12 octobre 2009
Juste pour rire, en pleine semaine
L'ami Pierre qui veut nous faire connaître son père spiritueux, Gaby et c'est un nouveau prétexte pour se retrouver autour de quelques bouteilles et une bonne cuisine. Tout est à l'aveugle et les breuvages sont accompagnés du repas.
Rillettes de saumon maison.
Bulles fines, nez très ouvert et avenant, tilleul, pomme, amande et un peu fumé. Bouche très ronde, très subtile et qui s'étoffe en final sur des notes d'anis. Un très beau Champagne taillé pour la table : habituellement, Moët n'est pas ma tasse de thé, mais force est de constater qu'ici, c'est excellent. C'est un millésimé 2000 "Grand Vintage".
Les vins 2 et 3 sont servis en parallèle. Le nez de ce premier est floral, patine d'antiquaire, dans un style longiligne et superbement élevé. La bouche est ronde, il y a du gras mais manque d'un poil de tension pour en faire un très beau vin. Pouilly-Fuissé "Secret Minéral" 2007 de Jeandeau. L'autre vin présente un caractère minéral marqué avec un pointe de réduction et de champignon. Mais c'est en bouche que ça se passe : elle possède l'équilibre des grands Bourgognes et affirme le terroir avec classe. Superbe Monthelie blanc 1er Cru "les Champs Fulliots" 2000 de Jean-Marc Roulot.
Je vais vous avouer que je ferai des kilomètres rien que pour avoir des ris de veau. Quand ils sont accompagnées de morilles et de sauce à la crème, rien ni personne ne pourrait me retirer l'assiette que j'ai devant moi, pas même un pitbull. C'est le petit Jésus en culotte de velours qui arrive avec les deux vins suivants ! Le premier de la série est assez austère, réservé, un brin soufré pour tout dire. L'acidité est contrastée et le tout manque d'harmonie. C'est très loin de l'idée que je me fais d'un 1er cru de Meursault et surtout d'un Genevrières. C'est un 2002 de Mestre-Michelot. L'autre vin est très typé, le caractère bien trempé, il affirme des notes de fruits jaunes et un côté fumé qui met sur la piste d'un Chardonnay du Jura. La bouche possède une belle richesse, sur un côté mur et une finale fumée encore une fois. Le plat allait à merveille à ce Côtes du Jura Chardonnay 2006 "En Barberon" de Stéphane Tissot.
Passons à des vins plus sombres.
6 et 7 sont servis en parallèle pour accompagner l'agneau. Belle robe juvénile et foncée. Trame agréablement fruitée d'abord, nez classieux typé rive gauche. C'est d'une redoutable précision, mêlé d'une jolie pointe herbacée. Bouche croquante et longue, tanins serrés de grande qualité. Je lui trouve cependant une finale amère assez appuyée mais il faudrait être de mauvaise volonté pour ne pas l'apprécier.
L'autre vin arbore une robe qui commence à légèrement évoluer. Matière mure, beaucoup de fraîcheur, rose fanée, tabac, cigare, plus marqué par l'élevage, mais pas du tout outrancier. La bouche est un peu plus fluette que celui qui lui fait face, mais possède une belle structure qui commence à évoluer avec encore une fois cette fraîcheur agréable. Les Carruades de Lafite 2000 (6)est un très beau vin pour se faire plaisir en ce moment, mais un poil en dessous du prometteur Pontet Canet 2001 servi en face (7). 2 très beaux Pauillac dans 2 styles différents.
Avec l'Ossau-Iraty, Pierre joue "l'accord classique" nous dit-il : je n'ose pas penser à la fameuse cuvée Haïtza, car le vin semble confus, montrant peu de complexité (cassis et c'est tout). Les tanins sont fermes, même un peu durs. C'est bien connu avec cet Irouleguy cuvée "Haïtza" du domaine Arretxea : quelques temps après la mise en bouteille, le vin se referme. Ce millésime 2006 est à cacher pendant au moins 3 ou 4 ans !! Il n'en resurgira ensuite que bien plus vaillant.
Le St Nectaire se voit doter d'un autre vin et de nouveaux verres. "J'ai pensé que ça devait aller avec ce
genre de bocal" indique Pierre en montrant un gros verre à Bourgogne. Et là, c'est la baffe ! Tout le monde se regarde, le sourire en coin. Quel est donc cet OVNI* ? Le Pinot Noir est identifié rapidement par l'assemblée. Nous partons après concertation vers un Grand Cru de la Côtes de Nuits et disons qu'un Bonne Marres de noble origine ne serait pas idiot. Nez classieux, envoutant, profond, rose, camphre. Bouche gigantesque, tout en longueur avec une texture douce mais consistante que je n'avais encore jamais abordé. Le fruit est mur et d'une élégance fantastique. J'ai noté "tanins comme les haricots : extra-fins". Et pan, derrière les oreilles, ça nous apprendra : rien de bourguignon, mais c'est un délicieux Barolo 1997 Cannubi Boschis de Luciano Sandrone qui est dans nos verres. S'il y avait un vin pour faire l'amour, nul doutes qu'il serait celui-là !
Et sur un crumble aux pommes, le petit dernier. Nez d'agrumes : jus d'orange, orange sanguine, clémentine, peu de rôti mais quelques notes safranées. Bouche sur des saveurs d'ananas dotée d'une grosse acidité qui le rend très digeste malgré l'épaisseur qui l'accompagne. Nous terminons avec un très très beau Sauternes 2003. Eh oui, 2003 ! Et ce n'est pas moins que le Château de Fargues. Bravo
Merci l'ami, merci Pierre pour ta petite soirée en plein milieu de semaine avec tes petits vins de table ;-)
* OVNI : Objet Viticole Non Identifié
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10 septembre 2009
Eclectique de l'été 2009 (part two)
Notre dernière rencontre de l'été était placée sous le signe de la qualité des flacons et des retrouvailles après un repos estival mérité.
Nous sommes chez David et Stéphanie, qui au passage nous accueillent avec des bulles pour fêter le petit dernier qui se porte comme un charme ! Bravo à tous les 2, vous pouvez être fiers de votre petit Eliott (avec Arthur of course, le grand frère).
Des bulles donc pour commencer. Un joli nez de noisette et de pomme, c'est rond à point, avec de l'énergie en bouche qui laisse la bouche propre et fraîche. C'est la cuvée Brut Réserve de Guy Niziolek. Un agréable Champagne de producteur pour 11,5 € seulement.
Second vin. La couleur est pâle, claire. Nez simple et acidulé fait de fruits blancs (pêche de vigne, poire) et marqué par la citronnelle. Bouche "huileuse" de poire, à l'acidité très basse. Fond de verre sur des arômes de chenin (poire, fruits exotiques...). Nous proposons un vin du sud-est, à base du cépage Rolle. C'est ce même cépage qui est appelé Vermentino en Italie et en Corse, où nous nous trouvons maintenant : Vin de Corse Sartène 2008 Domaine Pero Longo "Sérénité"
Joli nez entre deux âges, sur le cèdre, l'encaustique (dire, miel), l'amande. Une bouche un peu plus simple, un peu en décalage avec le nez, en font un vin agréable, mais pas transcendant. Finale minérale. C'est Robert Meistermann qui fait ce Riesling Grand Cru Steinert 1999.
Arômes typiques de Gewurtz, élégant et floral. Bouche bien construite avec un peu de mordant à l'attaque, sucre bien dosé, équilibré sans lourdeur. C'est bon, c'est bien fait. C'est en effet un Gewurztraminer 2004 de Frédéric Geschickt, domaine de la Sinne.
Les rouges
Premier vin. Nez sur la réduction avec des notes de levure, bière. Passé ce petit moment déroutant, le nez s'ouvre avec richesse sur la cerise et la prune. On sent bien la puissance et même une pointe d'alcool. La bouche est puissante, mure, riche de fruits noirs tels la cerise et le cassis. Malgré tout, une attaque légèrement perlante donne de la fraîcheur et de la buvabilité sur des tanins mordants. C'est très bien fait et même gourmand. Finale sur des saveurs d'encre. Pour amateur de vin solaire. C'est un Côtes du Roussillon 2007 "les Sorcières" du Clos des Fées.
Le vin suivant est dans un autre registre. La couleur est un peu évoluée et présente des reflets tuilés.
Finesse, c'est la caractéristique première de ce nez, joliment ponctué de cuir et de fraise, puis de cassis, d'épices douces. L'acidité est encore bien présente, alors que l'on donne quelques années à ce vin. Les fruits rouges dominent en bouche, la matière est douce, mure, les tanins souples. Il ressort un côté terreux en final qui en dit certainement long sur ses origines. Disons sur la Côte de Beaune. C'est un Pernand-Vergelesses 1996 1er cru "les Fichots" de Roger Jaffelin & fils. Un joli vin, qui commence à atteindre son plateau de maturité. 1996, millésime marqué par de grandes acidités en Bourgogne.
Ce vin là, tout le monde est tombé dans le panneau. En effet, personne n'en avait l'origine : fond végétal, pivoine, floral, pampre verte. Bouche épicée, tabac brun, matière fondue, petite longueur, ça se boit facilement, mais il ne faudra pas tarder à terminer votre fond de cave s'il vous reste de ce spécimen. Nous sommes à Canon Fronsac, château Vray Canon Boyer 1996.
Clairement dans un autre registre, le vin suivant propose des relans de mercaptan. Le nez n'est pas terrible, fortement marqué par le grillé. En bouche, un peu de cerise, le fuit est mur et puissant, la matière est juvénile. Registre exotique pas du meilleur effet pour ce Toro 2008 Liberalia "Cero" (Espagne), qui manque de cohésion entre le nez et la bouche.
Un peu de féminité et de la douceur
Tiens, un vin rouge ! Senteurs peu complexe mais ô combien précise de crème de mûre, cerise. Agréable, presque léger en bouche, sur la cerise avec des sucres qui trainent. On dirait presque un Maydie. On le verrait bien accompagner avec bonheur un fromage de brebis, un Ossau-Iraty par exemple. Encore un ibère : un Jumilla, Casa de la Ermita "Dulce Monsatrell" 2005. Pour rappel, le Monastrell est la version espagnole du Mourvèdre, cépage roi des vins de Bandol.
