Les bouteilles de Maigremont

Les dégustations de vins du Cercle de Maigremont

21 novembre 2009

Des Riesling, des hommes et des Grands Crus d'Alsace

Quel thème, quelle belle région et intéressant de par son cépage, se déclinant du sec aux vins sucrés comme les vendanges Tardives ou les Sélections de Grains Nobles (SGN).
Cette soirée n'était pas sans nous rappeler nos escapades d'il y a un an : ici, ici, ici, et voir même ici si vous en avez le courage ;-).

Le Riesling est le cépage le plus répandu en Alsace. On le traite souvent d'éponge à terroir, en raison de sa faculté à capter les éléments du sol et à restituer dans les vins des différences notables en ce qui concerne  les équilibres, les acidités et bien entendu la minéralité.

Au nombre de 51, les terroirs classés Grand Cru représentent seulement 4 % de la surface totale du vignoble alsasien. La diversité et la nature du sous sol alsacien est telle qu'elle apporte une authenticité particulière aux vins. La conduite des Grands Crus est réglementé avec comme exemple les rendements, qui  sont inférieurs à l'appellation Alsace simple. Il existe également des dégustations d'agréments afin de contrôler la typicité du vin : mais a-ton besoin d'être dans un standard pour prouver qu'un vin est typique ET bon ? C'est un autre débat...

Pour rappel, les 4 cépages dits "nobles" qui peuvent prétendre à l'appellation Grand cru sont : le Pinot Gris, le Muscat, le Gewurztraminer et le Riesling. Il existe cependant quelques exceptions  :
- le Sylvaner qui peut obtenir la mention Grand Cru uniquement sur le Zotzenberg,
- l'Alternberg de Bergheim et le Kaefferfopf (dernier nominé à la place de Grand Cru) dont la complentation est autorisée

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Le Grand Cru Kirchberg de Barr, à Barr (67)

En guise de mise en jambe, un Riesling allemand (hors thème) pendant qu'un petit questionnaire est rempli DSC_0714histoire de gagner une bouteille offerte par Yves. Un allemand complet, qui joue la carte de la facilité grâce à un sucre résiduel évident et une fraîcheur en bouche qui s'exprime avec du gaz carbonique. C'est un Kabinett Mittelrhein 2007 de Mattias Müller.

Mittnacht-Klack, Grand Cru Rosacker 2002 : déjà des notes d'évolution au nez avec des notes terpéniques classiques. Y a du fruit, c'est rond, peut-être un peu trop. Du coup, le vin tombe dans la molesse. Bof. Les 26 hectares du Rosacker sont situés sur la commune de Hunawihr (68).

Arthur Metz, Grand Cru Altenberg de Wolxheim 2007 : les marques de terroir sont déjà plus évidentes, malgré une jeunesse identifiée rapidement. Le vin est complet sur des agrumes et l'anis. En bouche, la minéralité se fait d'emblée ressentir avec des notes saline. La finale se fait elle sur l'acidité alors qu'en général, c'est plutôt l'inverse qui se produit ! Un vin agréable, bien fait et qui nous a semblé valoir ses 9 € sans discuter (prix annoncé une fois l'étiquette découverte). Comme son nom l'indique, l'Altenberg de Wolxheim est situé à Wolwheim, sur des pentes douces marno-calcaire.

Domaine de la Sinne, Grand Cru Wineck-Schlossberg 2003 : malheureusement, vous ne saurez seulement de ce terroir qu'il est situé à cheval sur Katzenthal et Ammerschwihr sur des coteaux de granite et de micas très pentus sur environ 27 hectares (68). La bouteille étant défectueuse ! grrrrrrrrr

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Albert Seltz, Grand Cru Zotzenberg 2004 : le domaine est connu pour sa contribution à avoir obtenu de la part de l'INAO, la mention Grand Cru avec le cépage Sylvaner sur le Zotzenberg. Etalé sur 36 hectares à Mittelbergheim dans le Bas-Rhin sur des terroirs de marnes et calcaire, le Riesling est ici discret au nez, mais on devine des notes de pâte d'amande. En bouche, le vin s'exprime cependant avec une richesse et une puissance certaine. La finale est de belle intensité aussi sur des notes minérale. Un vin élaboré pour la table. Assez bien

Jean-Marie Haag, Grand Cru Zinnkoepflé 2005 "cuvée Marion" : Jean-Marie Haag était l'une de nos belles découvertes du Salon des Vignerons Indépendants de Paris de novembre 2006. Style fin et expressif sur les fruits blancs et des notes légèrement pétrolées. La bouche reste un peu perlante, avec quelques grammes de sucres résiduels des plus équilibrés qui viennent étoffer le vin. Longueur intéressante et belle finale tendue par une heureuse acidité. Bien +.
Jean-Marie Haag exploite à Soultzmatt et à Westhalten une petite partie des 71 hectares du Zinnkoepflé, terroir calcaro-gréseux mis aussi en valeur par le fantasque Seppi Landmann et par Agathe Bursin, jeune vigneronne dont on entend beaucoup parler ces derniers temps.

Albert Boxler, Grand Cru Sommerberg 2007 : le lieu dit du Sommerberg qui héberge des substrats granitiques à deux micas en état de désagrégation avancés, donne des sols riche en éléments minéraux. Le Grand Cru est situé à la fois sur Katzenthal et Niedermorschwihr (68) sur des pentes à la déclivité impressionnante !
Le vin élaboré par Jean Boxler est une merveille au nez. Tout y est : finesse d'abord, précision, il s'ouvre ensuite largement sur une palette de fruits blancs comme la mirabelle, la pêche. Le nez respire aussi des senteurs citronnées, de pierre humide et laisse passer des relans de sel. En bouche, c'est du même niveau : c'est une profusion de sensation, toutes contrôlées et rien ne dépasse. L'acidité d'abord : elle est impeccable et entraîne le vin avec dynamisme, on ne risque pas de s'endormir avec un tel vin. L'équilibre général aussi : il est des plus grands et affirme son caractère sur un registre d'agrumes. Aucun doute sur son avenir, heureux sont ceux qui pourront le goûter de nouveau dans quelques années. Excellent

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Dopff au Moulin, Grand Cru Schoenenbourg 2007 : le style est plus facile et plus consensuel, mais il n'en reste pas moins un joli vin, marqué par des notes minérales de fumée et de melon. Malgré un niveau de sucre important, le vin est tenu par une sacré acidité. Pas mal.
Schoenenbourg, terroir de 53 hectares de roches riche en éléments fertilisants sur Riquewihr et Zellenberg.

