Bonne année 2009 !

Le thème de cette rencontre LPV Haute-Normandie est simple : aborder un maximum d'AOC différentes (village et premier cru) des villages de la Côtes de Nuits, soit Marsannay, Fixin, Fixin 1er cru, Côtes de Nuits village, Gevrey-Chambertin, Gevrey-Chambertin 1er cru, Nuits St Georges, Nuits St Georges 1er cru, Morey St Denis, Morey St Denis 1er cru, Chambolle-Musigny, Chambolle-Musigny 1er cru, Vougeot, Vougeot 1er cru, Vosne-Romanée, Vosne-Romanée 1er cru. Pas mal hein ?!

Pour commencer cette journée, 3 mises en bouche. Giacomo Vico Cantina, Birbét. Un mout de raisinBenoit partiellement fermenté aux accents italiens. Les bulles sont fines et légères, et dégagent de jolies effluves de fruits rouges avec un sucre résiduel bien présent, mais pas envahissant. Ensuite, un Savigny les Beaune blanc 2007 "Vinomélie" de Jean-Luc Maldant : Le nez floral est ouvert, de pierre à fusil, minéral avec une pointe oxydative au départ qui nous a quelque peu interpellé. La bouche est ample, fruits secs, fenouil sur une finale saline. Pas mal. Pour terminer cette mise en bouche, un vin au cépage injustement bani de la Bourgogne : le gamay. Un Beaujolais Village 2008 de Daniel Burnichon. Un "Bojo", pas fuyant bien au contraire et qui livre de façon vive toute la gamme de fruits rouges. C'est gourmand et bien fait bien fait. Bon.

 


 

Maintenant, c'est sérieux. Le coeur de la dégustation : les vins sont servis par paires et dévoilés à la fin de la dégustation. Les vins sont accompagnés de divers terrines, jambon persillé pour commencer.

Fred1 Morey St Denis 2000 Domaine Dujac
Waouh, ça commence fort ! Le nez est jeune, très frais avec beaucoup de fruits et quelques notes terreuses. La bouche est serrée, précise et contient de beaux amers qui pourraient indiquer qu'il s'agisse d'une vendange entière. Le tout est long, équilibré et laisse présager une jolie carrière (Bien +)
2 Beaune Clos de Mouches 1998 Domaine Drouhin
Le pirate du jour, situé sur la Côte de Beaune. Je n'ai pas trop aimé son nez très mur, paraissant sucré. C'est par contre plus évolué que le premier. La bouche est assez tannique portée par une grosse acidité et tombe plutôt rapidement (Moyen)
Avantage sans conteste au Morey St Denis de Dujac déjà ouvert et à qui on prédira sans se tromper un bel avenir.

3 Gevrey Chambertin 1995 1er cru « Bel Air » Domaine Taupenot-Merme
4 Vosne Romanée 2002 « Aux Réas » Domaine AF Gros
Le Gevrey offre une belle palette d'arômes tertiaires (cuir, gibier, terre humide) porté par une acidité bien présente. Dommage que la longueur tombe assez vite. Mais c'est un beau vin fait pour la table.
Le Vosne Romanée incarne tout ce qu'il y a de féminin : bien habillé par l'élevage, pas vulgaire, les arômes de fruits (violette, cassis) sont nets et profonds. Belle longueur et superbe équilibre.
Le Gevrey dans un style évolué (Bien), le Vosne (TBien) en pleine jeunesse mais possédant toutes les armes pour durer. Avantage pour le Vosne de AF Gros et sa sensualité.

Arrivée d'un boeuf bourguignon d'anthologie, mijoté 8 heures dans 8 litres de vins (syrah) !

 

 

5 Vosne Romanée 2002 1er cru « les Beaux Monts » Domaine Michel Noëllat
6 Gevrey Chambertin 93 « en Motrot » Domaine Denis Mortet
Un duel intéressant à tout point de vue : 2 terroirs, 2 âges et 2 évolutions différentes. Le Vosne Romanée de Noëllat a des arômes corsés (café) très pinot mais un peu grossiers pour ma part. La bouche est mure avec pas mal d'acidité. Elle s'éparpille et au final, le vin paraît dans une phase un peu ingrate. A revoir tout de même, car il semble posséder un bon fond (Moyen +). Le Gevrey de Denis Mortet se présente tel une énigme : il a tellement de choses à dire, mais semble ne pas se donner. On y reconnait pourtant des notes évidentes d'un beau terroir avec même un petit parallèle à certains cabernets francs de Loire. La bouche est délicate, mure et persistante mais toute en retenu et le grain est très serré. Une bête qu'il a fallu traquer. Pas facile d'aller la chercher celle-là.
Avantage tout de même pour Mortet qui sur ce coup avait été carafé 3 heures (Bien +).

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7 Nuits St Georges 1er Cru 2003 «Clos des Porrets St Georges » Domaine Henri Gouges
8 Marsannay 2005 « les Saint Jacques » Domaine Bart
La robe du Gouges est très foncée, presque noire ! Le nez est très fruit, très rose. Mais la bouche semble tannique, voire dure. Pour sa défense, ce vin a été servi un peu froid.
Le Marsannay lui est plus ouvert, rond avec des notes de violettes et d'élevage (épices). Malgré tout ce qui a été dit, je trouve qu'en bouche, le raisin est mur et c'est même assez long.
Dans un style vraiment différent, le plaisir immédiat est pour le Marsannay de Bart (Bien +). Le Gouges me paraît un peu trop extrait (Moyen +).

