Ca fait bien longtemps que je n'ai pas participé aux Vendredis du Vins. Je crois bien que la dernière fois, c'était l'épisode 28, présidé par la grand manitou alsaco non dépressif, Patrick Bottcher. Je ne sais pas non plus ce qui a pris à Doc de prendre la présidence ce mois-ci : ce 46ème volet lui rappellerait-il son âge, sa pointure ou le nombre de photos de lui sur internet ?! D'ailleurs, le Doc existe-t-il vraiment, qui pourrait en témoigner ?

Toujours est-il que ça me fait plaisir de revenir à ces VdV, surtout avec ce thème qui correspond plutôt bien avec la type de vin que j'aime : "nordiste, sudiste, du pacifique à l'Atlantique, parlez-nous de votres syrah favorite". Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas vous parler de celle que j'affectionne au point de tuer ma belle-mère pour l'ouvrir, mais d'une découverte récente. La deuxième édition du "salon des vins bio" (sisi !) de Rouen-Boos m'a permis de découvrir un petit domaine qu'il est tout nouveau, tout beau : le domaine de Lucie. Lucie Fourel, la vigneronne,  n'en est pas à son coup d'essais dans les vignes. Ses parents sont vignerons depuis bien longtemps et vendent leurs raisins à la cave de Tain l'Hermitage. Lucie qui a appri à marcher en se tenant aux fils de palissage des vignes, s'est installée toute seule comme une grande en 2006. Une exploitation en polyculture (vignes et abricotiers) d'une surface de 3,5 hectares en appellation Crozes-Hermitage et 3 hectares d'abricotiers. En 2007, c'est le lancement de l'exploitation toute entière en bio. Jusqu'en 2009, les raisins partent à la coopérative et puis en 2010, c'est le grand saut : son premier millésime ! Si à 35 ans, Lucie, ancienne étudiante en langue et commerce international souhaite se destiner pleinement à sa passion, ce ne sont pas les nombreux stages chez Vincent Paris (Cornas), au domaine Prunier (Auxey-Duresses), au château de la Tuilerie (Costières de Nîmes) et enfin la référence pour elle chez Clusel Roch (Côte-Rôtie) qui l'ont fait changer d'objectif, bien au contraire !

St Jaimes

Crozes-Hermitage "St Jaimes" 2010 : 1,2 hectares en bordure de Rhône, rive gauche, dans le quartier de st Jaimes à Mercurol. De vieilles vignes quarantenaires sur limon et sable témoins de la présence du fleuve il y a quelques centaines de milliers d'années. Le système racinaire s'y enfonce facilement sur 1 mètre 20, puis ce sont les galets et les graviers qui prennent le relais. C'est un terroir stressant, qui oblige les racines à se battre pour donner à manger à la plante.
2010 donc, premier millésime produit à hauteur de 6000 bouteilles. Une bonne partie des raisins a été vendu à un négociant. "Les rendements ne sont pas bien élevés (25 à 30 hl/ha), mais je voulais réussir et donner le meilleur pour mon premier millésime en solo, ce qui m'a permis de me concentrer sur une quantité "jouable" ".

Passé le premier nez et quelques effluves sauvages, l'air lui apporte un style plus affiné et poli... On trouve un joli nez expressif, de fruits noirs, d'épices orientales et de poivre. On sent déjà une belle maturité, sans excès. La bouche est avenante, aussi charmeuse que sobre, c'est un vrai bonbon : fruits acidulés, juste équilibre de la maturité, fraîcheur, gourmandise et un soyeux qui fait son apparition au moment où vous pensiez avoir fait le tour de la question.

Au final, une belle découverte, un très bon vin, frais et brillant à l'image de sa charmante jeune vigneronne, dont le cœur n'est plus à prendre (je vous vois venir les gars), puisque son compagnon, Sébastien Wiedmann est aussi de la partie, de l'autre côté du fleuve sur St Joseph.
A découvrir donc. Ce Crozes-Hermitage St Jaimes 2010, j'adore pas : j'aime tout court !

 

Le domaine de Lucie
Lucie Fourel

741, chemin des Levées
26600 Tain l'Hermitage
+33 6 14 24 57 14
luciefourel@hotmail.fr

 

Au passage, une bise pour Iris et une autre pour Lisa Roskam et Lolo Baraou créateurs des VdV