Les bouteilles de Maigremont

Les dégustations de vins du Cercle de Maigremont

19 janvier 2009

Visite du domaine Julien Meyer (Nothalten, Alsace)

Notre deuxième visite nous transporte depuis le kiosque du Kastelberg à Nothalten village du Bas-Rhin d'à peine un demi millier d'âmes.

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Le domaine Julien Meyer est tenu par Patrick Meyer (son fils) depuis qu'il est à peine majeur. Il cultive les 7 cépages traditionnels locaux sur 8,5 hectares dont le Grand Cru Muenchberg.

DSC_0555Quelques repères :
Les sols du domaine ne subissent plus l'application des produits de synthèse depuis 1990.
Depuis 1993 le sulfitage a été réduit au minimum. En principe, l'élevages des vins se fait sans ajout de So2. Certains vins même ne sont pas sulfités du tout.
1999 marque la reconversion de la totalité du domaine en biodynamie.

Vous pourrez donc aisément comprendre qu'une certaine liberté planera sur l'ensemble des vins que nous allions déguster.

D'après Patrick, cette forme de liberté ne tolère pas la moindre déviation voire parasitage. C'est pourquoi depuis 3 millésimes, certaines cuvées sont embouteillées avec un bouchon en verre. Une petite explication en image ICI vaut mieux que les plus grands discours (merci Philippe).

La ligne de conduite de Patrick est simple : laisser le terroir s'exprimer à son paroxisme, avec le moins d'intervention possible de l'homme, sauf peut-être pour les tâches non automatiques comme la mise en bouteille, sous tirage... Patrick se qualifie d'ailleurs comme un paysan vigneron. C'est pas faux.

On parle un peu de biodymanie : les échanges sont vifs, très vifs, trop vifs pour certains scientifiques qui sont dans le groupe ! Le terrain d'entente concernant la manière d'aborder la biodynamie et la pensée des scientifiques n'étant pas trouvé, il est décidé tout naturellement de mettre de côté nos égaux respectifs et de voir finalement comment se comportent les vins ;-)

"Mer et Coquillage" 2007. Un assemblage de Sylvaner et de Riesling. Un vin nature, simple, fait pour lesDSC_0557 copains dans un ensemble légèrement beurré et iodé. Bien

"Solis" 2007 : Sylvaner, Pinot blanc et Muscat composent cette cuvée faite aussi pour les amis ! C'est aromatique grâce à la bonne proportion de Muscat. Bien

Deux vins sympas, à boire sous la tonnelle, sans préavis d'ouverture et pour faire "plop" (*) quand bon vous semble (6 € seulement pour ces 2 vins)

Pinot Blanc 2007 "les Pierres Chaudes" : sol siliceux exposé plein nord. Beaucoup d'élégance dans ce vin, belle matière. Immédiatement accessible. Bon +

Riesling 2006 : ça y est, on entre dans le vif du sujet. Un vin du genre nature, qui offre une belle acidité et dont la rétro olfaction raisonne remarquablement. Très bien.

Riesling 2007 "Zellberg" : terroir de marne et de limon, le Zellberg offre une ossature sphérique et ronde. Les arômes de fruits sont encores jeunes, primaires. Jolie finale iodée. Bon

Riesling 2007 "Grittermatte" : sol siliceux qui abrite la partie basse du grand cru Muenchberg. Le vin est droit dans ses bottes, pas tout à fait en place le jour de la dégustation, mais l'essentiel est bien là : c'est nature, pas d'artifices.
A noter que ce vin a été bu il y a quelques jours en accompagnement d'une choucroute : mes amis, quelle claque ! Un vin d'une pureté exceptionnelle, qui fait penser au style des vins de Jean Macle dans le Jura. Coup de Coeur

Riesling 2005 Grand Cru Muenchberg : la droiture poussée au plus haut point ! Superbe vin dans un style tranchant et doté d'arômes fins (citron, verveine). Superbe profondeur. A attendre absolument. Magnifique

Le Pinot Gris 2006 et Pinot Gris 2006 "Fanny Elisabeth" nous ont peu séduit. Peut-être que la biodynamie est plus délicate avec ce cépage ?

