Après une réelle déconvenue il y a quelques mois, où les vins de Pessac-Léognan s'étaient fait laminer, nous avons retendu le bâton à Bordeaux pour une petite chance. Cette fois-ci, le Médoc est à l'honneur et plus particulièrement les vins de st Julien.

Premier accroc et fort heureusement, ce sera le seul : aucunes instances (ODG ou autre) n'est capable de nous fournir la moindre documentation présentant de façon générale l'appellation, préférant se retrancher derrière les prestigieux châteaux qui eux sont équipés et ont la structure suffisante pour présenter leurs "produits". Pire, aucune réponse n'est faite à notre mail de demande initiale, au petit club amateur que nous sommes. OK, mais à quoi sert l'ODG St Julien alors ??

DSC_0271

Passée cette petite désillusion, chacun à apporté une bouteille de sa cave, se rapportant à l'appellation choisie, sans millésimes précis. Les vins sont dégustés à l'aveugle seuls puis avec le repas.

Premier vin. Nez sur les fruits rouges, assez simple, dont l'élevage ne domine pas, mais paraît au contraire bien intégré malgré la relative jeunesse du vin. Bouche de demi corps, souple, sans accroche. Une entrée en matière correcte, même si l'émotion n'est pas encore au rendez-vous. C'est un Sarget de Gruaud Larose 2006.

Jolie couleur violine, cassis. Nez avec des pointes de vanille, floral avec plus de finesse que le vin précédent. Bouche gourmande, ronde, dont le fruit semble vouloir être mis en avant. La trame tannique est très fine et la longueur est plutôt bonne. Un vin plaisant, sérieux qui nous a semblé différent du standard St Julien, mais collectivement très apprécie. C'est un Haut-Médoc 2009, tout juste embouteillé par Patrick Grisard et dernier millésime sorti du château Cornélie.

1

Le suivant au nez offre des notes de poivron frais, de fruits noirs puis de cuir, signant là une légère évolution. Attaque mure et ronde, corpulence svelte mais dynamique. A attendre sans craintes ce Château du Glana 2004.

Le vin suivant est absolument superbe, derrière sa robe foncée : tout en nuances, subtile, le nez est bien mur, de fruits noirs, avec un élevage au service du vin, tout en délicatesse. La bouche est construite sur le même registre avec ce soupçon supplémentaire par rapport aux autres crus dégustés avant : plus charnelle, plus élégante et plus élancée. L'équilibre est très bon, sans un seul once de puissance. Superbe actuellement et à garder. C'est un Léoville-Barton 2004.

Nez de foin et de tabac blond, on a affaire ici à un vin plus évolué et plus souple. Belle profondeur de bouche, juteuse. A point ce Sarget de Gruaud Larose 2000.

Bloqué dès les début sur des notes de torréfaction imposantes, le nez s'ouvre ensuite sur une richesse et opulence du fruit. La bouche est à la peine cependant, car un peu dissociée, à la matière relativement juste. Un peu à la traine, si on le compare aux précédents ce Château Gloria 2001.

6

Nez fin et profond, arborant un élevage encore assez présent mais un fruit bien dessiné. Bouche tout en puissance par contre, à la constitution suffisante pour bien vieillir. A garder ce Lagrange 2004 !

Le vin suivant a des similitudes avec les précédent, avec une expression plus imposante (fumé et boisé qui commence à bien se fondre). La bouche est tout en volume et puissance. La longueur est superbe et les tannins sont gras sans manquer de précision. Il enveloppe littéralement la bouche. Belle finale sur la griotte. Ce Lagrange 2000 est d'un style totalement opposé au Barton 2004. Seul le plaisir est commun.

L'avant dernier vin est net, élégant, avec des arômes précis de mine de crayon, de cuir et de feuilles sèches. La bouche n'est pas immense, mais bien à point encore une fois. C'est encore un 2000 et c'est au tour du Château Terrey Gros-Caillou !

DSC_0295
Le p'tit dernier, avant la ripaille : là encore, la finesse est de rigueur (fruits rouges, cèdre). La bouche est parfaitement ciselée grâce à la fine aciditée, elle est parfaitement équilibrée et longue, sans une once d'accroche. Un très beau jus encore, pour le plaisir. Par rapport à Barton 2004, l'élégance et la classe est un peu en dessous, mais quel vin encore ! C'est un Léoville-Barton 2001.

Immense plaisir pour cette dégustation, d'un très bon niveau qualitatif. Peu de déchets (même pas en fait) et un plaisir accru une fois que l'on passe à table.

Côté miam, tarte du sud-ouest (canard, pommes de terre revenues à la graisse de canard) : une tuerie absolue ! Puis côtes de bœuf au BBQ (2ème tuerie : l'accord avec les vins est sublime, mais c'était fait pour), tomates améliorées, fromages et pruneaux au vin/sorbet maison à la rhubarbe. Elle est pas belle la vie, hein ?

DSC_0300

Retour à la page d'accueil