La palme de l'originalité revient à cette bouteille. Jolie couleur rosée. On part allègrement au nez sur du Loin
de l'Oeil (poire, coing) et ça envoie très fort dans le style sirop de fraise. On sent le sucre. En bouche, énorme liqueur de fraise encore, un peu pataude. Ce vin mal aimé des diabétiques est un Vin Paillé 2005, VDP de la Corrèze du domaine du Bas Queyssac. Fait avec passion par Jean Louis Roche, ce dessert à lui tout seul est élaboré à base de minuscules rendements de Cabernet Franc et Sauvignon.
Et pour achever cette belle soirée. Pas de doute, en vue c'est du Ch'nin (Chenin) : pâte de coing, un peu de pomme, pointes d'ananas, c'est jeune. En bouche, bel équilibre, les sucres ne sont pas pesants (passerillage certainement), c'est assez gourmand et possède une finale saline des plus agréable. Bien ce Coteaux de l'Aubance 2007 "Le Pavillon", domaine Richou.
Plutôt une réussite cette soirée. Des vins très différents les uns des autres et bien difficile de dire lequel s'en sort le mieux, mais on retiendra : le GW de Frédéric Geschickt pour le côté découverte. Les Sorcières du Clos des Fées : un vrai bonbon. Le Pernand de Roger Jaffelin pour sa sagesse. Enfin la Bodega "Casa de la Ermita", bien trop méconnue à notre avis !
Et après ça ?

Confit de porc, citrons et tomates confits aux zitounes
Merci Steph, merci Dave : nous reviendrons !
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31 août 2009
Eclectique de l'été 2009 (part one)
C'est parti pour les dégustations fourre tout, celles où l'on peut se lâcher en apportant ce que bon nous semble : comme toujours, ça ne dure qu'un temps, celui de l'été (à l'aveugle comme d'habitude).

David, Gildas et Gil. Carafage ou pas, that is the question ?
La soirée se passe chez Sandrine et Yves.
Premier vin. Il est aromatique à souhait, trame acidulée, sur les agrumes et l'abricot avec un côté floral en retrait. La bouche est vive, conforme aux arômes du nez avec un côté huileux surprenant, mais le tout est presque sec. C'est fin, peu complexe sur une fine acidité. Ce vin du cépage "Catarratto" nous vient d'Italie et plus précisement de Sicile : "Terrr di Ginestra" 2008 de Calatrasi (11 €)
Le suivant propose au nez fleurs blanches avec des pointes anisées. En bouche, c'est une incroyable salinité qui domine le vin de bout en bout ! L'ensemble est "tendu" avec plaisir. Bien et plutôt surprenant ce St Bris 2007 du domaine Grand Roche d'Erick Lavallée (7 €), dernière AOC crée en Bourgogne, à base de Sauvignon.
On passe maintenant à un tout autre genre. Puissant au nez, dans un style légèrement oxydatif, donnant des effluves de banane flambée. En bouche, le vin a des allures de rhum vieux, et allonge sa puissance tout en gardant équilibre et plaisir. Un beau vin de gastronomie proposé ce soir : il n'avait pas été aussi bien goûté ici. Il semble s'être assagi d'un point de vue perception du bois. Ce vin, élevé longuement (en fût de chêne lituanien) est un VDP des Côtes Catalane blanc 2004 "Les Clares" du Château la Casenove (17 €)
Dernier blanc. Au programme, de l'oxydatif à plein nez ! Pas complexe, sur la noix et fruits secs, droit avec cependant un petit défaut au nez malgré une capsule à vis. On aime ou on n'aime pas ce "Fino" Los Amigos, Montilla-Morilles de Perez Baquero (5 €) 100 % Pedro Ximenez. Pour amateur du genre.
Changement de registre. Couleur claire, grenadine. Nez groseille et un peu de fruits rouges, semblant avoir quelques années derrière lui. Bouche souple et fruitée, peu de volume, évoluée, dont le végétal prend le dessus sur la fin. Irancy 2000 Chais et Crus "Trou Mombard". Ca a beau être un vin de négoce, il est pas mal, mais il fait plus vieux que son âge.
Le vin suivant présente au départ un squelette végétal prononcé, puis s'ouvre sur un joli fruité noir et poivré. La bouche est assez tannique, dense mais ce Gaillac 2001 du Manoir de l'Emmeillé "Cuvée Sarah" bénéficie d'une amertume finale plutôt bienvenue. Un Gaillac du genre ancienne école. (8 €)
Le dernier rouge du jour : le nez est crème de cassis à souhait, mais alcooleux. La bouche confirme le nez : avec peu de fruit et de complexité, c'est l'alcool qui malheureusement domine les débats. Dommage pour ce Côtes du Roussillon Villages 2007 Château Montner (7 €)
Une seule douceur pour cloturer cette soirée. L'arôme dominant est évocateur de son
origine : la pomme. Du coup, le cépage Mauzac nous fait partir sur Gaillac. En bouche, le coing vient compléter les senteurs du nez. La liqueur est bien présente, riche, et un côté perlant vient par bonheur alléger le tout car en l'état, le vin manque d'un peu d'acidité et tombe un peu dans la lourdeur. C'est un Gaillac doux 2005 du domaine de la Ramaye (Michel Issaly) "les Sous Bois de Rayssac", composé de 80 % de Mauzac et 20 % de Len de l'El (18 €).
Avec ça, on mange : des légumes du soleil dorés au four relevés comme il faut (aubergines, tomates...), gambas et crème d'aneth, un lapin chasseur dont les cuisses sont plus grosses que celles de Jeannie Longo ;-) , fromages et petits fours. Merci Sandrine
On se retrouve bientôt pour une prochaine éclectique (de grand niveau !)
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11 août 2009
Coup de Coeur blanc à Syracuse
Il y a des amis que je connais depuis maintenant 2 ans, plus pour d’autres du groupe invités ce jour. Le genre de ceux que j’ai plaisir à retourner l’invitation aujourd’hui et pour lesquels je n’hésite pas une seconde pour ouvrir les flacons que j’affectionne, car notre passion commune est le vin. Le cercle LPV Haute-Normandie (première version) s'est reformé l'espace d'une journée avec la visite surprise de Eric.
Pour moi, le vin représente le partage, l’amitié. Cette relation que j’ai avec ces amis, elle dure grâce à la simplicité, à l’honnêteté et jamais lors de nos rencontres bachiques il n’y a un mot plus haut que l’autre. C’est parfois tendu, mais on a tous un ressenti à défendre, mais le respect des opinions est toujours de rigueur ! J’ai l’impression que ces moments passés tous ensemble sont des moments francs, de partage, de plaisir de la chaire. Notre petit comité n’est pas hermétique, bien au contraire sachez-le : quiconque frappera pour y entrer, porteur de simplicité et de partage pourra sans problèmes découvrir la bonne humeur qui nous anime…
L’autre jour, je les recevais à la maison. Les thèmes (puisqu’il y en avait 2) étaient : « Coups de Cœur blancs » (-de 15 € la bouteille), les 100 % Syrah (ainsi que quelques douceurs pour finir)
Les vins sont dégustés à l’aveugle, la plupart par paire, accompagnés du repas.
On commence avec un vin à bulles pour patienter et faire venir les derniers retardataires : bulles fines, intensité aromatique simple et de moyenne ampleur sur les fruits blancs. Bouche vive, agréable, manquant d’un peu de complexité. Tout le monde aura compris qu’il ne s’agit pas d’un Champagne, mais peu importe. Je pense qu’il fût apprécié pour ce qu’il est. C’est un Vin Mousseux de Qualité, Méthode Traditionnelle Brut, domaine de l'Ambroisie cuvée Enigme. Ce vin produit à Lucey (54) dans la région des Côtes de Toul, à déjà été apprécié ici. Il représente toujours un bon rapport qualité/prix (7 €).
Voici maintenant un Champagne, enfin c’est ce que tout le monde semble dire. Certains le trouvent trop grande acide. Personnellement, j’aime beaucoup ce style : vif certes, mais avec de la rondeur, légèrement brioché. J’aime aussi son petit côté noisette. C’est un « Spécial Cuvée » de la maison Bollinger. Avec les petits feuilletés au sésame, cumin et emmental, c’est excellent !
Mes Coups de cœur blancs (- de 15 €)
Premier duo. Premier vin. Remarquable minéralité, longue résonnance des saveurs de
frangipane et d’amande. J’aime ce vin parce qu’il ne fait pas de bruit et pourtant tellement efficace. Il fait parti des vins qui marquent par sa simplicité et sa précision ultime ! C’est un Chignin 2007 du domaine Gilles Berlioz. Je crois qu’il fût apprécié. Celui qui est servi en face est doté d’une matière très mure, sur les fruits jaunes tels la pêche et aussi l’abricot. Bouche qui possède pas mal d’amertume, assez longue et chaleureuse. C’est un Sylvaner Vieilles Vignes « Sono Contento » 2007 de Albert Seltz. Un peu déroutés, certain sont partis sur un Riesling (pas idiot) mais lui ont reproché un peu trop d’alcool. Il faut savoir qu’Albert récolte très mur et que ses vins sont puissants.
Autre paire. Ces deux vins ont été rapportés de 2 domaines que j’ai visités cette année. Qui n’aime pas ce superbe nez exubérant de fruits exotiques et d’une sensualité impressionnante pour le premier. Bouche dotée
d’une grande acidité qui en dit long sur ses origines ou tout du moins sur les cépages qui le compose, pure, droite. Les saveurs sont décuplées et ultra précises. J’A-DORE toujours autant cet Irouleguy blanc 2006 du domaine Arretxea. Face à lui, il fallait servir un vin qui tenait la route. Fruit blanc et mur, le nez est minéral d’une noblesse sans égal. Bouche ronde et vive à la fois, harmonieuse, où les saveurs sont longues sur les mêmes arômes que le nez. Un vin plein, dont la bouteille s’est retrouvée vidée (trop) rapidement, les invités ayant choisi de se resservir rapidement pour confirmer leur ressenti (tout comme l’Irouleguy). C’est un Sancerre 2007 "Monts Damnés" de Gérard Boulay, magistral !
