Ce samedi était consacré aux premières et plus précisement, aux premières rencontres.
Nous partons avec quelques membres du cercle chez Laurent Baraou, avec qui j'ai longtemps échangé par mail avant de briser le virtuel. Je sais que la rencontre sera de qualité, puisque celui-ci est d'une part caviste, et puis ça ce sent, il est passionné (de vins). Les Vins de St Antoine, puisqu'il faut les nommer ainsi, ont été créés par Laurent il y a quelques années maintenant. Le principe en est simple : la gestion de cave de particuliers ou de restaurateurs et puis, là où c'est plus intéressant pour nous, c'est qu'il propose des vins, des vrais, issus de vignerons qu'il n'hésite pas à trouver, fouiner au moyen de son Kangoo. Et oui, il reste encore des cavistes qui ont foi en ce qu'ils proposent.

La deuxième rencontre, et c'est aussi pour cela que nous sommes ici à dans l'Eure et Loir (pas mal pour un caviste), c'est avec Guillaume Descroix, vigneron de Azay le Rideau (il est invité par Laurent).

Guillaume est ancien président du syndicat d'Azay le Rideau. Il commence à oeuvrer dans le vin alors qu'il fait encore son service national. Et oui, le clairon ne lui fait pas peur, et l'appel de la vigne le tente pour qu'il monte LE projet de sa vie. Comme quoi les gênes d'un grand-père viticulteur, ça aide non ? Maintenant, il vit de sa passion et même si c'est le plus petit des vignerons de l'appellation (Touraine-Azay le Rideau), de ses 4 ha (tous replantés), il en est fier ! Son domaine, c'est le Château de Fouchault .
L'homme a les idées bien arrêtées. Il y a 10 ans déjà, il décidait en démarrant son domaine que rien ni personne ne le pousserait à chaptaliser (addition de sucre au moût avant ou pendant la fermentation). Au risque de blesser ses collègues de l'appellation, il n'a pas changé d'idée. Maintenant, ce sont eux qui font comme lui, le jeune. Finalement pas têtu pour un sou, il est adepte de la cuve inox, question d'authenticité du fruit. Et puis il "laisse faire la nature" pour donner suivant le millésime des vins tantôt secs, tantôt liquoreux.
Ses vins : 2 cépages, 2 couleurs différentes. Pour le rosé, qui représente une toute petite partie de sa production, c'est du local : le Groslot. Côté blanc, soit tout le reste de sa production, c'est le cépage noble de la région, celui qui a une large expression : le ch'nin (lisez chenin).

Nous sommes donc réunis avec d'autres amateurs de Loire pour découvrir les vins de Guillaume et également ceux du domaine Huet, qui donne dans l'excellence des Vouvray. A priori, pas vraiment de points communs, mais une rencontre intéressante.

Huet_Vouvray_p_tillant_00Domaine Huet, Cuvée Brut 2000 Vouvray Pétillant (naturel)
Le nez est sur la pomme, l'amande et annonce une belle gourmandise. La bouche est très avenante avec une belle attaque fine, avec quelques notes d'ananas et un joli gazouilli sur la langue. Fraîcheur remarquable, qui vaut bien de médiocres Champagnes (au moins, c'est dit).

Guillaume Descroix, Sec 2002, Touraine Azay-Le-RideauFouchault_sec_02
Un millésime que son "géniteur" aime bien, très Loire, qui a mûrit tranquillement grâce à une belle arrière saison.
Nez d'abord un peu réduit, il s'ouvre sur les fleurs blanches, le coing avec quelques notes de miel, de foin et de fumé. La bouche est très près du fruit : on a l'impression de croquer du raisin, mais aussi de l'abricot. A noter qu'au Box-Office du sucre résiduel, ce vin n'en contient pas un gramme.

Huet_Clos_du_Bourg_demi_sec_05Domaine Huet, Le Clos du Bourg 2005 Vouvray Demi-Sec
Nez un peu en retrait sur les fruits exotiques comme l'ananas et la mangue ainsi que le coing.
La bouche révèle des touches de bergamote, miel et même des notes muscatées. Elle manque à mon goût d'un peu de maturité.

Guillaume Descroix, le "Jaune" 2003 Touraine Azay-Le-Rideau (le nom n'est pas encore décidé pour le moment)
La mise a été faite il y a peu, mais les étiquettes ne sont pas encore sur les flacons. "le jaune" comme on pourrait l'appeler, porte ce nom car ce vin possède des notes (presque) oxydatives et pourrait s'apparenter à un vin du Jura. Guillaume Descroix travaille en cuves inox. Ce vin, vient de stopper sa fermentation. L'oreille collée à la cuve, il l'a laissé faire, tranquillement afin d'obtenir un vin disons atypique !
Nez d'abord oxydatif, il vire ensuite vers la pomme verte et l'eau de vie. Attaque légèrement sucrée, la bouche est déroutante, sur le curry, la pomme mais possède un bel équilibre. Finale un peu chaude cependant. Bien malin celui qui pourrait situer ce vin en Loire !

Guillaume_Descroix

Guillaume Descroix : un vigneron sans retenue mais avec Huet_Haut_Lieu_moelleux_05bretelles..

Domaine Huet, Le Haut Lieu 2005 Vouvray Moelleux
Nez confit de coing et d'abricot. Pas de doute, on passe maintenant dans la gamme avec sucre résiduel. La bouche commence légèrement amère une fois encore sur les fruits blancs tels que la pomme et la poire. Pas mal.

Fouchault_Liquoreux_03Guillaume Descroix, Liquoreux 2003 Touraine Azay-Le-Rideau
Nez de foin et de fumé (c'est la marque de son concepteur) qui laisse place à un harmonieux mélange de caramel et de pomme. La bouche est ample et persistante, avec caramel, poire sur une bel équilibre sucre/acide. C'est très bon. Sur une tarte tatin, je ne vous en dit pas plus...

Une opposition intéressante, avec 2 styles différents. Huet joue la carte complexité au vieillissement, alors que le Château de Fouchault joue la transparence avec franchise et naturel. Si vous croisez un jour Guillaume, prenez le temps de l'arrêter : il vous étonnera par sa simplicité.
Merci Laurent pour ce moment passé ensemble.