11 août 2009
Coup de Coeur blanc à Syracuse
Il y a des amis que je connais depuis maintenant 2 ans, plus pour d’autres du groupe invités ce jour. Le genre de ceux que j’ai plaisir à retourner l’invitation aujourd’hui et pour lesquels je n’hésite pas une seconde pour ouvrir les flacons que j’affectionne, car notre passion commune est le vin. Le cercle LPV Haute-Normandie (première version) s'est reformé l'espace d'une journée avec la visite surprise de Eric.
Pour moi, le vin représente le partage, l’amitié. Cette relation que j’ai avec ces amis, elle dure grâce à la simplicité, à l’honnêteté et jamais lors de nos rencontres bachiques il n’y a un mot plus haut que l’autre. C’est parfois tendu, mais on a tous un ressenti à défendre, mais le respect des opinions est toujours de rigueur ! J’ai l’impression que ces moments passés tous ensemble sont des moments francs, de partage, de plaisir de la chaire. Notre petit comité n’est pas hermétique, bien au contraire sachez-le : quiconque frappera pour y entrer, porteur de simplicité et de partage pourra sans problèmes découvrir la bonne humeur qui nous anime…
L’autre jour, je les recevais à la maison. Les thèmes (puisqu’il y en avait 2) étaient : « Coups de Cœur blancs » (-de 15 € la bouteille), les 100 % Syrah (ainsi que quelques douceurs pour finir)
Les vins sont dégustés à l’aveugle, la plupart par paire, accompagnés du repas.
On commence avec un vin à bulles pour patienter et faire venir les derniers retardataires : bulles fines, intensité aromatique simple et de moyenne ampleur sur les fruits blancs. Bouche vive, agréable, manquant d’un peu de complexité. Tout le monde aura compris qu’il ne s’agit pas d’un Champagne, mais peu importe. Je pense qu’il fût apprécié pour ce qu’il est. C’est un Vin Mousseux de Qualité, Méthode Traditionnelle Brut, domaine de l'Ambroisie cuvée Enigme. Ce vin produit à Lucey (54) dans la région des Côtes de Toul, à déjà été apprécié ici. Il représente toujours un bon rapport qualité/prix (7 €).
Voici maintenant un Champagne, enfin c’est ce que tout le monde semble dire. Certains le trouvent trop grande acide. Personnellement, j’aime beaucoup ce style : vif certes, mais avec de la rondeur, légèrement brioché. J’aime aussi son petit côté noisette. C’est un « Spécial Cuvée » de la maison Bollinger. Avec les petits feuilletés au sésame, cumin et emmental, c’est excellent !
Mes Coups de cœur blancs (- de 15 €)
Premier duo. Premier vin. Remarquable minéralité, longue résonnance des saveurs de
frangipane et d’amande. J’aime ce vin parce qu’il ne fait pas de bruit et pourtant tellement efficace. Il fait parti des vins qui marquent par sa simplicité et sa précision ultime ! C’est un Chignin 2007 du domaine Gilles Berlioz. Je crois qu’il fût apprécié. Celui qui est servi en face est doté d’une matière très mure, sur les fruits jaunes tels la pêche et aussi l’abricot. Bouche qui possède pas mal d’amertume, assez longue et chaleureuse. C’est un Sylvaner Vieilles Vignes « Sono Contento » 2007 de Albert Seltz. Un peu déroutés, certain sont partis sur un Riesling (pas idiot) mais lui ont reproché un peu trop d’alcool. Il faut savoir qu’Albert récolte très mur et que ses vins sont puissants.
Autre paire. Ces deux vins ont été rapportés de 2 domaines que j’ai visités cette année. Qui n’aime pas ce superbe nez exubérant de fruits exotiques et d’une sensualité impressionnante pour le premier. Bouche dotée
d’une grande acidité qui en dit long sur ses origines ou tout du moins sur les cépages qui le compose, pure, droite. Les saveurs sont décuplées et ultra précises. J’A-DORE toujours autant cet Irouleguy blanc 2006 du domaine Arretxea. Face à lui, il fallait servir un vin qui tenait la route. Fruit blanc et mur, le nez est minéral d’une noblesse sans égal. Bouche ronde et vive à la fois, harmonieuse, où les saveurs sont longues sur les mêmes arômes que le nez. Un vin plein, dont la bouteille s’est retrouvée vidée (trop) rapidement, les invités ayant choisi de se resservir rapidement pour confirmer leur ressenti (tout comme l’Irouleguy). C’est un Sancerre 2007 "Monts Damnés" de Gérard Boulay, magistral !