Ce match a tenu toutes ces promesses et difficile de dire qui l’a emporté. Personnellement, une très légère préférence pour Arretxea, mais d’une courte tête. Le tout était accompagné de gambas au gingembre et citron vert. Je dois dire que l’accord était pas mal du tout.
Dernière opposition. Là aussi 2 domaines dont j’ai eu la chance de découvrir les vins sur place.
Le premier semble avoir digéré son élevage, mais en garde tout de même quelques traces, pas dérangeantes (bois de hêtre fendu). Les quelques arômes de muscat qui en faisait tant son originalité ont elles aussi presque disparues pour laisser place aux notes beurrées et de cacahuètes. C’est dans un style puissant tout en gardant de la
fraîcheur. Il semble avoir atteint son plateau de maturité et pour quelques années encore. Le dernier blanc est dans un tout autre style, quoique présentant lui aussi des notes de roses et muscatées. C’est élégant et ouvert à la fois, très floral. La palette de dégustateurs présent autour de la table ont identifié l’Alsace comme région d’origine, mais ont déballé tous les cépages avant d’annoncer le Muscat Fronholz. S’en est bien un, millésime 2007 du domaine Ostertag. Ce Muscat totalement sec me plaît pour son originalité, sans tomber dans une lourdeur que parfois les Muscats peuvent proposer. Le premier était un Côte de Beaune Blanc 2006 « le Clos de Topes Bizot » du domaine Chantal Lescure (c’était ma dernière, snif…)
Les vins qui semblent avoir réuni le plus de suffrage sont dans l’ordre, l’Irouleguy blanc « Hégoxuri » de Arretxea et le Sancerre les Monts Damnés 2007 de Gérard Boulay
Notre deuxième thème du jour avait pour but de comparer entre eux des vins rouges issus de la syrah, sans autres cépages en complément. Bien évidemment pour faire le tour de la question, plusieurs origines étaient proposées, car il ne s’agissait pas de tomber dans la facilité des vins du Rhône.
Michel Chapoutier «Mount Benson » 1999, Shiraz australienne VS Domaine de Ribonnet 2004 VDP du Comté Tolosan « Syrah ». Un australien qui affirme d’emblée une couleur évoluée tirant sur des reflets orangés. Matière souple, tanins fondus, c’est agréable mais sans grande complexité. Je n’attendais pas beaucoup de ce flacon, sinon qu’il commence la série des rouges. Et bien il a été supérieur à mes attentes. Quelques dégustateurs lui ont trouvé un style un peu facile, voir international. Est-ce l’effet terroir ou Chapoutier ? Face à lui, la Syrah du Domaine de Ribonnet. Un carafage de 6 heures n’aura pas eu raison de notes de réduction plutôt collantes, ce qui lui a fait perdre en buvabilité. A revoir…
Domaine Lacoste-Germane VDP des Coteaux du Salagou « Sauta Roc » 2006 contre "De Battre Mon Cœur s’est Arrêté" 2008 Côtes du Roussillon Village du Clos des Fées. Un match qui aurait pu sembler déséquilibré… Le « Sauta Roc » se présente sous un bon jour, croquant à souhait. Un beau jus de cerise noire, avec des notes de garigue. J’aimerai simplement que ce vin que j’aime beaucoup gagne en précision. Il serait parfait. Mais je sais que ses géniteurs travaillent dans ce sens. Pour l’opposer, un « monstre », une star : « De Battre » comme on l’appelle. Et bien notre cœur a battu, mais faiblement. La GROSSE déception du jour : arômes de cartons mouillés, de vernis, bof à tous les étages. On ose tous penser à un problème de bouteille, car le 2007 fût fantastique !!
Voici un des duos consistants de cette journée. Je précise aux convives qu’il s’agit de 2 vins provenant de la même région et du même millésime. Les vins sont accompagnés de côtes de bœuf. Si le premier affiche clairement son avantage en terme de buvabilité, le deuxième semble sur la retenue, un peu comme si il avait été ouvert trop tôt. Le premier vin est onctueux, sur les petits fruits noirs, bel équilibre et riche d’une belle acidité qui emmène le tout dans un genre un peu rocailleux. C’est excellent et très bien fait. L’autre se montre un peu plus en retenue. Cependant, la qualité de tanins semble supérieure et la matière est ciselée, précise. Enorme potentiel. Le millésime ? 2005. La région ? Rhône. Le premier est un Cornas d’Alain Voge et le second est un St Joseph du domaine Jean-Louis Chave.
« Un peu de féminité pour achever ces duels ! » C’est ce que j’ai dit à l’assemblée. On débute avec une syrah fraîche comme une caresse, longue et friande avec une pointe de fumée en finale. Un superbe vin qui a conquis tous ceux qui ont pu poser leurs lèvres dans cet onctueux breuvage. Pour moi, le vin parfait, harmonieux et classieux à la fois. Je me pose cependant une question : faut-il l’attendre tellement c’est bon actuellement ? Face à ce Grain Syrah 2007 de Marie Thérèse Chappaz (Valais), que pouvait-on mettre en face, sinon quelque chose qui tienne la route. La couleur est plus évoluée, avec quelques reflets orangés. Dans un tout autre style, plus opulent, plus chaleureux, les arômes se situent de la fraise des bois et la cerise à l’eau de vie à tout une palette d’épices douces (cannelle, poivre, bois de santal, cigare et chocolat). On ressent un élevage long et soigné. Si le vin est massif, l’équilibre est préservé grâce à une acidité qui donne du tonus en final. Un très très beau vin également. C’était Clos de Syrah Léone 2002, du domaine Peyre Rose de Marlène Soria (85 % syrah). Une joute qui a tenu toutes ses promesses, merci mesdames.
Allez, un dernier rouge pour la route, pour accompagner quelques fromages affinés. Bien plus évolué que les autres, il m’aura surpris par sa suavité et sa finesse. La longueur reste correcte et au finale, une belle surprise avec ce vin de la Cave de Tain l’Hermitage et cet Hermitage rouge 1990. Et puis un blanc pour la transition : un Côtes du Jura 1996 « Savagnin » du domaine Berthet-Bondet, qui a un côté lourd qui ne me plait pas trop.
Que dire sur cette série 100 % syrah ? Qu’elles peuvent être bues jeunes (dans ce cas privilégier un service frais), mais que le temps ne leur fait pas peur. Les terroirs granitiques confèrent fraîcheur au vin (Cornas "les Chailles", "Grain Syrah" de MT Chappaz, "De Battre Mon Cœur..." du Clos des Fées...
Nous entamons alors les douceurs. Une entrée en la matière ratée et cet Azay le Rideau 2003 Liquoreux de
Guillaume Descroix (Caves du Château de Fouchault) : il a vécu, il n’a plus grand chose à dire. Reste à savoir s’il s’agissait d’un problème de bouteille en goutant l’unique qui me reste encore ! Suit un Pedro Ximenez 2005 (PX) de la Bodega Toro Albalá. Cadeau de mon guide d’un jour lors de la visite l’année dernière au domaine : lourd, la langue est limite anesthésiée, c’est chaud et ça ne
ressemble en rien aux PX qui ont séjourné longuement en fût avant la mise en bouteille où la complexité est alors bien présente. Heureusement que pour clôturer la série des douceurs, Eric qui était de passage en Normandie, avait apporté une cuvée Madame 1997 (excusez du peu) du Château Tirecul la Gravière (Monbazillac) : grosse liqueur botrytisée, supportée par une heureuse acidité, sur l’abricot confit avec des variantes d’orange confite et d’ananas… excellente. Pour amateur de grosse sucrerie et pour terminer une belle journée d’amitié…
Merci à vous, amis et vous femmes de mes amis de votre visite sur notre terrasse…
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22 juillet 2009
Retour aux sources : un repas/dégustation pas n'importe où
Un peu d'histoire : ce modeste club de dégustation (cercle de Maigremont) est né il y a maintenant presque 5 ans. Nous nous retrouvons avec plaisir tous les mois pour débattre des vins que nous dégustons à l'aveugle, puis les plats entrent ensuite en action et les vins sont dégustés de nouveau. Nous nous retrouvons chaque fois avec grand plaisir et comme souvent, il n'est pas toujours question de vins puisque notre groupe est devenu au fil du temps un groupe d'AMIS. Nous partons même ensemble en week-end dans le vignoble, c'est pour dire !
Les mois qui vont suivre verront quelques changements à notre groupe. En effet, Brigitte et Luc ont déjà quittés la région (pour l'Alsace, il y a pire pour le vin !), Catherine et Manu partiront dans quelques semaines pour Aurillac et Fred prépare ses cantines pour le soleil du sud de la France ! Beaucoup de départs, et le travail restant prioritaire pour chaque famille, nous avons les yeux qui piquent car plus rien ne sera jamais comme avant. Mais Maigremont vient d'achever son Mercato d'été et vous annonce le recrutement de 3 nouveaux membres (trombines à venir dans la rubrique adhoc).
Pour la dernière rencontre au "presque complet", nous fûmes chatelains l'espace d'une soirée (merci Christophe). Nous nous sommes retrouvés là où tout à commencé : à Maigremont. Un château, installé sur un lieu-dit du même nom sur la commune de Val de Reuil dans l'Eure, dans notre bonne vieille Haute-Normandie. A l'heure actuelle, il appartient à une grande entreprise qui l'utilise pour ses invités de marques.

Le premier logo du cercle de Maigremont : il n'a jamais vu le jour !
