OK jeunes gens, vous pouvez toujours me fouetter pour deux raisons. D'abord pour l'absence de billets sur ce blog depuis quelques temps (fainéantise, panne d'ordi perso...) et pour ce titre adapté depuis sa dernière version et pour le moins un brin racoleur !

Quand LPV Haute-Normandie se met au travail au restaurant le Jean Bouin à Evreux autour des vins de Provence, ça donne à peu près ce qui va suivre. Une belle et grande journée d'amitié et de partage (comme d'hab) d'une qualité à faire pâlir les meilleurs constructeurs allemands de berlines ! 

Les vins sont servis à l'aveugle, souvent par paire et dévoilés avant de passer aux suivants. L'excellent repas préparé par Ludovic Mandine (amateur de bonnes bouteilles) et sa femme, les tenanciers du restaurant a permis d'accompagner les vins d'une façon intelligente et adapté au thème du jour.

Let's go, parce qu'il y a des bouchons à faire sauter !

Quelques blancs pour créer le passage.
1 - Private Gallery, Vin de Pays des Portes de Méditerranée 2010, "les Terroirs d'Altitude"
2 - Château de Pourcieux, Côtes de Provence 2008
Le Private Gallery, on le connait un peu. C'était le coup de cœur de Marie lors d'une précédente dégustation LPV. Il se goute comme il y a quelques mois : salin, citrique au nez. La bouche est simple et tendue, de fruits à chaire blanche. Simple mais efficace, même si la finale saline relève un peu plus la note d'ensemble. Le château de Pourcieux est dans un registre totalement différent : plus pommadé, plus "élevé" certainement. Il affiche une corpulence plus enrobée et un volume intéressant, étoffé par des notes de caramel et d'abricot.
Deux profils totalement différents. J'accorde un match nul pour cette première joute.

rougets

3 - Château Simone blanc, Palette 2009
4 - Château Simone blanc, Palette 2005
Duo servis avec une salade de rougets et son minestrone de tomates et champignons.
Avec ce match, on entre dans le vif du sujet ! Le 2009 est floral, fruits jaunes, foin au nez. Attaque douce en bouche, qui prend un incroyable volume avec une puissance contenue. Le vin est long, il est sublime avec les rougets. Le 2005, c'est un peu les retrouvailles. Le bois semble s'être un peu intégré 5 ans après notre dernière rencontre, mais il est encore présent, de façon plus mesurée. La robe est magnifique, elle brille par son doré. SimoneAvantage pour ma part au 2009, qui malgré sa jeunesse brille par son intensité et sa déjà complexité. Attention tout de même : avec ce duo, on n'est pas chez mémé. Simone en blanc, c'est tout de même aux alentours de 30 € la bouteille. On peut donc espérer que le plaisir soit au rendez-vous. Il l'était ! L'accord fonctionne parfaitement avec les rougets.

5 - Henri Milan, VDT de France MMVIII, Le Grand Blanc. Un Grand Blanc seul pour l'occasion. Le nez est rectiligne, un peu pomme, avec des relents de sel. Bouche au volume moyen, à la sensation crayeuse. Mais l'aspect un peu trop nature me gêne. Pas trop requinqué par ce Grand Blanc.

6 - Domaine des Baguiers, Bandol rosé 2011 : mes copains de goulot ont dit que c'était bon. Je veux bien les croire. Pas mon truc cette couleur là.

Changement de couleur : nous passons aux rouges

7 - Château Revelette, Vin de Pays des Bouches du Rhône 2008, le Grand rouge
8 - Domaine Pieracci, Bandol 2008
Le Revelette  possède un nez puissant mais superbe : chocolat, cerise noire. En bouche, l'attaque est d'emblée saline avec une sensation mentholée. Une petite accroche tannique mais rien d'inquiétant. Ce vin devrait bien vieillir ! Le Pieracci est construit sur la longueur et l’onctuosité. Fruits noirs, le toucher de bouche est caressant. Facile et déjà accessible. Très beau et aussi intéressant que le Revelette. A noter que ces deux vins sont dotés d'une belle longueur.