Ce match a tenu toutes ces promesses et difficile de dire qui l’a emporté. Personnellement, une très légère préférence pour Arretxea, mais d’une courte tête. Le tout était accompagné de gambas au gingembre et citron vert. Je dois dire que l’accord était pas mal du tout.
Dernière opposition. Là aussi 2 domaines dont j’ai eu la chance de découvrir les vins sur place.
Le premier semble avoir digéré son élevage, mais en garde tout de même quelques traces, pas dérangeantes (bois de hêtre fendu). Les quelques arômes de muscat qui en faisait tant son originalité ont elles aussi presque disparues pour laisser place aux notes beurrées et de cacahuètes. C’est dans un style puissant tout en gardant de la
fraîcheur. Il semble avoir atteint son plateau de maturité et pour quelques années encore. Le dernier blanc est dans un tout autre style, quoique présentant lui aussi des notes de roses et muscatées. C’est élégant et ouvert à la fois, très floral. La palette de dégustateurs présent autour de la table ont identifié l’Alsace comme région d’origine, mais ont déballé tous les cépages avant d’annoncer le Muscat Fronholz. S’en est bien un, millésime 2007 du domaine Ostertag. Ce Muscat totalement sec me plaît pour son originalité, sans tomber dans une lourdeur que parfois les Muscats peuvent proposer. Le premier était un Côte de Beaune Blanc 2006 « le Clos de Topes Bizot » du domaine Chantal Lescure (c’était ma dernière, snif…)
Les vins qui semblent avoir réuni le plus de suffrage sont dans l’ordre, l’Irouleguy blanc « Hégoxuri » de Arretxea et le Sancerre les Monts Damnés 2007 de Gérard Boulay
Notre deuxième thème du jour avait pour but de comparer entre eux des vins rouges issus de la syrah, sans autres cépages en complément. Bien évidemment pour faire le tour de la question, plusieurs origines étaient proposées, car il ne s’agissait pas de tomber dans la facilité des vins du Rhône.
Michel Chapoutier «Mount Benson » 1999, Shiraz australienne VS Domaine de Ribonnet 2004 VDP du Comté Tolosan « Syrah ». Un australien qui affirme d’emblée une couleur évoluée tirant sur des reflets orangés. Matière souple, tanins fondus, c’est agréable mais sans grande complexité. Je n’attendais pas beaucoup de ce flacon, sinon qu’il commence la série des rouges. Et bien il a été supérieur à mes attentes. Quelques dégustateurs lui ont trouvé un style un peu facile, voir international. Est-ce l’effet terroir ou Chapoutier ? Face à lui, la Syrah du Domaine de Ribonnet. Un carafage de 6 heures n’aura pas eu raison de notes de réduction plutôt collantes, ce qui lui a fait perdre en buvabilité. A revoir…
Domaine Lacoste-Germane VDP des Coteaux du Salagou « Sauta Roc » 2006 contre "De Battre Mon Cœur s’est Arrêté" 2008 Côtes du Roussillon Village du Clos des Fées. Un match qui aurait pu sembler déséquilibré… Le « Sauta Roc » se présente sous un bon jour, croquant à souhait. Un beau jus de cerise noire, avec des notes de garigue. J’aimerai simplement que ce vin que j’aime beaucoup gagne en précision. Il serait parfait. Mais je sais que ses géniteurs travaillent dans ce sens. Pour l’opposer, un « monstre », une star : « De Battre » comme on l’appelle. Et bien notre cœur a battu, mais faiblement. La GROSSE déception du jour : arômes de cartons mouillés, de vernis, bof à tous les étages. On ose tous penser à un problème de bouteille, car le 2007 fût fantastique !!
Voici un des duos consistants de cette journée. Je précise aux convives qu’il s’agit de 2 vins provenant de la même région et du même millésime. Les vins sont accompagnés de côtes de bœuf. Si le premier affiche clairement son avantage en terme de buvabilité, le deuxième semble sur la retenue, un peu comme si il avait été ouvert trop tôt. Le premier vin est onctueux, sur les petits fruits noirs, bel équilibre et riche d’une belle acidité qui emmène le tout dans un genre un peu rocailleux. C’est excellent et très bien fait. L’autre se montre un peu plus en retenue. Cependant, la qualité de tanins semble supérieure et la matière est ciselée, précise. Enorme potentiel. Le millésime ? 2005. La région ? Rhône. Le premier est un Cornas d’Alain Voge et le second est un St Joseph du domaine Jean-Louis Chave.
