Les bouteilles de Maigremont

22 juillet 2014

St Emilion VS Pomerol : la battle du merlot

Loin de nous l'idée de vouloir comparer à tout prix ces deux prestigieuses appellations, nous souhaitions tenter de trouver et d'identifier des différences ou des similitudes. Ce fut finalement assez compliqué de trouver un avantage pour telle ou telle appellation, plusieurs raisons à cela. La première, nous n'avons ouvert que 11 bouteilles. La deuxième, il y eu pas mal de disparité au niveau du pedigree. La troisième, 8 millésimes différents. Quand on connaît l'importance de la météo dans la coin, inutile de comparer ce qui ne l'est pas. 
Mais peu importe, cela ne nous a pas empêché de passer une bonne soirée. Ca c'est habituel par contre ;)

Les vins sont d'abord servis par paires, à l'aveugle, puis avec le repas. 

Château Patarabet, St Emilion 2002 : nez assez discret et pour le moins simple dans son expression, avec des notes de cabernet. La bouche se montre simple, longiligne, sans grande folie, avec les limites du millésime. Pour commencer, on va dire que c'est correcte, sans plus. 
Château du Moulin Noir, Montagne St Emilion 2008 : ensemble plus rond, avec quelques aspérités tanniques. Néanmoins, le toucher de bouche est bien plus intéressant et en fait un vin correcte pour le pedigree. 

DSC_4480 (2)

Château Gombaude Guillot, Pomerol 2007 : ça y est, on entre dans le vif du sujet ! Très joli nez, avec un fruit avenant sur la cerise griotte. L'élevage est quasi imperceptible, mais apporte un supplément de complexité. La bouche est à l'unisson : soyeux dès l'attaque, presque caressante, l'acidité se montre juste tout en accompagnant le vin. Le fruit se montre encore une fois. La longueur est bonne, ce qui n'est pas pour gâcher le plaisir global. Très bien et surtout, on a envie d'en savoir plus sur cette propriété. Belle réussite sur ce millésime.
Château Beauregard, Pomerol 2007 : la matière n'a pas le charisme nécessaire et suffisant pour supporter un tel élevage. Le jus se goûte caramel et n'est finalement pas très avenant. Ennuyant.

Clos René, Pomerol 2006 : le nez est tout en dentelle, plutôt classe. Bouche à l'attaque puissante et riche, mais l'ensemble reste néanmoins équilibré. Jolis tannins gras où l'élégance persiste jusque dans la finale vigoureuse. Un vin qui ne manque pas de peps, ni d'attraits. Bien +
Le Cadet de Larmande, St Emilion Gd Cru 2005 : un peu plus grassouillet, rondouillard, de l'alcool. Tannins un peu sec cependant. Atypique, mais pas inintéressant. 

Château Boutisse, St Emilion Gd Cru 2003 : pas mal de fruit, pas mal de notes d'élevage, mais les registres sont dissociés. Mais ce qui marque, c'est le feu à la cabanne : alcool, richesse, manque d'équilibre. Pas surpris à la lecture du millésime. 
Château Beau-Séjour Bécot, St Emilion Gd Cru 2001 : d'avantage de finesse, bonne attaque en bouche, équilibrée et à la fois dense et charnue, tannins de bonne facture. Finale persistante, saline et salivante. Très bon vin. 

DSC_4483

L'Espit de Clocher, Pomerol 2000 : fine acidité, vin un peu effacé, certainement la limite d'un 2ème vin dans un millésime pas si grand que ça du côté de la rive droite. Finale lâche, terreuse et métallique. Bof
Château de Ferrand, St Emilion Gd Cru 1996 : le nez dévoile des signes d'évolution manifestes (bois humide) mais aussi de fruits rouges frais, d'épices et de tabac. L'acidité est fine, la bouche légèrement compotée et termine sa course par une finale de moyenne intensité. Intéressant, sans être immense. 

Château le Puy, Bordeaux Côtes de Franc 2004 : sous sa robe étonnamment trouble, le nez est très fruit, marqué par une légère acidité volatile, dont le registre "nature" ne trompe pas sur un certain type de vinification. La bouche est souple et douce et la longueur sur le fruit est plutôt bonne. Joli vin, atypique lui aussi, d'un caractère gourmand et salivant. 

 

Posté par Maigremont à 23:15 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,


13 juillet 2014

Les pieds sous la table de Fred

Attendez vous au pire, à du lourd avec ce qui suit : ce repas dégustation proposé par Frédéric, fut à n'en pas douter, un très grand moment, aussi bien dans le verre que dans l'assiette. 

C'est le p'tit dernier à avoir rejoint la troupe de dégustation du cercle LPV Haute-Normandie. Plutôt discret, ouvert d'esprit, se remettant en cause sans arrêt, Fred est le bon copain que beaucoup d'entre nous rêverait d'avoir : gentil, soucieux du détail, il aime faire plaisir aux autres et surtout, ne se mettant jamais en avant ! 

Il avait choisi de nous faire plaisir, "souhaitant nous rendre la pareille" comme il le voulait. Grand merci à toi Fred, pour cette superbe journée, ponctuée d'éclectisme et de franche rigolade !

Let's go, parce qu'il y a un gros programme et le tire-bouchon commence à le démanger. Les vins sont servis à l'aveugle, seuls ou par paire, accompagnés du repas. 

 

Marsannay 2010 "les Champs Perdrix", domaine Marc Roy. Mise en route et comme dirait un copain, un premier vin parfait pour "créer le passage". Floral, élégant, quelques notes beurrées. Bouche très saline, assez longue et ciselée par une acidité tonique. Joli vin, sérieux et friand. Je ne connais pas le prix, mais si c'est une petite quinzaine d'euros, je peux me "laisser faire". Fred nous apprendra au moment de dévoiler ce que nous avions dans le verre que les malos ne sont pas faites sur ce vin. Pas franchement étonné vu l'énergie du jus. 

Assiette de charcuterie : lomo et jamón iberico de bellota, boeuf séché de wagyu et

DSC_5087

Chablis 2009 1er cru "Montmains" Thomas Pico. Le nez est absolument superbe : distingué et complexe, proposant des notes florales et une minéralité assez impressionnante (plus particulièrement de coquillages). En bouche, le vin répond parfaitement au nez et ne déçoit pas, avec un volume remarquable. Très beau vin, immédiat et sans concession. Un régal !
Chablis 2009 1er cru "la Forest" domaine Vincent Dauvissat. A côté du Pico, le Dauvissat fait pale figure. L'ensemble est verrouillé, sur quelques notes lactées et une bouche qui n'offre que des saveurs de caramel. Repris en fin de repas, le vin n'avait pas du tout évolué. A cacher au fond de la cave pour l'instant. 

Chablis 2010 Grand Cru Blanchot domaine Jean-François Raveneau (servi seul) : nez assez discret au départ, qui s'ouvre sur un ensemble de fleurs blanches et une touche anisée. En bouche, le vin est superbe : une pointe exotique, une tension et un volume de fou, sur une trame saline. Le longueur est en conséquence, même si le vin semble sur la réserve. Fond de verre sur des notes de rhubarbe. 
Superbe vin, qui a l'avenir devant lui !

