Les bouteilles de Maigremont

Les dégustations de vins du Cercle de Maigremont

15 novembre 2009

Méli-mélo d'automne

Une petite réunion d'amateurs de vins en milieu de semaine, surtout chez Benoit, ça ne se refuse jamais ! L'affluence est fluette, mais les vins proposés par Benoit ont toujours un intérêt et les découvertes risquent d'être au rendez-vous.

Les vins sont servis seuls à l'aveugle, accompagnés du repas et sont dévoilés avant de passer au suivant.

Domaine de Pellehaut "Ampelomeryx" VDP des Côtes de Gascogne 2006 (Gros et Petit Manseng, Chardonnay et Sauvignon) : un joli nez nougat, un brin exotique sur une trame finement boisée. Bouche riche et bien équilibrée avec ce qui faut de gras pour que le vin ne se goûte pas totalement sec. Bien

Château l'Enclos des Rozes, Gaillac blanc 2007 : un 100 % Mauzac vinifié par Aurélie Balaran, fille de Jean-Marc, figure 2emblématique du gaillacois (domaine d'Escausses). Premier coup d'essais et totalement transformé. Le vin ne s'éparpille pas, il va là où on a dû lui dire d'aller. Joli boisé avec des notes de fenouil, il s'étire longuement avec une acidité tonique. Aurélie n'est pas la fille de son père pour rien et il semble qu'elle soit bien partie pour se faire un prénom dans la région. Bravo !

Domaine de la Tournelle "les Corvées sous Curon" Arbois 2003 : finement oxydatif, avec une grosse amertume en bouche. Pas mon style du tout : 2003 doit en être la cause. A goûter de nouveau sur un autre millésime.

Domaine des Ouches "les Ouches", Bourgueil 2002 : personnellement, je suis parti rapidement dans le Sud-ouest, vers Cahors ! Le vin semble avoir quelques années derrière lui : terre humide, sous bois.  Belle attaque fondue sur les fruits noirs mais tombe comme une pierre ! Dommage. Benoit nous indique que ce vin était en pleine forme la dernière fois qu'il l'avait goûté.

Domaine Navarre "cuvée Olivier", St Chinian 2006 : un très joli vin doté d'une robe incroyablement foncée, pur aussi bien au nez qu'en bouche, souple et soyeux (malgré 14 %) avec comme fil conducteur des senteurs d'herbes aromatiques. Un assemblage de Syrah, Grenache et Carignan sur schiste. Bien

Domaine d'Escausse "la Vigne Mythique", Gaillac 2004 : le vin de la soirée ! Une cuvée normalement réservée pour un ou deux restaurateurs (merci Benoit) Nez complexe d'herbes coupées, de cassis et de myrtille. La bouche est savoureuse, gourmande, sur des notes d'oranges sanguines et de cannelle. Le fond de bouteille emporté dans le cabas direction la maison m'a procurée un immense plaisir sur une semaine : le vin n'a pas bronché d'une oreille. Il se livre enfin : testé il y a presque 2 ans, le bougre n'avait rien dit du tout. C'est maintenant devenu un très très beau vin.

Domaine Piquemal "la Perle Pourpre", Rivesaltes 2007 :arômes de griotte et de fraise avec un peu de bois. Plutôt simple mais bien fait.

3Château le Fagé "Cuvée Grande Réserve", Monbazillac 2003 : le vin évolue sur des notes de pêche de vigne, de frangipane et de sucre d'orge. Le vin livre un style dynamique et une finale dense, charnue et un léger côté végétal bien plaisant. 2003 démontre une fois de plus avec ce beau Monbazillac, que ce millésime du côté des liquoreux n'est pas à mettre à la poubelle, bien au contraire !

Les Vignerons Catalans en Roussillon, Rivesaltes 1974 Ambré Hors d'Age : simple mais clairement sur la noix, la figue, marqué de fruits secs et un rancio appuyé. La bouche est bien agréable comme cette soirée d'ailleurs.

Merci Benoit

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Posté par Gildas vin à 22:48 - Compte rendu de dégustation - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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12 octobre 2009

Juste pour rire, en pleine semaine

L'ami Pierre qui veut nous faire connaître son père spiritueux, Gaby et c'est un nouveau prétexte pour se retrouver autour de quelques bouteilles et une bonne cuisine. Tout est à l'aveugle et les breuvages sont accompagnés du repas.

Rillettes de saumon maison.
Bulles fines, nez très ouvert et avenant, tilleul, pomme, amande et un peu fumé. Bouche très ronde, très subtile et qui s'étoffe en final sur des notes d'anis. Un très beau Champagne taillé pour la table : habituellement, Moët n'est pas ma tasse de thé, mais force est de constater qu'ici, c'est excellent. C'est un millésimé 2000 "Grand Vintage".

roulotLes vins 2 et 3 sont servis en parallèle. Le nez de ce premier est floral, patine d'antiquaire, dans un style longiligne et superbement élevé. La bouche est ronde, il y a du gras mais manque d'un poil de tension pour en faire un très beau vin. Pouilly-Fuissé "Secret Minéral" 2007 de Jeandeau. L'autre vin présente un caractère minéral marqué avec un pointe de réduction et de champignon. Mais c'est en bouche que ça se passe : elle possède l'équilibre des grands Bourgognes et affirme le terroir avec classe. Superbe Monthelie blanc 1er Cru "les Champs Fulliots" 2000 de Jean-Marc Roulot.

ris

Je vais vous avouer que je ferai des kilomètres rien que pour avoir des ris de veau. Quand ils sont accompagnées de morilles et de sauce à la crème, rien ni personne ne pourrait me retirer l'assiette que j'ai devant moi, pas même un pitbull. C'est le petit Jésus en culotte de velours qui arrive avec les deux vins suivants ! Le premier de la série est assez austère, réservé, un brin soufré pour tout dire. L'acidité est contrastée et le tout manque d'harmonie. C'est très loin de l'idée que je me fais d'un 1er cru de Meursault et surtout d'un Genevrières. C'est un 2002 de Mestre-Michelot. L'autre vin est très typé, le caractère bien trempé, il affirme des notes de fruits jaunes et un côté fumé qui met sur la piste d'un Chardonnay du Jura. La bouche possède une belle richesse, sur un côté mur et une finale fumée encore une fois. Le plat allait à merveille à ce Côtes du Jura Chardonnay 2006 "En Barberon" de Stéphane Tissot.

Passons à des vins plus sombres.

6 et 7 sont servis en parallèle pour accompagner l'agneau. Belle robe juvénile et foncée. Trame agréablement fruitée d'abord, nez classieux typé rive gauche. C'est d'une redoutable précision, mêlé d'une jolie pointe herbacée. Bouche croquante et longue, tanins serrés de grande qualité. Je lui trouve cependant une finale amère assez appuyée mais il faudrait être de mauvaise volonté pour ne pas l'apprécier.
L'autre vin arbore une robe qui commence à légèrement évoluer. Matière mure, beaucoup de fraîcheur, rose fanée, tabac, cigare, plus marqué par l'élevage, mais pas du tout outrancier. La bouche est un peu plus fluette que celui qui lui fait face, mais possède une belle structure qui commence à évoluer avec encore une fois cette fraîcheur agréable. Les Carruades de Lafite 2000 (6)est un très beau vin pour se faire plaisir en ce moment, mais un poil en dessous du prometteur Pontet Canet 2001 servi en face (7). 2 très beaux Pauillac dans 2 styles différents.

Avec l'Ossau-Iraty, Pierre joue "l'accord classique" nous dit-il : je n'ose pas penser à la fameuse cuvée Haïtza, car le vin semble confus, montrant peu de complexité (cassis et c'est tout). Les tanins sont fermes, même un peu durs. C'est bien connu avec cet Irouleguy cuvée "Haïtza" du domaine Arretxea : quelques temps après la mise en bouteille, le vin se referme. Ce millésime 2006 est à cacher pendant au moins 3 ou 4 ans !! Il n'en resurgira ensuite que bien plus vaillant.

verre

Le St Nectaire se voit doter d'un autre vin et de nouveaux verres. "J'ai pensé que ça devait aller avec cebarolo genre de bocal" indique Pierre en montrant un gros verre à Bourgogne. Et là, c'est la baffe ! Tout le monde se regarde, le sourire en coin. Quel est donc cet OVNI* ? Le Pinot Noir est identifié rapidement par l'assemblée. Nous partons après concertation vers un Grand Cru de la Côtes de Nuits et disons qu'un Bonne Marres de noble origine ne serait pas idiot. Nez classieux, envoutant, profond, rose, camphre. Bouche gigantesque, tout en longueur avec une texture douce mais consistante que je n'avais encore jamais abordé. Le fruit est mur et d'une élégance fantastique. J'ai noté "tanins comme les haricots : extra-fins". Et pan, derrière les oreilles, ça nous apprendra : rien de bourguignon, mais c'est un délicieux Barolo 1997 Cannubi Boschis de Luciano Sandrone qui est dans nos verres. S'il y avait un vin pour faire l'amour, nul doutes qu'il serait celui-là !