« Un peu de féminité pour achever ces duels ! » C’est ce que j’ai dit à l’assemblée. On débute avec une syrah fraîche comme une caresse, longue et friande avec une pointe de fumée en finale. Un superbe vin qui a conquis tous ceux qui ont pu poser leurs lèvres dans cet onctueux breuvage. Pour moi, le vin parfait, harmonieux et classieux à la fois. Je me pose cependant une question : faut-il l’attendre tellement c’est bon actuellement ? Face à ce Grain Syrah 2007 de Marie Thérèse Chappaz (Valais), que pouvait-on mettre en face, sinon quelque chose qui tienne la route. La couleur est plus évoluée, avec quelques reflets orangés. Dans un tout autre style, plus opulent, plus chaleureux, les arômes se situent de la fraise des bois et la cerise à l’eau de vie à tout une palette d’épices douces (cannelle, poivre, bois de santal, cigare et chocolat). On ressent un élevage long et soigné. Si le vin est massif, l’équilibre est préservé grâce à une acidité qui donne du tonus en final. Un très très beau vin également. C’était Clos de Syrah Léone 2002, du domaine Peyre Rose de Marlène Soria (85 % syrah). Une joute qui a tenu toutes ses promesses, merci mesdames.
Allez, un dernier rouge pour la route, pour accompagner quelques fromages affinés. Bien plus évolué que les autres, il m’aura surpris par sa suavité et sa finesse. La longueur reste correcte et au finale, une belle surprise avec ce vin de la Cave de Tain l’Hermitage et cet Hermitage rouge 1990. Et puis un blanc pour la transition : un Côtes du Jura 1996 « Savagnin » du domaine Berthet-Bondet, qui a un côté lourd qui ne me plait pas trop.
Que dire sur cette série 100 % syrah ? Qu’elles peuvent être bues jeunes (dans ce cas privilégier un service frais), mais que le temps ne leur fait pas peur. Les terroirs granitiques confèrent fraîcheur au vin (Cornas "les Chailles", "Grain Syrah" de MT Chappaz, "De Battre Mon Cœur..." du Clos des Fées...
Nous entamons alors les douceurs. Une entrée en la matière ratée et cet Azay le Rideau 2003 Liquoreux de
Guillaume Descroix (Caves du Château de Fouchault) : il a vécu, il n’a plus grand chose à dire. Reste à savoir s’il s’agissait d’un problème de bouteille en goutant l’unique qui me reste encore ! Suit un Pedro Ximenez 2005 (PX) de la Bodega Toro Albalá. Cadeau de mon guide d’un jour lors de la visite l’année dernière au domaine : lourd, la langue est limite anesthésiée, c’est chaud et ça ne
ressemble en rien aux PX qui ont séjourné longuement en fût avant la mise en bouteille où la complexité est alors bien présente. Heureusement que pour clôturer la série des douceurs, Eric qui était de passage en Normandie, avait apporté une cuvée Madame 1997 (excusez du peu) du Château Tirecul la Gravière (Monbazillac) : grosse liqueur botrytisée, supportée par une heureuse acidité, sur l’abricot confit avec des variantes d’orange confite et d’ananas… excellente. Pour amateur de grosse sucrerie et pour terminer une belle journée d’amitié…
Merci à vous, amis et vous femmes de mes amis de votre visite sur notre terrasse…
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06 avril 2009
Blancs du Rhône
Notre rencontre se passe chez Catherine et Manu, que nous retrouvons avec plaisir après quelques temps passés à Aurillac. D'ailleurs, le départ définitif pour le Cantal est prévu en fin d'année scolaire : tout notre petite communauté se sent bien triste.
Le thème de ce soir : des blancs, exclusivement en provenance du Rhône, que la cuisine de Catherine a magnifié en fin de rencontre... Comme c'est la coutume, les vins sont proposés à l'aveugle et dévoilés après le petit jeu des devinettes (millésime, appellation...).
Tiens, juste un petit tuyau pour ceux qui organisent des dégustations autour du vin : si votre thème le permet, vous pouvez toujours appeler par téléphone le syndicat des vins d'une AOC ou d'une région. Par exemple, un petit coup de fil au syndicat des vins de la Vallée du Rhône nous a permis de recevoir quelques jours plus tard de la documentation en nombre, des affiches, des livrets accords mets/vins, des cartes... Tout cela gratuitement, bien entendu. Ca fait en général son petit effet et tout le monde repart content ;-).