9 Bourgogne 2006 Domaine Méo Camuzet
10 Côtes de Nuits 2005 VV Domaine Naudin-Ferrand
Le Bourgogne de Méo Camuzet est un demi pirate. Le style est fruits frais (fraise écrasée). C'est vif, bien fait, mais c'est un peu monotone et on sent là que l'on descend un peu dans la hiérarchie, bien qu'issu de parcelles de la Côtes de Nuits.
Le Côtes de Nuits empeste l'hôpital et le vernis à ongle ! La bouche offre une belle matière tout de même.
Un petit plus pour le Bourgogne de Méo Camuzet (Moyen +), tant les notes de sparadrap du Naudin-Ferrand (Moyen -) sont désagréables.

11 Chambolle-Musigny 2005 Domaine Dujac
12 Fixin 2005 « Champ des Charmes » Domaine Jérôme Galeyrand
Autant le dire tout de suite, le Chambolle-Musigny de Dujac est mon coup de coeur de cette dégustation !Franck  Il incarne la finesse et l'élégance avec un élevage bien dosé. Peut-être un infanticide de le boire si jeune, mais il permet de discerner un superbe potentiel dans un millésime plein. Le Fixin de Jérôme Galeyrand est très avenant, ouvert sur des notes de café. La bouche est diablement gourmande, avec une texture soyeuse et une finale légèrement végétale qui offre une belle complexité.
Le dernier duo tourne à l'avantage du Chambolle de Dujac (TBien), grâce à un style moderne qui séduit immédiatement. Le Fixin (Bien +) n'est pas en reste et a su se montrer généreux. Fort de cette belle impression, je suis assez impatient de goûter le reste de la gamme.

Très belle dégustation, de haut vol. Peu de déchet. Le beaux domaines semblent s'en sortir avec les honneurs.

Mon TOP 3
1 Chambolle-Musigny 2005 Domaine Dujac
2 Vosne Romanée 2002 « Aux Réas » Domaine AF Gros
3 Morey St Denis 2000 Domaine Dujac

2 vins de Dujac aux avants postes, c'est justement mérité. S'il fallait en ajouter un autre, ce serait le Fixin de Jérôme Galeyrand.

 


 

C'est Pierre qui reçoit. Notre joueur de hand préféré jouant à domicile, il n'en a pas eu assez. Il retourne en cave pour apporter 5 autres vins et veut passer la vitesse supérieure : assez rigolé ! 

Servis par paires (exception du dernier) et à l'aveugle, dévoilés après chaque série.

Chambertin 1999, domaine Tortochot contre Grands-Echezeaux 2002 de Coquard-Loison-Fleurot
Le Chambertin semble d'une grande jeunesse mais un peu dur. Sur des notes florales et de rose fanée, il laisse apercevoir un beau potentiel. Ce qui pourrait frapper, c'est la grande acidité qui domine le vin. Il manque encore d'harmonie, mais bien heureux celui qui l'a en cave : patience.
Le Grands-Echezeaux est bien différent de celui que j'ai pu boire en juin dernier (je le saurai une fois l'étiquette dévoilée). Il possède d'étonnantes senteurs de chataignes grillées. La bouche est joliment dessinée et possède l'équilibre d'un grand vin tout en pinotant d'une belle façon.
Léger avantage au Grands-Echezeaux à cet instant, mais on reparlera certainement du Chambertin plus tard.

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Une autre série, qui a beaucoup fait parler (en bien, je vous rassure)
Musigny 2000 de Jacques Frédéric Mugnier VS Clos de Tart 2001.
Pierre aurait pu trouver pire comme combat ! Un fois le nez dans les verres, le silence se fait immédiatement autour de la table ! Rarement je n'ai vu une telle concentration avec la bande de joyeux lurons qui sévissent ici. Le Musigny a une élégance que j'ai rarement eu l'occasion de cotoyer. Le vin paraît plutôt floral (rose) et possède une certaine forme d'allégresse. La bouche est assez large et gagne en volume et puissance à mesure de la gorgée. La longueur se poursuit jusqu'à une finale quasi sans fin, ponctuée d'une trame végétale des plus enivrante. Mes amis, quel vin !
Le Clos de Tart 2001, je l'ai reconnu instantanément ! Il faut dire que c'est le genre de vin que l'on oublie pas et que l'on ne boit pas tous les jours. Cette première rencontre avait eu lieu il y a 2 ans avec le groupe LPV Paris (merci Raymond). Quel nez, tout en subtilité, en finesse, en profondeur ! C'est une sorte de balade non plus en Côtes de Nuits mais dans un souk : ce qui arrive en premier lieu, ce sont les épices douces carressantes puis les notes de roses séchées, de pivoine et de loukoum. Il est étroit, encore sur la retenue. Le grain de bouche est magique : il est fin, soyeux et porte le fruit sur des dizaines de secondes !
Affaire de goût et de style, tout petit avantage au Clos de Tart sur le Musigny de JF Meugnier pour l'énorme classe qu'il possède. Ce denier n'en reste pas pour autant un vin exceptionnel.

La tête encore dans les étoiles, nous sommes passés à côté du Santenay blanc 2001 "En Biévau" du domaine Bart qui accompagnait les fromages. Nous nous sommes resservis des 4 vins précédents.

from

 

Pour terminer sur un douillon aux pommes, un Monbazillac Tirecul la Gravière 2001 : superbe nez marqué de botrytis, de safran et de miel. La bouche est généreuse grâce à la liqueur assez impressionnante, mais tenue par une haute acidité. Elle est faite d'orange confite et de beaux amères et se prolonge très longuement. Toujours aussi bon.

Quelle journée ! Tout retournés, nous regagnons nos chez-nous respectifs avec des étoiles pleins les yeux. Merci à tous pour votre bonne humeur et merci Pierre pour ta générosité.

toutes

 

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