9 - Domaine Hauvette, les Baux de Provence 2008, Améthyste Hauvette
10 - Domaine Henri Milan, les Baux de Provence 2006, le Clos
Le Hauvette présente un nez avec un peu d'acidité volatile. Le fruit est cependant aguicheur et claquant. La bouche est gourmande, longiligne, pure, portée par de beaux amers et des tannins de grande qualité. A ce moment de la dégustation, je me pose la question avec mon voisin de gauche (Fred, le p'tit nouveau) s'il n'y aurait pas un peu de vendange entière. Y en a certainement, mais pas que ;-)
Le Milan de 6 ans d'âge offre un nez un peu différent, même si le fruit semble bien préservé : épices, cigare, un peu de vernis. Bouche classieuse et longue. C'est un joli vin, même si pas encore prêt.
Ma préférence, à ce stade va à l'éclatant Hauvette !

Sur une jambonnette de volaille farcie et gratin dauphinois maison...

11 - Château de Rousset, Coteaux de Pierrevert 2005, Grand Jas. Le nez à l'allure d'un "cabernet" : serré, un brin végétal aux effluves de poivron. La bouche est légèrement déviante (bouchon), n'offrant certainement pas le plaisir que j'avais eu à boire cette bouteille dans sa jeunesse (RIP, c'était ma dernière)

12 - Château Simone, Palette 2006
13 - Domaine du Toasc, Bellet 2006
Vincent et Franck enfilent leur plus beaux tee-shirt pour servir leur vin respectif.

Maiden
Encore un peu d'élevage pour Simone, mais quel nez encore : fruits rouges bien murs, champignons frais, relents de caramel. De la fraîcheur en bouche, de l'allonge sur une finale épicée. J'aime beaucoup ! Le Toasc de la confidentielle appellation Bellet ne ressemble pas à ce qu'on à l'habitude de rencontrer : normal, avec ses 65 % de Folle Noire et 5 % de Braquet. Nez crémeux, pétales de roses, texture tendre et souple en bouche mais qui ne manque pas d'allant. Encore un très beau duo et match nul pas si nul bien au contraire.

Nous entamons une mini étude de l'appellation Bandol. Le fromage fait son apparition : briouates de chèvre frais.

14 - Domaine du Gros Noré, Bandol 2001
15 - Domaine de la Tour de Bon, Bandol 2001
Le Gros Noré offre un nez généreux sur le sureau, les fruits noirs et les épices telles le poivre. Bouche ample, puissante mais contenue par une acidité remarquable. Finale ronde et un peu chaude. 10 ans de bouteille mais son heure n'est pas encore arrivée. La Tour du Bon propose un nez de cerise à l'eau de vie, de genièvre. En bouche, l'attaque se fait crémeuse puis ça se complique rapidement : les amers prennent le dessus, elle est très puissante et l'alcool domine la finale. Bof

Dernier duo du jour

16 - Domaine Lafran-Veyrolles, Bandol 2004, Cuvée Spéciale
17 - Château Pradeaux, Bandol 2001

Pradeaux

Le Lafran-Veyrolles représente pour moi la classe par excellence : nez fin, fait de camphre, menthol et de fruits noirs claquants. La bouche accroche légèrement mais tout y est : puissance, équilibre, fraicheur, profondeur, acidité, tannins fins. Un vin complet, qui entame à peine son plateau de maturité. Quel plaisir à présent, mais rien ne presse. Le Pradeaux arbore une couleur évoluée, au disque orangé. Le nez complexe est un peu sur les abats, orange sanguine, camphre encore, sous bois. La bouche parait plus évoluée que son âge réel sur des saveurs de cerises à l'eau de vie et de notes thym et de laurier. Un beau vin fondu.

Merci à tous pour cette très belle dégustation ! Peu de déchets. Merci également au Jean Bouin pour son accueil. Encore une dure journée qui s'achève :-D