Château Saint Estève d'Uchaux, Côtes du Rhône "Vionysos" 2005 (100 % Viognier)
Belle robe dorée, bien brillante. Au nez, fruits blancs comme la pêche et abricot dominant, léger grillé, c'est agréable. La bouche offre pas mal de gras, sur l'abricot encore, complétée de notes de poivre blanc, de poire. L'ensemble n'est pas très complexe, mais c'est ample et généreux. Un joli vin pour commencer.
Guigal, Côtes du Rhône 2007 (Viognier, Roussanne, Clairette, Marsanne et Bourboulenc)
La robe est beaucoup plus claire, plus pale aussi. Le nez présente cette fois-ci un registre floral avec jasmin, des notes salines et une minéralité marquée. En bouche, le vin semble se retenir, être plus dilué. Le vin paraît plus ferme à cause d'une acidité plus pronnoncée mais il en résulte cependant un vin correct. Finale sur l'abricot.
Jean-Luc Colombo, Côtes du Rhône "la Redonne" 2006 (Viognier, Roussanne)
Un autre Côtes du Rhône et une 3ème expression différente. La robe est jaune soutenue, très dorée. Le nez est une vraie corbeille de fruits dans une expression élégante : confiture d'abricot, lichi mais aussi loukoum. Grande fraicheur pour la bouche, pleine d'allant et de dynamisme. Finale intense sur le poivre blanc. Très bon.
Jean-Pierre Boisson, Châteauneuf du Pape "la Mirande" 2000
Un vin à la minéralité prononcée au nez : ça "Riesling" incroyablement avec ces notes terpeniques et de pierre à fusil. En bouche le vin semble plus évolué que les autres. Il prend de la structure et de la rigidité à mesure de la gorgée. C'est long, bon et c'est équilibré.
Paul Jaboulet Ainé, Crozes-Hermitage 2004
Un peu plus internationnal que les autres, le nez est encore marqué par l'élevage et toutes sortes de déclinaisons typiques : cacahuette, beurré voir grillé et finalement le fruit est en retrait. La bouche est grasse, étoffée par l'élevage vraiment trop présent. Cepandant, jolie acidité. A revoir dans quelques années...
Domaine le Serre de Condorcet, VDP des Coteaux des Baronnies 2004 (Roussanne) : le vin est servi trop chaud : l'alcool et l'amertume sont malheureusement en avant... Pas de jugement sur ce vin.
Domaine Georges Vernay "les Terrasses de l'Empire", Condrieu 2006 (100 % Viognier). Vin alliant grande maturité du fruit (pêche puis abricot) avec des notes d'ananas et de bergamote. Le vin est parfaitement équilibré et montre un très beau visage tantôt sur un registre floral, tantôt un beau volume en bouche soutenu par une remarquable acidité. Et
en plus, quelle belle longueur ! Un très beau vin.
Pour terminer, un autre Condrieu 2006, du domaine du Chêne "le Pêcher" (M & D Rouvière) : expression typique du viognier (abricot), mais plus épicé (ce fameux poivre blanc encore) et de senteur vanillée. Bouche plus sucrée, amertume plus prononcée. Tombe plus vite.
Une très belle dégustation d'ensemble : pas de mauvais vins, de belles expressions minérales en général avec des bouches rondes, typées des cépages et qui ont tous bien accompagnés le repas. Justement, avec ça qu'est-ce qu'on mange ?
Un flan de légumes aux langoustines et coulis de crevettes,
une papillotte de truite d'Acquigny aux légumes printaniers
et un plâteau de fromages d'Auvergne : Cantal, Salers,
St Nectaire, Pavé d'Aurillac et un intrus : un Mont-d'Or (le dernier de l'année)
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14 novembre 2008
Sa-voaaaaa
C'est l'ami Jean-Luc (grand défenseur des vins de sa région) qui nous a envoyé un panier garni en provenance directe de sa Savoie, afin d'aborder les blancs et les rouges de cette très belle région. On y fait pas que du fromage, du ski et des fractures l'hiver ! On y fait aussi du vin et du bon (en tout cas avec les producteurs qui ont élaborés ces flacons qui se retrouvent sur la table ce soir).
