La table est prête, parfaitement dressée pour notre repas dégustation de fin d'année en équipe réduite. Attention, ce qui va suivre n'est pas à montrer à toutes les âmes sensibles et aux enfants : nombre de viandes et de légumes (moins par contre) ont été sacrifiés pour l'occasion sur l'autel de la secte de la "bonne bouffe". Au diable l'avarice, en cette période difficile. Nous repartirons de chez le grand Seb et Stéphanie avec l'estomac bien rempli et le foie bien chargé :)

Let's go, parce qu'il y en a un qui est en train de mordre mon bras parce qu'il à faim : c'est l'ami Pierre. Tout est à l'aveugle.

Lard de Colonnanta et Champagne Bollinger La Grande Année 2002 : la bulle est fine mais riche d'intensité, avec des  notes anisées et florales avec une pointe d'oxydation. La bouche est construite sur une amertume noble et la finale est riche. Je crois qu'on a droit à cette bouteille tous les ans en fin d'année et je ne m'en lasse pas une seconde ! L'accord avec le lard est top.


Autre bulle pour terminer les tranches de Colonatta. Champagne Jacques Selosse Grand Cru Blanc de Blancs "Substance". La couleur est plus dorée, la bulle plus intense en bouche aussi. Il y a un peu plus de tout dans ce vin, à l'extrême : plus pomme, plus rondouillarde, plus élevée surtout (caramel +). L'acitié finale retend le vin, fort heureusement. Pas prêt du tout mais à attendre en toute confiance !

Jambon de pays et persillé. Beaune rouge 2011 Sarnin-Berrux et Nuits Georges rouge 2008 "les Terrasses de Vallerots" de Bertrand Machard de Gramont. Le Beaune présente de fines notes de poivres et d'épices, avec un fruit assez en retrait et un végétal assez marqué. Pas mon truc. Le Nuits est par contre plus avenant : cassis, rondeur, fruit claquant, dans un style certe un peu facile et une légère acidité volatile palpable qui donne une bonne buvabilité au vin.

St Jacques jus de clémentine crémé et Roussette de Savoie, Marestel 2008 du domaine Dupasquier et Riesling Muenchberg 2007, domaine Ostertag. L'avantage avec ce repas de fin d'année, c'est que l'on choisit un peu ce qu'on veut manger. Les échanges902630_10201713850301919_1809296705_o de mails vont bon train. J'aime bien la recette réduction de jus de clémentines avec le Marestel 2008. Mais il fallait que la sauce passePetite aussi sur le Riesling que Pierre avait apporté. Dans ce cas, la réduction a été délayée dans un peu de crème. Bah oui ici, c'est la Normandie les gars :) Le Marestel est très... clémentine, nougat et poivre blanc au nez. En bouche, c'est carressant, le vin se livre totalement. J'avoue avoir un mal fou à projeter ce vin dans le futur, tant il m'apparait à chaque fois bon. Aucune raison de garder les 2008 du coup :) L'Ostertag est plus sérieux du coup : compact, tout en tension sur un effet de sol affirmé. L'ensemble se délie sur des notes de fruits blancs et de tabac blond avec franchise et sérieux. Très bon, dans un tout autre style.

Avinage du gosier avec les rouges, sans rien avec. Vosne-Romanée 2006 "Aux Réas", Thibault Liger Belair. Assez compact, comprimé dans son expression aromatique voir même un peu ferme sur son assise tannique. Plaisir limité.
Vosne-Romanée 2006 "les Barreaux" domaine Anne Gros. Déjà plus aimable. Plus de chair, même si là aussi, le vin ne parait pas tout à fait à l'aise et ne semble pas se livrer totalement. Longueur un peu juste. Bien

Premier service de viande : onglet de Yves-Marie Le Bourdonnec, pommes paillasson, cèpes de Normandie avec un Saumur Champigny 2003 "les Poyeux" du Clos Rougeard et son p'tit frère de 2004. On change clairement de coin. Le 2003 présente des notes de céréales et de thé, avec quelques petits fruits rouges sans aucun excès de maturité. Joli vin à point, qui se déuste avec plaisir, même si les tannins sèchent très légèrement sur la finale. Le 2004, même si on sent aisément un lien de parenté évident, est moins avenant : le poivron fait son entrée et du coup son petit effet qui met sur la piste d'une paire ligérienne. Plus riche et même une sensation plus alcooleuse. Moins à l'aise sur la viande.

