 : ensemble très ouvert et franc, sur une parfaite aromatique fruitée, ronde mais dynamique. Vin à l'équilibre d'école, qui reste frais et ne fatigue pas le palais. Bien +, dans un autre style que le Montagny.
Encore une jolie paire.

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Tartare de la mer mariné et
Domaine Aubert et Pamela de Villaine, Rully "les St Jacques" 2012 : le nez est marqué par le caramel et pas grand chose d'autre. Bouche très souple, toujours sur cette aromatique caramel. Ca manque de tension, le vin est confronté à une certaine mollesse, qui rend le vin peu sexy. Assez bien et relativement déçu par le rendu de cette bouteille. 
Vincent Dureuil-Janthial, Rully 1er cru "le Meix Cadot" 2012 : on change de producteur et de parcelle, tout en gardant le millésime et l'appellation. Le vin se montre sur un tout autre aspect : FFF. Force, Finesse, Fraicheur. En ajoutant "Intensité", on fait le tour des adjectifs qualificatifs. Le nez est étincelant, d'une grande pureté : café, poivre blanc, floral. La bouche, tendue comme un arc et joue la carte de la précision et de l'équilibre. Bonne longueur finale. Excellent !

Changement de couleur, avec les rouges

Domaine Laborbe Juillot, Rully "la Chatelienne" 2012 : nez très rustique, peu élégant. Bouche stricte, dure sur des amers forcés. Peu de plaisir. 
Domaine de l'Evêché, Bourgogne Côte Chalonnaise 2012 : nez plutôt agréable sur des notes épicées, de fruits rouges, de lilas et aussi une pointe de vernis. Bouche encore jeune, sur une sensation tannique qui s'estompera normalement d'ici peu et une légère amertume finale. Un vin qui devrait se délier et apporter satisfaction dans d'ici quelques temps. Assez bien 
Net avantage au Bourgogne Côte Chalonnaise

Suprême de pintade grand-mère et 
Domaine François Lumpp, Givry 1er cru "la Brûlée" 2011 : il porte bien son nom, "la Brûlée", avec des notes de grillé, heureusement dépassées par la suite et notamment une bonne aération et par une bonne dose de fruits rouges. Je suis assez surpris pas une petite acidité volatile, peu commune chez ce producteur (c'est mon apport, j'ai une longueur d'avance sur les autres, hein). La matière se montre acidulée, mais le fruit est encore un peu terne. Bon accord avec le plat. A attendre sagement. Très bien -
Domaine Joblot, Givry 1er cru "Servoisine" 2012 : comme pour le Lumpp, le nez propose d'emblée un côté grillé/brûlé qui partira avec l'air. Belle tension et beau jus en bouche même si cela semble encore comprimé. Très bien.
Match équilibré, mais petit avantage au Joblot (effet millésime ? )

LPV 32

Les papys maintenant, bus pour eux-mêmes
Domaine Edmond Monnot, Maranges 1er cru "Clos de la Bouttière" 1996 : demi pirate on va dire. Ce vin proposé par Vincent, est rattaché au vignoble de la Côte de Beaune, mais l'appellation est installée en Soâne et Loire (71), donc on valide pour cette dégust. Belle bouteille qui a évoluée avec harmonie et finesse : joli nez profond sur le tabac, le jus de viande et des saveurs terriennes. J'aime beaucoup ! Très bien -
Domaine Pillot JL, Mercurey 1er cru 1995 : le nez est très fatigué, mais le toucher de bouche reste intéressant, malgré le peu de choses qu'il a à dire. Sur le déclin

Fromages et 
Domaine Lorenzon, Mercurey blanc 1er cru Croichots 2012 : floral, fruits blancs et une sensation tourbée égréable. Bouche un peu "lente", presque langoureuse, petite amertume qui retend la finale. Bien mais j'en attendais un peu plus
Domaine Valette, Pouilly-Fuissé "Tradition" 2010 : robe pas très limpide. Nez sur le curry, le céleri, je comprends qu'il puisse repousser certains avec cette oxydation légère. Bouche vive et franche, déroulant un remarquable volume sur nes saveurs anisées et de gougères. Pour amateur du genre, que je suis ! J'aime beaucoup, mais je suis fan du domaine. Très bien

Pour terminer, avec la tarte fine aux pommes
Domaine de la Mabilière, Vouvray Moëlleux 1989 "Louis Philippe" : souvenir d'un vin encore en pleine forme, malgré ses 26 ans, doté d'une belle vivacité et d'un joli confit. 

Merci à tous pour ce bon moment. Les vins étaient au niveau attendus pour les blancs, au plaisir plus limité pour les rouges. Je pense qu'on peut relativement se faire plaisir dans ce coin, sans atteindre des sommets en matière de prix.

Merci à la sympathique équipe de la Corne d'Abondance pour sa gentillesse et la qualité de son menu. 

Et pour suivre les rebonds sur le forum, c'est ici

 

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17 mars 2015

HappyverSeb !

Quelques bouteilles ouvertes lors du repas d'anniversaire du grand Sébastien, à l'occasion de ses .1 ans. Tout est à l'aveugle 

Bricoles apéritives : andouille de Guéméné, St Jacques à la crème... et

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Sylvaner 2013, Albert Boxler : je reconnais assez rapidement la patte Boxler, mais je m'oriente plutôt vers un pinot blanc. Mes p'tits copains identifient le sylvaner, bien joué. Beaucoup de fruit, une petite rondeur, mais une matière ample et généreuse. Peut désorienter par la présence de gaz carbonique que l'on rencontre habituellement dans cuvées du domaine embouteillées il y a peu de temps.

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Muscadet Sèvre et Maine 2011, Domaine Michel Brégeon, "Hors-Série" : un vin construit sur l'acidité et un minéral plus marqué. Joli fruit blanc également, offrant une matière plus "sèche". Beau vin, que l'on verrait aussi bien à l'aise sur des fruits de mer qu'à l'apéritif. 

