06 novembre 2009
"Vatan Boulay, je n'ai pas eu mon Cotat de Pinard Bourgeois" : quand Francky, le docteur es Sancerre brade ses petits Bordeaux
Une invitation à pendre la crémaillère chez Marie et Franck dans leur tout nouvel appartement et c'est l'équipe rapprochée des normands de LPV qui se retrouve cette fois-ci pour :
- la première partie : découvrir à coup sûr les meilleurs crus de Sancerre et Pouilly-Fumé
- la deuxième partie : aider Franck qui a un problème de conscience sur les vins de Bordeaux : il n'en veut plus de ces petits Bordeaux, il en a marre d'être pris pour un jambon et crie au scandale alors que les prix n'ont pas cessé d'augmenter depuis quelques années.
Les vins sont bus à l'aveugle, accompagnés des préparations culinaires de Marie et Franck.
Mise en bouche, pour patienter après les petits derniers et un Pouilly-Fumé 99, "la Demoiselle de Bourgeois" Henri Bourgeois. Joli nez est truffé, accompli, sur des notes crayeuses. Mais la demoiselle paraît un peu fatiguée en bouche et elle semble un peu fripée après quelques années.
Petits canapés à base de produit de la mer... et autres petites choses bien bonnes
A partir d'ici, les vins sont servis par paire.
Sancerre 2007 Vieilles Vignes "Cuvée Maxime" Vincent et Jean-Yves Delaporte. Bergamote, fenouil et ouvert au nez. Bouche à l'attaque perlante, sur le coing et un fond minéral. Bien +
Sancerre 2006 "les Monts Damnés" Gérard Boulay. L'ensemble est plus en retenu. Malgré cela, on devine des notes de feuilles sèches avec une minéralité sous-jacente. Bien en l'état, dans un registre différent du Delaporte. Moins à son aise que d'habitude (phase de fermeture ?) mais taillé pour durer.
Delaporte est une belle découverte
Sur Hell's Bells de AC/DC, arrivent les vins suivants : petit fond végétal, registre exotique mur et complexe. La bouche est imposante et on joue avec la limite de sur-maturité comme un joueur de tennis joue le long des lignes : mais il ne tombe pas dans la lourdeur, bien au contraire. Un magnifique Sancerre 2007 "Chêne Marchand" de Vincent Pinard. Face à lui, un vin qui ressemble au "Monts Damnés" de Gérard Boulay que l'on vient de terminer : notes de bananes, assez en retenue toujours avec ce fond minéral. Très belle finale saline. C'est encore un Sancerre 2007 de François Cotat. Il s'agit ici de jeunes vignes de 15 ans situées sur la commune de Chavignol. Dans l'état, c'est bien, mais à attendre bien gentiment
A ce stade, vous l'aurez compris, Franck nous régale avec des vins issus de son terrain de jeu favori : le Sauvignon sous forme de Sancerre. Mais connaissant l'artiste, il ne serait pas idiot d'y retrouver quelques sauvignons de Pouilly-Fumé.
Entrée en fanfare des fois gras fermiers...
Nous apprenons que Franck est un grand amateur de poivre. Il nous propose quelques beaux spécimens de cette épice.
Du coup, Vincent tranche son foie gras en 5 et
testera 5 poivres différents
Et nous apprenons aussi qu'il apprécie la compagnie de petites bêtes rampantes dont ne raffole pas les dames (ni les hommes d'ailleurs)
Les mygales !! Ici, une mue intacte
Autre match. Exotique sur fond minéral, avec une petite déficience de maturité. Bof pour ce Sancerre 2000 de Henri Bourgeois. Et comme un bourgeois peut en cacher un autre, la rincette tout de suite : là, le nez superbe marqué par l'iode, la coquille d'huitre, très pur, très mûr avec une pointe truffée. La bouche est agréable, avec du gras et de l'allonge, mais manque pour ma part d'un peu de puissance. Bien tout de même ce Sancerre 2003 "Etienne Henri" de Henri Bourgeois, Vieilles Vignes de 50 ans élevées en fûts de chêne.
Le nez du premier est serré, sur l'ananas avec une jolie minéralité et un fumé enjoleur. Bouche à l'attaque saline sur une très grande longueur. Bien +. Et puis il y a ça : un nez avec des analogies de Riesling et ses notes citronnées, mûr, classe évidente. En bouche, c'est mûr, l'acidité est superbe, c'est d'un équilibre magistral avec des touches de poivre blanc. Très bien. Il faut bien terminer les blancs : il s'agissait d'un Sancerre 2007 "Grande Côte" de Pascal Cotat et le petit dernier n'était rien moins que Pure Sang 2007, Pouilly-Fumé du regretté Didier Dagueneau ! A la hauteur de ce qui ce dit sur le domaine.
Puisqu'il faut passer du côté obscur, nous le faisons volontiers ;-). Toujours par paire... Il y avait un premier plat de viande : un oiseau à plumes accompagné d'une purée maison carotte pomme de terre. Pendant ce temps, Pierre entame sa 7 tranches de foie gras...
Du fruit en paquet de dix, rose fanée, faisant penser à une vendange entière. Toucher de bouche qui peut heurter la sensibilité de certain (on pourrait penser dur), mais j'aime beaucoup cette mâche d'enfer limite poignante sur la griotte et la cerise à l'eau de vie. C'est un Fixin 1er cru "les Hervelets" de Jérôme Galeyrand. J'ai eu l'occasion de goûter de nouveau ce flacon le lendemain (je suis reparti avec, hihi) et bien son contenu était encore meilleur, d'une gourmandise redoutable. En face, l'autre version du pinot noir : crémeux, sur le cassis, de belle facture, soyeux et fin. C'est bien fait, précis et hautement recommandable, mais ce Chambolle-Musigny 2006 d'Amiot-Servelle est à boire... mais pas maintenant.
Franck nous indique que les sols des vins qui suivent sont faits de silex rouges. Belle profondeur, du fruit et un peu d'élevage (fraise et zan), un peu simple mais correcte. Son concurrent est tout autre : fruit intacte, posé sur une fraîcheur mentholée, droit et soyeux. Très beau. Encore deux Sancerres : "la Bourgeoise" 2006 de Henri Bourgeois VS "Belle Dame" 2006 du domaine Vacheron.
Nous changeons de région, sans changer de cépage. 2 Grand crus de Bourgogne, qui ne m'ont pas particulièrement marqués. D'une part un Clos de Vougeot 2000 du domaine Tortochot : dans un registre d'encens, de tabac froid et frappé d'une austérité déconcertante. D'autre part, ce même domaine Tortochot, millésime 2000 également, montrant ses origines avec un côté terrien marqué : humus, sous bois. C'était un Chambertin. ll ne m'a pas plus ému que ça aussi.
Petite interlude à cette dégustation. Vous avez certainement entendu parler de "l'affaire Reignac", ce Bordeaux Supérieur qui a tenu la dragée haute avec le 2001 à bien des (très) Grands Crus de Bordeaux de la même année ? L'affaire s'est déroulée lors du Grand Jury Européen qui compte parmi la liste des dégustateurs, de bien grands critiques et hommes influents. J'avais apporté le 2007, dernier millésime disponible à la vente et tenté d'obtenir quelques avis de nos amis ici réunis. Il s'agit d'un vin d'une grande jeunesse, habillé d'un élevage assez présent, mais pas tapageur, plutôt fondu. La matière est juteuse avec des notes de graphite mais une finale étonnamment courte. Pour 12 € c'est correcte, mais faudra-t-il attendre 8 ans pour qu'il mette la pige aux Mouton-Rothschild ou encore Pétrus ? Et tout simplement sera-t-il au niveau qu'on semble nous faire espérer ?