Wolfberger, Grand Cru Steingrubler 2005 : proche de Colmar, Steingrubler et notamment la partie haute de 23 hectares est propice au cépage Riesling qui se plait sur des sols complexes.
Le nez est discret, avec quelques notes pétrolées. Le vin est surprenant car marqué par une forte salinité en bouche. "Too much" ? Non mais il n'en reste pas moins ancré à une identité propre et à un style solide. Bien

Zind-Humbrecht, Herrenweg de Turckeim 2005 "L144" : le semi pirate du jour. Herrenweg n'est pas classé grand cru, mais c'est un lieu dit de Turckeim sur des terroirs de graves du quaternaire. Au nez, c'est assez peu expressif : légèrement pétrolé, quelques effluves de fruits blancs. En revanche, la bouche est parfaitement mature, précise, riche et ce malgré le compteur du sucre résiduel qui grimpe (15 grammes). C'est un beau vin, qui mériterait qu'on s'y attarde dans quelques années.

Une très belle dégustation, d'un bon niveau général, où nous avons pris beaucoup de plaisir. A la question qu'est-ce qu'on mange ? Les premières gelées étant apparues, une choucroute tiens (merci môman) ! 12 personnes, 10 kg de choux, 5 kg de charcuterie, les fonds de bouteille et c'était le bonheur.

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Et puis Chuuuu...t... Fantine Vin de Table du Clos Fantine, asssemblage de Mourvèdre de 2005, 06, 07 : épouvantable le soir même (écurie, étable...), métamorphosé 12 heures après, sur des parfums de garrigue et d'olives noires. La structure tannique ayant elle aussi changée, c'est un vin qui a de la puissance, mais il n'en reste pas moins posé tout en proposant fraicheur et un touché de bouche soyeux. Un vin qui ne manque pas d'air pourvu que vous lui en donniez. Agréable à boire.

Merci à Francine et Gil pour leur invitation dans leur home, sweet home !

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15 novembre 2009

Méli-mélo d'automne

Une petite réunion d'amateurs de vins en milieu de semaine, surtout chez Benoit, ça ne se refuse jamais ! L'affluence est fluette, mais les vins proposés par Benoit ont toujours un intérêt et les découvertes risquent d'être au rendez-vous.

Les vins sont servis seuls à l'aveugle, accompagnés du repas et sont dévoilés avant de passer au suivant.

Domaine de Pellehaut "Ampelomeryx" VDP des Côtes de Gascogne 2006 (Gros et Petit Manseng, Chardonnay et Sauvignon) : un joli nez nougat, un brin exotique sur une trame finement boisée. Bouche riche et bien équilibrée avec ce qui faut de gras pour que le vin ne se goûte pas totalement sec. Bien

Château l'Enclos des Rozes, Gaillac blanc 2007 : un 100 % Mauzac vinifié par Aurélie Balaran, fille de Jean-Marc, figure 2emblématique du gaillacois (domaine d'Escausses). Premier coup d'essais et totalement transformé. Le vin ne s'éparpille pas, il va là où on a dû lui dire d'aller. Joli boisé avec des notes de fenouil, il s'étire longuement avec une acidité tonique. Aurélie n'est pas la fille de son père pour rien et il semble qu'elle soit bien partie pour se faire un prénom dans la région. Bravo !

Domaine de la Tournelle "les Corvées sous Curon" Arbois 2003 : finement oxydatif, avec une grosse amertume en bouche. Pas mon style du tout : 2003 doit en être la cause. A goûter de nouveau sur un autre millésime.

Domaine des Ouches "les Ouches", Bourgueil 2002 : personnellement, je suis parti rapidement dans le Sud-ouest, vers Cahors ! Le vin semble avoir quelques années derrière lui : terre humide, sous bois.  Belle attaque fondue sur les fruits noirs mais tombe comme une pierre ! Dommage. Benoit nous indique que ce vin était en pleine forme la dernière fois qu'il l'avait goûté.

Domaine Navarre "cuvée Olivier", St Chinian 2006 : un très joli vin doté d'une robe incroyablement foncée, pur aussi bien au nez qu'en bouche, souple et soyeux (malgré 14 %) avec comme fil conducteur des senteurs d'herbes aromatiques. Un assemblage de Syrah, Grenache et Carignan sur schiste. Bien

Domaine d'Escausse "la Vigne Mythique", Gaillac 2004 : le vin de la soirée ! Une cuvée normalement réservée pour un ou deux restaurateurs (merci Benoit) Nez complexe d'herbes coupées, de cassis et de myrtille. La bouche est savoureuse, gourmande, sur des notes d'oranges sanguines et de cannelle. Le fond de bouteille emporté dans le cabas direction la maison m'a procurée un immense plaisir sur une semaine : le vin n'a pas bronché d'une oreille. Il se livre enfin : testé il y a presque 2 ans, le bougre n'avait rien dit du tout. C'est maintenant devenu un très très beau vin.

Domaine Piquemal "la Perle Pourpre", Rivesaltes 2007 :arômes de griotte et de fraise avec un peu de bois. Plutôt simple mais bien fait.

3Château le Fagé "Cuvée Grande Réserve", Monbazillac 2003 : le vin évolue sur des notes de pêche de vigne, de frangipane et de sucre d'orge. Le vin livre un style dynamique et une finale dense, charnue et un léger côté végétal bien plaisant. 2003 démontre une fois de plus avec ce beau Monbazillac, que ce millésime du côté des liquoreux n'est pas à mettre à la poubelle, bien au contraire !

Les Vignerons Catalans en Roussillon, Rivesaltes 1974 Ambré Hors d'Age : simple mais clairement sur la noix, la figue, marqué de fruits secs et un rancio appuyé. La bouche est bien agréable comme cette soirée d'ailleurs.

Merci Benoit

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11 mai 2009

Domaine Lacoste-Germane

Voilà un domaine dont on ne parle pas assez ! Et pour cause, les vins sont classés en Vin de Pays (VDP) d'Oc, désignation pour le moins peu attirante. Et pourtant et pourtant, en fouillant bien et en grattant goûtant là où il faut, il existe des domaines qui travaillent bien voire beaucoup mieux que ceux issus d'appellations plus prestigieuses.

