21 novembre 2009
Des Riesling, des hommes et des Grands Crus d'Alsace
Quel thème, quelle belle région et intéressant de par son cépage, se déclinant du sec aux vins sucrés comme les vendanges Tardives ou les Sélections de Grains Nobles (SGN).
Cette soirée n'était pas sans nous rappeler nos escapades d'il y a un an : ici, ici, ici, là et voir même ici si vous en avez le courage ;-).
Le Riesling est le cépage le plus répandu en Alsace. On le traite souvent d'éponge à terroir, en raison de sa faculté à capter les éléments du sol et à restituer dans les vins des différences notables en ce qui concerne les équilibres, les acidités et bien entendu la minéralité.
Au nombre de 51, les terroirs classés Grand Cru représentent seulement 4 % de la surface totale du vignoble alsasien. La diversité et la nature du sous sol alsacien est telle qu'elle apporte une authenticité particulière aux vins. La conduite des Grands Crus est réglementé avec comme exemple les rendements, qui sont inférieurs à l'appellation Alsace simple. Il existe également des dégustations d'agréments afin de contrôler la typicité du vin : mais a-ton besoin d'être dans un standard pour prouver qu'un vin est typique ET bon ? C'est un autre débat...
Pour rappel, les 4 cépages dits "nobles" qui peuvent prétendre à l'appellation Grand cru sont : le Pinot Gris, le Muscat, le Gewurztraminer et le Riesling. Il existe cependant quelques exceptions :
- le Sylvaner qui peut obtenir la mention Grand Cru uniquement sur le Zotzenberg,
- l'Alternberg de Bergheim et le Kaefferfopf (dernier nominé à la place de Grand Cru) dont la complentation est autorisée

Le Grand Cru Kirchberg de Barr, à Barr (67)
En guise de mise en jambe, un Riesling allemand (hors thème) pendant qu'un petit questionnaire est rempli
histoire de gagner une bouteille offerte par Yves. Un allemand complet, qui joue la carte de la facilité grâce à un sucre résiduel évident et une fraîcheur en bouche qui s'exprime avec du gaz carbonique. C'est un Kabinett Mittelrhein 2007 de Mattias Müller.
Mittnacht-Klack, Grand Cru Rosacker 2002 : déjà des notes d'évolution au nez avec des notes terpéniques classiques. Y a du fruit, c'est rond, peut-être un peu trop. Du coup, le vin tombe dans la molesse. Bof. Les 26 hectares du Rosacker sont situés sur la commune de Hunawihr (68).
Arthur Metz, Grand Cru Altenberg de Wolxheim 2007 : les marques de terroir sont déjà plus évidentes, malgré une jeunesse identifiée rapidement. Le vin est complet sur des agrumes et l'anis. En bouche, la minéralité se fait d'emblée ressentir avec des notes saline. La finale se fait elle sur l'acidité alors qu'en général, c'est plutôt l'inverse qui se produit ! Un vin agréable, bien fait et qui nous a semblé valoir ses 9 € sans discuter (prix annoncé une fois l'étiquette découverte). Comme son nom l'indique, l'Altenberg de Wolxheim est situé à Wolwheim, sur des pentes douces marno-calcaire.
Domaine de la Sinne, Grand Cru Wineck-Schlossberg 2003 : malheureusement, vous ne saurez seulement de ce terroir qu'il est situé à cheval sur Katzenthal et Ammerschwihr sur des coteaux de granite et de micas très pentus sur environ 27 hectares (68). La bouteille étant défectueuse ! grrrrrrrrr
Albert Seltz, Grand Cru Zotzenberg 2004 : le domaine est connu pour sa contribution à avoir obtenu de la part de l'INAO, la mention Grand Cru avec le cépage Sylvaner sur le Zotzenberg. Etalé sur 36 hectares à Mittelbergheim dans le Bas-Rhin sur des terroirs de marnes et calcaire, le Riesling est ici discret au nez, mais on devine des notes de pâte d'amande. En bouche, le vin s'exprime cependant avec une richesse et une puissance certaine. La finale est de belle intensité aussi sur des notes minérale. Un vin élaboré pour la table. Assez bien
Jean-Marie Haag, Grand Cru Zinnkoepflé 2005 "cuvée Marion" : Jean-Marie Haag était l'une de nos belles découvertes du Salon des Vignerons Indépendants de Paris de novembre 2006. Style fin et expressif sur les fruits blancs et des notes légèrement pétrolées. La bouche reste un peu perlante, avec quelques grammes de sucres résiduels des plus équilibrés qui viennent étoffer le vin. Longueur intéressante et belle finale tendue par une heureuse acidité. Bien +.
Jean-Marie Haag exploite à Soultzmatt et à Westhalten une petite partie des 71 hectares du Zinnkoepflé, terroir calcaro-gréseux mis aussi en valeur par le fantasque Seppi Landmann et par Agathe Bursin, jeune vigneronne dont on entend beaucoup parler ces derniers temps.
Albert Boxler, Grand Cru Sommerberg 2007 : le lieu dit du Sommerberg qui héberge des substrats granitiques à deux micas en état de désagrégation avancés, donne des sols riche en éléments minéraux. Le Grand Cru est situé à la fois sur Katzenthal et Niedermorschwihr (68) sur des pentes à la déclivité impressionnante !
Le vin élaboré par Jean Boxler est une merveille au nez. Tout y est : finesse d'abord, précision, il s'ouvre ensuite largement sur une palette de fruits blancs comme la mirabelle, la pêche. Le nez respire aussi des senteurs citronnées, de pierre humide et laisse passer des relans de sel. En bouche, c'est du même niveau : c'est une profusion de sensation, toutes contrôlées et rien ne dépasse. L'acidité d'abord : elle est impeccable et entraîne le vin avec dynamisme, on ne risque pas de s'endormir avec un tel vin. L'équilibre général aussi : il est des plus grands et affirme son caractère sur un registre d'agrumes. Aucun doute sur son avenir, heureux sont ceux qui pourront le goûter de nouveau dans quelques années. Excellent
Dopff au Moulin, Grand Cru Schoenenbourg 2007 : le style est plus facile et plus consensuel, mais il n'en reste pas moins un joli vin, marqué par des notes minérales de fumée et de melon. Malgré un niveau de sucre important, le vin est tenu par une sacré acidité. Pas mal.
Schoenenbourg, terroir de 53 hectares de roches riche en éléments fertilisants sur Riquewihr et Zellenberg.
Wolfberger, Grand Cru Steingrubler 2005 : proche de Colmar, Steingrubler et notamment la partie haute de 23 hectares est propice au cépage Riesling qui se plait sur des sols complexes.
Le nez est discret, avec quelques notes pétrolées. Le vin est surprenant car marqué par une forte salinité en bouche. "Too much" ? Non mais il n'en reste pas moins ancré à une identité propre et à un style solide. Bien
Zind-Humbrecht, Herrenweg de Turckeim 2005 "L144" : le semi pirate du jour. Herrenweg n'est pas classé grand cru, mais c'est un lieu dit de Turckeim sur des terroirs de graves du quaternaire. Au nez, c'est assez peu expressif : légèrement pétrolé, quelques effluves de fruits blancs. En revanche, la bouche est parfaitement mature, précise, riche et ce malgré le compteur du sucre résiduel qui grimpe (15 grammes). C'est un beau vin, qui mériterait qu'on s'y attarde dans quelques années.
Une très belle dégustation, d'un bon niveau général, où nous avons pris beaucoup de plaisir. A la question qu'est-ce qu'on mange ? Les premières gelées étant apparues, une choucroute tiens (merci môman) ! 12 personnes, 10 kg de choux, 5 kg de charcuterie, les fonds de bouteille et c'était le bonheur.
Et puis Chuuuu...t... Fantine Vin de Table du Clos Fantine, asssemblage de Mourvèdre de 2005, 06, 07 : épouvantable le soir même (écurie, étable...), métamorphosé 12 heures après, sur des parfums de garrigue et d'olives noires. La structure tannique ayant elle aussi changée, c'est un vin qui a de la puissance, mais il n'en reste pas moins posé tout en proposant fraicheur et un touché de bouche soyeux. Un vin qui ne manque pas d'air pourvu que vous lui en donniez. Agréable à boire.