Pinot Noir 2007 "les Pierres Chaudes" : superbe fruit posé sur des épices (ça c'est la barrique), les arômes partent encore un peu dans tous les sens (ça c'est la jeunesse) ! Les tanins viennent vous titiller la langue pour une gourmandise redoutable. Superbe, autre Coup de Coeur 

DSC_0560Pinot Noir 2004 "Heissenstein" : un "vieille vigne" qui imprime sa sève immédiatement. Le vin est plus dense et plus intense aussi que "les Pierres Chaudes". Le fruit est étincelant. Il gagne en volume à mesure du temps qui passe. Dans le genre bien élevé en 1/2 muids, le vin n'a rien à envier ses cousins bourguignons. Magnifique !

Gewurztraminer 2006 "Heissenberg" : un sous-sol granitique qui donne une jolie droiture dans un style "caramel au beurre salé". Très bon

Gewurztraminer 2006 "les Pucelles" : un peu fermé mais très bien aussi sur une finale saline.

Fin de parcours avec un Pinot Gris 2002 en Vendanges Tardives : un assemblage de Pinot Gris mais de différentes origines. Des saveurs de furnmint (Tokaji), fruits secs voir même de chenin. Pas mal

Patrick n'est pas un homme extraverti, ni un homme qui se met en avant. On pourrait aisément comprendre que ses vins sont en retrait, mais il n'en est rien ! Les arômes primaires ne son pas importants, il ne sont que le filigranne d'une ossature minérale, réhaussée par un coup de pate de son géniteur. 
Les vins jouissent parfois d'une réputation "nature" avec une pointe d'oxydation ? Il ne nous a pas semblé le ressentir, mais les millésimes dégustés étaient jeunes et ne nous ont pas permis de le vérifier.

Patrick peut paraître un homme bourru (cf notre discussion au début la rencontre sur la biodynamie), mais c'est certainement une forme de défense pour faire comprendre rapidement que la vigne n'a pas besoin d'autre chose... que ce qu'elle a autour d'elle.

Nous reviendrons...

Merci Patrick pour ton accueil.

(*) : le "plop" est le bruit que fait le bouchon à l'ouverture et qui est apprécié de tous. En règle général, plus il y a de "plop", plus les amateurs de vins sont contents.

Domaine Julien Meyer
21, route du Vin
67680 Nothalten
+33 3 88 92 60 15
@ patrickmeyer67@free.fr

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08 janvier 2009

Visite du domaine Albert Seltz (Mittelbergheim, Alsace)

DSC_0043Première étape d'une série de cinq sur des domaines alsaciens que les Maigremont ont eu la chance de visiter en novembre dernier.

Nous arrivons de bonne heure chez Albert Seltz, à Mittelbergheim magnifique et pittoresque village du Bas-Rhin. L'homme est décontracté, lunettes de soleil en attente sur la tête, les mains dans les poches. Premier contact, premiers échanges sur l'actualité viti-vinicole : l'homme n'a pas la langue dans sa poche. Ca promet des discussions animées et en toute franchise.

C'est Philippe, notre organisateur local qui a organisé la visite avec Albert Seltz.

Le domaine s'étend sur 11 hectares de vignes et est planté de 7 cépages : les classiques alsaciens, mis àDSC_0536 part le Muscat remplacé par l'Auxerrois. La part des Grands Crus représente 4 ha (Pinot Gris, Gewurzt, Riesling et Sylvaner). La production annuelle est d'environ 100 000 bouteilles.
Albert est la 14 ème génération d'un domaine né en 1576 ! Il nous laisse entendre que vigneron est un métier difficile : "c'est un savant mélange d'idéalisme et de pragmatisme".
Il travaille actuellement un peu pour les générations futures : le domaine est en bio non certifié et la biodynamie est pour lui une évidence qu'il commence à appréhender et à suivre de près. "Pour ton fils ? Peut-être, répond-il, mais pour le moment c'est encore un peu tôt pour savoir ce qu'il fera plus tard". Comme un bon père de famille qui pourrait léguer son domaine à la relève, Albert épargne beaucoup : actuellement, 80 000 bouteilles sont en cave, témoins du passé du domaine et de la période actuelle. 

Albert Seltz est un adepte sans mesure du Sylvaner : chaque année, il met de côté en cave 600 bouteilles de chaque cuvées de Sylvaner, pour prouver à beaucoup que ce cépage peut vieillir. Il constitue en quelque sorte une "sylvanothèque".