Le bœuf fait son entrée accompagné d'un autre match. Le premier vin me fait penser à un Pauillac. Il est classieux, fait de rose, encre d'école. Muni d'une jolie acidité, le vin est plein et offre une belle et longue finale sur un élevage soigné. Un très beau St Julien Château Beychevelle 2001. A côté, ça sent aussi le grand vin : il est dense, pêchu, crémeux à souhait, épicé et un équilibre parfait ! La finale remonte et remonte encore. Excellent et beaucoup de plaisir avec ce St Emilion Grand Cru 2001 du Château Canon la Gaffelière. Une surprise : personne ne l'attendait à ce "Haut" niveau.
Les deux vins qui suivent sont servis dans la foullée. Une déception relative avec ce Pomerol 2001 du Château la Conseillante : pas au mieux concernant l'équilibre général, avec des tanins relativement durs. Mais en face, La Mission Haut-Brion 2001 (Pessac-Léognan) montre une tout autre facette : nez serré et classe, bouche dotée d'une tension remarquable avec des notes de goudron et de fumée. Excellent.
Canon, la Mission, puis Beychevelle : c'est le tiercé gagnant de cette séquence 2001. Mais c'est juste le mien !
Franck voulant nous fait la surprise de nous faire déguster un cru qu'il affectionne particulièrement : nous ne le savons pas encore, mais Mouton-Rothschild 1999 est débouché au pied levé et versé dans nos verres. Il livre de magnifique effluves de violette et les touches d'élevages comme le cèdre et le café sont assez homogènes. Malgré le peu d'air qu'il a reçu, on sent une matière mûre très jeune, des tanins fins mais ne s'exprime pas d'une façon très complexe. Il semble y en avoir gros sous la pédale.
Dernier rouge et soudain, c'est la claque. J'ai eu envie de passer le reste de cette belle journée à humer le contenu du verre, tellement c'était beau ! Le nez s'exprime avec bonheur et sans retenue et une complexité sublime sur la rose fanée, des senteurs d'antiquaire comme la térébenthine et le vieux bois, la groseille, la fraise et des notes florales et foxées. La bouche n'est pas en reste : elle est pleine, et apparaît comme posée et d'une fraîcheur insolente. On retrouve également des touches de fumée et de boite à cigare. Le velours qui est en bouche est absolument génial ! Un très très grand vin, qui m'a séduit par son calme et sa force tranquille.
Dans mon panthéon des rouges. Un GRAND merci Franck pour cet Ausone 1990, St Emilion Grand Cru.
Viennent ensuite 2 blancs pour les fromages. D'abord un Vougeot 1 er Cru 2004 "le Clos Blanc de Vougeot", Monopole du Domaine de la Vougeraie. Un joli Bourgogne sur des notes de pêche, de miel et de chamallow. On trouve en bouche une matière bien mûre et une acidité citronnée. L'autre vin était une "Grande Cuvée" 2005 de Sancerre du Domaine Comte Lafond (Ladoucette) qui m'a marqué par son déficit de maturité. Bof
Et puis non tiens, un dernier blanc pour la route. Nous savons tous ce qui est servi. Citron et fond minéral
évident au nez. Fine et longue acidité sur l'ananas. J'ai noté bien, mais ce que je retiens, c'est le potentiel de ce Silex, Pouily-Fumé 2007 de Dagueneau.
Et quel plaisir de terminer avec ce liquoreux : belle robe dorée, couleur citron. Le temps semble avoir fait son œuvre sur l'intensité des arômes, mais la bouche n'en reste pas moins crémeuse et d'une belle tenue sur un rôti plutôt fin. C'était un Sauternes 1970 du Château le Tour Blanche.
Mes zamis, quelle journée ! Merci Marie, merci Franck, vous êtes zinzin de nous avoir gâtés comme ça ! Votre crémaillère était une grande réussite et avec ça, votre appartement est maintenant béni.
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07 octobre 2009
Passage au caveau de Gérard Boulay, Sancerre
Toujours dans le cadre de notre week-end Sancerrois et après la visite du domaine Christian Salmon à Bué, nous prenons la direction Chavignol fameux hameaux de Sancerre : son crotin, ses vignes et Gérard Boulay. S'il ne fallait retenir que 3 ou 4 producteurs de blanc de l'appellation Sancerre, nul doute que Gérard Boulay en ferait parti.
Ancestral, c'est le moins qu'on puisse dire, puisque les origines remontent à... 1380 ! Gérard nous montre fièrement une contre étiquette qui indique cette mention. Le domaine produit à peu près 60000 bouteilles par an et est composé de différentes parcelles de calcaire, situées autour de Chavignol : ce sol donne un vin rond tout en restituant l'énergie emmagasinée durant la saison. Parmi ces parcelles, nous retrouvons les fameux "Clos de Beaujeu", les "Monts Damnés" et "Comtesse".
Les 11 hectares sont exploités grâce à 3 personnes à temps plein, qui sont nécessaires à la conduite des vignes de façon biologique (non certifiée) et pour le travail des sols.
Rencontre avec Gérard Boulay, un homme qui parle très peu, mais dont l'essentiel est conté par ces vins.
Sancerre 2007 : première cuvée, il annonce la couleur : on est pas venu pour rien. Libre de tout, droit dans ses bottes, jolie acidité, rondeur. On est loin du fameux pipi de chat représentatif des sauvignons pas murs. Tout y est... pour 10 € seulement. Bien +
Sancerre 2005 : il paraît plus mur encore que son cadet de 2 ans et l'acidité s'est altérée avec le temps. S'ajoute à cela une forte minéralité digne des plus grands Chablis. Superbe !
Le Clos de Beaujeu 2007 : la parcelle repose sur un sol argilo-calcaire qui n'est autre que le prolongement de
la strate Kimmeridgienne de Chablis. Les pentes sont raides (jusqu'à 70 %) et tout le travail à la vigne se fait à la main. Le nez est plus en retrait que pour la cuvée de base, mais on sent la bête prête à bondir dans quelques années. Par contre, matière imposante et dense en bouche où l'on ressent cette minéralité sous-jacente. Bien +
Le Clos de Beaujeu 2004 : réputé comme un petit millésime, il fallait la pâte du maître pour le hisser au niveau des plus grands. Le vin évolue d'avantage sur la finesse et un registre floral, avec des pointes de fenouil et d'anis.

Le vigneron fait le vin dans sa vigne, pas ailleurs" G Boulay
Le Clos de Beaujeu 2000 : proposé par Gérard Boulay à l'aveugle. Etincelant de jeunesse, pimpant, la complexité s'exprime avec 10 ans de bouteille : fruits jaunes, cèpes frais. Profond et dense à la fois, il pourra tenir encore au moins autant de temps qu'il n'a déjà vécu. Magnifique.
A ce stade de la dégustation, Gérard Boulay nous fait le plaisir d'ouvrir une bouteille d'un millésime plus ancien. La liaison radio est complètement établie entre nous, d'autant que nous avons touché un point sensible du personnage : la cuisine et plus précisément, les accords mets et vins...
Le Clos de Beaujeu 1997 : bien loin de penser qu'un Sancerre pouvait vieillir à ce point, force est de constater que ce qui est dans le verre tient encore parfaitement la route. Arômes de térébenthine et de coquillages, la structure s'est arrondie tout en gardant une certaine vivacité qui lui permet de ne pas tomber dans le vieux vin sans intérêt. Très bien
Les Monts Damnés 2007 : 2007 est un magnifique millésime pour les sauvignons de Loire et particulièrement réussi à Sancerre. Caractérisé par une structure en bouche assez vive, les fondamentaux sont tous présents : de la matière, de l'équilibre, du fruit. C'est encore plus vrai avec ce superbe Monts Damnés. Le terroir argilo-calcaire donne de l'élan et de l'amplitude et comme si ce n'était pas suffisant, tout semble doublé tant en matière d'intensité que de précision. Impossible de ne pas le déclarer Coup de Cœur du jour !