Merci à Francine et Gil pour leur invitation dans leur home, sweet home !
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15 novembre 2009
Méli-mélo d'automne
Une petite réunion d'amateurs de vins en milieu de semaine, surtout chez Benoit, ça ne se refuse jamais ! L'affluence est fluette, mais les vins proposés par Benoit ont toujours un intérêt et les découvertes risquent d'être au rendez-vous.
Les vins sont servis seuls à l'aveugle, accompagnés du repas et sont dévoilés avant de passer au suivant.
Domaine de Pellehaut "Ampelomeryx" VDP des Côtes de Gascogne 2006 (Gros et Petit Manseng, Chardonnay et Sauvignon) : un joli nez nougat, un brin exotique sur une trame finement boisée. Bouche riche et bien équilibrée avec ce qui faut de gras pour que le vin ne se goûte pas totalement sec. Bien
Château l'Enclos des Rozes, Gaillac blanc 2007 : un 100 % Mauzac vinifié par Aurélie Balaran, fille de Jean-Marc, figure
emblématique du gaillacois (domaine d'Escausses). Premier coup d'essais et totalement transformé. Le vin ne s'éparpille pas, il va là où on a dû lui dire d'aller. Joli boisé avec des notes de fenouil, il s'étire longuement avec une acidité tonique. Aurélie n'est pas la fille de son père pour rien et il semble qu'elle soit bien partie pour se faire un prénom dans la région. Bravo !
Domaine de la Tournelle "les Corvées sous Curon" Arbois 2003 : finement oxydatif, avec une grosse amertume en bouche. Pas mon style du tout : 2003 doit en être la cause. A goûter de nouveau sur un autre millésime.
Domaine des Ouches "les Ouches", Bourgueil 2002 : personnellement, je suis parti rapidement dans le Sud-ouest, vers Cahors ! Le vin semble avoir quelques années derrière lui : terre humide, sous bois. Belle attaque fondue sur les fruits noirs mais tombe comme une pierre ! Dommage. Benoit nous indique que ce vin était en pleine forme la dernière fois qu'il l'avait goûté.
Domaine Navarre "cuvée Olivier", St Chinian 2006 : un très joli vin doté d'une robe incroyablement foncée, pur aussi bien au nez qu'en bouche, souple et soyeux (malgré 14 %) avec comme fil conducteur des senteurs d'herbes aromatiques. Un assemblage de Syrah, Grenache et Carignan sur schiste. Bien
Domaine d'Escausse "la Vigne Mythique", Gaillac 2004 : le vin de la soirée ! Une cuvée normalement réservée pour un ou deux restaurateurs (merci Benoit) Nez complexe d'herbes coupées, de cassis et de myrtille. La bouche est savoureuse, gourmande, sur des notes d'oranges sanguines et de cannelle. Le fond de bouteille emporté dans le cabas direction la maison m'a procurée un immense plaisir sur une semaine : le vin n'a pas bronché d'une oreille. Il se livre enfin : testé il y a presque 2 ans, le bougre n'avait rien dit du tout. C'est maintenant devenu un très très beau vin.
Domaine Piquemal "la Perle Pourpre", Rivesaltes 2007 :arômes de griotte et de fraise avec un peu de bois. Plutôt simple mais bien fait.
Château le Fagé "Cuvée Grande Réserve", Monbazillac 2003 : le vin évolue sur des notes de pêche de vigne, de frangipane et de sucre d'orge. Le vin livre un style dynamique et une finale dense, charnue et un léger côté végétal bien plaisant. 2003 démontre une fois de plus avec ce beau Monbazillac, que ce millésime du côté des liquoreux n'est pas à mettre à la poubelle, bien au contraire !
Les Vignerons Catalans en Roussillon, Rivesaltes 1974 Ambré Hors d'Age : simple mais clairement sur la noix, la figue, marqué de fruits secs et un rancio appuyé. La bouche est bien agréable comme cette soirée d'ailleurs.
Merci Benoit
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06 novembre 2009
"Vatan Boulay, je n'ai pas eu mon Cotat de Pinard Bourgeois" : quand Francky, le docteur es Sancerre brade ses petits Bordeaux
Une invitation à pendre la crémaillère chez Marie et Franck dans leur tout nouvel appartement et c'est l'équipe rapprochée des normands de LPV qui se retrouve cette fois-ci pour :
- la première partie : découvrir à coup sûr les meilleurs crus de Sancerre et Pouilly-Fumé
- la deuxième partie : aider Franck qui a un problème de conscience sur les vins de Bordeaux : il n'en veut plus de ces petits Bordeaux, il en a marre d'être pris pour un jambon et crie au scandale alors que les prix n'ont pas cessé d'augmenter depuis quelques années.
Les vins sont bus à l'aveugle, accompagnés des préparations culinaires de Marie et Franck.
Mise en bouche, pour patienter après les petits derniers et un Pouilly-Fumé 99, "la Demoiselle de Bourgeois" Henri Bourgeois. Joli nez est truffé, accompli, sur des notes crayeuses. Mais la demoiselle paraît un peu fatiguée en bouche et elle semble un peu fripée après quelques années.
Petits canapés à base de produit de la mer... et autres petites choses bien bonnes
A partir d'ici, les vins sont servis par paire.
Sancerre 2007 Vieilles Vignes "Cuvée Maxime" Vincent et Jean-Yves Delaporte. Bergamote, fenouil et ouvert au nez. Bouche à l'attaque perlante, sur le coing et un fond minéral. Bien +
Sancerre 2006 "les Monts Damnés" Gérard Boulay. L'ensemble est plus en retenu. Malgré cela, on devine des notes de feuilles sèches avec une minéralité sous-jacente. Bien en l'état, dans un registre différent du Delaporte. Moins à son aise que d'habitude (phase de fermeture ?) mais taillé pour durer.
Delaporte est une belle découverte
Sur Hell's Bells de AC/DC, arrivent les vins suivants : petit fond végétal, registre exotique mur et complexe. La bouche est imposante et on joue avec la limite de sur-maturité comme un joueur de tennis joue le long des lignes : mais il ne tombe pas dans la lourdeur, bien au contraire. Un magnifique Sancerre 2007 "Chêne Marchand" de Vincent Pinard. Face à lui, un vin qui ressemble au "Monts Damnés" de Gérard Boulay que l'on vient de terminer : notes de bananes, assez en retenue toujours avec ce fond minéral. Très belle finale saline. C'est encore un Sancerre 2007 de François Cotat. Il s'agit ici de jeunes vignes de 15 ans situées sur la commune de Chavignol. Dans l'état, c'est bien, mais à attendre bien gentiment
A ce stade, vous l'aurez compris, Franck nous régale avec des vins issus de son terrain de jeu favori : le Sauvignon sous forme de Sancerre. Mais connaissant l'artiste, il ne serait pas idiot d'y retrouver quelques sauvignons de Pouilly-Fumé.
Entrée en fanfare des fois gras fermiers...
Nous apprenons que Franck est un grand amateur de poivre. Il nous propose quelques beaux spécimens de cette épice.
Du coup, Vincent tranche son foie gras en 5 et
testera 5 poivres différents
Et nous apprenons aussi qu'il apprécie la compagnie de petites bêtes rampantes dont ne raffole pas les dames (ni les hommes d'ailleurs)
Les mygales !! Ici, une mue intacte
Autre match. Exotique sur fond minéral, avec une petite déficience de maturité. Bof pour ce Sancerre 2000 de Henri Bourgeois. Et comme un bourgeois peut en cacher un autre, la rincette tout de suite : là, le nez superbe marqué par l'iode, la coquille d'huitre, très pur, très mûr avec une pointe truffée. La bouche est agréable, avec du gras et de l'allonge, mais manque pour ma part d'un peu de puissance. Bien tout de même ce Sancerre 2003 "Etienne Henri" de Henri Bourgeois, Vieilles Vignes de 50 ans élevées en fûts de chêne.