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J'ai rencontré les producteurs du domaine et leur vins voilà maintenant 3 ans lors du salon des vins de la Bouille près de Rouen : immédiatement, j'ai été séduit par la gamme, joyeuse et croquante, qui sent bon la terre et le soleil.

3Comme toutes les histoires d'amour, cette histoire commence par une rencontre : celle d'un homme et d'une région. Albrecht Von Braun, arrive en 1984 dans la petite commune Lacoste dans l'Hérault, pour aider ses parents à s'installer. Il les aide à rénover une vielle maison et tombe amoureux fou de cette région au point d'en oublier de repartir chez lui en Bavière. Il s'installe donc à son compte et rénove des maisons implantées dans la région. Un jour, un de ses clients, le président de la cave Coopérative de Montpeyroux François Boudou, lui demande s'il ne connait pas quelqu'un pour venir travailler dans les vignes de la Coopérative. Albrecth réfléchit peu et répond par un grand "OUI" ! Souhaitant en savoir plus sur la façon de conduire un domaine viticole, le président lui conseille de faire une formation. A 40 ans et c'est osé, il suit ce conseil en effectuant une formation au lycée Agropolis de Montpellier... A suivre (*)
Ca, c'est le côté homme/terre.

Comme toutes les histoires d'amour, cette histoire se poursuit par une2 rencontre entre un homme et une femme : Chantal Pommies. Elle a l'accent du sud et travaille dans la musique. Elle rencontre un vigneron lors d'un repas. Il lui tend un verre, elle plonge son nez dedans. Et là, c'est la claque ! La décision est prise et elle doit trouver un vigneron pour lui apprendre car elle souhaite tout savoir du vin. Elle travaille au Mas des Brousses à Puechabon quelques temps puis au Mas Ricard, le domaine Jordy et confirme que c'est bien le métier qu'elle veut faire. Un jour, lors du salon des vins d'Aniane, elle goûte le Rosé Coquin du domaine Lacoste Germane : elle tombe amoureuse du breuvage et... du vigneron ! Nous sommes en 2004. Ca, c'est le côté charnel.

(*) Acte 2. En 1999, Albrecht est à la recherche de vignes à acheter. L'objectif est d'en acquérir d'un certain âge. Il trouve quelques vignes sur et autour de la commune de Lacoste petit village qui domine le lac du Salagou (connu pour le rouge intense de son eau) et la vallée de l'Hérault situé non loin du fameux Mas de Daumas-Gassac. Il y a des Cabernets-Sauvignon et des Cinsaults (de 30 à 40 ans et certaines parcelles de Cinsault ont 60). Les vignes sont éparpillées sur 13 parcelles au sous sols basaltiques, riches en matières organiques et qui donnent beaucoup de fraîcheur aux vins, malgré la bonne restitution de la chaleur durant la nuit. La région de Lacoste subit un climat chaud, mais bénéficie de vents dominants provenant des terrasses du Larzac. Les maturités sont donc excellentes. Ces vignes qui sont posées sur des coteaux, sont plantées en terrasses. Elles sont à l'état d'abandon et n'ont plus reçues de traitement depuis bien longtemps. C'est donc en toute logique qu'Albrecht continue une conduite en bio (non certifié) et étant un des rares apôtre dans le coin, ce qui lui attire parfois des regards méprisants. Il garde la structure et la forme générale des parcelles, mais pendant 2 à 3 ans, il taille sévèrement ce qui lui permet de rénover petit 6à petit les 7,5 ha de vignoble (et continue d'ailleurs) pour lui redonner un aspect plus productif dans le bon sens du terme. Petit extra, le domaine possède également 1,5 ha d'Oliviers et de chênes. Il plante ensuite une vigne de Syrah dont l'idée de Chantal était de vinifier un vin au grain croquant. Il plante aussi une autre de Merlot qui complète la liste des cépages régionaux.
Aux chais, peu d'intervention. Les parcelles sont vinifiées séparément, élevées en cuves puis assemblées en cuves encore pendant un an. Au total, il se passe souvent 3 ans entre les premiers coups de sécateur et la mise en bouteille.

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1Le décor est planté, place aux vins... Le premier millésime du domaine date de 2001.
Rosé Coquin 2008 : un rosé à base de Cinsault dont les vignes ont 60 ans. Assez rond, il possède une trame gourmande et intense sur les petits fruits rouges. A boire sans concession sur des grillades sous votre parasol !

Oeillade 2004 : l'Oeillade c'est le Cinsault (60 ans pour ces vignes) en Occitan. La cuvée est complètée par du Merlot à 20 %. Fruit mi cuit et fraise. Bouche minérale et croquante sur une finale réglissée. Petit rendement (30 hl/ha) pour un vin gourmand qui n'est produit qu'à 6000 bouteilles par an.

Les Faïsses 2004 : qui veut dire "petites terrasses". Cabernet Sauvignon et Syrah. Sols basaltiques, sous-sols calcaires et argileux, cette cuvée a toujours été pour moi un coup de coeur ! L'attaque est mordante, le vin est solaire, profond et exprime des notes de fruits noirs et d'olives noirs, des parfums de garrigue et une pointe de café et d'épices. La belle acidité vient supporter le tout avec harmonie. J'adore.

Le Cade 2003 : 80 % Cabernet Suvignon, 10 Merlot et 10 Syrah : un style plus profond et également plus structuré. Les tanins viennent vous titiller la langue avec plaisir et en douceur. Un vin de gastronomie qui possède de la fraîcheur et du charme, malgré un millésime difficile. C'est la seule cuvée du domaine qui passe en fût. Finale marquée par le poivre.

Sauta Roc 2006 : une Syrah pure, crêmeuse arborant d'exquises saveurs de prunes et de myrtilles. Le vin a gagné en intensité et s'est assoupli depuis notre dernière rencontre. A boire sans retenue sur des plats en sauce.