Saint jacques réduction d'agrumes (citron, orange, pamplemousse) et

DSC_5092

Riesling 2006 Cuvée Frédéric Emile, domaine Trimbach : le nez ne trompe pas, évoquant pour commencer quelques notes terpènes qui mettent sur la route d'un riesling. Complexe, le nez est complété par des notes de citron, de caramel, de curry et de saphran. La bouche est droite comme un I et offre une rémanence des épices évoquées au nez. 
Vin à l'allure cistercienne, qui peut déstabiliser ou au contraire, emballer. Personnellement, j'aime beaucoup. 

Pour patienter... 
Saumur blanc 2011 "Arcane", château de Fosse Sèche : nez un peu "nature", olive verte. En bouche, l'écidité est détartrante, sur des amers prononcés. Pas emballé.  

Dos de cabillaud, lentilles et lard fumé et

DSC_5094

 

Côtes du Jura 2002 "les Vignes de mon Père", domaine Ganevat (savagnin ouillé élevé 130 mois). Nez légèrement "nature" encore, fumé, me faisant penser à une Mailloche récente de Stéphane Tissot. Bouche carressante, langoureuse, sur des touches citronnées et d'élevage (caramel). Bon vin, qui manque pour ma part d'un peu de volume, mais pas de caractère. 

Au passage, mention spéciale à Fred pour la cuisson parfaite du cabillaud ! Cuisson au micro-ondes, technique peu orthdoxe qu'il tient d'un cuisiner, mais diablement efficace. 

Nous changeons de couleur, pour attaquer la côte des rouges :) 

Quadrilogie de viande de boeuf de Matthias Paynel (jeune boucher à le Gros Theil, 27)

DSC_5100

Charolaise maturée 65 jours et
Mercurey 2012 1er cru "Clos des Champs Martin", Bruno Lonrenzon. Fruit assez primaire dans son expression (lisez jeune), bouche acidulée avec une pointe de verdeur, mais joli corps, fumé avec des tannins de bonne qualité qui ne demandent qu'à se polir. Vin équilibré et franc du collier, qui devrait apporter du plaisir dans quelques années. Merci Fred pour la découverte. 
Gevrey-Chambertin 2011 Vieilles Vignes domaine Marc Roy. Nez plus crémeux sur la rose et la groseille. En bouche, le vin est totalement délié avec une belle énergie. L'acidité est bien dosée, supportée par une longue finale poivrée et de cerises griottes. Beaucoup de plaisir !

5 vins sont servis seuls pour accompagner les viandes...

DSC_5098

Galicia 80 jours de maturation et
Morey-Saint-Denis 2008 domaine Dujac. Nez intense et ouvert sur des notes de fruits rouges acidulés et d'épices. Bouche à l'attaque incisive, s'appuyant sur une acidité sur le fil, offrant presque des saveurs de sous-bois. Le tout est d'une bonne longueur et le fruit fait son retour en final. Très bon vin, dans une phase déjà accessible. 

Chapelle-Chambertin Grand Cru 2011 domaine des Tilleuls. Nez jeune mais diablement séducteur, d'une grande profondeur, qui déploie tour à tour sa panoplie de fruits rouges et d'élevage. Bouche digeste mais assez discrète et de demi-corps, qui déroule sans faire de bruit un équilibre remarquable. Bonne longueur et retour du fruit en fin de bouche. Infanticide peut-être, mais encore accessible pour le moment. 

Nuits-Saint-Georges 2003 1er Cru "Clos des Porets" domaine Henri Gouges. On change de registre avec un nez plus mur, assez généreux pour tout dire avec des notes de chlorophylle marquées. Bouche riche et compacte et une finale qui sèche allègrement. 
Vin qui ne trahit pas le millésime dont il est issu et qui m'a fait partir à l'aveugle vers le Rhône sud plutôt qu'en Bourgogne. 

Charolaise maturée au Whisky et
Margaux 1986 Château Prieuré-Lichine. Le nez est poussiéreux au départ, mais ce défaut s'estompe rapidement pour laisser place à la panoplie habituelle du Bordeaux âgé et classe : fumé, orange, jus de viande et notes de poivron. Malheureusement, la bouche présente un défaut, avec amertume et un déséquilibre notoire. Dommage, car le nez était prometteur. 

Cornas 2010 Guillaume Gilles. Nez très "syrah", friand et gourmand sur la pivoine, une touche poivrée et d'épices. Bouche riche et ronde, offrant force et puissance contenue. Une belle syrah, déjà très ouverte et qui devrait s'afiner avec le temps. 

IMG_1334

Onglet de boeuf maturé 3 semaines et 
Saint Joseph 2009 Jean-Louis Chave. Profusion et explosion de petits fruits rouges et noirs au nez (groseille, myrtille, cassis...) et de cendre froide. Serais pas surpris d'être en présence d'une syrah granitique. Bouche gourmande et aérienne, à l'acidité salivante, supportée par un fruit compacte. Très bon vin, déjà accessible mais pratiquement incrachable ! 
Hermitage 2009 Jean-Louis Chave. Le nez offre une sensation de velours, un l'élevage luxueux et une étonnante acidité volatile. La bouche offre une réserve de puissance assez impressionnante, une pointe de rondeur, mais alors quel jus !! La finale est magnifique d'intensité et d'énergie. Grand vin, à l'aube de sa vie. A recroiser dans quelques années.
Merci Fred pour ce très beau duo.

Plateaux de fromages
1er service, déclinaison de fromages de chèvres.
Vin de France L2008, "Or' Norme" Un Petit Coin de Paradis, Etienne Courtois (sauvignon macéré). Vernis, acétate, pas du tout ma cam', désolé.
Sancerre 2008 "le MD de Bourgeois", Henri Bourgeois. Nez typique du sauvignon, explosif, peut-être un peu "too much". Mache calcaire en bouche, florale, offrant de jolies rondeurs. Pour amateur du genre, je suis moyennement convaincu. 

2ème service de fromages, les pâtes dures (Morbier, Comté 40 mois, Beaufort et tomme du pays-d'Enhaut)
Côtes du Jura 2008 domaine Macle. Sur une oxydation modérée, le vin déroule une certaine facilité, de fruits secs à coques et de curry. L'acidité élevée confère dynamisme et fait saliver la bouche. Bien connu des amis autour de la table, le vin est confortable et diablement efficace avec les fromages. 
Le plateau de fromages vient de prendre une sacré claque !

Gâteau aux fruits de saison et
Hocheimer Hofmeister 1986 Riesling Kabinett, Franz Hück. Aromatique exotique mais totalement sec. Pas trop mon truc.
Méthode Gaillacoise 2008 "Symphonie" domaine René Rieux. Ca fleur bon la pomme verte, équilibre demi sec, bouche généreuse et gourmande. Une jolie bulle pour rincer l'homme et terminer cette superbe journée.

06-07-2014 21-20-21

 

Merci à toi Fred pour ta générosité et ton hospitalité. Bravo pour tes talents de cuisiner et les accords qui allaient avec. En plus, à part 2 ou 3 vins sur 21, ça se goûtait parfaitement. Ce repas restera très certainement comme l'un des meilleurs souvenirs pour la bande haut-normande. Félicitations, tu peux dormir maintenant :) 

 

 

Posté par Gildas vin à 17:37 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , , ,

22 juin 2014

Séjour en terres ligériennes #3 : la Porte St Jean, Sylvain Dittiere, Saumur-Champigny

Encore un peu frappés par la superbe dégustation et ces moments presque trop courts que nous venons de passer avec Antoine Foucault au domaine du Collier, nous prenons la voiture pour aller à la rencontre de tonton Raoul Sylvain Dittiere, à Montreuil-Bellay. Jolie bourgade de 4000 habitants située à une petite quinzaine de kilomètres au sud de Saumur, ce village fortifié à l'ame vigneronne  accueil désormais à quelques pas de la porte St Jean, Sylvain Dittiere.

