10 septembre 2009
Eclectique de l'été 2009 (part two)
Notre dernière rencontre de l'été était placée sous le signe de la qualité des flacons et des retrouvailles après un repos estival mérité.
Nous sommes chez David et Stéphanie, qui au passage nous accueillent avec des bulles pour fêter le petit dernier qui se porte comme un charme ! Bravo à tous les 2, vous pouvez être fiers de votre petit Eliott (avec Arthur of course, le grand frère).
Des bulles donc pour commencer. Un joli nez de noisette et de pomme, c'est rond à point, avec de l'énergie en bouche qui laisse la bouche propre et fraîche. C'est la cuvée Brut Réserve de Guy Niziolek. Un agréable Champagne de producteur pour 11,5 € seulement.
Second vin. La couleur est pâle, claire. Nez simple et acidulé fait de fruits blancs (pêche de vigne, poire) et marqué par la citronnelle. Bouche "huileuse" de poire, à l'acidité très basse. Fond de verre sur des arômes de chenin (poire, fruits exotiques...). Nous proposons un vin du sud-est, à base du cépage Rolle. C'est ce même cépage qui est appelé Vermentino en Italie et en Corse, où nous nous trouvons maintenant : Vin de Corse Sartène 2008 Domaine Pero Longo "Sérénité"
Joli nez entre deux âges, sur le cèdre, l'encaustique (dire, miel), l'amande. Une bouche un peu plus simple, un peu en décalage avec le nez, en font un vin agréable, mais pas transcendant. Finale minérale. C'est Robert Meistermann qui fait ce Riesling Grand Cru Steinert 1999.
Arômes typiques de Gewurtz, élégant et floral. Bouche bien construite avec un peu de mordant à l'attaque, sucre bien dosé, équilibré sans lourdeur. C'est bon, c'est bien fait. C'est en effet un Gewurztraminer 2004 de Frédéric Geschickt, domaine de la Sinne.
Les rouges
Premier vin. Nez sur la réduction avec des notes de levure, bière. Passé ce petit moment déroutant, le nez s'ouvre avec richesse sur la cerise et la prune. On sent bien la puissance et même une pointe d'alcool. La bouche est puissante, mure, riche de fruits noirs tels la cerise et le cassis. Malgré tout, une attaque légèrement perlante donne de la fraîcheur et de la buvabilité sur des tanins mordants. C'est très bien fait et même gourmand. Finale sur des saveurs d'encre. Pour amateur de vin solaire. C'est un Côtes du Roussillon 2007 "les Sorcières" du Clos des Fées.
Le vin suivant est dans un autre registre. La couleur est un peu évoluée et présente des reflets tuilés.
Finesse, c'est la caractéristique première de ce nez, joliment ponctué de cuir et de fraise, puis de cassis, d'épices douces. L'acidité est encore bien présente, alors que l'on donne quelques années à ce vin. Les fruits rouges dominent en bouche, la matière est douce, mure, les tanins souples. Il ressort un côté terreux en final qui en dit certainement long sur ses origines. Disons sur la Côte de Beaune. C'est un Pernand-Vergelesses 1996 1er cru "les Fichots" de Roger Jaffelin & fils. Un joli vin, qui commence à atteindre son plateau de maturité. 1996, millésime marqué par de grandes acidités en Bourgogne.
Ce vin là, tout le monde est tombé dans le panneau. En effet, personne n'en avait l'origine : fond végétal, pivoine, floral, pampre verte. Bouche épicée, tabac brun, matière fondue, petite longueur, ça se boit facilement, mais il ne faudra pas tarder à terminer votre fond de cave s'il vous reste de ce spécimen. Nous sommes à Canon Fronsac, château Vray Canon Boyer 1996.
Clairement dans un autre registre, le vin suivant propose des relans de mercaptan. Le nez n'est pas terrible, fortement marqué par le grillé. En bouche, un peu de cerise, le fuit est mur et puissant, la matière est juvénile. Registre exotique pas du meilleur effet pour ce Toro 2008 Liberalia "Cero" (Espagne), qui manque de cohésion entre le nez et la bouche.