Le domaine a progressé depuis le début c'est certain avec des cuvées et des tanins plus précis. Il semble avoir atteint une certaine maturité, à force de travail. Actuellement, la région souffre d'un certain manque de reconnaissance, alors je vous encourage à goûter les vins du domaine et à vous faire votre propre idée des Vins De Pays d'Oc.
Comme toutes les histoires d'amour, elles se termine par la rencontre entre un domaine et un amateur de vins : cela fait 3 ans que ça dure, j'aime la sincérité qui nous lie, j'aime ses vins !
Je remercie Chantal et Albrecht Von Braun pour le temps et la passion qu'ils ont su transmettre. Avant de les retrouver prochainement j'espère, je leur souhaite de persévérer dans cette voie, de maintenir le cap de la qualité et de continuer à faire le métier qu'ils aiment.

Domaine Lacoste-Germane
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Rue St Jacques
34800 Lacoste
+ 33 4 67 96 23 70/ + 33 6 84 97 46 38
@ cavonbraun@orange.fr

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02 avril 2009

Sous le soleil du Languedoc

Voilà un joli thème autour de vins qui fleurent bon le soleil. La règle était simple : apporter un ou plusieurs flacons, blancs, rouges ou sucrés appartenant à la région Languedoc. J'avais le privilège de capitaliser et d'organiser les apports de chacun, pour cette énième rencontre LPV du comité Haute-Normandie.

C'est l'ami Olivier qui nous accueille dans sa grande maison.
Les flacons sont présentés par paire à l'aveugle et dévoilés au fur et à mesure.

1 - Costières de Nîmes Mourgue du Grés « Galets Dorés » 2007
2 - VDP du Gard Mourgue du Grés « Terre d'Argence » 2006
Le premier vin est arômatiquement simple sur le citron vert. La bouche est vive, sur une finale saline. Le deuxième possède indéniablement plus d'ampleur avec des notes d'abricots et fumées. La finale est un peu plus courte, un peu plus portée par l'amertume.
Avantage plaisir pour les "Galets Dorés", pour sa fraîcheur et sa vivacité

3 - VDP de l'Hérault Daumas Gassac blanc 2005
4 - VDP Côtes de Thongue Domaine de l'Arjolle "Equinoxe" 2005
Le Daumas offre un nez élégant de fruits blancs, profond, on monte en gamme. La bouche débute doucement, et gagne en puissance à mesure de la gorgée.
L'Equinoxe est porté par un boisé et un fumé envahissant et racoleur, confirmé en bouche.
Avantage à Daumas Gassac, plus afirmé et plus nature.

5 - VDP du Gard Roc d'Anglade 2004
6 - VDP Côtes Catalane Jean-Philippe Padié « Milouise » 2006
La robe du Roc d'Anglade est légèrement trouble. Au nez, pas de doute, c'est nature avec au départ quelques senteurs de pommes (levures). Puis viennent enfin à l'aération de beaux arômes profonds et enivrants de fruits blancs, de fleurs avec des pointes de fenouille et d'anis. La bouche est d'un grand équilibre et s'exprime par une grande pureté. Superbe finale vibrante.
Le Milouise se présente sur des notes fumées et une pointe oxydative. Les arômes de fruits viennent en profondeur. La bouche est ample, généreuse mais un peu lourde à cause d'un boisé pas tout à fait intégré.
Le Milouise n'en reste pas moins un beau vin, mais étouffé ce jour ci par un Roc d'Anglade qui atteint là des sommets.

Pour ma part, c'est Roc d'Anglade qui domine cette première série de blanc par sa classe suivi par Daumas Gassac.

Fromages

Côté miam, les vins sont accompagnés de divers terrines maison et de fromages de l'excellente maison Priet de Vernon

Quelques rouges maintenant : il sont au nombre de 13. J'ai volontairement choisi de les présenter par paire pour faire soit un match, soit une évolution d'un vin sur 2 millésimes différents ou encore une étude de domaine avec plusieurs cuvées du même millésime.

Pour commencer, un trio ! En fait, Franck qui avait apporté le premier rouge avait décidé au dernier moment de placer un autre vin dont personne à part lui ne connaissait la provenance : nous l'appellerons donc "7bis"
7 - Côtes du Roussillon village Clos de l'Oum 2006 « la Compagnie des Papillons »
8 - Coteaux du Languedoc Montpeyroux domaine des Grecaux 2003 « Terra Solis »
7 bis - Côtes du Roussillon village Clos de l'Oum 2005 « la Compagnie des Papillons »
Autant le dire de suite, Clos de l'Oum 06 paraît très jeune et semble fermé. Pas évident de tirer des notes de rose, de violette, de café et de boite de tuyas. La bouche est gourmande, malgré une certaine fermeté à cause de tanins serrés. Mais on devine là un certain potentiel. Bien
Le Coteaux du Languedoc du domaine des Grecaux est ce que l'on appelle un rescapé : en effet, Jean-François ayant oublié un de ses vins, nous faisons appel à notre hôte Olivier pour lui extirper un flacon de sa cave ! La robe est clairement évoluée, mais au nez, du fruit, du fruit, du fruit et du vrai (papaye, grenadine, myrtille). La bouche est simple et tombe assez vite, mais peu importe, on prend le vin comme il vient, avec plaisir.
Le vin qui sort du chapeau se présente carafé : pas de doute, il y a un certain lien de parenté avec le n°7 : la structure est plus fine, plus élancée et la matière plus arrondie. C'est bien un "Clos de l'Oum" grand frère d'un an du Clos de l'Oum 2006. Très agréable, il remporte d'ailleurs ce Trio

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9 - VDP de l'Hérault Mas Laval "les Pampres" 2007
10 - Costières de Nîmes Mourgue du Grés « Terre d'Argence » 2005
Mas Laval "les Pampres". Que dire de ce vin ? Incroyable de faire aussi simple et aussi bon ! Ca explose de fruits rouges de partout. Il possède un petit côté enjoleur, mais c'est tellement gourmand, croquant ! Le vin comme ça, c'est pas compliqué, on est obligé d'aimer.
Le "Terre d'Argence" 2007 débute par quelques épices. Le vin semble manquer de structure car l'alcool domine, les tanins sont incroyablement secs. J'ose espérer que le vin est dans une phase ingrate. Je ne peux pas croire qu'on puisse râter un 2005.
Avantage pour qui vous savez

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11 - VDP d'Oc dom Lacoste-Germane « le Cade » 2003
12 - VDP de l'Hérault Daumas Gassac rouge 2001
Grosse déception, car le Lacoste-Germane est bouchonné. J'avais fait un pari en l'opposant à Daumas-Gassac, car je trouvais les styles proches, l'encépagement majoritaire étant le Cabernet Sauvignon.
Le Daumas me rappelle un certain Chasse-Spleen 2000 avec ses notes de café marquées, mais heureusement plus encore. Il paraît assez proche d'un beau vin de Bordeaux. Il est avenant, l'acidité est agréable, la bouche est ronde, mure avec un fond minéral. C'est bon, mais ça reste classique, ça manque un peu de folie. Autant le dire, ce vin a beaucoup fait parler. La moitié des dégustateurs pensent que c'est un bon vin, l'autre  le trouve anodin, trop dans les standards bordelais. Une fois de plus, Gassac provoque la discussion !