Les Monts Damnés 2007 "Comtesse" : la parcelle de "Comtesse" est enclavée dans la partie basse de celle des Monts Damnés. Les raisins issus des vieilles vignes de 70 ans du terroir argilo-calcaire sont vinifiés en cuve inox et ce comme chaque millésime. Le vin est riche, très grosse matière en bouche, mais pas encore en place. Le potentiel est énorme. Nous avons noté "Wait". Obéissons à la Comtesse alors.
Les Monts Damnés 2005 "Comtesse" : plus précis et plus expressif que le 2007, avec un peu moins d'acidité, du gras et une très légère sensation sucrée : environ 4 grammes de sucres résiduels qui permettent d'après Gérard Boulay de l'accompagner sans hésiter d'un fois gras.
Comment dire ? Génial. Toutes les cuvées sont intéressantes, riches et mures, paraissant vieillir à merveille. Les prix ? 10 € pour le Sancerre de Base, 15 pour les Monts Damnés et Clos de Beaujeu et 18 pour Comtesse. Une paille compte tenu de la qualité époustoufflante.
Merci à Gérard Boulay pour son accueil, son temps, sa sagesse et sa gentillesse.
Et puis en sortant, un petit tour à la fromagerie Dubois-Boulay située tout à côté du caveau pour un accord... parfait
Gérard Boulay
Chavignol - 18300 Sancerre
Tel : +33 2 48 54 36 37
@ : boulayg-vigneron@wanadoo.fr
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22 septembre 2009
Domaine Christian Salmon, Sancerre
C'est une tradition : les Salmon cultivent la vigne sur Sancerre depuis 6 générations !
Le domaine a été crée par Irènée, repris par Roland, transmis à Christian puis au décès de ce dernier, c'est Armand son fils qui reprend les rênes. Planté du Sauvignon et du Pinot noir, l'exploitation couvre à ce jour 22 hectares principalement en AOC Sancerre et depuis peu en Pouilly-Fumé.
Installé dans le magnifique petit village de vignerons de Bué, il n'est pas facile de trouver le caveau de dégustation dans la maison familiale : mais il parait que le déplacement vaut le détour, alors le caveau, nous l'avons finalement trouvé !
Nous sommes reçus par une amie de la famille, Armand et sa femme ont eu un empêchement de dernière minute. Elle est chargée de nous faire la dégustation des vins de la gamme vinifiée par Armand.
On commence simplement, par le Rosé 2008 : à base de Pinot Noir, bien entendu c'est sur les petits fruits rouges que ça se passe. Aromatique à souhait, finale sur le poivre noir. Il devrait bien se tenir à table. En plus, c'est diaboliquement gourmand et on retend rapidement son verre à la dame chargée de nous donner les explications. Bien +
Sancerre rouge 2008 : un vin droit et franc après quelques minutes où il semblait réduit. Le vin évolue sur une large palette de fruits rouges tant au nez qu'en bouche : cerise, groseille, fraise. Finale fumée sur de beaux amers. Bien
Sancerre rouge 2007 "Fût de Chêne" : on change de niveau. L'ensemble est très très jeune, mais une
trame de belle qualité nous laisse présager d'un beau potentiel plaisir. En attendant, on croque du fruit. Rendez-vous est pris dans 2 ou 3 ans, quand les tanins auront pris quelques rondeurs.
On passe aux blancs ?
Sancerre blanc 2008 : aromatique simple mais mur, rond en bouche avec une structure un peu souple. L'effet mise récente surement.
Pouilly-Fumé 2007 "Clots des Criots" : là ça envoie du lourd. C'est vif alliant des arômes citronnés et de buis. Bouche longue et tendre qui s'achève sur une sacrée minéralité tout en largeur et une jolie pointe d'amertume. Très beau
Sancerre S de Salmon 2007 : une lettre pour Sancerre, Sauvignon et Salmon. Toute nouvelle cuvée du domaine sur un terroir à dominante de Silex, vous l'aurez compris c'est le dernier "S". Que dire si ce n'est qu'une impression minérale vous transporte du début à la fin. Rarement le "caillou" ne fût autant perceptible dans un breuvage. Le vin développe aussi des arômes de pêche jaune avec une incroyable densité. Finale serrée. Un mot : magnifique !
Sancerre Chêne Marchand 2006 : un peu plus en retrait (mais difficile de passer après le "S"). Acidité élevée, un peu d'austérité...
Que dire ? Qu'un domaine comme celui-ci qui élève le sauvignon avec une telle élégance et qui a compris que le terroir pouvait s'exprimer, ou plutôt transpirer au travers de ces vins, mérite bien qu'on s'intéresse à lui.
A notre grand regret, nous n'avons pu rencontrer Armand Salmon cette fois-ci. Il nous a été possible d'approcher sa philisophie grâce à ses vins d'une belle précision et d'une identité propre. Nous avons aimé les rouges, gourmands. Le premier pour le fruit, le "Chêne Marchand" pour la table de connaisseurs. Les blancs sont droits, élancés et font la part belle au caillou. Le millésime 2007 abordé en majorité pendant la dégustation nous à semblé un millésime mur et de grande qualité.
Domaine Christian Salmon
Le Carroir - Bué
18300 Sancerre
Tel : +33 2 48 54 20 54
@ domainechristiansalmon@wanadoo.fr
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10 septembre 2009
Eclectique de l'été 2009 (part two)
Notre dernière rencontre de l'été était placée sous le signe de la qualité des flacons et des retrouvailles après un repos estival mérité.
Nous sommes chez David et Stéphanie, qui au passage nous accueillent avec des bulles pour fêter le petit dernier qui se porte comme un charme ! Bravo à tous les 2, vous pouvez être fiers de votre petit Eliott (avec Arthur of course, le grand frère).
Des bulles donc pour commencer. Un joli nez de noisette et de pomme, c'est rond à point, avec de l'énergie en bouche qui laisse la bouche propre et fraîche. C'est la cuvée Brut Réserve de Guy Niziolek. Un agréable Champagne de producteur pour 11,5 € seulement.
Second vin. La couleur est pâle, claire. Nez simple et acidulé fait de fruits blancs (pêche de vigne, poire) et marqué par la citronnelle. Bouche "huileuse" de poire, à l'acidité très basse. Fond de verre sur des arômes de chenin (poire, fruits exotiques...). Nous proposons un vin du sud-est, à base du cépage Rolle. C'est ce même cépage qui est appelé Vermentino en Italie et en Corse, où nous nous trouvons maintenant : Vin de Corse Sartène 2008 Domaine Pero Longo "Sérénité"
Joli nez entre deux âges, sur le cèdre, l'encaustique (dire, miel), l'amande. Une bouche un peu plus simple, un peu en décalage avec le nez, en font un vin agréable, mais pas transcendant. Finale minérale. C'est Robert Meistermann qui fait ce Riesling Grand Cru Steinert 1999.
Arômes typiques de Gewurtz, élégant et floral. Bouche bien construite avec un peu de mordant à l'attaque, sucre bien dosé, équilibré sans lourdeur. C'est bon, c'est bien fait. C'est en effet un Gewurztraminer 2004 de Frédéric Geschickt, domaine de la Sinne.