Et sur un crumble aux pommes, le petit dernier. Nez d'agrumes : jus d'orange, orange sanguine, clémentine, peu de rôti mais quelques notes safranées. Bouche sur des saveurs d'ananas dotée d'une grosse acidité qui le rend très digeste malgré l'épaisseur qui l'accompagne. Nous terminons avec un très très beau Sauternes 2003. Eh oui, 2003 ! Et ce n'est pas moins que le Château de Fargues. Bravo

Merci l'ami, merci Pierre pour ta petite soirée en plein milieu de semaine avec tes petits vins de table ;-)

* OVNI : Objet Viticole Non Identifié

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10 septembre 2009

Eclectique de l'été 2009 (part two)

Notre dernière rencontre de l'été était placée sous le signe de la qualité des flacons et des retrouvailles après un repos estival mérité.

Nous sommes chez David et Stéphanie, qui au passage nous accueillent avec des bulles pour fêter le petit dernier qui se porte comme un charme ! Bravo à tous les 2, vous pouvez être fiers de votre petit Eliott (avec Arthur of course, le grand frère). 

Des bulles donc pour commencer. Un joli nez de noisette et de pomme, c'est rond à point, avec de l'énergie en bouche qui laisse la bouche propre et fraîche. C'est la cuvée Brut Réserve de Guy Niziolek. Un agréable Champagne de producteur pour 11,5 € seulement.

10Second vin. La couleur est pâle, claire. Nez simple et acidulé fait de fruits blancs (pêche de vigne, poire) et marqué par la citronnelle. Bouche "huileuse" de poire, à l'acidité très basse. Fond de verre sur des arômes de chenin (poire, fruits exotiques...). Nous proposons un vin du sud-est, à base du cépage Rolle. C'est ce même cépage qui est appelé Vermentino en Italie et en Corse, où nous nous trouvons maintenant : Vin de Corse Sartène 2008 Domaine Pero Longo "Sérénité"

Joli nez entre deux âges, sur le cèdre, l'encaustique (dire, miel), l'amande. Une bouche un peu plus simple, un peu en décalage avec le nez, en font un vin agréable, mais pas transcendant. Finale minérale. C'est Robert Meistermann qui fait ce Riesling Grand Cru Steinert 1999.

Arômes typiques de Gewurtz, élégant et floral. Bouche bien construite avec un peu de mordant à l'attaque, sucre bien dosé, équilibré sans lourdeur. C'est bon, c'est bien fait. C'est en effet un Gewurztraminer 2004 de Frédéric Geschickt, domaine de la Sinne.

Les rouges

Premier vin. Nez sur la réduction avec des notes de levure, bière. Passé ce petit moment déroutant, le nez s'ouvre avec richesse sur la cerise et la prune. On sent bien la puissance et même une pointe d'alcool. La bouche est puissante, mure, riche de fruits noirs tels la cerise et le cassis. Malgré tout, une attaque légèrement perlante donne de la fraîcheur et de la buvabilité sur des tanins mordants. C'est très bien fait et même gourmand. Finale sur des saveurs d'encre. Pour amateur de vin solaire. C'est un Côtes du Roussillon 2007 "les Sorcières" du Clos des Fées.

Le vin suivant est dans un autre registre. La couleur est un peu évoluée et présente des reflets tuilés.5 Finesse, c'est la caractéristique première de ce nez, joliment ponctué de cuir et de fraise, puis de cassis, d'épices douces. L'acidité est encore bien présente, alors que l'on donne quelques années à ce vin. Les fruits rouges dominent en bouche, la matière est douce, mure, les tanins souples. Il ressort un côté terreux en final qui en dit certainement long sur ses origines. Disons sur la Côte de Beaune. C'est un Pernand-Vergelesses 1996 1er cru "les Fichots" de Roger Jaffelin & fils. Un joli vin, qui commence à atteindre son plateau de maturité. 1996, millésime marqué par de grandes acidités en Bourgogne.

Ce vin là, tout le monde est tombé dans le panneau. En effet, personne n'en avait l'origine : fond végétal, pivoine, floral, pampre verte. Bouche épicée, tabac brun, matière fondue, petite longueur, ça se boit facilement, mais il ne faudra pas tarder à terminer votre fond de cave s'il vous reste de ce spécimen. Nous sommes à Canon Fronsac, château Vray Canon Boyer 1996.

Clairement dans un autre registre, le vin suivant propose des relans de mercaptan. Le nez n'est pas terrible, fortement marqué par le grillé. En bouche, un peu de cerise, le fuit est mur et puissant, la matière est juvénile. Registre exotique pas du meilleur effet pour ce Toro 2008 Liberalia "Cero" (Espagne), qui manque de cohésion entre le nez et la bouche.

Un peu de féminité et de la douceur

Tiens, un vin rouge ! Senteurs peu complexe mais ô combien précise de crème de mûre, cerise. Agréable, presque léger en bouche, sur la cerise avec des sucres qui trainent. On dirait presque un Maydie. On le verrait bien accompagner avec bonheur un fromage de brebis, un Ossau-Iraty par exemple. Encore un ibère : un Jumilla, Casa de la Ermita "Dulce Monsatrell" 2005. Pour rappel, le Monastrell est la version espagnole du Mourvèdre, cépage roi des vins de Bandol.

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La palme de l'originalité revient à cette bouteille. Jolie couleur rosée. On part allègrement au nez sur du Loin1 de l'Oeil (poire, coing) et ça envoie très fort dans le style sirop de fraise. On sent le sucre. En bouche, énorme liqueur de fraise encore, un peu pataude. Ce vin mal aimé des diabétiques est un Vin Paillé 2005, VDP de la Corrèze du domaine du Bas Queyssac. Fait avec passion par Jean Louis Roche, ce dessert à lui tout seul est élaboré à base de minuscules rendements de Cabernet Franc et Sauvignon. 

Et pour achever cette belle soirée. Pas de doute, en vue c'est du Ch'nin (Chenin) : pâte de coing, un peu de pomme, pointes d'ananas, c'est jeune. En bouche, bel équilibre, les sucres ne sont pas pesants (passerillage certainement), c'est assez gourmand et possède une finale saline des plus agréable. Bien ce Coteaux de l'Aubance 2007 "Le Pavillon", domaine Richou.

Plutôt une réussite cette soirée. Des vins très différents les uns des autres et bien difficile de dire lequel s'en sort le mieux, mais on retiendra : le GW de Frédéric Geschickt pour le côté découverte. Les Sorcières du Clos des Fées : un vrai bonbon. Le Pernand de Roger Jaffelin pour sa sagesse. Enfin la Bodega "Casa de la Ermita", bien trop méconnue à notre avis !

Et après ça ?

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Confit de porc, citrons et tomates confits aux zitounes

Merci Steph, merci Dave : nous reviendrons !

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31 août 2009

Eclectique de l'été 2009 (part one)

C'est parti pour les dégustations fourre tout, celles où l'on peut se lâcher en apportant ce que bon nous semble : comme toujours, ça ne dure qu'un temps, celui de l'été (à l'aveugle comme d'habitude).

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David, Gildas et Gil. Carafage ou pas, that is the question ?

La soirée se passe chez Sandrine et Yves.