Beau-frère d'Antoine Foucault par son amie mais aussi gendre de Charly (ça ne doit pas être triste lors des dimanches en famille), Sylvain semble avoir la tête bien pleine et surtout bien faite. Osons le dire, Sylvain Dittière est LE coup de coeur de ce séjour en terre ligérienne ! 28 ans, un BTS viti-oeno en poche depuis quelques années déjà, il travaille chez ceux qui n'ont pas grand chose à prouver, jugez plutôt : château Yvonne, Thierry Germain, les frères Foucault, Gérard Gauby, Marc Tempé...

 

DSC_4648



En 2010 il s'intalle en appellation Saumur. 6 hectares en fermage qui permettent de vinifier blancs, rouges et quelques expériences qui forment la jeunesse. Sylvain travaille les sols de ses parcelles, permettant de retranscrire une fois en bouteille "la meilleure expression possible des terroirs".

Côté vinification, la cave en tuffeau est traversée de haut en bas par un tuyau en inox depuis le chai situé au dessus jusqu'au stockage des barriques. Cette installation très simple permet de ne pas trop bousculer les vins et de travailler uniquement par gravité lors de l'entonnage. Le vin est ensuite élevé sans soufre jusqu'à la mise en bouteille, dans des barriques de 1 à plusieurs vins provenant du château Latour pour les rouges et de Bourgogne pour les blancs. Les vins de goutte et de presse sont élevés séparément jusqu'à l'assemblage.

 


 

Passons à la dégustation, qui commence par les vins encore en cours d'élevage, dans la cave souterraine.
2013 est un millésime avec de faibles volumes. Par exemple, seulement 9 hectolitres de sauvignon issus de vignes de 60 ans, mais ça goute plutôt pas mal. Nous goûtons les rouges 2013 qui n'ont pas encore faits les malos. En revanche, les 2012 qui terminent leur élevage et qui devraient être mis en bouteille d'ici un mois sont superbes : les nez sont précis, les textures soyeuses, riches ... Sylvain souhaite faire des vins buvables maintenant et meilleures dans 10 ans.

Nous remontons nous asseoir sur la terrasse familial, par un beau soleil de fin d'après-midi. Tonton Raoul, Sylvain, apporte quelques flacons embouteillés. 

Saumur Champigny, les Beaugrands 2011. Vignes de cabernet franc situées sur le haut d'une parcelle de 40 ans. Mis en bouteille il y a à peine un mois, le fruit est croquant, plutôt long et salivant. Miam !
Saumur-Champigny 2010 : un peu de réduction, mais un corps longiligne, et ce côté un peu sphérique. En pleine forme, et la marque du millésime : équilibre d'école.
Saumur blanc, la Perlé 2002 : avec une sensation de gras, le vin se déploie autour d'une jolie aromatique expressive. Belle tenue en bouche, le vin est à la fois tendu et salin. Superbe !

 

DSC_4651

 

Un grand merci à Sylvain Dittiere pour ce bon moment passé avec lui. Les vins son à son image : ouverts et francs. Après seulement 4 millésimes, Sylvain est en passe de conquérir le monde du vin. Preuve en est, 60 % des vins sont vendus à l'export et se retrouvent déjà sur bon nombre de tables étoilées.
Nous terminons cette fin de journée avec les vins des copains appréciés par Sylvain et autour d'un breuvage expérimental : un cab franc passé en bonbonne de verre, logée au milieu de la terrasse familiale, qui subit le chaud et froid depuis déjà quelques hivers. C'est amusant et c'est bien bon.


Sylvain Dittiere
La Porte St Jean
100, rue Porte St Jean
49260 Montreuil-Bellay
Tel : 0033 241 404 122
sylvain.dittiere@hotmail.fr

 

 

Posté par Maigremont à 22:47 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

01 juin 2014

Séjour en terres ligériennes #2 : domaine du Collier, Saumur

Pas facile de se faire un prénom, qu'on est le fils et le neveu des frères Foucault et qu'on l'on monte son propre domaine dans la même région ou rayonne le Clos Rougeard. Pas facile de se relever quand à peine le deuxième millésime à la vente, on est "victime" de problème de bouchons impliquant une forte proportion de bouteilles (50 % de bouteilles bouchonnées sur 9000). L'histoire aurait pu en rester là, seulement voilà, rebelotte avec le millésime 2009 avec de nouveaux problèmes de bouchons (1/3 de bouteilles à problème, dont le procès court toujours). Il fallait avoir une certaine idée de la l'entêtement, remettre un sacré coup de collier pour sortir la tête de l'eau et à son tour, lancer son rêve et montrer enfin toutes les qualités d'un grand domaine.

1999, Caroline Boireau et son compagnon Antoine Foucault créent le domaine. 2000, le couple s'installe au domicile de papa et beau papa, Charly Foucault à Chacé, place du Collier. C'est tout naturellement que le domaine trouve son nom. D'abord sur 4 hectares en location, puis 3 hectares dont la moitié de vignes centenaires qu'ils acquièrent en 2004, le domaine est conduit en bio et les jus sont élevés en barriques. Les sols sont tout naturellement travaillés.

Commençons par un tour de cave, avec les blancs actuellement en cours d'élevage. Le couple recherche une vendange hétérogène, afin de créer un équilibre entre raisins à peine mûrs et plus mûrs. La cave est tout simplement incroyable : creusée dans le "tuf'" comme on dit ici (tuffeau), elle offre différents espaces qui ont été creusées depuis le 10 ème siècle jusqu'au 18è. L'agrandissement se faisait à l'époque, suivant la place dont avaient besoin les propriétaires.

IMG_6218

Saumur blanc 2012, vignes de 70 ans : riche, frais avec du gras, absolument parfait pour commencer.
Saumur blanc 2012, vignes de 50 ans : construit sur la salinité, tout en longueur, corps svelte et ce gras encore présent.
Saumur blanc la Charpentrie 2012, vignes de 100 ans : plus fin, mais longueur hors normes, finale tonique et ample
Saumur blanc la Charpentrie 2012, vignes de 100 ans, élevage en foudre Stockinger de 12 hl : plus plat, moins de relief, aux notes de mandarine finement boisées et fondues.
Saumur blanc la Charpentrie 2011 : millésime précoce, les vendanges ont commencées en date avant celles de 2003. Le vin sera assemblé dans 15 jours. Pas mal de gaz encore, corps plus svelte que 2012.

Terminé ce travail de spéléologue, nous remontons à la surface pour laisser Antoine jouer du tire bouchon.