Les rouges
Premier vin. Nez sur la réduction avec des notes de levure, bière. Passé ce petit moment déroutant, le nez s'ouvre avec richesse sur la cerise et la prune. On sent bien la puissance et même une pointe d'alcool. La bouche est puissante, mure, riche de fruits noirs tels la cerise et le cassis. Malgré tout, une attaque légèrement perlante donne de la fraîcheur et de la buvabilité sur des tanins mordants. C'est très bien fait et même gourmand. Finale sur des saveurs d'encre. Pour amateur de vin solaire. C'est un Côtes du Roussillon 2007 "les Sorcières" du Clos des Fées.
Le vin suivant est dans un autre registre. La couleur est un peu évoluée et présente des reflets tuilés.
Finesse, c'est la caractéristique première de ce nez, joliment ponctué de cuir et de fraise, puis de cassis, d'épices douces. L'acidité est encore bien présente, alors que l'on donne quelques années à ce vin. Les fruits rouges dominent en bouche, la matière est douce, mure, les tanins souples. Il ressort un côté terreux en final qui en dit certainement long sur ses origines. Disons sur la Côte de Beaune. C'est un Pernand-Vergelesses 1996 1er cru "les Fichots" de Roger Jaffelin & fils. Un joli vin, qui commence à atteindre son plateau de maturité. 1996, millésime marqué par de grandes acidités en Bourgogne.
Ce vin là, tout le monde est tombé dans le panneau. En effet, personne n'en avait l'origine : fond végétal, pivoine, floral, pampre verte. Bouche épicée, tabac brun, matière fondue, petite longueur, ça se boit facilement, mais il ne faudra pas tarder à terminer votre fond de cave s'il vous reste de ce spécimen. Nous sommes à Canon Fronsac, château Vray Canon Boyer 1996.
Clairement dans un autre registre, le vin suivant propose des relans de mercaptan. Le nez n'est pas terrible, fortement marqué par le grillé. En bouche, un peu de cerise, le fuit est mur et puissant, la matière est juvénile. Registre exotique pas du meilleur effet pour ce Toro 2008 Liberalia "Cero" (Espagne), qui manque de cohésion entre le nez et la bouche.
Un peu de féminité et de la douceur
Tiens, un vin rouge ! Senteurs peu complexe mais ô combien précise de crème de mûre, cerise. Agréable, presque léger en bouche, sur la cerise avec des sucres qui trainent. On dirait presque un Maydie. On le verrait bien accompagner avec bonheur un fromage de brebis, un Ossau-Iraty par exemple. Encore un ibère : un Jumilla, Casa de la Ermita "Dulce Monsatrell" 2005. Pour rappel, le Monastrell est la version espagnole du Mourvèdre, cépage roi des vins de Bandol.
La palme de l'originalité revient à cette bouteille. Jolie couleur rosée. On part allègrement au nez sur du Loin
de l'Oeil (poire, coing) et ça envoie très fort dans le style sirop de fraise. On sent le sucre. En bouche, énorme liqueur de fraise encore, un peu pataude. Ce vin mal aimé des diabétiques est un Vin Paillé 2005, VDP de la Corrèze du domaine du Bas Queyssac. Fait avec passion par Jean Louis Roche, ce dessert à lui tout seul est élaboré à base de minuscules rendements de Cabernet Franc et Sauvignon.
Et pour achever cette belle soirée. Pas de doute, en vue c'est du Ch'nin (Chenin) : pâte de coing, un peu de pomme, pointes d'ananas, c'est jeune. En bouche, bel équilibre, les sucres ne sont pas pesants (passerillage certainement), c'est assez gourmand et possède une finale saline des plus agréable. Bien ce Coteaux de l'Aubance 2007 "Le Pavillon", domaine Richou.
Plutôt une réussite cette soirée. Des vins très différents les uns des autres et bien difficile de dire lequel s'en sort le mieux, mais on retiendra : le GW de Frédéric Geschickt pour le côté découverte. Les Sorcières du Clos des Fées : un vrai bonbon. Le Pernand de Roger Jaffelin pour sa sagesse. Enfin la Bodega "Casa de la Ermita", bien trop méconnue à notre avis !
Et après ça ?

Confit de porc, citrons et tomates confits aux zitounes
Merci Steph, merci Dave : nous reviendrons !
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11 août 2009
Coup de Coeur blanc à Syracuse
Il y a des amis que je connais depuis maintenant 2 ans, plus pour d’autres du groupe invités ce jour. Le genre de ceux que j’ai plaisir à retourner l’invitation aujourd’hui et pour lesquels je n’hésite pas une seconde pour ouvrir les flacons que j’affectionne, car notre passion commune est le vin. Le cercle LPV Haute-Normandie (première version) s'est reformé l'espace d'une journée avec la visite surprise de Eric.
Pour moi, le vin représente le partage, l’amitié. Cette relation que j’ai avec ces amis, elle dure grâce à la simplicité, à l’honnêteté et jamais lors de nos rencontres bachiques il n’y a un mot plus haut que l’autre. C’est parfois tendu, mais on a tous un ressenti à défendre, mais le respect des opinions est toujours de rigueur ! J’ai l’impression que ces moments passés tous ensemble sont des moments francs, de partage, de plaisir de la chaire. Notre petit comité n’est pas hermétique, bien au contraire sachez-le : quiconque frappera pour y entrer, porteur de simplicité et de partage pourra sans problèmes découvrir la bonne humeur qui nous anime…
L’autre jour, je les recevais à la maison. Les thèmes (puisqu’il y en avait 2) étaient : « Coups de Cœur blancs » (-de 15 € la bouteille), les 100 % Syrah (ainsi que quelques douceurs pour finir)
Les vins sont dégustés à l’aveugle, la plupart par paire, accompagnés du repas.
On commence avec un vin à bulles pour patienter et faire venir les derniers retardataires : bulles fines, intensité aromatique simple et de moyenne ampleur sur les fruits blancs. Bouche vive, agréable, manquant d’un peu de complexité. Tout le monde aura compris qu’il ne s’agit pas d’un Champagne, mais peu importe. Je pense qu’il fût apprécié pour ce qu’il est. C’est un Vin Mousseux de Qualité, Méthode Traditionnelle Brut, domaine de l'Ambroisie cuvée Enigme. Ce vin produit à Lucey (54) dans la région des Côtes de Toul, à déjà été apprécié ici. Il représente toujours un bon rapport qualité/prix (7 €).
Voici maintenant un Champagne, enfin c’est ce que tout le monde semble dire. Certains le trouvent trop grande acide. Personnellement, j’aime beaucoup ce style : vif certes, mais avec de la rondeur, légèrement brioché. J’aime aussi son petit côté noisette. C’est un « Spécial Cuvée » de la maison Bollinger. Avec les petits feuilletés au sésame, cumin et emmental, c’est excellent !
Mes Coups de cœur blancs (- de 15 €)
Premier duo. Premier vin. Remarquable minéralité, longue résonnance des saveurs de
frangipane et d’amande. J’aime ce vin parce qu’il ne fait pas de bruit et pourtant tellement efficace. Il fait parti des vins qui marquent par sa simplicité et sa précision ultime ! C’est un Chignin 2007 du domaine Gilles Berlioz. Je crois qu’il fût apprécié. Celui qui est servi en face est doté d’une matière très mure, sur les fruits jaunes tels la pêche et aussi l’abricot. Bouche qui possède pas mal d’amertume, assez longue et chaleureuse. C’est un Sylvaner Vieilles Vignes « Sono Contento » 2007 de Albert Seltz. Un peu déroutés, certain sont partis sur un Riesling (pas idiot) mais lui ont reproché un peu trop d’alcool. Il faut savoir qu’Albert récolte très mur et que ses vins sont puissants.