Le nez du premier est serré, sur l'ananas avec une jolie minéralité et un fumé enjoleur. Bouche à l'attaque saline sur une très grande longueur. Bien +. Et puis il y a ça : un nez avec des analogies de Riesling et ses notes citronnées, mûr, classe évidente. En bouche, c'est mûr, l'acidité est superbe, c'est d'un équilibre magistral avec des touches de poivre blanc. Très bien. Il faut bien terminer les blancs : il s'agissait d'un Sancerre 2007 "Grande Côte" de Pascal Cotat et le petit dernier n'était rien moins que Pure Sang 2007, Pouilly-Fumé du regretté Didier Dagueneau ! A la hauteur de ce qui ce dit sur le domaine.
Puisqu'il faut passer du côté obscur, nous le faisons volontiers ;-). Toujours par paire... Il y avait un premier plat de viande : un oiseau à plumes accompagné d'une purée maison carotte pomme de terre. Pendant ce temps, Pierre entame sa 7 tranches de foie gras...
Du fruit en paquet de dix, rose fanée, faisant penser à une vendange entière. Toucher de bouche qui peut heurter la sensibilité de certain (on pourrait penser dur), mais j'aime beaucoup cette mâche d'enfer limite poignante sur la griotte et la cerise à l'eau de vie. C'est un Fixin 1er cru "les Hervelets" de Jérôme Galeyrand. J'ai eu l'occasion de goûter de nouveau ce flacon le lendemain (je suis reparti avec, hihi) et bien son contenu était encore meilleur, d'une gourmandise redoutable. En face, l'autre version du pinot noir : crémeux, sur le cassis, de belle facture, soyeux et fin. C'est bien fait, précis et hautement recommandable, mais ce Chambolle-Musigny 2006 d'Amiot-Servelle est à boire... mais pas maintenant.
Franck nous indique que les sols des vins qui suivent sont faits de silex rouges. Belle profondeur, du fruit et un peu d'élevage (fraise et zan), un peu simple mais correcte. Son concurrent est tout autre : fruit intacte, posé sur une fraîcheur mentholée, droit et soyeux. Très beau. Encore deux Sancerres : "la Bourgeoise" 2006 de Henri Bourgeois VS "Belle Dame" 2006 du domaine Vacheron.
Nous changeons de région, sans changer de cépage. 2 Grand crus de Bourgogne, qui ne m'ont pas particulièrement marqués. D'une part un Clos de Vougeot 2000 du domaine Tortochot : dans un registre d'encens, de tabac froid et frappé d'une austérité déconcertante. D'autre part, ce même domaine Tortochot, millésime 2000 également, montrant ses origines avec un côté terrien marqué : humus, sous bois. C'était un Chambertin. ll ne m'a pas plus ému que ça aussi.
Petite interlude à cette dégustation. Vous avez certainement entendu parler de "l'affaire Reignac", ce Bordeaux Supérieur qui a tenu la dragée haute avec le 2001 à bien des (très) Grands Crus de Bordeaux de la même année ? L'affaire s'est déroulée lors du Grand Jury Européen qui compte parmi la liste des dégustateurs, de bien grands critiques et hommes influents. J'avais apporté le 2007, dernier millésime disponible à la vente et tenté d'obtenir quelques avis de nos amis ici réunis. Il s'agit d'un vin d'une grande jeunesse, habillé d'un élevage assez présent, mais pas tapageur, plutôt fondu. La matière est juteuse avec des notes de graphite mais une finale étonnamment courte. Pour 12 € c'est correcte, mais faudra-t-il attendre 8 ans pour qu'il mette la pige aux Mouton-Rothschild ou encore Pétrus ? Et tout simplement sera-t-il au niveau qu'on semble nous faire espérer ?
Le bœuf fait son entrée accompagné d'un autre match. Le premier vin me fait penser à un Pauillac. Il est classieux, fait de rose, encre d'école. Muni d'une jolie acidité, le vin est plein et offre une belle et longue finale sur un élevage soigné. Un très beau St Julien Château Beychevelle 2001. A côté, ça sent aussi le grand vin : il est dense, pêchu, crémeux à souhait, épicé et un équilibre parfait ! La finale remonte et remonte encore. Excellent et beaucoup de plaisir avec ce St Emilion Grand Cru 2001 du Château Canon la Gaffelière. Une surprise : personne ne l'attendait à ce "Haut" niveau.
Les deux vins qui suivent sont servis dans la foullée. Une déception relative avec ce Pomerol 2001 du Château la Conseillante : pas au mieux concernant l'équilibre général, avec des tanins relativement durs. Mais en face, La Mission Haut-Brion 2001 (Pessac-Léognan) montre une tout autre facette : nez serré et classe, bouche dotée d'une tension remarquable avec des notes de goudron et de fumée. Excellent.
Canon, la Mission, puis Beychevelle : c'est le tiercé gagnant de cette séquence 2001. Mais c'est juste le mien !
Franck voulant nous fait la surprise de nous faire déguster un cru qu'il affectionne particulièrement : nous ne le savons pas encore, mais Mouton-Rothschild 1999 est débouché au pied levé et versé dans nos verres. Il livre de magnifique effluves de violette et les touches d'élevages comme le cèdre et le café sont assez homogènes. Malgré le peu d'air qu'il a reçu, on sent une matière mûre très jeune, des tanins fins mais ne s'exprime pas d'une façon très complexe. Il semble y en avoir gros sous la pédale.
Dernier rouge et soudain, c'est la claque. J'ai eu envie de passer le reste de cette belle journée à humer le contenu du verre, tellement c'était beau ! Le nez s'exprime avec bonheur et sans retenue et une complexité sublime sur la rose fanée, des senteurs d'antiquaire comme la térébenthine et le vieux bois, la groseille, la fraise et des notes florales et foxées. La bouche n'est pas en reste : elle est pleine, et apparaît comme posée et d'une fraîcheur insolente. On retrouve également des touches de fumée et de boite à cigare. Le velours qui est en bouche est absolument génial ! Un très très grand vin, qui m'a séduit par son calme et sa force tranquille.
Dans mon panthéon des rouges. Un GRAND merci Franck pour cet Ausone 1990, St Emilion Grand Cru.
Viennent ensuite 2 blancs pour les fromages. D'abord un Vougeot 1 er Cru 2004 "le Clos Blanc de Vougeot", Monopole du Domaine de la Vougeraie. Un joli Bourgogne sur des notes de pêche, de miel et de chamallow. On trouve en bouche une matière bien mûre et une acidité citronnée. L'autre vin était une "Grande Cuvée" 2005 de Sancerre du Domaine Comte Lafond (Ladoucette) qui m'a marqué par son déficit de maturité. Bof
Et puis non tiens, un dernier blanc pour la route. Nous savons tous ce qui est servi. Citron et fond minéral
évident au nez. Fine et longue acidité sur l'ananas. J'ai noté bien, mais ce que je retiens, c'est le potentiel de ce Silex, Pouily-Fumé 2007 de Dagueneau.
Et quel plaisir de terminer avec ce liquoreux : belle robe dorée, couleur citron. Le temps semble avoir fait son œuvre sur l'intensité des arômes, mais la bouche n'en reste pas moins crémeuse et d'une belle tenue sur un rôti plutôt fin. C'était un Sauternes 1970 du Château le Tour Blanche.
Mes zamis, quelle journée ! Merci Marie, merci Franck, vous êtes zinzin de nous avoir gâtés comme ça ! Votre crémaillère était une grande réussite et avec ça, votre appartement est maintenant béni.
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12 octobre 2009
Juste pour rire, en pleine semaine
L'ami Pierre qui veut nous faire connaître son père spiritueux, Gaby et c'est un nouveau prétexte pour se retrouver autour de quelques bouteilles et une bonne cuisine. Tout est à l'aveugle et les breuvages sont accompagnés du repas.
Rillettes de saumon maison.
Bulles fines, nez très ouvert et avenant, tilleul, pomme, amande et un peu fumé. Bouche très ronde, très subtile et qui s'étoffe en final sur des notes d'anis. Un très beau Champagne taillé pour la table : habituellement, Moët n'est pas ma tasse de thé, mais force est de constater qu'ici, c'est excellent. C'est un millésimé 2000 "Grand Vintage".