D'ailleurs, nous apprenons rapidement qu'un cheval de bataille d'Albert fût son "combat contre l'INAO" comme il aime à dire. Ardent défenseur du Sylvaner, il milite longuement pour redorer le blason d'un cépage que certains pourraient qualifier 081108__8_d'indigne (un peu comme le Gamay fût banni de Bourgogne). En effet, seuls les cépages dits "nobles" peuvent prétendre à l'appellation Grand Cru (Riesling, Gewurztraminer, Pinot Gris et Muscat).
Petit retout en arrière. 1998,  la DGCCRF (Direction Générale de la Concurrence, de la consommation et de la  Répréssion des Fraudes) constate dans une belle enseigne de Strasbourg une trentaine de bouteilles disposées à la vente comportant la mention "Sylvaner Zotzenberg Vieilles Vignes". "Etiquetage trompeur !" d'après l'INAO qui porte l'affaire devant les tribunaux. Normalement, la mention Grand Cru estPICT5501 suivie du lieu dit. Or, le Sylvaner n'est pas considéré comme Grand Cru. Albert se délecte et proteste documents à l'appui, que depuis 1922, le Sylvaner est accompagné de la mention Zotzenberg. S'en suivent de longs mois de procédure et au final Albert Seltz est dispensé de peine : amoureux de l'Italie et de la Renaissance, il baptise une oeuvre murale de son domaine du "Sono Contento" (Je suis content), symbole du pieds de nez qu'il vient de faire à cette grande institution mais qui hisse maintenant le Sylvaner au niveau qu'il souhaitait pour beaucoup...

Nous passons par les cuves de vinifications. Pour rappel, nous sommes juste après les vendanges : ça "glougloutte" dans tous les sens, "ça bosse" comme on dit ici. Nous passons par "le chai". Quelques cuves béton, inox ou fût servent à l'élevage du vin. Il n'y a pas de règles concernant le temps passé en fût : "j'éleve le plus longtemps possible sur lie, soit jusqu'à fin juin de l'année suivante". Mais l'élève de Léonard Humbrecht qu'il était nous indique que les vins doivent être natures : "un peu comme pour les femmes, pas trop de maquillage"...

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Nous descendons dans la cave de vieillissement : elle est magnifique. Près de 80 000 bouteilles reposent au calme dans la superbe cave, ornée d'oeuvres d'art qui s'associent à merveille avec les protégées d'Albert.

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Nous parlons du millésime 2008 et demandons à Albert comment il se présente "il n'y a pas de mauvais millésime, il n'y a que des mauvais vignerons !" : ça au moins, c'est fait ! A suivre au caveau de dégustation.

DSC_0513Auxerrois Kritt 2002 : on attaque déjà fort avec un vin ouvert aux notes de miel et de mirabelle avec des amers bien intégrés. Très bon
Auxerrois Kritt 2005 "Sélection" : un peu plus en retrait, mais une bouche construite sur une jolie minéralité et un sucre un peu plus présent.
Riesling Gd Cru Zotzenberg 2000 : nez discret certes, mais ô combien enivrant de fruits secs. Bouche puissante, droite comme un I. Le Zotzenberg abrite un terroir rouge (fer et grès)
Riesling Brandluft "Sélection" 1998 : issu de passerillage à sec, le nez est sur des arômes de Riesling évolué (notes terpeniques). On trouve en bouche des saveurs très iodées.
Riesling Brandluft 2005 : arômes primaires au nez, bouche saline et matière dense. Pas mal
Riesling Gd Cru Zotzenberg 2007 : c'est vif et citronné. La bouche est plus arrondie (rose) et longue. Albert n'aime pas encore, mais nous oui.

Un premier arrêt au stand pour se faire une première impression : les vins sont francs (on s'en doutait) dans un style étonnamment puissant.