A table cette fois et pour de bon ! St pierre, purée de topinambour, beurre blanc aux agrumes

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Marestel 2007, domaine Dupasquier, Roussette de Savoie : si le nez est une splendeur, déroulant une aromatique cireuse, presque confite (abricot, miel), le vin est irrémédiablement bouchonné en bouche. Il sera remplacé au débotté par un 
Pinot Gris A360P 2008 du domaine Ostertag : nez grillé, de noisette, des notes de poivre blanc, mais un peu réduit, qui pourrait mettre sur la piste d'un Bourgogne blanc. La bouche propose une belle patine, le vin est posé, mais pourrait en dire d'avantage avec quelques heures d'ouverture. Petite frustration, à revoir tant le potentiel est évident. 
Altenberg de Bergheim Grand Cru 2005, domaine Marcel Deiss : joli nez envoûtant, pointant l'évidence du riesling, grâce à quelques notes terpéniques. Bouche ronde, presque confite et une longue allonge, qui termine en éventail. Très beau vin, qui sur le plat de poisson aurait été encore plus apprécié avec un peu moins de sucres résiduels. 

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Cassoulet maison, 30 litres, c'est parti pour les grandes manoeuvres !
Calatayud 2010, bodegas Roque Colás : nez puissant, épicé et de fruits noirs, il reste néanmoins délicat et frais. Bouche bien équilibrée, fruit impeccable, un peu tannique encore. Elle ne manque pas de peps face au cassoulet. Premier millésime pour cette bodega, ce 2010 à base de grenache, tempranillo de cabernet sauvignon et merlot est une vraie réussite. 
Vin de Pays de l'Hérault 2005, domaine de la Grange des Pères : il y a des nez qui ne trahissent pas vraiment, le genre de parfums qui vous mettent une petite pichenette, vous appellent à vous concentrer et à mettre tous vos sens en éveil. Se présentent tour à tour : olive, tapenade, herbes aromatiques, le tout dans une cohérence parfaite, sans que rien ne prenne la mesure de l'autre. La bouche est un modèle d'équilibre, de soyeux, sur ces saveurs d'oranges douces, de fruits noirs compotés, sans aucun excès de maturité. L'ensemble est d'une belle longueur et offre un gros plaisir charnel. Parfait actuellement, sans aucune sensation tannique. Le pied !
Madiran 2005, château Montus, la Tyre : baies rouges, épicé, pas mal de bois (notes de vernis) même en bouche. Dissocié sur l'alcool. Pas du tout prêt ! 

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Le cassoulet pour 57 repart en cuisine, arrive un vin dégusté seul en guise de transition : le nez est floral, crémeux, bonbon Kréma et une pointe de poivre. La bouche propose une belle intensité et un jus délié qui offre plaisir et sérieux. Joli vin que ce Gevrey-Chambertin 2006 1er cru Petite Chapelle du domaine Rossignol-Trapet

Fromages, 1er service : Etivaz, Epoisses, Bleu de Termignon

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Un autre vin, à la couleur presque tuilé, est servi pour marquer une deuxième transition. C'est important les transitions, vous allez comprendre pourquoi :) Le nez est très fin, une pointe de café, sur la terre, d'une grande profondeur sur des notes de roses fanées. On sent le gros calibre et une certaine race, même si je n'aime pas trop utiliser ce mot. Mais force est de constater que le nez est vraiment magnifique. La bouche ne déçoit pas, elle est d'une extrême douceur, la texture est infiniment précise et posée grâce à ses tannins fondus. Un vin fait de dentelle, paré pour faire l'amour ;) Ah oui, cette merveille est un Ruchottes-Chambertin Grand Cru 1993 de Michel Bonnefond.

Fromages, 2ème service : Charolais, Pérail, Tomme de brebis, Carré corse

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Sancerre 2007, Edmond Vatan, Clos la Néore : nez rocailleux, un peu champignon à la manière d'un Muscadet de Brégeon de quelques années. Bouche très fine, avec quelques rondeurs, mais bourrée d'énergie. Beau vin, même si j'eus espéré d'avantage de puissance.

Dacquoise, crémeux ananas, mousse mangue/orange confite

Monbazillac 2001, château Tirecul la Gravière, cuvée "Madame" : belle et grande matière riche et juvénile, contrebalancée par une heureuse acidité qui remonte l'ensemble, sur des saveurs d'orange confite, de mangue, de sparadrap et de safran. Finale apaisée mais longue qui termine par de fins amers. Un remarquable vin qui semble avoir trouvé son point d'équilibre depuis notre dernière rencontre et qui commence à présenter une légère évolution de la palette aromatique . 

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Un grand merci à notre Seb pour l'invitation. Un cassoulet d'anthologie, avec des restes qui lui permettront de tenir la semaine et de remplir le congélateur ! 

26 février 2015

LPV Haute-Normandie se met sur son #31 pour ouvrir du Champagne

31 ème exercice du genre avec la troupe de LPV Haute-Normandie. Quelques comptes rendus ont été publiés sur notre forum préféré, que le niveau de plaisir est pressenti comme moyen voir faible... Pour faire rapide de mon côté : je ne serai pas aussi catégorique, même si je n'ai pas passé une journée inoubliable.