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Stéphanie, Manu et Yves

Premier vin. Il est aromatique à souhait, trame acidulée, sur les agrumes et l'abricot avec un côté floral en retrait. La bouche est vive, conforme aux arômes du nez avec un côté huileux surprenant, mais le tout est presque sec. C'est fin, peu complexe sur une fine acidité. Ce vin du cépage "Catarratto" nous vient d'Italie et plus précisement de Sicile : "Terrr di Ginestra" 2008 de Calatrasi (11 €)

Le suivant propose au nez fleurs blanches avec des pointes anisées. En bouche, c'est une incroyable salinité qui domine le vin de bout en bout ! L'ensemble est "tendu" avec plaisir. Bien et plutôt surprenant ce St Bris 2007 du domaine Grand Roche d'Erick Lavallée (7 €), dernière AOC crée en Bourgogne, à base de Sauvignon.

Sicile  DSC_0036  DSC_0035

On passe maintenant à un tout autre genre. Puissant au nez, dans un style légèrement oxydatif, donnant des effluves de banane flambée. En bouche, le vin a des allures de rhum vieux, et allonge sa puissance tout en gardant équilibre et plaisir. Un beau vin de gastronomie proposé ce soir : il n'avait pas été aussi bien goûté ici. Il semble s'être assagi d'un point de vue perception du bois. Ce vin, élevé longuement (en fût de chêne lituanien) est un VDP des Côtes Catalane blanc 2004 "Les Clares" du Château la Casenove (17 €)

Dernier blanc. Au programme, de l'oxydatif à plein nez ! Pas complexe, sur la noix et fruits secs, droit avec cependant un petit défaut au nez malgré une capsule à vis. On aime ou on n'aime pas ce "Fino" Los Amigos, Montilla-Morilles de Perez Baquero (5 €) 100 % Pedro Ximenez. Pour amateur du genre.

Changement de registre. Couleur claire, grenadine. Nez groseille et un peu de fruits rouges, semblant avoir quelques années derrière lui. Bouche souple et fruitée, peu de volume, évoluée, dont le végétal prend le dessus sur la fin. Irancy 2000 Chais et Crus "Trou Mombard". Ca a beau être un vin de négoce, il est pas mal, mais il fait plus vieux que son âge.

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Le vin suivant présente au départ un squelette végétal prononcé, puis s'ouvre sur un joli fruité noir et poivré. La bouche est assez tannique, dense mais ce Gaillac 2001 du Manoir de l'Emmeillé "Cuvée Sarah" bénéficie d'une amertume finale plutôt bienvenue. Un Gaillac du genre ancienne école. (8 €)

DSC_0030Le dernier rouge du jour : le nez est crème de cassis à souhait, mais alcooleux. La bouche confirme le nez : avec peu de fruit et de complexité, c'est l'alcool qui malheureusement domine les débats. Dommage pour ce Côtes du Roussillon Villages 2007 Château Montner (7 €)

Une seule douceur pour cloturer cette soirée. L'arôme dominant est évocateur de sonDSC_0026 origine : la pomme. Du coup, le cépage Mauzac nous fait partir sur Gaillac. En bouche, le coing vient compléter les senteurs du nez. La liqueur est bien présente, riche, et un côté perlant vient par bonheur alléger le tout car en l'état, le vin manque d'un peu d'acidité et tombe un peu dans la lourdeur. C'est un Gaillac doux 2005 du domaine de la Ramaye (Michel Issaly) "les Sous Bois de Rayssac", composé de 80 % de Mauzac et 20 % de Len de l'El (18 €).

Avec ça, on mange : des légumes du soleil dorés au four relevés comme il faut (aubergines, tomates...), gambas et crème d'aneth, un lapin chasseur dont les cuisses sont plus grosses que celles de Jeannie Longo ;-) , fromages et petits fours. Merci Sandrine

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On se retrouve bientôt pour une prochaine éclectique (de grand niveau !)

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11 août 2009

Coup de Coeur blanc à Syracuse

Il y a des amis que je connais depuis maintenant 2 ans, plus pour d’autres du groupe invités ce jour. Le genre de ceux que j’ai plaisir à retourner l’invitation aujourd’hui et pour lesquels je n’hésite pas une seconde pour ouvrir les flacons que j’affectionne, car notre passion commune est le vin. Le cercle LPV Haute-Normandie (première version) s'est reformé l'espace d'une journée avec la visite surprise de Eric.

Pour moi, le vin représente le partage, l’amitié. Cette relation que j’ai avec ces amis, elle dure grâce à la simplicité, à l’honnêteté et jamais lors de nos rencontres bachiques il n’y a un mot plus haut que l’autre. C’est parfois tendu, mais on a tous un ressenti à défendre, mais le respect des opinions est toujours de rigueur ! J’ai l’impression que ces moments passés tous ensemble sont des moments francs, de partage, de plaisir de la chaire. Notre petit comité n’est pas hermétique, bien au contraire sachez-le : quiconque frappera pour y entrer, porteur de simplicité et de partage pourra sans problèmes découvrir la bonne humeur qui nous anime…

L’autre jour, je les recevais à la maison. Les thèmes (puisqu’il y en avait 2) étaient : « Coups de Cœur blancs » (-de 15 € la bouteille), les 100 % Syrah (ainsi que quelques douceurs pour finir)

Les vins sont dégustés à l’aveugle, la plupart par paire, accompagnés du repas.

On commence avec un vin à bulles pour patienter et faire venir les derniers retardataires : bulles fines, intensité aromatique simple et de moyenne ampleur sur les fruits blancs. Bouche vive, agréable, manquant d’un peu de complexité. Tout le monde aura compris qu’il ne s’agit pas d’un Champagne, mais peu importe. Je pense qu’il fût apprécié pour ce qu’il est. C’est un Vin Mousseux de Qualité, Méthode Traditionnelle Brut, domaine de l'Ambroisie cuvée Enigme. Ce vin produit à Lucey (54) dans la région des Côtes de Toul, à déjà été apprécié ici. Il représente toujours un bon rapport qualité/prix (7 €).

bulles

Voici maintenant un Champagne, enfin c’est ce que tout le monde semble dire. Certains le trouvent trop grande acide. Personnellement, j’aime beaucoup ce style : vif certes, mais avec de la rondeur, légèrement brioché. J’aime aussi son petit côté noisette. C’est un « Spécial Cuvée » de la maison Bollinger. Avec les petits feuilletés au sésame, cumin et emmental, c’est excellent !

Mes Coups de cœur blancs (- de 15 €)

Premier duo. Premier vin. Remarquable minéralité, longue résonnance des saveurs de blancs1frangipane et d’amande. J’aime ce vin parce qu’il ne fait pas de bruit et pourtant tellement efficace. Il fait parti des vins qui marquent par sa simplicité et sa précision ultime ! C’est un Chignin 2007 du domaine Gilles Berlioz. Je crois qu’il fût apprécié. Celui qui est servi en face est doté d’une matière très mure, sur les fruits jaunes tels la pêche et aussi l’abricot. Bouche qui possède pas mal d’amertume, assez longue et chaleureuse. C’est un Sylvaner Vieilles Vignes « Sono Contento »  2007 de Albert Seltz. Un peu déroutés, certain sont partis sur un Riesling (pas idiot) mais lui ont reproché un peu trop d’alcool. Il faut savoir qu’Albert récolte très mur et que ses vins sont puissants.

Autre paire. Ces deux vins ont été rapportés de 2 domaines que j’ai visités cette année. Qui n’aime pas ce superbe nez exubérant de fruits exotiques et d’une sensualité impressionnante pour le premier. Bouche dotéeblancs2 d’une grande acidité qui en dit long sur ses origines ou tout du moins sur les cépages qui le compose, pure, droite. Les saveurs sont décuplées et ultra précises.  J’A-DORE toujours autant cet Irouleguy blanc 2006 du domaine Arretxea. Face à lui, il fallait servir un vin qui tenait la route. Fruit blanc et mur, le nez est minéral d’une noblesse sans égal. Bouche ronde et vive à la fois, harmonieuse, où les saveurs sont longues sur les mêmes arômes que le nez. Un vin plein, dont la bouteille s’est retrouvée vidée (trop) rapidement, les invités ayant choisi de se resservir rapidement pour confirmer leur ressenti (tout comme l’Irouleguy). C’est un Sancerre 2007 "Monts Damnés" de Gérard Boulay, magistral !
Ce match a tenu toutes ces promesses et difficile de dire qui l’a emporté. Personnellement, une très légère préférence pour Arretxea, mais d’une courte tête. Le tout était accompagné de gambas au gingembre et citron vert. Je dois dire que l’accord était pas mal du tout.

