Déjà la fin en effet, la fin d'une année chargée en dégustations, en émotion, en amitié et partage. Comme tous les ans, le cercle ne dérogea pas à la règle en proposant pour cette fin décembre un repas dégustation. C'est très simple : chaque plat est préparé dans son ensemble par une ou deux personnes accompagné d'un ou plusieurs vins. Peu de prises de notes concernant les vins, la relâche fait du bien parfois...

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20Premier à entrer en piste mais dernier entré dans le cercle, c'est Sébastien qui s'occupait1 de l'apéro. Un apéro version bulles avec plein de petites choses à grignoter. Pour ouvrir l'appétit, une découverte de Sébastien : un Extra-Brut Grand Cru Blanc de Blancs de Robert Moncuit. Bulles plutôt vives, un dosage faible de 4g/l qui joue à l'arbalète, mais c'est bon ! Fine acidité, ossature de fruits blancs, il a parfaitement rempli son rôle d'ouverture d'appétit et de soirée.

Après cet mise en jambe, le duo Seb (dit "Corky les bons Tuyaux") et Gil nous propose des brochettes de  St Jacques sauce foie gras : une superbe entrée, où quand les saveurs du foie gras épousent la texture magique des St Jacques, on est déjà pas loin d'atteindre dès ce moment-ci le 7ème ciel (sisi).

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Pour l'épouser ce soir là, un Sauvignon, un Graves 2007 du Château Chantegrive (la cuvée classique, celle sans bois). Toujours épaté par ce bon rapport qualité/prix surfant sur les agrumes, il souffrait peut-être cette fois-ci face au plat d'un petit déficit d'épaisseur, lui qui se boit facilement avec des crustacés tout simples.

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Gil, Gildas et Sébastien

13L'estomac criant encore famine, cette autre entrée arrive à point. Elle nous a été préparée par la paire Philippe et David : une terrine de foie gras maison, terriblement bien assaisonnée et un Coteaux de l'Aubance 2005 (tout proche des Coteaux du Layon) du domaine des Rochelles (JY & A Lebreton). Le Coteaux de l'Aubance est riche, sur les fruits confits (abricot, ananas). L'heureuse acidité du vin permet de ne pas tomber dans le piège classique mais ennuyeux du genre "foie gras = vin sucré".


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Philippe, docteur es Chateauneuf

Les rouges ne seront pas encore de sortie pour le plat qui suit. Proposé par Serge et Gildas, une marmite Dieppoise est servie (entendez aussi "cassolette du pêcheur", c'est pareil, sauf qu'ici vous êtes en Normandie, alors vous êtes priés de parler local, vu que ce sont les normands qui ont inventés cette recette :-D).

2 vins pour aller avec. Le premier est hispanique, de la D.O de Rueda, 100 % Verdejo, cépage local bien connu pour accompagner les plats à base poissons. Ici, c'est la grande maison Marqués de Riscal dans le verre. Dans sa jeunesse, c'est un vin fruité et vif, avec un soupçon de variétal, qui offre toujours de la fraîcheur et des arômes intenses. Ce 2002 est bien loin de ce qu'on aurait pu en attendre : ses caractéristiques primaires ont quasi disparues, rendant du coup le mariage un peu raté. Il se montre pataud et sans intérêts... A privilégier dans sa jeunesse donc.

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L'autre vin va-t-il mieux s'accommoder ? C'est encore un blanc, d'une couleur assez soutenue. D'un style plutôt bordelais, avec ces notes de tilleul et de bois, le vin tombe rapidement dans la lourdeur dès qu'il est bouche, du fait de son boisé encore présent. Ce Sauvignon/Sémillon du Château Larrivet Haut-Brion (Pessac-Léognan 1998) aurait certainement mérité une meilleur fin, disons qu'associé avec une viande blanche, l'accord eut été plus facile.

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Dave "1"

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Dave "2"

Les fromages. C'est l'autre David qui s'y colle. Plateau varié (Morbier St Nectaire, Neufchâtel...) les bonnes choses sont de sortie. Bu à part, un peu de couleur finalement ne pourrait pas faire de mal. Alors pourquoi pas un Santenay 1er cru "Clos Rousseau" 2002 de la Cave de Mazenay ? 2002, millésime plein qui devrait commencer à bien se goûter en Bourgogne : mauvais pioche avec ce spécimen. Une amertume effroyable, passons.

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Serge, Christelle (Mme Sébastien) et Sébastien plongeur d'un soir

Notre "grand" à la station de plonge (à droite sur la photo ci-dessus) apporte une bouteille fraichement rentrée dans sa cave. Teinte légèrement évoluée, il a des senteurs de goudron, de terre humide et un beau fruité rouge. Il offre ne bouche un très beau jus, au grain dense et velouté à la fois sur une longueur plus que correcte. Une belle expression d'un vin qui commence à évoluer, mais nous étions tous TRES loin de penser qu'il était quasi trentenaire ! En tout cas, c'est une agréable surprise avec ce La Tour Carnet, (Haut-Médoc) et de plus dans un millésime disons moyen : 1981.

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Dernier rouge. Nez très jeune, fruits rouges et épices, beaucoup de matière en bouche, mais ça reste équilibré malgré un belle puissance. Finale très fruitée. Bu si tôt, ce C9P 2007 (lisez Chateauneuf du Pape)  du domaine du Grand Tinel nous permet de lui prédire un bel avenir.

17Nous passons enfin, ou plutôt déjà au dessert. C'est le terrain de jeu  favori d'Eric. Tarte Tatin et tarte 22Normande (tarte aux pommes et crème). S'il y en a un qui n'a pas raté son accord, c'est bien lui. Déjà les tartes sont excellentes : nous avons tous trouvé un peu de place dans notre estomac pour leur faire honneur. Si Eric aime les pommes, ce normand d'adoption aime aussi les vins avec un peu de sucre et notamment le Jurançon moelleux. Superbe trame confite (ananas, abricot) avec un joli boisé pas envahissant qui lui confère des notes de coco. La liqueur est fine, pourvue d'une acidité assez haute qui identifie immédiatement le cépage et la région d'où il provient. Nous achevons cette soirée par un Jurançon 2006 du Domaine Cauhapé et sa cuvée Symphonie de Novembre... un régal !

Merci à toutes et tous pour cette douce et charmante soirée et un "special thanks" à Christelle et Sébastien pourleur accueil et toute la logistique.

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