06 novembre 2009
"Vatan Boulay, je n'ai pas eu mon Cotat de Pinard Bourgeois" : quand Francky, le docteur es Sancerre brade ses petits Bordeaux
Une invitation à pendre la crémaillère chez Marie et Franck dans leur tout nouvel appartement et c'est l'équipe rapprochée des normands de LPV qui se retrouve cette fois-ci pour :
- la première partie : découvrir à coup sûr les meilleurs crus de Sancerre et Pouilly-Fumé
- la deuxième partie : aider Franck qui a un problème de conscience sur les vins de Bordeaux : il n'en veut plus de ces petits Bordeaux, il en a marre d'être pris pour un jambon et crie au scandale alors que les prix n'ont pas cessé d'augmenter depuis quelques années.
Les vins sont bus à l'aveugle, accompagnés des préparations culinaires de Marie et Franck.
Mise en bouche, pour patienter après les petits derniers et un Pouilly-Fumé 99, "la Demoiselle de Bourgeois" Henri Bourgeois. Joli nez est truffé, accompli, sur des notes crayeuses. Mais la demoiselle paraît un peu fatiguée en bouche et elle semble un peu fripée après quelques années.
Petits canapés à base de produit de la mer... et autres petites choses bien bonnes
A partir d'ici, les vins sont servis par paire.
Sancerre 2007 Vieilles Vignes "Cuvée Maxime" Vincent et Jean-Yves Delaporte. Bergamote, fenouil et ouvert au nez. Bouche à l'attaque perlante, sur le coing et un fond minéral. Bien +
Sancerre 2006 "les Monts Damnés" Gérard Boulay. L'ensemble est plus en retenu. Malgré cela, on devine des notes de feuilles sèches avec une minéralité sous-jacente. Bien en l'état, dans un registre différent du Delaporte. Moins à son aise que d'habitude (phase de fermeture ?) mais taillé pour durer.
Delaporte est une belle découverte
Sur Hell's Bells de AC/DC, arrivent les vins suivants : petit fond végétal, registre exotique mur et complexe. La bouche est imposante et on joue avec la limite de sur-maturité comme un joueur de tennis joue le long des lignes : mais il ne tombe pas dans la lourdeur, bien au contraire. Un magnifique Sancerre 2007 "Chêne Marchand" de Vincent Pinard. Face à lui, un vin qui ressemble au "Monts Damnés" de Gérard Boulay que l'on vient de terminer : notes de bananes, assez en retenue toujours avec ce fond minéral. Très belle finale saline. C'est encore un Sancerre 2007 de François Cotat. Il s'agit ici de jeunes vignes de 15 ans situées sur la commune de Chavignol. Dans l'état, c'est bien, mais à attendre bien gentiment
A ce stade, vous l'aurez compris, Franck nous régale avec des vins issus de son terrain de jeu favori : le Sauvignon sous forme de Sancerre. Mais connaissant l'artiste, il ne serait pas idiot d'y retrouver quelques sauvignons de Pouilly-Fumé.
Entrée en fanfare des fois gras fermiers...
Nous apprenons que Franck est un grand amateur de poivre. Il nous propose quelques beaux spécimens de cette épice.
Du coup, Vincent tranche son foie gras en 5 et
testera 5 poivres différents
Et nous apprenons aussi qu'il apprécie la compagnie de petites bêtes rampantes dont ne raffole pas les dames (ni les hommes d'ailleurs)
Les mygales !! Ici, une mue intacte
Autre match. Exotique sur fond minéral, avec une petite déficience de maturité. Bof pour ce Sancerre 2000 de Henri Bourgeois. Et comme un bourgeois peut en cacher un autre, la rincette tout de suite : là, le nez superbe marqué par l'iode, la coquille d'huitre, très pur, très mûr avec une pointe truffée. La bouche est agréable, avec du gras et de l'allonge, mais manque pour ma part d'un peu de puissance. Bien tout de même ce Sancerre 2003 "Etienne Henri" de Henri Bourgeois, Vieilles Vignes de 50 ans élevées en fûts de chêne.
Le nez du premier est serré, sur l'ananas avec une jolie minéralité et un fumé enjoleur. Bouche à l'attaque saline sur une très grande longueur. Bien +. Et puis il y a ça : un nez avec des analogies de Riesling et ses notes citronnées, mûr, classe évidente. En bouche, c'est mûr, l'acidité est superbe, c'est d'un équilibre magistral avec des touches de poivre blanc. Très bien. Il faut bien terminer les blancs : il s'agissait d'un Sancerre 2007 "Grande Côte" de Pascal Cotat et le petit dernier n'était rien moins que Pure Sang 2007, Pouilly-Fumé du regretté Didier Dagueneau ! A la hauteur de ce qui ce dit sur le domaine.
Puisqu'il faut passer du côté obscur, nous le faisons volontiers ;-). Toujours par paire... Il y avait un premier plat de viande : un oiseau à plumes accompagné d'une purée maison carotte pomme de terre. Pendant ce temps, Pierre entame sa 7 tranches de foie gras...
Du fruit en paquet de dix, rose fanée, faisant penser à une vendange entière. Toucher de bouche qui peut heurter la sensibilité de certain (on pourrait penser dur), mais j'aime beaucoup cette mâche d'enfer limite poignante sur la griotte et la cerise à l'eau de vie. C'est un Fixin 1er cru "les Hervelets" de Jérôme Galeyrand. J'ai eu l'occasion de goûter de nouveau ce flacon le lendemain (je suis reparti avec, hihi) et bien son contenu était encore meilleur, d'une gourmandise redoutable. En face, l'autre version du pinot noir : crémeux, sur le cassis, de belle facture, soyeux et fin. C'est bien fait, précis et hautement recommandable, mais ce Chambolle-Musigny 2006 d'Amiot-Servelle est à boire... mais pas maintenant.
Franck nous indique que les sols des vins qui suivent sont faits de silex rouges. Belle profondeur, du fruit et un peu d'élevage (fraise et zan), un peu simple mais correcte. Son concurrent est tout autre : fruit intacte, posé sur une fraîcheur mentholée, droit et soyeux. Très beau. Encore deux Sancerres : "la Bourgeoise" 2006 de Henri Bourgeois VS "Belle Dame" 2006 du domaine Vacheron.
Nous changeons de région, sans changer de cépage. 2 Grand crus de Bourgogne, qui ne m'ont pas particulièrement marqués. D'une part un Clos de Vougeot 2000 du domaine Tortochot : dans un registre d'encens, de tabac froid et frappé d'une austérité déconcertante. D'autre part, ce même domaine Tortochot, millésime 2000 également, montrant ses origines avec un côté terrien marqué : humus, sous bois. C'était un Chambertin. ll ne m'a pas plus ému que ça aussi.
Petite interlude à cette dégustation. Vous avez certainement entendu parler de "l'affaire Reignac", ce Bordeaux Supérieur qui a tenu la dragée haute avec le 2001 à bien des (très) Grands Crus de Bordeaux de la même année ? L'affaire s'est déroulée lors du Grand Jury Européen qui compte parmi la liste des dégustateurs, de bien grands critiques et hommes influents. J'avais apporté le 2007, dernier millésime disponible à la vente et tenté d'obtenir quelques avis de nos amis ici réunis. Il s'agit d'un vin d'une grande jeunesse, habillé d'un élevage assez présent, mais pas tapageur, plutôt fondu. La matière est juteuse avec des notes de graphite mais une finale étonnamment courte. Pour 12 € c'est correcte, mais faudra-t-il attendre 8 ans pour qu'il mette la pige aux Mouton-Rothschild ou encore Pétrus ? Et tout simplement sera-t-il au niveau qu'on semble nous faire espérer ?
Le bœuf fait son entrée accompagné d'un autre match. Le premier vin me fait penser à un Pauillac. Il est classieux, fait de rose, encre d'école. Muni d'une jolie acidité, le vin est plein et offre une belle et longue finale sur un élevage soigné. Un très beau St Julien Château Beychevelle 2001. A côté, ça sent aussi le grand vin : il est dense, pêchu, crémeux à souhait, épicé et un équilibre parfait ! La finale remonte et remonte encore. Excellent et beaucoup de plaisir avec ce St Emilion Grand Cru 2001 du Château Canon la Gaffelière. Une surprise : personne ne l'attendait à ce "Haut" niveau.
Les deux vins qui suivent sont servis dans la foullée. Une déception relative avec ce Pomerol 2001 du Château la Conseillante : pas au mieux concernant l'équilibre général, avec des tanins relativement durs. Mais en face, La Mission Haut-Brion 2001 (Pessac-Léognan) montre une tout autre facette : nez serré et classe, bouche dotée d'une tension remarquable avec des notes de goudron et de fumée. Excellent.
Canon, la Mission, puis Beychevelle : c'est le tiercé gagnant de cette séquence 2001. Mais c'est juste le mien !
Franck voulant nous fait la surprise de nous faire déguster un cru qu'il affectionne particulièrement : nous ne le savons pas encore, mais Mouton-Rothschild 1999 est débouché au pied levé et versé dans nos verres. Il livre de magnifique effluves de violette et les touches d'élevages comme le cèdre et le café sont assez homogènes. Malgré le peu d'air qu'il a reçu, on sent une matière mûre très jeune, des tanins fins mais ne s'exprime pas d'une façon très complexe. Il semble y en avoir gros sous la pédale.
Dernier rouge et soudain, c'est la claque. J'ai eu envie de passer le reste de cette belle journée à humer le contenu du verre, tellement c'était beau ! Le nez s'exprime avec bonheur et sans retenue et une complexité sublime sur la rose fanée, des senteurs d'antiquaire comme la térébenthine et le vieux bois, la groseille, la fraise et des notes florales et foxées. La bouche n'est pas en reste : elle est pleine, et apparaît comme posée et d'une fraîcheur insolente. On retrouve également des touches de fumée et de boite à cigare. Le velours qui est en bouche est absolument génial ! Un très très grand vin, qui m'a séduit par son calme et sa force tranquille.