Les blancs
Saumur blanc 2011 (6 mois de bouteille) : un fruit impeccable (tilleul, verveine) mais un corps qui ne demande qu'à se poser un peu, car pas tout à fait en place.
Saumur blanc 2010 : un peu plus de tout dans cette bouteille et ce millésime. Matière ample et charnue, à l'acidité sur le fil du rasoir. Vin superbe !!
Saumur blanc la Charpentrie 2009 (4 g de résiduel) : très belle expression aromatique (nougat, verveine), matière généreuse qui affiche quelques rondeurs, heureusement contrebalancée par une belle tension. Parfaitement digeste, frais et équilibré. Très bien.

IMG_6204

Les rouges
Saumur rouge la Ripaille 2011 : les vignes qui sont situées sur la commune de Brézé ont été replantées sur un terroir qui convient habituellement plus au chenin qu'au cabernet franc. Vignes de 35 ans sur sol argilo-silico-calcaire. Vin fin, sans aucune aspérité, finale mentholée et rétro épicée. A attendre en toute confiance.
Saumur rouge la Ripaille 2009 : une pointe de rondeur, racé, long, gourmand, salivant et appelle définitivement à passer à table. IN-CRA-CHA-BLE !
Saumur rouge la Ripaille 2007 : notes de sureau, bouche un peu plus serrée dû aux tannins tenus par une matière plus légère.

S'en suit quelques autres bouteilles de vignerons copains d'Antoine. Il semble que ce soit une constante dans le saumurois : quand on montre qu'on s'intéresse aux vins du domaine, le tenancier n'hésite pas à faire plaisir plaisir à l'assistance en ouvrant quelques flacons supplémentaires.

Grand merci à Antoine Foucault pour son accueil et son temps, largement compté actuellement, où la vigne court et pousse très fort. Merci d'avoir permis à quelques amateurs privilégiés de pouvoir déguster au domaine, moments normalement réservés aux pros, que nous ne sommes pas...

Que dire des vins ? Les blancs sont absolument superbes, délicieux, plein de fraîcheur et dotés d'une belle structure avec bien souvent du gras et une longueur confortable. A noter un bon niveau des rouges.

DSC_464311

Notre prochaine étape nous conduira à quelques kilomètres d'ici, chez "tonton Raoul", un p'tit jeune qui monte et qui risque de faire des étincelles !

 

Domaine du Collier
Caroline Boireau et Antoine Foucault
62, place du Collier
49400 Chacé
+33 2 41 52 69 22
domaineducollier@wanadoo.fr
Site internet

 

Posté par Maigremont à 21:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

20 mai 2014

Séjour en terres ligériennes #1 : domaine Bernard Baudry, Chinon

Première étape de notre tournée annuelle dans les vignes avec les amis de Maigremont. Cette année, c'est au pays du cab franc et du ch'nin que nos hostilités se déroulent. C'est à peine réveillés que nous nous arrivons de bon matin au domaine Bernard Baudry.

enseigne

Situé à Cravant les Coteaux, nous sommes conscients que nous entrons dans une institution qui n'a rien à prouver à personne. Maintenant on aime, on n'aime pas, mais force est de constater que les vins sont d'une régularité exemplaire !

Mathieu Baudry nous accueille alors qu'il étiquette quelques bouteilles. Un rapide tour des installations et la discussion commence. Il est le fils de Bernard, qui a créé le domaine il y a presque 40 ans en 1975. La famille est une vieille famille de vignerons. Dès le début, Bernard grattait les sols, utilisait les produits chimiques de façon très raisonnée. On le prenait pour un fou. Le maître mot de l'époque était rendement, peu importe la manière, mais lui s'obstinait à produire quelques chose de qualité.
Le domaine est désormais en agriculture biologique, sur une superficie de 30 hectares : 10 en propriété, 20 en fermage (28 en cabernet franc, 2 en chenin). 
Majeur, Mathieu a le déclic et sait qu'il sera vigneron. Il revient sur le domaine familial en 1999, après une école de commerce vins et spiritueux et apprend sur place le métier. Officiellement à la retraite, Bernard n'en demeure pas moins actif. Pour preuve, pendant que Mathieu nous présente le domaine et déroule la dégustation, son père est sur le tracteur, travaillant le sol d'une des nombreuses vignes du domaine qui présentent la particularité d'être morcelées. Morcellement d'ailleurs responsable d'une grande diversité de sols : graviers, calcaires sableux et argilo-calcaire.
En 2014, l'entente entre père et fils est parfaite et les décisions sont toujours collégiales.

DSC_4584

Nous passons au caveau pour la dégustation des vins
Rosé 2013 : du cabernet franc pressé directement et vinifié comme un blanc. Un rosé sec, à la sensation presque tendre, qui termine salin.
Les Granges 2013 : sous tiré pour l'occasion, il y aura une première mise dans un mois au terme de 6 mois d'élevage puis une sedonde en septembre. Elevage en cuve, le béton a fait sa grande réapparition il y a 10 ans. 2 raisons à cela : l'inertie des températures durant les fermentations et un meilleur contrôle à 30°c maximum et des vins sans réduction pour satisfaire les consommateurs qui sont désormais préssés d'ouvrir les vins. L'inox donne un caractère réducteur aux cabernet franc, ce qui ne satisfait pas non plus Mathieu Baudry.
Il s'agit d'une parcelle située sur des terrasses de graviers sableux à Cravant les Coteaux. Vin direct, souple et fruité avec une finale qui se resserre un peu. Une presque idée du gamay. D'ailleurs Bernard Baudry dit que c'est le meilleur gamay qu'il ait fait :)

Vignerons de Cravant
les anciens vignerons de Cravant (affiche visible au caveau)

Le Domaine 2012 : même type d'élevage que pour les Granges, sur 15 mois. Assemblage de parcelles calcaires situées à 80 % sur Chinon, complétées par une parcelle de graviers sableux de Cravant. Nez profond, même si sur la retenue. Le vin prend le devant de la bouche, signe d'une belle mâche calcaire. Tannins fermes, qui constituent la structure. Finale charnue. Bon vin.

Les Grezeaux 2011 : vignes de 70 ans plantées sur une parcelle unique située à Cravant sur des terrasses de graviers argilo-siliceux. Elevage en fût durant 1 an. Vin relativement ferme, qui se goûte plus sur sa structure que son fruit. Assise tannique plus marquée. Wait !

Clos Guillot 2011 : vignes situées à Chinon sur des coteaux argilo-calcaires. Elevage durant 2 ans en fût. Superbe nez, griotte épices. Bouche gourmande, équilibrée aux tannins fins et précis. Très joli en l'état !

Croix Boissée 2011 : parcelle sur des pentes argilo-calcaires, située à Cravant. 2 ans de fût également. Encore une fois, c'est l'équilibre du vin qui domine, même s'il semble le moins prêt de tous ceux dégustés jusque lors. Le vin s'étire tout en longueur, avec un retour du fruit et d'une fine amertume en final. 

Parcelle de la Croix Boissée à CravantParcelle de la Croix Boissée à Cravant

Croix Boissée blanc 2012 : le chenin pousse ici sur un sol extrêmement calcaire. En y regardant de plus près, la roche mère est visible à certains endroits. Nez sur des notes citronnées, de verveine. Jolie attaque de bouche, pleine, incisive et riche, proposantRoche mère de calcaire

des saveurs de tilleul et de verveine encore. Dernier millésime à la vente, puisqu'il n'y aura pas de Croix Boissée blanc 2013 : cette cuvée n'ayant pas le niveau attendu, terminera en cuvée domaine, c'est à dire Chinon blanc...

