Enfin, depuis le temps que ce thème rodait, sans jamais avoir été voté et choisi par les membres de ce cercle de dégustation. Des années de disette, à ignorer, pire à rechigner rien qu'à l'idée de boire du Melon de Bourgogne ! C'est Gil qui ne lacha jamais l'affaire, portant régulièrement le thème dans la besace de ceux à choisir, qui est THE reponsable de cette rencontre. Voilà, on y est. Et quitte à se faire mal, autant que le coup de grâce eut été acceptable avec les mets qu'il fallait : un plateau de fruits de mer. Que dis-je, nous nous sommes gavés de produits iodés : un énorme truc à vous couler un rafiot qui revient de la mer.

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Je vois déjà bondir le lecteur défenseur de ce cru du Pays de la Loire, rien qu'à lire l'introduction de ce post. On ne vous fait pas plus attendre sur le résultat : cette soirée fût certainement l'une des plus haute en couleur et riche en qualité depuis que nos réunions mensuelles existent (6 ans) !

Une chose qui change de nos habitudes, c'est que nous dégustons les vins avec le miam. Bien entendu et cela ne change pas, nous le faisons à l'aveugle.

Mise en bouche, pour donner des forces notamment pendant l'ouverture des huitres, un Muscadet Sèvre et Maine sur Lie 2009 le Champ-Fleury de Daniel Robineau servi dans des p'tits ballons de comptoirs. Simple, fruité, ne laissant aucunes séquelles à l'œsophage, ça se boit sans se poser de questions. L'assemblée en redemande, d'autant que nous sommes dehors par température proche de 0 pour ouvrir les 96 bivalves. C'est bon, Philippe retourne au frigo ravitailler !

On passe à table...

Domaine de la Perrière, Muscadet Sèvre et Maine sur Lie 2009. Pas un monstre de concentration, mais on est encore en présence d'un bon Muscadet, offrant fruits blancs et une jolie petite finale minérale et gazouillante. Là encore, le plaisir est de mise !

Premier constat : faut pas se ruiner pour s'amuser !

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Petite erreur de casting avec ce vin qui aurait du arriver au moins en 5 ème position. Si je retrouve le c.. qui a changé la bouteille de place sur la terrasse donc l'ordre de service ! Muscadet Sèvre et Maine sur Lie 2004, André-Michel Brégeon. Robe brillante et dorée. Dans un style radicalement différent de ce qu'on vient de boire, le jus semble plus élevé, mais pas de boisé persistant seulement très fin. La bouche offre une texture tout en douceur, lisse avec une remarquable acidité. Un vin qui donne une impression de longueur et qui signe à moins de 4 € un incroyable rapport qualité/prix ! Très bien.

Muscadet Sèvre et Maine 2008, "Expression d'Orthogneiss", domaine de l'Ecu, Guy Bossard. Grande déception avec ce Bossard. Le vin est d'une aromatique très légère et la bouche plate : rien à dire. C'est mou, ça manque de consistence.  Je ne vais pas me faire des amis, mais c'est comme ça : 4 ème bouteille de suite de Bossard dans un millésime différent et 4 ème déception !

Muscadet Sèvre et Maine "Gorges" 2005, château de la Gravelle. On partirait presque sur un Pinot Gris, tant les notes lardées au nez sont puissantes. Puis tout rentre finalement dans l'ordre avec un classicisme exemplaire en bouche. Elle est certainement la plus puissante de la soirée, c'est relatif. Nous ne sommes pas  dans le Rhône ! Elle s'étoffe pour finir en largeur.  Bien +

Muscadet Sèvre et Maine sur Lie 2005, domaine de la Louvetrie (Jo Landron). Très beau nez patiné  et expressif rappelant la truffe blanche. La bouche offre un beau gras avec une densité  remarquable. Ce qui fait son charme, c'est l'équilibre matière/acidité. Très bon vin

Deuxième constat : on se fait plaisir !

Muscadet 2002, domaine du Grand Poirier, Christian Jaulin : on perd en complexité, mais sans perdre une goute d'intérêt. On est d'avantage sur la rondeur avec des notes miellées et de chèvrefeuille. La bouche brille par sa précision et son aspect claquant. Belle découverte et coup de cœur de cette cession !

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Muscadet Sèvre et Maine 2000 "Gorgeois", André-Michel Brégeon : on change de catégorie, cette bouteille ayant certainement quelques années au compteur. Nez très intéressant sur l'humus, champignon frais,  iodé et un fumé prépondérant ! Bouche impressionnante de densité avec une oxydation ménagée. Le fumé prend le dessus sur la finale d'une grande longueur. Très bien +. Ce vin prouve aux réfractaires qu'un Muscadet peut vieillir à merveille. Tous ne le peuvent pas comme lui, mais ce qui vient de chez Monsieur Brégeon, c'est comme dans le cochon !

Muscadet Sèvre et Maine sur Lie 1999, château de la Mercredière : là encore, c'est un vin qui a correctement traversé les années, dans un style plus tendu que le Gorgeois. Fruits blancs qui font penser  à un alcool de mirabelle, droit avec encore une belle intensité. Il sait être intéressant, même si ce n'est pas le plus compliqué. Bien + 

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Dernier vin et c'est plutôt une curiosité, offerte par les amis de Côté Vins : Vin de France 2009 "Audace du Coing", château du Coing (Véronique Günther-Chéreau). On se rend immédiatement compte que c'est un vin récolté en surmaturité : coing, poire et... surimi ! En bouche, le vin est tenu par l'acidité et se dépouille assez rapidement. Une curiosité provenant aussi de Melon de Bourgogne.

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Mes zamis, quelle belle soirée. Quasiment rien à jeter dans les vins. Et nous n'avons pas honte ni chopé le melon avec ce qu'on a bu et mangé ce soir ! De plus, fait rarissime, on a eu le droit à une scène de ménage entre notre fantôme préféré et son balais !

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