Un peu de féminité et de la douceur
Tiens, un vin rouge ! Senteurs peu complexe mais ô combien précise de crème de mûre, cerise. Agréable, presque léger en bouche, sur la cerise avec des sucres qui trainent. On dirait presque un Maydie. On le verrait bien accompagner avec bonheur un fromage de brebis, un Ossau-Iraty par exemple. Encore un ibère : un Jumilla, Casa de la Ermita "Dulce Monsatrell" 2005. Pour rappel, le Monastrell est la version espagnole du Mourvèdre, cépage roi des vins de Bandol.
La palme de l'originalité revient à cette bouteille. Jolie couleur rosée. On part allègrement au nez sur du Loin
de l'Oeil (poire, coing) et ça envoie très fort dans le style sirop de fraise. On sent le sucre. En bouche, énorme liqueur de fraise encore, un peu pataude. Ce vin mal aimé des diabétiques est un Vin Paillé 2005, VDP de la Corrèze du domaine du Bas Queyssac. Fait avec passion par Jean Louis Roche, ce dessert à lui tout seul est élaboré à base de minuscules rendements de Cabernet Franc et Sauvignon.
Et pour achever cette belle soirée. Pas de doute, en vue c'est du Ch'nin (Chenin) : pâte de coing, un peu de pomme, pointes d'ananas, c'est jeune. En bouche, bel équilibre, les sucres ne sont pas pesants (passerillage certainement), c'est assez gourmand et possède une finale saline des plus agréable. Bien ce Coteaux de l'Aubance 2007 "Le Pavillon", domaine Richou.
Plutôt une réussite cette soirée. Des vins très différents les uns des autres et bien difficile de dire lequel s'en sort le mieux, mais on retiendra : le GW de Frédéric Geschickt pour le côté découverte. Les Sorcières du Clos des Fées : un vrai bonbon. Le Pernand de Roger Jaffelin pour sa sagesse. Enfin la Bodega "Casa de la Ermita", bien trop méconnue à notre avis !
Et après ça ?

Confit de porc, citrons et tomates confits aux zitounes
Merci Steph, merci Dave : nous reviendrons !
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14 janvier 2008
Quand l'ambiance se Corse !
Tout d'abord, permettez-moi de vous souhaiter au nom du Cercle de Maigremont une très bonne année 2008 ainsi qu'un millésime de rêve à venir (le 10 ème en 10 ans ? :-)) !
Pour paraître dans un magnifique décor et sur fond de procès d'Yvan Colona, nous avons testé à quelques jours de la fin 2007 une bonne partie des appellations corses. Une dégustation préparée et presque totalement "sponsorisée" par David, le quasi régional de l'étape (merci encore à toi).
Tour de Corse en 11 vins de ce magnifique vignoble de 1400 ha, plantés de Niellucio et Sciacarello pour les rouge ou de Vermentino ou Malvoisie de Corse pour les blancs et puis un autre cépage que certains n'hésitent pas à relancer (à voir dans cette dégustation).
Exceptionnellement, les vins sont servis dévoilés, car cette dégustation est pour beaucoup une première approche avec les vins de cette île.
Clos d'Alzeto, Ajaccio 2006
100 % vermentino. Jaune très clair. Notes discrètes mais plutôt agréables de fruits jaunes (pêche) avec des notes de cailloux humides. En bouche, c'est vif grâce à l'acidité qui présente des notes acidulées telles le pamplemousse. Ajoutez une pointe végétale en final et vous obtenez un joli vin (6/7 €).
Domaine d'Alzipratu "cuvée Fiumeseccu", Corse Calvi 2006 (8€)
100 % vermentino. Couleur un peu plus soutenue que le premier. Voilà une autre expression du Vermentino. Au nez, c'est charmeur et on a une sensation de rondeur, de gras et des notes de fleurs d'acacia. La bouche se montre un ton en dessous de ce très beau nez. Elle est assez amère, du coup, l'assemblée aime moins.
Antoine Arena, Vin de Table de France, L2005 (11 €). Pourquoi un vin de table ? Eh bien, il fallait être assez fou pour réhabiliter un vieux cépage, oublié, mais historiquement attaché à la Corse : le Bianco Gentile
Belle robe dorée. Le nez présente d'abord d'étonnantes notes oxydatives telles la pomme verte et la noix fraîche. La matière mûre est parfaite, lisse sur des belles notes de fruits d'été (pêche, poire). Pour être complètement objectif, sachez que ce vin n'a laissé personne indifférent : la moitié de l'assemblée a apprécié ce vin, l'autre n'a pas été conquit. Celui qui écrit ces lignes a été enthousiasmé par le travail de son géniteur !
