Cette dégustation avait pour objectif de chauffer les gosiers et de faire quelques gammes vinesques. Nous sommes chez Franck qui sait recevoir comme il faut. Attention, on va finir par prendre pension chez toi ! Les amis Pierre (et sa dame), Adnane et Christophe on également fait le déplacement.

Place aux expériences dans les verres, mais aussi aux coups de cœur ou valeur sures... Bien évidement, les vins sont servis à l'aveugle, c'est plus drôle.

Sancerre 2006 "le Chêne Marchand", Christian Salmon : le vin est incroyablement mur, sur une sensation minérale appuyée. Curieux de constater cette perception de sucre résiduel, d'autant que je pense qu'il s'agit d'un Sancerre. Pour moi, le vin tombe un peu dans la mollesse et n'est pas représentatif du Sancerre que j'aime.

Sancerre blanc 2001 Silex "Sancerre d'Antan", Henri Bourgeois : saleté de TCA, grrrrrrrrrrrrr...

Sancerre blanc 2008 "Clos de Beaujeu" de Gérard Boulay (bouteille passée en carafe 24 heures). Grosse présence au nez, jus de caillou, très agrumes, arômes murs. Bouche super riche, du gras, de la profondeur, supportée par de beaux amères. Finale saline et caillouteuse. Incroyable de trouver autant de vin dans un vin ! Magnifique, au summum de Sancerre, ça déborde de partout. Autant les 2007 du même producteurs sont sur un profile minéral et semblent se refermer actuellement, autant celui-ci, je me demande comme il va s'assagir. 

Puligny-Montrachet 2006, domaine Louis Carillon : un domaine qui m'a toujours épaté avec ces Puligny au sommet. Il devrait pourtant y avoir du changement quant à son avenir en 2010, les 2 frères ayant décidé de séparer le domaine ! Ce Puligny arbore une jolie prise de bois et propose une minéralité relative. Laissons lui quelques années pour le retrouver avec plaisir.

Puligny-Montrachet 2006 1er Cru "les Folatières" Bachelet-Monnot : plus harmonieux et plus avenant que le Carillon, le vin est aussi long que large sur une dominante d'agrume et un bois encore un brin perceptible. Bien +.

3Auxey-Duresses blanc 2005, Pierre Boisson : le nez est incroyablement grillé et fumée et fait penser à un vin de Coche-Dury. Beaucoup de jus en bouche, un peu pris par le bois, mais la matière est terriblement vibrante et gourmande. Ca envoie du lourd et longtemps ! Le grillé, c'est bien la marque de fabrique de Raphaël Coche, vinificateur du domaine Boisson qui n'est autre que le fils de Jean-François Coche-Dury. Très bien mais surtout à suivre !

Chassagne-Montrachet 2007 1er Cru "les Chenevottes", Pierre-Yves Collin-Morey : très beau vin expressif sur des notes de nougat et de poivre blanc. Du volume en bouche, de l'équilibre entre la richesse de ces mêmes arômes et l'acidité qui déroule longuement le vin. C'est très bien fait et ça me plait beaucoup.

Riesling 2007 Grand Cru Brand, Albert Boxler : très beau nez, précis et fin sur des notes d'agrumes, de terpènes et cette minéralité comme toujours si sensuelle et caractéristique du domaine (c'est moi qui avait apporté cette bouteille). Encore un peu de gaz en bouche qui s'évacuera par la suite et qui rend les quelques sucres résiduels attachants. A noter qu'il s'agit de bons sucres résiduels, pas inutiles. Très belle bouteille qu'il me tarde de retrouver dans quelques années.

1Pinot Noir 2007 "les Pierres Chaudes", Patrick Meyer (Alsace) : encore un joli vin,2 gourmand comme il faut, libre comme l'air justement parce que sans souffre. Le fruit est presque excessif comme la fraise et les épices en finale font la part belle à ce breuvage souple et léger qui se laisse très trop facilement boire. Il me fait penser un peu à un Morgon. Ma dernière bouteille, souvenir d'un passage chez Patrick.

Meursault rouge 2005 "la Baronne", René Maurel : vanillé, écœurant, éventuellement pour une sauce bourguignon.

Chassagne-Montrachet 2006 "Vieilles Vignes la Goujonne", Hubert Lamy : des allures de Chambolle-Musigny, marqué par la raffle, les tanins sont un peu durs. Pas emballé

Vosne-Romanée 2002 "les Suchots", domaine Chantal Lescure : attention, ce spécimen est une bombe atomique. Avec ses notes de venaison, de pivoine et de réglisse, le vin expose rapidement avec classe ses origines nuitonne et terrienne. En bouche, tout est là pour vous faire passer un moment inoubliable : les tanins sont ronds et mordants, la structure est taillée pour la table. La rétro sur de beaux amères ne se fait qu'après de longue secondes de bonheur et de plaisir ! Je n'ai pas été capable de recracher cet OVNI ! Mes 2005 vont attendre quelques temps. GRAND vin.

10Les deux suivants sont servis ensemble.
Sancerre rouge 2005, Christian Salmon. On resserre la trame en bouche, c'est profilé cerise, mais le végétal  est marqué. Bof. Le domaine Salmon n'est pas à la noce ce soir, c'est peu habituel !
Sancerre rouge 2000, Gérard Boulay : matière mure et élégante, un fruit inouïe et éclatant. Le vin est d'une jeunesse insolente et pourtant, il a 10 ans et presque 10 ans de cuve car il vient tout juste d'être mis en bouteille. Je suis sur le C.. par tant matière et par un tel toucher de bouche. Le plus beau Sancerre rouge que j'ai bu, sans aucun doutes.

Côte-Rôtie 1998 "les Grandes Places", domaine du Monteillet. Encore un vin superbe qui nous est proposé par Stéphane Montez (c'est le géniteur). Nez superbe, dynamique, d'encre d'école, de menthol avec un côté sanguinaire appétissant. Bouche riche, puissante et complète avec des tanins suaves et abondants. Tout le monde reste quoi, même Christophe qui l'avait apporté.

Saumur-Champigny 2004 "les Poyeux", Clos Rougeard : entre 2 âges, joli fruité, rond avec un trait de vert en final. Bon, mais pas à la hauteur de ce que j'imaginais car c'était mon premier Rougeard (sisi).

Minervois la Livinière 2000 "le Féline", domaine Borie de Maurel : crème de mure et violette, de la profondeur et une allure presque sans souffre. En bouche, de la rondeur et des tanins crémeux pour ce vin de quelques années, c'est doux, fruité avec des notes d'olives vertes. J'aime beaucoup. Merci Doc ;-)

Pauillac 2001, Château Mouton Rothschild : les notes de cafés montent immédiatement au nez, mais aussi de pain grillé et de fumé. Un léger creux en milieu de bouche, mais grosse longueur qui en dit long sur son pédigrée. Pas au mieux de sa forme, car ouvert au dernier moment. Mais merci Franck pour ce missile !

Mosel Saar Ruwer, Eerdener Prälat Riesling Auslese *** 1994 er, Jos Christoffel jr (Riesling allemand pour les non initiés) : une petite douceur pour finir, qui a la bonne idée de remettre les compteurs à zéro grâce à la charge alcoolique plutôt faible (7,5 %). Marqué terpène, mais de la fraîcheur sur l'ananas et le miel d'acacia. Matière fine et précise, elle s'étire longuement grâce à une acidité remarquable. Très beau.

Ainsi s'achève cette magnifique soirée. Les vins nous ont comblés, ils ont été parfaits avec très peu de déchets.

Merci à Marie et Franck pour leur accueil, parfait et généreux comme d'habitude !

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