Une dégustation avec les amis de LPV Haute-Normandie, 15 ème édition, ça ne se rate pas. Que le temps passe !

Une rencontre qui devait nous emmener en Côte de Beaune, charmante région pourvue de blancs et de rouges. Les hommes sont à l'heure, l'humeur est joyeuse, la France vient de battre la veille la vieille Angleterre en rugby et empoche ainsi son 9ème Grand Chelem. On dit que les français sont chauvins, c'est pas faux.

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Vincent, encore tout heureux à cette heure


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Jean-Jacques, Olivier : c'est comme si on était au stade !

Certains ont fait une dégustation "Off" chez Franck la veille (j'y étais) : ça c'est très bien passé, les vins étaient en forme, alors on se frottait les mains histoire d'appeler les grands esprits du Pinot Noir et du Chardonnay.

Nous accueillons 1 petit nouveau en la personne de Sébastien (région Centre). Et puis deux personnes de passage, qui avaient fait le déplacement spécialement pour cette occasion. X-Tof Christophe), éminent dégustateurs, d'une rare humilité, qui fait en général mouche (ou pas loin) au petit jeu de l'aveugle. Doc-Adn (du blog "Escapades"), lui aussi éminent enquilleur de kilomètres (900 km aller et retour pour l'occasion) et de verres remplis.

Les vins sont dégustés à l'aveugle, en général par paires puis dévoilés ensuite, et à la bourguignonne : les rouges avant les blancs.

Décrispation des mâchoires et du gosier avec ce Bourgogne Aligoté 2008 de Jean-Marc Roulot : de la tension et de la rondeur, un comportement exemplaire du fruit, parfaitement préservé. J'ai beaucoup aimé !

1 - Auxey-Duresses rouge 2005 1er Cru le Val - domaine Vaudoisey-Creusefond : encore un peu marqué par le bois à ce stade, les tanins presque fondus sont digeste et supportent le fruit qui apparait en arrière fond. J'aime bien.
2 - Monthélie rouge 2005 1er Cru "Sur la Velle" - Rémi Jobard : le nez présente pas mal d'alcool et de la réduction. Cependant, en bouche j'aime son côté un peu libre, quasi sans souffre (?) et sa consistance. Pas prêt du tout.

Avant de tirer sur l'ambulance, je pense qu'il faut laisser un peu de temps à ces 2 vins actuellement dans une phase de transition. Le fruit s'absente et se destine à des arômes intermédiaires.

3 - Chassagne-Montrachet rouge VV 2007 - Marc Colin : la couleur est très légère, presque grenadine. L'ensemble est floral (pivoine), assez simple et s'appuie sur un élevage agréable et complémentaire. La bouche peine cependant par son manque de chaire et d'étoffe. Assez bien.
4 - Bourgogne Grand Ordinaire 2005 "En Busigny" - Bernard Van Berg : nous ne le savions pas encore, mais ce BGO (Bourgogne Grand Ordinaire) allait beaucoup faire parler de lui. Le nez est très grillé avec une marque qui aurait pu mettre sur la voie d'un certain vinificateur, au point que j'ai lancé "Coche-Dury". La bouche est tendue, serrée et parait un peu trop extraite à mon goût et ne demande qu'à se détendre.OK, mais pas à 40 € la bouteille.

5 - Volnay 2002 1er Cru Santenots  - Domaine Nicolas Rossignol : beaucoup de profondeur et d'élégance dans ce vin, qui offre du fruit par paquets entiers. C'est raffiné, long et élancé. Il se fait également remarquer par sa facilité être ingéré, tant les tanins sont soyeux et aimables. Mon coup de cœur rouge !

6 - Corton 2001 - Domaine de la Pousse d'Or : plus sur la finesse que le Volnay, l'élevage se fait un peu plus sentir (le café notamment). Très belle bouche, granuleuse, sans aucun creux et une remarquable longueur. Il n'est pas encore prêt, mais ce sera un très beau vin dans quelques années. J'ai également beaucoup aimé

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Les 3 vins suivants sont servis en parallèle. Il s'agissait de comparer les 3 époques du Château de Pommard, "issus" de 3 vinificateurs différents.

7 - Pommard 2007 - Château de Pommard. Epoque actuelle, vinificateur Emmanuel Sala. Assez simple de partout (nez et bouche), il paraît fermé et réduit. Assez Bien, mais pas ce que j'attends d'un Pommard.
8 - Pommard 2005 -
Château de Pommard. Vinificateur Philippe Charlopin. Mais pourquoi cacher le fruit par un élevage aussi marqué ? Peu de plaisir pour le moment, sur une matière lourdement tannique. Bof
9 - Pommard 1996 -
Château de Pommard. Ere Laplanche. Le plus évolué des 3, mais dur, avec une acidité terrifiante. Nooooooooooooooon !