Hors thème pour se mettre en jambe mais surtout en gosier, un Touraine Azay-le-Rideau 2005 de Pascal Pibaleau : un blanc très minéral, pas trop typé chenin pour commencer. C'est tendu en bouche, feuille et fruits secs avec un pannel exotique typique cette fois-ci du chenin. C'est bon et bien fait.
A nous les descentes savoyardes, pendant que Manu lui attaque les montées de la Réunion : il manqué la réunion mensuelle du cercle pour faire la "Diagonale des Fous". L'équivalent de 8 marathons et 8500 mètres de dénivellés : vas-y Manu !

des nouvelles de Manu par téléphone qui court depuis déjà plus de 20 heures !
La robe est très claire. Le nez "sauvignone" avec agrumes et écorce d'orange. L'attaque est légèrement perlante assez fluide, citronnée avec une acidité plutôt haute. Un vin vif, mais agréable et justement fait. C'est Jacques Maillet qui fait cet "Autrement" 2007, cépage Jacquère (7,50 €).
Notre 2ème savoyard possède une robe déjà plus dorée. Nez beurré, miel, patisserie,
nougat : pas mal de gras finalement. Le début de bouche est mollasson, la rondeur s'installe ensuite avec une belle longueur, malgré une amertume qui prend le dessus en milieu. C'est un Chignin-Bergeron 2002 de Gilles Berlioz. Pas mal fait, mais peut-être un peu cher (20 €).
Belle robe dorée pour ce dernier blanc. Superbe nez complèxe, typé floc de Gascogne, raisin de corinthe, ananas sec, fenouille, gingembre... Bouche tout en rondeur et pâtinée, d'écorce d'orange, grillée. Le tout est supporté par une acidité constante. Superbe d'équilibre, Brigitte compare ce vin à un Tokaji de Hongrie (cépage Furmint). Et pour cause, bravo à elle, c'est une Roussette de Savoie, Marestel 1995 cépage Altesse (parenté au Furmint en effet) de Noël Dupasquier. C'est diablement bon et il confirme l'aptitude de ce vin à vieillir (13,50 €). Et avec la mandarine givrée en fin de repas, c'était pas loin d'être le Nirvâna !
La robe suivante est rouge vif. Nez très gourmand de fraise écrasée, fruits rouges et violette sur une trame épicée. La bouche présente une ossature végétale, mais est entourée d'un magnifique fruit croquant, encore avec cette trame épicée. De la gourmandise à l'état pure ! C'est un Arbin Mondeuse 2004 des fils de Charles Trosset. C'est très bon, c'est un vrai vin de potes (9,50 €).
On tombe alors sur une couleur un peu plus évoluée. Le nez est sérieux, droit, d'encre d'école, avec une jolie dose fruitée et d'épices qui donne de la profondeur. Ca pinoterait presque. La bouche se montre juteuse encore, croquante. Petite finale végétale. C'est bien fait et c'est encore une fois très bon. C'est au tour de Gilles Berlioz et de sa Mondeuse 2002 de s'offrir à nous. 14 €, ça les vaut largement.
On termine cette série Savoie sur un vin dont la couleur très évoluée est presque trouble. Le nez est très écurie. C'est malheureusement bouchonné pour cet Arbin Mondeuse 1996 des fils de Charles Trosset.
Des blancs qui savent vieillir (magnifique Marestel 95) et des rouges gourmands à souhait dans leur jeunesse, telles sont les conlcusions que l'on peut tirer de cette soirée. Il est vrai que la crème des producteurs était montée ce soir là en Normandie.
Passons maintenant à une découverte. Un Côtes du Rhône rouge 2007 du doux nom de Mantes. Un domaine créé en 2006 par Pierre Doumenge à Sérignan du Comtat non loin d'Orange.
1 ha 70 majoritairement de Grenache (60 %) et de Cinsault (30 %). Les vignes sont âgées de près de 40 ans et seront complétés par du Brun Argenté planté cette année. Un domaine si jeune et déjà les meilleures attentions pour ce vin : Pierre vendange manuellement, élève pour moitié son vin en cuve et l'autre en fût de plusieurs vins. Pas de collage ni filtration et mise en bouteille avec de très faibles doses de souffre.
Mantes 2007 : Belle couleur rouge vive et profonde. Ce qui l'emporte au premier nez, c'est une sensation de caramel, mais avec beaucoup de fruits et une pointe alcooleuse. L'ensemble est agréable et harmonieux. La bouche est très mure, juvénile, puissante. Les tanins sont encore fermes mais devraient se fondre dans quelques temps.