Dans mon panthéon des rouges. Un GRAND merci Franck pour cet Ausone 1990, St Emilion Grand Cru.
Viennent ensuite 2 blancs pour les fromages. D'abord un Vougeot 1 er Cru 2004 "le Clos Blanc de Vougeot", Monopole du Domaine de la Vougeraie. Un joli Bourgogne sur des notes de pêche, de miel et de chamallow. On trouve en bouche une matière bien mûre et une acidité citronnée. L'autre vin était une "Grande Cuvée" 2005 de Sancerre du Domaine Comte Lafond (Ladoucette) qui m'a marqué par son déficit de maturité. Bof
Et puis non tiens, un dernier blanc pour la route. Nous savons tous ce qui est servi. Citron et fond minéral
évident au nez. Fine et longue acidité sur l'ananas. J'ai noté bien, mais ce que je retiens, c'est le potentiel de ce Silex, Pouily-Fumé 2007 de Dagueneau.
Et quel plaisir de terminer avec ce liquoreux : belle robe dorée, couleur citron. Le temps semble avoir fait son œuvre sur l'intensité des arômes, mais la bouche n'en reste pas moins crémeuse et d'une belle tenue sur un rôti plutôt fin. C'était un Sauternes 1970 du Château le Tour Blanche.
Mes zamis, quelle journée ! Merci Marie, merci Franck, vous êtes zinzin de nous avoir gâtés comme ça ! Votre crémaillère était une grande réussite et avec ça, votre appartement est maintenant béni.
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12 octobre 2009
Juste pour rire, en pleine semaine
L'ami Pierre qui veut nous faire connaître son père spiritueux, Gaby et c'est un nouveau prétexte pour se retrouver autour de quelques bouteilles et une bonne cuisine. Tout est à l'aveugle et les breuvages sont accompagnés du repas.
Rillettes de saumon maison.
Bulles fines, nez très ouvert et avenant, tilleul, pomme, amande et un peu fumé. Bouche très ronde, très subtile et qui s'étoffe en final sur des notes d'anis. Un très beau Champagne taillé pour la table : habituellement, Moët n'est pas ma tasse de thé, mais force est de constater qu'ici, c'est excellent. C'est un millésimé 2000 "Grand Vintage".
Les vins 2 et 3 sont servis en parallèle. Le nez de ce premier est floral, patine d'antiquaire, dans un style longiligne et superbement élevé. La bouche est ronde, il y a du gras mais manque d'un poil de tension pour en faire un très beau vin. Pouilly-Fuissé "Secret Minéral" 2007 de Jeandeau. L'autre vin présente un caractère minéral marqué avec un pointe de réduction et de champignon. Mais c'est en bouche que ça se passe : elle possède l'équilibre des grands Bourgognes et affirme le terroir avec classe. Superbe Monthelie blanc 1er Cru "les Champs Fulliots" 2000 de Jean-Marc Roulot.
Je vais vous avouer que je ferai des kilomètres rien que pour avoir des ris de veau. Quand ils sont accompagnées de morilles et de sauce à la crème, rien ni personne ne pourrait me retirer l'assiette que j'ai devant moi, pas même un pitbull. C'est le petit Jésus en culotte de velours qui arrive avec les deux vins suivants ! Le premier de la série est assez austère, réservé, un brin soufré pour tout dire. L'acidité est contrastée et le tout manque d'harmonie. C'est très loin de l'idée que je me fais d'un 1er cru de Meursault et surtout d'un Genevrières. C'est un 2002 de Mestre-Michelot. L'autre vin est très typé, le caractère bien trempé, il affirme des notes de fruits jaunes et un côté fumé qui met sur la piste d'un Chardonnay du Jura. La bouche possède une belle richesse, sur un côté mur et une finale fumée encore une fois. Le plat allait à merveille à ce Côtes du Jura Chardonnay 2006 "En Barberon" de Stéphane Tissot.
Passons à des vins plus sombres.
6 et 7 sont servis en parallèle pour accompagner l'agneau. Belle robe juvénile et foncée. Trame agréablement fruitée d'abord, nez classieux typé rive gauche. C'est d'une redoutable précision, mêlé d'une jolie pointe herbacée. Bouche croquante et longue, tanins serrés de grande qualité. Je lui trouve cependant une finale amère assez appuyée mais il faudrait être de mauvaise volonté pour ne pas l'apprécier.
L'autre vin arbore une robe qui commence à légèrement évoluer. Matière mure, beaucoup de fraîcheur, rose fanée, tabac, cigare, plus marqué par l'élevage, mais pas du tout outrancier. La bouche est un peu plus fluette que celui qui lui fait face, mais possède une belle structure qui commence à évoluer avec encore une fois cette fraîcheur agréable. Les Carruades de Lafite 2000 (6)est un très beau vin pour se faire plaisir en ce moment, mais un poil en dessous du prometteur Pontet Canet 2001 servi en face (7). 2 très beaux Pauillac dans 2 styles différents.
Avec l'Ossau-Iraty, Pierre joue "l'accord classique" nous dit-il : je n'ose pas penser à la fameuse cuvée Haïtza, car le vin semble confus, montrant peu de complexité (cassis et c'est tout). Les tanins sont fermes, même un peu durs. C'est bien connu avec cet Irouleguy cuvée "Haïtza" du domaine Arretxea : quelques temps après la mise en bouteille, le vin se referme. Ce millésime 2006 est à cacher pendant au moins 3 ou 4 ans !! Il n'en resurgira ensuite que bien plus vaillant.
Le St Nectaire se voit doter d'un autre vin et de nouveaux verres. "J'ai pensé que ça devait aller avec ce
genre de bocal" indique Pierre en montrant un gros verre à Bourgogne. Et là, c'est la baffe ! Tout le monde se regarde, le sourire en coin. Quel est donc cet OVNI* ? Le Pinot Noir est identifié rapidement par l'assemblée. Nous partons après concertation vers un Grand Cru de la Côtes de Nuits et disons qu'un Bonne Marres de noble origine ne serait pas idiot. Nez classieux, envoutant, profond, rose, camphre. Bouche gigantesque, tout en longueur avec une texture douce mais consistante que je n'avais encore jamais abordé. Le fruit est mur et d'une élégance fantastique. J'ai noté "tanins comme les haricots : extra-fins". Et pan, derrière les oreilles, ça nous apprendra : rien de bourguignon, mais c'est un délicieux Barolo 1997 Cannubi Boschis de Luciano Sandrone qui est dans nos verres. S'il y avait un vin pour faire l'amour, nul doutes qu'il serait celui-là !
Et sur un crumble aux pommes, le petit dernier. Nez d'agrumes : jus d'orange, orange sanguine, clémentine, peu de rôti mais quelques notes safranées. Bouche sur des saveurs d'ananas dotée d'une grosse acidité qui le rend très digeste malgré l'épaisseur qui l'accompagne. Nous terminons avec un très très beau Sauternes 2003. Eh oui, 2003 ! Et ce n'est pas moins que le Château de Fargues. Bravo
Merci l'ami, merci Pierre pour ta petite soirée en plein milieu de semaine avec tes petits vins de table ;-)
* OVNI : Objet Viticole Non Identifié
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10 septembre 2009
Eclectique de l'été 2009 (part two)
Notre dernière rencontre de l'été était placée sous le signe de la qualité des flacons et des retrouvailles après un repos estival mérité.
Nous sommes chez David et Stéphanie, qui au passage nous accueillent avec des bulles pour fêter le petit dernier qui se porte comme un charme ! Bravo à tous les 2, vous pouvez être fiers de votre petit Eliott (avec Arthur of course, le grand frère).
Des bulles donc pour commencer. Un joli nez de noisette et de pomme, c'est rond à point, avec de l'énergie en bouche qui laisse la bouche propre et fraîche. C'est la cuvée Brut Réserve de Guy Niziolek. Un agréable Champagne de producteur pour 11,5 € seulement.
Second vin. La couleur est pâle, claire. Nez simple et acidulé fait de fruits blancs (pêche de vigne, poire) et marqué par la citronnelle. Bouche "huileuse" de poire, à l'acidité très basse. Fond de verre sur des arômes de chenin (poire, fruits exotiques...). Nous proposons un vin du sud-est, à base du cépage Rolle. C'est ce même cépage qui est appelé Vermentino en Italie et en Corse, où nous nous trouvons maintenant : Vin de Corse Sartène 2008 Domaine Pero Longo "Sérénité"
Joli nez entre deux âges, sur le cèdre, l'encaustique (dire, miel), l'amande. Une bouche un peu plus simple, un peu en décalage avec le nez, en font un vin agréable, mais pas transcendant. Finale minérale. C'est Robert Meistermann qui fait ce Riesling Grand Cru Steinert 1999.
Arômes typiques de Gewurtz, élégant et floral. Bouche bien construite avec un peu de mordant à l'attaque, sucre bien dosé, équilibré sans lourdeur. C'est bon, c'est bien fait. C'est en effet un Gewurztraminer 2004 de Frédéric Geschickt, domaine de la Sinne.
Les rouges
Premier vin. Nez sur la réduction avec des notes de levure, bière. Passé ce petit moment déroutant, le nez s'ouvre avec richesse sur la cerise et la prune. On sent bien la puissance et même une pointe d'alcool. La bouche est puissante, mure, riche de fruits noirs tels la cerise et le cassis. Malgré tout, une attaque légèrement perlante donne de la fraîcheur et de la buvabilité sur des tanins mordants. C'est très bien fait et même gourmand. Finale sur des saveurs d'encre. Pour amateur de vin solaire. C'est un Côtes du Roussillon 2007 "les Sorcières" du Clos des Fées.
Le vin suivant est dans un autre registre. La couleur est un peu évoluée et présente des reflets tuilés.