13 - Faugères domaine St Antonin “cuvée Magnoux” 2005 Frédéric Albaret
14 - Faugères domaine St Antonin “cuvée Magnoux” 1998 Frédéric Albaret
Le 2005 paraît fermé au nez et assez austère en bouche : les tanins sont très très serrés. Malgré tout, le vin possède une belle longueur et semble se destiner à quelques années de garde pour s'exprimer dans les meilleures conditions car tout est là. Pour beaucoup, la question est de savoir si ce vin vieillira. Pour moi, c'est OUI.
Le 1998 représente le graal de tout dégustateur patient : quelques années de cave lui ont permis d'arriver lentement à mâturité avec beaucoup de classe. Mûre, fruits noirs, avec des pointes d'encre d'école au nez, la bouche est ronde à l'attaque, avec une légère sucrosité. Le tout est hyper équilibré et confirme sa bonne tenue malgré un peu plus de 10 ans au compteur.
Le match pour le millésime 1998, bien entendu, mais on en reparlera du 2005... dans 10 ans.

15 - Faugères Léon Barral 2005
16 - Faugères Léon Barral « Jadis » 2005
Voici une paire intéressante. D'une part elle permet de continuer l'exploration du terroir de Faugères, d'autres part, ce sont les 3 cuvées rouges du domaine Léon Barral que nous allons aligner à la suite et dans un grand millésime (merci JF)
La cuvée dite "Tradition" s'engage d'emblée via un côté "nature" (cidre). Pour sa défense, le vin n'a pas été carafé. C'est épicé, c'est rond, c'est gourmand, c'est bon !
Avec "Jadis", on franchit un pas : le vin est plus classieux, plus élégant, plus complexe aussi. Jolie bouche, bien structurée, chaleureuse, mais de haute tenue. Gros potentiel.
Coup de Coeur pour Jadis.

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17 - Faugères Léon Barral « Valinières » 2005
18 - Cx du Languedoc VV Pic St Loup les « Métaieries du clos » Clos Maries 2002
Attention, voici "THE Match". Celui pour lequel on hésite pas une seconde à faire des kilomètres.
"Valinières" de Barral à tout d'un grand vin : énorme volume en bouche, tanins d'une extrême qualité et finesse, du fruit à revendre. Il déborde de partout, est généreux comme pas deux. Si jeune et d'une grande buvabilité. Il fait soif !
Face à ce monstre, le Clos Marie est légèrement en retrait, mais n'en reste pas moins un très beau vin. Réglisse, zan, pointes d'orange, la bouche s'étire longuement et onctueusement.
Mais "Jadis" est un vin qui marque, on ne peut que l'apprécier.

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Une petite douceur pour terminer.
19 - VDT Languedoc Domaine de Ravanès 1998 l'Ille
Joli nez d'orange confite avec quelques notes de sparadrap. Je lui trouve une certaine ressemblance avec les vins de Tirecul la Gravière. Bouche sur le raisin de corinthe, avec une amertume en avant mais intéressante. Petite déficience de longueur, mais un vin agréable et bien fait.

Voilà pour cette superbe journée, passée comme d'habitude au milieu de passionnés et de gens vrais qui aiment le partage...

Il y eu quelques "Off", hors thème : les commentaires à suivre prochainement...

Il est bien possible que notre prochaine rencontre soit tournée vers le Chenin de Loire.

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01 décembre 2008

C'est toujours comme ça...

Une dégustation chez Benoît en pleine semaine, ça ne se refuse jamais ! Comme toujours, chez lui, on y va pour les découvertes, des petites choses qu'on ne soupçonne même pas exister. C'est également un plaisir que de se retrouver près de son Bleu de Gascogne, devenant ronfleur à ses heures perdues, dès l'entamme du 3 ème vin !

Les vins sont dégustés à l'aveugle. Le verdict tombe avant de passer au suivant.

Désolé pour le manque d'illustrations, mais ma petite tête avait oublié l'appareil photo !

Déjà une première interrogation sur le premier vin : la robe est saumon, avec des bulles très très fines. Le vin évolue sur un registre minéral et l'abricot. Finale un peu végétale. Moyen +. C'est la version effervescente du Coteaux du Vendomois 2006 autrement dit le "Gris Pétillant" de Patrice Colin. C'est 100 % Pinaut d'Aunis (pas retrouvé celui là : Benoît, si tu me lis ;-))

Autant le premier était minéral, autant celui-ci l'est encore plus, avec des nuances de frangipane. La bouche est acidulée, avec un petit sucre résiduel et d'une belle gourmandise ! Et un joli Muscadet Sèvre et Maine sur Lie 2007 cuvée "Granite de Clisson" de Marc Ollivier du domaine de la Pepière, un ! C'est élégant, c'est bien fait, ça mérite un Bon + allégrement.