Voici un petit jeu proposé à l'aveugle par Mathieu afin de terminer cette visite : nez très tabac, orange, presque champignon. Bouche sphérique aux tannins parfaitement intégrés et raffinés. Longue finale sur un fruit omniprésent. Je propose le millésime 2000, pas loin c'est un Croix Boissée 1999 qui ponctue cette belle matinée.

Grand merci à Mathieu Baudry pour son accueil, sa gentillesse et son temps. Le domaine produit des vins à l'équilibre d'école, sérieux, plutôt apte à la garde sur les cuvées élevées sous bois et qui marquent bien le terroir. Accessibles sur le fruit, de garde moyenne à plus longue : il y a en a pour tous les goûts.

Nous partons à quelques centaines de mètres du domaine Baudry, pour faire un pique-nique dans la très belle vigne de la Croix Boissée, afin de prendre des forces pour la prochaine étape : celle-ci se déroulera chez un vigneron de Saumur, lui même fils et neveu d'illustres vignerons de l'appellation Saumur-Champigny ! Un indice : y'en a un qui n'aime pas les rangers !

 

Domaine Bernard Baudry
9, Coteau de Sonnay
37500 Cravant les Coteaux
+33 2 47 93 17 79
bernardbaudry@chinon.com
www.chinon.com/vignoble/bernard-baudry

 

 

Posté par Maigremont à 22:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,



28 avril 2014

LPV Haute-Normandie #28 : les absents ont toujours tort !

Affluence maigrelette pour LPV HN : une dégustation éclectique qui remplace au pied levé la fameuse "dégustation en duo" (concours de dégustation à deux), pour cause de vacances et de désistements au dernier moment. Mais vous connaissez le proverbe : c'est pas la quantité... bref. Et c'est  pas cette séance qui allait nous faire regrette d'être venus chez le grand Seb et sa Steph. Encore un grand merci à nos engloutisseurs de l'espace.

Zou, c'est parti pour cette éclectique. Les vins sont dégustés à l'aveugle, bien souvent par paires et accompagnés du repas.

Blinis, crème à l'aneth et truite fumée, feuilletés au fromage.
Muscadet 2012, Domaine Brégeon. Nez citronné, finement iodé et de fruits blancs. Bouche nerveuse, mordante avec ses notes de champignons blancs caractéristiques du cru, habituellement présentes après quelques années. Déjà très abordable sur la jeunesse. 2ème millésime du repreneur du domaine Frédéric Lailler : sur la lancée de son prédécesseur M Brégeon. Le 2011 m'avait fait une bonne impression, là c'est du beau boulot et encore mieux !
Muscadet 2005, Domaine Brégeon : un peu moins immédiat et citrique au nez, mais plus beurré. Bouche ronde et un peu plus riche, sur des saveurs calcaires. Un vin plus construit que le précédent, mais avec un lien de parenté évident.

1

Millefeuilles de crabe
Meursault 1er Cru Perrières 2002, Pierre Matrot : nez crémeux, avec des touches beurrées et anisées, sur un registre bien élevé. En bouche, le vin est assez droit et est supporté par une belle acidité, ponctuée par une fine amertume. Longue et savoureuse finale.
Meursault 1er Cru Goutte-d'Or 2007, domaine Buisson-Charles : élevage parfaitement intégré, au nez intense mais d'une précision diabolique. L'entrée de bouche se fait en douceur, avec une pointe de champignon. Le vin est compact, mais occupe une belle présence. Le trio acidité/alcool/matière est parfaitement réparti et l'ensemble procure un grand plaisir, jusque dans la longue finale. Très beau vin !

Vin n°5, bu pour lui-même
Châteauneuf du Pape 1998, Clos St Jean : robe évoluée, tuilée et trouble. Nez très évolué, cerise, havane, cuir. Mêmes sensations en bouche évoquant en plus la terre et l'humus. Je reste perplexe à l'annonce du millésime et pense plutôt à une oxydatoin prématurée.

6

Côte de boeuf à la braise, gratin dauphinois
Bourgueil "les Perrières" 2005, Catherine et Pierre Breton : nez qui poivrone un maximum. Ensemble carré, sans aucune complexité, acide et rigide. Plaisir très limité et de l'avis de Seb, le vin n'a pas évolué d'un pouce depuis le début qu'il l'a acheté, c'est à dire à sa sortie.
Emporda "S'Alqueria" 2006, Vinya Ivo : nez à l'aromatique légèrement évoluée, proposant des notes de cerise, de pin et de tabac. Bouche soyeuse, avec une petite rondeur dès l'attaque, signant une maturité sudiste. Finale de bonne intensité, assez longue sur la cerise et l'élevage. Bien

Côte de boeuf/gratin le retour
Saint Joseph "Reflet" 2005, Domaine François Villard : magnifique nez d'épices, poivré, de thym et d'une grande fraîcheur. Bouche immédiate, digeste sur l'olive noire et la tapenade, à l'équilibre frais et tonique. Super miam !
Châteauneuf du Pape "cuvée Impériale" 2005, domaine Raymond Usseglio et fils : nez crémeux type mure et myrtille, mais puissant et alcooleux. Bouche sauvage, épaisse, déséquilibrée, terminant chaud. Il est urgent d'attendre ce vin !

La paire de blancs bourguignons refait son apparition pour le plateau de fromages de brebis et chèvres.

Tarte aux gariguettes
Vin de Table de Français "Espérance d'Automne", Clos du Mounissens : nez un peu comprimé sur des notes de verveine et de citron. Bouche fraîche et digeste. Joli vin, au juste équilibre sucre/acidité (80 g S/R). Et quand on sait que les 50 cl ne coûtent que 8 €, bah on n'est pas volé.

5

 

Posté par Gildas vin à 10:07 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

02 avril 2014

Quelques Faugères

Un peu d'soleil en Normandie, qui n'en manque pourtant pas en ce moment, à l'occasion de cette 111 ème rencontre des Maigremont ! Quoi, déjà ? C'est parti pour une bonne dizaine de bouteilles, d'abord à l'aveugle, puis avec le repas... Une soirée consacrée exclusivement aux rouges.

1

 

Sauveplaine 2012, cuvée "Anne-Sophie" : nez net et franc sur la tapenade, la cerise noire. Bouche facile, manquant cependant d'un peu de coffre, avec un petit déficit d'alcool. Ca reste correcte tout de même pour lancer cette soirée.

Domaine Balliccioni, rouge Tradition 2011 : paix à son âme. Greugneugneu, %ù$¤€@!&, sâtané bouchon !!

Domaine Balliccioni, Kallisté 2011 : cerise burlat, un peu plus d'alcool, quelques épices qui évoquent la syrah. Bouche puissante, avec des tannins présents mais de belle qualité. L'entrée de bouche est marquée par des amers notables. Un bon vin, qu'il est urgent d'attendre, disons 3 ou 4 ans. A noter que j'ai pu goûter de nouveau ce vin le lendemain : l'air lui ayant fait le plus grand bien, on a gagné en soyeux et en gourmandise.

3

Domaine Balliccioni, Kallisté 2012 : joli nez de fruits rouges frais, avec des notes de violette et d'épices. Bouche plus ronde et plus souple, mais avec une acidité plus importante qui porte le vin plus loin que le précédent. Lien de parenté évident, avec une jolie matière pleine et charnue. Très joli vin, à la buvabilité élevée, déjà agréable et accessible.