Dernière opposition. Là aussi 2 domaines dont j’ai eu la chance de découvrir les vins sur place.
Le premier semble avoir digéré son élevage, mais en garde tout de même quelques traces, pas dérangeantes (bois de hêtre fendu). Les quelques arômes de muscat qui en faisait tant son originalité ont elles aussi presque disparues pour laisser place aux notes beurrées et de cacahuètes. C’est dans un style puissant tout en gardant de la blancs3fraîcheur. Il semble avoir atteint son plateau de maturité et pour quelques années encore. Le dernier blanc est dans un tout autre style, quoique présentant lui aussi des notes de roses et muscatées. C’est élégant et ouvert à la fois, très floral. La palette de dégustateurs présent autour de la table ont identifié l’Alsace comme région d’origine, mais ont déballé tous les cépages avant d’annoncer le Muscat Fronholz. S’en est bien un, millésime 2007 du domaine Ostertag. Ce Muscat totalement sec me plaît pour son originalité, sans tomber dans une lourdeur que parfois les Muscats peuvent proposer. Le premier était un Côte de Beaune Blanc 2006 « le Clos de Topes Bizot » du domaine Chantal Lescure (c’était ma dernière, snif…)

Les vins qui semblent  avoir réuni le plus de suffrage sont dans l’ordre, l’Irouleguy blanc « Hégoxuri » de Arretxea et le Sancerre les Monts Damnés 2007 de Gérard Boulay

Notre deuxième thème du jour avait pour but de comparer entre eux des vins rouges issus de la syrah, sans autres cépages en complément. Bien évidemment pour faire le tour de la question, plusieurs origines étaient proposées, car il ne s’agissait pas de tomber dans la facilité des vins du Rhône.

Michel Chapoutier «Mount Benson » 1999, Shiraz australienne VS Domaine de Ribonnet 2004 VDP du Comté Tolosan « Syrah ». Un australien qui affirme d’emblée une couleur évoluée tirant sur des reflets orangés. Matière souple, tanins fondus, c’est agréable mais sans grande complexité. Je n’attendais pas beaucoup de ce flacon, sinon qu’il commence la série des rouges. Et bien il a été supérieur à mes attentes. Quelques dégustateurs lui ont trouvé un style un peu facile, voir international. Est-ce l’effet terroir ou Chapoutier ? Face à lui, la Syrah du Domaine de Ribonnet. Un carafage de 6 heures n’aura pas eu raison de notes de réduction plutôt collantes, ce qui lui a fait perdre en buvabilité. A revoir…

Domaine Lacoste-Germane VDP des Coteaux du Salagou « Sauta Roc » 2006 contre "De Battre Mon Cœur s’est Arrêté" 2008 Côtes du Roussillon Village du Clos des Fées. Un match qui aurait pu  sembler déséquilibré… Le « Sauta Roc » se présente sous un bon jour, croquant à souhait. Un beau jus de cerise noire, avec des notes de garigue. J’aimerai simplement que ce vin que j’aime beaucoup gagne en précision. Il serait parfait. Mais je sais que ses géniteurs travaillent dans ce sens. Pour l’opposer, un « monstre », une star : « De Battre » comme on l’appelle. Et bien notre cœur a battu, mais faiblement. La GROSSE déception du jour : arômes de cartons mouillés, de vernis, bof à tous les étages. On ose tous penser à un problème de bouteille, car le 2007 fût fantastique !!

rouges1 rouges2 rouges3

Voici un des duos consistants de cette journée. Je précise aux convives qu’il s’agit de 2 vins provenant de la même région et du même millésime. Les vins sont accompagnés de côtes de bœuf. Si le premier affiche clairement son avantage en terme de buvabilité, le deuxième semble sur la retenue, un peu comme si il avait été ouvert trop tôt. Le premier vin est onctueux, sur les petits fruits noirs, bel équilibre et riche d’une belle acidité qui emmène le tout dans un genre un peu rocailleux. C’est excellent et très bien fait. L’autre se montre un peu plus en retenue. Cependant, la qualité de tanins semble supérieure et la matière est ciselée, précise. Enorme potentiel. Le millésime ? 2005. La région ? Rhône. Le premier est un Cornas d’Alain Voge et le second est un St Joseph du domaine Jean-Louis Chave.

« Un peu de féminité pour achever ces duels ! » C’est ce que j’ai dit à l’assemblée. On débute avec une syrah fraîche comme une caresse, longue et friande avec une pointe de fumée en finale. Un superbe vin qui a conquis tous ceux qui ont pu poser leurs lèvres dans cet onctueux breuvage. Pour moi, le vin parfait, harmonieux et classieux à la fois. Je me pose cependant une question : faut-il l’attendre tellement c’est bon actuellement ? Face à ce Grain Syrah 2007 de Marie Thérèse Chappaz (Valais), que pouvait-on mettre en face, sinon quelque chose qui tienne la route. La couleur est plus évoluée, avec quelques reflets orangés. Dans un tout autre style, plus opulent, plus chaleureux, les arômes se situent de la fraise des bois et la cerise à l’eau de vie à tout une palette d’épices douces (cannelle, poivre, bois de santal, cigare et chocolat). On ressent un élevage long et soigné. Si le vin est massif, l’équilibre est préservé grâce à une acidité qui donne du tonus en final. Un très très beau vin également. C’était Clos de Syrah Léone 2002, du domaine Peyre Rose de Marlène Soria (85 % syrah). Une joute qui a tenu toutes ses promesses, merci mesdames.

Allez, un dernier rouge pour la route, pour accompagner quelques fromages affinés. Bien plus évolué que les autres, il m’aura surpris par sa suavité et sa finesse. La longueur reste correcte et au finale, une belle surprise avec ce vin de la Cave de Tain l’Hermitage et cet Hermitage rouge 1990. Et puis un blanc pour la transition : un Côtes du Jura 1996 « Savagnin » du domaine Berthet-Bondet, qui a un côté lourd qui ne me plait pas trop.

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Que dire sur cette série 100 % syrah ? Qu’elles peuvent être bues jeunes (dans ce cas privilégier un service frais), mais que le temps ne leur fait pas peur. Les terroirs granitiques confèrent fraîcheur au vin (Cornas "les Chailles", "Grain Syrah" de MT Chappaz, "De Battre Mon Cœur..." du Clos des Fées...

Nous entamons alors les douceurs. Une entrée en la matière ratée et cet Azay le Rideau 2003 Liquoreux de PXGuillaume Descroix (Caves du Château de Fouchault) : il a vécu, il n’a plus grand chose à dire. Reste  à savoir s’il s’agissait d’un problème de bouteille en goutant l’unique qui me reste encore ! Suit un Pedro Ximenez 2005 (PX) de la Bodega Toro Albalá. Cadeau de mon guide d’un jour lors de la visite l’année dernière au domaine : lourd, la langue est limite anesthésiée, c’est chaud et ça neMadame ressemble en rien aux PX qui ont séjourné longuement en fût avant la mise en bouteille où la complexité est alors bien présente. Heureusement que pour clôturer la série des douceurs, Eric qui était de passage en Normandie, avait apporté une cuvée Madame 1997 (excusez du peu) du Château Tirecul la Gravière (Monbazillac) : grosse liqueur botrytisée, supportée par une heureuse acidité, sur l’abricot confit avec des variantes d’orange confite et d’ananas… excellente. Pour amateur de grosse sucrerie et pour terminer une belle journée d’amitié…

Merci à vous, amis et vous femmes de mes amis de votre visite sur notre terrasse…

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03 juin 2009

Visite du domaine Arretxea

Irouleguy, vignoble accroché sur les pentes abruptes des contreforts pyrénéens qui épouse la frontière espagnole. Un des plus petit vignoble de France et unique du Pays Basque, Irouleguy doit son existence aux moines de Ronceveaux qui concevaient les vins pour les pélerins en route vers St Jacques de Compostelle. Irouleguy accède au rand d'AOC en 1970 sous l'influence de la cave d'Irouleguy et s'étend maintenant sur près de 220 ha en production et 15 communes des Pyrénées-Atlantiques. Imaginez-vous qu'au 14ème siècle, les vignes en couvraient près de 1400 ! Aujourd'hui, l'appelation produit 70 % de vins rouges, 20 % de rosés et 10 % de blancs.