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Deuxième service de viande : onglet de Yves-Marie Le Bourdonnec, pommes paillasson, cèpes de Normandie et 3 vins. Domaine Armand Rousseau, Ruchottes Chambertin Grand Cru, Clos des Ruchottes 2007 : un poil de réuction au départ et tout rentrera dans l'ordre et rapidement. On identifie rapidement le cépage pinot noir, qui déroule sa panoplie la plus intéressante : évanescence,  avec une pointe d'orange confite. La bouche est soyeuse, tout en délicatesse, carressante, un peu sanguine, sans pour autant oublier ce qu'il faut de sérieux. La finale est assez longue et de bonne intensité. Incrachable en l'état, la bouteille n'a pas fait un pli. Cette bouteille était la roue de secours d'un Clos de Tart 2001, irrémédiablement bouchonné, qui aurait du faire la paire avec un autre Clos de Tart, 2002. Registre radicalement différent. Le Clos des Ruchottes, c'est un peu James Bond, propre sur lui, élégant, en un clin d'oeil il emballe sec. Le Clos de Tart 2002, c'est un peu Mike Tyson. Il tente rapidement le KO : puissant, solaire, large avec un élevage encore marqué. Il peut finir aux points car sa longueur est inouïe ! Un monstre au potentiel immense.

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Troisième service de viande : onglet de Yves-Marie Le Bourdonnec, pommes paillasson, cèpes de Normandie (bah oui, il en reste encore). Corps et âme de Château Gasqui, Côtes de Provence 2003, cuvée "Eric Verdier" et domaine de la Grange des Pères, Vin de Pays de l'Hérault 2008. Le Côtes de Provence possède un nez étroit, d'encre d'école et délicat. En bouche, les sensations sont quasi identiques : fine et fraîche, faite de cendres froides et d'un fruit noir sans excès de maturité, la finale est délicate, sans aucune aspérité tannique. Très bon et surtout, une parfaite découverte. Le nez de la Grange des Pères est crémeux, fait d'herbes aromatiques tel le thym et le romarin. La bouche est sur le pruneau, mais plus insistante, notamment à cause d'une sucrosité qui dégrade son habituelle facilité à boire. Moins ma "cam' ''

Premier plateau de fromages (pâtes molles) : Carré de l'Est, Carré Corse, Chaource (qui avait une bonne longueur d'avance sur les autres en s'échappant de l'assiette :) ), Fougerus... et Champagne Philipponnat Brut 2000, Clos des Goisses. Seul, le Champagne se comporte dignement : fougères, anis et fruits blancs au nez, bouche à l'allure noble et un peu grassouillette. Mais avec les fromages, il s'est malheureusement fait déborder.

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2 blancs servants d'interlude et de rince gosier (j'rigole Franck). Lucien Crochet, Sancerre 2007, "le Chêne Marchand" : nez fait d'anis avec des notes végétales. Bouche généreuse presque massive, tout en largeur, à l'acidité fort heureusement bienvennue. Moyennement mon truc. Domaine Vacheron, Sancerre 2007, "les Romains" : bouche plus complexe et avenante avec des notes fumées et anisées, mais soufrée. Bouche basée sur une remarquable tension presque citronnée, à l'amertume finale remarquablement bien intégrée dosée. Très bon.

Deuxième plateau de fromages (pâtes dures) : Comté 24 mois, Laguiole, Gouda aux truffes, Vacherin fribourgeois... et Arbois Vin Jaune 1995, André et Mireille Tissot. Raisin de Corinthe, pain d'épice et curry au nez, mais "faut r'connaïtre, c'est du brutal ! ". Bouche puissante, dotée d'une grosse acidité. Manque d'air évident sur ce vin, à revoir donc.

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Et le petit dernier, pour aller avec les nougat glacé : Bodegas Toro Albalá, PX Gran Reserva 1979. On entre comme toujours avec ce vin dans le superlatif ! La couleur en impose (acajou) et les larmes sont consistantes et épaisses. L'ensembe évolue tour à tour sur la cerise à l'eau de vie, la figue verte puis le pruneau. Aucune trace de café ou de torrefaction ce soir là, mais un travail d'équilibriste, comme toujours avec ce vin. Hors normes !

Un grand merci à nos hôtes, le grand Seb, Stéphanie et à tous pour avoir fait de cette soirée un beau et grand moment d'amitié.