L'idée de faire un repas, sans avoir à réfléchir en buvant simplement les vins accompagnés est venue naturellement pour ce moment unique. Le repas a été décomposé et pris en charge par des petits groupes du cercle qui avaient la rude tâche d'y asssocier le ou les vins. Ainsi, nous commençons par l'apéritif : tous les petits fours sont maison, même le pain surprise, dont c'était le premier essai pour Catherine. Il fût transformé. Le Champagne, nous le connaissons tous : un Grand Cru d'Assailly-Leclaire & Fils "Cuvée de Réserve" Blanc de Blancs à Avize, situé sur la Côte des Blancs. Bulles fines et régulières, l'ensemble est vif, tendu, contrebalancé par une belle richesse en bouche. Le genre de Champagne qui fait aimer commencer le repas par des bulles. C'était la séquence préparée par Catherine : elle va nous manquer cette grande cuisinière.
En entrée, Gil a préparé un beau tartare de saumon, parfaitement assaisonné. 2 vins sont servis successivement avec lui (Sebastien et Gildas) : un Condrieu 2006 du Domaine Niero. Ne jouant ni la carte du sucre, ni celle du tranchant, le vin raisonne superbement avec le tartare. Une duo rare qui joue une partition riche et bien visible grâce aux gras en bouche, tant pour le Condrieu que pour le saumon. Le vin évolue au nez vers l'abricot, l'aneth et en bouche, il possède fraîcheur et légèreté. Une très belle découverte.
Celui qui suit n'aura pas la chance d'épouser l'entrée, jouant plus la carte du sucre résiduel. Du coup, l'association perd en équilibre, car trop riche et plus pataud que le Condrieu. Dommage, car pris à part, ce Riesling 2007 Grand Cru Kirchberg de Barr (67) du Domaine Stoeffler est d'un rapport qualité prix exceptionnel. A revoir donc, lors d'une autre occasion.
En interlude, pour attendre le plat principal qui chauffe, un vin bu pour lui même : un Riesling 2007 Heissenberg du domaine Ostertag, récement visité. Magnifique d'élégance, une silhouette élancée à faire palir les plus beaux mannequins, le vin est très pur. Toujours aussi bon.

Phil the Ghost et Sébastien dit "Corky les bons tuyaux"
Le plat était composé d'une daube de boeuf à la provençale faite par David, d'un énorme gratin dauphinois
de Philippe. 2 Rhônes pour faire glisser le tout. Un très intéressant Côte-Rôtie 2001 "Seigneur de Maugiron" de Delas frères, souple et charnu à la fois, bien équilibré. Une dentelle aussi surprenante que le vin propose des notes foxées avec beaucoup de fruit. Puis un Châteauneuf du Pape 1998, Clos des Papes, en hommage à Paul Avril qui vient juste de quitter ce monde. Sacrée puissance, maîtrisée bien entendu. Le vin est à mi chemin entre des arômes de sous bois, de tabac, de boite à cigare. Les tanins sont encore un peu virils, mais de très grande qualité. Derrière le breuvage qui ne se livre pas vraiment, on devine que cette bouteille sera somptueuse dans 10 ans !
En transition, un Hautes-Côtes de Nuits 1990 "les Genevrières" Château de Villars Fontaine : à vécu, paix à son âme ! Puis un autre Châteauneuf du Pape, 1979 du Château le Roquette, pas franchement plus en forme que le Bourgogne précédent. Sur des beaux fromages de Fred, une bouteille qui avait été placée dans le "fond de cave" du cercle il y a 4 ans, c'est à dire mis de côté par Luc pour son potentiel détecté à l'époque : un Gevrey-Chambertin 2002 1er Cru "les Goulots" de Michel Magnien : le vin possède maintenant un caractère terrien et affirme son terroir. Plus posé qu'il y a 4 ans, il semble au début d'une belle carrière, tant il en a encore "sous la semelle". Néanmoins, à l'heure actuelle, c'est un beau fruité expressif et une gourmandise qui anime ce joli Bourgogne.
Les desserts sont en vue : une tourtière gascogne poire/chocolat apportée, que dis-je, attrapée avant de venir par Phil the Ghost". C'est excellent et elle se marie correctement avec un Côtes de Provence 2003 "le Carré de Laure" du domaine Borrely-Martin. Un vin rouge, sec et mur, typé grenache avec des arômes de groseilles et de framboises. Pourtant issu d'un millésime où la sécheresse fût légion, le vin est fluide et manque de corps.
Puis des tiramisus de pêches préparés par David (2) et un Coteaux du Layon 1997 de Patrice Achard : malgré ses 12 ans il reste "too much", la liqueur est énorme. Une question : les sucres vont s'intégrer un jour, mais quand ?
Merci à tous, merci pour ces 55 rencontres passées ensemble, à partager, à rire, à se projeter pour nos futures dégustations ! Brigitte, Manu, Fred et Luc : vous vous éloignez de la Normandie, mais vous êtes et restez membres du cercle Ad Vitam, c'est la tradition... Mais nous ne sommes pas sans nous revoir ;-)
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15 juillet 2009
Bon anniversaire Vougeot !
C'est déjà le match retour ? Ce qu'il y a de bien avec les anniversaires, c'est que tous les ans à la même époque, ça revient ;-)
L'ami Vincent (Vougeot pour les intimes) recevait chez lui ou plutôt chez ses parents pour un grand moment de gastronomie et de dégustation. Connaissant l'artiste, nous savions qu'il allait nous faire plaisir et mettre les grands plats dans les plus grands... Je le remercie d'être son ami.
Comme toute bonne dégustation qui se respecte, elle commence par quelques bulles, pour ouvrir l'appétit. On ne déroge pas à cette règle avec ce premier vin servi. Nez fumé sur la noisette, agréable. Ca se complique en bouche car elle semble étriquée. C'est correcte, mais ça manque d'âme et de personnalité quand on saura finalement qu'il s'agit d'un millésimé 1999 de la maison G.H Mumm (Pinot Noir majoritaire et Chardonnay). Déception relative.
Passé cette désillusion, un premier blanc arrive. Autant vous dire qu'au nez comme en bouche, c'est la mer d'huile, le calme plat sans que la tempête n'arrive ! Rien, une expression terrible du vide pour ce Muscadet 2005 "Expression d'Orthogneiss" du pourtant superbe domaine de l'Ecu de Guy Bossard.
Le 3ème vin servi a du vivre un jour, mais à l'heure actuelle il est complètement oxydé. C'était un Meursault 1996 de Marc Rougeot-Dupin. R.I.P et re zut !
2 verrres nous sont servis en parallèle. Le premier arbore de fines notes de chèvrefeuille et de buis.
L'ensemble est vif, citronné. C'est bon. L'autre vin est tout à coup plus mur, sur des senteurs d'abricot. Il est assez long et possède indéniablement plus de coffre et de gras avec une légère pointe oxydative. Bien aussi, dans un autre style. Ce sont 2 Sancerres blancs : le premier est fait par Vincent Grall cuvée "le Manoir" du millésime 2006, l'autre est l'oeuvre d'Alphonse Mellot cuvée Edmond 2001. Bien pour Vincent Grall quand on connait le prix (7 €). Convaincu par Mellot ? Oui, enfin. Mais pas à 25 € la bouteille.
Après quelques belles verrines qui nous ont ravi (tartare de saumon...), nous passons aux choses sérieuses dans l'assiette : des St Jacques, queues de langoustines et oeufs de saumon. Elles sont faites pour le duo qui suit. Le nez du
premier est bien avenant, d'une grande maturité, sur le coing, le confit et le safran. La bouche est puissante et ronde et possède une belle minéralité sur des notes salines. J'aime beaucoup. Le second vin est un peu tenu par un élevage encore présent mais offre tout de même des notes de fruits blancs. On devine une noble origine bourguignonne, mais où ? En tout cas, le plat raisonne parfaitement avec ces 2 vins. Le premier missile minéral est un Savennières Roches aux Moines 2001 du domaine aux Moines. Le second est un Vougeot blanc 2002 du domaine Bertagna.
Dernier duo de blancs. Incroyable nez de pain grillé, vous savez, ces odeurs qui viennent vous chatouiller le nez quand vous dormez et que le grille-pain est en action ! Ce Corton-Charlemagne 1996 de Maurice Maratray est encore clairement marqué par l'élevage. Pas certain qu'il décline d'autres arômes et se bonifie avec le temps. L'autre vin a tout d'un très grand vin : coing, sirop d'orgeat, vraissemblablement pâtiné par l'âge et quelques pointes oxydatives qui s'annoncent et même un semblant de notes pétrolées. La bouche est puissante, marquée par une fantastique salinité, les saveurs sont décuplées et équilibrées ! Magnifique !! Ce vin n'est ni plus ni moins que qu'un Savennières 1992 du Clos de la Coulée de Serrant de Nicolas Joly. Quand il n'y a pas de défaut, c'est grand. Merci Vincent pour ce cadeau.
Pour glisser vers les rouges, Vincent présente un duo qui avait la difficile tâche de faire la transition. Il nous indique que les millésimes sont semblables. Nous partons vers le bordelais et plus précisement vers la rive gauche assez rapidement. Le premier vin donne dans la fraise écrasée avec des touches de menthol et même un semblant de gibier. L'ensemble est fin, de demi corps, les tanins sont encore un peu marqués, mais c'est très correct et semble d'une belle origine. L'autre vin possède plus de fraîcheur, le grain est plus serré et la structure plus imposante. Seule une finale qui tombe rapidement me fait préférer finalement le premier vin. Pauillac 1997 Château Lynch Bages VS St Julien 1997 Château Léoville Poyferré. Pas mal pour une entrée dans le vif du sujet ?
2 nouveaux verres sont servis avec une belle côte de boeuf. Le premier offre une complexité énorme : arômes viandés, café, zan, terre chaude et humide, sous bois. En bouche, ce vin est caressant, les tanins sont souples et fondus, j'ose dire que la structure est orgasmique ! A chaque fois que j'ai pris une gorgée, je me disais que c'était une caresse, un hymne à faire la paix avec n'importe qui. La longueur est entraînante, et quasi sans fin ! Et dire qu'il s'agit d'une propriété qui a eu des problèmes avec ces vins à la fin des années 80 et que ce millésime justement marque la dernière année des ennuis : c'est un St Julien 1990 Château Ducru-Beaucaillou. Le TOP et il débute gentillement son plâteau de maturité ! Après un tel missile en règle, quel nectar pouvait arriver sans faillir ni faiblir ? Le vin qui nous est servi est une bombe de fruits rouges, réhaussé par de subtiles touches fumées et épicées. En bouche, c'est croquant, dense et assez tannique ou plutôt, le vin semble bien plus jeune que le précédent. Joli vin que cette Côte-Rôtie "Brune et Blonde" 2000 de Guigal.