Les vins 2 et 3 sont servis en parallèle. Le nez de ce premier est floral, patine d'antiquaire, dans un style longiligne et superbement élevé. La bouche est ronde, il y a du gras mais manque d'un poil de tension pour en faire un très beau vin. Pouilly-Fuissé "Secret Minéral" 2007 de Jeandeau. L'autre vin présente un caractère minéral marqué avec un pointe de réduction et de champignon. Mais c'est en bouche que ça se passe : elle possède l'équilibre des grands Bourgognes et affirme le terroir avec classe. Superbe Monthelie blanc 1er Cru "les Champs Fulliots" 2000 de Jean-Marc Roulot.
Je vais vous avouer que je ferai des kilomètres rien que pour avoir des ris de veau. Quand ils sont accompagnées de morilles et de sauce à la crème, rien ni personne ne pourrait me retirer l'assiette que j'ai devant moi, pas même un pitbull. C'est le petit Jésus en culotte de velours qui arrive avec les deux vins suivants ! Le premier de la série est assez austère, réservé, un brin soufré pour tout dire. L'acidité est contrastée et le tout manque d'harmonie. C'est très loin de l'idée que je me fais d'un 1er cru de Meursault et surtout d'un Genevrières. C'est un 2002 de Mestre-Michelot. L'autre vin est très typé, le caractère bien trempé, il affirme des notes de fruits jaunes et un côté fumé qui met sur la piste d'un Chardonnay du Jura. La bouche possède une belle richesse, sur un côté mur et une finale fumée encore une fois. Le plat allait à merveille à ce Côtes du Jura Chardonnay 2006 "En Barberon" de Stéphane Tissot.
Passons à des vins plus sombres.
6 et 7 sont servis en parallèle pour accompagner l'agneau. Belle robe juvénile et foncée. Trame agréablement fruitée d'abord, nez classieux typé rive gauche. C'est d'une redoutable précision, mêlé d'une jolie pointe herbacée. Bouche croquante et longue, tanins serrés de grande qualité. Je lui trouve cependant une finale amère assez appuyée mais il faudrait être de mauvaise volonté pour ne pas l'apprécier.
L'autre vin arbore une robe qui commence à légèrement évoluer. Matière mure, beaucoup de fraîcheur, rose fanée, tabac, cigare, plus marqué par l'élevage, mais pas du tout outrancier. La bouche est un peu plus fluette que celui qui lui fait face, mais possède une belle structure qui commence à évoluer avec encore une fois cette fraîcheur agréable. Les Carruades de Lafite 2000 (6)est un très beau vin pour se faire plaisir en ce moment, mais un poil en dessous du prometteur Pontet Canet 2001 servi en face (7). 2 très beaux Pauillac dans 2 styles différents.
Avec l'Ossau-Iraty, Pierre joue "l'accord classique" nous dit-il : je n'ose pas penser à la fameuse cuvée Haïtza, car le vin semble confus, montrant peu de complexité (cassis et c'est tout). Les tanins sont fermes, même un peu durs. C'est bien connu avec cet Irouleguy cuvée "Haïtza" du domaine Arretxea : quelques temps après la mise en bouteille, le vin se referme. Ce millésime 2006 est à cacher pendant au moins 3 ou 4 ans !! Il n'en resurgira ensuite que bien plus vaillant.
Le St Nectaire se voit doter d'un autre vin et de nouveaux verres. "J'ai pensé que ça devait aller avec ce
genre de bocal" indique Pierre en montrant un gros verre à Bourgogne. Et là, c'est la baffe ! Tout le monde se regarde, le sourire en coin. Quel est donc cet OVNI* ? Le Pinot Noir est identifié rapidement par l'assemblée. Nous partons après concertation vers un Grand Cru de la Côtes de Nuits et disons qu'un Bonne Marres de noble origine ne serait pas idiot. Nez classieux, envoutant, profond, rose, camphre. Bouche gigantesque, tout en longueur avec une texture douce mais consistante que je n'avais encore jamais abordé. Le fruit est mur et d'une élégance fantastique. J'ai noté "tanins comme les haricots : extra-fins". Et pan, derrière les oreilles, ça nous apprendra : rien de bourguignon, mais c'est un délicieux Barolo 1997 Cannubi Boschis de Luciano Sandrone qui est dans nos verres. S'il y avait un vin pour faire l'amour, nul doutes qu'il serait celui-là !
Et sur un crumble aux pommes, le petit dernier. Nez d'agrumes : jus d'orange, orange sanguine, clémentine, peu de rôti mais quelques notes safranées. Bouche sur des saveurs d'ananas dotée d'une grosse acidité qui le rend très digeste malgré l'épaisseur qui l'accompagne. Nous terminons avec un très très beau Sauternes 2003. Eh oui, 2003 ! Et ce n'est pas moins que le Château de Fargues. Bravo
Merci l'ami, merci Pierre pour ta petite soirée en plein milieu de semaine avec tes petits vins de table ;-)
* OVNI : Objet Viticole Non Identifié
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01 octobre 2009
Ca vendange au Château Cornélie
Quelques Maigremont sont allés tâter du raisin et le sécateur le week end dernier dans le Haut-Médoc, chez Patrick Grisard et son Château Cornélie. Sur un coup de tête et en 2 heures, nous nous sommes décidés et organisés pour allez donner un coup de main à Patrick...
Nous étions donc venus pour ça
Pour le couper, haut et court et aussi pour lui
L'affaire commence ICI. L'idée d'une aide, disons manuelle, était prévue par quelques haut-normands. Descendre et faire 1500 kms dans le week-end ne nous a même pas ralenti, puisque pour les 4 vikings que nous sommes, il s'agissait de nos premières vendanges. Par conséquent, c'était joindre l'utile à l'agréable. La fine équipe était composée de :
Eric
David
Fred, du blog "un Verre à la Main"
et Gildas
Nous partons juste après le travail. A noter que comme le Paris-Dakar, l'équipe jouit d'une assistance technique et morale basée en Normandie (Vougeot) qui s'avèrera sans faille. Les SMS d'encouragement vont bon train pour nous épauler dans cette dure épreuve. Amen
Premier arrêt sur l'autoroute. Bourgogne 2005 Taupes Maison Dieu de Chantal Lescure pour faire glisser le pâté maison (sauf le chauffeur of course), les gens nous regardent bizarement, mais le week end commence bien.
Tout le monde ne se connaît pas, mais les barrières sont rapidement brisées, d'autant que Fred est en très GRANDE forme.
Arrivée chez Patrick à 0h30. Il faut monter le campement pour les durs mais amateurs de camping.
Petit casse-croute en règle accompagné de Sénéjac 1998 et d'un Brane-Cantenac 1999, puis dodo.
Nous devions profiter de dame nature, sous la toile, sous le voile céleste, mais c'était sans compter 2 coqs au réveil plutôt matinal (5 heures du matin), qui avaient décidé de jouer au tennis en se renvoyant leur cocorico toutes les 15 secondes. « La vie de ma mère » que les gallinacés devaient terminer au four avant dimanche, la peau bien dorée, mais on a eu pitié de leur poules.
Frais et dispo, nous partons pour une première parcelle de Merlot, dont les ceps ont été plantés en 1956. Dernières consignes de Patrick et c'est à nous de jouer. L'équipe de vendangeurs est présente, l'humeur est déjà festive, guillerette et le « raisin rose » comme dit le chef, il n'en veut pas. Du coup, ça vole... sur les autres.
Les cagettes ne se remplissent pas vite, c'est dur. Mais le raisin se goûte déjà fort bien et les efforts sont récompensés et semblent moins douloureux.
Nous sommes rejoints par pas mal de participants au forum LPV et certains même sont blogueurs. Tout le monde met la main à la pâte
Déchargement des cagettes depuis le fourgon de Patrick.
L'immense chaîne de soutient qui a émergé il y a près d'une semaine sur les forums et internet suite aux problèmes du Château Cornélie, se transforme en non virtuel ici même : Gildas, Philippe Rapiteau (blog de la Pipette), Eric B (Boiremanger), Fred (Un Verre à la Main) et Christian. Manque sur la photo Alain de Winemega
Le raisin arrive sur la table de tri. Quelques vendangeuses viennent prêter main forte : il s'agit de ne plus trouver un seul grain rose, qui je vous le rappelle doit terminer obligatoirement sa course sur le tee-shirt du voisin, voir sa trogne.