Finesse, c'est la caractéristique première de ce nez, joliment ponctué de cuir et de fraise, puis de cassis, d'épices douces. L'acidité est encore bien présente, alors que l'on donne quelques années à ce vin. Les fruits rouges dominent en bouche, la matière est douce, mure, les tanins souples. Il ressort un côté terreux en final qui en dit certainement long sur ses origines. Disons sur la Côte de Beaune. C'est un Pernand-Vergelesses 1996 1er cru "les Fichots" de Roger Jaffelin & fils. Un joli vin, qui commence à atteindre son plateau de maturité. 1996, millésime marqué par de grandes acidités en Bourgogne.
Ce vin là, tout le monde est tombé dans le panneau. En effet, personne n'en avait l'origine : fond végétal, pivoine, floral, pampre verte. Bouche épicée, tabac brun, matière fondue, petite longueur, ça se boit facilement, mais il ne faudra pas tarder à terminer votre fond de cave s'il vous reste de ce spécimen. Nous sommes à Canon Fronsac, château Vray Canon Boyer 1996.
Clairement dans un autre registre, le vin suivant propose des relans de mercaptan. Le nez n'est pas terrible, fortement marqué par le grillé. En bouche, un peu de cerise, le fuit est mur et puissant, la matière est juvénile. Registre exotique pas du meilleur effet pour ce Toro 2008 Liberalia "Cero" (Espagne), qui manque de cohésion entre le nez et la bouche.
Un peu de féminité et de la douceur
Tiens, un vin rouge ! Senteurs peu complexe mais ô combien précise de crème de mûre, cerise. Agréable, presque léger en bouche, sur la cerise avec des sucres qui trainent. On dirait presque un Maydie. On le verrait bien accompagner avec bonheur un fromage de brebis, un Ossau-Iraty par exemple. Encore un ibère : un Jumilla, Casa de la Ermita "Dulce Monsatrell" 2005. Pour rappel, le Monastrell est la version espagnole du Mourvèdre, cépage roi des vins de Bandol.
La palme de l'originalité revient à cette bouteille. Jolie couleur rosée. On part allègrement au nez sur du Loin
de l'Oeil (poire, coing) et ça envoie très fort dans le style sirop de fraise. On sent le sucre. En bouche, énorme liqueur de fraise encore, un peu pataude. Ce vin mal aimé des diabétiques est un Vin Paillé 2005, VDP de la Corrèze du domaine du Bas Queyssac. Fait avec passion par Jean Louis Roche, ce dessert à lui tout seul est élaboré à base de minuscules rendements de Cabernet Franc et Sauvignon.
Et pour achever cette belle soirée. Pas de doute, en vue c'est du Ch'nin (Chenin) : pâte de coing, un peu de pomme, pointes d'ananas, c'est jeune. En bouche, bel équilibre, les sucres ne sont pas pesants (passerillage certainement), c'est assez gourmand et possède une finale saline des plus agréable. Bien ce Coteaux de l'Aubance 2007 "Le Pavillon", domaine Richou.
Plutôt une réussite cette soirée. Des vins très différents les uns des autres et bien difficile de dire lequel s'en sort le mieux, mais on retiendra : le GW de Frédéric Geschickt pour le côté découverte. Les Sorcières du Clos des Fées : un vrai bonbon. Le Pernand de Roger Jaffelin pour sa sagesse. Enfin la Bodega "Casa de la Ermita", bien trop méconnue à notre avis !
Et après ça ?

Confit de porc, citrons et tomates confits aux zitounes
Merci Steph, merci Dave : nous reviendrons !
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11 août 2009
Coup de Coeur blanc à Syracuse
Il y a des amis que je connais depuis maintenant 2 ans, plus pour d’autres du groupe invités ce jour. Le genre de ceux que j’ai plaisir à retourner l’invitation aujourd’hui et pour lesquels je n’hésite pas une seconde pour ouvrir les flacons que j’affectionne, car notre passion commune est le vin. Le cercle LPV Haute-Normandie (première version) s'est reformé l'espace d'une journée avec la visite surprise de Eric.
Pour moi, le vin représente le partage, l’amitié. Cette relation que j’ai avec ces amis, elle dure grâce à la simplicité, à l’honnêteté et jamais lors de nos rencontres bachiques il n’y a un mot plus haut que l’autre. C’est parfois tendu, mais on a tous un ressenti à défendre, mais le respect des opinions est toujours de rigueur ! J’ai l’impression que ces moments passés tous ensemble sont des moments francs, de partage, de plaisir de la chaire. Notre petit comité n’est pas hermétique, bien au contraire sachez-le : quiconque frappera pour y entrer, porteur de simplicité et de partage pourra sans problèmes découvrir la bonne humeur qui nous anime…
L’autre jour, je les recevais à la maison. Les thèmes (puisqu’il y en avait 2) étaient : « Coups de Cœur blancs » (-de 15 € la bouteille), les 100 % Syrah (ainsi que quelques douceurs pour finir)
Les vins sont dégustés à l’aveugle, la plupart par paire, accompagnés du repas.
On commence avec un vin à bulles pour patienter et faire venir les derniers retardataires : bulles fines, intensité aromatique simple et de moyenne ampleur sur les fruits blancs. Bouche vive, agréable, manquant d’un peu de complexité. Tout le monde aura compris qu’il ne s’agit pas d’un Champagne, mais peu importe. Je pense qu’il fût apprécié pour ce qu’il est. C’est un Vin Mousseux de Qualité, Méthode Traditionnelle Brut, domaine de l'Ambroisie cuvée Enigme. Ce vin produit à Lucey (54) dans la région des Côtes de Toul, à déjà été apprécié ici. Il représente toujours un bon rapport qualité/prix (7 €).
Voici maintenant un Champagne, enfin c’est ce que tout le monde semble dire. Certains le trouvent trop grande acide. Personnellement, j’aime beaucoup ce style : vif certes, mais avec de la rondeur, légèrement brioché. J’aime aussi son petit côté noisette. C’est un « Spécial Cuvée » de la maison Bollinger. Avec les petits feuilletés au sésame, cumin et emmental, c’est excellent !
Mes Coups de cœur blancs (- de 15 €)
Premier duo. Premier vin. Remarquable minéralité, longue résonnance des saveurs de
frangipane et d’amande. J’aime ce vin parce qu’il ne fait pas de bruit et pourtant tellement efficace. Il fait parti des vins qui marquent par sa simplicité et sa précision ultime ! C’est un Chignin 2007 du domaine Gilles Berlioz. Je crois qu’il fût apprécié. Celui qui est servi en face est doté d’une matière très mure, sur les fruits jaunes tels la pêche et aussi l’abricot. Bouche qui possède pas mal d’amertume, assez longue et chaleureuse. C’est un Sylvaner Vieilles Vignes « Sono Contento » 2007 de Albert Seltz. Un peu déroutés, certain sont partis sur un Riesling (pas idiot) mais lui ont reproché un peu trop d’alcool. Il faut savoir qu’Albert récolte très mur et que ses vins sont puissants.
Autre paire. Ces deux vins ont été rapportés de 2 domaines que j’ai visités cette année. Qui n’aime pas ce superbe nez exubérant de fruits exotiques et d’une sensualité impressionnante pour le premier. Bouche dotée
d’une grande acidité qui en dit long sur ses origines ou tout du moins sur les cépages qui le compose, pure, droite. Les saveurs sont décuplées et ultra précises. J’A-DORE toujours autant cet Irouleguy blanc 2006 du domaine Arretxea. Face à lui, il fallait servir un vin qui tenait la route. Fruit blanc et mur, le nez est minéral d’une noblesse sans égal. Bouche ronde et vive à la fois, harmonieuse, où les saveurs sont longues sur les mêmes arômes que le nez. Un vin plein, dont la bouteille s’est retrouvée vidée (trop) rapidement, les invités ayant choisi de se resservir rapidement pour confirmer leur ressenti (tout comme l’Irouleguy). C’est un Sancerre 2007 "Monts Damnés" de Gérard Boulay, magistral !
Ce match a tenu toutes ces promesses et difficile de dire qui l’a emporté. Personnellement, une très légère préférence pour Arretxea, mais d’une courte tête. Le tout était accompagné de gambas au gingembre et citron vert. Je dois dire que l’accord était pas mal du tout.
Dernière opposition. Là aussi 2 domaines dont j’ai eu la chance de découvrir les vins sur place.
Le premier semble avoir digéré son élevage, mais en garde tout de même quelques traces, pas dérangeantes (bois de hêtre fendu). Les quelques arômes de muscat qui en faisait tant son originalité ont elles aussi presque disparues pour laisser place aux notes beurrées et de cacahuètes. C’est dans un style puissant tout en gardant de la
fraîcheur. Il semble avoir atteint son plateau de maturité et pour quelques années encore. Le dernier blanc est dans un tout autre style, quoique présentant lui aussi des notes de roses et muscatées. C’est élégant et ouvert à la fois, très floral. La palette de dégustateurs présent autour de la table ont identifié l’Alsace comme région d’origine, mais ont déballé tous les cépages avant d’annoncer le Muscat Fronholz. S’en est bien un, millésime 2007 du domaine Ostertag. Ce Muscat totalement sec me plaît pour son originalité, sans tomber dans une lourdeur que parfois les Muscats peuvent proposer. Le premier était un Côte de Beaune Blanc 2006 « le Clos de Topes Bizot » du domaine Chantal Lescure (c’était ma dernière, snif…)
Les vins qui semblent avoir réuni le plus de suffrage sont dans l’ordre, l’Irouleguy blanc « Hégoxuri » de Arretxea et le Sancerre les Monts Damnés 2007 de Gérard Boulay
Notre deuxième thème du jour avait pour but de comparer entre eux des vins rouges issus de la syrah, sans autres cépages en complément. Bien évidemment pour faire le tour de la question, plusieurs origines étaient proposées, car il ne s’agissait pas de tomber dans la facilité des vins du Rhône.