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Arretxea est un domaine créé en 1989 par Thérèse et Michel Riouspeyrous. Thérèse était éducatrice spécialisée et Michel enseignant dans un lycée agricole. Ce dernier a toujours voulu être paysan. La maison DSC_0616qu'il habitait était tournée vers l'élevage. Depuis sa chambre, il surplombait le chai de son grand-père. Le métier de paysan vigneron prenait alors tout son sens. Le pari de relever un défi autour du vin et de faire un produit jusqu'au bout, poussent Thérèse et Michel Riouspeyrous à partir de zéro et plantent dès lors l'ensemble des 8 ha de vignes. Les cépages traditionnels de l'AOC sont tous représentés. En rouge, il y a le Tannat (cépage emblématique des vins de Madiran), le Cabernet Sauvignon et Cabernet Franc. Le décrêt d'appellation précise d'ailleurs qu'un domaine doit être planté d'au moins 50 % des Cabernets. Mais pour la vinification, il n'y a plus d'exigences. Pour les blancs, on retrouve les cépages qui élaborent le voisin "Jurançon, à savoir le Petit et Gros Manseng et le Courbu. Les blancs sont leur plus grande fierté et ils sétonnent d'année en année de la qualité que le terroir peut leur transmettre.
Arretxea est reconnu comme un des domaines qui insuffle un courant de qualité sur l'ensemble de l'appellation. 1993 marque le premier millésime produit. Le domaine vise à faire des vins qui reflètent son terroir. C'est ainsi que 5 ans plus tard, la certification Bio tombe et mène irrémédiablement à la conduite du domaine tout entier en Biodynamie, réflexion tout à fait naturelle et logique quand on connaît "les Riouspeyrous". Des précurseurs dans la région...
Au pays basque, les maisons portent un nom. Arretxea, c'est la "maison de pierre". Elle fût construite en 1624.

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Le domaine est représentatif de l'appellation : les pentes sont abruptes (jusqu'à 40 %) et les vignes ont cette surprenante perspective d'avoir été "collées" à la terre pour éviter qu'elles ne tombent. Les sols d'Arretxea sont composés de grés micassés, riches en oxyde de fer mais également de sols limoneux sableux, sols pauvres et filtrants. La présence de cailloux est une constante sur certaines parcelles et oblige un travail supplémentaire de ramassage. Un exemple flagrant sur la magnifique parcelle orientée plein sud louée depuis peu à la commune et nommée "Amalur" (Ama : mer, Lur : terre) planté des 3 cépages rouges.

Le climat est influencé par la proximité de l'océan et des Pyrénées ce qui donne une sensation de douceur et confère de la fraîcheur parmi les rangs de vignes. Mais l'humidité est également présente. Ici, 1500 mm de pluie vous tombent dessus chaque année, alors le mildiou guette !

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Depuis près d'une heure, Thérèse Riouspeyrous m'explique l'histoire de cette AOC et du domaine, sans manquer de souffle. Nous passons désormais aux choses sérieuses car je commence à penserDSC_0622 qu'une abeille à plus de patience face à un pot de confiture que moi face aux bouteilles qui s'annoncent ;-). Un blanc 2005 de la cuvée Hegoxuri goûté au domaine il y a 3 ans m'avait fait tellement forte impression, que j'avais décidé de revenir approfondir les choses.

Nous goûtons les vins qui sont actuellement proposés à la vente en compagnie de Christian Gerbert, ami de la famille venu rendre visite depuis son domaine de Ribonnet

La maison Arretxea produit environ 40000 bouteilles par an et inutile de vous dire qu'elles partent comme des petits pains. 40 % sont vendues au domaine, 50 % aux cavistes et restaurant et 10 % à l'export. Une seule cuvée de blanc, l'Hegoxuri : "Xuri" en basque veut dire "blanc" et "Hego" signifie "du Sud". Les 3 cépages (Gros Manseng, Petit Manseng et Petit Courbu) sont assemblés avant la fermentation et l'élevage qui a lieu en cuve, en foudre et demi-muids. Le bâtonnage est effectué par remise en suspension des lies pour apporter gras et rondeur.
Hegoxuri 2007 : 60 % Gros Manseng, 35 % Petit Manseng et 5 % Petit Courbu. Le vin est clairement sur un registre de fruits exotiques (ananas) et d'agrumes. Il marque par sa tension et son acidité qui porte le vin en avant. Il possède un beau gras et un équilibre prometteur. Longue finale minérale. Laissons le patienter 2 à 3 ans pour profiter pleinement de ce nectare que j'adore déjà !
Hegoxuri 2006 : 55 % Gros Manseng, 35 % Petit Manseng et 10 % Petit Courbu. Plus d'accroche avec son voisin Jurançon (acidité comparable, fruits blancs et exotiques) et plus expressif que son cadet d'un an. Il possède une trame ronde et juteuse haute en saveurs exotiques. Le vin à ce stade est superbe, équilibré et possède indéniablement le goût de "reviens y". Magnifique !
C'est le type de vin qui accompagne à merveille les plats de poissons ou de viandes blanches.

Les rouges se déclinent en deux cuvées. La première est la cuvée dite "Tradition" ou "Rouge" dont les raisins sont vendangés manuellement, triés et non foulés. La macération est limitée à 15 jours pour préserver le DSC_0623croquant du fruit. Les rendements des Cabernets ne dépassent pas 22 hl/ha. L'élevage se fait en cuve béton non revêtue.
Rouge 2007 : 66 % Tannat, 20 % Cabernet Franc et le reste de Cabernet Sauvignon. Un vin croquant de fruits rouges avec une bouche pulpeuse et des tanins mordants. Du plaisir immédiat mais dont le contenu peut se garder quelques années.
La deuxième cuvée s'appelle "Haïtza", qui signifie chêne en basque. Le millésime 2006 est considéré comme classique dans la région. 70 % Tannat et 30 % Cabernet Sauvignon. Mélange ingénieux des cépages dont le Tannat donne la consistance et le squelette du vin et le Cabernet apporte l'équilibre. Le vin est élevé en foudre et en fût (neufs et anciens) et est mis en bouteille après 2 ans. Jamais le bois ne domine, mais il apporte complexité et un complément parfaitement digeste. La robe est très foncée, noire. Les fruits noirs sont ravageurs, exaltants (cerise, cassis) et la bouche parfaitement appuyée par une trame encore un peu tannique possède un fruit croquant et une fraîcheur mentholée en finale immense. A carafer et à boire sur une viande rouge ou du canard.

Thérèse nous emmène visiter les alentours du domaine. Mais avant de partir, rien de tel qu'un morceau d'un fameux gâteau basque maison (qui s'associe d'ailleurs bien avec les rouges)

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Ici, le prieuré d'Irouleguy construit au 12 ème siècle
par les moines de Roncevault

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Là une stelle basque

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Une terrasse de Tannat plantée en double rang. Les maturités sont
différentes suivant que le rang soit supérieur ou inférieur. Ils sont
également vinifiés séparement.

Puis nous rejoignons Michel et son fils Théo qui font le ramassage des cailloux dans la parcelle de l'Amalur

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Nous discutons des mâturités, du travail difficile sur cette appellation, dont le choix de la conduite en biodynamie et les fortes pentes obligent à employer 4 personnes et demi sur les 8 hectares. Il faut 2 jours pour parcourir l'ensemble du domaine avec 2 tracteurs pour pulvériser les préparations bio. Il nous parle aussi du sentiment que sa passion amène à un travail respectueux de la terre. Une obligation et un devoir.

Nous redescendons vers le chai en tracteur pour goûter les 2008 en cours d'élevage. A la conduite, Michel

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2008 fût une année difficile, d'abord à cause de la coulure puis la faute à une météo particulièremlent humide. Mais au terme d'un travail acharné, en limitant les rendements et en triant drastiquement, la qualité est bien encore une fois au rendez-vous.

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Foudre de 1200 l du fabricant autrichien
Franz Stockinger contenant l'Hegoxuri 2008

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La cuvée "Tradition" 2008 sera comme à l'accoutumée vive et pleine de fruit. Le fût d'Amalour destiné à faire  "Haïtza" est une bombe : fruits noirs, on sent déjà la structure serrée et la finale épicée.