Le nez du suivant est floral avec une robe dorée soutenue. La bouche est plus grasse, mais plus molle aussi. Le temps a du la patiner. Pas du tout reconnu qu'il s'agissait encore d'un Muscadet Sèvre et Maine sur Lie 2002 (eh oui) de Bruno Cormerais. Moyen +

Belle robe paille qui délivre un savoureux mélange exotique, plutôt linéaire. La bouche est assez souple et donne dans les mêmes senteurs que le nez. Ca manque juste d'un poil d'acidité, mais pas surpris qu'il s'agisse d'un Anjou blanc 2002 de Pierre Bise. Bien

Un beau fruit claquant, des notes giboyeuses : c'est très plaisant. La bouche est près du raisin et c'est l'amertume qui tient le vin de bout en bout. C'est diablement gourmand et même assez long. Très beau spécimen que ce Vin de Pays de l'Hérault 2007 du Mas Laval , cuvée "les Pampres". Très bien. Je voulais regoûter ce vin à tête reposée à la maison, mais il n'y en avait plus :-(

Nez légèrement fermée mais du genre floral (pivoine, rhododendron) et quelques note fumées. La bouche est pleine et faite d'épices avec une petite amertume en final. "La Carignatora" lot 2006 le Chant de Marjolaine, domaine Rimbert (Vin de Table 100 % Carignan). Première rencontre mais à revoir. Moyen +

On change de registre ! Le nez est puissant, mur, rose avec un fruit assez pur, bel élevage. C'est agréable. Mais ça se gâte en bouche : c'est riche, puissant, chaleureux, grosse matière, certainement trop ! C'est dissocié par rapport au nez, malgré un joli fond de verre typé Maury. C'est moi qui ai apporté ce vin, et je vais laisser dormir les autres Santa Cruz de Artazu 2005 (Navarra) 100 % grenache. Moyen +.

On change radicalement de registre : on est en présence d'un Bordeaux à maturité, enfin c'est ce que je pense ! Le très beau nez est suave, mur, fumé avec quelques touches de champignons et de menthol. La bouche offre des tanins souples et bien intégrés. L'élevage se fait discret. C'est plutôt bon, et ça montre à mon avis un vin d'une certaine race. C'est un Pauillac Château Lynch-Bages 99. Très bon en ce moment. Bien +.

Et le petit dernier. Un vin à la robe dorée qui donne dans la pâte de coing, miel et confit avec une belle richesse, ça met forcement sur la voie ! La bouche est ample mais manque d'un peu de tension. Millésime 2003 ? C'est un Chaume 1er Cru des Côteaux du Layon 2003 de Michel Blouin.

Encore un moment précieux passé en ta compagnie ami Benoît (et celle des autres) ! Merci pour ta simplicité, ta sympathie, ta générosité. Ne change rien de rien !

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01 juin 2008

VdV #14, Tu sors d'où, toi ? (cherchez l'intrus)

Coup double pour ce 14 ème rendez-vous de ces Vendredis du Vin. Fraîchement intronisé président du 14 ème volet et maintenant grand chef et grand ordonateur des buveurs du vendredi, c'est Rémi (un cousin du Québec) qui reprend le fanion donné par Lisa, absente quelques temps (coucou Lisa, on pense à toi).

Le thème de mai : trouver et commenter un vin ou un cépage, un vigneron ou une vinification qui sort de nul part !

Tr_lans_04Ce mois-ci , on vous parle d'un vin dégusté il y a peu chez Lolo 1er, lors de son salon à : le Trélans d' Alain Chabanon.
Un breuvage classé en Vin de Pays d'Oc et pour cause, un de ces cépages habituellement utilisé pour les blancs de Loire s'y retrouve à hauteur de 46 %. Vous avez trouvé ? C'est bien ça, c'est du Ch'nin, pardon du Chenin. Il est complété par du Vermentino.

La particularité des vins d'Alain Chabanon est un élevage long : ici, c'est 30 mois dont 12 en barriques de chêne. Pour le moment, ce 2004, c'est ce millésime qui se dégustait à Bû, est encore marqué par ces notes d'élevage. Par contre, le chenin mêlé aux notes boisées lui confèrent beaucoup de gras et d'onctuosité.

Un grand vin mais en petite quantité (4000 bouteilles) dans quelques années, c'est sûr. Alain Chabanon dit que ses vins méritent 10 ans d'attente. J'en connais qui n'attendent pas si longtemps...

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28 mai 2008

Languedoc pour Maigremont

Ca faisait bien longtemps que ce thème revenait sur la table lors des décisions des amis circulaires, sans pour autant qu'il ne soit l'heureux élu. La dernière fois que nous avions abordé cette région, c'était encore plus large : le Roussillon y était associé.

Ce fût chose faite donc, par un temps local presque estival. Le soleil inondant la région haut-normande. Rassurez-vous, dans ce genre de situation, ça ne dure pas bien longtemps et ça tourne à l'orage rapidement.

CM

Nous sommes chez Yves-Marie et Sandrine, dans leur grande maison, à la campagne... Au programme de cette soirée, des blancs, des rouges mais pas de sucrés. Il existe pourtant de beaux Muscats.

Merci au passage au Comité Interprofessionnel des Vins du Languedoc pour la documentation fournie pour cette dégustation.

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Mas_NicotNotre premier vin a une robe claire, avec des reflets biens jeunes. Le nez est net et agréable sur les agrumes avec quelques notes d'abricot et de bergamote. Viennent compléter quelques touches florales.
La bouche démarre d'abord sur un petit sucre, poursuit sur des notes d'abricot, sur une trame beurrée.
Un vin au bel équilibre, gourmand et au rapport Q/P plus que correct, quand on saura qu'il ne coûte que 6,50 €. On commence donc par un Coteaux du Languedoc blanc 2007 du Mas Nicot.

Voici maintenant un vin qui a beaucoup fait parler. Tout le monde est d'accord pour qualifier la couleur :Barral jaune dorée à la turbidité prononcée (non collé, non filtré). Le nez est sur un registre levurien (pommeau) mais avec des touches d'anis et de noyau d'amande. Et puis, c'est en bouche que cela se complique. Deux camps se font.
Le premier, qui trouve que la bouche est trop acide, sans grand intérêt et qui fera la moue à la vue du prix (15 €). L'autre, qui lui trouve au contraire un bel équilibre, atypique avec des notes oxydatives et une longueur superlative.
Sâchez donc que sur 13 dégustateurs, 9 n'ont pas aimé et 4 l'ont adoré. Ce Vin de Pays de l'Hérault 2005 délicat à aborder, c'est Léon Barral qui le fait. 80 % Terret, 10 % Viognier et 10 % Roussane composent ce blanc dont les vignes ont 90 ans d'âge.
On se posera la question de savoir si ce blanc de Barral est destiné à un public de connaisseurs extra avertis. Pas vraiment sûr qu'il ait été compris dans sa globalité.

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Dis papa, c'est encore loin le Languedoc ?

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On passe aux rouges ?