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On repart avec le Riesling Gd Cru Zotzenberg 2006 : le nez est superbe, complexe dans un registre très mandarine. Que dire de la bouche qui est énorme sur des notes plus confites. Très beau.
Voici le genre de vin qui fait la pige aux détracteurs du Sylvaner. C'est un 1989, "Vieilles Vignes" tout de même ! C'est évolué certes, mais le raisin est encore tellement évident. Les arômes sont patinés et enivrants.
Sylvaner Gd Cru Zotzenberg 2005 : le premier millésime à pouvoir prétendre de la mention Grand Cru. Vin minéral mêlé d'arômes de mirabelle dans un style puissant aux touches boisées. Beau potentiel.
Sylvaner Vieilles Vignes 1998 "la Colline aux Poiriers" : celui là, il porte justement son nom : fruits blancs et particulièrement poire. On retrouve en bouche ces mêmes arômes, avec un léger sucre résiduel. L'équilibre est flagrant, superbe. Finale encore figoureuse.
Celui-ci sort directement du fût : le fruit est croquant et se prolonge longuement sur une juste tonalité. Encore un Sylvaner, "Sono Contento" 2007. Très prometteur, dans un style riche et puissant, juteux.
Sylvaner 2001 "la Colline aux Poiriers" : le millésime était propice au botrytis : le résultat est un régal. C'est une gourmandise, un dessert à lui tout seul dans un style confit mais léger. Extra
Gewurztraminer 2005 "Mon Ruisseau de Zanzibar" : bien évidemment épicé mais aussi marqué de gingembre, le vin est charpenté.
Pinot Gris 1999 "les Eglantiers" : un vin discret mais agréable, dans un registre confit et de miel de fleurs. Il ne fait pas ses 10 ans ce minot.
Sylvaner 2003 : amateur d'oxydatif, ce vin est pour vous ! On est évidement à des années lumières du Sylvaner conventionnel, mais la canicule et un élevage long en ont fait un vin hors normes. Avec un léger sucre résiduel présent, la finale est ample. Superbement atypique.

Merci infiniment à albert Seltz de nous avoir ouvert son domaine. Les vins sont pures, droits, puissants,  on pourrait penser alcoleux mais toujours sincères et avec une vraie personalité. Ce Robin des Bois là est attirant et ses vins sont comme lui : attachants et francs.

Nous partons ensuite pour le kiosque du "Kastelberg" et ses vignes pour y déjeuner : nous surplombons Andlau ! La vue y est exceptionnelle. Quelle journée !

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Domaine Albert Seltz
21, rue Principale
67140 Mittelbergheim
+33 3 88 08 91 77/+ 33 6 09 24 61 61
@ info@albert-seltz.fr
Site Internet

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02 janvier 2009

En balade (en Côtes de Nuits)

Bonne année 2009 !

Le thème de cette rencontre LPV Haute-Normandie est simple : aborder un maximum d'AOC différentes (village et premier cru) des villages de la Côtes de Nuits, soit Marsannay, Fixin, Fixin 1er cru, Côtes de Nuits village, Gevrey-Chambertin, Gevrey-Chambertin 1er cru, Nuits St Georges, Nuits St Georges 1er cru, Morey St Denis, Morey St Denis 1er cru, Chambolle-Musigny, Chambolle-Musigny 1er cru, Vougeot, Vougeot 1er cru, Vosne-Romanée, Vosne-Romanée 1er cru. Pas mal hein ?!

Pour commencer cette journée, 3 mises en bouche. Giacomo Vico Cantina, Birbét. Un mout de raisinBenoit partiellement fermenté aux accents italiens. Les bulles sont fines et légères, et dégagent de jolies effluves de fruits rouges avec un sucre résiduel bien présent, mais pas envahissant. Ensuite, un Savigny les Beaune blanc 2007 "Vinomélie" de Jean-Luc Maldant : Le nez floral est ouvert, de pierre à fusil, minéral avec une pointe oxydative au départ qui nous a quelque peu interpellé. La bouche est ample, fruits secs, fenouil sur une finale saline. Pas mal. Pour terminer cette mise en bouche, un vin au cépage injustement bani de la Bourgogne : le gamay. Un Beaujolais Village 2008 de Daniel Burnichon. Un "Bojo", pas fuyant bien au contraire et qui livre de façon vive toute la gamme de fruits rouges. C'est gourmand et bien fait bien fait. Bon.


Maintenant, c'est sérieux. Le coeur de la dégustation : les vins sont servis par paires et dévoilés à la fin de la dégustation. Les vins sont accompagnés de divers terrines, jambon persillé pour commencer.

Fred1 Morey St Denis 2000 Domaine Dujac
Waouh, ça commence fort ! Le nez est jeune, très frais avec beaucoup de fruits et quelques notes terreuses. La bouche est serrée, précise et contient de beaux amers qui pourraient indiquer qu'il s'agisse d'une vendange entière. Le tout est long, équilibré et laisse présager une jolie carrière (Bien +)
2 Beaune Clos de Mouches 1998 Domaine Drouhin
Le pirate du jour, situé sur la Côte de Beaune. Je n'ai pas trop aimé son nez très mur, paraissant sucré. C'est par contre plus évolué que le premier. La bouche est assez tannique portée par une grosse acidité et tombe plutôt rapidement (Moyen)
Avantage sans conteste au Morey St Denis de Dujac déjà ouvert et à qui on prédira sans se tromper un bel avenir.