Michel Chapoutier «Mount Benson » 1999, Shiraz australienne VS Domaine de Ribonnet 2004 VDP du Comté Tolosan « Syrah ». Un australien qui affirme d’emblée une couleur évoluée tirant sur des reflets orangés. Matière souple, tanins fondus, c’est agréable mais sans grande complexité. Je n’attendais pas beaucoup de ce flacon, sinon qu’il commence la série des rouges. Et bien il a été supérieur à mes attentes. Quelques dégustateurs lui ont trouvé un style un peu facile, voir international. Est-ce l’effet terroir ou Chapoutier ? Face à lui, la Syrah du Domaine de Ribonnet. Un carafage de 6 heures n’aura pas eu raison de notes de réduction plutôt collantes, ce qui lui a fait perdre en buvabilité. A revoir…
Domaine Lacoste-Germane VDP des Coteaux du Salagou « Sauta Roc » 2006 contre "De Battre Mon Cœur s’est Arrêté" 2008 Côtes du Roussillon Village du Clos des Fées. Un match qui aurait pu sembler déséquilibré… Le « Sauta Roc » se présente sous un bon jour, croquant à souhait. Un beau jus de cerise noire, avec des notes de garigue. J’aimerai simplement que ce vin que j’aime beaucoup gagne en précision. Il serait parfait. Mais je sais que ses géniteurs travaillent dans ce sens. Pour l’opposer, un « monstre », une star : « De Battre » comme on l’appelle. Et bien notre cœur a battu, mais faiblement. La GROSSE déception du jour : arômes de cartons mouillés, de vernis, bof à tous les étages. On ose tous penser à un problème de bouteille, car le 2007 fût fantastique !!
Voici un des duos consistants de cette journée. Je précise aux convives qu’il s’agit de 2 vins provenant de la même région et du même millésime. Les vins sont accompagnés de côtes de bœuf. Si le premier affiche clairement son avantage en terme de buvabilité, le deuxième semble sur la retenue, un peu comme si il avait été ouvert trop tôt. Le premier vin est onctueux, sur les petits fruits noirs, bel équilibre et riche d’une belle acidité qui emmène le tout dans un genre un peu rocailleux. C’est excellent et très bien fait. L’autre se montre un peu plus en retenue. Cependant, la qualité de tanins semble supérieure et la matière est ciselée, précise. Enorme potentiel. Le millésime ? 2005. La région ? Rhône. Le premier est un Cornas d’Alain Voge et le second est un St Joseph du domaine Jean-Louis Chave.
« Un peu de féminité pour achever ces duels ! » C’est ce que j’ai dit à l’assemblée. On débute avec une syrah fraîche comme une caresse, longue et friande avec une pointe de fumée en finale. Un superbe vin qui a conquis tous ceux qui ont pu poser leurs lèvres dans cet onctueux breuvage. Pour moi, le vin parfait, harmonieux et classieux à la fois. Je me pose cependant une question : faut-il l’attendre tellement c’est bon actuellement ? Face à ce Grain Syrah 2007 de Marie Thérèse Chappaz (Valais), que pouvait-on mettre en face, sinon quelque chose qui tienne la route. La couleur est plus évoluée, avec quelques reflets orangés. Dans un tout autre style, plus opulent, plus chaleureux, les arômes se situent de la fraise des bois et la cerise à l’eau de vie à tout une palette d’épices douces (cannelle, poivre, bois de santal, cigare et chocolat). On ressent un élevage long et soigné. Si le vin est massif, l’équilibre est préservé grâce à une acidité qui donne du tonus en final. Un très très beau vin également. C’était Clos de Syrah Léone 2002, du domaine Peyre Rose de Marlène Soria (85 % syrah). Une joute qui a tenu toutes ses promesses, merci mesdames.
Allez, un dernier rouge pour la route, pour accompagner quelques fromages affinés. Bien plus évolué que les autres, il m’aura surpris par sa suavité et sa finesse. La longueur reste correcte et au finale, une belle surprise avec ce vin de la Cave de Tain l’Hermitage et cet Hermitage rouge 1990. Et puis un blanc pour la transition : un Côtes du Jura 1996 « Savagnin » du domaine Berthet-Bondet, qui a un côté lourd qui ne me plait pas trop.
Que dire sur cette série 100 % syrah ? Qu’elles peuvent être bues jeunes (dans ce cas privilégier un service frais), mais que le temps ne leur fait pas peur. Les terroirs granitiques confèrent fraîcheur au vin (Cornas "les Chailles", "Grain Syrah" de MT Chappaz, "De Battre Mon Cœur..." du Clos des Fées...
Nous entamons alors les douceurs. Une entrée en la matière ratée et cet Azay le Rideau 2003 Liquoreux de
Guillaume Descroix (Caves du Château de Fouchault) : il a vécu, il n’a plus grand chose à dire. Reste à savoir s’il s’agissait d’un problème de bouteille en goutant l’unique qui me reste encore ! Suit un Pedro Ximenez 2005 (PX) de la Bodega Toro Albalá. Cadeau de mon guide d’un jour lors de la visite l’année dernière au domaine : lourd, la langue est limite anesthésiée, c’est chaud et ça ne
ressemble en rien aux PX qui ont séjourné longuement en fût avant la mise en bouteille où la complexité est alors bien présente. Heureusement que pour clôturer la série des douceurs, Eric qui était de passage en Normandie, avait apporté une cuvée Madame 1997 (excusez du peu) du Château Tirecul la Gravière (Monbazillac) : grosse liqueur botrytisée, supportée par une heureuse acidité, sur l’abricot confit avec des variantes d’orange confite et d’ananas… excellente. Pour amateur de grosse sucrerie et pour terminer une belle journée d’amitié…
Merci à vous, amis et vous femmes de mes amis de votre visite sur notre terrasse…
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15 juillet 2009
Bon anniversaire Vougeot !
C'est déjà le match retour ? Ce qu'il y a de bien avec les anniversaires, c'est que tous les ans à la même époque, ça revient ;-)
L'ami Vincent (Vougeot pour les intimes) recevait chez lui ou plutôt chez ses parents pour un grand moment de gastronomie et de dégustation. Connaissant l'artiste, nous savions qu'il allait nous faire plaisir et mettre les grands plats dans les plus grands... Je le remercie d'être son ami.
Comme toute bonne dégustation qui se respecte, elle commence par quelques bulles, pour ouvrir l'appétit. On ne déroge pas à cette règle avec ce premier vin servi. Nez fumé sur la noisette, agréable. Ca se complique en bouche car elle semble étriquée. C'est correcte, mais ça manque d'âme et de personnalité quand on saura finalement qu'il s'agit d'un millésimé 1999 de la maison G.H Mumm (Pinot Noir majoritaire et Chardonnay). Déception relative.
Passé cette désillusion, un premier blanc arrive. Autant vous dire qu'au nez comme en bouche, c'est la mer d'huile, le calme plat sans que la tempête n'arrive ! Rien, une expression terrible du vide pour ce Muscadet 2005 "Expression d'Orthogneiss" du pourtant superbe domaine de l'Ecu de Guy Bossard.
Le 3ème vin servi a du vivre un jour, mais à l'heure actuelle il est complètement oxydé. C'était un Meursault 1996 de Marc Rougeot-Dupin. R.I.P et re zut !
2 verrres nous sont servis en parallèle. Le premier arbore de fines notes de chèvrefeuille et de buis.
L'ensemble est vif, citronné. C'est bon. L'autre vin est tout à coup plus mur, sur des senteurs d'abricot. Il est assez long et possède indéniablement plus de coffre et de gras avec une légère pointe oxydative. Bien aussi, dans un autre style. Ce sont 2 Sancerres blancs : le premier est fait par Vincent Grall cuvée "le Manoir" du millésime 2006, l'autre est l'oeuvre d'Alphonse Mellot cuvée Edmond 2001. Bien pour Vincent Grall quand on connait le prix (7 €). Convaincu par Mellot ? Oui, enfin. Mais pas à 25 € la bouteille.
Après quelques belles verrines qui nous ont ravi (tartare de saumon...), nous passons aux choses sérieuses dans l'assiette : des St Jacques, queues de langoustines et oeufs de saumon. Elles sont faites pour le duo qui suit. Le nez du
premier est bien avenant, d'une grande maturité, sur le coing, le confit et le safran. La bouche est puissante et ronde et possède une belle minéralité sur des notes salines. J'aime beaucoup. Le second vin est un peu tenu par un élevage encore présent mais offre tout de même des notes de fruits blancs. On devine une noble origine bourguignonne, mais où ? En tout cas, le plat raisonne parfaitement avec ces 2 vins. Le premier missile minéral est un Savennières Roches aux Moines 2001 du domaine aux Moines. Le second est un Vougeot blanc 2002 du domaine Bertagna.
Dernier duo de blancs. Incroyable nez de pain grillé, vous savez, ces odeurs qui viennent vous chatouiller le nez quand vous dormez et que le grille-pain est en action ! Ce Corton-Charlemagne 1996 de Maurice Maratray est encore clairement marqué par l'élevage. Pas certain qu'il décline d'autres arômes et se bonifie avec le temps. L'autre vin a tout d'un très grand vin : coing, sirop d'orgeat, vraissemblablement pâtiné par l'âge et quelques pointes oxydatives qui s'annoncent et même un semblant de notes pétrolées. La bouche est puissante, marquée par une fantastique salinité, les saveurs sont décuplées et équilibrées ! Magnifique !! Ce vin n'est ni plus ni moins que qu'un Savennières 1992 du Clos de la Coulée de Serrant de Nicolas Joly. Quand il n'y a pas de défaut, c'est grand. Merci Vincent pour ce cadeau.
Pour glisser vers les rouges, Vincent présente un duo qui avait la difficile tâche de faire la transition. Il nous indique que les millésimes sont semblables. Nous partons vers le bordelais et plus précisement vers la rive gauche assez rapidement. Le premier vin donne dans la fraise écrasée avec des touches de menthol et même un semblant de gibier. L'ensemble est fin, de demi corps, les tanins sont encore un peu marqués, mais c'est très correct et semble d'une belle origine. L'autre vin possède plus de fraîcheur, le grain est plus serré et la structure plus imposante. Seule une finale qui tombe rapidement me fait préférer finalement le premier vin. Pauillac 1997 Château Lynch Bages VS St Julien 1997 Château Léoville Poyferré. Pas mal pour une entrée dans le vif du sujet ?