10 - Volnay 1996 - Reyane & Pascal Bouley : un beau breuvage qui offre encore du dynamisme (acidité importante), même s'il l'on peut penser qu'il a quelques années derrière lui. Il ne fait pas très "Volnay", mais c'est plutôt bon.
11 - Volnay 1996 1er Cru Taillepieds - domaine Roblet-Monnot: un peu de réduction et assez viril au nez, la bouche est épaisse et granuleuse. Très belle allonge. Bien

C'est terminé pour les rouges. Pour ma part, 2 vins sortent du lot : le Volnay de Nicolas Rossignol et le Corton du domaine de la Pousse d'Or.

Une petite transition avant de revenir à la 2ème partie de notre rencontre. Limoux 2008 Sieur D'Arques les Toques et Clochers "Haute Vallée" : fraîcheur acidulée et vive au nez, la bouche est simple et construite sur un beau gras dès l'attaque et donne pas mal de plaisir.

Revenons à nos moutons.

12 - Auxey-Duresses blanc 2007 - domaine Vaudoisey-Creusefond : c'était mon apport, il n'était vraiment pas au niveaux auquel je l'attendais. On est très loin des fruits à chair jaune habituellement caractéristique  de cette cuvée. On est d'avantage ici sur la pomme, non sans rappeler certains vins très natures. De plus, l'alcool et le bois sont marqués. Evidement, bof et déçu !
13 - Santenay blanc 2007 1er cru Gravières - domaine Jessiaume : précis, dense, tendu et avec du fruit en plus. Le type de vin que j'aime bien, simple mais efficace !

14 - Santenay 2003 1er cru Passe-temps  - domaine Mestre Père et Fils : très agrumes et c'est le premier blanc dont la minéralité ressort. Cependant, le soufre a une emprise indéniable sur la matière et le boisé important donne de l'amertume à la finale. Pas surpris d'apprendre qu'il s'agit d'un 2003. Bof
15 - St Aubin 2005 1er Cru Sur Gamay - Henri Prudhon : des notes de vernis au nez. La matière riche et puissante donne le LA en début de bouche. Mais comme un enfant qui apprend à marcher, le vin s'essouffle et tombe assez vite.

616 - Puligny Montrachet 2006 1er cru "Champ Gain" - Michel Bouzereau : fruit très mur, on se retrouve sur la voie exotique. On croit rêver, en trouvant à ce stade quelques sucres résiduels. A des années lumières de ce que je me fais comme idée d'un 1er Cru de Puligny, qui plus est du domaine Michel Bouzereau. Déçu, la poisse !
17 - Bourgogne Grand Ordinaire 2006 "Le Fourneau " - Bernard Van Berg : gros élevage, très (trop) grillé au nez, cacahuette, on fait facilement le parallèle avec le rouge numéro 4. La bouche commence par se tendre avec un peu de gaz et se termine enfin sur du fruit. OK, mais quand on sait que cette bouteille coûte la modique somme de 120 €, c'est NON tout de suite.

18 - Meursault 2002 1er Cru Les Bouchères - domaine JM Roulot : attention, série en cours !  Magnifique nez d'une grande précision, sur les fruits blancs et le poivre blanc. En bouche, les arômes sont superbes, c'est mur et dense, la trame est encore une fois précise. La longueur sait se faire apprécier sur une minéralité  sous-jacente. Très bon
19 - Meursault Poruzot 2002 1er Cru - François Jobard : magnifique vin qui mêle la poire, la  minéralité 7dans une proportion intense et une rectitude en bouche démesurée. Le vin est superbe d'expression et semble vibrer tout en proposant une empreinte
évidente du terroir. Le plus beau blanc et le plus beau vin tout court de la journée. Bravo.

20 - Corton-Charlemagne 2000 - Pierre Marey : le fabricant de fût semble s'être un peu endormi lors de la chauffe (essence de café). On distingue cependant un vin à la silhouette élégante et agréable mais corpulante avec une finale sur de beaux amères. Très Bien.
21 - Corton-Charlemagne 1999 - domaine Bonneau du Martray : le profile est radicalement différent de l'autre Corton-Charlemagne. Tout en finesse et en subtilité, presque sensuel. Un léger déficit de longueur, mais le plaisir est là. Très bien également

22 - Montagny 2005 Vendanges de Novembre 2005 - Cave de Buxy : au nez, il a des similitudes avec la cuvée Renaissance Doux de Rotier : c'est compact, sur l'abricot et le coing. Ca tient bien en bouche, la liqueur n'est pas exubérante mais elle permet de terminer sur une belle note sucrée. Bien

J'ai lu et entendu pas mal de chose sur cette série spécial Beaune. De la réduction (je suis d'accord), peu de plaisir (je le suis moins). Je suis un peu plus mesuré. J'ai encore une fois beaucoup appris, partageant tout de même de bons moment avec l'ensemble des participants...

Merci au Coin Gourmand de Val de Reuil pour la salle, la préparation du repas et pour avoir supporté la bande d'énergumènes que nous sommes ...

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Prochaine étape avec le groupe haut-normand : l'Alsace.

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