juan_carlosSi si, et à vrai dire, ça c'est bien passé. Normalement, loin de moi toutes ces mondanités, mais je me suis finalement laissé tenter par un diner avec sa majesté ibère. Rendez-vous était pris chez ma belle-mère, en terre locale près de Madrid grâce à mon beau-frère qui le connait parfaitement depuis des années. Histoire d'un soir, ce blog va donc se "pipoliser"...

Tout commence il y a quelques semaines. J'ai téléphoné, écris, tenté de le rencontrer, rappelé encore et encore mais rien, impossible d'être reçu, il est bien trop occupé en vacance et prend un repos bien mérité avant la rentrée 2009, aux affaires.

Le repas, dont le diner était prévu à l'avance, était composé d'une simple viande de boeuf grillée, chose que sa majesté semble apprécier tout particulièrement !

Mon beau-frère sait que j'apprécie le vin. Il veut partager en famille un Vega Sicilia "Unico" 1996, qu'il possède dans sa cave, "Roi d'Espagne" parait-il. Désolé de vous décevoir si vous pensiez à Juan Carlos, mais mon influence n'aurait pas été suffisante pour rencontrer le roi d'Espagne, le vrai !

"Unico" est préparé un peu à l'avance, pour lui laisser le temps de respirer. C'est un minimum, quand on sait que le millésime 1996 et comme tous les millésimes de "Vega", sont disponibles aux amateurs après biens des années d'élevage : c'est ce qui en fait une des particularités. Un élevage long, très long, en plusieurs séquences. Les 85 % de Tinto Fino (Tempranillo) et 15 % de Cabernet-Sauvignon vieilliront pas moins de 8 ans dans différentes capacités de fûts usagés, puis neufs et enfin en foudre, avant de reposer définitivement en bouteille (jusqu'à 5 ans), jusqu'à sa commercialisation.

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Débute la dégustation, avant de l'accompagner du repas : le bouchon est impéccable, de longueur moyenne, pas du tout imprégné. La couleur présente des jolis reflets orangés, certainement signe de son passage prolongé dans divers contenants en bois. Au départ, le vin est un peu confus : tout y est, mais il manque un chef d'orchestre pour harmoniser cela : un passage en carafe s'impose, maintenu à 16 degrés, chose pas facile en Espagne en été, mais on y est arrivé. La longueur elle par contre est déjà au rendez-vous.

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3 heures de carafe auront raison de cet éparpillement, et c'est un vin transformé qui se présente à nous : d'abord au nez, on sent de suite la fraise, peu de perception d'alcool et incroyablement peu de notes d'élevage. Le tout est d'une élégance rare, homogène et pas une odeur ne semble l'emporter plus qu'une autre. Vous êtes en train de boire un Ribera del Duero, donc un vin supposé puissant en bouche : et bien ce n'est pas le cas ici et ce qui frappe, c'est cet équilibre entre l'alcool (13.5 %) l'acidité rafraichissante, la finesse des tanins qui est extraordinaire et les notes d'élevage subtillement dosées (cannelle, boite à cigares, zan) ! Avec le temps du repas, le vin évolue vers la cerise à l'eau de vie. Le vin vous prend délicatement la bouche, et les saveurs ne quittent plus votre palais pendant de longues minutes avec une prolongation des épices quasi inoubliables !

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Au final, un vin qui ne possède que 2 ou 3 ans de bouteille, mais qui est déjà prêt, "listo" comme on dit ici. L'équilibre et la finesse m'ont particulièrement marqué.
Mon premier Vega Sicilia et bien je n'ai pas été déçu, il fût "Unico". Ce soir et avec quelques jours d'avance, c'était mon anniversaire : merci Victor ! Merci au roi d'Espagne d'être venu à notre table ;-D

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