Les rouges maintenant
Clos d'Alzeto, rouge Tradition, Ajaccio 2005. 70% Sciaccarellu, 20% Grenache, 10% Niellucciu, Carignan.
La robe est rouge carmin. Nez complexe de caramel mou, de cerise (++) et de violette avec quelques notes animales. Ce qui surprendra pour ce premier rouge, c'est la quasi absence de tanins. On retrouve ces mêmes arômes de cerise, mais la bouche montre peu de relief, ce qui donne un vin mou. Finale végétale qui sèche. Bof bof général.
Domaine Petra Bianca "Prestige", Corse Figari 2005. Niellucciu, Sciaccarellu, Grenache et Syrah
Certainement la couleur la plus soutenue de la soirée.
Nez de fruits rouges, d'épices et droit. La bouche est lisse et sèche en final avec assez peu de fruits. Encore un autre bof.
Clos Culombu, Ribbe Rosse, Corse Calvi 2005 (15 €). 50 % niellucciu, 50 % sciaccarellu.
Le nez de notre 6 ème vin est très avenant. De plus, il se montre complexe avec des notes de fumée, de tabac, de cigare et d'olive noire. La bouche tourne autour d'arômes de chauffe (fumé) sur de belles saveurs de fraise. Finale gourmande, mais encore une fois, un poil asséchante. Beau vin tout de même.
Domaine de Torraccia, Porto Vecchio 2004. 50% Niellucciu, 10% Sciaccarellu, 30% Grenache, 10% Syrah
Un domaine qui fait également de l'huile d'olive. La robe est rouge rubis. Le nez présente dans un premier temps des notes animales qui s'estompent pour laisser place à des odeurs grillées pas très avenantes. La bouche offre un fruit très mûr et encore une fois lisse. Fin de bouche asséchante.
Domaine de Torraccia, Réserve "Oriu", Porto Vecchio 2003. 80% Niellucciu, 20% Sciaccarellu.
La robe est plus soutenue que la cuvée précédente. Les premières notes de pain toasté laissent place au fruit et notamment la cerise à l'eau de vie. En bouche, ça manque de structure car les tanins sont lisses. Finale asséchante.
Comte Peraldi, Vin de Corse 2002. Sciaccarellu, Niellucciu, Carignan
La couleur de ce vin commence déjà à tuiler. Joli nez chocolaté, vanillé et de fraise. La bouche présente une légère sucrosité. Il lui manque juste un peu de structure et de compléxité. C'est quand même bon.
Domaine Leccia, Patrimonio 2003. 100 % Niellucciu.
Rouge brillant. Quel profondeur de nez, tout y est : myrtille, fleurs séchées, violettes, pruneaux sur une trame épicée. Bouche très structurée alliant minéralité (mine de crayon) avec beaucoup de fruits rouges. Belle longueur. Un vin magnifique, plein de vie.
On termine sur une douceur sur un Muscat du Cap Corse 2005 d'Antoine Arena (Muscat à petits Grains).
Des belles notes muscatées viendront conclure cette dégustation Corse. Le nez est un peu plus droit que les Muscats habituels. Il est profond, fait de rose et de litchi avec des notes minérales. Fraîcheur en bouche et équilibre sont les maîtres mots de ce vin. On retrouve des saveurs de fruits de la passion, abricot, résine de pin. Des notes végétales en final donnent une complexité supplémentaire. Un très grand vin, de l'avis de tous ! Bravo
En guise de conclusion, j'aimerai dire que les blancs sont très beaux, aromatiques et sont uniques. Les rouges en revanche, se prêtent difficilement au jeu de la dégustation seule. Les cépages rouges corses sont peu tanniques et donnent des vins manquant de relief avec bien souvent une finale asséchante, donc peu agréable. Par contre, c'est à table qu'ils retrouvent leur noblesse ! Cette fois-ci, ils ont parfaitement accompagnés un magnifique veau Corse aux olives préparé par David.