Sauf cas contraire, les vins sont servis par paire et à l'aveugle (à l'exception de bibi qui connait la sélection du jour). Dans la mesure du possible, je précise les assemblages (Ch c'est chardonnay, PN pour pinot noir, PM pour pinot meunier) et dosages exprimés en grammes par litre

Coteaux de Coiffy blanc 2012 "Atout Cœur", Florence Pelletier, Auxerrois. Parce qu'il n'y a pas que des bulles dans la région champenoise, il avait décidé entre nous d'y ajouter quelques vins dits "tranquilles". Les Coteaux de Coiffy est un tout petit vignoble de 26 hectares, situé dans le sud-est de la Haute-Marne. Ici, c'est la version "blanc" qui passe au banc. Quelques notes de caramel, un fruit blanc bien en avant. De l'acidité et une petite amertume finale, bien enrobée comme il faut. Une expression simple du fruit, mais intéressante. A 6 € "j'acchèèète ! "

Michel Dourland Brut (60 PM/40 Ch. 8 g/l): axé sur des notes de pommes. On sent le dosage qui donne de la rondeur et une certaine consensualité. Joli fruit cependant. 
De Saint Gall, Brut 1er Cru 2004 (100 Ch. 10 g/l) : nez toasté, de pétard. Bien qu'assez simple, la bouche est dotée d'une belle constitution, exprimant dans un côté assez classique tension et finale harmonieuse. 

Ris de veau et
Champagne Delamotte Brut (55 Ch/35 PN/10 PM. 9 g/l) : la bulle est un peu comme certaines belles-mères, envahissante. Très fruité, à la limite du dosage que je peux accepter. En bouche, on retrouve un côté presque fumé, mais se retrouve étriqué par un déficit de volume et de matière. Pas trop ma camelote ce Delamotte. 
Francis Boulard et fille, les Murgiers, Extra Brut (70 PM/30 PN. 3 à 5 g/l). Le nez est assez curieux sur la croute de fromage (St Nectaire fermier) et le rhubarbe. Malgré une certaine rusticité, la bouche offre du caractère et de l'étoffe. Le mariage avec les ris de veau fonctionne bien. Je reste cependant un peu sur ma faim, car j'ai déjà bien mieux gouté les Murgiers. 

Billecart-Salmon, Brut Réserve (PN/CH/PM. 8 g/l). Le plus beau nez pour l'instant : subtil et élégant. Attaque de bouche onctueuse, rafinée, élégante encore. Un Champagne qui pourrait plaire à la majorité sans aucun doute, même si je lui trouve un petit manque d'éclat. 
Jacquesson 736, Extra Brut (53 CH/29 PN/18 PM. 1,5 g/l). Nez citrique et salin, on sent déjà que la bouche sera du même acabit. Tranchante, elle joue sur un dosage minimaliste pour ceux qui n'aiment pas que ça dépasse. Le raisin n'est pas oublié, bien au contraire et s'exprime avec pureté et franchise. Complètement ma cam' et tant que Puff Daddy ne s'intéresse pas à la marque, ça m'va !

Pierre Moncuit, Blanc de Blancs Grand Cru 2004 (100 Ch. 7 g/l). Gros gros fruit, tout en avant. Le côté crayeux fait surface par la suite, entraînant une certaine rondeur. Visiblement délaissé par mes petits camarades, sachez que je ne partage par leur avis. J'ai bien aimé.

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Sur les noix de veau. Sur le papier, la paire s'annonce plutôt pas mal. 
Philipponnat, Grand Blanc Brut 2006 (100 Ch. 4.25 g/l) : nez presque réduit, aux accents de Chablis sur des notes iodées et de coquilles d'huitres. Belle matière élancée, juvénile, supportée par une sacrée réserve de puissance. Fonctionne bien sur le plat. Mon Champ' préféré du jour ! Très beau
Jacquesson, Dégorgement Tardif 733 (52 Ch/24 PN/24 PM. 2.5 g/l) : étonnantes senteurs de céleri au nez, ce dernier n'est pas au mieux et semble en retrait. L'ossature est basée sur la tension et comme pour le nez, l'ensemble parait fermé. Plaisir mitigé. Etonnant ce DT 733, que j'ai eu l'occasion de pouvoir déguster à 3 reprises en 6 jours (2 bouteilles et un magnum). Et bien pas une seule bouteille ne s'est comportée de la même manière. La meilleure étant sans conteste le magnum, qui pour la petite histoire, n'avait subit aucun passage en carafe au préalable. 

Nous passons sur quelques rouges, à commencer par cette bouteille servie seule
Coteaux de Coiffy rouge 2011 "Atout Cœur", Florence Pelletier, Pinot Noir (100 PN) : nez de cendres froides, de cerise griotte +. Bouche simple et facile, non dénuée de gourmandise. Pour 6 €, rien à dire !

Delavenne Père & fils, Bouzy rouge, Coteaux Champenois Grand Cru 1999 (100 PN) : robe évoluée, orangée. Nez très fin, quelques notes de roses fannées, de loukoum. Le vin n'a quasiment plus de tannins. Largement sur le déclin. 
Jean Vesselle, Bouzy rouge, Coteaux Champenois Grand Cru 1995 (100 PN) : robe évoluée également. Nez oxydé, fatigué. Bouche sur des saveurs de terre. A encore quelques petites choses à dire, mais à boire rapidement.

Et pour terminer 
Champagne Gosset-Brabant, Noir d'Aÿ, Brut Grand Cru (100 PN. 4 g/l) : j'ai noté une belle vinosité et une remarquable allonge pour ce Champagne bien équilibré, au compromis idéal en ce qui concerne le dosage et la matière. 
Drappier, Pinot Noir Brut Nature Sans ajout de soufre, Zéro dosage (100 PN et rien d'autre) : fruit éclatant, presque tannique en bouche, mais une immédiateté et une gourmandise à toute épreuve. Je ne connaissais pas cette cuvée, mais j'ai beaucoup aimé.

Voilà pour cette journée moyenne, mais qui n'a pas de quoi être rangée au rayon des pires dégustations. Le cheptel était assez représentatif de ce qui se fait dans la région : Blanc de Blancs, assemblages, Blanc de Noirs, dosés, pas dosés. Il y en avait pour tous les goûts. De là à dire que tout était dosé à mort, il y a un pas que je ne franchirai pas. Nous sommes à 4,5 grammes de dosage en moyenne sur l'ensemble des 11 Champagne, donc pas de quoi mettre un diabétique au tas !