2 nouveaux verres sont servis avec une belle côte de boeuf. Le premier offre une complexité énorme : arômes viandés, café, zan, terre chaude et humide, sous bois. En bouche, ce vin est caressant, les tanins sont souples et fondus, j'ose dire que la structure est orgasmique ! A chaque fois que j'ai pris une gorgée, je me disais que c'était une caresse, un hymne à faire la paix avec n'importe qui. La longueur est entraînante, et quasi sans fin ! Et dire qu'il s'agit d'une propriété qui a eu des problèmes avec ces vins à la fin des années 80 et que ce millésime justement marque la dernière année des ennuis : c'est un St Julien 1990 Château Ducru-Beaucaillou. Le TOP et il débute gentillement son plâteau de maturité ! Après un tel missile en règle, quel nectar pouvait arriver sans faillir ni faiblir ? Le vin qui nous est servi est une bombe de fruits rouges, réhaussé par de subtiles touches fumées et épicées. En bouche, c'est croquant, dense et assez tannique ou plutôt, le vin semble bien plus jeune que le précédent. Joli vin que cette Côte-Rôtie "Brune et Blonde" 2000 de Guigal.
Vincent aime également les beaux Bourgognes, et nous aussi ! Mais j'ai moyennement apprécié l'Echezeaux 1995 de Pierre Miserey avec une sensation terreuse, séchante et un brin austère. En face de lui, tout l'inverse : le vin s'expose tout en douceur, calmement sur des arômes de fruits rouges, de menthe, de feuilles mortes. Le tout est d'une certaine buvabilité, avenant et pas compliqué. Une bien belle découverte avec ce Chassagne-Montrachet rouge 1996 du Château de la Maltroye.
Le plateau de fromages est en vue ! On retourne dans le bordelais, c'est sûr. Magnifiques arômes de cèdre
et de boite en tuya, nez classieux, poivré. La trame tannique est serrée et semble se situer entre 2 âges. Les fruits rouges sont en nombre. Un très beau vin que ce Pauillac Pichon Comtesse de Lalande 1995. L'autre vin a beaucoup fait parlé. Les uns l'on défendu, d'autres ont ressenti une grande déception, à commencer par Vincent : c'est vrai que quand un vin est envahi par l'élevage et ses notes de café, déséquilibré sur l'alcool, que l'amertume finale prend le dessus et que l'on s'appelle Cos d'Estournel 96, il y a de quoi pousser un hurlement primaire ! Et pour ma part, je ne vois pas en quoi il pourrait s'arranger avec le temps.
En interlude, servi seul, voilà un cru intéressant : réduit au départ, il s'ouvre sur d'agréables notes fruitées à la bouche d'ampleur moyenne. Seule une petite sécheresse finale en bouche gachera ce Corton le Rognet 1996 de Laleure Piot Père & Fils.
Le suivant est aussi célibataire. Trame végétale, matière dense et étoffée avec une certaine puissance et juvénile. Enorme potentiel, mais patience. Nous terminons cette série de rouges sur un Clos de Vougeot 1996 du Château de la Tour.
La soirée se termine avec 2 douceurs : elles sont servies en parallèle. Nous partons sur Sauternes sur le premier avec la batterie classique de senteurs. La liqueur est imposante, et le manque d'acidité se fait sentir. Du coup, le Lafaurie-Peyraguey 96 est un peu pataud. Par contre, celui qui lui est opposé a tout d'un grand : nez d'abricot sec, d'orange sanguine est des plus enjoleur. Le temps semble avoir fait son oeuvre avec une bouche pâtinée et un rôti en arrière plan. C'est complexe et équilibré. Un très beau Sauternes, Château Filhot 1990, tout en finesse, bravo ! Et Filhot n'en finit pas d'étonner Vincent (que oui)
Encore un beau moment d'amitié contrasté par des échanges vifs mais respectueux en tous les points de vues. Le point central se trouvant justement au moment de déguster Lynch-Bages/Léoville Poyferré puis Cos d'Estournel. Pour ma part, une soirée qui me marquera par la dégustation de Ducru Beaucaillou 1990, de la Coulée de Serrant 1992 et par Filhot 1990. Rien que pour cela, merci mon ami, merci Vincent, merci Anne... et encore bon anniversaire.
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28 avril 2009
Un repas dégustation Exceptionnel !
Je me considère comme un petit veinard. "Le jour J, l'heure H et le bon endroit pour le spermatozoïde élu" : c'est ce que je me dit à chaque fois que j'ai de la chance ! Faire partie des amis de Pierre est déjà une reconnaissance. Celui-ci fêtait son anniversaire, un compte rond. Comme c'est un grand amateur de vin, de bonne bouffe et qu'il a le coeur sur la main, nous avons eu le privilège d'être conviés pour une grande journée de dégustation. La liste des vins est impressionnante et bon nombre pris individuellement auraient été LE vin d'un repas. Jugez plutôt, récit...
Nous sommes "convoqués" pour l'heure du midi avec quelques amis amateurs de bonne chair et de bons vins. Le petit déjeuner a été des plus légers, car connaissant le maître des lieux, on risquait de passer quelques heures à table ;-)
Les vins sont servis à l'aveugle accompagnés du repas et dévoilés après chaque série (de 2 ou 3)
Rillettes de saumon et citron confit
Champagne Gosset Celebris Brut 1995
Pomme au four, noisette, belle rondeur et jolie vinosité, bulles fines. Finale pralinée et crayeuse. Un beau Champagne (Chardonnay/Pinot Noir) pour débuter et ouvrir l'apétit.
Aumônière de chèvre et compotée de poires à la cannelle
Sancerre 1996 Cuvée "Edmond" Alphonse Mellot
Nez truffé et un peu exotique, des notes oxydatives. Finalement peu de choses à dire. Termine très court. Seule déception d'une journée qui allait s'annoncer comme exceptionnelle.
Chablis 2006 Vincent Dauvissat et St Aubin 1er Cru "Bas de Vermarain à l'Est" 2007 Sylvain Langoureau
Le Chablis est un vin qu'il a fallu aller chercher. Timidement, des notes précises d'agrumes et de citron vert viennent. La bouche est droite dans un style pur. Le St Aubin, une fois reconnu confirme l'excellente impression que m'avait fait ce vin il y a quelques semaines : il représente un beau Bourgogne blanc dans son écrin (bel élevage, chauffe intéressante et originale). Droit dans ses bottes, le vin est vif et ample dans un style où rien ne dépasse. Avantage au St Aubin, expressif à souhait. Le Chablis est peut-être un peu moins intéressant à ce stade, mais on devrait reparler de lui à coup sur.
Meursault "Les Tillets" 2004 Domaine Roulot et Meursault "Narvaux" 2004 Domaine Balland-Curtet.
Pierre indique qu'il s'agit de 2 vins de la même appellation, élaborés par la même personne mais sur 2 domaines différents.
Le Meursault de Roulot incarne la puissance même avec une minéralité en avant. Contrairement à certains autour de la table, je ne reconnais aucun manque de mâturité, bien au contraire : c'est mur et tendu doté d'un bel élevage. Un très beau vin. Le "Narvaux" de Balland-Curtet est un beau vin sur des notes iodées et anisées, mais il manque d'un peu de caractère et fait à peine le poids face au Roulot que nous venons de boire.
Lotte sur purée de petits pois et morilles à la crême.
Meursault "Caillerets" 2004 Jean-François Coche-Dury et Meursault "Narvaux" 2003 Domaine d'Auvenay. Un des tournants de cette journée, au moins pour les blancs. Je porte rapidement au nez le premier vin et dit à Didier qui vient de faire le service "Coche-Dury". Le nez grillé exhale ses notes de cacahuètes inimitables et incomparables. Bouche d'une minéralité superlative aux saveurs miélées. Elle est tendue, droite, longue et s'équilibre à très haut niveau ! Exceptionnel. Le Meursault d'Auvenay impose rapidement sa puissance ! Les parfums de fleurs sont envoûtants, la bouche est pleine à craquer de saveurs qui paraissent décuplées. Comment peut-on mettre autant de chose dans un aussi petit contenant ? La longueur est quasi interminable. Exceptionnel encore tout en restant festif. Le Coche-Dury sur un équilibre magistal, le d'Auvenay dans un style puissant et plein. Certainement les 2 plus grands vins blancs que j'ai bu de ma petite vie de dégustateur. Nous venons tous de prendre une grosse claque. J'ai bien beau chercher ce qui éloignerait ces 2 vins de la perfection : rien ! De plus, l'accord avec le poisson et les morilles était vraiment génial.
Filet mignon de veau, tagliatelles fraîches et champignons
Chambolle-Musigny 2006 Domaine Amiot Servelle et Nuits St Georges 1er Cru "Clos de la Maréchalle" 2006 Jacques-Frédéric Mugnier. Ces 2 vins avaient le difficile objectif de faire la transition vers les rouges. Le Chambolle a un nez épicé typique du pinot noir. La bouche est presque dure et tout ne semble pas encore en place. Le Nuits St Georges de JF Mugnier représente lui la gourmandise du fruit poursuivie en bouche par une matière mure et ample. Les tanins sont précis et de belle qualité. Très bon.
A la révélation des étiquettes, j'ai cru un moment m'être trompé de vin car je m'attendais à l'inverse : le Chambolle incarnant habituellement une certaine sensualité, rondeur et le Nuits mettant en général plus de temps à s'épanouir et s'arrondir. C'est plutôt l'inverse qui s'est produit. Mes petits camarades n'avaient pas eu l'air plus surpris que cela.