Pour un premier coup d'essais, Pierre l'a transformé avec une réussite qu'il souhaitait de qualité tout en ayant le minimum de contraintes. Nous lui souhaitons bonne chance pour la suite de l'aventure, qui devrait, comme il l'a annoncé, voire quelques amménagements significatifs quant aux traitements employés à la vigne, signe encore d'une recherche d'amélioration continue.
Avec ça qu'est-ce qu'on mange ? Quelques petites choses à base de poisson, blinis crevettes et ses crevettes, une énorme raclette (fromage de raclette, Reblochon, Morbier et Bleu de Gex) et pour finir une salade de fruits en verrine, glace vanille maison et une mandarine givrée maison ! Merci Brigitte...
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28 mars 2008
VdV #12, ça va grenacher !
Ce mois-ci, les participants aux Vendredis du Vin devaient répondre à l'appel de Geneviève la londonienne de Gare aux Goûts. Son thème : un vin 100 % Grenache ou au moins constitué de 50 % Grenache en assemblage !
Voici la première bouteille qui sera juste dans le thème : 50 % grenache, 20 % syrah, 15 % carignan et 15 % cinsault. Un nez profond, puissant de fruit noirs et de cerise. La bouche est bien mûre, gourmande et chaleureuse à la fois, marquée par la cerise.
Du plaisir mais surtout pas de chichi pour ouvrir à ses amis ce Côtes du Ventoux 2005 La Vieille Ferme. Un vin qui au contraire de Tom Simpson, ne s'écroulera pas tout de suite. Ca mérite une cuisine d'été et quelques grillades (que l'on attend avec impatience d'ailleurs ici, tellement il pleut).
Il provient de la partie négoce de la famille Perrin qui exploite le Château Beaucastel en Chateauneuf-du-Pape.
Ca sent presque l'été en Normandie et c'est seulement 5 €. Et vous remarquerez au passage que nous sommes allez prendre des cours de style photo chez l'Olif !
Au suivant. Celui-là est un classique. A peu près sûr d'en retrouver commenté dans un blog ou deux. Un 100
% pur jus, 100 % dans le mille ma chère Geneviève. C'est le copain incontournable des dessert chocolaté : le Maury.
Ce muté là développe de beaux arômes de cerises à l'eau de vie et de framboise. La bouche est très digeste et livre de petites touches sucrées et encore de cerise. C'est agréable mais on pourra lui reprocher un petit manque de complexité. Finale fraîche. L'accord a bien fonctionné sans plus avec un fondant au chocolat. C'est un 2003 fait par la grande maison Mas Amiel.
P.S : joyeux anniversaire aux VdV qui fête son premier anniversaire ! Merci Lisa ;-)
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25 janvier 2008
VdV # 10, une étiquette à boire.
Quel buveur d'étiquette êtes-vous ? Romanée Conti, Pétrus, Clos de Tart, Cros Parentoux, Haut-Brion ?
Autant de stars que de bouteilles quasiment inaccessibles au quotidien.
Un "buveur d'étiquettes" c'est quoi ? C'est un gars ou une fille qui ne juge que par la brillance et le prestige d'un cru sans même apprecier son contenu. Ou encore, cela pourrait être quelqu'un qui dénigre les vins sans prestige au détriment d'une piquette du genre château d'Yquem ou encore Mouton Rothschild.
Pour Iris, qui a hérité de la fève de ce 10 ème rendez-vous de ces Vendredis du Vin, on a donc sorti notre plus belle bouteille pour ce nouveau thème. Nous nous sommes donc fait violence pour être "buveurs d'étiquette" d'un jour, mais à notre façon. Jugez plutôt.
Nous nous retrouvons à 3 amis circulaires, un soir de semaine après notre travail. Nous sommes en plein mois de janvier. La nuit est déjà tombée, il fait assez froid mais peu importe, nous allons faire notre première partie de pétanque de l'année 2008 ! Je vous entends déjà dire : "Ils sont fadas ces Maigremont ! ".
Vous les entendez les cigales ? Nous, on a surtout entendu le bruit du "carreau", expression bien typique qui accompagne souvent une autre boisson à l'anis plutôt qu'un produit à base de raisin fermenté.