Mas des Capitelles, Vieilles Vignes 2011 : réduction, quand tu nous tiens, avec une sensation de pinot en sous maturité (notes de cassis ++), de pivoine, de vernis et de bois. Bouche offrant un boisé important avec des tannins un peu durs. Longueur correcte, mais déficit de puissance indéniable. Moyen

Domaine des Prés Lasse, Amour 2011 : de la volatile au nez, évoquant en plus une macération carbonique, réhaussé par un fruit bien frais. L'entrée de bouche sèche un peu, même si elle est construite sur la fraîcheur. Longueur moyenne. Correct

Château Rouquette, l'Esprit Terroir 2011, Languedoc-La Clape : le semi pirate du jour, puisque cette appellation est située dans l'Aude. Des notes d'élevage au nez (type chocolat), d'herbes aromatiques. Bouche complexe, fraîche, avec pas mal de matière mais équilibrée. Saveurs d'orange, de pamplemousse sur une trame longue et sans creux. Un beau vin, complet, qui affiche du caractère.

Château Haut Fabrègues, Cuvée Prestige 2009 : essence de bois au nez, bouche aussi charpentée qu'une poutre de chêne d'une ferme normande tricentenaire. Bref, aucun plaisir, hormis pour celui qui aime le bois. Comment un vin qui est en bouteille depuis 4 ans peut se refaire la couenne et offrir enfin du fruit et du plaisir ? 

Domaine Léon Barral, Valinière 2005 : notes acétiques aux nez, avec une légère présence boisée. Bouche à l'attaque douce, au caractère onctueux, svèlte, avec une acidité très fine. Un vin construit tout en longueur, offrant plaisir et gourmandise. Loin d'être en fin de course.

4

Clos Fantine, Tradition 2006 : oui, je mets 2006, mais faisons confiance au bouchon qui lui indique 2007. Un peu de volatile au nez, quelques notes de réduction type animales. L'aération fera disparaitre toute cette cavalerie au profit d'un nez plus net avec un fond de verre minéral. La bouche offre encore un peu de gaz, un fruit encore bien présent avec quelques notes d'évolution. La finale se relache un peu, concluant qu'il faut commencer à songer à boire ce vin.

Posté par Maigremont à 22:27 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

23 mars 2014

Domaine Rietsch à la maison, ou l'Alsace qui fait bon débarque dans ton salon

Troisième rencontre du genre avec les amis de Maigremont. Le principe est simple : un vigneron vient présenter son domaine et une partie de son oeuvre en terre normande. Une sorte d'étude complète, dans ton salon, sans les vignes mais avec le vigneron himself ! Cette année, après Géraud Fromont des Marnes Blanches (Jura), Benoit Fouassier (Sancerre), c'est Jean-Pierre Rietsch et son domaine éponyme qui enfile ses pantoufles pour le jeu des questions/réponses d'une quinzaine d'assoiffés d'attentifs. Rien que pour cela, merci à notre hôte David qui a prêté ses chaises à 4 pieds, ses tables, ses couverts, son salon... et à Jean-Pierre, guest star viticole d'un soir.

Commençons par un peu d'histoire, afin de confirmer la réputation dont jouit actuellement le domaine Rietsch, aussi bien sur les réseaux sociaux, les cavistes chébrans orientés natures et les amateurs désirant ne pas avoir mal au crane les lendemains d'abus de p'tits blancs.
Jean-Pierre Rietsch et sa soeur sont la 7ème génération à exploiter le domaine familial qui couvre environ 12 hectares, situé dans le superbe village vigneron de Mittelbergheim dans les Bas-Rhin (67). 45 petites parcelles au total, 45 expressions potentielles différentes de terroirs, même s'il n'existe pas autant de cuvées. 60000 bouteilles par an, désormais "Natures". Le virage a été pris avec le millésime 2005, quand fatigué par les vins soufrés qu'il buvait, Jean-Pierre décide du passage à une vinification douce voir sans intervention. C'est une approche différente, qui donne des vins différents. On ne cherche pas à gommer le cépage, au contraire il doit s'exprimer avec un maximum de fond et de fondamentaux.
Les jus sont laissés sur lies, au contact de l'oxygène, jusqu'à la mise en bouteille. Le vin peut prendre un profile légèrement oxydatif, qui au bout de 2 ou 3 ans s'efface. Le maître mot de JP Rietsch, c'est mi-né-ra-li-té ! Un gros mot aux yeux de certains, il aime quand ça goûte le sel et que le terroir parle, finalement un peu comme aime son mentor Patrick Meyer.
Pour vérifier toutes ces paroles, une belle petite série est préparée, accompagnée du repas, disons le tout de suite, orienté Alsace...

Commentaires des vins qui se sont le mieux goûtés ce soir là.

Crémant d'Alsace Extra Brut Nature 2011 : jus issus de la vendange 2011 d'auxerrois, de chardonnay et pinot gris, complété par

8

les jus 2012 pour la prise de mousse. Résolument fruité, construit tout en longueur. Certes un peu moins tendu que le fameux 2010 disponible l'année dernière, mais le vin s'étoffe et prend du volume. 8 € c'est donné, mais attention, ça part vite.

Entre Chien et Loup 2012 : un 100 % auxerrois simple et gourmand, un peu passe partout et difficilement crachable. Le vin de copains, capable de faire le grand écart culinaire : apéritif, pain de poisson, viande blanche en sauce...

Muscat 2013 : mis en bouteille il y a quelques jours, non filtré, sans soufre. Voici un muscat (variété otonnelle) délicat, qui n'en met pas plein la vue et le nez. 36 heures de pressurage donne une couleur presque rosée et cet aspect tactile en bouche. J'aime beaucoup et l'association à table parait facile, car le vin est bien cadré.

Pinot Gris Nature 2012 : toujours pas de soufre à la mise, faudra vous y habituer. Un pinot gris taillé pour la table. Un chouille de rondeur, fin de bouche dynamique et superbe, grosse allonge. 

Sylvaner Vieilles Vignes 2012 : matière élancée, pleine, vive et charnue. Un sylv' de compet'. Faut dire qu'une partie des vignes repose sur le grand cru Zotzenberg.

Riesling Nature 2012 : attention, c'est pas du vin pour rincer le dentifrice ! Le vrai vin pour faire "plop" avec les potes, d'ailleurs il est livré en bouteille d'1 litre. C'est très tendu pour le moment, mais ça devrait rentrer dans l'ordre d'ici peu. Pour un apéro sans concession, poisson et même pour accompagner quelques coquillages bivalves.

Riesling Stein 2012 : on monte clairement d'un cran avec ce vin. Salinité tout d'abord, notes de cire et de miel, profondeur, intensité, sérieux. Mais le qualificatif principal c'est tout d'abord, mi-né-ra-li-té !

Riesling Brandluft 2012 : profile un peu plus cidre au nez, malgré des notes de poivre blanc et de pain d'épice. Bouche concentrée, presque puissante, minérale. La longueur est très bonne et avec les sushis, ça fonctionne plutôt pas mal.