Vincent aime également les beaux Bourgognes, et nous aussi ! Mais j'ai moyennement apprécié l'Echezeaux 1995 de Pierre Miserey avec une sensation terreuse, séchante et un brin austère. En face de lui, tout l'inverse : le vin s'expose tout en douceur, calmement sur des arômes de fruits rouges, de menthe, de feuilles mortes. Le tout est d'une certaine buvabilité, avenant et pas compliqué. Une bien belle découverte avec ce Chassagne-Montrachet rouge 1996 du Château de la Maltroye.
Le plateau de fromages est en vue ! On retourne dans le bordelais, c'est sûr. Magnifiques arômes de cèdre
et de boite en tuya, nez classieux, poivré. La trame tannique est serrée et semble se situer entre 2 âges. Les fruits rouges sont en nombre. Un très beau vin que ce Pauillac Pichon Comtesse de Lalande 1995. L'autre vin a beaucoup fait parlé. Les uns l'on défendu, d'autres ont ressenti une grande déception, à commencer par Vincent : c'est vrai que quand un vin est envahi par l'élevage et ses notes de café, déséquilibré sur l'alcool, que l'amertume finale prend le dessus et que l'on s'appelle Cos d'Estournel 96, il y a de quoi pousser un hurlement primaire ! Et pour ma part, je ne vois pas en quoi il pourrait s'arranger avec le temps.
En interlude, servi seul, voilà un cru intéressant : réduit au départ, il s'ouvre sur d'agréables notes fruitées à la bouche d'ampleur moyenne. Seule une petite sécheresse finale en bouche gachera ce Corton le Rognet 1996 de Laleure Piot Père & Fils.
Le suivant est aussi célibataire. Trame végétale, matière dense et étoffée avec une certaine puissance et juvénile. Enorme potentiel, mais patience. Nous terminons cette série de rouges sur un Clos de Vougeot 1996 du Château de la Tour.
La soirée se termine avec 2 douceurs : elles sont servies en parallèle. Nous partons sur Sauternes sur le premier avec la batterie classique de senteurs. La liqueur est imposante, et le manque d'acidité se fait sentir. Du coup, le Lafaurie-Peyraguey 96 est un peu pataud. Par contre, celui qui lui est opposé a tout d'un grand : nez d'abricot sec, d'orange sanguine est des plus enjoleur. Le temps semble avoir fait son oeuvre avec une bouche pâtinée et un rôti en arrière plan. C'est complexe et équilibré. Un très beau Sauternes, Château Filhot 1990, tout en finesse, bravo ! Et Filhot n'en finit pas d'étonner Vincent (que oui)
Encore un beau moment d'amitié contrasté par des échanges vifs mais respectueux en tous les points de vues. Le point central se trouvant justement au moment de déguster Lynch-Bages/Léoville Poyferré puis Cos d'Estournel. Pour ma part, une soirée qui me marquera par la dégustation de Ducru Beaucaillou 1990, de la Coulée de Serrant 1992 et par Filhot 1990. Rien que pour cela, merci mon ami, merci Vincent, merci Anne... et encore bon anniversaire.
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24 juin 2009
Vins de Super à pas cher (- de 5 €)
Quelle classe ce thème ! Rondement trouvé et voté, il nous fallait apporter quelques flacons issus des rayons préférés de la ménagère de - de 50 ans. Ca, on sait à peu près faire, aller chez Machin ou Bidule avec son petit Caddy le samedi matin quand toute une ribambelle de + de 60 ans en profite pour remplir les allées et leur cabats. Mais trouver un vin à moins de 5 €, qui plus est buvable, ça se complique.
Tel était notre défi.
Une toute petite affluence pour le cercle, non pas que ce thème n'ai pas engendré des parking de supermarchés entiers, mais pour cause de communions, de mariages... disons que l'assemblée était des plus "light".
A l'attaque : des blancs, rouges, de tous horizons... mais à moins de 5 € (ticket de caisse faisant foi).

Seb dit "Corky", scrutant le ciel normand
qui menace, mais surtout les bons coups à pas cher !
Robe très claire et pale. Nez acidulé, simple. Bouche légère, désaltérante sur les fruits blancs avec une acidité tonique. Pas d'amertume finale. C'est bon et quand vous connaîtrez le prix, ça sera encore meilleur ! C'est un Pissotte blanc 2008, Fiefs Vendéens de Xavier Coirier trouvé chez le Michel Edouard de Challans. Ca coûte une poignée de cacahuette, c'est à dire 3,50 € !
Nez mur, un peu de buis et d'agrumes, fruits blancs légers. Bouche perlante avec plus d'acidité et de matière que le précédent, finale un poil végétale. Longueur correcte. Pas exceptionnel, mais agréable ce VDP d'Oc 2007 "la Baume". Il nous vient du Le....c Evreux et c'est 4,95 € (ouf !)
Le vin suivant est agréable, très mur, sur des notes d'abricots. En bouche, on retrouve des fruits exotiques et une grosse acidité qui nous met rapidement sur la piste d'un Jurançon. Matière un peu fluide, mais l'ensemble est cohérent. C'est bien un Jurançon sec, du Château Jolys, millésime 2006. Pour 4,95 € encore (re-ouf), vous le trouverez chez Miguel Edouardo St Pierre les Elbeuf
Arômes jeunes (acidulé, banane), registre simple. Bouche fluide, mais acidité agréable et vive, le vin suivant nous a retourné, quand l'étiquette fût dévoillée. Car personne n'avait misé sur un Chardonnay et un Mâcon Villages 2008 mis en bouteille par les Celliers des Terres de France. Très bof. On en trouve à Ch.....n Louviers pour la somme de 4,50 €.
Nez élégant, fumé, avec quelques pointes végétales. La bouche est ronde, harmonieuse, assez riche et équilibré, ça pète de fruits et c'est TOP ! Si c'est dans les clous (5 €), c'est une affaire résolument. Comme dirait Pierre Bellemare, "3 zzzzzeuros soixante dix" seulement à Lele... Incarville ce Graves de Vayres blanc 2007, Château Cantelaudette.
Assez joué avec les blancs. C'est au tour des rouges.
Du fruits ++++ dans les naseaux, avec un agréable végétal. Bouche gourmande mais un poil marqué par par des arômes herbacés à la fin. On ne va pas faire la fine bouche, quand on connait la fourchette de prix des vins de cette soirée. Philippe nous refait le coup des Fiefs Vendéens (2007) avec ce Mareuil "Vignes des Loups" des Borderies du Lay. 4,50 €.
Le vin suivant est, comment dire ? Jus de planche, essence de chêne et barrique pressée ! Rien d'autre, pas bon du tout ce Corbières 2004 du Château de Sérame. "Incroyable" mais vrai c'est Le....c St Pierre les Elbeuf qui vend ce vin pour menuisier à 4,99 €.
Et enfin le dernier vin, qui n'est guère mieux affiche un horrible fruit pas mur, des arômes fermentaires et une dureté en bouche à faire palir un diamentaire. A 5,20 € (ça vous plombe le budget !), vous aurez mieux à faire que d'acheter ce Bordeaux 2008 Château Platon Bellevue "Chantet Blanet". C'est le tout venant de Le....c
Autant vous aurez l'impression de faire des belles affaires en achetant les 2 Fiefs Vendéens, le Jurançon sec et le très bon Graves de Vayres blanc 2007 du Château Cantelaudette, autant il vous est recommandé d'aller faire un tour chez votre caviste avant une invitation. Celui-ci, pour 1 ou 2 euros de plus, vous trouvera une perle et vous donnera entière satisfaction sans vous faire passer pour un tocard auprès de vos invités. Mais de temps à autre, il n'est pas interdit de boire un peu d'eau ...
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28 avril 2009
Un repas dégustation Exceptionnel !
Je me considère comme un petit veinard. "Le jour J, l'heure H et le bon endroit pour le spermatozoïde élu" : c'est ce que je me dit à chaque fois que j'ai de la chance ! Faire partie des amis de Pierre est déjà une reconnaissance. Celui-ci fêtait son anniversaire, un compte rond. Comme c'est un grand amateur de vin, de bonne bouffe et qu'il a le coeur sur la main, nous avons eu le privilège d'être conviés pour une grande journée de dégustation. La liste des vins est impressionnante et bon nombre pris individuellement auraient été LE vin d'un repas. Jugez plutôt, récit...
Nous sommes "convoqués" pour l'heure du midi avec quelques amis amateurs de bonne chair et de bons vins. Le petit déjeuner a été des plus légers, car connaissant le maître des lieux, on risquait de passer quelques heures à table ;-)
Les vins sont servis à l'aveugle accompagnés du repas et dévoilés après chaque série (de 2 ou 3)
Rillettes de saumon et citron confit
Champagne Gosset Celebris Brut 1995
Pomme au four, noisette, belle rondeur et jolie vinosité, bulles fines. Finale pralinée et crayeuse. Un beau Champagne (Chardonnay/Pinot Noir) pour débuter et ouvrir l'apétit.
Aumônière de chèvre et compotée de poires à la cannelle
Sancerre 1996 Cuvée "Edmond" Alphonse Mellot
Nez truffé et un peu exotique, des notes oxydatives. Finalement peu de choses à dire. Termine très court. Seule déception d'une journée qui allait s'annoncer comme exceptionnelle.