3 Gevrey Chambertin 1995 1er cru « Bel Air » Domaine Taupenot-Merme
4 Vosne Romanée 2002 « Aux Réas » Domaine AF Gros
Le Gevrey offre une belle palette d'arômes tertiaires (cuir, gibier, terre humide) porté par une acidité bien présente. Dommage que la longueur tombe assez vite. Mais c'est un beau vin fait pour la table.
Le Vosne Romanée incarne tout ce qu'il y a de féminin : bien habillé par l'élevage, pas vulgaire, les arômes de fruits (violette, cassis) sont nets et profonds. Belle longueur et superbe équilibre.
Le Gevrey dans un style évolué (Bien), le Vosne (TBien) en pleine jeunesse mais possédant toutes les armes pour durer. Avantage pour le Vosne de AF Gros et sa sensualité.

Arrivée d'un boeuf bourguignon d'anthologie, mijoté 8 heures dans 8 litres de vins (syrah) !

5 Vosne Romanée 2002 1er cru « les Beaux Monts » Domaine Michel Noëllat
6 Gevrey Chambertin 93 « en Motrot » Domaine Denis Mortet
Un duel intéressant à tout point de vue : 2 terroirs, 2 âges et 2 évolutions différentes. Le Vosne Romanée de Noëllat a des arômes corsés (café) très pinot mais un peu grossiers pour ma part. La bouche est mure avec pas mal d'acidité. Elle s'éparpille et au final, le vin paraît dans une phase un peu ingrate. A revoir tout de même, car il semble posséder un bon fond (Moyen +). Le Gevrey de Denis Mortet se présente tel une énigme : il a tellement de choses à dire, mais semble ne pas se donner. On y reconnait pourtant des notes évidentes d'un beau terroir avec même un petit parallèle à certains cabernets francs de Loire. La bouche est délicate, mure et persistante mais toute en retenu et le grain est très serré. Une bête qu'il a fallu traquer. Pas facile d'aller la chercher celle-là.
Avantage tout de même pour Mortet qui sur ce coup avait été carafé 3 heures (Bien +).

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7 Nuits St Georges 1er Cru 2003 «Clos des Porrets St Georges » Domaine Henri Gouges
8 Marsannay 2005 « les Saint Jacques » Domaine Bart
La robe du Gouges est très foncée, presque noire ! Le nez est très fruit, très rose. Mais la bouche semble tannique, voire dure. Pour sa défense, ce vin a été servi un peu froid.
Le Marsannay lui est plus ouvert, rond avec des notes de violettes et d'élevage (épices). Malgré tout ce qui a été dit, je trouve qu'en bouche, le raisin est mur et c'est même assez long.
Dans un style vraiment différent, le plaisir immédiat est pour le Marsannay de Bart (Bien +). Le Gouges me paraît un peu trop extrait (Moyen +).

9 Bourgogne 2006 Domaine Méo Camuzet
10 Côtes de Nuits 2005 VV Domaine Naudin-Ferrand
Le Bourgogne de Méo Camuzet est un demi pirate. Le style est fruits frais (fraise écrasée). C'est vif, bien fait, mais c'est un peu monotone et on sent là que l'on descend un peu dans la hiérarchie, bien qu'issu de parcelles de la Côtes de Nuits.
Le Côtes de Nuits empeste l'hôpital et le vernis à ongle ! La bouche offre une belle matière tout de même.
Un petit plus pour le Bourgogne de Méo Camuzet (Moyen +), tant les notes de sparadrap du Naudin-Ferrand (Moyen -) sont désagréables.

11 Chambolle-Musigny 2005 Domaine Dujac
12 Fixin 2005 « Champ des Charmes » Domaine Jérôme Galeyrand
Autant le dire tout de suite, le Chambolle-Musigny de Dujac est mon coup de coeur de cette dégustation !Franck  Il incarne la finesse et l'élégance avec un élevage bien dosé. Peut-être un infanticide de le boire si jeune, mais il permet de discerner un superbe potentiel dans un millésime plein. Le Fixin de Jérôme Galeyrand est très avenant, ouvert sur des notes de café. La bouche est diablement gourmande, avec une texture soyeuse et une finale légèrement végétale qui offre une belle complexité.
Le dernier duo tourne à l'avantage du Chambolle de Dujac (TBien), grâce à un style moderne qui séduit immédiatement. Le Fixin (Bien +) n'est pas en reste et a su se montrer généreux. Fort de cette belle impression, je suis assez impatient de goûter le reste de la gamme.