 

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19 février 2015

10 ans, pu... !

Déjà 10 ans que notre club de dégustation existe. 10 ans qui sont passés à la vitesse de l'éclair quand on y pense. Que de chemin parcouru depuis les premières rencontres hésitantes, mais sincères, grâce à la volonté de chacun de découvrir ce monde du vin que nous connaissions peu voir pas du tout. Nous avons la prétention de le connaître désormais un tout petit peu plus, de façon plus détendue surtout, mais notre passion et le plaisir de nous retrouver chaque dernier vendredi du mois est intacte. Nos rencontres mensuelles se veulent ludiques, sans prises de tête : aucune course à l'étiquette. 126 dégustations plus tard (et près de 3000 bouteilles ouvertes), il fallait marquer le coup et c'est l'excellent restaurant l'Hostellerie d'Acquigny qui a accueilli la troupe, avec nos moitiés respectives... L'idée était d'apporter nos vins (tous en magnum) pour accompagner la remarquable cuisine préparée par Fanny et Eric Georget et son équipe. 

Morceaux choisis de ce repas...

DSC_6073Une sacré tablée !

DSC_6076Champagne Jacquesson 733 Dégorgement Tardif pour créer le passage

DSC_6077Bricoles apéritives

DSC_6082Snacké de lotte juste fumé, combava, patate douce, mangue et coco et Arbois 
la Mailloche 2009 de Bénédicte et Stéphane Tissot. Accord dantesque !

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DSC_6087Noisettes de biche rôties aux baies de cassis, légumes oubliés et Valinière 2007 de Léon Barral, Cornas la Geynale 1998 de Robert Michel. Très beau Faugères 2007 au fruit éclatant, mais un peu trop puissant pour la biche. Superbe Cornas, parfait pour la bête.

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DSC_6108Quadrilogie de fromages de chèvre, Sancerre 2006 les Monts Damnés de Gérard Boulay :  
seule relative déception de cette soirée, empêtré dans des amers trop appuyés

DSC_6115Eclair caramel et noix (une petite tuerie) et Sauternes 1988 château Filhot (2 bouteilles)

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Groupe2

On va la faire remise des prix, mais merci à tous ceux qui ont pu approcher de près ou de loin ce modeste club, pour tous ces bons moments, aux vignerons sans qui tout cela ne serait possible (quelques dizaines rencontrés), toutes ces côtes de boeuf sacrifiées et nos compagnes compatissantes. Vivement dans 10 ans ! 

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04 janvier 2015

Vins oxydatifs : du jaune et de la couleur à tous les étages

Permettez moi tout d'abord de vous souhaiter une excellente année 2015, avec le tire-bouchons en action le plus souvent possible, de belle rencontres, en abusant des bonnes choses.

GP2015

C'est l'histoire d'une soirée autour de vins oxydatifs, qui n'était pas exclusivement dédiée aux vins du Jura. Bah oui, parce qu'il n'y a pas que les vins du Jura qui peuvent prétendre à un élevage oxydatif. L'Espagne, le Roussillon font partie de ces grandes terres de tradition où l'élevage version oxydatif sont légion.

La suite, en image et en texte...

Domaine la Casenove, Côtes Catalanes, "les Clares" 2007. On en parle un peu plus ICI, mais il faut savoir que ce vin issu pour moitié de grenache blanc et de roussane est élevé pendant 24 mois en fûts de chêne lituaniens avec peu d'ouillage. le nez assez fin est superbe. C'est un mélange de fruits jaunes, de notes de résine, de cire d'abeille et une pointe de vernis. La bouche est un modèle de constitution : d'abord une attaque légère sur la rondeur, le vin se renforce ensuite en prenant du volume par un gras caressant. La longueur est intéressante et signe un vin de caractère et presque atypique pour l'appellation. 

Robert et Bernard Plageolles, Gaillac blanc sec, Vin de Voile 1999. Un 100 % mauzac d'une complexité incroyable présentant une légère évolution : noix, fruits secs, de Calvados, proposant une bonne profondeur. La bouche offre du caractère, l'allonge se fait dans la finesse sur des saveurs très digestes de noix. C'est très équilibré, sans exubérance. Après 48 heures d'ouverture, cette bouteille est devenue absolument fantastique, s'accordant à merveille avec des fromages à pâtes dures.

Tio Pepe, Jerez, Palomino Fino (Espagne). Je détenais cette bouteille à la cave depuis un bon moment. Aucune indication de millésime et c'est tout à fait normal avec ce type de "tout venant", facilement trouvable dans les rayons de la GD espagnole. Très simple d'expression aromatique, mais tout de même, quelques notes citronnées et de peau de noix. Bouche presque légère, simple pour tout dire. Moyen, mais on sait que cette cuvée n'est pas faite pour être gardée très longtemps. 

Jean Macle, Côtes du Jura 2009. Beaucoup de fruit au nez, jaunes particulièrement (mirabelle + ), très propre, cristallin et net, proposant une oxydation modérée. Bouche à l'attaque presque onctueuse, lactée, très fruitée encore. Equilibre d'école, aspect classe. Finale épicée et claquante, gourmande de par sa rondeur. Très bon.

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Jean Macle, Château Chalon 1998. Nez d'une grande finesse, sur des notes de bord de mer (iode, embruns) et de kumquat. La bouche est un modèle de grand vin, avec une acidité enrobée. Complèxe, figue, du gras, grande longueur. Sans faire de bruit, je suis toujours épaté par ce vin qui ne fait pas de bruit à cause de sa grande finesse et qui pourtant balaye tout sur son passage ! A moins d'un accident de bouteille, l'émotion est toujours au rendez-vous. 