Les grappes de raisin sont acheminées par une girafe vers l'égrappoire.
Les raffles sont séparées des baies qui tombent dans un bac adapté par Patrick : une grille au fond permet de récupérer le jus qui sera réinjecté dans la cuve de 50 hectolitres (5000 litres)
Ce bac nouvellement modifié lui permet de travailler par gravité et de mettre au placard sa pompe de transfert. Le gain de temps est indéniable, tant pour les manipulations que pour le nettoyage !
Prise de densité du premier jus 2009 : 1090, ça s'annonce comme prévu
Il a déjà une belle couleur et à un goût de cassis prononcé.
Nettoyage du matériel et désinfection : 2 heures de boulot encore, pour la plus grande confiance du futur consommateur du millésime 2009...
Le soir, on se retrouve tous autour de la table. Les grillades au feu de douelles de barriques et de sarment de vigne apportent un goût authentique et subtil à la viande.
Les bouteilles sont elles aussi de sortie : Champagne de Venoge 1990 (très beau, insolent de jeunesse, pour la table), Riesling 2007 de Gérard Schueller (pas en forme), Sauternes 2001 lot d'Yquem vendu à Johannes Boubée (un mot : magnifique... pour le prix), Montrose 2001 sublime... Ca chambre, ça rigole encore, mais tout le monde est crevé
La photo officielle du week end, c'est celle-ci

Stéphanois, suisse, girondins, normands...
Gros dodo, ça ronfle de partout, mais le réveil est plus précoce pour les normands que pour notre hôte : vous vous souvenez des 2 coqs ? La vengeance est un plat... qui se mange froid. Etrangement, une belle rousse s'est perdue dans la chambre de Patrick, qui avait oublié de fermer sa porte à clef. Jugez par sa tête ;-) et même celle de la poule qu'il tient dans ses mains !
Nous partons pour une autre parcelle de merlot, après un petit déjeûner d'homme... La journée ne fait que commencer, on rigole comme des gamins, et on se met au boulot rapidement. Ca tire sur les molets, le dos fait mal, mais l'équipe est joyeuse.
La vendange se termine à 13h00, calendrier biodynamique oblige. Il est déjà temps de penser au retour après un dernier repas commun. Les gorges sont un peu nouées. La rencontre tant attendue a bien eu lieu, quel week-end de folie. Patrick on t'aime, reste comme ça !!
Nous reviendrons certainement l'année prochaine
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22 septembre 2009
Domaine Christian Salmon, Sancerre
C'est une tradition : les Salmon cultivent la vigne sur Sancerre depuis 6 générations !
Le domaine a été crée par Irènée, repris par Roland, transmis à Christian puis au décès de ce dernier, c'est Armand son fils qui reprend les rênes. Planté du Sauvignon et du Pinot noir, l'exploitation couvre à ce jour 22 hectares principalement en AOC Sancerre et depuis peu en Pouilly-Fumé.
Installé dans le magnifique petit village de vignerons de Bué, il n'est pas facile de trouver le caveau de dégustation dans la maison familiale : mais il parait que le déplacement vaut le détour, alors le caveau, nous l'avons finalement trouvé !
Nous sommes reçus par une amie de la famille, Armand et sa femme ont eu un empêchement de dernière minute. Elle est chargée de nous faire la dégustation des vins de la gamme vinifiée par Armand.
On commence simplement, par le Rosé 2008 : à base de Pinot Noir, bien entendu c'est sur les petits fruits rouges que ça se passe. Aromatique à souhait, finale sur le poivre noir. Il devrait bien se tenir à table. En plus, c'est diaboliquement gourmand et on retend rapidement son verre à la dame chargée de nous donner les explications. Bien +
Sancerre rouge 2008 : un vin droit et franc après quelques minutes où il semblait réduit. Le vin évolue sur une large palette de fruits rouges tant au nez qu'en bouche : cerise, groseille, fraise. Finale fumée sur de beaux amers. Bien
Sancerre rouge 2007 "Fût de Chêne" : on change de niveau. L'ensemble est très très jeune, mais une
trame de belle qualité nous laisse présager d'un beau potentiel plaisir. En attendant, on croque du fruit. Rendez-vous est pris dans 2 ou 3 ans, quand les tanins auront pris quelques rondeurs.
On passe aux blancs ?
Sancerre blanc 2008 : aromatique simple mais mur, rond en bouche avec une structure un peu souple. L'effet mise récente surement.
Pouilly-Fumé 2007 "Clots des Criots" : là ça envoie du lourd. C'est vif alliant des arômes citronnés et de buis. Bouche longue et tendre qui s'achève sur une sacrée minéralité tout en largeur et une jolie pointe d'amertume. Très beau
Sancerre S de Salmon 2007 : une lettre pour Sancerre, Sauvignon et Salmon. Toute nouvelle cuvée du domaine sur un terroir à dominante de Silex, vous l'aurez compris c'est le dernier "S". Que dire si ce n'est qu'une impression minérale vous transporte du début à la fin. Rarement le "caillou" ne fût autant perceptible dans un breuvage. Le vin développe aussi des arômes de pêche jaune avec une incroyable densité. Finale serrée. Un mot : magnifique !
Sancerre Chêne Marchand 2006 : un peu plus en retrait (mais difficile de passer après le "S"). Acidité élevée, un peu d'austérité...
Que dire ? Qu'un domaine comme celui-ci qui élève le sauvignon avec une telle élégance et qui a compris que le terroir pouvait s'exprimer, ou plutôt transpirer au travers de ces vins, mérite bien qu'on s'intéresse à lui.
A notre grand regret, nous n'avons pu rencontrer Armand Salmon cette fois-ci. Il nous a été possible d'approcher sa philisophie grâce à ses vins d'une belle précision et d'une identité propre. Nous avons aimé les rouges, gourmands. Le premier pour le fruit, le "Chêne Marchand" pour la table de connaisseurs. Les blancs sont droits, élancés et font la part belle au caillou. Le millésime 2007 abordé en majorité pendant la dégustation nous à semblé un millésime mur et de grande qualité.
Domaine Christian Salmon
Le Carroir - Bué
18300 Sancerre
Tel : +33 2 48 54 20 54
@ domainechristiansalmon@wanadoo.fr
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10 septembre 2009
Eclectique de l'été 2009 (part two)
Notre dernière rencontre de l'été était placée sous le signe de la qualité des flacons et des retrouvailles après un repos estival mérité.
Nous sommes chez David et Stéphanie, qui au passage nous accueillent avec des bulles pour fêter le petit dernier qui se porte comme un charme ! Bravo à tous les 2, vous pouvez être fiers de votre petit Eliott (avec Arthur of course, le grand frère).
Des bulles donc pour commencer. Un joli nez de noisette et de pomme, c'est rond à point, avec de l'énergie en bouche qui laisse la bouche propre et fraîche. C'est la cuvée Brut Réserve de Guy Niziolek. Un agréable Champagne de producteur pour 11,5 € seulement.
Second vin. La couleur est pâle, claire. Nez simple et acidulé fait de fruits blancs (pêche de vigne, poire) et marqué par la citronnelle. Bouche "huileuse" de poire, à l'acidité très basse. Fond de verre sur des arômes de chenin (poire, fruits exotiques...). Nous proposons un vin du sud-est, à base du cépage Rolle. C'est ce même cépage qui est appelé Vermentino en Italie et en Corse, où nous nous trouvons maintenant : Vin de Corse Sartène 2008 Domaine Pero Longo "Sérénité"
Joli nez entre deux âges, sur le cèdre, l'encaustique (dire, miel), l'amande. Une bouche un peu plus simple, un peu en décalage avec le nez, en font un vin agréable, mais pas transcendant. Finale minérale. C'est Robert Meistermann qui fait ce Riesling Grand Cru Steinert 1999.
Arômes typiques de Gewurtz, élégant et floral. Bouche bien construite avec un peu de mordant à l'attaque, sucre bien dosé, équilibré sans lourdeur. C'est bon, c'est bien fait. C'est en effet un Gewurztraminer 2004 de Frédéric Geschickt, domaine de la Sinne.