Chablis 2006 Vincent Dauvissat et St Aubin 1er Cru "Bas de Vermarain à l'Est" 2007 Sylvain Langoureau
Le Chablis est un vin qu'il a fallu aller chercher. Timidement, des notes précises d'agrumes et de citron vert viennent. La bouche est droite dans un style pur. Le St Aubin, une fois reconnu confirme l'excellente impression que m'avait fait ce vin il y a quelques semaines : il représente un beau Bourgogne blanc dans son écrin (bel élevage, chauffe intéressante et originale). Droit dans ses bottes, le vin est vif et ample dans un style où rien ne dépasse. Avantage au St Aubin, expressif à souhait. Le Chablis est peut-être un peu moins intéressant à ce stade, mais on devrait reparler de lui à coup sur.
Meursault "Les Tillets" 2004 Domaine Roulot et Meursault "Narvaux" 2004 Domaine Balland-Curtet.
Pierre indique qu'il s'agit de 2 vins de la même appellation, élaborés par la même personne mais sur 2 domaines différents.
Le Meursault de Roulot incarne la puissance même avec une minéralité en avant. Contrairement à certains autour de la table, je ne reconnais aucun manque de mâturité, bien au contraire : c'est mur et tendu doté d'un bel élevage. Un très beau vin. Le "Narvaux" de Balland-Curtet est un beau vin sur des notes iodées et anisées, mais il manque d'un peu de caractère et fait à peine le poids face au Roulot que nous venons de boire.
Lotte sur purée de petits pois et morilles à la crême.
Meursault "Caillerets" 2004 Jean-François Coche-Dury et Meursault "Narvaux" 2003 Domaine d'Auvenay. Un des tournants de cette journée, au moins pour les blancs. Je porte rapidement au nez le premier vin et dit à Didier qui vient de faire le service "Coche-Dury". Le nez grillé exhale ses notes de cacahuètes inimitables et incomparables. Bouche d'une minéralité superlative aux saveurs miélées. Elle est tendue, droite, longue et s'équilibre à très haut niveau ! Exceptionnel. Le Meursault d'Auvenay impose rapidement sa puissance ! Les parfums de fleurs sont envoûtants, la bouche est pleine à craquer de saveurs qui paraissent décuplées. Comment peut-on mettre autant de chose dans un aussi petit contenant ? La longueur est quasi interminable. Exceptionnel encore tout en restant festif. Le Coche-Dury sur un équilibre magistal, le d'Auvenay dans un style puissant et plein. Certainement les 2 plus grands vins blancs que j'ai bu de ma petite vie de dégustateur. Nous venons tous de prendre une grosse claque. J'ai bien beau chercher ce qui éloignerait ces 2 vins de la perfection : rien ! De plus, l'accord avec le poisson et les morilles était vraiment génial.
Filet mignon de veau, tagliatelles fraîches et champignons
Chambolle-Musigny 2006 Domaine Amiot Servelle et Nuits St Georges 1er Cru "Clos de la Maréchalle" 2006 Jacques-Frédéric Mugnier. Ces 2 vins avaient le difficile objectif de faire la transition vers les rouges. Le Chambolle a un nez épicé typique du pinot noir. La bouche est presque dure et tout ne semble pas encore en place. Le Nuits St Georges de JF Mugnier représente lui la gourmandise du fruit poursuivie en bouche par une matière mure et ample. Les tanins sont précis et de belle qualité. Très bon.
A la révélation des étiquettes, j'ai cru un moment m'être trompé de vin car je m'attendais à l'inverse : le Chambolle incarnant habituellement une certaine sensualité, rondeur et le Nuits mettant en général plus de temps à s'épanouir et s'arrondir. C'est plutôt l'inverse qui s'est produit. Mes petits camarades n'avaient pas eu l'air plus surpris que cela.
Gevrey-Chambertin 1er Cru "Les Cazetiers" 2001 Domaine Armand Rousseau et Côtes du Rhône 2000 Château de Fonsalette. Tout les oppose dans le style. Rousseau se montre avec un visage sauvage (humus, sous bois) et une maturité certaine de l'ensemble. Le tout parait presque anodin. Ca manque cruellement de longueur et de profondeur. Très grosse surprise voire déception une fois le voile levé. Par contre, Fonsalette propose un nez de tabac froid, de cèdre et d'herbes aromatiques. La bouche est juteuse, même vineuse oserais-je dire, sur l'olive noire et le zan. Une très belle bouteille, offrant à cet instant une transition dans un style complexe et épanoui. Parfaitement à point.
Entrecôtes à la plancha et pommes de terre du jardin sautées.
Une trilogie : St Emilion 1979 Château Figeac, Pomerol 1979 Château Lafleur-Gazin et Pauillac 1980 Château Mouton Rothschild. Le moment charnière de la série des rouges. Le Figeac 89 propose des notes torréfiées soutenues, typées cabernet, évoluées, graphite, encre d'école. Longueur immense. Un superbe Bordeaux à maturité qui a plu à tout le monde par sa générosité et son élégance. Le Pomerol 89 est tout en retenue, mais non dénué d'intérêts : cerise à l'eau de vie, sous bois, bouche serrée au grain soyeux, l'air dans le verre lui a fait un bien immense. Il a pris du volume pour donner en fin de trio tout ce qu'il avait ! J'ai adoré le fait d'aller le chercher. Quant au Mouton, c'est la grande classe. Pas de doutes, on est à Pauillac : cèdre, boite à tuya, café, arômes de fruits élégants et rafinés. La bouche est subtile, toute en dentelle, séveuse et s'étire longuement avec des tanins fondus et des pointes mentholées. Grand bouteille, encore une fois à maturité.
Waouh : 3 grands Bordeaux, sans aucuns défauts, avec tant de choses à dire. Tous à maturité et dans 3 styles différents.
Pauillac 1998 Château Pichon-Longueville Baron et Pauillac 1998 Château Mouton Rothschild. Après ce trio infernal, on se demande bien à quelle sauce on allait être mangé pour terminer le bout d'entrecôte qui restait dans l'assiette. Le Baron possède un beau nez profond de menthol, plus jeune certainement aussi. La bouche offre une amertume plus prononcée que la série que nous venons de boire? Je partais sur St Estèphe, mais j'ai rapidement été repris par le maître des lieux, Pierre. Il semble avoir été grandement apprécié par la table. C'est bien fait mais ça ne provoque pas en moi une grande émotion. Je lui reproche un petit manque de folie. Par contre, le vin qui lui est opposé est charmeur, noble et donne un style raffiné de bois de sental et de touches de fumés. Bouche sphérique, riche d'un fruit qui claque, alliant puissance et raffinement encore. Pas tout à fait prêt à boire, ce vin écrase tout de même par sa classe.
C'est encore une fois Mouton ! La table approuve !
Plâteau de fromages
Château-Chalon 1997 Jean Macle, Château-Chalon 1947 Jean Bourdy. Le "CC" de Macle est d'un style habituellement pur et raisonant. Pourtant, la robe est trouble. Mais une fois oublié cette turbidité, ce sont de subtiles notes de pommes, lactées et fumées de savagnin léger. La bouche est tout en finesse et se déploie longuement. J'A-DORE ! Le "CC" de Bourdy est plus musclé et semble à peine plus âgé que le Macle. D'abord parce qu'il arbore la palette habituelle du savagnin, mais aussi par une richesse plus expressive et un jus plus mur et plus sucré. Très belle densité, j'adore aussi.
Incroyable grand écart entre ce 2 vins : 50 ans entre les 2 et pourtant l'un semble être le frère cadet de l'autre.
Mousse de framboise, feuilleté et salades de fruits de saison.
Sauternes 1996 Château d'Yquem et son grand frère plus âgé le Sauternes 1990 Château d'Yquem.
J'ai reconnu Yquem d'une dizaine d'année assez rapidement avec ces saveurs de coco (c'est mon repère) et ses fines notes de sparadrap. Liqueur vive et dense sur les agrumes comme l'orange confite et la mandarine, on a affaire là à un Sauternes qui n'a plus sa jeunesse, mais dont l'ensemble paraît s'asseoir et se concentrer. Un bel Yquem, conforme au même 96 goûté il y a peu. Le 2 ème arbore une magnifique robe plus foncée, ambrée. Il y a indéniablement un lien de parenté. On est davantage sur des arômes et notes de pêches jaunes. La bouche est plus patinée, la puissance est sous jacente, telle un bolide qui roule en ville. Mais je me pose tout de même la question de savoir si le vin ne souffre pas d'un petit manque d'acidité. C'est un beau vin, mais je ne l'imaginais pas du tout comme cela.
Là, c'est l'estocade, le coup de grâce, le petit Jésus en culotte de velours !
Voilà mes amis, comment s'est déroulé un dimanche pas tout à fait comme les autres. Nous pouvons saluer Séverine et Pierre pour leur cuisine digne des grandes tables et Pierre pour son IMMENSE générosité !
Merci l'ami !
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21 avril 2009
Bû du côté des Vignes (the CR)
Bû, Eure et Loir département 2-8. Son épicerie, son aéroport international, son église, son quartier d'affaires,
la place de la mairie, son périph, son monument aux morts, sa mare et... son caviste, Laurent Baraou
Quand un salon de vignerons s'organise en plein milieu des champs (eh oui, ici, c'est le NOOOOOOOOO-RD... de la Beauce), c'est forcément l'attraction du village.
Côté chiffres : 8 vignerons triés sur le volet, 1 absent de marque en la personne de Stéphane Tissot (mais annoncé en juin prochain), 32 cuvées à voir et à boire et 3 GO (Sylvia, Loïck et Lolo 1er, roi des Buxois).
Premières poignées de mains aux amis déjà présents (Facebookers, blogueurs picoleurs) ainsi qu'aux vignerons présents dont pour la plupart je connais les cuvées de nom, mais pas dans le verre. Nous sommes partis pour une bonne partie de la journée à déguster, muni de mon fidèle petit carnet de notes, de mon appareil photo pour complèter l'album "Trombines de Vignerons" et des quelques précieux conseils de Laurent pour l'ordre de dégustation...