Couleur cerise, le nez de ce vin propose un cocktail de jus de fraise, de cerise encore, jus de mûre avec des traits épicés et réglissés. Et puis il y a ces notes de cuir, très fortes, très présentes. Un signe ?
Malgré 2 heures de carafe, la bouche est tannique, avec une matière un peu rugueuse mais intéressante. Finale avec un trait végétal. Un beau vin, qu'il faudra certainement attendre encore un peu. C'est un Fitou 2004 Montmal.

Tiens, nous n'avons pas de couleur pour le suivant ?! Les cahiers de notes doivent être troués. Passons donc à ce nez qui est floral d'abord, mais qui vire ensuite vers un registre animal. La bouche n'est pas très intéressante, car âpre, amère et assez stricte. Pas très exaltant ce St Chinian 2005, Terrasses de la Rocanière de la cave de Roquebrun

Montmal   Terrasses_de_la_Rocani_re_St_Chinian   Ch_Cadorin    

La robe de notre 5ème vin est cerise bigarot. Son nez est mûr, crémeux, fait de pruneaux avec un petit côté sauvage agréable. Mais la bouche se montre fluide et tombe rapidement avec néanmoins quelques arômes de fruits (pruneaux encore). C'est encore un St Chinian 2005 et c'est le château Cadorin (cuvée Prestige).

Le suivant sent clairement l'étable, le cuir, le cheval, mais le thym, l'olive noire et l'encre d'école. C'est chaleureux et mur. La bouche est bien équilibré, construite sur une jolie acidité. C'est chocolat, fruits rouges, tapenade. Le tout délivre une belle longueur avec des tanins veloutés. On adopte sans hésiter, ce Faugères 2003 du Clos Fantine.

Clos_FantineValcyre_Benezech_Cx_du_LanguedocCh_de_la_LauzeDom_du_Gd_Cr_s         

Rouge violacé, c'est la couleur de ce vin. Les larmes sont colorées. Au premier nez, c'est une explosion de fruits rouges, mais qui laisse place à une sensation alcooleuse. Il y a des traces d'épices et de poivre. On ressent en bouche les quelques années qui ont patiné les tanins. Le fruit est encore assez présent et la longueur correcte. Ce Coteaux du Languedoc 2000 est fait par le château de Valcyre Benezech.

Au tour de notre avant dernier. La robe est légèrement tuilée. Des arômes de réduction s'effacent pour laisser place à d'autres plus évolués comme les feuilles sèches et la terre humide. Le fruit domine (cerise) avec une certaine souplesse grâce à des tanins presque fondus. Il est pas mal ce Faugères 2003 du château de la Lauze.

La robe du petit dernier est évoluée, avec des franges orangées. Le nez n'est pas très joyeux, rectiligne avec une trame végétale. La bouche commence avec une certaine sucrosité, un peu de fruit mais manque de volume et tombe rapidement. Bof. Nous terminons donc cette soirée Languedoc par un Corbières 2002 du domaine du Grand Crès.


Avec ça qu'est ce qu'on mange ? Un velouté de carottes, des verrines de crevettes roses et concombres, des brochettes pruneaux/melon/foie gras/tomates/moza, du lapin à la provencale... (merci Sandrine pour ce repas totalement réussi. Tu vois que c'est pas si dur de recevoir les assoiffés ;-))

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25 février 2007

Vous prendrez bien un peu de soleil ?

En normandie, toutes les choses pour nous rappeler les vacances dans le sud ou encore un petit rayon de soleil sont bonnes à prendre. Tenez, au moment où j'écris ces lignes devinez quel temps il fait dehors ? C'est bien cela, il pleut !

Fantine_2003Je disais donc que chaque occasion de nous rapprocher du soleil est la bienvenue. Ce midi, et parce que c'est dimanche o-), j'ouvre un Clos Fantine 2003, Faugères. (cuvée tradition).

La robe est dense, profonde presque noire. Le nez est porté d'emblée sur les fruits noirs (myrtille, cassis mûr), la violette, la réglisse, les épices orientales et des notes locales de garrigues et d'olives noirs.
La bouche est savoureuse, généreuse comme le chant des cigales au plus fort de l'été. Elle est à la fois d'une belle rondeur et déjà très accessible avec un petit côté animal surprenant. Elle se montre aussi d'un beau fruité expressif, mûre, sans la lourdeur caractéristique du millésime.

Un vin à dominante de carignan (mais aussi cinsault, mourvèdre et syrah), qui pour environ 8 € vous enchantera certainement.
Merci à Carole, Corine et Olivier Andrieu pour cette éclaircie dominicale.

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15 février 2007

C'est quoi donc ?

Ce titre un peu biscornu repris du fameux jeu né au milieu des années 90 animé par notre Jean-Pierre Foucault national, est en fait le thème de notre dégustation. Nous sommes réunis chez Benoît (que je remercie au passage pour la préparation de cette soirée de A pour les vins à Z pour les mets), avec quelques amis dont Laurent (Parlons bien, parlons vins) pour goûter quelques flacons, dont nous ne connaissons ni l'origine, ni le millésime. En fait, à force de dévoiler ce que nous buvons au fur et à mesure, se dessine finalement le fil conducteur et le thème de notre rencontre. On verra cela à la fin.
Assez perdu de temps, il y a quand même 11 vins à déguster, et comme toujours pour ce genre d'événement, en aveugle totale.


Les_Salices_20051 er vin. Robe or avec des reflets verts. Nez minéral, typé sauvignon (et pourtant non), expressif sur les agrumes avec quelques notes vanillées. Petites touches florales. La bouche est "sudiste", aromatique, citronnée encore sur les agrumes avec une belle persistance. C'est un vin de Pays d'Oc, fait par Jacques et François Lurton, "Les Salices 2005" (viognier). Une bien belle entrée !

Le 2 ème vin présente une robe or pâle. Le nez est porté suClos_Canarellir le tilleul, le foin avec des notes beurrées. L'ensemble est assez discret. L'attaque en bouche est un peu molle légèrement acidulée sur des notes étrangement pétrolées (?) mais avec une belle minéralité.
Il s'agit d'un Clos Canarelli 2001, Corse Figari, dont le cépage est le Vermentino.