Domaine des Marnes Blanches, Côtes du Jura, Vin Jaune 2005. Bon, la bouteille ne trompe pas, on sait qu'on a affaire à un "Clavecin" :) (lu il y a quelques années dans le Monde). Vous aurez rectifié de vous même, clavelin, hein... Le nez est déjà plus puissant, mais pas désagréable : raisin de corinthe, marc de vin, une pointe d'alcool à brûler. En bouche, le vin est doté d'une belle réserve de puissance, mais une parfaite acidité vient cadrer le tout et faire saliver celui qui tient le verre. Bien beau vin, à attendre en toute confiance. 

Domaine Danjou-Bannesy, "Vi-Ranci", Vin de Table Méthode Rancio sec 1984. Robe presque acajou. Nez typique d'un rancio, avec des notes pharmaceutiques et d'herbes médicinales. La bouche est très sèche, carrée presque, sur des saveurs d'huile de noix et d'olive. Pour amateur du genre, mais pour tout dire c'est assez étrange, n'ayant peut-être pas le recul suffisant pour appréhender lce style de rancios élevés longuement.

Williams & Humbert, Amontillado 12 years old (Espagne). Le nez séduisant est d'une belle complexité (vernis, figue, cuir, cerise, noix de cajou...), mais tout cela a un prix, on sent un peu l'alcool. Bouche puissante mais onctueuse, généreuse, rappelant facilement des saveurs d'un Whisky. Perturbant pour certain par son côté un peu "brut" et chaud, j'ai beaucoup aimé pour ma part. A boire au coin du feu.

Marc Parcé, Rivesaltes 1976, Elevé 37 ans. Le nez est un mélange subtil de sucre de canne, d'arômes viandés et de caramel. La bouche est assez incroyable dans l'aromatique. Tout y est sauf peut-être la panoplie de fruits à noyaux : bouillon de légumes, champignons frais, céleri, même ce riz torréfié présent dans certains thés. Bonne longueur, bel équilibre sucre/richesse/acidité. Bien.

Domaine Cazes, Rivesaltes Vintage 1990. Simple d'expression et toute sa panoplie classique de fruits noirs (cerises bigarreau, mûres, pruneaux). Simple, oui mais ce qui étonne, c'est cette jeunesse en bouche et cette impression d'un vin qui ne fait pas du tout ses 25 ans. 

Une soirée plutôt agréable quant à sa diversité. Les vins ont été repris sur le repas, comme d'hab' : muffin jurassien (Comté, Monbtbéliard, noix, page 25), train de côtes de veau sauce Vin Jaune, fromages sélectionnés pour aller avec tout ça et puis au lit. 

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La dégustation suivante était consacrée à l'habituel repas de Noël, où les calepins de notes étaient rangés pour l'occasion, afin de mieux profiter du repas, du groupe et des conjoint(e)s. Et pour tout vous dire, la prochaine sera l'occasion d'un événement particulier, une occasion spéciale : en effet, notre petit groupe de dégustation (cercle de Maigremont) fêtera à la fin du mois de janvier ses 10 ans ! Put..., déjà ! 

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03 décembre 2014

Franck lance du missile

Quelques 5 années après nous avoir invités à pendre leur crémaillère dans leur tout nouvel appartement, Franck et Marie remettent le couvert pour l'anniversaire de monsieur. Bon entre deux, il y a eu quelques petites sessions "off" de notre cercle haut-normand, très souvent d'un bon niveau, mais il faut reconnaître que cette crémaillère, reste pour beaucoup comme l'un des meilleurs moment passé en ce qui concerne la qualité dans le verre. J'ai le souvenir encore ému d'un Ausone 1990, qui avait marqué l'assemblée du jour. 

Les vins sont dégustés à l'aveugle, accompagnés du repas et proviennent pour majorité de la cave de Franck. 

Zou, c'est parti pour un repas dégustation, qui fera à coup sûr, référence pour quelques années ! Lecteur : si tu es contre les grosses étiquettes, les belles maisons, ces vins ne te feront pas rêver et du coup, je te conseille de passer à autre chose, sans perdre ton temps à lire ce compte rendu :) 

Franck a annoncé qu'il était énervé et allait sortir du très lourd. Je crois que personne n'était finalement prêt à ce qui allait suivre !

Petites cochonneries apéritives, jamón ibérico de bellota et...
Le nez est magnifiquement grillé, noisette, très parfumé, et place rapidement le débat en Bourgogne. Attaque de bouche très douce, crémeuse, sur le poivre blanc. Superbement fruitée, elle déroule une finale ronde et longue, sans aucune sensation de maturité excessive. Excellent et très belle expression du chardonnay, idéal pour lancer cette mémorable journée avec ce Rully 1er cru "le Meix Cadot" 2012 du domaine Vincent Dureil-Janthial

bellota

Notre deuxième vin présente un nez plus effacé, mais plus élevé. Bouche présentant un aspect lactique et des amers présents. L'ensemble est assez long, mais manque à mon goût de "gnaque". C'est un Nuits St Georges blanc 1er cru "la Perrière" 2007 du domaine Henri Gouges, où l'on apprend par Franck qu'il s'agit d'un pinot blanc, dégénérescence du pinot noir. 

Entrée en fanfare du jambon persillé de la maison Collot à Vernon

Si le deuxième vin nous a laissé un peu sur notre faim, le troisième va mettre tout le monde d'accord, et rapidement. Pain grillé, graines de sésame, une touche de mercaptan même. La bouche est un modèle de tension. Attaque incisive, citronnée, heureusement dotée d'une touche de gras. La finale est nette, cristalline. Vous m'en mettrez une palette de ce Meursault "Meix Chavaux" 2010 du domaine Roulot. Ce n'est qu'un village, mais quel village ! Magnifique  

Arrive ce blanc à la couleur plus soutenue, avec quelques petites choses qui sont en suspension. Le nez est très complexe, sur d'évidents fruits jaunes bien murs, mais aussi de champignons fraîchement coupés et une petite pointe d'oxydation qui ne gache en rien le plaisir. Bon volume dès l'attaque, on a la sensation d'un vin au pédigree assez haut perché. La finale s'ouvre et s'étoffe, mais manque à mon goût d'un peu d'intensité. Ce Meursault "les Narvaux" 2001 du domaine d'Auvenay reste néanmoins une fort jolie bouteille.