Gevrey-Chambertin 1er Cru "Les Cazetiers" 2001 Domaine Armand Rousseau et Côtes du Rhône 2000 Château de Fonsalette. Tout les oppose dans le style. Rousseau se montre avec un visage sauvage (humus, sous bois) et une maturité certaine de l'ensemble. Le tout parait presque anodin. Ca manque cruellement de longueur et de profondeur. Très grosse surprise voire déception une fois le voile levé. Par contre, Fonsalette propose un nez de tabac froid, de cèdre et d'herbes aromatiques. La bouche est juteuse, même vineuse oserais-je dire, sur l'olive noire et le zan. Une très belle bouteille, offrant à cet instant une transition dans un style complexe et épanoui. Parfaitement à point.
Entrecôtes à la plancha et pommes de terre du jardin sautées.
Une trilogie : St Emilion 1979 Château Figeac, Pomerol 1979 Château Lafleur-Gazin et Pauillac 1980 Château Mouton Rothschild. Le moment charnière de la série des rouges. Le Figeac 89 propose des notes torréfiées soutenues, typées cabernet, évoluées, graphite, encre d'école. Longueur immense. Un superbe Bordeaux à maturité qui a plu à tout le monde par sa générosité et son élégance. Le Pomerol 89 est tout en retenue, mais non dénué d'intérêts : cerise à l'eau de vie, sous bois, bouche serrée au grain soyeux, l'air dans le verre lui a fait un bien immense. Il a pris du volume pour donner en fin de trio tout ce qu'il avait ! J'ai adoré le fait d'aller le chercher. Quant au Mouton, c'est la grande classe. Pas de doutes, on est à Pauillac : cèdre, boite à tuya, café, arômes de fruits élégants et rafinés. La bouche est subtile, toute en dentelle, séveuse et s'étire longuement avec des tanins fondus et des pointes mentholées. Grand bouteille, encore une fois à maturité.
Waouh : 3 grands Bordeaux, sans aucuns défauts, avec tant de choses à dire. Tous à maturité et dans 3 styles différents.
Pauillac 1998 Château Pichon-Longueville Baron et Pauillac 1998 Château Mouton Rothschild. Après ce trio infernal, on se demande bien à quelle sauce on allait être mangé pour terminer le bout d'entrecôte qui restait dans l'assiette. Le Baron possède un beau nez profond de menthol, plus jeune certainement aussi. La bouche offre une amertume plus prononcée que la série que nous venons de boire? Je partais sur St Estèphe, mais j'ai rapidement été repris par le maître des lieux, Pierre. Il semble avoir été grandement apprécié par la table. C'est bien fait mais ça ne provoque pas en moi une grande émotion. Je lui reproche un petit manque de folie. Par contre, le vin qui lui est opposé est charmeur, noble et donne un style raffiné de bois de sental et de touches de fumés. Bouche sphérique, riche d'un fruit qui claque, alliant puissance et raffinement encore. Pas tout à fait prêt à boire, ce vin écrase tout de même par sa classe.
C'est encore une fois Mouton ! La table approuve !
Plâteau de fromages
Château-Chalon 1997 Jean Macle, Château-Chalon 1947 Jean Bourdy. Le "CC" de Macle est d'un style habituellement pur et raisonant. Pourtant, la robe est trouble. Mais une fois oublié cette turbidité, ce sont de subtiles notes de pommes, lactées et fumées de savagnin léger. La bouche est tout en finesse et se déploie longuement. J'A-DORE ! Le "CC" de Bourdy est plus musclé et semble à peine plus âgé que le Macle. D'abord parce qu'il arbore la palette habituelle du savagnin, mais aussi par une richesse plus expressive et un jus plus mur et plus sucré. Très belle densité, j'adore aussi.
Incroyable grand écart entre ce 2 vins : 50 ans entre les 2 et pourtant l'un semble être le frère cadet de l'autre.
Mousse de framboise, feuilleté et salades de fruits de saison.
Sauternes 1996 Château d'Yquem et son grand frère plus âgé le Sauternes 1990 Château d'Yquem.
J'ai reconnu Yquem d'une dizaine d'année assez rapidement avec ces saveurs de coco (c'est mon repère) et ses fines notes de sparadrap. Liqueur vive et dense sur les agrumes comme l'orange confite et la mandarine, on a affaire là à un Sauternes qui n'a plus sa jeunesse, mais dont l'ensemble paraît s'asseoir et se concentrer. Un bel Yquem, conforme au même 96 goûté il y a peu. Le 2 ème arbore une magnifique robe plus foncée, ambrée. Il y a indéniablement un lien de parenté. On est davantage sur des arômes et notes de pêches jaunes. La bouche est plus patinée, la puissance est sous jacente, telle un bolide qui roule en ville. Mais je me pose tout de même la question de savoir si le vin ne souffre pas d'un petit manque d'acidité. C'est un beau vin, mais je ne l'imaginais pas du tout comme cela.
Là, c'est l'estocade, le coup de grâce, le petit Jésus en culotte de velours !
Voilà mes amis, comment s'est déroulé un dimanche pas tout à fait comme les autres. Nous pouvons saluer Séverine et Pierre pour leur cuisine digne des grandes tables et Pierre pour son IMMENSE générosité !
Merci l'ami !
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15 février 2009
Quelques belles étiquettes pour un anniversaire
Nous sommes réunis chez l'ami Didier pour fêter ses 37 ans. Connaissant un peu l'animal, nous sommes à peu prêt certains de passer un bon moment, lui qui vénère les Bougogne comme peu d'entre nous...
C'est dimanche : les esprits sont relâchés, l'âme joueuse anime l'ensemble des amis réunis autour de la table. De plus, la France joue en fin de journée la finale des championnats du monde de hand contre la Croatie.
Nous commençons par un Champagne pour ouvrir l'appétit à toute la tribu. La bulle est très vive, genre nerveuse avec un peu de gaz au nez qui reste présent. L'ensemble n'est pas exubérant, mais plutôt étriqué, manquant de vinosité. Pas ce que je préfère, question de goût. Ce Champagne qui était bu étiquette dévoilée est un BSA ("Brut Sans Année") Perrier Jouët "Grand Brut".
Le premier blanc servi a été apporté par Pierre. Il arbore une magnifique robe dorée.
Le premier nez à des accroches avec le chenin. Mais tout rentre dans l'ordre grâce aux quelques molécules d'air qui viennent ouvrir le vin : il semble maintenant typé chardonnay. C'est large, ample, la matière est mure et très marqué par le bois. Ca sent la grosse cavalerie ! En bouche, il semble presque tannique, vraiment enrobé et la longueur semble se faire sur l'élevage. Autant on reconnait tous une certaine notoriété, autant les avis sont partagés : personnellement, je suis incapable de discerner un quelconque terroir, mais plutôt un style émanant d'un boisé qui englobe tout. C'est un Bougogne blanc 2003 du domaine Comte Georges de Voguë. Ce sont de jeunes vignes de Musigny blanc qui ont été plantées en 1990 et ont donné leur premier millésime en 1997.
On cache les étiquettes, c'est sérieux. Un match s'annonce : Didier nous indique qu'il s'âgit de 2 vins issus du même millésime dont les parcelles ne sont séparées que de quelques centaines de mètres. Les
vins sont accompagnés de st Jacques normandes.
Le 1er du binôme donne des petites notes oxydatives qui glissent ensuite sur un style minéral, fumé et des touches crayeuses importantes.
Le 2ème a une couleur plus dorée. D'abord muet, l'air le fait parler et livre ensuite des écorces d'orange, fenouil et anis. Il gagne sans conteste en volume avec un élevage des plus agréables et discret au point de devenir vraiment un très beau vin.
Retour sur le 1er dont les notes boisées ont malheureusement pris le dessus. L'assemblée a donné comme région la Bourgogne pour ces 2 vins, vers Puligny notamment. Le premier est un Meursault Genevrières 2003 de Bouchard Père & Fils et le 2ème est un Meursault Clos des Perrières 2003 Monopole détenu par Albert Grivault. Ces deux premiers crus n'ont cependant aucune lourdeur mais avantage sans conteste au Meursault de Grivault.
Un chapon est en vue ! Pour l'accompagner, un autre duel, de rouges.
Le premier est superbe : il est sur la fraise écrasée, des notes giboyeuses et de fortes senteurs de fumée et de goudron ! En bouche, ça se confirme : des saveurs goudronnées voire tourbées. La longueur est honorable et la finale légèrement sucrée. Pour quelques dégustateurs, il paraît fatigué. Je ne suis pas d'accord, car il lui reste encore une jolie structure, élancée et surtout beaucoup de classe.
Le deuxième rouge intrigue par sa couleur grenadine. Nez de foin, de noix, oxydé quoi. La bouche est très fluide. Il semble très très fatigué, mort.
Résultat : Haut-Brion 1972 et Grands-Echezeaux 1972 du domaine de la Romanée Conti. Malheureusement un DRC qui terminera sa carrière dans les égouts de Rouen. Vous l'aurez deviné, 1972 c'est l'année de naissance de notre hôte Didier.
Encore tout retourné par le sort qui vient de s'abattre sur lui, Didier retourne dans son antre. Il ouvre à la va vite un remplaçant (de luxe ?) au Grands-Echezeaux. Pas de doutes, on est encore en Bourgogne. Magnifiques effluves de pinot. Les arômes sont nets, précis, denses aussi, faits d'épices douces si typiques. On ose y penser : Clos de Tart ? La bouche est construite sur un philigranne végétal, des touches mentholées et d'herbes arômatiques (thym). Le grain en bouche est vraiment très beau : dense et velouté à la fois. Superbe longueur. Et c'est bien un Clos de Tart, millésime 2000.
Repris une heure plus tard, ce Tart déroule maintenant toute une panoplie de senteurs animales. La trâme végétale elle a quasiment disparu.