12

Sylvaner Grand Cru Zotzenberg 2010 : vous le savez sûrement, mais le sylvaner n'est pas considéré comme "cépage noble". Du coup, il ne peut prétendre à l'appellation Grand Cru. Sauuuf sur le grand cru Zotzenberg (pour l'histoire du pourquoi du comment, c'est ICI ). Le nez est riche, dans un registre quasiment exotique. Le vin impose une belle présence en bouche et transmet des notes de sel, que la tourte de la Vallée de Munster (en accompagnement) n'offrait pas. Quelle matière, quel vin !

Riesling Grand Cru Wiebelsberg 2010 (en magnum) : nez délicat et parfumé sur le nougat et les fruits blancs. Bouche un peu en retenue, quoique citronnée, dotée d'une acidité juste. Grande profondeur et légitimité. Grand vin en gestation !

Riesling Stein 2008 : sous le gaz encore présent du à une refermentation en bouteille, se cache un vin compact, d'une grande exactitude et tonicité sur des saveurs de pierres et d'agrumes. Sans doute le plus grand vin que Jean-Pierre Rietsch ai fait d'après lui.

Klevener de Heiligenstein 2008 nature : nez superbe et complexe de poivre blanc, papier, presque tabac, épices. Bouche d'une grande droiture et pureté, à la fois puissante et sur la finesse. Grande longueur, incrachable, divin !

Gewurztraminer Vendanges Tardives 2011 : des notes de mandarine confite et de nougat blanc au nez. Du sucre évidement, mais supporté par une belle fraîcheur. Fin de verre complexe sur le tabac blond et le céleri. Très bon, surtout pour terminer cette soirée.

11

Que dire des vins ? Sans pommade ni maquillage, ils ne tombent pas dans le caricatural vin Nature. A part deux bouteilles qui se goûtaient sur des notes de pommes, les vins sont à chaque fois précis et chose importante, sans trace d'oxydation. 
Merci à Jean-Pierre Rietsch d'être venu nous rendre visite. Nous expliquer son domaine, sa philosophie et ses vins en terre normande fût un excellent moment, très instructif.

 

Domaine Rietsch
32, rue Principale
67140 Mittelbergheim

Tel : +33 3 88 08 00 64
@ :
contact@alsacerietsch.eu 
http://www.alsace-rietsch.eu/


Posté par Maigremont à 19:20 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , ,

29 décembre 2013

Préparation aux fêtes de fin d'année

La table est prête, parfaitement dressée pour notre repas dégustation de fin d'année en équipe réduite. Attention, ce qui va suivre n'est pas à montrer à toutes les âmes sensibles et aux enfants : nombre de viandes et de légumes (moins par contre) ont été sacrifiés pour l'occasion sur l'autel de la secte de la "bonne bouffe". Au diable l'avarice, en cette période difficile. Nous repartirons de chez le grand Seb et Stéphanie avec l'estomac bien rempli et le foie bien chargé :)

Let's go, parce qu'il y en a un qui est en train de mordre mon bras parce qu'il à faim : c'est l'ami Pierre. Tout est à l'aveugle.

Lard de Colonnanta et Champagne Bollinger La Grande Année 2002 : la bulle est fine mais riche d'intensité, avec des  notes anisées et florales avec une pointe d'oxydation. La bouche est construite sur une amertume noble et la finale est riche. Je crois qu'on a droit à cette bouteille tous les ans en fin d'année et je ne m'en lasse pas une seconde ! L'accord avec le lard est top.


Autre bulle pour terminer les tranches de Colonatta. Champagne Jacques Selosse Grand Cru Blanc de Blancs "Substance". La couleur est plus dorée, la bulle plus intense en bouche aussi. Il y a un peu plus de tout dans ce vin, à l'extrême : plus pomme, plus rondouillarde, plus élevée surtout (caramel +). L'acitié finale retend le vin, fort heureusement. Pas prêt du tout mais à attendre en toute confiance !

Jambon de pays et persillé. Beaune rouge 2011 Sarnin-Berrux et Nuits Georges rouge 2008 "les Terrasses de Vallerots" de Bertrand Machard de Gramont. Le Beaune présente de fines notes de poivres et d'épices, avec un fruit assez en retrait et un végétal assez marqué. Pas mon truc. Le Nuits est par contre plus avenant : cassis, rondeur, fruit claquant, dans un style certe un peu facile et une légère acidité volatile palpable qui donne une bonne buvabilité au vin.

St Jacques jus de clémentine crémé et Roussette de Savoie, Marestel 2008 du domaine Dupasquier et Riesling Muenchberg 2007, domaine Ostertag. L'avantage avec ce repas de fin d'année, c'est que l'on choisit un peu ce qu'on veut manger. Les échanges902630_10201713850301919_1809296705_o de mails vont bon train. J'aime bien la recette réduction de jus de clémentines avec le Marestel 2008. Mais il fallait que la sauce passePetite aussi sur le Riesling que Pierre avait apporté. Dans ce cas, la réduction a été délayée dans un peu de crème. Bah oui ici, c'est la Normandie les gars :) Le Marestel est très... clémentine, nougat et poivre blanc au nez. En bouche, c'est carressant, le vin se livre totalement. J'avoue avoir un mal fou à projeter ce vin dans le futur, tant il m'apparait à chaque fois bon. Aucune raison de garder les 2008 du coup :) L'Ostertag est plus sérieux du coup : compact, tout en tension sur un effet de sol affirmé. L'ensemble se délie sur des notes de fruits blancs et de tabac blond avec franchise et sérieux. Très bon, dans un tout autre style.

Avinage du gosier avec les rouges, sans rien avec. Vosne-Romanée 2006 "Aux Réas", Thibault Liger Belair. Assez compact, comprimé dans son expression aromatique voir même un peu ferme sur son assise tannique. Plaisir limité.
Vosne-Romanée 2006 "les Barreaux" domaine Anne Gros. Déjà plus aimable. Plus de chair, même si là aussi, le vin ne parait pas tout à fait à l'aise et ne semble pas se livrer totalement. Longueur un peu juste. Bien

Premier service de viande : onglet de Yves-Marie Le Bourdonnec, pommes paillasson, cèpes de Normandie avec un Saumur Champigny 2003 "les Poyeux" du Clos Rougeard et son p'tit frère de 2004. On change clairement de coin. Le 2003 présente des notes de céréales et de thé, avec quelques petits fruits rouges sans aucun excès de maturité. Joli vin à point, qui se déuste avec plaisir, même si les tannins sèchent très légèrement sur la finale. Le 2004, même si on sent aisément un lien de parenté évident, est moins avenant : le poivron fait son entrée et du coup son petit effet qui met sur la piste d'une paire ligérienne. Plus riche et même une sensation plus alcooleuse. Moins à l'aise sur la viande.