Merci infiniment pour cet après midi de bonheur. Je confirme la qualité des vins produits, dont on sent un respect immense pour la terre et la matière première. Thérèse, Michel : restez simples, accessibles, gardez les pieds sur terre comme vous le souhaitez mais surtout, continuez à nous régaler avec vos cuvées.

Domaine Arrextea
Thérèse et Michel Riouspeyrous
Route Jauberriborda
64220 Irouleguy
Tel : +33 5 59 37 33 67
@ : arretxea@free.fr

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24 mars 2009

Gaillac

Pour beaucoup d'amis circulaires, il s'agissait d'une première revue complète de ce vignoble du sud-ouest, souvent apparenté à des vins qui "arrachent" voir sans grands intérêts. Preuve s'il en est, 50 % des vins se retrouvent dans le milieu de la grande distribution. Pas d'accord du tout : cette région appelle la recherche où il faut aller fouiner, dénicher les petites perles et les producteurs qui souvent ont eu la bonne, voir même la très bonne idée de réhabiliter des cépages oubliés...

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Quelques précisions utiles. Le vignoble a produit 150 000 hectolitres en 2008 soit environ 18 millions de cols. 59 % sont des vins rouges, 32 % des blancs et 9 % des rosés issus de 3500 hectares au total. Une des particularité de l'AOC est qu'elle est composée pour moitié de Caves particulières ou Coopératives (350) et que l'autre est détenue par les vignerons eux-mêmes.

En blanc, le cépage roi, c'est le Mauzac ! Il est suivi de près par le Loin de l'Oeil ("Len de Lel" en langue d'Oc), la Muscadelle et puis ily a aussi un peu de Sauvignon et d'Ondenc.
Côté rouges, le Duras (réhabilité il y a une vingtaine d'années), le Braucol (ou Fer Servadou dans d'autres région comme Marcillac), Syrah, Gamay et dans une moindre mesure les Cabernets et Merlot.

Pas trop de maux de tête ? Passons à la dégustation, remontée directement par notre ami fouineur Benoît, le quasi régional de l'étape.


Petite précision : nous savons tous ce qu'il y a dans les verres !

René Rieux, Méthode Gaillacoise, Symphonie Doux 2007 : un 100 % Mauzac qui vous met de la pomme pleinDSC_0069 les narines avec une très légère pointe oxydative. En bouche, on croque du fruit et notamment du coing et des notes de miel et de frangipane. Le vin est dans son ensemble gourmand, mais un peu trop sucré à notre goût. Effet de jeunesse, dont quelques années de plus permettront de mieux intégrer cette forte perception sucrée. (8,5 €)
A noter que ce domaine est ESAT (Etablissement de Service et d'Aide par le Travail) : bravo !

Vigné-Lourac "les Perles" 2007, les Vignobles Gayrel Cahuzac sur Vere : ça pétille et pour cause, c'est un "Perlé" ! Le principe même est de contenir le gaz carbonique lors de la fermentation. Résultat : plein de petits arômes de pêche blanche, abricot et de sapin. La bouche est légère mais vive. Pour 4 € seulement, c'est donné, car c'est très loin d'être un mauvais vin. A ouvrir sans préavis pour se faire plaisir à l'apéro ou sur des salades de printemps. (4 €)

DSC_0065Domaine d'Escausses "le Vigne de l'oubli" 2007 : on tombe d'emblée sur des notes beurrées et de champignon frais. En bouche, l'attaque est ronde et fumée (bois de hêtre) mais exprime peu de complexité. Finale sur l'amende amère. Agréable, mais on sort là des sentiers bâtus et des vinifications habituelles (9,6 €)

Domaine du Moulin 2006, blanc sec Vieilles Vignes : la robe est d'une très beau doré. Boisé sympa, pas tapageur associé à des notes de pêches. Ce vin frappe par son gras en bouche et sa silhouette élancée. Un Sauvignon (90 %) atypique et peu reconnaissable. Bien (7 €)

Domaine Carcenac, Vin de Pays du Comté Tolosan : la robe est opaque, voir noire. Incroyable nez de prune,DSC_0059 violette, cassis, tel un bonbon acidulé ! En bouche, le vin offre les mêmes sensations qu'au nez, avec une ossature tannique lisse, mais séchante du à la structure végétale. Pas notre préféré, mais peut-on reprocher à Nicole et Joseph Carcenac de réhabiliter un cépage oublié comme le Prunelard ? 

Domaine d'Escausses "la Croix Petite" 2006 : Fer Servadou, Syrah pour autant complétées d'un peu de Cabernet Sauvignon composent cette cuvée qui affiche clairement son tempérament : la puissance. Le fruit est précis porté par une grande structure tannique imposante et des saveurs de tabac. C'est jeune, c'est trèèèèèèèès jeune, mais qu'est-ce que c'est bon ! (10 €)

Pour achever notre périple en terre gaillacoise, quelques douceurs. En général, ces dernières savent toucher et émouvoir bien des êtres humains par leur richesse.   

Domaine d'Escausses "les Vendanges Dorées" 2006 : Loin de l'Oeil majoritaire, Mauzac et Ondenc égaient cette belle cuvée du domaine d'Escausses, une fois n'est pas coutume. Les rendements sont tout petits (10 hl/ha). Registre clairement confit, sur l'abricot sec et le hêtre. La bouche est ample, confite, avec une étonnante note finale sur l'eucalyptus. La liqueur est telle, qu'elle manque peut-être d'un peu d'acidité. Un beau vin quand même. (9,80 € les 50 cl)

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Domaine Rotier "Renaissance" blanc doux 2006 : 100 % Loin de l'Oeil. Au nez c'est la grande classe, sur de complexes senteurs d'abricot, d'ananas et de petites touches boisées. La bouche riche et concentrée est dotée d'une acidité élancée. Remarquable liqueur et longue finale sur le caramel. Toujours aussi bon, toujours aussi réussi. (13 € les 50 cl)


Très jolie dégustation qui mérite presque à elle seule d'affirmer qu'on sait faire du vin à Gaillac ! Les vins sont surprenants, originaux, riches, dotés d'une personalité propre. Les rapports Q/P sont excellents...

Nous sommes chez David qui avait fait monter Gaillac en Normandie, dans sa maison. 

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Avec ça qu'est-ce qu'on mange ?

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Des raviolis maison (aux 2 viandes) sauce Mascarpone

Un confit de canard aux cèpes et pommes de terres cuites dans la graisse de canard : "la Croix Petite" du domaine d'Escausses s'est senti très à l'aise avec ce plat. Enfin des fromages bien normands et une tarte aux pommes. Miammmmmmmmm

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02 janvier 2009

En balade (en Côtes de Nuits)

Bonne année 2009 !

Le thème de cette rencontre LPV Haute-Normandie est simple : aborder un maximum d'AOC différentes (village et premier cru) des villages de la Côtes de Nuits, soit Marsannay, Fixin, Fixin 1er cru, Côtes de Nuits village, Gevrey-Chambertin, Gevrey-Chambertin 1er cru, Nuits St Georges, Nuits St Georges 1er cru, Morey St Denis, Morey St Denis 1er cru, Chambolle-Musigny, Chambolle-Musigny 1er cru, Vougeot, Vougeot 1er cru, Vosne-Romanée, Vosne-Romanée 1er cru. Pas mal hein ?!

Pour commencer cette journée, 3 mises en bouche. Giacomo Vico Cantina, Birbét. Un mout de raisinBenoit partiellement fermenté aux accents italiens. Les bulles sont fines et légères, et dégagent de jolies effluves de fruits rouges avec un sucre résiduel bien présent, mais pas envahissant. Ensuite, un Savigny les Beaune blanc 2007 "Vinomélie" de Jean-Luc Maldant : Le nez floral est ouvert, de pierre à fusil, minéral avec une pointe oxydative au départ qui nous a quelque peu interpellé. La bouche est ample, fruits secs, fenouil sur une finale saline. Pas mal. Pour terminer cette mise en bouche, un vin au cépage injustement bani de la Bourgogne : le gamay. Un Beaujolais Village 2008 de Daniel Burnichon. Un "Bojo", pas fuyant bien au contraire et qui livre de façon vive toute la gamme de fruits rouges. C'est gourmand et bien fait bien fait. Bon.