Sur un mille-feuilles de crabe, velouté de potimaron...
Nous revenons sur un vin un peu plus jeune dans son expression. Fruits jaunes encore au nez, moins complexe, mais on sent déjà une acidité relative. Si le nez reste assez simple sur le plan aromatique, la bouche montre elle un tout autre calibre : la puissance parle, l'acidité est enrobée par un beau gras, ponctuée de touches de poivre blanc et de nougat. L'équilibre est franc, la finale tonique et puissante telle la mêlée du match France/Argentine de la veille, mais celle-ci ne s'écroule pas, bien au contraire. Grosse performance de ce Corton-Charlemagne Grand Cru 2007 de Pierre-Yves Colin-Morey.

Mille feuilles velouté

Et ça se corse avec ce qui suit. Stéphanie annonce à juste titre que le dernier blanc de la série a un nez qui ressemble incroyablement à celui d'un Champagne. Personne ne la contredira, tellement c'est une évidence. Il est complété par une pointe de truffe, de noisette et d'oxydation légère. Bouche caressante et douce, qui gagne en puissance et profondeur à mesure de l'aération. Très bon vin, et le pedigree de ce Montrachet Grand Cru 2006 du domaine Bouchard Père & Fils montre qu'on peut-être la plus grande appellation de Bourgogne, si ce n'est la plus grande, sans écraser tout sur son passage. 

On change de couleur, avec un vin que j'avais apporté. Nez très fruits noirs (cerise, cassis), avec un trait végétal bien mur comme fil conducteur. Bouche au tannins fermes mais remarquables dès l'attaque, enrobés par un joli gras. Fin de bouche très fruitée et nette. Ce vin un poil austère n'est pas très à l'aise seul, mais il s'en sort bien dès que l'on passe à table. C'est un Irouleguy rouge Haitza 2006 du domaine Arrextea

Le nez de notre suivant est viandé et entre deux âges, avec un aspect de duvet qui me fait penser à un pinot noir de Sancerre. La bouche est croquante, évoquant la vendange entière, alors que ce Nuits St Georges 2009 du domaine Robert Chevillon n'est pas vinifié comme tel d'après Franck.

Messieurs dames, le boeuf bourguignon ! En plusieurs services...

Arrive un nouveau vin dans le verre. Si le nez semble au départ un peu étriqué, il se libère par la suite sur des notes de cerises fraîches et une aromatique froide. Attaque franche et compacte, d'abord sur des saveurs de poivre, d'une grande élégance. La fin de bouche est pleine de charme, dynamique. Si le vin parait jeune, n'aurait-il pas quelques années finalement ? Millésime 2002 justement, pour cet Echezeaux d'Anne Gros. Personnellement, j'ai été emballé. Franck nous indique le nombre de bouteilles pour ce 2002 : 150 seulement et encore, la vinification en vendange entière a pu en augmenter très légèrement le nombre. 

Celui-ci, je ne risque pas de l'oublier... La robe présente quelques signes d'évolution, de légers reflets orangés sont visibles. Le nez est d'une complexité folle, entre la corbeillede fruits rouges, de tabac blond, une pointe d'orange douce, de roses, de clou de girofle... Il s'exprime en profondeur, n'a rien a cacher, mais m'intrigue et m'attire en même temps. Je tente de profiter au maximum de ces effluves qui subliment cet OVNI. Et si je passais à côté de quelque chose que je n'aurai pas identifié ? La bouche est d'une délicatesse exceptionnelle : faite de roses fanées, le grain de tannins est juste magique, le côté terrien marque sa signature finale. Il porte le vin dans une dimension rarement atteinte pour ma part. INCRACHABLE ! J'ai bu mes premiers centilitres de la journée, il était impensable d'alimenter le crachoir. Je replonge mon nez, chaque instant passé m'imobilise encore un peu plus. Les mines autour de la table sont réjouies, je ne suis pas le seul à avoir été touché par ce vin. La dernière gorgée termine de graver pour longtemps, ce moment de pur plaisir ! Ce vin n'est rien de moins qu'un Musigny Grand Cru 1998 de Jacques-Frédéric Mugnier. Exceptionnel !  

duo de choc

C'est encore tout penaud que le verre se rempli. Là encore, on entre dans une grande dimension. Encore une fois, la complexité est de nouveau présente : tabac, une touche d'humus, de rose chaude et un trait végétal qui rend le tout plus intense. Si la bouche est un peu plus à la peine, elle reste néanmoins d'une belle fraîcheur et l'on sent que les années viennent de traverser ce vin. Un joli Pomerol 1974 Pétrus, année de notre néo quadragénaire, qui nous fait grâce de cette superbe étiquette. Un grand merci Francky !

Le vin qui suite est tout de suite plus jeune. Nez distingué, fruits noirs bien murs, un zeste d'orange, graphite et sanguin. Bouche assise sur des tannins de tout premier ordre, mais encore jeunes. L'ensemble est classe mais semble à l'aube de sa vie. Très bon vin, parfaitement exécuté, pour amateur de Bordeaux de gros calibre très certainement. En effet, c'est un Pauillac 2000 du château Mouton Rothschild. Et hop, encore un missile de Franck. A noter la bouteille sérigraphiée, représentant le bélier d'Augsbourg, symbole du château.