Un plâteau de fromages fait son apparition. 2 blancs pour l'accompagner. Le premier dans le genre vieux
Sauternes, enfin pour la couleur. Le nez est celui d'un vin ayant sans nul doute quelques années : pomme au four, sucre d'orge, mur. Très mure encore avec une acidité assez basse la bouche offre une belle texture, pâtinée. Voici un très beau vin, qui se marie à merveille avec les fromages. C'est un Chevalier-Montrachet 1976 de Bouchard Père & Fils.
L'autre vin servi sent malheureusement la serpillère et la poussière : triste fin de parcours pour ce Meursault 1983 de Bouchard Père & Fils.
Le gâteau orné de 37 bougies arrive. Le vin : belle robe paille, sur des arômes confits, plutôt aériens avec un botrytis assez présent. Un joli vin, pas d'une rande richesse, mais pas mal, porté par une étonnante et haute acidité. Longueur moyenne sur les mêmes arômes que le nez. C'est un Sauternes 1999 du château Rayne Vigneau.
La tension monte, l'équipe de France joue la finale des championnats du monde de Hand. A peine chauvin et pour conjurer le mauvais sort, un Champagne est servi et ce avant même la fin du match. Assez vineux, ça manque un peu de personnalité, mais c'est agréable. C'est un BSA de la grande maison Taittinger.
Le France vire en tête en début de seconde période. Didier nous apporte de quoi supporter un peu plus les "bleus". Retour en Bourgogne pour nous faire découvrir un vin qu'il affectionne. Comment ne pas être d'accord : très bel élevage, soigné, intelligent, matière ciselée faite de fruits blancs croquants. Trâme d'une grande précision. Superbe vin, vibrant, tout en équilibre. Mon coup de coeur du jour est un St Aubin 1er cru 2004 "Murgers des Dents de Chien" de Hubert Lamy.
Enfin, pour clore cette belle journée qui s'achève par un titre mondial, une petite dernière, encore une fois ouverte au pieds levé, symbole de la générosité de Didier. Le vin affiche de la réduction au départ avec des arômes viandés. Sacré jeunesse qui s'exprime d'une part par beaucoup de fruit d'autre part par des tanins qui sont un peu durs. Il saura s'améliorer à coup sûr. C'est un jeune Grands-Echezeaux 1998 de la maison Chanson Père & Fils.
Un GRAND merci à Didier pour cette journée réussie avec de superbes vins, un très beau repas et entourés d'amis animés de notre passion commune. On te doit une revanche !!
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02 janvier 2009
En balade (en Côtes de Nuits)
Bonne année 2009 !
Le thème de cette rencontre LPV Haute-Normandie est simple : aborder un maximum d'AOC différentes (village et premier cru) des villages de la Côtes de Nuits, soit Marsannay, Fixin, Fixin 1er cru, Côtes de Nuits village, Gevrey-Chambertin, Gevrey-Chambertin 1er cru, Nuits St Georges, Nuits St Georges 1er cru, Morey St Denis, Morey St Denis 1er cru, Chambolle-Musigny, Chambolle-Musigny 1er cru, Vougeot, Vougeot 1er cru, Vosne-Romanée, Vosne-Romanée 1er cru. Pas mal hein ?!
Pour commencer cette journée, 3 mises en bouche. Giacomo Vico Cantina, Birbét. Un mout de raisin
partiellement fermenté aux accents italiens. Les bulles sont fines et légères, et dégagent de jolies effluves de fruits rouges avec un sucre résiduel bien présent, mais pas envahissant. Ensuite, un Savigny les Beaune blanc 2007 "Vinomélie" de Jean-Luc Maldant : Le nez floral est ouvert, de pierre à fusil, minéral avec une pointe oxydative au départ qui nous a quelque peu interpellé. La bouche est ample, fruits secs, fenouil sur une finale saline. Pas mal. Pour terminer cette mise en bouche, un vin au cépage injustement bani de la Bourgogne : le gamay. Un Beaujolais Village 2008 de Daniel Burnichon. Un "Bojo", pas fuyant bien au contraire et qui livre de façon vive toute la gamme de fruits rouges. C'est gourmand et bien fait bien fait. Bon.
Maintenant, c'est sérieux. Le coeur de la dégustation : les vins sont servis par paires et dévoilés à la fin de la dégustation. Les vins sont accompagnés de divers terrines, jambon persillé pour commencer.
1 Morey St Denis 2000 Domaine Dujac
Waouh, ça commence fort ! Le nez est jeune, très frais avec beaucoup de fruits et quelques notes terreuses. La bouche est serrée, précise et contient de beaux amers qui pourraient indiquer qu'il s'agisse d'une vendange entière. Le tout est long, équilibré et laisse présager une jolie carrière (Bien +)
2 Beaune Clos de Mouches 1998 Domaine Drouhin
Le pirate du jour, situé sur la Côte de Beaune. Je n'ai pas trop aimé son nez très mur, paraissant sucré. C'est par contre plus évolué que le premier. La bouche est assez tannique portée par une grosse acidité et tombe plutôt rapidement (Moyen)
Avantage sans conteste au Morey St Denis de Dujac déjà ouvert et à qui on prédira sans se tromper un bel avenir.
3 Gevrey Chambertin 1995 1er cru « Bel Air » Domaine Taupenot-Merme
4 Vosne Romanée 2002 « Aux Réas » Domaine AF Gros
Le Gevrey offre une belle palette d'arômes tertiaires (cuir, gibier, terre humide) porté par une acidité bien présente. Dommage que la longueur tombe assez vite. Mais c'est un beau vin fait pour la table.
Le Vosne Romanée incarne tout ce qu'il y a de féminin : bien habillé par l'élevage, pas vulgaire, les arômes de fruits (violette, cassis) sont nets et profonds. Belle longueur et superbe équilibre.
Le Gevrey dans un style évolué (Bien), le Vosne (TBien) en pleine jeunesse mais possédant toutes les armes pour durer. Avantage pour le Vosne de AF Gros et sa sensualité.
Arrivée d'un boeuf bourguignon d'anthologie, mijoté 8 heures dans 8 litres de vins (syrah) !
5 Vosne Romanée 2002 1er cru « les Beaux Monts » Domaine Michel Noëllat
6 Gevrey Chambertin 93 « en Motrot » Domaine Denis Mortet
Un duel intéressant à tout point de vue : 2 terroirs, 2 âges et 2 évolutions différentes. Le Vosne Romanée de Noëllat a des arômes corsés (café) très pinot mais un peu grossiers pour ma part. La bouche est mure avec pas mal d'acidité. Elle s'éparpille et au final, le vin paraît dans une phase un peu ingrate. A revoir tout de même, car il semble posséder un bon fond (Moyen +). Le Gevrey de Denis Mortet se présente tel une énigme : il a tellement de choses à dire, mais semble ne pas se donner. On y reconnait pourtant des notes évidentes d'un beau terroir avec même un petit parallèle à certains cabernets francs de Loire. La bouche est délicate, mure et persistante mais toute en retenu et le grain est très serré. Une bête qu'il a fallu traquer. Pas facile d'aller la chercher celle-là.
Avantage tout de même pour Mortet qui sur ce coup avait été carafé 3 heures (Bien +).
7 Nuits St Georges 1er Cru 2003 «Clos des Porrets St Georges » Domaine Henri Gouges
8 Marsannay 2005 « les Saint Jacques » Domaine Bart
La robe du Gouges est très foncée, presque noire ! Le nez est très fruit, très rose. Mais la bouche semble tannique, voire dure. Pour sa défense, ce vin a été servi un peu froid.
Le Marsannay lui est plus ouvert, rond avec des notes de violettes et d'élevage (épices). Malgré tout ce qui a été dit, je trouve qu'en bouche, le raisin est mur et c'est même assez long.
Dans un style vraiment différent, le plaisir immédiat est pour le Marsannay de Bart (Bien +). Le Gouges me paraît un peu trop extrait (Moyen +).
9 Bourgogne 2006 Domaine Méo Camuzet
10 Côtes de Nuits 2005 VV Domaine Naudin-Ferrand
Le Bourgogne de Méo Camuzet est un demi pirate. Le style est fruits frais (fraise écrasée). C'est vif, bien fait, mais c'est un peu monotone et on sent là que l'on descend un peu dans la hiérarchie, bien qu'issu de parcelles de la Côtes de Nuits.
Le Côtes de Nuits empeste l'hôpital et le vernis à ongle ! La bouche offre une belle matière tout de même.
Un petit plus pour le Bourgogne de Méo Camuzet (Moyen +), tant les notes de sparadrap du Naudin-Ferrand (Moyen -) sont désagréables.
11 Chambolle-Musigny 2005 Domaine Dujac
12 Fixin 2005 « Champ des Charmes » Domaine Jérôme Galeyrand
Autant le dire tout de suite, le Chambolle-Musigny de Dujac est mon coup de coeur de cette dégustation !
Il incarne la finesse et l'élégance avec un élevage bien dosé. Peut-être un infanticide de le boire si jeune, mais il permet de discerner un superbe potentiel dans un millésime plein. Le Fixin de Jérôme Galeyrand est très avenant, ouvert sur des notes de café. La bouche est diablement gourmande, avec une texture soyeuse et une finale légèrement végétale qui offre une belle complexité.
Le dernier duo tourne à l'avantage du Chambolle de Dujac (TBien), grâce à un style moderne qui séduit immédiatement. Le Fixin (Bien +) n'est pas en reste et a su se montrer généreux. Fort de cette belle impression, je suis assez impatient de goûter le reste de la gamme.
Très belle dégustation, de haut vol. Peu de déchet. Le beaux domaines semblent s'en sortir avec les honneurs.
Mon TOP 3
1 Chambolle-Musigny 2005 Domaine Dujac
2 Vosne Romanée 2002 « Aux Réas » Domaine AF Gros
3 Morey St Denis 2000 Domaine Dujac
2 vins de Dujac aux avants postes, c'est justement mérité. S'il fallait en ajouter un autre, ce serait le Fixin de Jérôme Galeyrand.
C'est Pierre qui reçoit. Notre joueur de hand préféré jouant à domicile, il n'en a pas eu assez. Il retourne en cave pour apporter 5 autres vins et veut passer la vitesse supérieure : assez rigolé !