De_la_ColombetteLe vin suivant se présente avec un beau jaune doré. Le nez est floral, marqué par les agrumes, mais l'ensemble est un peu fermé. La bouche est vive et même perlante, sur les agrumes et les fruits secs, mais avec une acidité équilibrée et une petite "sucrosité" pas désagréable. On aime tous, ce Vin de Pays des Côtes de Libron 2005 "Chardonnay demi muids" du Domaine de la Colombette

4 ème et dernier vin blanc. Sa couleur est jaune paille et dorée. Le nez est complexe avecDomaine_des_ch_nes des notes de miel, de bonbon anglais et de bergamote. La bouche possède une amertume  appuyée sur un registre de fruits blancs. Matière un peu fuyante. J'aime moyennement ce Côtes du Roussillon blanc 2002 "les Magdaléniens", du domaine des Chênes (Razungles & fils).

Passons maintenant aux vins rouges.

Calvet_Thunevin_035 ème vin. La robe est dense, foncée avec un cercle du verre couleur violine. Quelques traces de dépôt. Le nez marqué par la crème de mûre, la fraise écrasée, la réglisse et le Zan. La structure de la bouche est tenue par une belle amertume et on devine une jolie gourmandise à base de fraise. C'est bon. Ce vin n'est autre que la "Cuvée Constance" 2003, du domaine Calvet-Thunevin, vin de Pays des Côtes Catalanes (grenache et carignan). A ce prix là, il ne faut pas se priver (autour de 5,50 €).

Autre vin. Couleur très sombre, dense. Le nez ravageur est porté d'une part sur la cerise et les épicesMourgue_du_Gr_s douces. Puis, on aurait tendance à déjà situer ce vin puisqu'il développe des arômes de garrigue, d'olive noire, de tapenade et de réglisse. Ça donne envie de le passer en bouche. Cette dernière n'est pas en reste : l'attaque est d'emblée sur les fruits rouges, avec un milieu de bouche amère (mais agréable) et termine sur une longueur appréciable avec une matière vive et friande. Bref, vous l'aurez peut-être deviné, ce vin est bien un de mes coups de coeur de la soirée ! C'est un Costières de Nimes 2001, du château Mourgues du Grès "Terre d'Argence". A encaver d'urgence.

Borie_de_MaurelLe 7 ème vin est rouge profond et non évolué. Le nez (mûr) n'est pas très expressif mais laisse passer quelques notes de rose et de fraise. L'attaque en bouche est souple et devient amère avec des tanins secs. Ce Minervois 2001 "la Féline" du domaine Borie de Maurel a le désavantage de passer après le Costières de Nimes. Dommage

8 ème vin. Sa couleur est rouge profond. Nez sur la myrtille et les saveurs exotiques comme lDomaine_de_Cabrola fleur de rose et le loukoum. La bouche est souple, sur des notes réglissées avec une belle amertume. Jolie finale tout en finesse. Très beau vin, qu'est ce Cabardes 2001 à l'assemblage étonnant (syrah, grenache, cabernet sauvignon et merlot), "Vent d'Est" du Domaine de Cabrol

La_Voulte_GasparetsAutre vin. Rouge profond mais qui commence à évoluer. Le nez d'une jolie finesse, est épicé et boisé, avec quelques notes animales et de rose. La bouche aux tanins bien lisses, est bien structurée mais possède une finale un peu amère. C'est pas mal tout de même. C'est un Cabardes 2001, château la Voulte Gasparets "cuvée Romain Pauc". Vin à majorité de carignan (50%), grenache et mourvèdre.

10 ème vin. Encore un rouge qui commence à évoluer avec du dépôt. Nez d'une grandeGros_Nor_ finesse et envoûtant sur la rose, le loukoum, les fruits rouges, le goudron, la réglisse mais avec une pointe d'alcool. La bouche commence avec légèreté pour monter en puissance et avec une certaine "sucrosité" encore sur la rose. Par contre, je lui trouve ensuite une certaine sécheresse. Ce Bandol 2001 du domaine du Gros Noré mérite certainement mieux. A laisser vieillir encore quelques années, pour donner bien mieux, c'est sûr.

Rotier_RenaissanceVoici le temps des douceurs et du 11 ème et dernier vin (déjà ?!). La couleur est jaune paille, dorée avec de belles larmes. Nez confit et finement botrytisé, avec chèvrefeuille, coing, miel et équilibre. La bouche est magnifiquement équilibrée avec une jolie acidité, sans lourdeur, et avec une belle palette de fruits blancs : poire, abricot, coing. Que c'est bon, et quelle longueur ! Ce vin qui a l'honneur de conclure cette belle soirée n'est autre que le fameux "Renaissance" Gaillac doux 2002 du Domaine Rotier. Bravo ! Mon 2 ème coup de coeur et merci Benoît pour cette jolie bouteille. Et puis, comme à chaque soirée avec lui : "Qui vient chez Benoît ne repart pas sans...Gaillac".


Nous étions venus chez l'ami Benoît sans savoir quel thème accompagnerait notre soirée. Notre hôte nous dit qu'il s'était finalement décidé la veille pour : "comment vieillissent les Languedoc-Roussillon 2001 ?". Bon, je vous l'accorde, avec quelques divergences (avec quelques 2002 ou 2003 et puis un Bandol et un Corse). Mais là n'est pas l'important. Ce qui l'est, c'est d'avoir passé comme à chaque fois une soirée simple, avec des passionnés, des découvertes et de la bonne humeur. Un soirée autour du vin quoi.

A bientôt pour une prochaine... et encore merci Benoît

19 janvier 2006

C'est déjà les fêtes (3), selon Luc !

Plus qu'un compte rendu de dégustation pour tous les vins dégustés par Luc pendant les fêtes de fin d'années, voici un coup de coeur.

L’Incompris 2000, Vin de Pays d'Oc, Muscat, vignobles Jeanjean

incompris

Pourquoi ce nom ? Un vin dont les propriétaires estiment qu'il est largement sous-estimé, et qui mériterait une AOC ...
Vinification & élevage en fûts neufs.

Nez : senteurs florales, miel, vanille, fruits secs (abricot, raisin, coing)
Bouche : légèrement boisée, avec encore des fruits secs (abricot sec et raisin) avec pas mal de sucre résiduel.
Très belle longueur, bel équilibre entre le sucre et une belle acidité . Un vrai régal ... Un vrai "Incompris"

Dégusté le plus simplement en apéritif...

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