La bouteille suivante a été apportée par notre Dudu national. Le nez est subil, aérien, voire évanescent. Je m'interroge sur la présence potentielle d'un peu de volatile. Je laisse les spécialistes du domaine m'éclairer sur la question. Corps longiligne, svelte, presque léger et pour ma part, je me suis posé beaucoup de question sur ce que je pourrai qualifier de manque de chair. Pourtant à écouter les conversations des mes petits camarades de goulot, ce Vosne-Romanée 2001 "les Brûlées" du domaine René Engel a été très apprécié. Suis-je passé à côté ?

Dernier rouge. Le nez évoque le café, la terre ++, des notes de bois, les fleurs (Vincent parle de lys et c'est tout à fait ça). Bouche bien mure, mais à l'équilibre bourguignon. J'évoque le Rhône, Franck acquiesce d'un oui. C'est très bon, d'autant que l'acidité relève le tout et le vin se prolonge longuement sans mollir. De la très belle ouvrage que ce Châteauneuf du Pape 1999 du château Rayas.

Entrée du plateau de fromages : 

fromages
Tomme de chèvre corse, Claquebitou, Stilton, Cantal 36 mois

Le blanc qui est proposé en premier service pour aller avec le plateau est d'un tout autre genre que ceux que nous avons eu au début du repas en matière d'aromatique de blanc. Nez très mur, évoquant la mirabelle, la verveine, un soupçon de fruit exotique. L'attaque de bouche se fait ronde, d'une belle générosité, un peu d'alcool mais sans excès. C'est parfaitement sec et l'accord avec les fromages est très bon. Je pars sur un sauvignon, validé par Franck qui nous présente ce Bergerac sec 2010 "Anthologia" du château Tour des Gendres. J'ai beaucoup aimé l'expression de ce sauvignon un brin fougueux et exotique.

Sancerre la Grande Côte 1997 de François Cotat : RIP, bouchon et m¤$°}£&€ ! 

Le dessert maintenant : un bavarois passion et un miroir abricot, oeuvres de Stéph et Sébastien. Un truc de dingue !
La robe de notre dernier vin apporté encore une fois pas Dudu est ambrée et ne parait pas toute jeune. Le nez est un délice : complexe, sirop d'érable, il évoque aisément la tarte tatin, des notes d'abricot et de caramel. Bouche tout en longueur, proposant des saveurs de curry et de safran. Quelle acidité, quel vin ! Peu adepte des vins plombés pas le sucre, celui-ci est une étoffe rare que j'aimerai retrouver plus souvent. C'est un Jurançon 1990 "cuvée Marie Kattalyn" du domaine de Souch. Merci Dudu pour cette remarquable bouteille. 

Bouteilles

Bon, on ne va pas y aller par quatre chemins : il y avait du très très lourd, de très grosses étiquettes, mais j'ai pris un pied incroyable à prendre part à cette journée, prétexte pour marquer ton entrée dans l'âge de raison. Un immense merci à tous, à ta petite femme et à toi Franck pour ta générosité. Je me souviens encore de ta dégust' crémaillère : je me souviendrai longtemps de cette journée de fin novembre.

 

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02 décembre 2014

Calendrier de l'Avin 2014

Si l'édition 2013 du calendrier de l'Avin m'était passée sous l'nez pour cause de frénésie populaire et un engouement sans commune mesure de toute la strate glouglou des réseaux sociaux qui avait répondu présent à l'appel d'Eva, j'attendais avec impatience l'annonce du millésime 2014. 

Tous les jours on ouvre une petite fenêtre du calendrier d'Eva. Aujourd'hui, c'est la mienne qui s'ouvre, et je voulais vous parler d'une bouteille que je connaissais un peu pour l'avoir bue chez Lolo Baraou, mais que je viens de redécouvrir à l'occasion d'une soirée thématique "vins oxydatifs" avec mon club de dégustation : une IGP Côtes Catalanes 2007 "les Clares" du domaine la Casenove

Il faut d'abord vous parler du domaine situé entre terres et mer méditerranée, qui a été repris en 1987 par Etienne Montès et sa femme Frédérique Barriol-Montès. Passer du métier de grand reporter photo à celui de vigneron était une évidence, pour celui qui avait à coeur de relever le niveau d'un joyau familial presque endormi. En faire un grand domaine qualitatif, reflétant son attachement à la région perpignanaise et le respect des traditions locales, étaient également dans les priorités des Montes. 

Parlons maintenant de "les Clares" 2007 (vignes plantées en 1947 sur des argiles claires)  : le nez assez fin est superbe. C'est un mélange de fruits jaunes, de notes de résine, de cire d'abeille et une pointe de vernis. La bouche est un modèle de constitution : d'abord une attaque légère sur la rondeur, le vin se renforce ensuite en prenant du volume par un gras caressant. La longueur est intéressante et signe un vin de caractère et presque atypique pour l'appellation. 

Avin


Sur des huîtres pour terminer la bouteille, le vin s'en sort correctement, sans pour autant faire des étincelles. Une légère sensation tannique sur la finale, alors que le côté iodé des huîtres fait ressortir celui du vin. Mais sur une tomme de brebis de Corrèze affinée par Léon Déant (Rouen), c'était sublime voir une tuerie ! 

Bref, vous vous demandez certainement ce que faisait cette bouteille dans une dégustation de vins oxydatifs : ce 50 % grenache blanc et 50 % roussane de vignes de presque 70 ans, qui est élevé pendant 24 mois en barriques de chênes lituaniens, a reçu volontairement très très peu d'ouillage. Ce qui renforce son caractère. 

Merci aux Montès pour cette jolie bouteille et à Eva pour la mise en lumière de celle-ci !

Une pensée spéciale à tous les habitants et vignerons du sud qui en bavent en ce moment !