Servis par paires (exception du dernier) et à l'aveugle, dévoilés après chaque série.
Chambertin 1999, domaine Tortochot contre Grands-Echezeaux 2002 de Coquard-Loison-Fleurot
Le Chambertin semble d'une grande jeunesse mais un peu dur. Sur des notes florales et de rose fanée, il laisse apercevoir un beau potentiel. Ce qui pourrait frapper, c'est la grande acidité qui domine le vin. Il manque encore d'harmonie, mais bien heureux celui qui l'a en cave : patience.
Le Grands-Echezeaux est bien différent de celui que j'ai pu boire en juin dernier (je le saurai une fois l'étiquette dévoilée). Il possède d'étonnantes senteurs de chataignes grillées. La bouche est joliment dessinée et possède l'équilibre d'un grand vin tout en pinotant d'une belle façon.
Léger avantage au Grands-Echezeaux à cet instant, mais on reparlera certainement du Chambertin plus tard.
Une autre série, qui a beaucoup fait parler (en bien, je vous rassure)
Musigny 2000 de Jacques Frédéric Mugnier VS Clos de Tart 2001.
Pierre aurait pu trouver pire comme combat ! Un fois le nez dans les verres, le silence se fait immédiatement autour de la table ! Rarement je n'ai vu une telle concentration avec la bande de joyeux lurons qui sévissent ici. Le Musigny a une élégance que j'ai rarement eu l'occasion de cotoyer. Le vin paraît plutôt floral (rose) et possède une certaine forme d'allégresse. La bouche est assez large et gagne en volume et puissance à mesure de la gorgée. La longueur se poursuit jusqu'à une finale quasi sans fin, ponctuée d'une trame végétale des plus enivrante. Mes amis, quel vin !
Le Clos de Tart 2001, je l'ai reconnu instantanément ! Il faut dire que c'est le genre de vin que l'on oublie pas et que l'on ne boit pas tous les jours. Cette première rencontre avait eu lieu il y a 2 ans avec le groupe LPV Paris (merci Raymond). Quel nez, tout en subtilité, en finesse, en profondeur ! C'est une sorte de balade non plus en Côtes de Nuits mais dans un souk : ce qui arrive en premier lieu, ce sont les épices douces carressantes puis les notes de roses séchées, de pivoine et de loukoum. Il est étroit, encore sur la retenue. Le grain de bouche est magique : il est fin, soyeux et porte le fruit sur des dizaines de secondes !
Affaire de goût et de style, tout petit avantage au Clos de Tart sur le Musigny de JF Meugnier pour l'énorme classe qu'il possède. Ce denier n'en reste pas pour autant un vin exceptionnel.
La tête encore dans les étoiles, nous sommes passés à côté du Santenay blanc 2001 "En Biévant" du domaine Bart qui accompagnait les fromages. Nous nous sommes resservis des 4 vins précédants.
Pour terminer sur un douillon aux pommes, un Monbazillac Tirecul la Gravière 2001 : superbe nez marqué de botrytis, de safran et de miel. La bouche est généreuse grâce à la liqueur assez impressionnante, mais tenue par une haute acidité. Elle est faite d'orange confite et de beaux amères et se prolonge très longuement. Toujours aussi bon.
Quelle journée ! Tout retournés, nous regagnons nos chez-nous respectifs avec des étoiles pleins les yeux. Merci à tous pour votre bonne humeur et merci Pierre pour ta générosité.
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05 décembre 2008
50 ans, quel bel âge !
Une fausse soirée Muscadet, à laquelle il n'y avait que l'intéressé pour y croire : normal, tout le monde était au courant que Luc allait avoir 50 ans dans quelques jours. Nous n'allions pas laisser passer cette occasion rare sans rien lui faire !!
Fort de cet évènement, les Maigremont ont donc mis les petits plats dans les grands afin de faire passer à Luc (mais à nous aussi) une belle soirée.
Pour commencer, un Champagne bien connu des Maigremont, Assailly-Leclaire & fils, Blanc de Blancs Grand Cru pour trinquer, puis pour accompagner des verrines de tartare de saumon, mousse de foie gras pain d'épice et des huitres claires bien tentantes. Le Champagne est vif, fruité et sonne bien avec le gras du saumon et la salinité des huitres. Toujours aussi bonnes ces bulles !
De belles St Jacques sont servies ! C'est un Louis Carillon qui leur donnera le LA et plus précisement un Puligny-Montrachet 2003 1er Crus les Combettes : le nez est superbe et intelligemment boisé (lisez noblement et finement). La bouche est très pure, mure, assez ronde et le petit manque d'acidité a été compensé par un service un peu plus frais qu'à l'accoutumée (environ 10°c). Le vin a été carafé 2 heures. L'accord avec les St Jacques fonctionne bien et le vin est vraiment superbe dans un style cristallin.
L'idée de faire un repas simple et convivial avait pour but de mettre facilement les vins en valeur. Le plat suivant est un boeuf bourguignon. Il est honoré par 2 vins servis successivement.
Le premier est un Monthélie rouge 2006 de Jean-François Coche-Dury, autrement dit pour les intimes
"JFCD". On sent le bel élevage, les épices douces et une profondeur inouïe du fruit (violette, cassis). La bouche est très équilibrée, suave avec des saveurs qui se prolongent bien. Superbe vin. Si jeune, si prometteur, si bon. JFCD sait aussi faire des rouges, on en doutait pas.
L'autre vin est tout juste majeur mais est époustouflant de jeunesse ! Son nez est plutôt minéral (graphite, notes terreuses) et respire les fruits noirs. La bouche est puissante, avec des tanins fermes mais reste harmonieuse et avenante. Il s'agit d'un Châteauneuf du Pape 1990 du domaine la Roquette
Pour accompagner les fromages, un château Lynch-Bages 1999 : c'est en ce moment l'archétype du Bordeaux dans sa plénitude et qui arrive à maturité. C'est l'âge où il fait plaisir à présenter à table. Des arômes tertiaires (sous bois, humus) complétés par des notes de boite à cigare, de cèdre et de fruits noirs. La bouche est de demi corps, les tanins souples mais le tout est follement classieux.
Avec des mangues et kumquat poëllés et un sorbet mandarine, on a cherché l'accord classique et peu luxueux, on l'avoue. On ne souhaite qu'une chose à chaque amateur de vin : boire Yquem au moins une fois dans sa vie afin d'éprouver cette sensation si particulière, si exceptionnelle. Le vin est radieux, généreux. Le 1996 nous offre une belle palette d'agrumes (orange confite et mandarine) et d'intenses senteurs de noix de coco. La bouche raisonne parfaitement avec les fruits poëllés et le sorbet. Elle livre une liqueur ample, crémeuse soutenue par une fantastique acidité. Et que dire de la longueur ?
Voilà une bien belle soirée qui s'achève avec un beau repas et
des vins ouverts, de haut niveau, des gens contents...
On a oublié de vous dire : Manu quittera la région prochainement, le travail l'obligeant à déménager à Aurillac dans le Cantal. Inutile de vous dire comme on est triste !!! Plus qu'un circulaire, on perd là un ami et Catherine sa femme.
On a aussi oublié de vous dire que tous les membres du cercle (13) étaient réunis pour cette soirée ! Il y a bien longtemps que cela n'était pas arrivé. Et pour remémorer à Luc qu'il a maintenant 50 ans, il a reçu un Calvados âgé de... 50 ans.
Un merci particulier à Catherine au passage qui est pour beaucoup dans la préparation et la réussite de cet anniversaire, qui s'est terminé tout de même en goûtant... un Muscadet !
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26 septembre 2008
VdV # 18, ça pinote-ti ?
"Pinoter, pinoter". Mouais, mais ça veut dire quoi finalement ? La même chose que "Sauvignoner" pardi sauf que là, c'est avec du Pinot noir !
Quand un vin pinote, on dit qu'il s'exprime avec des arômes typiques de pinots. Ca dépend un peu du gars qui a le nez dans le verre, mais généralement, le pinot donne des arômes élégants et veloutés de cassis, framboise et avec l'élevage d'épices douces.
Alors pour ce 18 ème rencard des Vendredis du Vin, présidé par l'ami d'outre atlantique et québécois Rémy Charest (de "A chacun sa Bouteille"), il fallait prestement trouver et déguster un vin... qui pinote.
Ce vin, c'est un peu une heureuse surprise : lors d'une soirée où chacun pouvait apporter ce qu'il voulait, cette bouteille arrive sur la table et est dégustée à l'aveugle. Immédiatement, les arômes sont typiques du pinot noir : "ça pinote !!!" entend-on ça et là.
Le verre offre au nez de fantastiques et fines notes de crème de cassis, de violette, d'un peu de rose et de tabac à pipe. En bouche, ce qui frappe, c'est cette rondeur, cette souplesse, cette délicatesse des arômes de cassis et d'épices. La matière est mure avec un côté terrien en plus. C'est très fruit et d'une gourmandise impensable ! Même la longueur est agréable.
Ce vin un peu moderne est à boire maintenant. Impossible à garder, impossible de ne pas retenter l'expérience si vous en possédez d'autres exemplaires !
Ce truc qui vient de nous mettre une énorme claque, c'est un simple Bourgogne 2006, "cuvée de Noble Souche" du domaine Denis Mortet, vinifié par Arnaud Mortet. Ce soir là, tout le monde l'a adoré.
Arnaud a repris le domaine début 2006, au décès de son père (un peu comme Didier Dagueneau la semaine passée, il est parti trop tôt). Nul doute qu'il poursuit l'oeuvre de perfection engagée par son papa. Bravo pour ce joli pinot.
Ca coûte 20 €, cher pour un simple Bourgogne, mais ça les vaut largement.

































