Munis de notre frontale et à la lueur des phares de la voiture de Gil, nous entamons notre partie en espérant chacun atteindre secrètement, les 11 points signe de victoire assurée et du titre de champion du cercle de Maigremont.
En guise d'échauffement, nous nous attelons à déboucher et à goûter la bouteille qui nous accompagne. Et si nous trinquions à la santé des VdV ?
Gildas commence la partie en marquant un point. Rapidement, David revient et prend même une belle avance pour mener 2/1/0. Gil est un peu à la traine. Celui qui va perdre sera de corvée de vaisselle de verres à dégustation !
Fort de ce suspens insoutenable, la partie se termine à 3/3/0. Nous ne sommes pas allés jusqu'à 11, mais peu importe. Il fallait bien un "Vin de Pétanque" 2005 du domaine Mas de Libian (VDP des Coteaux de l'Ardèche) pour agrémenter cette première partie de boules de l'année.
Ce domaine bio est tenu par Hélène Thibon et Alain Macagno. Le vin lui est composé de grenache et de syrah. Le nez est d'abord un peu marqué par des arômes levuriens puis laissent place à quelques fruits rouges et épices. La bouche est de moyenne ampleur, un peu sur la retenue mais construite sur la fraîcheur et une trame épicée. Les 2 cépages assemblés donnent une jolie complexité mais on sent que ce vin est en train de se refermer. A revoir donc, dès que le soleil de l'été chauffera les boulodromes de France et de Navarre.
07 mars 2006
Rhône septentrional
Nous faisons maintenant la deuxième partie de la vallée du Rhône avec Hermitage, Crozes-Hermitage, Condrieu.... La première partie (Rhône méridional est raccontée ici). Cette dégustation a eu lieu comme toujours à l'aveugle totale.
Autant vous dire tout de suite, cette soirée n'est pas à retenir dans les meilleures du cercle (en tout cas en ce qui concerne les vins. Pour le repas, c'est autre chose !). Et pourtant pour l'anniversaire de celui-ci, nous aurions rêvés mieux.
Ont participés : Brigitte VH, Luc VH, Frédéric B, Philippe M, David L, Emmanuel G, Gil B, Stéphane C, Yves B et Gildas P
Le Pré Royal, cave de St Désirat, St Joseph 2002, donnée par Fred, 8,5 €
(note moyenne 2,5/5)
Rouge grenat brillant et fluide
Le premier nez est animal (viande), grillé voir brûlé : dur de commencer la dessus ! Puis à l'aération viennent quelques notes de fruits et notamment de framboise.
La bouche est marquée par le tabac et surtout l'amertume.
C'est pas très bon.
Les Hauts de Pavières, Cave de Tain, Crozes Hermitage, donnée par Fred, 6 € (note moyenne 1,25/5)
Rouge légèrement orangé et larmoyant.
Le nez est très floral (violette...), sur les épices et le cuir mais finalement assez rectiligne.
Bouche très acide et persistante sur le caoutchouc !
Bof
Le Prieuré, Jean-Luc Colombo, St Joseph 2003, donné par Yves, 12 €
(note moyenne : 2,5/5)
Robe bigarot, soutenue et foncée avec des reflets vifs.
De fines notes boisée se font d'abord sentir, puis de subtiles notes de truffe et de caramel apparaissent. L'alcool est bien présent et dérange un peu. L'aération laisse place à quelques fruits dont la framboise.
La bouche est sur le caramel mais encore une fois le caoutchouc brûlé et l'amertume sont présents.
Hermitage 1996, Cave de Tain l'Hermitage, donnée par Gildas, 30 € (note moyenne 1,4/5)
Rouge foncé pâtiné qui frange et qui laisse présager d'un vin de quelques années.
Nez légèrement floral et de caoutchouc. On sent comme une pelouse coupée qui commence à fermenter.
Le passage en bouche est terrible (tout le monde grimace et il y a de quoi ! ). Encore ce goût de caoutchouc brûlé avec une acidité bien présente. L'aération au cours du repas ne donnera rien de plus...
Les Lauves, Jean-Luc Colombo, St Joseph 2001, donnée par David, 13 €
(note moyenne 3/5)
Rouge cerise qui commence à tuiler.
Joli nez sur les épices, réglisse, l'animal et la crème de mur.
Bouche persistante sur le fruit mais la finale est amère.
Terres Brûlées, Jean-Luc Colombo, Cornas 2003, donnée par Luc, 30 € (note moyenne 3,6/5)
Rouge violacé soutenu et dense.