Autre paire. Ces deux vins ont été rapportés de 2 domaines que j’ai visités cette année. Qui n’aime pas ce superbe nez exubérant de fruits exotiques et d’une sensualité impressionnante pour le premier. Bouche dotée
d’une grande acidité qui en dit long sur ses origines ou tout du moins sur les cépages qui le compose, pure, droite. Les saveurs sont décuplées et ultra précises. J’A-DORE toujours autant cet Irouleguy blanc 2006 du domaine Arretxea. Face à lui, il fallait servir un vin qui tenait la route. Fruit blanc et mur, le nez est minéral d’une noblesse sans égal. Bouche ronde et vive à la fois, harmonieuse, où les saveurs sont longues sur les mêmes arômes que le nez. Un vin plein, dont la bouteille s’est retrouvée vidée (trop) rapidement, les invités ayant choisi de se resservir rapidement pour confirmer leur ressenti (tout comme l’Irouleguy). C’est un Sancerre 2007 "Monts Damnés" de Gérard Boulay, magistral !
Ce match a tenu toutes ces promesses et difficile de dire qui l’a emporté. Personnellement, une très légère préférence pour Arretxea, mais d’une courte tête. Le tout était accompagné de gambas au gingembre et citron vert. Je dois dire que l’accord était pas mal du tout.
Dernière opposition. Là aussi 2 domaines dont j’ai eu la chance de découvrir les vins sur place.
Le premier semble avoir digéré son élevage, mais en garde tout de même quelques traces, pas dérangeantes (bois de hêtre fendu). Les quelques arômes de muscat qui en faisait tant son originalité ont elles aussi presque disparues pour laisser place aux notes beurrées et de cacahuètes. C’est dans un style puissant tout en gardant de la
fraîcheur. Il semble avoir atteint son plateau de maturité et pour quelques années encore. Le dernier blanc est dans un tout autre style, quoique présentant lui aussi des notes de roses et muscatées. C’est élégant et ouvert à la fois, très floral. La palette de dégustateurs présent autour de la table ont identifié l’Alsace comme région d’origine, mais ont déballé tous les cépages avant d’annoncer le Muscat Fronholz. S’en est bien un, millésime 2007 du domaine Ostertag. Ce Muscat totalement sec me plaît pour son originalité, sans tomber dans une lourdeur que parfois les Muscats peuvent proposer. Le premier était un Côte de Beaune Blanc 2006 « le Clos de Topes Bizot » du domaine Chantal Lescure (c’était ma dernière, snif…)
Les vins qui semblent avoir réuni le plus de suffrage sont dans l’ordre, l’Irouleguy blanc « Hégoxuri » de Arretxea et le Sancerre les Monts Damnés 2007 de Gérard Boulay
Notre deuxième thème du jour avait pour but de comparer entre eux des vins rouges issus de la syrah, sans autres cépages en complément. Bien évidemment pour faire le tour de la question, plusieurs origines étaient proposées, car il ne s’agissait pas de tomber dans la facilité des vins du Rhône.
Michel Chapoutier «Mount Benson » 1999, Shiraz australienne VS Domaine de Ribonnet 2004 VDP du Comté Tolosan « Syrah ». Un australien qui affirme d’emblée une couleur évoluée tirant sur des reflets orangés. Matière souple, tanins fondus, c’est agréable mais sans grande complexité. Je n’attendais pas beaucoup de ce flacon, sinon qu’il commence la série des rouges. Et bien il a été supérieur à mes attentes. Quelques dégustateurs lui ont trouvé un style un peu facile, voir international. Est-ce l’effet terroir ou Chapoutier ? Face à lui, la Syrah du Domaine de Ribonnet. Un carafage de 6 heures n’aura pas eu raison de notes de réduction plutôt collantes, ce qui lui a fait perdre en buvabilité. A revoir…
Domaine Lacoste-Germane VDP des Coteaux du Salagou « Sauta Roc » 2006 contre "De Battre Mon Cœur s’est Arrêté" 2008 Côtes du Roussillon Village du Clos des Fées. Un match qui aurait pu sembler déséquilibré… Le « Sauta Roc » se présente sous un bon jour, croquant à souhait. Un beau jus de cerise noire, avec des notes de garigue. J’aimerai simplement que ce vin que j’aime beaucoup gagne en précision. Il serait parfait. Mais je sais que ses géniteurs travaillent dans ce sens. Pour l’opposer, un « monstre », une star : « De Battre » comme on l’appelle. Et bien notre cœur a battu, mais faiblement. La GROSSE déception du jour : arômes de cartons mouillés, de vernis, bof à tous les étages. On ose tous penser à un problème de bouteille, car le 2007 fût fantastique !!
Voici un des duos consistants de cette journée. Je précise aux convives qu’il s’agit de 2 vins provenant de la même région et du même millésime. Les vins sont accompagnés de côtes de bœuf. Si le premier affiche clairement son avantage en terme de buvabilité, le deuxième semble sur la retenue, un peu comme si il avait été ouvert trop tôt. Le premier vin est onctueux, sur les petits fruits noirs, bel équilibre et riche d’une belle acidité qui emmène le tout dans un genre un peu rocailleux. C’est excellent et très bien fait. L’autre se montre un peu plus en retenue. Cependant, la qualité de tanins semble supérieure et la matière est ciselée, précise. Enorme potentiel. Le millésime ? 2005. La région ? Rhône. Le premier est un Cornas d’Alain Voge et le second est un St Joseph du domaine Jean-Louis Chave.
« Un peu de féminité pour achever ces duels ! » C’est ce que j’ai dit à l’assemblée. On débute avec une syrah fraîche comme une caresse, longue et friande avec une pointe de fumée en finale. Un superbe vin qui a conquis tous ceux qui ont pu poser leurs lèvres dans cet onctueux breuvage. Pour moi, le vin parfait, harmonieux et classieux à la fois. Je me pose cependant une question : faut-il l’attendre tellement c’est bon actuellement ? Face à ce Grain Syrah 2007 de Marie Thérèse Chappaz (Valais), que pouvait-on mettre en face, sinon quelque chose qui tienne la route. La couleur est plus évoluée, avec quelques reflets orangés. Dans un tout autre style, plus opulent, plus chaleureux, les arômes se situent de la fraise des bois et la cerise à l’eau de vie à tout une palette d’épices douces (cannelle, poivre, bois de santal, cigare et chocolat). On ressent un élevage long et soigné. Si le vin est massif, l’équilibre est préservé grâce à une acidité qui donne du tonus en final. Un très très beau vin également. C’était Clos de Syrah Léone 2002, du domaine Peyre Rose de Marlène Soria (85 % syrah). Une joute qui a tenu toutes ses promesses, merci mesdames.
Allez, un dernier rouge pour la route, pour accompagner quelques fromages affinés. Bien plus évolué que les autres, il m’aura surpris par sa suavité et sa finesse. La longueur reste correcte et au finale, une belle surprise avec ce vin de la Cave de Tain l’Hermitage et cet Hermitage rouge 1990. Et puis un blanc pour la transition : un Côtes du Jura 1996 « Savagnin » du domaine Berthet-Bondet, qui a un côté lourd qui ne me plait pas trop.
Que dire sur cette série 100 % syrah ? Qu’elles peuvent être bues jeunes (dans ce cas privilégier un service frais), mais que le temps ne leur fait pas peur. Les terroirs granitiques confèrent fraîcheur au vin (Cornas "les Chailles", "Grain Syrah" de MT Chappaz, "De Battre Mon Cœur..." du Clos des Fées...