1498727_10201713852381971_1285103477_o

Deuxième service de viande : onglet de Yves-Marie Le Bourdonnec, pommes paillasson, cèpes de Normandie et 3 vins. Domaine Armand Rousseau, Ruchottes Chambertin Grand Cru, Clos des Ruchottes 2007 : un poil de réuction au départ et tout rentrera dans l'ordre et rapidement. On identifie rapidement le cépage pinot noir, qui déroule sa panoplie la plus intéressante : évanescence,  avec une pointe d'orange confite. La bouche est soyeuse, tout en délicatesse, carressante, un peu sanguine, sans pour autant oublier ce qu'il faut de sérieux. La finale est assez longue et de bonne intensité. Incrachable en l'état, la bouteille n'a pas fait un pli. Cette bouteille était la roue de secours d'un Clos de Tart 2001, irrémédiablement bouchonné, qui aurait du faire la paire avec un autre Clos de Tart, 2002. Registre radicalement différent. Le Clos des Ruchottes, c'est un peu James Bond, propre sur lui, élégant, en un clin d'oeil il emballe sec. Le Clos de Tart 2002, c'est un peu Mike Tyson. Il tente rapidement le KO : puissant, solaire, large avec un élevage encore marqué. Il peut finir aux points car sa longueur est inouïe ! Un monstre au potentiel immense.

1496050_10201713851941960_1043492000_o

Troisième service de viande : onglet de Yves-Marie Le Bourdonnec, pommes paillasson, cèpes de Normandie (bah oui, il en reste encore). Corps et âme de Château Gasqui, Côtes de Provence 2003, cuvée "Eric Verdier" et domaine de la Grange des Pères, Vin de Pays de l'Hérault 2008. Le Côtes de Provence possède un nez étroit, d'encre d'école et délicat. En bouche, les sensations sont quasi identiques : fine et fraîche, faite de cendres froides et d'un fruit noir sans excès de maturité, la finale est délicate, sans aucune aspérité tannique. Très bon et surtout, une parfaite découverte. Le nez de la Grange des Pères est crémeux, fait d'herbes aromatiques tel le thym et le romarin. La bouche est sur le pruneau, mais plus insistante, notamment à cause d'une sucrosité qui dégrade son habituelle facilité à boire. Moins ma "cam' ''

Premier plateau de fromages (pâtes molles) : Carré de l'Est, Carré Corse, Chaource (qui avait une bonne longueur d'avance sur les autres en s'échappant de l'assiette :) ), Fougerus... et Champagne Philipponnat Brut 2000, Clos des Goisses. Seul, le Champagne se comporte dignement : fougères, anis et fruits blancs au nez, bouche à l'allure noble et un peu grassouillette. Mais avec les fromages, il s'est malheureusement fait déborder.

1501567_10201713853341995_1011929499_o

2 blancs servants d'interlude et de rince gosier (j'rigole Franck). Lucien Crochet, Sancerre 2007, "le Chêne Marchand" : nez fait d'anis avec des notes végétales. Bouche généreuse presque massive, tout en largeur, à l'acidité fort heureusement bienvennue. Moyennement mon truc. Domaine Vacheron, Sancerre 2007, "les Romains" : bouche plus complexe et avenante avec des notes fumées et anisées, mais soufrée. Bouche basée sur une remarquable tension presque citronnée, à l'amertume finale remarquablement bien intégrée dosée. Très bon.

Deuxième plateau de fromages (pâtes dures) : Comté 24 mois, Laguiole, Gouda aux truffes, Vacherin fribourgeois... et Arbois Vin Jaune 1995, André et Mireille Tissot. Raisin de Corinthe, pain d'épice et curry au nez, mais "faut r'connaïtre, c'est du brutal ! ". Bouche puissante, dotée d'une grosse acidité. Manque d'air évident sur ce vin, à revoir donc.

1495989_10201713855182041_184221882_o

Et le petit dernier, pour aller avec les nougat glacé : Bodegas Toro Albalá, PX Gran Reserva 1979. On entre comme toujours avec ce vin dans le superlatif ! La couleur en impose (acajou) et les larmes sont consistantes et épaisses. L'ensembe évolue tour à tour sur la cerise à l'eau de vie, la figue verte puis le pruneau. Aucune trace de café ou de torrefaction ce soir là, mais un travail d'équilibriste, comme toujours avec ce vin. Hors normes !

Un grand merci à nos hôtes, le grand Seb, Stéphanie et à tous pour avoir fait de cette soirée un beau et grand moment d'amitié.

 

Posté par Gildas vin à 23:43 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

11 novembre 2013

Quelques "Rhône nord"

Quelques bouteilles rhodaniennes pour fêter l'entrée officielle dans l'automne : des blancs, mais surtout des rouges. Ca se passe à l'aveugle, les vins sont servis les uns après les autres. Let's go et merci à Saint Joseph d'avoir sponsorisé la soirée :)

Crozes-Hermitage blanc 2011 "les Pitchounettes", domaine Lucie Fourel : un peu de grillé au nez qui s'apparente à de la réduction. Joli jus en bouche, compacte et fruité, avec un trait végétal du plus bel effet. Simple dans son expression, mais assez efficace.

Hermitage blanc 2005 "Chante Alouette", Michel Chapoutier : nez complexe sur la graine de sésame, avec des notes de miel et de mazapan, flirtant avec une très légère oxydation (déjà ressentie sur cette même bouteille il y a deux ans). Bouche riche et généreuse, concentrée mais équilibré, longue et crémeuse, finale sur une pointe végétale. A garder encore et taillé pour la table ! Très bon.

Changement de couleur

Saint Joseph "Lautaret" 2005, Eric et Joël Durand : beaucoup de fruits rouges, sur une solide assise minérale et de senteur d'encre. Bouche sérieuse, équilibrée avec de la mâche et de la longueur. A point actuellement et parfait pour lancer cette série de rouges.

1

 

Saint Joseph 2009 "le Temps des Cerises", Stéphane Othéguy : nez ouvert et très floral, encore une fois des senteurs d'encre d'école et visiblement, peu de soufre à la mise en bouteille. En revanche en bouche, peu ou pas de plaisir du tout, la faute à une grosse sécheresse d'ensemble. A revoir

Saint Joseph 2011 "Deschants", Michel Chapoutier : nez sur le kirsh, très alcooleu. Bouche acide et dure. Aucun plaisir !

Saint Joseph 2009, domaine des Remizières : le nez est tout juste expressif, avec une pointe de fumé et de minéral. La bouche impose une acidité importante. Correcte, mais manque d'un petit supplément pour en faire un bon vin.

Saint Joseph 2010, E Guigal : celui-ci est consensuel, il pourrait plaire à un grand nombre. Fruits rouges, patine, acidité en finale. Correcte, sans plus.

Effet de séquence ou non, mais les trois derniers vins offrent peu de personnalité et le plaisir s'en ressent !

Saint Joseph 2009, Alain Graillot : fruit très net et d'une belle profondeur, de cerise et de vieux bois. Bouche soyeuse et gourmande, à la parfaite acidité. Un vin qui se montre à la fois sérieux et très buvable. Très bon.

2

 

Cornas 2005 "cuvée des Côteaux", Robert Michel : magnifique nez complexe, patina à l'ancienne, de cerises à l'eau de vie. En bouche, le vin s'exprime de façon "rocailleuse" si je puis dire, avec une forme d'énergie qui donne de la longueur à l'ensemble. Fin et délicat, semblable à un pinot bourguignon, il bénéficie d'une réserve de puissance non négligeable pour en faire un très bon voir un excellent vin.

Cornas 2006 "les Vieilles Vignes", Alain Voge : beau nez, à juste maturité. Très jolie bouche, au touché rond et soyeux, sur des saveurs de fruits rouges mais aussi de myrtille. Un vin à la limite "techno", frais et digeste et surtout, compagnon idéal au moment de passer à table.

Posté par Maigremont à 16:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :



Fin »