Nez étendu : épices, poivre, banane séchée, bois séché, réglisse et fruits rouges.
L'attaque est franche, tannique, équilibrée et persistante. Une légère acidité en finale
Certainement la meilleure bouteille de la soirée, enfin la moins décevante.
Aperçu de ce qui a suivi cette déguste (sur un registre de gibier bien entendu)
Terrine de sanglier
Rôti de chevreuil marinade chaude...
03 janvier 2006
Rhône méridional
Allez, puisqu'il faut bien combler le retard accumulé, voici un compte rendu qui date de septembre 2005. Première depuis la crétion du cercle (il y a presque un an), celui-ci est au complet. Etaient autour de la table de Brigitte et Luc : Brigitte VH, Luc, VH, Emmanuel G, Philippe M, Frédéric B, David L, Stéphane C, Wilfrid L, Philippe G et Gildas P.
Le thème de ce soir : le Rhône méridional (dégusté comme toujours en aveugle). Nous avons estimés qu'il fallait diviser cette grande région. Une prochaine dégustation sera de mise avec le Rhône septentrional et ses Hermitage et autre Côte-Rotie.
Vieux Clocher 2001, vinificateur Arnoux père & fils à Vacqueyras (6,80 €), donation Luc
Rouge cherry, couleur jus de cerise assez clair avec de légers reflets tuilés saumon.
Le nez est poivré,légèrement épicé sur des notes animales et de cerise.
La bouche n'est pas très agréable avec de l'astringence, pomme verte (++) et rapeuse. Finalement, cette bouteille est bouchonnée.
Signature 1994, La Cave de Gigondas, Gigondas (14 €), donation Manu
Couleur cerise, limpide et larmoyante avec de jolis reflets orangés et tuilés.
Le nez est complèxe avec : réglisse, citron, fruits compotés, pâte de fruits rouges, madère...
La bouche est fluette sur le tabac et présente une légère astringence. N'a pas la compléxité du nez.
Clos St Marc 2001, mis en bouteille par Jean Berteau, Châteauneuf-du-Pape (12 €), donation Manu
Rouge un peu brillant et larmoyant.
Le nez encore une fois est poivré, sur le cuir, l'animal mais assez rectiligne.
La bouche est courte, diluée avec de l'amertume.
La Bernardine 2000, Michel Chapoutier, Châteauneuf-du-Pape (16 €), donation Gildas
Beau rouge carmin.
Nez présentant encore un peu des marques d'élevage (tabac, vanille, bois). Mais aussi fruits rouges, mangue, mûres.
Bouche acidulée, déséquilibrée avec une légère amertume. N'est pas représentatif du nez, dommage.
La Bernardine 1999, Michel Chapoutier, Châteauneuf-du-Pape (16 €), donation Philippe G

Le rouge est soutenu.
Nez épicé, vanillé et boisé (les marques semblables au vin précédent) mais sur l'animal et le tabac.
La bouche est elle équilibrée avec une jolie structure et une belle trâme acide.
Jolie bouteille
Préférence 2004, Caves St Pierre, Vacqueyras (5,6 €), donation Gil
Teinte grenat, violacé voir de cerise burlat.
Nez de pruneaux et de bourgeons de cassis. Présence animale avec des notes de cuir et de tabac.
Bouche sur le fruit (cerise et bonbon cerise crême pour ne pas citer de marque), équilibrée et harmonieuse.
Une autre joie bouteille.
Domaine La Roquette 1985, René Laugier, Châteauneuf-du-Pape, donation Philippe M

Joli rouge tuilé avec présence de dépot.
Le nez est d'un fruité exemplaire et stupéfiant : cassis, coing, confit de fruits mais aussi tabac et boite à cigarres. Pas de doute, il s'agit là de quelque chose de grand.
La bouche ne déçoit pas non plus avec des notes tertiaires soutenues de cuir et de pruneau. L'attaque est fraîche équilibrée et d'une bonne longueur : Superbe !
Bien sur, on s'est amusé a regouter tout cela sur un coq au vin
et puis comme il restait un peu de place, il a fallu se "forcer" sur les quelques petits fours maison de Brigitte ![]()
Pour accompagner cela, un Tokaji Aszú 5 puttonyos, Château Henye 1988, donnation Frédéric (noix, miel...)







