Nous entamons alors les douceurs. Une entrée en la matière ratée et cet Azay le Rideau 2003 Liquoreux de
Guillaume Descroix (Caves du Château de Fouchault) : il a vécu, il n’a plus grand chose à dire. Reste à savoir s’il s’agissait d’un problème de bouteille en goutant l’unique qui me reste encore ! Suit un Pedro Ximenez 2005 (PX) de la Bodega Toro Albalá. Cadeau de mon guide d’un jour lors de la visite l’année dernière au domaine : lourd, la langue est limite anesthésiée, c’est chaud et ça ne
ressemble en rien aux PX qui ont séjourné longuement en fût avant la mise en bouteille où la complexité est alors bien présente. Heureusement que pour clôturer la série des douceurs, Eric qui était de passage en Normandie, avait apporté une cuvée Madame 1997 (excusez du peu) du Château Tirecul la Gravière (Monbazillac) : grosse liqueur botrytisée, supportée par une heureuse acidité, sur l’abricot confit avec des variantes d’orange confite et d’ananas… excellente. Pour amateur de grosse sucrerie et pour terminer une belle journée d’amitié…
Merci à vous, amis et vous femmes de mes amis de votre visite sur notre terrasse…
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01 décembre 2008
C'est toujours comme ça...
Une dégustation chez Benoît en pleine semaine, ça ne se refuse jamais ! Comme toujours, chez lui, on y va pour les découvertes, des petites choses qu'on ne soupçonne même pas exister. C'est également un plaisir que de se retrouver près de son Bleu de Gascogne, devenant ronfleur à ses heures perdues, dès l'entamme du 3 ème vin !
Les vins sont dégustés à l'aveugle. Le verdict tombe avant de passer au suivant.
Désolé pour le manque d'illustrations, mais ma petite tête avait oublié l'appareil photo !
Déjà une première interrogation sur le premier vin : la robe est saumon, avec des bulles très très fines. Le vin évolue sur un registre minéral et l'abricot. Finale un peu végétale. Moyen +. C'est la version effervescente du Coteaux du Vendomois 2006 autrement dit le "Gris Pétillant" de Patrice Colin. C'est 100 % Pinaut d'Aunis (pas retrouvé celui là : Benoît, si tu me lis ;-))
Autant le premier était minéral, autant celui-ci l'est encore plus, avec des nuances de frangipane. La bouche est acidulée, avec un petit sucre résiduel et d'une belle gourmandise ! Et un joli Muscadet Sèvre et Maine sur Lie 2007 cuvée "Granite de Clisson" de Marc Ollivier du domaine de la Pepière, un ! C'est élégant, c'est bien fait, ça mérite un Bon + allégrement.
Le nez du suivant est floral avec une robe dorée soutenue. La bouche est plus grasse, mais plus molle aussi. Le temps a du la patiner. Pas du tout reconnu qu'il s'agissait encore d'un Muscadet Sèvre et Maine sur Lie 2002 (eh oui) de Bruno Cormerais. Moyen +
Belle robe paille qui délivre un savoureux mélange exotique, plutôt linéaire. La bouche est assez souple et donne dans les mêmes senteurs que le nez. Ca manque juste d'un poil d'acidité, mais pas surpris qu'il s'agisse d'un Anjou blanc 2002 de Pierre Bise. Bien
Un beau fruit claquant, des notes giboyeuses : c'est très plaisant. La bouche est près du raisin et c'est l'amertume qui tient le vin de bout en bout. C'est diablement gourmand et même assez long. Très beau spécimen que ce Vin de Pays de l'Hérault 2007 du Mas Laval , cuvée "les Pampres". Très bien. Je voulais regoûter ce vin à tête reposée à la maison, mais il n'y en avait plus :-(
Nez légèrement fermée mais du genre floral (pivoine, rhododendron) et quelques note fumées. La bouche est pleine et faite d'épices avec une petite amertume en final. "La Carignatora" lot 2006 le Chant de Marjolaine, domaine Rimbert (Vin de Table 100 % Carignan). Première rencontre mais à revoir. Moyen +
On change de registre ! Le nez est puissant, mur, rose avec un fruit assez pur, bel élevage. C'est agréable. Mais ça se gâte en bouche : c'est riche, puissant, chaleureux, grosse matière, certainement trop ! C'est dissocié par rapport au nez, malgré un joli fond de verre typé Maury. C'est moi qui ai apporté ce vin, et je vais laisser dormir les autres Santa Cruz de Artazu 2005 (Navarra) 100 % grenache. Moyen +.
On change radicalement de registre : on est en présence d'un Bordeaux à maturité, enfin c'est ce que je pense ! Le très beau nez est suave, mur, fumé avec quelques touches de champignons et de menthol. La bouche offre des tanins souples et bien intégrés. L'élevage se fait discret. C'est plutôt bon, et ça montre à mon avis un vin d'une certaine race. C'est un Pauillac Château Lynch-Bages 99. Très bon en ce moment. Bien +.
Et le petit dernier. Un vin à la robe dorée qui donne dans la pâte de coing, miel et confit avec une belle richesse, ça met forcement sur la voie ! La bouche est ample mais manque d'un peu de tension. Millésime 2003 ? C'est un Chaume 1er Cru des Côteaux du Layon 2003 de Michel Blouin.
Encore un moment précieux passé en ta compagnie ami Benoît (et celle des autres) ! Merci pour ta simplicité, ta sympathie, ta générosité. Ne change rien de rien !
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14 novembre 2008
Sa-voaaaaa
C'est l'ami Jean-Luc (grand défenseur des vins de sa région) qui nous a envoyé un panier garni en provenance directe de sa Savoie, afin d'aborder les blancs et les rouges de cette très belle région. On y fait pas que du fromage, du ski et des fractures l'hiver ! On y fait aussi du vin et du bon (en tout cas avec les producteurs qui ont élaborés ces flacons qui se retrouvent sur la table ce soir).
Hors thème pour se mettre en jambe mais surtout en gosier, un Touraine Azay-le-Rideau 2005 de Pascal Pibaleau : un blanc très minéral, pas trop typé chenin pour commencer. C'est tendu en bouche, feuille et fruits secs avec un pannel exotique typique cette fois-ci du chenin. C'est bon et bien fait.
A nous les descentes savoyardes, pendant que Manu lui attaque les montées de la Réunion : il manqué la réunion mensuelle du cercle pour faire la "Diagonale des Fous". L'équivalent de 8 marathons et 8500 mètres de dénivellés : vas-y Manu !

des nouvelles de Manu par téléphone qui court depuis déjà plus de 20 heures !
La robe est très claire. Le nez "sauvignone" avec agrumes et écorce d'orange. L'attaque est légèrement perlante assez fluide, citronnée avec une acidité plutôt haute. Un vin vif, mais agréable et justement fait. C'est Jacques Maillet qui fait cet "Autrement" 2007, cépage Jacquère (7,50 €).
Notre 2ème savoyard possède une robe déjà plus dorée. Nez beurré, miel, patisserie,
nougat : pas mal de gras finalement. Le début de bouche est mollasson, la rondeur s'installe ensuite avec une belle longueur, malgré une amertume qui prend le dessus en milieu. C'est un Chignin-Bergeron 2002 de Gilles Berlioz. Pas mal fait, mais peut-être un peu cher (20 €).
Belle robe dorée pour ce dernier blanc. Superbe nez complèxe, typé floc de Gascogne, raisin de corinthe, ananas sec, fenouille, gingembre... Bouche tout en rondeur et pâtinée, d'écorce d'orange, grillée. Le tout est supporté par une acidité constante. Superbe d'équilibre, Brigitte compare ce vin à un Tokaji de Hongrie (cépage Furmint). Et pour cause, bravo à elle, c'est une Roussette de Savoie, Marestel 1995 cépage Altesse (parenté au Furmint en effet) de Noël Dupasquier. C'est diablement bon et il confirme l'aptitude de ce vin à vieillir (13,50 €). Et avec la mandarine givrée en fin de repas, c'était pas loin d'être le Nirvâna !