Les rouges
Premier vin. Nez sur la réduction avec des notes de levure, bière. Passé ce petit moment déroutant, le nez s'ouvre avec richesse sur la cerise et la prune. On sent bien la puissance et même une pointe d'alcool. La bouche est puissante, mure, riche de fruits noirs tels la cerise et le cassis. Malgré tout, une attaque légèrement perlante donne de la fraîcheur et de la buvabilité sur des tanins mordants. C'est très bien fait et même gourmand. Finale sur des saveurs d'encre. Pour amateur de vin solaire. C'est un Côtes du Roussillon 2007 "les Sorcières" du Clos des Fées.
Le vin suivant est dans un autre registre. La couleur est un peu évoluée et présente des reflets tuilés.
Finesse, c'est la caractéristique première de ce nez, joliment ponctué de cuir et de fraise, puis de cassis, d'épices douces. L'acidité est encore bien présente, alors que l'on donne quelques années à ce vin. Les fruits rouges dominent en bouche, la matière est douce, mure, les tanins souples. Il ressort un côté terreux en final qui en dit certainement long sur ses origines. Disons sur la Côte de Beaune. C'est un Pernand-Vergelesses 1996 1er cru "les Fichots" de Roger Jaffelin & fils. Un joli vin, qui commence à atteindre son plateau de maturité. 1996, millésime marqué par de grandes acidités en Bourgogne.
Ce vin là, tout le monde est tombé dans le panneau. En effet, personne n'en avait l'origine : fond végétal, pivoine, floral, pampre verte. Bouche épicée, tabac brun, matière fondue, petite longueur, ça se boit facilement, mais il ne faudra pas tarder à terminer votre fond de cave s'il vous reste de ce spécimen. Nous sommes à Canon Fronsac, château Vray Canon Boyer 1996.
Clairement dans un autre registre, le vin suivant propose des relans de mercaptan. Le nez n'est pas terrible, fortement marqué par le grillé. En bouche, un peu de cerise, le fuit est mur et puissant, la matière est juvénile. Registre exotique pas du meilleur effet pour ce Toro 2008 Liberalia "Cero" (Espagne), qui manque de cohésion entre le nez et la bouche.
Un peu de féminité et de la douceur
Tiens, un vin rouge ! Senteurs peu complexe mais ô combien précise de crème de mûre, cerise. Agréable, presque léger en bouche, sur la cerise avec des sucres qui trainent. On dirait presque un Maydie. On le verrait bien accompagner avec bonheur un fromage de brebis, un Ossau-Iraty par exemple. Encore un ibère : un Jumilla, Casa de la Ermita "Dulce Monsatrell" 2005. Pour rappel, le Monastrell est la version espagnole du Mourvèdre, cépage roi des vins de Bandol.
La palme de l'originalité revient à cette bouteille. Jolie couleur rosée. On part allègrement au nez sur du Loin
de l'Oeil (poire, coing) et ça envoie très fort dans le style sirop de fraise. On sent le sucre. En bouche, énorme liqueur de fraise encore, un peu pataude. Ce vin mal aimé des diabétiques est un Vin Paillé 2005, VDP de la Corrèze du domaine du Bas Queyssac. Fait avec passion par Jean Louis Roche, ce dessert à lui tout seul est élaboré à base de minuscules rendements de Cabernet Franc et Sauvignon.
Et pour achever cette belle soirée. Pas de doute, en vue c'est du Ch'nin (Chenin) : pâte de coing, un peu de pomme, pointes d'ananas, c'est jeune. En bouche, bel équilibre, les sucres ne sont pas pesants (passerillage certainement), c'est assez gourmand et possède une finale saline des plus agréable. Bien ce Coteaux de l'Aubance 2007 "Le Pavillon", domaine Richou.
Plutôt une réussite cette soirée. Des vins très différents les uns des autres et bien difficile de dire lequel s'en sort le mieux, mais on retiendra : le GW de Frédéric Geschickt pour le côté découverte. Les Sorcières du Clos des Fées : un vrai bonbon. Le Pernand de Roger Jaffelin pour sa sagesse. Enfin la Bodega "Casa de la Ermita", bien trop méconnue à notre avis !
Et après ça ?

Confit de porc, citrons et tomates confits aux zitounes
Merci Steph, merci Dave : nous reviendrons !
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31 août 2009
Eclectique de l'été 2009 (part one)
C'est parti pour les dégustations fourre tout, celles où l'on peut se lâcher en apportant ce que bon nous semble : comme toujours, ça ne dure qu'un temps, celui de l'été (à l'aveugle comme d'habitude).

David, Gildas et Gil. Carafage ou pas, that is the question ?
La soirée se passe chez Sandrine et Yves.
Premier vin. Il est aromatique à souhait, trame acidulée, sur les agrumes et l'abricot avec un côté floral en retrait. La bouche est vive, conforme aux arômes du nez avec un côté huileux surprenant, mais le tout est presque sec. C'est fin, peu complexe sur une fine acidité. Ce vin du cépage "Catarratto" nous vient d'Italie et plus précisement de Sicile : "Terrr di Ginestra" 2008 de Calatrasi (11 €)
Le suivant propose au nez fleurs blanches avec des pointes anisées. En bouche, c'est une incroyable salinité qui domine le vin de bout en bout ! L'ensemble est "tendu" avec plaisir. Bien et plutôt surprenant ce St Bris 2007 du domaine Grand Roche d'Erick Lavallée (7 €), dernière AOC crée en Bourgogne, à base de Sauvignon.
On passe maintenant à un tout autre genre. Puissant au nez, dans un style légèrement oxydatif, donnant des effluves de banane flambée. En bouche, le vin a des allures de rhum vieux, et allonge sa puissance tout en gardant équilibre et plaisir. Un beau vin de gastronomie proposé ce soir : il n'avait pas été aussi bien goûté ici. Il semble s'être assagi d'un point de vue perception du bois. Ce vin, élevé longuement (en fût de chêne lituanien) est un VDP des Côtes Catalane blanc 2004 "Les Clares" du Château la Casenove (17 €)
Dernier blanc. Au programme, de l'oxydatif à plein nez ! Pas complexe, sur la noix et fruits secs, droit avec cependant un petit défaut au nez malgré une capsule à vis. On aime ou on n'aime pas ce "Fino" Los Amigos, Montilla-Morilles de Perez Baquero (5 €) 100 % Pedro Ximenez. Pour amateur du genre.
Changement de registre. Couleur claire, grenadine. Nez groseille et un peu de fruits rouges, semblant avoir quelques années derrière lui. Bouche souple et fruitée, peu de volume, évoluée, dont le végétal prend le dessus sur la fin. Irancy 2000 Chais et Crus "Trou Mombard". Ca a beau être un vin de négoce, il est pas mal, mais il fait plus vieux que son âge.
Le vin suivant présente au départ un squelette végétal prononcé, puis s'ouvre sur un joli fruité noir et poivré. La bouche est assez tannique, dense mais ce Gaillac 2001 du Manoir de l'Emmeillé "Cuvée Sarah" bénéficie d'une amertume finale plutôt bienvenue. Un Gaillac du genre ancienne école. (8 €)
Le dernier rouge du jour : le nez est crème de cassis à souhait, mais alcooleux. La bouche confirme le nez : avec peu de fruit et de complexité, c'est l'alcool qui malheureusement domine les débats. Dommage pour ce Côtes du Roussillon Villages 2007 Château Montner (7 €)
Une seule douceur pour cloturer cette soirée. L'arôme dominant est évocateur de son
origine : la pomme. Du coup, le cépage Mauzac nous fait partir sur Gaillac. En bouche, le coing vient compléter les senteurs du nez. La liqueur est bien présente, riche, et un côté perlant vient par bonheur alléger le tout car en l'état, le vin manque d'un peu d'acidité et tombe un peu dans la lourdeur. C'est un Gaillac doux 2005 du domaine de la Ramaye (Michel Issaly) "les Sous Bois de Rayssac", composé de 80 % de Mauzac et 20 % de Len de l'El (18 €).
