Le but de cette dégustation n'était surtout pas de comparer ces 2 belles appellations bourguignonne, mais d'en apprécier de façon isolée chaque cuvée.

Quelques repères. Chassagne-Montrachet et Puligny-Montrachet sont 2 villages situés en partie sud de la Côte de Beaune. Coincés entre Meursault au nord, St Aubin à l'ouest et Santenay au sud, leur réputation n'est plus à faire. Si ces 2 villages abritent des appellations villages (Chassagne et Puligny-Montrachet) et 1er cru, c'est bien ici que l'on retrouve d'une certaine façon le graal de tout amateur de vin de Bourgogne : les prestigieux grands crus qui se terminent par Montrachet : Bâtard-Montrachet, Chevalier-Montrachet, Bienvenues-Bâtard-Montrachet, Criots-Bâtard-Montrachet et bien évidement le Montrachet (Mont Chauve).

Puligny produit exclusivement des blancs issus du cépage Chardonnay (exception faite d'un hectare de rouge), comme l'essentiel de la production de Chassagne qui est complétée par une production plus anecdotique de rouges.
Ce sont des vins dits de gastronomie : poissons, volailles mais également des mets plus luxueux tels homards, langoustes voire fois-gras ne leur font pas peur. Mieux, ils se marient en général très bien. Bref, des vins qui appellent à se mettre à table !

Commençons par un petit hors-sujet, histoire d'aviner les bêtes que nous sommes et de créer le passage : la bulles est bien fine, l'ensemble est porté par une grande et belle acidité, étayée par ce qu'il faut de richesse et de matière. L'expression de fruits blancs salivante et les amers en final sont remarquables. Un Champagne de bonne constitution pour souhaiter un bon anniversaire à Serge ! Toujours aussi bon ce Jacquesson 734, issu en majorité du millésime 2006, complété par 2005 et dans une moindre mesure 2004 (Chardonnay, Pinot Meunier, Pinot Noir).

DSC_0038L'histoire ne dit pas combien de bougies ont été soufflées

Comme d'habitude, les bouteilles sont d'abord servies à l'aveugle avant de passer à la suivante. A la fin de la série, le diner viendra confirmer ensuite la bonne tenue ou non des vins avec les mets. Les blancs sont à l'honneur pour cette soirée et nous nous sommes limités aux "villages" et premiers crus.

Assez en retrait, le nez de notre premier vin pointe vers des notes de caramel. En bouche, le bois domine les débats et dissimule encore à ce stade une jolie matière bien enrobée. Bien ce Chassagne-Montrachet 2007 du domaine Morey-Coffinet, mais à bien attendre sagement. (29 €, prix caviste).

Celui qui est maintenant servi est déjà plus expressif : on est vraiment sur le fruits et poivre blancs, même agrumes. C'est fin et la tension se devine, rien qu'au nez ! Ca se confirme dès l'attaque en bouche : le minéral répond à une belle rectitude et s'achève par une finale légèrement fumée. Grand plaisir avec ce Chassagne-Montrachet 2008 de Vincent Dancer. Ce sont les jeunes vignes du domaine, qui ont moins de 10 ans (33 € chez le caviste). Jetez un coup d'oeil à son blog photo, c'est que du bonheur !

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Encore un jeune vin: citronné, agrumes au nez qui est finalement assez simple. Avec ses saveurs de miel et sa corpulence bien en chaire, la bouche est d'une bonne constitution et d'une bonne longueur. C'est un  Chassagne-Montrachet 1er Cru Morgeot 2007 de Jean Desroches (39 € chez le caviste, tout de même).

La robe du vin suivant est très légère. On saute incontestablement d'un cran, avec un nez plus complexe, plus racé aussi. On sent une matière encore recroquevillée sur elle même, avec une bouche parfaitement équilibrée. Une grosse dose de soufre au départ, mais l'air lui fait un bien fou, au point de devenir plus étoffé. C'est un Puligny-Montrachet 2007 "les Corvées des Vignes" du domaine Maroslavac-Léger (non filtré).

La déception est là avec le vin suivant : clairement sur l'élevage (café, notes grillées), le jus est complètement verrouillé, au point de penser qu'il est dans une phase de fermeture. Ce Puligny-Montrachet 2009 1er Cru Les Folatières du domaine Hubert Chavy sera à revoir, en temps et en heure ! (32 € au domaine)

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On quitte les notes de citron et d'agrume pour se situer d'avantage sur le miel et le floral, signe d'un vin qui possède quelques années. La bouche est agréable, arrondie par le temps, pas d'une énorme matière, mais elle est agréable à boire avec ces saveurs de camphre, de chèvrefeuille et de miel encore. Assez bien ce Chassagne-Montrachet 1999 de Lupé-Cholet.

Dernier vin. On sent la grosse cavalerie pointer son nez : nez très citroné, de tarte au citron meringuée. sur un minéral sous-jacent Très belle attaque en bouche, soutenue par une matière pleine, vive, vibrante, où les prémisses du terroir commencent à œuvrer. La finale est tonique encore, compacte, nette, longue. Aucun creux n'est détectable pour ce vin, à l'intensité remarquable. Grande classe, Grand Vin ! C'est un Puligny-Montrachet 2007 1er Cru les Caillerets de Michel Bouzereau (55 €)

Bon mes amis, c'était une très belle dégustation. Des vins de grande qualité, certes pas donnés, mais qui ont donnés tout leur potentiel avec le repas qui a suivi :

 tartareTartare de printemps (asperges, tomates, concombres,
avocats, aromates...). Pour la recette de Serge, c'est ICI.

DSC_0059Blanquette de veau au citron confit

L'accord fonctionne correctement avec le tartare de printemps, mais c'est avec la blanquette qu'il devient majeur ! Les blancs d'une certaine acidité s'en sortent à merveille.

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