On commence par le sud-ouest et un passage chez Bertrand Lepoittevin-Dubost et le Château du Bloy : volée de bois vert au passage pour ma pomme par Bertrand. En effet, j'avais eu l'occasion de déguster ses 2 cuvées de Montravel. 2 flacons qui avaient été apportés par Laurent lors d'une dégustation à l'aveugle. Je les avaient trouvés plutôt mous, mais pour ma petite défense, ces flacons étaient ouverts depuis 3 jours. Bertrand qui avait lu ces commentaires, n'étant pas tout à fait d'accord voulait me faire changer d'avis. On remet les compteurs à zéro. Montravel 2007 (Sauvignon, Sémillon, Muscadelle) : joli nez vif typé sauvignon. Belle droiture, sur les fleurs blanches, matière élancée en bouche. Acidité intéressante. Quand on
sait que c'est 5,5 €, là je dis OUI sans hésitation !
La cuvée "Lilia 2006" Montravel également (Sauvignon et Muscadelle), a été élevée sur lie. Le nez est plus discret que sa petite soeur, l'acidité semble plus intégrée. L'ensemble est plus rond, plus gras aussi avec d'étonnantes notes boisées alors que le vin ne voit pas un centimètre carré de fût ou de foudre.
Malheureusement, pas eu le temps de gouter aux rouges dont la gamme est composée d'un Bergerac et d'un Montravel.
Me voici réconcilié avec les blancs du Château du Bloy ! Bertrand est quelqu'un de sincère et parle ouvertement sur les appellations de sa région comme des appellations de me... Mais il semble qu'il oeuvre de façon positive à des jours meilleurs pour celle-ci ! Reste plus qu'à taster le Bergerac rouge et le Montravel rouge... Le temps, toujours le temps...
2 mètres plus à droite, se tient le stand de Sébastien Riffault. Le sancerrois propose les vins du millésime
2007. 2 cuvées sur sols calcaires. Attention, c'est du Lituanien (la femme de Sébastien) : "Akméniné" (fait de pierres) et "Auksinis" (doré) élevés 12 mois en fûts âgés de 8 à 15 ans ne m'ont guère convaincu. Bien loin de mes repères en Sancerre blanc, les vins semblent s'éparpiller dans les arômes... J'aime les vins natures, mais là ça ne me plaît pas trop.
Par contre, la cuvée "Skeveldra" (éclat de pierre) issue de sol argilo-calcaire, possède une belle richesse de fruit. Finale ronde et harmonieuse. Bien.
Pas eu le temps de goûter au Sancerre rouge "Raudonas".
Château Cornélie est tenu par Patrick Grisard dans le Haut-Médoc depuis qu'il a définitivement rendu son tablier de directeur du Château Sénéjac. J'attendais beaucoup de cette rencontre avec Patrick. Des échanges par ci par là et le suivi de ses interventions dans les différents forums. L'homme semble profondément honnête dans son travail. Le respect des sols et de la terre sont son terrain de jeu.
C'est pas compliqué, Patrick est venu avec tout ce qu'il a fait de ses mains depuis qu'il a créé le domaine en 2005. D'ailleurs, ce dernier est planté pour moitié de Merlot et pour l'autre de Cabernet Sauvignon. Il entreprend pour le millésime 2009 la reconversion du domaine en biodynamie... Bon courage pour cette aventure, totalement en phase avec l'énergie que tu insuffles.
On commence doucment avec les vins des amis "Amabilis Vinea" 2006 : un vin très aimable avec du fruit à revendre et des tanins de belle qualité (Bien). Les vignes du Château Cornélie reposent sur 60 % de sols Argilo-calcaire et 40 % sablonneux. Le 2005 est gourmand, équilibré et agréable à faire tourner dans la bouche. On passe au 2006 que Patrick pense fermé : et pourtant, on sent indéniablement un saut qualitatif entre les 2 millésimes. La structure est plus élancée, le grain de tanins plus fin, la bouche est sphérique et harmonieuse. J'aime beaucoup. S'il y en a bien un qui n'a pas râté son 2007, c'est bien lui !! Coup de Coeur du salon Messieurs, Dames. On sent ici une continuité, une certaine signature. Superbe équilibre, remarquable acidité, fruité intact et en avant. Encore un pas de franchi avec ce 2007. Et enfin, le 2008 encore en cours d'élevage, il est d'ailleurs qualifié de fainéant puisqu'il n'a pas encore fait ses "malo" : c'est bon et il promet.
On a envie de passer du temps avec Patrick : il est d'une gentillesse rare, d'un grand courage et d'un caractère culotté. En effet, ce girondin vient de décider qu'il ne vendrait pas ses vins à la place de Bordeaux et qu'il les proposera aux particuliers, cavistes et restaurants en direct.
A la droite du stand tenu par Patrick Grisard, nous faisons quelques dizaines de kilomètres sur la carte pour nous retrouver au royaume du Merlot. Il fait bon passer un peu de temps avec Pierre Bernault et le vin star de l'appellation Montagne St Emilion, le Château Beauséjour. Toujours conseillé par Stéphane Derenoncourt, la propriété poursuit son bonhomme de chemin : l'aventure débutée avec le millésime 2005 semble se
poursuivre avec une plus grande maîtrise encore. "B" de Bû 2007 (Montagne St Emilion) : une cuvée en hommage à la petite affaire de Lolo, roi de Bû. Prochainement appelé "Charmes de Beauséjour", ce vin paraît facile à boire, rien ne dépasse. C'est concentré et équilibré, avec des arômes épicés et une finale sur le zan. J'aime beaucoup.
Château Beauséjour 2006 : on passe à l'étage supérieur. Fruits noirs, le vin s'exprime en profondeur grâce à un passage en carafe. Finale assez sèche cependant : c'est l'effet terroir (crayeuse) d'après Pierre. Faudrait être difficile tout de même pour faire la fine bouche... Château Beauséjour cuvée "1901" : assez discret au nez (il faisait froid chez Laurent), tout s'exprime en bouche : matière mure et séveuse, équilibré et longiligne, tanins enrobés. Superbe. Il prendra sa mesure et sa plénitude dans quelques années. Bienheureux celui qui en possède.
Quelques Vins Argentins présentés par Else Bliekast. D'abord un blanc aux saveurs puissantes et à la
salinité marquée. Matière mure et belle longueur. C'est bon, c'est un vin de Domingo Hermanos Molina 2008 de la province de Salta issu d'un cépage autochtone appelé "Torrontés". Ensuite 2 rouges. Le premier provient d'Alfredo Roca. C'est un 100 % Cabernet Sauvignon 2004 : c'est rond, mais je dois avouer être peu habitué à ce type de puissance, c'est trop pour moi. Qu'à cela ne tienne, c'est un 100 % Malbec qui arrive dans nos verres. Avec ce Malbec 2005 San Rafaël, on trouve là une belle rondeur dont le fruit est porté par des épices douces. Chaleureux, mais équilibré comme il faut. Bien.
Ca faisait bien longtemps qu'il me taraudait l'esprit de goûter une bonne partie de la gamme de Marlène Soria du domaine Peyre-Rose. Marlène reste pour beaucoup d'entre nous discrête, qui ne s'exprime que par la baguette magique de la vinification. Peu de chose sur elle dans la presse ou dans la
bloglousphère. C'est certainement une façon de se préserver et de garder un certain mythe pour l'ensemble de sa production. Tout content, nous tendons nos verres : tiens, un Rosé Rouge 2002, Coteaux du Languedoc (tous les vins présentés sont de cette appellation). La robe ressemble à un à un pinot noir d'Alsace. Grenache et Syrah, dont la grenache semble prendre le dessus (cerise, pruneau) avec un petit côté Rivesaltes. L'ensemble se montre complexe et gourmand. Longueur plus que correcte.
Les "vrais" rouges : à noter que les robes sont toutes très concentrées et sombres. Clos des Cistes 2003 : assemblage de Grenache et Syrah élevés ensemble pendant 3 ans dont une partie en foudre, l'autre en cuve. Herbes aromatiques, réglisse et beaucoup de fraîcheur. Les tanins sont un peu secs mais "Wait !" nous dit Marlène. Il est vrai que le vin a été mis en bouteille il y a seulement 7 mois.
Syrah Léone 2003 (90 Syrah/10 Mourvèdre) : waouh, ça envoit dur ! Concentré, puissant, épicé. Quand les arômes persistent en bouche longtemps, c'est en général bon signe : c'est le cas. Taillé pour la garde. Très bien.
Marlène N°3 2003. Rien à voir avec un 3ème vin de domaine. Ce sont les mêmes vignes que celles utilisées pour le Rosé Rouge (Grenache et Syrah pour autant complétés de 15 % de Carignan et Tempranillo en complantation). Plus de finesse au départ que le "Léone", le vin gagne en puissance et amplitude. Les arômes de fruits sont francs et nets : rien ne dépasse. Superbe équilibre. Bien
Chez Marlène, on commence toujours par les rouges et on termine par les blancs. On ne déroge pas à cette règle et avec cet "Oro" 1997. Vin riche et complexe à souhait (la liste des cépages est impressionnante : Rol, Roussanne, Viognier, Ugni blanc, Chasselas et Terret) où l'impression de rondeur et de boisé sous jacent domine. Il y a quand même une impression d'oxydation au départ. "C'est l'élevage à l'air libre" indique Marlène. Le vin possède beaucoup d'allonge et de gras, mais garde un bel équilibre malgré toujours cette puissance.
Superbe dégustation des crus du domaine Peyre-Rose. Les vins sont puissants et méritent de prendre du repos en cave. Préférence ce jour là pour "Syrah Léone".
Le Gers monte chez Laurent Baraou ! Floréal Roméro nous présente le Domaine Le Bouscas. Floréal, au contraire des quelques collègues du Gers, souhaite préserver et revendiquer les cépages locaux. Il paraît
d'une grande franchise quand il nous parle de ces erreurs du passé qui lui ont permis de progresser. Le domaine est en biodynamie depuis maintenant 8 ans. Ca se vérifie sur la première cuvée de rouge, "Sang Chaud" (2005), un VDT 100 % Tannat dont les vignes ont 57 ans. Passage en cuve. C'est plutôt l'écurie au départ ! La bouche est presque légère, les tanins sont veloutés, c'est aromatiquement bien fait. Pour les 8,5 € que ça coute, c'est excellent ! Un Tannat déjà accessible dans sa jeunesse.