 

Etienne Montès
La Casenove
66300 Trouillas
Tel : +33 4 68 21 66 33 
chateau.la.casenove@wanadoo.fr

Léon Déant 
Fromager-Affineur, fromagerie Du Vieux Marché 
18, rue Rollon 
76000 Rouen 
Tel : +33 2 35 71 11 22

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17 novembre 2014

Quelques bouteilles du millésime 2005

C'est toujours un exercice intéressant que de s'attaquer à un seul et unique millésime dans une dégustation. Un peu comme une sorte de check-up complet, afin de connaître son niveau, où il se situe en matière d'évolution, et faire des plans de vols en ce qui concerne la garde. 2005 est LE grand millésime des dernières années pour beaucoup. Aussi, nous souhaitions juger par nous même, après avoir lu pas mal de choses favorables dans la presse, sur le net, sur place... 8 ans après sa mise en bouteille grosso modo, qu'en est-il réellement ?

Il s'agissait de se faire une petite idée de ce millésime, sans pour autant faire le tour de la question d'une seule et même région. Une seule consigne pour les p'tits gars et filles de Maigremont : apporter de sa cave une bouteille de ce millésime, sans préférence de région. Let's go pour une "éclectique" à l'aveugle alors.

 

Muscadet 2005, André-Michel Brégeon, Gorges : le nez est crémeux, presque acidulé, pierre chaude, fruits blancs. Bouche sans creux, généreuse, ample, bien campée sur sa minéralité, étirée par une fine acidité. Finale qui se délie. Délicieuse bouteille pour commencer, qui a les fondamentaux nécessaires pour durer bien des années encore !  

Meursault blanc 2005, domaine Vaudoisey-Creusefond : nez riche et fumé, grillé même, avec quelques notes de vernis. La bouche déroule un remarquable volume, sur un caractère bien trempé et onctueux. Bonne longueur pour cette bouteille, généreuse dans la finale marqué par de fins amers et sur les fruits blancs. Un flacon impeccable, une surprise même !

Lussac St Emilion 2005, château de Lussac : beaucoup de bois, des tannins secs, une matière très légère. Peu de plaisir et vu le fond proposé, la garde s'annonce compliquée.

Marsannay 2005, domaine Bart "les Longeroies"  : nez entre deux âges, une pointe de café, puis de cerise à l'eau de vie. Si c'est pas un nez qui "pinote" ça ! Très jolie attaque de bouche, croquante et souple, acidulée et équilibrée, relativement longue. Un joli vin gourmand, qui entame son plateau de maturité. 

Pommard 1er cru, domaine Billard-Gonnet : nez plus marqué par l'élevage, offrant quelques notes de fruits rouges. Bouche structurée et charnue, le vin semble dans une phase intermédiaire. On semble être sur le même cépage que le vin précédent, même si l'approche entre les deux bouteilles est différente. Intéressant, mais à attendre sagement.

DSC_5794Entre le plat et le dessert, un joli plateau de fromages mixtes, orienté Normandie quand même 

Médoc 2005, château D'Escot : si le nez dirige facilement vers le sud-ouest, il parait bien plus vieux que son âge. Quelques lointaines notes de fruits, mais aussi de cabernet viennent compléter l'olfactif. La bouche est étriquée, comme repliée sur elle-même et n'offre qu'un profile terne. A revoir.

Haut-Médoc 2005, château Cornélie : on peut dire que celui-là nous a donné pas mal de fil à retordre. Après l'ouverture au "pied de biche" (lisez ouverture puis dégustation dans la foulée), le vin était presque muet. Ce n'est qu'en fin de dégustation, comme si l'air avait fait son p'tit effet, que l'ensemble s'est enfin révélé. Le vin déroule des notes de fruits murs sur une trame aimable de cabernet. En douceur et finesse, la bouche déploie une juste acidité dès l'attaque, supportée par des notes de mine de crayon, de fin boisé et de cerise évoluée. Un joli vin qui commence à présenter quelques signes d'évolution. 

St Estèphe 2005, château Haut-Marbuzet : étonnant de constater que le nez est encore empêtré dans son élevage et qui du coup, n'exprime pas grand chose d'autre. Bouche à l'attaque douce, voir consensuelle, mais qui tombe assez rapidement. Inquiétant, ou bouteille présentant une évolution prématurée ?

Madiran 2005, château Peyros : peu de notes, à croire que j'ai du m'endormir à cet instant. On identifie rapidement la région d'origine (le sud-ouest). L'ensemble sèche, pas grand plaisir malheureusement. 

Madiran 2005, domaine Pichard : affaire rapidement classée, la bouteille étant bouchonnée !

Coteaux du Languedoc Terrasses du Larzac 2005, domaine le Pas de l'Escalette "le Grand Pas" : joli nez présentant encore quelques traces d'élevage, au fruité mur mais sans excès. Bouche à l'attaque ronde et parfaitement digeste, ses accents bourguignons donnent une sensation de plénitude. Finale encore fringante, marquée par des saveurs de terres humides. Joli vin

Saumur rouge 2005, domaine Guiberteau "les Arboises" : très beau nez complexe, fruit net, cendres froides, menthol. Bouche au même niveau, souple et acidulée, soyeuse, sans aucune aspérité tannique. Absolument délicieux actuellement. 

Saint Joseph 2005, Yves Cuilleron "les Serines" : nez très mur et généreux, proposant des notes poivrées, de roses fanées et de baies noires, d'une remarquable profondeur. La bouche est superbe offrant tension, fraîcheur et pureté. Magnifique vin !

Vouvray 2005, domaine Huet "le Haut-Lieu" : nez digne d'un parfumeur offrant tour à tour des notes de verveine, de foin, de citron et une pointe de truffe blanche. Bouche à l'équilibre d'école et à l'acidité parfaite, sur des saveurs de citron confit et de mandarine. Finale qui s'étire en douceur sur le poivre blanc. Splendide bouteille, pratiquement incrachable (d'ailleurs, je ne me souviens pas l'avoir crachée :) )