Maintenant, c'est sérieux. Le coeur de la dégustation : les vins sont servis par paires et dévoilés à la fin de la dégustation. Les vins sont accompagnés de divers terrines, jambon persillé pour commencer.

Fred1 Morey St Denis 2000 Domaine Dujac
Waouh, ça commence fort ! Le nez est jeune, très frais avec beaucoup de fruits et quelques notes terreuses. La bouche est serrée, précise et contient de beaux amers qui pourraient indiquer qu'il s'agisse d'une vendange entière. Le tout est long, équilibré et laisse présager une jolie carrière (Bien +)
2 Beaune Clos de Mouches 1998 Domaine Drouhin
Le pirate du jour, situé sur la Côte de Beaune. Je n'ai pas trop aimé son nez très mur, paraissant sucré. C'est par contre plus évolué que le premier. La bouche est assez tannique portée par une grosse acidité et tombe plutôt rapidement (Moyen)
Avantage sans conteste au Morey St Denis de Dujac déjà ouvert et à qui on prédira sans se tromper un bel avenir.

3 Gevrey Chambertin 1995 1er cru « Bel Air » Domaine Taupenot-Merme
4 Vosne Romanée 2002 « Aux Réas » Domaine AF Gros
Le Gevrey offre une belle palette d'arômes tertiaires (cuir, gibier, terre humide) porté par une acidité bien présente. Dommage que la longueur tombe assez vite. Mais c'est un beau vin fait pour la table.
Le Vosne Romanée incarne tout ce qu'il y a de féminin : bien habillé par l'élevage, pas vulgaire, les arômes de fruits (violette, cassis) sont nets et profonds. Belle longueur et superbe équilibre.
Le Gevrey dans un style évolué (Bien), le Vosne (TBien) en pleine jeunesse mais possédant toutes les armes pour durer. Avantage pour le Vosne de AF Gros et sa sensualité.

Arrivée d'un boeuf bourguignon d'anthologie, mijoté 8 heures dans 8 litres de vins (syrah) !

5 Vosne Romanée 2002 1er cru « les Beaux Monts » Domaine Michel Noëllat
6 Gevrey Chambertin 93 « en Motrot » Domaine Denis Mortet
Un duel intéressant à tout point de vue : 2 terroirs, 2 âges et 2 évolutions différentes. Le Vosne Romanée de Noëllat a des arômes corsés (café) très pinot mais un peu grossiers pour ma part. La bouche est mure avec pas mal d'acidité. Elle s'éparpille et au final, le vin paraît dans une phase un peu ingrate. A revoir tout de même, car il semble posséder un bon fond (Moyen +). Le Gevrey de Denis Mortet se présente tel une énigme : il a tellement de choses à dire, mais semble ne pas se donner. On y reconnait pourtant des notes évidentes d'un beau terroir avec même un petit parallèle à certains cabernets francs de Loire. La bouche est délicate, mure et persistante mais toute en retenu et le grain est très serré. Une bête qu'il a fallu traquer. Pas facile d'aller la chercher celle-là.
Avantage tout de même pour Mortet qui sur ce coup avait été carafé 3 heures (Bien +).

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7 Nuits St Georges 1er Cru 2003 «Clos des Porrets St Georges » Domaine Henri Gouges
8 Marsannay 2005 « les Saint Jacques » Domaine Bart
La robe du Gouges est très foncée, presque noire ! Le nez est très fruit, très rose. Mais la bouche semble tannique, voire dure. Pour sa défense, ce vin a été servi un peu froid.
Le Marsannay lui est plus ouvert, rond avec des notes de violettes et d'élevage (épices). Malgré tout ce qui a été dit, je trouve qu'en bouche, le raisin est mur et c'est même assez long.
Dans un style vraiment différent, le plaisir immédiat est pour le Marsannay de Bart (Bien +). Le Gouges me paraît un peu trop extrait (Moyen +).

9 Bourgogne 2006 Domaine Méo Camuzet
10 Côtes de Nuits 2005 VV Domaine Naudin-Ferrand
Le Bourgogne de Méo Camuzet est un demi pirate. Le style est fruits frais (fraise écrasée). C'est vif, bien fait, mais c'est un peu monotone et on sent là que l'on descend un peu dans la hiérarchie, bien qu'issu de parcelles de la Côtes de Nuits.
Le Côtes de Nuits empeste l'hôpital et le vernis à ongle ! La bouche offre une belle matière tout de même.
Un petit plus pour le Bourgogne de Méo Camuzet (Moyen +), tant les notes de sparadrap du Naudin-Ferrand (Moyen -) sont désagréables.

11 Chambolle-Musigny 2005 Domaine Dujac
12 Fixin 2005 « Champ des Charmes » Domaine Jérôme Galeyrand
Autant le dire tout de suite, le Chambolle-Musigny de Dujac est mon coup de coeur de cette dégustation !Franck  Il incarne la finesse et l'élégance avec un élevage bien dosé. Peut-être un infanticide de le boire si jeune, mais il permet de discerner un superbe potentiel dans un millésime plein. Le Fixin de Jérôme Galeyrand est très avenant, ouvert sur des notes de café. La bouche est diablement gourmande, avec une texture soyeuse et une finale légèrement végétale qui offre une belle complexité.
Le dernier duo tourne à l'avantage du Chambolle de Dujac (TBien), grâce à un style moderne qui séduit immédiatement. Le Fixin (Bien +) n'est pas en reste et a su se montrer généreux. Fort de cette belle impression, je suis assez impatient de goûter le reste de la gamme.

Très belle dégustation, de haut vol. Peu de déchet. Le beaux domaines semblent s'en sortir avec les honneurs.

Mon TOP 3
1 Chambolle-Musigny 2005 Domaine Dujac
2 Vosne Romanée 2002 « Aux Réas » Domaine AF Gros
3 Morey St Denis 2000 Domaine Dujac

2 vins de Dujac aux avants postes, c'est justement mérité. S'il fallait en ajouter un autre, ce serait le Fixin de Jérôme Galeyrand.


C'est Pierre qui reçoit. Notre joueur de hand préféré jouant à domicile, il n'en a pas eu assez. Il retourne en cave pour apporter 5 autres vins et veut passer la vitesse supérieure : assez rigolé ! 

Servis par paires (exception du dernier) et à l'aveugle, dévoilés après chaque série.

Chambertin 1999, domaine Tortochot contre Grands-Echezeaux 2002 de Coquard-Loison-Fleurot
Le Chambertin semble d'une grande jeunesse mais un peu dur. Sur des notes florales et de rose fanée, il laisse apercevoir un beau potentiel. Ce qui pourrait frapper, c'est la grande acidité qui domine le vin. Il manque encore d'harmonie, mais bien heureux celui qui l'a en cave : patience.
Le Grands-Echezeaux est bien différent de celui que j'ai pu boire en juin dernier (je le saurai une fois l'étiquette dévoilée). Il possède d'étonnantes senteurs de chataignes grillées. La bouche est joliment dessinée et possède l'équilibre d'un grand vin tout en pinotant d'une belle façon.
Léger avantage au Grands-Echezeaux à cet instant, mais on reparlera certainement du Chambertin plus tard.

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Une autre série, qui a beaucoup fait parler (en bien, je vous rassure)
Musigny 2000 de Jacques Frédéric Mugnier VS Clos de Tart 2001.
Pierre aurait pu trouver pire comme combat ! Un fois le nez dans les verres, le silence se fait immédiatement autour de la table ! Rarement je n'ai vu une telle concentration avec la bande de joyeux lurons qui sévissent ici. Le Musigny a une élégance que j'ai rarement eu l'occasion de cotoyer. Le vin paraît plutôt floral (rose) et possède une certaine forme d'allégresse. La bouche est assez large et gagne en volume et puissance à mesure de la gorgée. La longueur se poursuit jusqu'à une finale quasi sans fin, ponctuée d'une trame végétale des plus enivrante. Mes amis, quel vin !
Le Clos de Tart 2001, je l'ai reconnu instantanément ! Il faut dire que c'est le genre de vin que l'on oublie pas et que l'on ne boit pas tous les jours. Cette première rencontre avait eu lieu il y a 2 ans avec le groupe LPV Paris (merci Raymond). Quel nez, tout en subtilité, en finesse, en profondeur ! C'est une sorte de balade non plus en Côtes de Nuits mais dans un souk : ce qui arrive en premier lieu, ce sont les épices douces carressantes puis les notes de roses séchées, de pivoine et de loukoum. Il est étroit, encore sur la retenue. Le grain de bouche est magique : il est fin, soyeux et porte le fruit sur des dizaines de secondes !
Affaire de goût et de style, tout petit avantage au Clos de Tart sur le Musigny de JF Meugnier pour l'énorme classe qu'il possède. Ce denier n'en reste pas pour autant un vin exceptionnel.