Avec ça, on mange : des légumes du soleil dorés au four relevés comme il faut (aubergines, tomates...), gambas et crème d'aneth, un lapin chasseur dont les cuisses sont plus grosses que celles de Jeannie Longo ;-) , fromages et petits fours. Merci Sandrine
On se retrouve bientôt pour une prochaine éclectique (de grand niveau !)
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15 août 2009
Hier soir, j'ai diné avec le Roi d'Espagne !
Si si, et à vrai dire, ça c'est bien passé. Normalement, loin de moi toutes ces mondanités, mais je me suis finalement laissé tenter par un diner avec sa majesté ibère. Rendez-vous était pris chez ma belle-mère, en terre locale près de Madrid grâce à mon beau-frère qui le connait parfaitement depuis des années. Histoire d'un soir, ce blog va donc se "pipoliser"...
Tout commence il y a quelques semaines. J'ai téléphoné, écris, tenté de le rencontrer, rappelé encore et encore mais rien, impossible d'être reçu, il est bien trop occupé en vacance et prend un repos bien mérité avant la rentrée 2009, aux affaires.
Le repas, dont le diner était prévu à l'avance, était composé d'une simple viande de boeuf grillée, chose que sa majesté semble apprécier tout particulièrement !
Mon beau-frère sait que j'apprécie le vin. Il veut partager en famille un Vega Sicilia "Unico" 1996, qu'il possède dans sa cave, "Roi d'Espagne" parait-il. Désolé de vous décevoir si vous pensiez à Juan Carlos, mais mon influence n'aurait pas été suffisante pour rencontrer le roi d'Espagne, le vrai !
"Unico" est préparé un peu à l'avance, pour lui laisser le temps de respirer. C'est un minimum, quand on sait que le millésime 1996 et comme tous les millésimes de "Vega", sont disponibles aux amateurs après biens des années d'élevage : c'est ce qui en fait une des particularités. Un élevage long, très long, en plusieurs séquences. Les 85 % de Tinto Fino (Tempranillo) et 15 % de Cabernet-Sauvignon vieilliront pas moins de 8 ans dans différentes capacités de fûts usagés, puis neufs et enfin en foudre, avant de reposer définitivement en bouteille (jusqu'à 5 ans), jusqu'à sa commercialisation.
Débute la dégustation, avant de l'accompagner du repas : le bouchon est impéccable, de longueur moyenne, pas du tout imprégné. La couleur présente des jolis reflets orangés, certainement signe de son passage prolongé dans divers contenants en bois. Au départ, le vin est un peu confus : tout y est, mais il manque un chef d'orchestre pour harmoniser cela : un passage en carafe s'impose, maintenu à 16 degrés, chose pas facile en Espagne en été, mais on y est arrivé. La longueur elle par contre est déjà au rendez-vous.
3 heures de carafe auront raison de cet éparpillement, et c'est un vin transformé qui se présente à nous : d'abord au nez, on sent de suite la fraise, peu de perception d'alcool et incroyablement peu de notes d'élevage. Le tout est d'une élégance rare, homogène et pas une odeur ne semble l'emporter plus qu'une autre. Vous êtes en train de boire un Ribera del Duero, donc un vin supposé puissant en bouche : et bien ce n'est pas le cas ici et ce qui frappe, c'est cet équilibre entre l'alcool (13.5 %) l'acidité rafraichissante, la finesse des tanins qui est extraordinaire et les notes d'élevage subtillement dosées (cannelle, boite à cigares, zan) ! Avec le temps du repas, le vin évolue vers la cerise à l'eau de vie. Le vin vous prend délicatement la bouche, et les saveurs ne quittent plus votre palais pendant de longues minutes avec une prolongation des épices quasi inoubliables !
Au final, un vin qui ne possède que 2 ou 3 ans de bouteille, mais qui est déjà prêt, "listo" comme on dit ici. L'équilibre et la finesse m'ont particulièrement marqué.
Mon premier Vega Sicilia et bien je n'ai pas été déçu, il fût "Unico". Ce soir et avec quelques jours d'avance, c'était mon anniversaire : merci Victor ! Merci au roi d'Espagne d'être venu à notre table ;-D
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11 août 2009
Coup de Coeur blanc à Syracuse
Il y a des amis que je connais depuis maintenant 2 ans, plus pour d’autres du groupe invités ce jour. Le genre de ceux que j’ai plaisir à retourner l’invitation aujourd’hui et pour lesquels je n’hésite pas une seconde pour ouvrir les flacons que j’affectionne, car notre passion commune est le vin. Le cercle LPV Haute-Normandie (première version) s'est reformé l'espace d'une journée avec la visite surprise de Eric.
Pour moi, le vin représente le partage, l’amitié. Cette relation que j’ai avec ces amis, elle dure grâce à la simplicité, à l’honnêteté et jamais lors de nos rencontres bachiques il n’y a un mot plus haut que l’autre. C’est parfois tendu, mais on a tous un ressenti à défendre, mais le respect des opinions est toujours de rigueur ! J’ai l’impression que ces moments passés tous ensemble sont des moments francs, de partage, de plaisir de la chaire. Notre petit comité n’est pas hermétique, bien au contraire sachez-le : quiconque frappera pour y entrer, porteur de simplicité et de partage pourra sans problèmes découvrir la bonne humeur qui nous anime…
L’autre jour, je les recevais à la maison. Les thèmes (puisqu’il y en avait 2) étaient : « Coups de Cœur blancs » (-de 15 € la bouteille), les 100 % Syrah (ainsi que quelques douceurs pour finir)
Les vins sont dégustés à l’aveugle, la plupart par paire, accompagnés du repas.
On commence avec un vin à bulles pour patienter et faire venir les derniers retardataires : bulles fines, intensité aromatique simple et de moyenne ampleur sur les fruits blancs. Bouche vive, agréable, manquant d’un peu de complexité. Tout le monde aura compris qu’il ne s’agit pas d’un Champagne, mais peu importe. Je pense qu’il fût apprécié pour ce qu’il est. C’est un Vin Mousseux de Qualité, Méthode Traditionnelle Brut, domaine de l'Ambroisie cuvée Enigme. Ce vin produit à Lucey (54) dans la région des Côtes de Toul, à déjà été apprécié ici. Il représente toujours un bon rapport qualité/prix (7 €).
Voici maintenant un Champagne, enfin c’est ce que tout le monde semble dire. Certains le trouvent trop grande acide. Personnellement, j’aime beaucoup ce style : vif certes, mais avec de la rondeur, légèrement brioché. J’aime aussi son petit côté noisette. C’est un « Spécial Cuvée » de la maison Bollinger. Avec les petits feuilletés au sésame, cumin et emmental, c’est excellent !
Mes Coups de cœur blancs (- de 15 €)
Premier duo. Premier vin. Remarquable minéralité, longue résonnance des saveurs de
frangipane et d’amande. J’aime ce vin parce qu’il ne fait pas de bruit et pourtant tellement efficace. Il fait parti des vins qui marquent par sa simplicité et sa précision ultime ! C’est un Chignin 2007 du domaine Gilles Berlioz. Je crois qu’il fût apprécié. Celui qui est servi en face est doté d’une matière très mure, sur les fruits jaunes tels la pêche et aussi l’abricot. Bouche qui possède pas mal d’amertume, assez longue et chaleureuse. C’est un Sylvaner Vieilles Vignes « Sono Contento » 2007 de Albert Seltz. Un peu déroutés, certain sont partis sur un Riesling (pas idiot) mais lui ont reproché un peu trop d’alcool. Il faut savoir qu’Albert récolte très mur et que ses vins sont puissants.
Autre paire. Ces deux vins ont été rapportés de 2 domaines que j’ai visités cette année. Qui n’aime pas ce superbe nez exubérant de fruits exotiques et d’une sensualité impressionnante pour le premier. Bouche dotée
d’une grande acidité qui en dit long sur ses origines ou tout du moins sur les cépages qui le compose, pure, droite. Les saveurs sont décuplées et ultra précises. J’A-DORE toujours autant cet Irouleguy blanc 2006 du domaine Arretxea. Face à lui, il fallait servir un vin qui tenait la route. Fruit blanc et mur, le nez est minéral d’une noblesse sans égal. Bouche ronde et vive à la fois, harmonieuse, où les saveurs sont longues sur les mêmes arômes que le nez. Un vin plein, dont la bouteille s’est retrouvée vidée (trop) rapidement, les invités ayant choisi de se resservir rapidement pour confirmer leur ressenti (tout comme l’Irouleguy). C’est un Sancerre 2007 "Monts Damnés" de Gérard Boulay, magistral !