La robe suivante est rouge vif. Nez très gourmand de fraise écrasée, fruits rouges et violette sur une trame épicée. La bouche présente une ossature végétale, mais est entourée d'un magnifique fruit croquant, encore avec cette trame épicée. De la gourmandise à l'état pure ! C'est un Arbin Mondeuse 2004 des fils de Charles Trosset. C'est très bon, c'est un vrai vin de potes (9,50 €).
On tombe alors sur une couleur un peu plus évoluée. Le nez est sérieux, droit, d'encre d'école, avec une jolie dose fruitée et d'épices qui donne de la profondeur. Ca pinoterait presque. La bouche se montre juteuse encore, croquante. Petite finale végétale. C'est bien fait et c'est encore une fois très bon. C'est au tour de Gilles Berlioz et de sa Mondeuse 2002 de s'offrir à nous. 14 €, ça les vaut largement.
On termine cette série Savoie sur un vin dont la couleur très évoluée est presque trouble. Le nez est très écurie. C'est malheureusement bouchonné pour cet Arbin Mondeuse 1996 des fils de Charles Trosset.
Des blancs qui savent vieillir (magnifique Marestel 95) et des rouges gourmands à souhait dans leur jeunesse, telles sont les conlcusions que l'on peut tirer de cette soirée. Il est vrai que la crème des producteurs était montée ce soir là en Normandie.
Passons maintenant à une découverte. Un Côtes du Rhône rouge 2007 du doux nom de Mantes. Un domaine créé en 2006 par Pierre Doumenge à Sérignan du Comtat non loin d'Orange.
1 ha 70 majoritairement de Grenache (60 %) et de Cinsault (30 %). Les vignes sont âgées de près de 40 ans et seront complétés par du Brun Argenté planté cette année. Un domaine si jeune et déjà les meilleures attentions pour ce vin : Pierre vendange manuellement, élève pour moitié son vin en cuve et l'autre en fût de plusieurs vins. Pas de collage ni filtration et mise en bouteille avec de très faibles doses de souffre.
Mantes 2007 : Belle couleur rouge vive et profonde. Ce qui l'emporte au premier nez, c'est une sensation de caramel, mais avec beaucoup de fruits et une pointe alcooleuse. L'ensemble est agréable et harmonieux. La bouche est très mure, juvénile, puissante. Les tanins sont encore fermes mais devraient se fondre dans quelques temps.
Pour un premier coup d'essais, Pierre l'a transformé avec une réussite qu'il souhaitait de qualité tout en ayant le minimum de contraintes. Nous lui souhaitons bonne chance pour la suite de l'aventure, qui devrait, comme il l'a annoncé, voire quelques amménagements significatifs quant aux traitements employés à la vigne, signe encore d'une recherche d'amélioration continue.
Avec ça qu'est-ce qu'on mange ? Quelques petites choses à base de poisson, blinis crevettes et ses crevettes, une énorme raclette (fromage de raclette, Reblochon, Morbier et Bleu de Gex) et pour finir une salade de fruits en verrine, glace vanille maison et une mandarine givrée maison ! Merci Brigitte...
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22 septembre 2008
"Omar m'a tuer" ou le retour du homard
Une séance en pleine semaine chez l'ami Pierre est toujours vouée à d'heureuses surprises. On a un peu l'impression d'être chez papa et maman : vous arrivez, vous vous mettez les pieds sous la table et vous vous laissez bercer par la cuisine (toujours juste) et par la magie des vins (souvent grands) !
Ce soir, nous sommes un petit groupes d'amateurs de vins pour un repas autour du homards en provenance directe de Granville (rapportés vivants dans le coffre, leurs pinces ne cessaient de faire des clics et des clacs d'après Pierre). A cette époque, ils sont presque aussi gras que des cochons (pour notre plus grand plaisir).
Et puis comme entrée, la pêche miraculeuse du jour ayant été généreuse, ce n'est que du bonus qui s'offre en plus en entrée : étrilles, pétoncles, palourdes (mangées crues et farcies).
Laurent, invité comme nous, a apporté 2 vins : le Château du Bloy en Montravel. La premier vin est la cuvée d'entrée de gamme. Un Montravel 2007. Le nez sauvignone fortement avec des notes minérales très perceptibles, de champignon et anisées. J'aurai préféré un peu plus de gnaque, de punch. La 2ème cuvée, c'est également un Montravel, cuvée "Lilia Blanc" 2006. Son nez est certes plus fermé mais plus intéressant (complexe). Cette fois-ci, la tension escomptée est présente. Elle est plutôt sur les fruits blancs. Bon.
Pierre apporte les produits de sa pêche du jour (les étrilles, palourdes... et pieds de cheval).
Pour accompagner cela, les vins qui suivent sont servis à l'aveugle. Le premier commence très fort : son nez est tout simplement fantastique et très ouvert. Miel d'accacia, fleurs blanches sur une minéralité omniprésente (pierre à fusil). La bouche est large, à la fois vive et tout en rondeur, magnifiquement équilibrée à l'éffigie du nez (miel encore). Et que dire de la longueur ? Superlative. C'est tout simplement génial ! C'est un Chablis 2001 Grand Cru Vaudésir de William Fèvre.
Tout retourné de ce que l'on vient de boire et de manger, quelle sera la suite ? C'est
au tour des homards de faire leur entrée ou plutôt le plat de résistance (7 kg à 12 !).
La premier vin à l'accompagner est un Corton-Charlemagne 2002 de Dubreuil-Fontaine père & fils. Son nez est assez proche du Fèvre, au point de vue richesse, mais avec un peu moins de subtilité (beurre, chèvrefeuille, gras). La bouche est puissante, charnue, longue. Un peu en retrait après le Chablis, mais un joli vin tout de même. Il s'agirait de ne pas jouer les difficiles !
Pierre vient de regarnir les assiettes de homard ! C'est une aubaine et un nouveau vin arrive. Son nez est clairement axé sur la minéralité, les fleurs blanches et l'anis étoilé. Le tout est harmonieux et diablement enivrant. La bouche est tendue, riche, rappelant la feuille sèche et minérale encore. Elle est pure, précise et tenue par une superbe acidité. C'est un Puligny-Montrachet 2002 1er cru "les Perrières" de Louis Carillon & fils. Très grand. L'assemblée entière apprécie.
A peine remis du Puligny de Carillon, on se demande quel va être le niveau du vin
suivant ?! Il en reste effectivement un pour accompagner la toute dernière rincette de homards ! Le nez est un peu enfoui au départ, mais les arômes sont très nets et d'une incroyable précision. Malheureusement, des notes déviantes en bouche viendront confirmer les doutes de Pierre qui avait constaté une coulure à l'ouverture de cet Auxey-Duresses 2003 du domaine D'Auvenay. Hurlement primaire (grrrrrrrrrrr) !!!!!!
Vint ensuite une déclinaison de toutes les grandes régions de France qui produisent des fromages de chèvre. Le vin qui l'accompagne est fait pour l'accord. C'est un Sauvignon. Le nez et la matière sont très murs, plutôt monolithique. Un vin politiquement correct, bien fait, pour plaire à tout le monde. C'est un Sancerre 2006 "la Moussière", d'Alphonse Mellot. Désolé, mais j'ai l'impression que Mellot et moi on ne peut toujours pas !