La tête encore dans les étoiles, nous sommes passés à côté du Santenay blanc 2001 "En Biévant" du domaine Bart qui accompagnait les fromages. Nous nous sommes resservis des 4 vins précédants.

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Pour terminer sur un douillon aux pommes, un Monbazillac Tirecul la Gravière 2001 : superbe nez marqué de botrytis, de safran et de miel. La bouche est généreuse grâce à la liqueur assez impressionnante, mais tenue par une haute acidité. Elle est faite d'orange confite et de beaux amères et se prolonge très longuement. Toujours aussi bon.

Quelle journée ! Tout retournés, nous regagnons nos chez-nous respectifs avec des étoiles pleins les yeux. Merci à tous pour votre bonne humeur et merci Pierre pour ta générosité.

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22 septembre 2008

"Omar m'a tuer" ou le retour du homard

Une séance en pleine semaine chez l'ami Pierre est toujours vouée à d'heureuses surprises. On a un peu l'impression d'être chez papa et maman : vous arrivez, vous vous mettez les pieds sous la table et vous vous laissez bercer par la cuisine (toujours juste) et par la magie des vins (souvent grands) !

Ce soir, nous sommes un petit groupes d'amateurs de vins pour un repas autour du homards en provenance directe de Granville (rapportés vivants dans le coffre, leurs pinces ne cessaient de faire des clics et des clacs d'après Pierre). A cette époque, ils sont presque aussi gras que des cochons (pour notre plus grand plaisir).
Et puis comme entrée, la pêche miraculeuse du jour ayant été généreuse, ce n'est que du bonus qui s'offre en plus en entrée : étrilles, pétoncles, palourdes (mangées crues et farcies).

Laurent, invité comme nous, a apporté 2 vins : le Château du Bloy en Montravel. La premier vin est la cuvée d'entrée de gamme. Un Montravel 2007. Le nez sauvignone fortement avec des notes minérales très perceptibles, de champignon et anisées. J'aurai préféré un peu plus de gnaque, de punch. La 2ème cuvée, c'est également un Montravel, cuvée "Lilia Blanc" 2006. Son nez est certes plus fermé mais plus intéressant (complexe). Cette fois-ci, la tension escomptée est présente. Elle est plutôt sur les fruits blancs. Bon.

Pierre apporte les produits de sa pêche du jour (les étrilles, palourdes... et pieds de cheval).

p_che

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F_vrePour accompagner cela, les vins qui suivent sont servis à l'aveugle. Le premier commence très fort : son nez est tout simplement fantastique et très ouvert. Miel d'accacia, fleurs blanches sur une minéralité omniprésente (pierre à fusil). La bouche est large, à la fois vive et tout en rondeur, magnifiquement équilibrée à l'éffigie du nez (miel encore). Et que dire de la longueur ? Superlative. C'est tout simplement génial ! C'est un Chablis 2001 Grand Cru Vaudésir de William Fèvre.

Tout retourné de ce que l'on vient de boire et de manger, quelle sera la suite ? C'estCorton_Charlemagne au tour des homards de faire leur entrée ou plutôt le plat de résistance (7 kg à 12 !).
La premier vin à l'accompagner est un Corton-Charlemagne 2002 de Dubreuil-Fontaine père & fils. Son nez est assez proche du Fèvre, au point de vue richesse, mais avec un peu moins de subtilité (beurre, chèvrefeuille, gras). La bouche est puissante, charnue, longue. Un peu en retrait après le Chablis, mais un joli vin tout de même. Il s'agirait de ne pas jouer les difficiles !

CarillonPierre vient de regarnir les assiettes de homard ! C'est une aubaine et un nouveau vin arrive. Son nez est clairement axé sur la minéralité, les fleurs blanches et l'anis étoilé. Le tout est harmonieux et diablement enivrant. La bouche est tendue, riche, rappelant la feuille sèche et minérale encore. Elle est pure, précise et tenue par une superbe acidité. C'est un Puligny-Montrachet 2002 1er cru "les Perrières" de Louis Carillon & fils. Très grand. L'assemblée entière apprécie.

homards

A peine remis du Puligny de Carillon, on se demande quel va être le niveau du vinD_Auvenay suivant ?! Il en reste effectivement un pour accompagner la toute dernière rincette de homards ! Le nez est un peu enfoui au départ, mais les arômes sont très nets et d'une incroyable précision. Malheureusement, des notes déviantes en bouche viendront confirmer les doutes de Pierre qui avait constaté une coulure à l'ouverture de cet Auxey-Duresses 2003 du domaine D'Auvenay. Hurlement primaire (grrrrrrrrrrr) !!!!!!

la_Moussi_reVint ensuite une déclinaison de toutes les grandes régions de France qui produisent des fromages de chèvre. Le vin qui l'accompagne est fait pour l'accord. C'est un Sauvignon. Le nez et la matière sont très murs, plutôt monolithique. Un vin politiquement correct, bien fait, pour plaire à tout le monde. C'est un Sancerre 2006 "la Moussière", d'Alphonse Mellot. Désolé, mais j'ai l'impression que Mellot et moi on ne peut toujours pas !

Pour achever la soirée, une tarte tatin maison (nous sommes en Normandie) qui n'a pasTirecul fait long feu. Le petit dernier qui est servi dans les verres à une magnifique robe ambrée. Le nez est exhubérant, avec une pointe de sparadrap, de botrytis et des senteurs saphranées. La table part sur Sauternes et particulièrement à la vue de la robe foncée, c'est Guiraud et Suduiraut qui sont cités. La bouche est sirupeuse et offre une grande liqueur. L'équilibre sucre/acidité est parfait, sur l'orange amère et se prolonge très longuement. Vraiment grand. C'est un Monbazillac 2001 du Château Tirecul la Gravière. Que doit être la cuvée "Madame" du même millésime ?!

Mon TOP 3
1 Puligny-Montrachet 2002 de Luis Carillon
2 Monbazillac 2001 Tirecul la Gravière
3 Chablis Gd Cru Vaudésir 2001 de William Fèvre

Merci à Pierre pour cette "open house" et cette "open cave". On reviendra ;-)

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29 juin 2008

VdV #15, "Nul n'est... Champagne en son pays"

Juste à temps pour rendre la copie de Maigremont pour cet Opus version 15 ! Nicolas Ritoux, journaliste de son état, et accessoirement cousin d'outre atlantique, nous demandait de bien vouloir trouver un vin avec des bulles... mais ne provenant pas de la région Champagne.

Finalement, facile, car des vins pétillants, mousseux, effervescents, il y en a quelques uns.
Notre choix s'est tourné vers un vin du sud-ouest et plus précisement un Gaillac.

Le producteur du jour, c'est René Rieux. Il plait en général aux dames d'un âge respectable, vu son nom ;-). Nous lui avions rendu visite au salon des Vignerons Indépendants de Paris fin 2006.
Sa méthode effervescente ou plutôt Gaillacoise est élaborée à partir du cépage Mauzac. Ici, le millésimeDSC03838 2004 délivre seulement 10 % d'alcool. La couleur est dans le genre cidre, avec de fines bulles. Et puis au nez, vous tombez immédiatement sous le charme de la pomme, et le la frangipane ! En bouche, ça gazouille dure et il y a une bonne dose se sucre résiduel. On retrouve toujours ces notes de pommes. Ca se boit si facilement , que la bouteille (qui ne rentre pas dans un casier métallique d'ailleurs, vu la forme large de sa base) ne fait pas dans la durée !

Vous l'aurez compris, ce vin est d'une gourmandise absolue. Ceux qui le goûtent tombent en général sous le charme. On remercie notre ami Benoît, docteur "es Gaillacologie"  ;-) de nous avoir fait découvrir lors d'une soirée dégustation cet OVNI (Objet Vinicole Non Identifié).

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