Ce match a tenu toutes ces promesses et difficile de dire qui l’a emporté. Personnellement, une très légère préférence pour Arretxea, mais d’une courte tête. Le tout était accompagné de gambas au gingembre et citron vert. Je dois dire que l’accord était pas mal du tout.
Dernière opposition. Là aussi 2 domaines dont j’ai eu la chance de découvrir les vins sur place.
Le premier semble avoir digéré son élevage, mais en garde tout de même quelques traces, pas dérangeantes (bois de hêtre fendu). Les quelques arômes de muscat qui en faisait tant son originalité ont elles aussi presque disparues pour laisser place aux notes beurrées et de cacahuètes. C’est dans un style puissant tout en gardant de la
fraîcheur. Il semble avoir atteint son plateau de maturité et pour quelques années encore. Le dernier blanc est dans un tout autre style, quoique présentant lui aussi des notes de roses et muscatées. C’est élégant et ouvert à la fois, très floral. La palette de dégustateurs présent autour de la table ont identifié l’Alsace comme région d’origine, mais ont déballé tous les cépages avant d’annoncer le Muscat Fronholz. S’en est bien un, millésime 2007 du domaine Ostertag. Ce Muscat totalement sec me plaît pour son originalité, sans tomber dans une lourdeur que parfois les Muscats peuvent proposer. Le premier était un Côte de Beaune Blanc 2006 « le Clos de Topes Bizot » du domaine Chantal Lescure (c’était ma dernière, snif…)
Les vins qui semblent avoir réuni le plus de suffrage sont dans l’ordre, l’Irouleguy blanc « Hégoxuri » de Arretxea et le Sancerre les Monts Damnés 2007 de Gérard Boulay
Notre deuxième thème du jour avait pour but de comparer entre eux des vins rouges issus de la syrah, sans autres cépages en complément. Bien évidemment pour faire le tour de la question, plusieurs origines étaient proposées, car il ne s’agissait pas de tomber dans la facilité des vins du Rhône.
Michel Chapoutier «Mount Benson » 1999, Shiraz australienne VS Domaine de Ribonnet 2004 VDP du Comté Tolosan « Syrah ». Un australien qui affirme d’emblée une couleur évoluée tirant sur des reflets orangés. Matière souple, tanins fondus, c’est agréable mais sans grande complexité. Je n’attendais pas beaucoup de ce flacon, sinon qu’il commence la série des rouges. Et bien il a été supérieur à mes attentes. Quelques dégustateurs lui ont trouvé un style un peu facile, voir international. Est-ce l’effet terroir ou Chapoutier ? Face à lui, la Syrah du Domaine de Ribonnet. Un carafage de 6 heures n’aura pas eu raison de notes de réduction plutôt collantes, ce qui lui a fait perdre en buvabilité. A revoir…
Domaine Lacoste-Germane VDP des Coteaux du Salagou « Sauta Roc » 2006 contre "De Battre Mon Cœur s’est Arrêté" 2008 Côtes du Roussillon Village du Clos des Fées. Un match qui aurait pu sembler déséquilibré… Le « Sauta Roc » se présente sous un bon jour, croquant à souhait. Un beau jus de cerise noire, avec des notes de garigue. J’aimerai simplement que ce vin que j’aime beaucoup gagne en précision. Il serait parfait. Mais je sais que ses géniteurs travaillent dans ce sens. Pour l’opposer, un « monstre », une star : « De Battre » comme on l’appelle. Et bien notre cœur a battu, mais faiblement. La GROSSE déception du jour : arômes de cartons mouillés, de vernis, bof à tous les étages. On ose tous penser à un problème de bouteille, car le 2007 fût fantastique !!
Voici un des duos consistants de cette journée. Je précise aux convives qu’il s’agit de 2 vins provenant de la même région et du même millésime. Les vins sont accompagnés de côtes de bœuf. Si le premier affiche clairement son avantage en terme de buvabilité, le deuxième semble sur la retenue, un peu comme si il avait été ouvert trop tôt. Le premier vin est onctueux, sur les petits fruits noirs, bel équilibre et riche d’une belle acidité qui emmène le tout dans un genre un peu rocailleux. C’est excellent et très bien fait. L’autre se montre un peu plus en retenue. Cependant, la qualité de tanins semble supérieure et la matière est ciselée, précise. Enorme potentiel. Le millésime ? 2005. La région ? Rhône. Le premier est un Cornas d’Alain Voge et le second est un St Joseph du domaine Jean-Louis Chave.
« Un peu de féminité pour achever ces duels ! » C’est ce que j’ai dit à l’assemblée. On débute avec une syrah fraîche comme une caresse, longue et friande avec une pointe de fumée en finale. Un superbe vin qui a conquis tous ceux qui ont pu poser leurs lèvres dans cet onctueux breuvage. Pour moi, le vin parfait, harmonieux et classieux à la fois. Je me pose cependant une question : faut-il l’attendre tellement c’est bon actuellement ? Face à ce Grain Syrah 2007 de Marie Thérèse Chappaz (Valais), que pouvait-on mettre en face, sinon quelque chose qui tienne la route. La couleur est plus évoluée, avec quelques reflets orangés. Dans un tout autre style, plus opulent, plus chaleureux, les arômes se situent de la fraise des bois et la cerise à l’eau de vie à tout une palette d’épices douces (cannelle, poivre, bois de santal, cigare et chocolat). On ressent un élevage long et soigné. Si le vin est massif, l’équilibre est préservé grâce à une acidité qui donne du tonus en final. Un très très beau vin également. C’était Clos de Syrah Léone 2002, du domaine Peyre Rose de Marlène Soria (85 % syrah). Une joute qui a tenu toutes ses promesses, merci mesdames.
Allez, un dernier rouge pour la route, pour accompagner quelques fromages affinés. Bien plus évolué que les autres, il m’aura surpris par sa suavité et sa finesse. La longueur reste correcte et au finale, une belle surprise avec ce vin de la Cave de Tain l’Hermitage et cet Hermitage rouge 1990. Et puis un blanc pour la transition : un Côtes du Jura 1996 « Savagnin » du domaine Berthet-Bondet, qui a un côté lourd qui ne me plait pas trop.
Que dire sur cette série 100 % syrah ? Qu’elles peuvent être bues jeunes (dans ce cas privilégier un service frais), mais que le temps ne leur fait pas peur. Les terroirs granitiques confèrent fraîcheur au vin (Cornas "les Chailles", "Grain Syrah" de MT Chappaz, "De Battre Mon Cœur..." du Clos des Fées...
Nous entamons alors les douceurs. Une entrée en la matière ratée et cet Azay le Rideau 2003 Liquoreux de
Guillaume Descroix (Caves du Château de Fouchault) : il a vécu, il n’a plus grand chose à dire. Reste à savoir s’il s’agissait d’un problème de bouteille en goutant l’unique qui me reste encore ! Suit un Pedro Ximenez 2005 (PX) de la Bodega Toro Albalá. Cadeau de mon guide d’un jour lors de la visite l’année dernière au domaine : lourd, la langue est limite anesthésiée, c’est chaud et ça ne
ressemble en rien aux PX qui ont séjourné longuement en fût avant la mise en bouteille où la complexité est alors bien présente. Heureusement que pour clôturer la série des douceurs, Eric qui était de passage en Normandie, avait apporté une cuvée Madame 1997 (excusez du peu) du Château Tirecul la Gravière (Monbazillac) : grosse liqueur botrytisée, supportée par une heureuse acidité, sur l’abricot confit avec des variantes d’orange confite et d’ananas… excellente. Pour amateur de grosse sucrerie et pour terminer une belle journée d’amitié…
Merci à vous, amis et vous femmes de mes amis de votre visite sur notre terrasse…


































