Pour achever la soirée, une tarte tatin maison (nous sommes en Normandie) qui n'a pas
fait long feu. Le petit dernier qui est servi dans les verres à une magnifique robe ambrée. Le nez est exhubérant, avec une pointe de sparadrap, de botrytis et des senteurs saphranées. La table part sur Sauternes et particulièrement à la vue de la robe foncée, c'est Guiraud et Suduiraut qui sont cités. La bouche est sirupeuse et offre une grande liqueur. L'équilibre sucre/acidité est parfait, sur l'orange amère et se prolonge très longuement. Vraiment grand. C'est un Monbazillac 2001 du Château Tirecul la Gravière. Que doit être la cuvée "Madame" du même millésime ?!
Mon TOP 3
1 Puligny-Montrachet 2002 de Luis Carillon
2 Monbazillac 2001 Tirecul la Gravière
3 Chablis Gd Cru Vaudésir 2001 de William Fèvre
Merci à Pierre pour cette "open house" et cette "open cave". On reviendra ;-)
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21 juillet 2007
T'as le bonjour des Fiefs
Voici une soirée improvisée en pleine semaine organisée par notre docteur en Chateauneuf du Pape, Philippe. Enfin, pas tout à fait improvisée, car notre monsieur avait peut-être la ferme intention de nous faire oublier nos fiefs respectifs en repartant, tant les vins qu'il nous proposait étaient nombreux. Au début, seuls quelques blancs et rouges, disons 3 ou 4 tout au plus étaient prévus. Mais c'était sans compter sur la fierté de notre Philippe, Vendéen de coeur, qui tout content et s'en revenant du pays des Chouans, a fait merveille en nous faisant découvrir une belle région viticole haute en couleur (dans tous les sens du terme).
Des rosés frais et croquants (pinot noir, gamay et groslot gris), des blancs nerveux et pleins de vie (chenin et chardonnay) et des rouges à la structure avenante qui feraient pâlir certaines appellations réputées (pinot noir, gamay, cabernet franc) : voici donc un aperçu des vins des Fiefs Vendéens déclinés dans les 3 couleurs.
Domaine St Nicolas, Blanc de Brem, "les Clous" 2005, 8,5 € (chenin/chardonnay). Domaine tenu par Thierry Michon
Jaune pâle avec des reflets verdâtres. Nez floral, de petites fleurs blanches des prairies, de tilleul, avec une belle dose d'agrumes. Un nez bien fait, comme on aime, expressif avec des notes anisées. La bouche est croquante, acidulée, vive et mêlée de fruits blancs tels la pomme. Finale iodée. Une belle entrée dans les Fiefs : un très joli vin.
Domaine St Nicolas, Rosé de Brem, "Reflets" 2005, 7,5 € (90 % pinot noir, grelot, gamay)
Un nez évidement axé sur les fruits rouges tels la fraise et la framboise, assez aguicheur. La bouche est pleine côté fruit, avec une petite sucrosité, une finale sur les agrumes et une acidité qui donne une belle tension à ce vin. Pas mal.
Coirier Père et Fils, "Pissotte" blanc, 5 €.
Après Brem, Pissotte, un autre fief dans les Fiefs. Jaune doré. Nez un peu en retrait d'abord et qui délivre ensuite un registre d'agrumes (citron vert, pamplemousse) puis floral. La bouche est gouleyante et débute par une certaine acidité et des effluves d'orgeat. Encore pas mal.
"Collection" de Jean Mourat, Mareuil, blanc 2006, 5,5 € (chenin/chardonnay)
Nous sommes maintenant à Mareuil, autre localité productrice. Une couleur jaune très clair pour un blanc ! Voici un vin au nez serré et typé chardonnay avec de petites notes de beurre, mais aussi un registre floral et d'agrumes. L'attaque en bouche est franche, acidulée (pomme verte) laissant une sacrée sensation de fraîcheur. Un vin de soif, bien fait et bon.
"Collection" de Jean Mourat, Mareuil, rosé 2006, 5,5 € (pinot noir, négrette, cabernet franc).
Rosé pale perlant sur le verre. Nez aérien de fruits rouges légers. Bouche framboise avec une petite sucrosité et une finale amère qui donne un certain charme. Pas mal.
Les rouges maintenant
Chaignée Cadet 2005, vignobles Mercier, Vix, 5 € (cabernet franc, pinot noir et gamay)
Si vous êtes malades cet hiver, prenez donc un peu de Vix, autre berceau des Fiefs. Rouge pourpre et vif. Nez de poivron un peu vert, de cerises noires et de fruits rouges et de myrtilles à l'aération. La bouche présente une amertume et une astringence un peu poussée. Un peu rustique !
"Collection" de Jean Mourat, Mareuil, rouge 2005, 6,5 € (pinot noir, négrette, cabernet franc).
Fruits en force tels la cerise et la fraise des bois. Bouche un peu sucrée, poivrée et légèrement piquante. Un vin agréable avec un certaine charme.
Domaine St Nicolas, rouge de Brem, "Reflets" 2005, 7,5 € (90 % pinot noir, grelot, cabernet franc).
Rouge violacé un peu soutenu. Nez profond au registre animal mêlé de fruits rouges écrasés. La bouche manque juste un peu de mordant au début, mais c'est finalement une belle matière qui se dessine. On retrouve les épices, une belle trame de fruits rouges. Très bien.
Une soirée passée avec des vins de qualité très homogène. Une série de vins dominée certes par la gamme de Thierry Michon, mais dont les autres producteurs ont donnés également une bien belle leçon à certaines appellations plus renommées. A noter d'ailleurs que les vins des Fiefs Vendéens sont classés en AODQS (appellation d'Origine Délimité de Qualité Supérieure). Des vins frais et faits pour être bu jeunes mais qui pourront accompagner agréablement vos repas estivaux.
Merci à Philippe pour la préparation de cette soirée.
12 juillet 2007
LPV Picardie ou la Loire dans tous ses états (2 ème partie)
Après la première partie abordée il y a quelques jours avec les Anjou blancs 2005 et liquoreux, passons maintenant aux rouges avec les Chinons de Charles Joguet.
Petit tour du domaine sur plusieurs millésimes avec la cuvée Clos de la Dioterie.
2005 (échantillon tiré sur fût) : nez élégant de rose avec des notes végétales. Bouche tanique mais élégante. Pas mal
2004 : vin fermé à double tour et dur en bouche
2003 : la moitié de la table pour, l'autre pas convaincue. Nez plus avenant sur les fruits rouges murs. Bouche pas mure du tout pour le millésime, pas très agréable.
2002 : nez poussiéreux, pas osé le reste...
2001 : échantillon défectueux.
Perso, pas vraiment convaincu par ce domaine. Pourquoi faire un vin avec un fruit si peu mur caractérisé par le poivron vert ? Mais le domaine vient de changer de direction en ce début 2007. Un renouveau prochain ?
2 autres vins
Bernard Baudry, "Le clos Guillot", 2001, Chinon.
Un nez séducteur aux belles notes de cerises griottes. Une matière dense mais avec un fruit qui manque de maturité.
Mark Angeli, cuvée "Martial" 1995, Anjou rouge
Nez un peu poussiéreux, de terre humide avec encore quelques fruits rouges. Tanins parfaitement intégrés. Une bouteille qui a supporté le poids des années.
Des rouges un peu moins à la fête que les fameux Anjou blancs 2005.
Encore merci au cercle LPV Picardie pour son accueil sympathique et à son chef d'orchestre Laurent allias Chinbourg.
Chinbourg, ambassadeur Picard des vins ligériens














