"Vaïhana" VDT du Gers (2005) est un blanc sec floral, exaltant, à la structure vive mais caressante. Longueur plus qu'honorable. A boire sur les fruits de mer ou pour faire "plop" à l'apéro. Bien
Et enfin, un "OVNI" : "La Dulcinée". Ce 100 % Colombard aux rendements ridicules (autour de 7 hl/ha il me semble) arbore une allure de vieux Santernes. Superbe liqueur à connotation exotique, de sparadrap et de pain d'épice. L'acidité est magnifique. Ca a de la gueule ! Bra-vo.
Château la Casenove. C'est la toute gentille Frédérique Barriol-Montès qui officie au service (Roussillon). Les Clares 2004 (VDP des côtes Catalanes). Un blanc (Grenache blanc et Roussanne) élevé pendant un an en barrique du chêne balte provenant de Lituanie. Le résultat est assez déroutant avec des notes de fumé
prononcées. Le fond de verre est incroyablement comparable à un Whisky tourbé. A revoir dans quelques temps car à ce stade, le boisé me gène un peu. La Guarrigue 2005 (VDP des côtes Catalanes). Elle porte bien son nom cette cuvée : épices, notes de thym, puissant et encore un peu tannique. Un joli vin de fruit.
Rivesaltes 15/10 Ambré, VDN 1998 : 15/10, c'est pour le mois de mise en bouteille. 100 % Grenache élevé pendant 3 ans en cuve béton ouverte puis de nouveau 3 ans en fûts ayant contenu du Cognac. Le résultat est assez étonnant : complexité serait le premier mot. Les notes de fumé qui sont la marque du terroir exalent les papilles. Très beau rancio et belle amertume. JA-DORE !
Et enfin, la Der des Der. "S'Arena", VDT blanc liquoreux (2005). Un Moût de Raisin Partiellement Fermenté à base de Muscat Petit Grains. Liqueur sur l'abricot sec avec un étonnant gazouilli qui donne de la légèreté en bouche, en plus du peu d'alcool (11 %). Bon
Au nom de tous les petits privilégiés que nous sommes, merci à toute l'équipe de Lolo Baraou, une fois de plus sur le pont pour offrir un plâteau de choix. Merci également à tous les vignerons d'avoir fait le déplacement pour notre plus grand plaisir et de s'être comme d'habitude rendus disponibles.
Des confirmations avec Beauséjour et Peyre-Rose. De belles surprises/découvertes avec le Château du Bloy, considéré à sa juste valeur cette fois ;-), le Bouscas de Floréal Roméro et le Château Cornélie de Patrick Grisard.
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15 février 2009
Quelques belles étiquettes pour un anniversaire
Nous sommes réunis chez l'ami Didier pour fêter ses 37 ans. Connaissant un peu l'animal, nous sommes à peu prêt certains de passer un bon moment, lui qui vénère les Bougogne comme peu d'entre nous...
C'est dimanche : les esprits sont relâchés, l'âme joueuse anime l'ensemble des amis réunis autour de la table. De plus, la France joue en fin de journée la finale des championnats du monde de hand contre la Croatie.
Nous commençons par un Champagne pour ouvrir l'appétit à toute la tribu. La bulle est très vive, genre nerveuse avec un peu de gaz au nez qui reste présent. L'ensemble n'est pas exubérant, mais plutôt étriqué, manquant de vinosité. Pas ce que je préfère, question de goût. Ce Champagne qui était bu étiquette dévoilée est un BSA ("Brut Sans Année") Perrier Jouët "Grand Brut".
Le premier blanc servi a été apporté par Pierre. Il arbore une magnifique robe dorée.
Le premier nez à des accroches avec le chenin. Mais tout rentre dans l'ordre grâce aux quelques molécules d'air qui viennent ouvrir le vin : il semble maintenant typé chardonnay. C'est large, ample, la matière est mure et très marqué par le bois. Ca sent la grosse cavalerie ! En bouche, il semble presque tannique, vraiment enrobé et la longueur semble se faire sur l'élevage. Autant on reconnait tous une certaine notoriété, autant les avis sont partagés : personnellement, je suis incapable de discerner un quelconque terroir, mais plutôt un style émanant d'un boisé qui englobe tout. C'est un Bougogne blanc 2003 du domaine Comte Georges de Voguë. Ce sont de jeunes vignes de Musigny blanc qui ont été plantées en 1990 et ont donné leur premier millésime en 1997.
On cache les étiquettes, c'est sérieux. Un match s'annonce : Didier nous indique qu'il s'âgit de 2 vins issus du même millésime dont les parcelles ne sont séparées que de quelques centaines de mètres. Les
vins sont accompagnés de st Jacques normandes.
Le 1er du binôme donne des petites notes oxydatives qui glissent ensuite sur un style minéral, fumé et des touches crayeuses importantes.
Le 2ème a une couleur plus dorée. D'abord muet, l'air le fait parler et livre ensuite des écorces d'orange, fenouil et anis. Il gagne sans conteste en volume avec un élevage des plus agréables et discret au point de devenir vraiment un très beau vin.
Retour sur le 1er dont les notes boisées ont malheureusement pris le dessus. L'assemblée a donné comme région la Bourgogne pour ces 2 vins, vers Puligny notamment. Le premier est un Meursault Genevrières 2003 de Bouchard Père & Fils et le 2ème est un Meursault Clos des Perrières 2003 Monopole détenu par Albert Grivault. Ces deux premiers crus n'ont cependant aucune lourdeur mais avantage sans conteste au Meursault de Grivault.
Un chapon est en vue ! Pour l'accompagner, un autre duel, de rouges.
Le premier est superbe : il est sur la fraise écrasée, des notes giboyeuses et de fortes senteurs de fumée et de goudron ! En bouche, ça se confirme : des saveurs goudronnées voire tourbées. La longueur est honorable et la finale légèrement sucrée. Pour quelques dégustateurs, il paraît fatigué. Je ne suis pas d'accord, car il lui reste encore une jolie structure, élancée et surtout beaucoup de classe.
Le deuxième rouge intrigue par sa couleur grenadine. Nez de foin, de noix, oxydé quoi. La bouche est très fluide. Il semble très très fatigué, mort.
Résultat : Haut-Brion 1972 et Grands-Echezeaux 1972 du domaine de la Romanée Conti. Malheureusement un DRC qui terminera sa carrière dans les égouts de Rouen. Vous l'aurez deviné, 1972 c'est l'année de naissance de notre hôte Didier.
Encore tout retourné par le sort qui vient de s'abattre sur lui, Didier retourne dans son antre. Il ouvre à la va vite un remplaçant (de luxe ?) au Grands-Echezeaux. Pas de doutes, on est encore en Bourgogne. Magnifiques effluves de pinot. Les arômes sont nets, précis, denses aussi, faits d'épices douces si typiques. On ose y penser : Clos de Tart ? La bouche est construite sur un philigranne végétal, des touches mentholées et d'herbes arômatiques (thym). Le grain en bouche est vraiment très beau : dense et velouté à la fois. Superbe longueur. Et c'est bien un Clos de Tart, millésime 2000.
Repris une heure plus tard, ce Tart déroule maintenant toute une panoplie de senteurs animales. La trâme végétale elle a quasiment disparu.
Un plâteau de fromages fait son apparition. 2 blancs pour l'accompagner. Le premier dans le genre vieux
Sauternes, enfin pour la couleur. Le nez est celui d'un vin ayant sans nul doute quelques années : pomme au four, sucre d'orge, mur. Très mure encore avec une acidité assez basse la bouche offre une belle texture, pâtinée. Voici un très beau vin, qui se marie à merveille avec les fromages. C'est un Chevalier-Montrachet 1976 de Bouchard Père & Fils.
L'autre vin servi sent malheureusement la serpillère et la poussière : triste fin de parcours pour ce Meursault 1983 de Bouchard Père & Fils.
Le gâteau orné de 37 bougies arrive. Le vin : belle robe paille, sur des arômes confits, plutôt aériens avec un botrytis assez présent. Un joli vin, pas d'une rande richesse, mais pas mal, porté par une étonnante et haute acidité. Longueur moyenne sur les mêmes arômes que le nez. C'est un Sauternes 1999 du château Rayne Vigneau.
La tension monte, l'équipe de France joue la finale des championnats du monde de Hand. A peine chauvin et pour conjurer le mauvais sort, un Champagne est servi et ce avant même la fin du match. Assez vineux, ça manque un peu de personnalité, mais c'est agréable. C'est un BSA de la grande maison Taittinger.
Le France vire en tête en début de seconde période. Didier nous apporte de quoi supporter un peu plus les "bleus". Retour en Bourgogne pour nous faire découvrir un vin qu'il affectionne. Comment ne pas être d'accord : très bel élevage, soigné, intelligent, matière ciselée faite de fruits blancs croquants. Trâme d'une grande précision. Superbe vin, vibrant, tout en équilibre. Mon coup de coeur du jour est un St Aubin 1er cru 2004 "Murgers des Dents de Chien" de Hubert Lamy.
Enfin, pour clore cette belle journée qui s'achève par un titre mondial, une petite dernière, encore une fois ouverte au pieds levé, symbole de la générosité de Didier. Le vin affiche de la réduction au départ avec des arômes viandés. Sacré jeunesse qui s'exprime d'une part par beaucoup de fruit d'autre part par des tanins qui sont un peu durs. Il saura s'améliorer à coup sûr. C'est un jeune Grands-Echezeaux 1998 de la maison Chanson Père & Fils.
Un GRAND merci à Didier pour cette journée réussie avec de superbes vins, un très beau repas et entourés d'amis animés de notre passion commune. On te doit une revanche !!












































