Très belle dégustation, de haut vol. Peu de déchet. Le beaux domaines semblent s'en sortir avec les honneurs.

Mon TOP 3
1 Chambolle-Musigny 2005 Domaine Dujac
2 Vosne Romanée 2002 « Aux Réas » Domaine AF Gros
3 Morey St Denis 2000 Domaine Dujac

2 vins de Dujac aux avants postes, c'est justement mérité. S'il fallait en ajouter un autre, ce serait le Fixin de Jérôme Galeyrand.


C'est Pierre qui reçoit. Notre joueur de hand préféré jouant à domicile, il n'en a pas eu assez. Il retourne en cave pour apporter 5 autres vins et veut passer la vitesse supérieure : assez rigolé ! 

Servis par paires (exception du dernier) et à l'aveugle, dévoilés après chaque série.

Chambertin 1999, domaine Tortochot contre Grands-Echezeaux 2002 de Coquard-Loison-Fleurot
Le Chambertin semble d'une grande jeunesse mais un peu dur. Sur des notes florales et de rose fanée, il laisse apercevoir un beau potentiel. Ce qui pourrait frapper, c'est la grande acidité qui domine le vin. Il manque encore d'harmonie, mais bien heureux celui qui l'a en cave : patience.
Le Grands-Echezeaux est bien différent de celui que j'ai pu boire en juin dernier (je le saurai une fois l'étiquette dévoilée). Il possède d'étonnantes senteurs de chataignes grillées. La bouche est joliment dessinée et possède l'équilibre d'un grand vin tout en pinotant d'une belle façon.
Léger avantage au Grands-Echezeaux à cet instant, mais on reparlera certainement du Chambertin plus tard.

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Une autre série, qui a beaucoup fait parler (en bien, je vous rassure)
Musigny 2000 de Jacques Frédéric Mugnier VS Clos de Tart 2001.
Pierre aurait pu trouver pire comme combat ! Un fois le nez dans les verres, le silence se fait immédiatement autour de la table ! Rarement je n'ai vu une telle concentration avec la bande de joyeux lurons qui sévissent ici. Le Musigny a une élégance que j'ai rarement eu l'occasion de cotoyer. Le vin paraît plutôt floral (rose) et possède une certaine forme d'allégresse. La bouche est assez large et gagne en volume et puissance à mesure de la gorgée. La longueur se poursuit jusqu'à une finale quasi sans fin, ponctuée d'une trame végétale des plus enivrante. Mes amis, quel vin !
Le Clos de Tart 2001, je l'ai reconnu instantanément ! Il faut dire que c'est le genre de vin que l'on oublie pas et que l'on ne boit pas tous les jours. Cette première rencontre avait eu lieu il y a 2 ans avec le groupe LPV Paris (merci Raymond). Quel nez, tout en subtilité, en finesse, en profondeur ! C'est une sorte de balade non plus en Côtes de Nuits mais dans un souk : ce qui arrive en premier lieu, ce sont les épices douces carressantes puis les notes de roses séchées, de pivoine et de loukoum. Il est étroit, encore sur la retenue. Le grain de bouche est magique : il est fin, soyeux et porte le fruit sur des dizaines de secondes !
Affaire de goût et de style, tout petit avantage au Clos de Tart sur le Musigny de JF Meugnier pour l'énorme classe qu'il possède. Ce denier n'en reste pas pour autant un vin exceptionnel.

La tête encore dans les étoiles, nous sommes passés à côté du Santenay blanc 2001 "En Biévant" du domaine Bart qui accompagnait les fromages. Nous nous sommes resservis des 4 vins précédants.

from

Pour terminer sur un douillon aux pommes, un Monbazillac Tirecul la Gravière 2001 : superbe nez marqué de botrytis, de safran et de miel. La bouche est généreuse grâce à la liqueur assez impressionnante, mais tenue par une haute acidité. Elle est faite d'orange confite et de beaux amères et se prolonge très longuement. Toujours aussi bon.

Quelle journée ! Tout retournés, nous regagnons nos chez-nous respectifs avec des étoiles pleins les yeux. Merci à tous pour votre bonne humeur et merci Pierre pour ta générosité.

toutes

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